{"id":73559,"date":"2013-11-25T05:25:06","date_gmt":"2013-11-25T05:25:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/25\/notes-sur-lepisode-ukrainien\/"},"modified":"2013-11-25T05:25:06","modified_gmt":"2013-11-25T05:25:06","slug":"notes-sur-lepisode-ukrainien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/25\/notes-sur-lepisode-ukrainien\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;\u00e9pisode ukrainien"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur l&rsquo;\u00e9pisode ukrainien<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t25 novembre 2013  Nous commencerons, le cur l\u00e9ger, par une plaisanterie, celle que fit Poutine en r\u00e9ponse \u00e0 une question finaude d&rsquo;un journaliste concernant les pressions exerc\u00e9es par la Russie sur l&rsquo;Ukraine, telles qu&rsquo;elles auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es par le pr\u00e9sident ukrainien \u00e0 la pr\u00e9sidente lituanienne, repr\u00e9sentant l&rsquo;UE. La plaisanterie a du sens : elle nous signale que Poutine n&rsquo;a plus l&rsquo;intention de prendre de gants pour ce qui concerne la campagne sans fin de d\u00e9nigrement que le bloc BAO entretient contre la Russie, au niveau du syst\u00e8me de la communication, en renvoyant le bloc \u00e0 ses propres d\u00e9sordres (la NSA dans ce cas) ; elle nous signale que la Russie se tient ferme d\u00e9sormais sur une position diplomatique assur\u00e9e, dont l&rsquo;issue de l&rsquo;affaire ukrainienne, incontestable victoire russe mais victoire \u00e0 confirmer, est le dernier produit. Le paradoxe, qui n&rsquo;est peut-\u00eatre pas du au hasard, tient dans ce que ce subtil message passe \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une question qu&rsquo;un journaliste russe, et non du bloc BAO, pose \u00e0 Poutine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela se passait lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse conjointe Poutine-Erdogan, \u00e0 Saint-Petersbourg, apr\u00e8s la rencontre entre les deux hommes. (Sur <em>Russia Today<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/putin-nsa-surveillance-joke-172\/\" class=\"gen\">23 novembre 2013<\/a>.) \u00ab<em>The Ukrainian President allegedly said that Kiev cannot sign an agreement with the EU because Russia was blackmailing Ukraine can you comment? a Russian journalist from Interfax asked Putin. The reporter was referring to alleged accusations of blackmail made by Kiev during a phone conversation between Ukrainian President Viktor Yanukovych and his Lithuanian counterpart, Dalia Grybauskaite. The Lithuanian presidential aide, Jovita Neliupsiene, earlier on Friday claimed that Moscow had warned Kiev to cancel the EU integration agreement.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Putin said he had no information about the alleged accusations:  I do not know what the president of Ukraine and the president of Lithuania were talking about. Maybe we can ask our American friends and they can tell us. But they haven&rsquo;t said anything to us yet, he joked in a clear reference to the scandal with the US National Security Agency&rsquo;s surveillance program and their tapping of EU leaders&rsquo; phones.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Un statut semi-colonial<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;affaire ukrainienne a fait grand bruit en cette fin de semaine derni\u00e8re, avec la d\u00e9cision ukrainienne de cesser les n\u00e9gociations pour un partenariat renforc\u00e9 avec l&rsquo;UE. La logique compl\u00e8tement inarr\u00eatable de cet accord e\u00fbt \u00e9t\u00e9 moins l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;Ukraine dans l&rsquo;UE que la transformation de l&rsquo;Ukraine en un membre de seconde zone de l&rsquo;UE soumis \u00e0 ce que le d\u00e9put\u00e9 russe Pouchkov, pr\u00e9sident de la commission  des affaires \u00e9trang\u00e8res de la <em>Douma<\/em>, qualifiait en septembre, assez justement en transposant une situation pass\u00e9e dans les normes actuelles avec leurs diverses <em>narrative<\/em>, de statut semi-colonial :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>No one offers Ukraine to become a EU member, it is an attempt to tie this country to the European Union for a small price and with little effort, to make this country into an economic appendix. Ukraine is going to lose very seriously from these agreements&#8230; We are practically talking here about establishing a semi-colonial dependence.