{"id":73563,"date":"2013-11-27T06:36:50","date_gmt":"2013-11-27T06:36:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/27\/la-france-en-europe-comment-passer-de-leffacement-au-leadership\/"},"modified":"2013-11-27T06:36:50","modified_gmt":"2013-11-27T06:36:50","slug":"la-france-en-europe-comment-passer-de-leffacement-au-leadership","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/27\/la-france-en-europe-comment-passer-de-leffacement-au-leadership\/","title":{"rendered":"La France en Europe. Comment passer de l&rsquo;effacement au leadership?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">La France en Europe. Comment passer de l&rsquo;effacement au leadership? <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLa revue \u00e9conomique La Synth\u00e8se on line vient de publier un article intitul\u00e9 \u00ab A quoi pourrait ressembler la zone Euro \u00e0 la fin de la crise? \u00bb Cet article est d\u00e9solant. Nous ne nous poserons pas la question de savoir si son auteur, le bien connu et estim\u00e9 Patrick Artus, est de gauche ou de droite, nous nous bornerons \u00e0 constater que son diagnostic d\u00e9finit un avenir proche de l&rsquo;enc\u00e9phalogramme plat. Il pr\u00e9voit certes que la zone euro pourrait r\u00e9sister \u00e0 de nouvelles crises de paiement du type de celle qui avait menac\u00e9 la Gr\u00e8ce voici quelques mois, mais, pendant les ann\u00e9es suivantes, elle ne sortirait pas du sous-investissement, de l&rsquo;absence de programmes mobilisateurs, notamment dans les secteurs technologiques, et plus g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;un manque de comp\u00e9titivit\u00e9 face aux grandes puissances mondiales.   M\u00eame si l&rsquo;Allemagne s&rsquo;en tirait un peu mieux, elle ne suffirait pas \u00e0 impulser \u00e0 l&rsquo;ensemble des Etats europ\u00e9ens le dynamisme global permettant de figurer encore dans la prochaine d\u00e9cennie parmi ces puissances. La France en particulier continuerait \u00e0 se tra\u00eener en bas de l&rsquo;\u00e9chelle  de la stagnation. (Voir <a href=\"http:\/\/www.lasyntheseonline.fr\/idees\/point_de_vue\/a_quoi_pourrait_ressembler_la_zone_euro_apres_la_fin_de_la_crise,31,3042.html\" class=\"gen\">ceci<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe diagnostic para\u00eet fond\u00e9. Mais il appelle un sentiment de r\u00e9volte. Les pays de la zone euro en g\u00e9n\u00e9ral, la France pour ce qui la concerne, qui disposent encore de grandes ressources humaines, industrielles et technologiques, ne vont-elles rien faire pour sortir du carcan impos\u00e9 par les Institutions europ\u00e9ennes (Bruxelles) et \u00e0 travers elles, par ceux qui ne veulent aucun bien \u00e0 l&rsquo;Europe, \u00e0 commencer par les Etats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique? A cette question, une r\u00e9ponse que l&rsquo;on qualifiera par commodit\u00e9 de \u00ab populisme \u00bb para\u00eet s&rsquo;imposer: il faut sortir de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, pour reprendre une certaine capacit\u00e9 d&rsquo;initiative. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une fausse solution. Nous ne prendrons pas ici de temps  pour expliquer une nouvelle fois ce que tous les gens inform\u00e9s savent parfaitement: en dehors de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, la France ou les pays qui suivraient cet exemple ne p\u00e8seraient pas grand chose. Si l&rsquo;Islande peut affronter  le monde \u00e0 elle seule, la France, du fait m\u00eame de ses nombreux atouts, attirant les convoitises, ne pourrait pas survivre longtemps sans la collaboration des autres puissances europ\u00e9ennes, comme d&rsquo;ailleurs de Bruxelles. Mais alors que faire? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre r\u00e9ponse est simple. Il faut que la France se batte pour changer l&rsquo;Europe de l&rsquo;int\u00e9rieur, avec l&rsquo;aide des Etats qu&rsquo;elle pourrait entrainer dans ce combat. Autrement dit, il faut changer Bruxelles, ou plut\u00f4t les oukazes qu&rsquo;imposent \u00e0 la France, par l&rsquo;interm\u00e9diaire des institutions europ\u00e9ennes, ceux qui veulent entra\u00eener la France dans le sous-d\u00e9veloppement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe pouvons- nous? Avant d&rsquo;\u00e9tudier les moyens juridiques puis politiques qu&rsquo;il faudrait prendre \u00e0 cette fin,  r\u00e9pondons \u00e0 la question essentielle: la France, pour ce qui la concerne, a-t-elle les ressources \u00e9conomiques et scientifiques n\u00e9cessaires pour, en valorisant celles-ci et par son exemple, r\u00e9orienter l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne?  