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAucune r\u00e9action d&rsquo;hommes politiques europ\u00e9ens travaillant comme des itin\u00e9rants op\u00e9rationnels pour l&rsquo;UE, directement ou indirectement dans ce cas, ne masque vraiment le terrible d\u00e9sappointement de l&rsquo;UE de cette d\u00e9cision ukrainienne. Les envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux de l&rsquo;UE en Ukraine, Aleksander Kwasniewski et Pat Cox, ont exprim\u00e9 \u00ab<em>a deep disappointment at<\/em> [<em>this<\/em>] <em>unilateral decision<\/em>\u00bb, cette d\u00e9cision traduisant en fait, selon eux, \u00ab<em>a dramatically increased pressure from Russia in recent weeks<\/em>\u00bb. Le ministre su\u00e9dois des affaires \u00e9trang\u00e8res observe, d&rsquo;une fa\u00e7on standard pour l&rsquo;argumentaire-UE dans cette circonstance, que \u00ab<em>the Ukraine government suddenly bows deeply to the Kremlin due to the Russian politics of brutal pressure<\/em>\u00bb ; pour le ministre britannique, c&rsquo;est une \u00ab<em>missed opportunity<\/em>\u00bb&#8230; Et ainsi de suite, suivez la fl\u00e8che et vous aurez le catalogue des d\u00e9clarations dramatiques, inspir\u00e9es, d\u00e9sol\u00e9es, sur ce terrible recul de la civilisation. Aucun int\u00e9r\u00eat sinon celui de savoir que la chose, cette r\u00e9action exacerb\u00e9e confirmant l&rsquo;enjeu, existe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn cas \u00e0 part, pourtant. L&rsquo;Allemand Guido Westerwelle, aux affaires \u00e9trang\u00e8res \u00e9galement, beaucoup plus mesur\u00e9 sinon neutre (\u00ab<em>It was Ukraine&rsquo;s sovereign right to make a decision which path she wants to follow<\/em>\u00bb). Westerwelle marque ainsi les liens sp\u00e9ciaux existant entre la Russie et l&rsquo;Allemagne d&rsquo;une part, il confirme alors indirectement la dimension de pol\u00e9mique politique de cette affaire dans le chef d&rsquo;un affrontement UE-Russie d&rsquo;autre part.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Ukraine et son apostasie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa direction ukrainienne d\u00e9fend sa d\u00e9cision en d\u00e9veloppant des arguments qui, indirectement, renforcent l&rsquo;analyse de ceux qui voyaient dans l&rsquo;accord avec l&rsquo;UE un encha\u00eenement vers une situation soumettant l&rsquo;Ukraine \u00e0 des conditions \u00e9conomiques draconiennes, et m\u00eame suicidaires pour certains. Ainsi du Premier ministre Azarov, expliquant sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision <em>Inter<\/em> (voir <em>Itar-Tass<\/em> le <a href=\"http:\/\/en.itar-tass.com\/world\/708681\" class=\"gen\">23 novembre 2013<\/a>) sa d\u00e9cision selon l&rsquo;enseignement de ces derniers mois de n\u00e9gociations&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Prove me that I am wrong&#8230; Azarov said Kiev had asked Europe to help restore normal trade turnover in the wake of a slump in trade with Russia only to hear no guarantees in response. Also, Ukraine had turned for assistance in concluding a new agreement with the International Monetary Fund. We heard words of consent. A month passed, then another month. The situation kept getting worse, but not assistance came. One question is quite remarkable. Will those who are now accusing us of all mortal sins take out their wallets and pay our people the 20 billion dollars that we have overpaid Russia for gas? May those people say: Once we believe that the former prime minister did everything the right way, we shall be prepared to pay out of our own pockets and settle the mammoth debts.&rsquo; Regrettably, we shall never hear that from them.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne sera pas directement r\u00e9pondu \u00e0 ces arguments qui repr\u00e9sentent la monnaie courante des conditions impos\u00e9es par l&rsquo;UE et par ses pairs, non plus qu&rsquo;on ne tentera de prouver \u00e0 monsieur Azarov qu&rsquo;il a tort puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Le v\u00e9ritable d\u00e9bat se situe sur un  autre plan, pas loin d&rsquo;\u00eatre th\u00e9ologique : comment l&rsquo;Ukraine a-t-elle pu oser repousser une perspective qui la liait \u00e0 l&rsquo;UE, perspective des perspectives du gouvernement le plus parfait possible selon les normes actuelles ? Comment l&rsquo;Ukraine a-t-elle pu choisir de s&rsquo;aventurer sur le territoire de l&rsquo;apostasie pure et simple ? Les manifestants pro-UE dans les rues de Kiev nous disent que ces questions elles-m\u00eames sont la marque de l&rsquo;infamie de leur pays par rapport au Syst\u00e8me.<\/p>\n<h3>Une d\u00e9faite g\u00e9opolitique de l&rsquo;UE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour envisager le probl\u00e8me d&rsquo;une fa\u00e7on plus concr\u00e8te et plus op\u00e9rationnelle, nous nous tournons vers <em>Russia Today<\/em> qui a abondamment document\u00e9 cette crise,  puisque crise il y a, certes. Nous emprunterons des extraits de deux interviews r\u00e9alis\u00e9s par la cha\u00eene russe, de deux experts et commentateurs occidentaux, bien entendu de tendance antiSyst\u00e8me. Le Britannique John Laughland est interrog\u00e9 (le <a href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/ukraine-eu-deal-russia-183\/\" class=\"gen\">23 novembre 2013<\/a>) sur la d\u00e9finition de l&rsquo;op\u00e9ration entreprise par l&rsquo;UE vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Ukraine en premi\u00e8re appr\u00e9ciation, vis-\u00e0-vis de la Russie d&rsquo;un point de vue plus g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale de Laughland est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9faite g\u00e9opolitique de l&rsquo;UE. Nous ajouterons que cette d\u00e9faite g\u00e9opolitique s&rsquo;est naturellement jou\u00e9e sur le terrain de la communication, parce que les conditions du march\u00e9 en n\u00e9gociation n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9es tant les conditions des politiques en action sont aujourd&rsquo;hui largement connues et r\u00e9percut\u00e9es par le syst\u00e8me de la communication. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>The European foreign policy chief Catherine Ashton says Ukraine&rsquo;s U-turn is indeed a major disappointment. Who is the biggest loser here &#8211; Ukraine or the EU?<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>John Laughland<\/em><\/strong> : \u00ab<em>The biggest loser here is the EU because the EU has conceived this Association Agreement, like all the other agreements that it tries to sign with the former Eastern European states, as a geopolitical project. It is very important to understand that in the midst of all the accusations against Russia it is actually the EU which sees Eastern expansion as a geopolitical and indeed an ideological project.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We saw this back in September when Armenia, which of course in comparison to Ukraine is a tiny country and therefore is mostly below people&rsquo;s radar screens; Armenia signed up for the customs union with Russia and the other members of the customs union of the customs union between Russia, Kazakhstan, and Belarus and so on. And immediately Brussels said that any possibility of it signing an Association Agreement with the EU was off the table. So the EU back in September made it clear that you either have to sign an EU agreement or you had to sign the Russian one. If you wanted to sign the Russian one, you would not be allowed to sign the European one. And that is because it has been pursuing now, for 20 years as a European Union, as I say, geopolitical, ideological project of ever further integration. And that is what just hit the rocks today.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>What do you make of President Putin&rsquo;s statement that the EU blackmailed and pressured Ukraine over the trade pact suspension?<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>John Laughland<\/em><\/strong> : \u00ab<em>He is absolutely right. All the Western press are accusing him of blackmail but he is absolutely right. That is what I have just said about Armenia. They&rsquo;ve told Armenia that all chance of signing an agreement with them is off the table as soon as they sign the customs agreement. And that message was obviously meant for Ukraine. We have to see this in the context of geopolitical projects. It is no coincidence that all of the EU&rsquo;s chief envoys, ambassadors and rapporteurs on this Ukrainian issue have been Poles. They have been Polish citizens. Former President of Poland Aleksander Kwa&#347;niewski, was the special envoy, the EU&rsquo;s ambassador to Kiev is Polish. This is an old geopolitical dream of Poland, which has always regarded Ukraine as its back yard&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Would this trade deal with the EU help Ukraine&rsquo;s economy, which is experiencing hard times right now?<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>John Laughland<\/em><\/strong> : \u00ab<em>It would have finished it off. It would have been a coup de grace to an economy which is already very weak. And I&rsquo;m not just saying that out of polemical reasons. Anybody who has followed the sad story, very sad, and in some cases catastrophic story of the Eastern European economies as I have in the 1990s and 2000s, I&rsquo;m thinking especially of countries in the Balkans, weaker countries like Bulgaria and Romania. But also now countries like Greece and Cyprus&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La gouvernance et la vertu bafou\u00e9es<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;autre expert interview\u00e9 est l&rsquo;analyste germano-am\u00e9ricain William Engdhal. Le th\u00e8me se concentre surtout sur les conditions qui auraient pr\u00e9valu en Ukraine si l&rsquo;accord avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Pour Engdhal, il est incontestable que les pressions russes ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la d\u00e9cision ukrainienne, alors que Laughland insiste sur le chantage exerc\u00e9 par l&rsquo;UE. Il est manifeste qu&rsquo;il y a eu, des deux c\u00f4t\u00e9s, celui de la Russie et celui de l&rsquo;UE, des pressions exerc\u00e9es sur l&rsquo;Ukraine, et certaines revenant effectivement \u00e0 un chantage. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un affrontement normal en l&rsquo;occurrence, entre les deux puissances directement concern\u00e9es, et l&rsquo;on pourrait dire que les deux pressions antagonistes tendaient finalement \u00e0 s&rsquo;annuler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Ukraine a donc, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, d\u00e9cid\u00e9 paradoxalement en toute ind\u00e9pendance, selon ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et sa conception de la souverainet\u00e9 selon l&rsquo;importance qui est accord\u00e9e \u00e0 ce principe. Alors, le v\u00e9ritable enjeu s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00eatre de communication par rapport aux postures et aux r\u00e9putations des deux puissances. Dans ce cas, la d\u00e9faite de l&rsquo;UE est cinglante, dans la mesure o\u00f9 cette entit\u00e9 cultive une image d&rsquo;excellence de gouvernance (terme de pure dialectique de la modernit\u00e9), et de vertu politique selon les valeurs en cours, et cette image jug\u00e9e irr\u00e9sistible du point de vue de la communication. Il se trouve qu&rsquo;on lui a r\u00e9sist\u00e9. (L&rsquo;interview d&rsquo;Engdhal est sur <em>Russia Today<\/em> le <a href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/eu-ukraine-russia-deal-130\/\" class=\"gen\">22 novembre 2013<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Ukraine&rsquo;s decision came as a surprise for many. What triggered it?<\/em>\u00bb   <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>William Engdahl<\/em><\/strong> : \u00ab<em>I think it&rsquo;s a combination of things but ultimately it was economic pressure from Moscow. I think that had a lot to do with their decision where Ukrainian economic interests truly lie. And perhaps some of the Ukrainian business elites looked more closely at what the EU trade agreements would require of them to sacrifice and realized that it wasn&rsquo;t the dream boat that they perhaps hoped for.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Will they be able to strike a balance between Moscow and Brussels?<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>William Engdahl<\/em><\/strong> : \u00ab<em>I think if they are clever, I suspect that the Ukrainian political leadership has a delusional view of what the EU would bring for the Ukrainian economy. Of course they long to be accepted as a Western European nation, and so forth, since the breakup of the Soviet Union but right now the EU is in a kind of a death spiral with the false construct of the Eurozone. And the austerity package that the IMF is bringing to the periphery  Greece, Portugal, Spain, Italy and so forth  that is a horrendous thing&#8230;<\/em> [&#8230;] <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Russia Today<\/em><\/strong> : \u00ab<em>But nonetheless a lot of Ukrainians have the aspirations to be part of the EU?<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>William Engdahl<\/em><\/strong> : \u00ab<em>Well delusions are in every society. What can I say? You have a delusion that life would be better in the EU. Talk to Polish people, talk to Hungarians, talk to many of the countries who joined the EU, maybe even joined the Euro and realized it was a horror show. It destroyed their domestic industry. The EU is a construct of global multinationals and those global multinationals want to cherry-pick what is useful out of the Ukranian economy which has precious resources. <\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Sagesse russe dans le monde antipolaire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on assez paradoxale, le contraste des r\u00e9actions entre l&rsquo;Allemand Westerwelle et les autres de l&rsquo;UE (voir plus haut) d\u00e9finit une grossi\u00e8re erreur de communication \u00e0 laquelle l&rsquo;entit\u00e9-UE oblige ses op\u00e9rationnels,  et \u00e0 laquelle \u00e9chappe Westerwelle \u00e0 cause des liens Allemagne-Russie. D\u00e9noncer les pressions russes comme cause de la d\u00e9cision ukrainienne, m\u00eame si l&rsquo;argument est en partie infond\u00e9 et parce qu&rsquo;il est <strong>aussi<\/strong> en partie fond\u00e9, revient \u00e0 hausser terriblement le statut de la Russie, et diminuer d&rsquo;autant celui de l&rsquo;UE. Cela nous dit que lorsque la Russie d\u00e9cide de stopper une op\u00e9ration d&rsquo;investissement de l&rsquo;UE, ceux qui en sont l&rsquo;objectif se r\u00e9v\u00e8lent tr\u00e8s attentifs \u00e0 la pression russe. M\u00eame si l&rsquo;Ukraine est un cas sp\u00e9cifique, avec les divers facteurs \u00e9conomiques et autres, la d\u00e9monstration ne peut \u00eatre pass\u00e9e sous silence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Justement, d&rsquo;ailleurs, le fait que l&rsquo;Ukraine est un cas sp\u00e9cifique (comme tout pays et toute entit\u00e9 le sont d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre) et que la Russie ait choisi d&rsquo;agir dans ce cas constituent un tribut rendu \u00e0 la sagesse et \u00e0 la mesure russes. La Russie agit, sinon \u00e0 coup s\u00fbr, du moins, disons, \u00e0 coups raisonnablement assur\u00e9. Cela aussi fait partie du nouveau statut d&rsquo;autorit\u00e9 et d&rsquo;influence dont jouit la Russie depuis quelques mois, dans un monde devenu antipolaire, qui refuse les h\u00e9g\u00e9monies implicites dans la th\u00e8se de la polarit\u00e9, mais r\u00e9clament des \u00e9l\u00e9ments stabilisateurs dont l&rsquo;action est bas\u00e9e notamment sur un caract\u00e8re principiel puissant de leur politique. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-apolaire_ou_antipolaire__16_11_2013.html\" class=\"gen\">16 novembre 2013<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation fondamentale nouvelle se retrouve illustr\u00e9e par le commentaire de F\u00e9dor Loukianov, pour <em>Al-Monitor<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.al-monitor.com\/pulse\/originals\/2013\/11\/russia-syria-policy-real-interests.html#ixzz2lSiwc41U\" class=\"gen\">22 novembre 2013<\/a>. Le commentaire de Loukianov concerne la position nouvelle, tr\u00e8s influente, de la Russie dans la r\u00e9gion, symbolis\u00e9e par le constat qu&rsquo;on d\u00e9file en ce moment dans le bureau de Poutine (visites de Netanyahou et d&rsquo;Erdogan \u00e0 Moscou et \u00e0 Saint-Petersbourg, successivement entre le 20 et le 23 novembre) ; mais il commence tr\u00e8s justement, ce commentaire, par l&rsquo;inclusion de l&rsquo;Ukraine dans le raisonnement d\u00e9velopp\u00e9 par Loukianov&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ukraine has briefly become a Near Eastern country for us. The failure of the European Union&rsquo;s hopes that an agreement on an association between Ukraine and the EU would be signed in Vilnius on Nov. 28 is regarded by all as a success for Russia and Vladimir Putin, who fiercely fought against Ukraine&rsquo;s departure for the West. This success is now viewed against the backdrop of Moscow&rsquo;s active and successful approach in the Near East, and it adds to the feeling of Russia&rsquo;s power and influence in the international arena on the part of many Russian observers. Syria and Ukraine have little in common, except that Russia had been considered an obvious and irreversible loser in both places, but it turned out to be, at least for now, the winner.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>What is the reason for the success of Russian diplomacy? As the leading Russian specialist in international affairs Sergei Karaganov notes, it largely plays by the rules established by the geopolitical patterns of the past centuries and the state-centered Westphalian international system. In today&rsquo;s world, nothing is clear, and contradictory processes occur simultaneously: globalization and a return to the role of nation states, the erosion of borders and attempts by governments to control domestic affairs using new methods, the emergence of new forms of force and rapidly growing ungovernability. And in such a world, Russian diplomacy, preserving and developing mastery, but unencumbered by ideology, feels like a fish in water, writes Karaganov. It is guided by values that are associated with an unconditional defense of sovereignty and, arguably, that have been rooted for the past 300 years in the national identity of a great power and the desire to be among the leaders.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Face \u00e0 la politique-Syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn observera dans le commentaire de Loukianov (et de Karaganov, tel qu&rsquo;il est cit\u00e9) que cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la promotion russe du principe de souverainet\u00e9, qui ne s&rsquo;exprime pas mieux que dans le cas des \u00c9tats-Nation de type westphalien (mais nous dirons, bien plus encore, du type de la Grande Nation,  la France,  qui a d\u00e9velopp\u00e9 naturellement et <strong>ontologiquement<\/strong> ce mod\u00e8le depuis le XII\u00e8me-XIII\u00e8me si\u00e8cles),  cette attitude russe ne constitue nullement une d\u00e9marche strat\u00e9giquement restructurante dans le sens d&rsquo;une strat\u00e9gie offensive pour \u00e9tablir un nouvel ordre, ou (r)\u00e9tablir l&rsquo;ancien ordre. La mati\u00e8re sur laquelle s&rsquo;exerce cette action est bien ce monde antipolaire dont nous parlons, et la politique principielle de la Russie (souverainet\u00e9) est accept\u00e9e avec reconnaissance dans la mesure o\u00f9 elle constitue un moyen de repousser la polarit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on veut, la Russie d\u00e9montre <em>de facto<\/em> l&rsquo;absurdit\u00e9 et la stupidit\u00e9 \u00e0 la fois de l&rsquo;accusation du bloc BAO de la recherche de l&rsquo;affirmation h\u00e9g\u00e9monique russe (recherche de la polarit\u00e9 \u00e0 son avantage, si l&rsquo;on veut), puisque sa politique principielle (souverainet\u00e9) est par nature et ontologiquement l&rsquo;ennemie irr\u00e9m\u00e9diable de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie et de la polarit\u00e9. L&rsquo;absurdit\u00e9 et la stupidit\u00e9 sont bien la marque de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a> aveugl\u00e9ment h\u00e9g\u00e9moniste et anti-principielle, suivie aveugl\u00e9ment par le bloc BAO, et par l&rsquo;UE dans le cas ukrainien.