Notre r\u00e9ponse \u00e0 nouveau est simple. C&rsquo;est oui. Les Fran\u00e7ais ont potentiellement ces ressources. Encore faudrait-il les exploiter d&rsquo;une fa\u00e7on volontariste.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;inventaire de ces ressources n&rsquo;est pas souvent fait, et moins encore communiqu\u00e9 aux opinions publique. Il faut en effet un certain courage pour affirmer que la France dispose de potentiels suffisants pour sortir non de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, mais du r\u00f4le effac\u00e9 qu&rsquo;elle y joue, afin de pr\u00e9tendre y exercer un authentique leadership. Ce leadership devrait sans doute \u00eatre partag\u00e9 avec l&rsquo;Allemagne, mais sur un plan d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec elle et dans des domaines o\u00f9 les atouts allemands sont encore peu affirm\u00e9s. Nous pourrions dire, pour comparer la France \u00e0 l&rsquo;Allemagne sur ce point, que les moyens dont nous disposons nous permettraient, s&rsquo;ils \u00e9taient valoris\u00e9s, de tenir un rang plus qu&rsquo;estimable parmi les grands puissances mondiales, alors que l&rsquo;Allemagne se trouve encore cantonn\u00e9e au r\u00f4le de grande puissance r\u00e9gionale. Ces moyens, nous les avons depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es laiss\u00e9s se d\u00e9grader, certains sont en train de  migrer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du Rhin, mais pour l&rsquo;essentiel ils sont toujours l\u00e0 et pourraient reprendre de l&rsquo;importance, s&rsquo;ils b\u00e9n\u00e9ficiaient d&rsquo;investissements suffisants. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette note se propose de montrer qu&rsquo;une politique intra-europ\u00e9enne de rupture serait \u00e0 la port\u00e9e de la France. Dans une premi\u00e8re partie, nous rappellerons ce que sont les ressources fran\u00e7aises. Dans une seconde partie, nous pr\u00e9senterons un exemple d&rsquo;initiative politico-\u00e9conomique  permettant \u00e0 la France, si elle \u00e9tait gouvern\u00e9e avec un minimum d&rsquo;ambition, d&rsquo;\u00e9chapper au sous-investissement impos\u00e9 par les institutions europ\u00e9ennes actuelles, sans pour autant renoncer \u00e0 l&rsquo;ambition communautaire. <\/p>\n<h3>1. Les ressources fran\u00e7aises<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour simplifier, nous parlerons ici de ressources fran\u00e7aises, sans oublier que certaines de celles-ci sont partag\u00e9es avec un certain nombre de pays europ\u00e9ens. Mais ceux-ci pour le moment ne font pas plus d&rsquo;effort que la France pour en tirer parti, afin de cr\u00e9er de la croissance et de l&#8217;emploi. C&rsquo;est fort dommage car ces diff\u00e9rentes ressources, si  elles devaient servir en priorit\u00e9 \u00e0 renforcer le r\u00f4le de la France au sein de l&rsquo;Europe, pourraient aussi b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 l&rsquo;indispensable construction d&rsquo;une g\u00e9ostrat\u00e9gie  int\u00e9ressant l&rsquo;ensemble des pays europ\u00e9ens, notamment face \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique et aux pays du BRIC (Br\u00e9sil, Russie, Inde et Chine). L&rsquo;Allemagne que nous venons d&rsquo;\u00e9voquer en serait \u00e9videmment elle-aussi partie prenante.