<\/p>\n<h3>L&rsquo;OTAN pavlovienne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Ce qui nous conduit \u00e0 l&rsquo;UE, \u00e0 l&rsquo;Europe comme l&rsquo;on dit avec la gorge nou\u00e9e d&rsquo;une \u00e9motion renvoyant aux vieux mythes et traditions sur l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Europe, sur la coh\u00e9sion du berceau de la civilisation (la n\u00f4tre, celle en cours, avec quel succ\u00e8s&#8230;). L&rsquo;UE est \u00e9videmment l&rsquo;antith\u00e8se, la subversion, le poison de ce mod\u00e8le historique et traditionnel, d&rsquo;ailleurs revu et massacr\u00e9 par l&rsquo;histoire-Syst\u00e8me que l&rsquo;on r\u00e9crit avec z\u00e8le selon les consignes-Syst\u00e8me crach\u00e9es depuis deux si\u00e8cles par le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\" class=\"gen\">d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00bb. D\u00e9sormais classique, tout cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans l&rsquo;affaire ukrainienne, l&rsquo;UE nous a prouv\u00e9 plusieurs choses, exactement comme l&rsquo;on fait un exercice pratique. Avant de passer au catalogue, on mentionnera que, bien entendu, l&rsquo;OTAN se tient en embuscade derri\u00e8re l&rsquo;UE, et que si l&rsquo;Ukraine avait sign\u00e9 avec l&rsquo;UE, on doit \u00eatre assur\u00e9 que l&rsquo;OTAN aurait acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 son offensive en r\u00e8gle pour l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Ukraine (l&rsquo;OTAN suppure naturellement une offensive en r\u00e8gle permanente pour l&rsquo;int\u00e9gration de tout ce qui bouge, et qui n&rsquo;est pas de l&rsquo;OTAN). D&rsquo;ailleurs, et quoi qu&rsquo;il en soit des circonstances, l&rsquo;OTAN continue et continuera de toutes les fa\u00e7ons sa pouss\u00e9e dans ce sens, avec les habituelles manuvres de phagocytages (voir <em>StopNATO<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rickrozoff.wordpress.com\/2013\/11\/21\/indian-ocean-nato-accelerates-integration-of-ukraine\/\" class=\"gen\">21 novembre 2013<\/a>) effectu\u00e9es selon la planification pavlovienne du machin. (Le mot du g\u00e9n\u00e9ral vaut bien mieux pour l&rsquo;OTAN,  et pour l&rsquo;UE, certes,  que pour l&rsquo;ONU, par les temps qui courent.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons l&rsquo;appendice avant de passer au principal (la d\u00e9monstration de l&rsquo;UE) en annon\u00e7ant que, bien entendu, l&rsquo;OTAN poursuivra ses manuvres de phagocytage malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;UE, parce qu&rsquo;elle est incapable de faire autrement, et que cela pourrait se terminer de fa\u00e7on plus tendue que dans le cas-UE. L&rsquo;observation du <a href=\"http:\/\/fr.ria.ru\/world\/20131121\/199840478.html\" class=\"gen\">21 novembre 2013<\/a> de Poutine concernant l&rsquo;accord alors en n\u00e9gociation avec l&rsquo;UE, ne doit donc pas \u00eatre pris \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re : \u00ab<em>Nous ne sommes pas contre un choix souverain de l&rsquo;Ukraine, quel qu&rsquo;il soit. Nous parlons de tout autre chose. Si on nous disait, par exemple, que l&rsquo;Ukraine adh\u00e9rait \u00e0 l&rsquo;Otan, nous serions alors effectivement contre, parce que le rapprochement de l&rsquo;infrastructure du bloc militaire de nos fronti\u00e8res repr\u00e9sente pour nous un danger.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut garder cela \u00e0 l&rsquo;esprit. La solidarit\u00e9 des entit\u00e9s d&rsquo;abord (UE et OTAN, de plus en plus proches), la planification pavlovienne par ailleurs, la pression des forces hors de tout contr\u00f4le humain raisonnable (forces suprahumaines) au-dessus de tout cela, tout indique que l&rsquo;OTAN poursuivra. Tout indique, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode de l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;UE et parce que le bloc BAO ne conna\u00eet pas la possibilit\u00e9 m\u00eame de l&rsquo;\u00e9chec, qu&rsquo;on devrait voir une acc\u00e9l\u00e9ration et une accentuation de l&rsquo;offensive de l&rsquo;OTAN pouvant mener \u00e0 une \u00e9preuve de force,  qui se r\u00e9sumerait d&rsquo;ailleurs, le plus souvent, \u00e0 un affrontement de communication tant les acteurs, du c\u00f4t\u00e9 OTAN, sont dans un bien trop pi\u00e8tre \u00e9tat militaire et d&rsquo;un bien trop pi\u00e8tre \u00e9tat psychologie pour mener \u00e0 bien un affrontement. Les dirigeants de l&rsquo;OTAN et la volaille autour ne le savent pas encore, les planificateurs-pavloviens commencent \u00e0 se douter de quelque chose sans rien y comprendre, mais les choses iront de cette fa\u00e7on.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y aura donc, d\u00e9sormais, un constant risque de crise entre l&rsquo;OTAN et la Russie \u00e0 propos de l&rsquo;Ukraine notamment. L&rsquo;aventure UE-Ukraine ne fait que renforcer cette perspective.<\/p>\n<h3>L&rsquo;UE n&rsquo;est pas un outil des USA<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a un paradoxe constant dans les bons esprits traditionnels, <em>circa<\/em>-XX\u00e8me si\u00e8cle post-1945. D&rsquo;une part, ils d\u00e9noncent avec alacrit\u00e9 la mainmise des USA sur l&rsquo;UE, avec les habituels gadgets (influence, corruption, cirque-NSA, etc.). Dans ce cas, une Europe qui se lib\u00e9rerait de ces cha\u00eenes ouvriraient une perspective lumineuse en renvoyant les diaboliques USA \u00e0 leur enfer int\u00e9rieur. D&rsquo;autre part, ils ne cessent de d\u00e9noncer les manigances de l&rsquo;UE, sa course \u00e0 la supranationalit\u00e9, ses <em>diktat<\/em> qui pulv\u00e9risent la souverainet\u00e9 des \u00c9tats-membres, sa folie \u00e9conomique et le massacre des structures nationales avec l&rsquo;appauvrissement et la d\u00e9structuration des peuples, sa compl\u00e8te osmose avec les forces financi\u00e8res et le <em>Corporate power<\/em>, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne peut concilier les deux choses. On ne voit pas pourquoi une lib\u00e9ration des USA, si l&rsquo;UE \u00e9tait prisonni\u00e8re des USA, transformerait l&rsquo;UE en entit\u00e9 de conte de f\u00e9e, respectueuses des souverainet\u00e9s, agissant pour le bonheur des peuples, etc. Au contraire, elle serait renforc\u00e9e dans le statut qu&rsquo;on d\u00e9crit ci-dessus, statut absolument totalitaire (voir plus loin). Nous aurions mieux (UE lib\u00e9r\u00e9e des USA comme si elle en avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;outil) en pire&#8230; Mais cette hypoth\u00e8se n&rsquo;est finalement qu&rsquo;un jeu de l&rsquo;esprit, et tout dans le comportement de l&rsquo;UE, dans ses actions, nous conduit justement \u00e0 observer que l&rsquo;UE est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 ce que nous envisageons d&rsquo;une fa\u00e7on hypoth\u00e9tique, et que l&rsquo;aventure ukrainienne l&rsquo;a montr\u00e9 \u00e0 suffisance. L&rsquo;UE a conduit une tactique qui, si elle avait r\u00e9ussi, aurait donn\u00e9 des r\u00e9sultats bien plus satisfaisants et bien plus assur\u00e9s, du point de vue du bloc BAO, que la tactique des r\u00e9volutions de couleur qui \u00e9tait d&rsquo;inspiration am\u00e9ricaniste. L&rsquo;\u00e9l\u00e8ve a d\u00e9pass\u00e9 le ma\u00eetre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela ach\u00e8ve de r\u00e9duire l&rsquo;argument de l&rsquo;UE subvertie par les USA, outil des USA. Au contraire, notre approche symbolis\u00e9e par l&rsquo;expression de bloc BAO(voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\" class=\"gen\">10 d\u00e9cembre 2012<\/a>) nous conduit \u00e0 observer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;UE est un membre \u00e0 part enti\u00e8re du bloc, un membre qui a sa propre puissance, voire sa propre autonomie agissant pour le bien commun qui est celui du Syst\u00e8me. M\u00eame l&rsquo;affirmation qu&rsquo;elle court derri\u00e8re le mod\u00e8le US n&rsquo;a plus de sens, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de mod\u00e8le US mais un mod\u00e8le-Syst\u00e8me universel. (On n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sans remarquer que le soi-disant mod\u00e8le US est chaque jour de plus en plus contest\u00e9 aux USA, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode actuel de r\u00e9volte contre la NSA, partie int\u00e9grante du mod\u00e8le, au sein m\u00eame des centres de pouvoir am\u00e9ricanistes les plus \u00e9tablis.)<\/p>\n<h3>L&rsquo;UE est d&rsquo;essence totalitaire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Et, dans l&rsquo;affaire ukrainienne, l&rsquo;UE a agi de mani\u00e8re autonome, selon ses propres plans. (Que ces plans rencontrent l&rsquo;approbation des USA, puisque tout le monde est dans la m\u00eame bouillie-Syst\u00e8me, qui s&rsquo;en \u00e9tonnerait ? Les USA sont comme les autres des petits soldats du Syst\u00e8me, et tout le monde suit les m\u00eames consignes.) L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9monstration est que l&rsquo;UE a d\u00e9montr\u00e9, justement, sa nature absolument totalitaire, et cette nature qui lui est absolument propre, directement d\u00e9riv\u00e9e du Syst\u00e8me. La vigueur des r\u00e9actions de d\u00e9pit des employ\u00e9s-Syst\u00e8me, ministres et autres, devant l&rsquo;outrecuidance ukrainienne, mesure effectivement, par antith\u00e8se, la nature totalitaire du projet, c&rsquo;est-\u00e0-dire un projet qui, pour se pr\u00e9senter sous les atours de l&rsquo;\u00e9conomie et de la finance, embrasse tous les domaines \u00e0 partir d&rsquo;un mod\u00e8le-Syst\u00e8me n\u00e9cessairement parfait, et ne pouvant concevoir par cons\u00e9quent qu&rsquo;on puisse le repousser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa puissance et la faiblesse de l&rsquo;UE \u00e0 la fois, c&rsquo;est son incapacit\u00e9 de concevoir un autre syst\u00e8me que le sien, par cons\u00e9quent son in\u00e9luctable antagonisme pour tout ce qui n&rsquo;est pas elle. C&rsquo;est sa forme de totalitarisme, cette exclusion de tout ce qui n&rsquo;est pas elle. Bien entendu, le totalitarisme dont nous parlons n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec les totalitarismes du XX\u00e8me si\u00e8cle ; il est plus avenant, plus pernicieux, bien plus d\u00e9vastateur et mortel au bout du compte. Sa dimension g\u00e9nocidaire implicite mais sans frein est une \u00e9vidence (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dimension_g_nocidaire_de_l_accord_de_libre-_change_usa-ue_13_11_2013.html\" class=\"gen\">13 novembre 2013<\/a>). Au contraire, cette puissance totalitariste oblige \u00e0 l&rsquo;affrontement, au d\u00e9fi, au refus de la moindre d\u00e9faite, de l&rsquo;accommodement, etc. Plus encore, cette tendance, autant la tension qu&rsquo;elle impose que les effets catastrophiques qu&rsquo;elle suscite, interdit la moindre apaisement de l&rsquo;UE pour elle-m\u00eame, le moindre stationnement, et l&rsquo;oblige \u00e0 une fuite en avant selon le principe fameux du qui n&rsquo;avance pas recule &#8230; De ce point de vue, l&rsquo;UE serait aussi bien sur la voie de graves d\u00e9boires, si elle ne corrige pas l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;Ukraine,  et comment le pourrait-elle ? Les contrecoups de l&rsquo;\u00e9chec ukrainien pourraient aussi bien \u00eatre, eux aussi, totalitaires, nourrissant une contestation interne globale de l&rsquo;UE.<\/p>\n<h3>Leur Europe est un monstre-Syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, et pour conclure, nous repousserons les habituels arguments,  complots, plans de globalisation ou de gouvernance mondiale, etc. L&rsquo;UE suit une m\u00e9canique \u00e0 laquelle elle ne comprend rien, dont elle est incapable de mesurer les effets, d&rsquo;ailleurs des effets dont elle se contrefiche puisqu&rsquo;enfin sa d\u00e9marche n&rsquo;est qu&rsquo;op\u00e9rationnelle, et au service du dessein du Syst\u00e8me : l&rsquo;application de la formule <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_ddete_d_finition_et_usage_07_11_2013.html\" class=\"gen\">dd&#038;e<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dire que les <em>sapiens<\/em>, comme nous les nommons, ne sont pas aux commandes et ne peuvent rien. Il ne manque pas, dans les institutions europ\u00e9ennes, de nombre de personnalit\u00e9s et de personnes, effray\u00e9es par les perspectives, tentant de freiner la machine, de l&rsquo;influencer, etc. Nombre d&rsquo;\u00e9conomistes sont convaincus des effets catastrophiques de la formule UE, et encore plus de son extension. Un courant important existe, pour tenter d&rsquo;\u00e9tablir des relations s\u00e9rieuses et correctes de coop\u00e9ration avec la Russie, et l&rsquo;on imagine ce qu&rsquo;il en reste avec la tension antagoniste de la tentative ukrainienne, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une nouvelle crise avec la Russie. (Nous n&rsquo;\u00e9crivons pas cela \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, pour ce qui concerne les cas individuels cit\u00e9s ; nous \u00e9crivons cela par exp\u00e9rience courante, av\u00e9r\u00e9e, indiscutable.) Tout cela n&rsquo;a <strong>aucun effet<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;Tout cela ne peut rien contre le Syst\u00e8me,  comme nous disons, comme l&rsquo;on emploie le symbole d&rsquo;un mythe catastrophique, d&rsquo;un mythe inverti. (\u00ab<em>On pourrait parler de mythes chaque fois que l&rsquo;objet d&rsquo;une adh\u00e9sion intime est ouvertement affirm\u00e9e comme \u00e9tant par essence hors des normes de la raison, parce que d&rsquo;un autre ordre<\/em>\u00bb, \u00e9crit Lucien Jerphagnon,  o\u00f9 il faudrait pr\u00e9ciser que l&rsquo;adh\u00e9sion intime a \u00e9t\u00e9 obtenue dans ce cas par tromperie, imposture, inversion, etc., pour identifier un mythe catastrophique.) Le ph\u00e9nom\u00e8ne est recouvert d&rsquo;un voile \u00e9pais, totalement r\u00e9tif \u00e0 l&rsquo;extension de la pens\u00e9e, un voile d&rsquo;une id\u00e9ologie dont le <strong>seul caract\u00e8re<\/strong> utile est la terrorisation des psychologies qu&rsquo;elle engendre (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_terrorisation_de_la_psychologie_ddecrisis_18_06_2012.html\" class=\"gen\">18 juin 2012<\/a>), et qui est singuli\u00e8rement sinon exclusivement active sur les psychologies des serviteurs du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais cette id\u00e9ologie a subi un revers cuisant et insupportable avec l&rsquo;Ukraine. Comment pourrait-elle accepter cela ? La conception que l&rsquo;UE a d&rsquo;elle-m\u00eame, la suffisance qu&rsquo;elle porte dans son jugement d&rsquo;elle-m\u00eame, sont \u00e9galement totalitaires. Ainsi retrouvons-nous la m\u00eame conclusion qu&rsquo;un peu plus haut, sur l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de la poursuite et de l&rsquo;accroissement des tensions, essentiellement avec la Russie certes, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode ukrainien et son inacceptable \u00e9chec.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous n&rsquo;avons plus qu&rsquo;\u00e0 attendre la prochaine phase crisique. Le premier acte de cette phase se joue dans les rues de Kiev, avec la pouss\u00e9e de protestation contre la d\u00e9cision du gouvernement ukrainien (voir le <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2013\/nov\/24\/ukraine-protesters-yanukovych-aborts-eu-deal-russia\" class=\"gen\">24 novembre 2013<\/a>), certes aliment\u00e9e par les relais de communication pro-bloc BAO en Ukraine m\u00eame, mais aussi par le m\u00eame mythe, cette fois interpr\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on positive comme salvateur, que l&rsquo;Europe (<em>dito<\/em> le Syst\u00e8me) repr\u00e9sente pour une partie de la population ukrainienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;\u00e9pisode ukrainien 25 novembre 2013 Nous commencerons, le cur l\u00e9ger, par une plaisanterie, celle que fit Poutine en r\u00e9ponse \u00e0 une question finaude d&rsquo;un journaliste concernant les pressions exerc\u00e9es par la Russie sur l&rsquo;Ukraine, telles qu&rsquo;elles auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es par le pr\u00e9sident ukrainien \u00e0 la pr\u00e9sidente lituanienne, repr\u00e9sentant l&rsquo;UE. 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