<\/p>\n<h4>La situation g\u00e9ographique<\/h4>\n<p>Une exceptionnelle situation g\u00e9ographique permet \u00e0 la France d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sente ou d&rsquo;exercer une influence dans la plupart des zones c\u00f4ti\u00e8res et des oc\u00e9ans qui seront impliqu\u00e9s dans les grandes urgences de demain: r\u00e9chauffement climatique, protection de la biodiversit\u00e9, mais aussi exploitation raisonn\u00e9e des ressources actuelles et futures. La France doit essentiellement cette situation \u00e0 ce que l&rsquo;on appelait jadis ses territoires d&rsquo;outre-mer. Plut\u00f4t que se plaindre en permanence du co\u00fbt des DOM-TOM, les Fran\u00e7ais devraient voir dans les d\u00e9penses visant \u00e0 maintenir chez ces derniers un niveau de vie aussi proche que possible de celui de la m\u00e9tropole un investissement d&rsquo;avenir essentiel. <\/p>\n<h4>Le spatial<\/h4>\n<p>La France poss\u00e8de un savoir-faire consid\u00e9rable acquis par sa participation aux grandes politiques et aux \u00e9quipements qui assureront \u00e0 terme  le d\u00e9veloppement de la plan\u00e8te au del\u00e0 de ses fronti\u00e8res terrestres. Il s&rsquo;agit de son implication dans les grands programmes de l&rsquo;Agence spatiale europ\u00e9enne, dont les plus spectaculaires concernent l&rsquo;exploration de Mars. La France joue dans le m\u00eame temps un r\u00f4le actif, notamment par l&rsquo;interm\u00e9diaire du Centre national d&rsquo;\u00e9tudes spatiales,  dans les programmes d&rsquo;observatoires terrestres et spatiaux internationaux visant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude scientifique du syst\u00e8me solaire et plus g\u00e9n\u00e9ralement du cosmos. Rappelons aussi que les syst\u00e8mes spatiaux militaires d\u00e9velopp\u00e9s par la France, essentiellement pour l&rsquo;observation optique ou radio\u00e9lectrique,  sont de type dit dual, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils peuvent servir \u00e9galement \u00e0 des applications civiles. Les retomb\u00e9es industrielles de ces activit\u00e9s spatiales sont permanentes. Elles pourraient augmenter encore si quelques investissements suppl\u00e9mentaires de faible importance relative \u00e9taient consentis. <\/p>\n<h4>Les transport<\/h4>\n<p>La France poss\u00e8de une comp\u00e9tence de port\u00e9e mondiale int\u00e9ressant les diff\u00e9rents modes de transport et la mise en place des infrastructures n\u00e9cessaires. On pense n\u00e9cessairement \u00e0 la participation majeure de la France dans l&rsquo;a\u00e9ronautique civile et militaire, au sein d&rsquo;EADS-Airbus mais aussi chez Dassault. Rappelons sur ce plan que, face aux difficult\u00e9s  rencontr\u00e9es dans la mise au point du F35  par l&rsquo;am\u00e9ricain Lockheed Martin, le Rafale de Dassault r\u00e9pond largement aux besoins actuels et futurs des arm\u00e9es mondiales. Mais sa commercialisation se heurte depuis les origines aux obstacles multiples que les Etats-Unis savent mettre devant des concurrents potentiellement dangereux. Les succ\u00e8s d&rsquo;EADS et de Airbus, face notamment \u00e0 Boeing, sont tels qu&rsquo;une des ambitions actuelles de l&rsquo;Allemagne para\u00eet \u00eatre de r\u00e9cup\u00e9rer sur son territoire les meilleurs \u00e9l\u00e9ments fran\u00e7ais de ces deux entreprises. Il ne tiendrait qu&rsquo;\u00e0 nous de r\u00e9sister amicalement. &#8232;&#8232;Concernant le rail, la France tient toujours un rang de premier plan, qu&rsquo;elle devrait conserver sans peine \u00e0 l&rsquo;avenir. En mati\u00e8re de navires hautement sp\u00e9cialis\u00e9s, elle pourrait encore figurer parmi les concurrents dangereux, si les gouvernements successifs avaient soutenu les chantiers civils comme ils le font (\u00e0 trop petites doses) dans le domaine militaire. L&rsquo;automobile enfin a longtemps constitu\u00e9 un atout de la France. Elle pourrait ais\u00e9ment le redevenir dans des domaines \u00e9mergents, avec des moteurs non utilisateurs de p\u00e9trole, que ce soit pour les v\u00e9hicules de tourisme ou pour les poids lourds.  <\/p>\n<h4>L&rsquo;\u00e9nergie<\/h4>\n<p>La France est riche d&rsquo;une exceptionnelle comp\u00e9tence acquise par les laboratoires et les industriels  intervenant dans l&rsquo;ensemble des activit\u00e9s int\u00e9ressant aussi bien la production de l&rsquo;\u00e9nergie que les utilisations \u00e9conomiques de cette derni\u00e8re. Citons d&rsquo;abord le nucl\u00e9aire, o\u00f9 les ma\u00eetres d&rsquo;oeuvre et industriels fran\u00e7ais tiennent le premier rang mondial, non par le poids commercial mais par le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 des installations. Certes, un d\u00e9sastre comme celui de Fukushima pourrait \u00e9ventuellement survenir en France. Nul n&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;abri. Mais pour le moment, ni les Etats-Unis (fortement impliqu\u00e9s dans Fukushima \u00e0 travers General Electric), ni la Russie, ni la Chine ne paraissent offrir de meilleurs solutions. Encore faudrait-il que la France, \u00e0 travers notamment le CEA, entretienne ses comp\u00e9tences alors que des dizaines de pays, en  premier lieu les membres du BRIC, sont en train d&rsquo;investir au profit de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire. L&rsquo;avenir de l&rsquo;atome fran\u00e7ais para\u00eet par ailleurs  assur\u00e9, vu le r\u00f4le essentiel jou\u00e9 par la France dans les programmes d&rsquo;\u00e9tude de la fusion de l&rsquo;h\u00e9lium sur le site de Iter-Cadarache. Avec quelques cr\u00e9dits suppl\u00e9mentaires, de pr\u00e9cieuses ann\u00e9es pourraient \u00eatre gagn\u00e9es dans l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 cette source de grande s\u00e9curit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le domaine de la recherche et de l&rsquo;exploitation du gaz et du p\u00e9trole, les industriels fran\u00e7ais ont par ailleurs d\u00e9velopp\u00e9 des techniques et outils qui int\u00e9ressent le monde entier. Enfin, en ce qui concerne les \u00e9nergies renouvelables, apr\u00e8s avoir trop longtemps d\u00e9laiss\u00e9 les secteurs correspondants, la France est en train de r\u00e9cup\u00e9rer une comp\u00e9tence mondiale, gr\u00e2ce notamment \u00e0 une situation g\u00e9ographique favorable et une bonne qualification industrielle (\u00e9olien, hydro\u00e9lectrique maritime, solaire). <\/p>\n<h4>La d\u00e9fense et les industries de d\u00e9fense<\/h4>\n<p>La France dispose de potentiels historiques dans la quasi totalit\u00e9 des syst\u00e8mes contribuant \u00e0 la d\u00e9fense: force de frappe atomique, sous-marins nucl\u00e9aires, avions de combat, satellites d&rsquo;observation, engins blind\u00e9s. Elle est le seul pays europ\u00e9en \u00e0 \u00eatre ainsi dot\u00e9. Il n&rsquo;y a que dans le domaine des drones qu&rsquo;elle s&rsquo;est laiss\u00e9e prendre de court. Mais son retard \u00e0 ce sujet pourra facilement \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, gr\u00e2ce aux performances de ses industries a\u00e9ronautiques. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne opinion publique mal avertie pr\u00e9tend qu&rsquo;il s&rsquo;agit de secteurs uniquement d\u00e9pensiers, ne rapportant rien. Ce pr\u00e9jug\u00e9 est confort\u00e9 par une propagande am\u00e9ricaine constante affirmant que les pays europ\u00e9ens, soit collectivement au sein de l&rsquo;Otan, soit pris isol\u00e9ment, n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;investissements de d\u00e9fense en propre, l&rsquo;achat des armes am\u00e9ricaines suffisant \u00e0 assurer leur s\u00e9curit\u00e9.  Tout ceci est \u00e9videmment faux. D&rsquo;une part un pays que ne dispose que de moyens militaires limit\u00e9s doit renoncer \u00e0 figurer dans le cercle des grandes puissances, ceci m\u00eame dans la perspective &#8211; d&rsquo;ailleurs lointaine &#8211; d&rsquo;une r\u00e9duction des risques de guerre. On dira que c&rsquo;est le cas de l&rsquo;Allemagne, premi\u00e8re puissance europ\u00e9enne. Mais, comme le disent les strat\u00e8ges, faute d&rsquo;arm\u00e9e et d&rsquo;armements en propre, l&rsquo;Allemagne, g\u00e9ant \u00e9conomique, reste un nain politique. Ceci, accessoirement, n&rsquo;am\u00e9liore pas son poids politique vis-\u00e0-vis des pays du BRIC non plus qu&rsquo;au niveau de l&rsquo;ONU et du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn pays qui comme la France dispose au contraire d&rsquo;une industrie de d\u00e9fense comp\u00e9titive, en tire de nombreux avantages, et pas seulement diplomatiques. Elle figure parmi les premiers exportateurs d&rsquo;armes. Lorsque des Etats  veulent acheter des armes, quels que soit les objectifs, honorables ou non, que poursuivent leurs dirigeants, ils le font de toutes fa\u00e7on.  Il vaut mieux en ce cas qu&rsquo;ils  puissent se fournir, m\u00eame marginalement, aupr\u00e8s de l&rsquo;industrie fran\u00e7aise. Par ailleurs, comme nous l&rsquo;avons soulign\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les technologies et industries de d\u00e9fense sont en g\u00e9n\u00e9ral duales, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elles servent aussi bien aux arm\u00e9es qu&rsquo;aux applications civiles, notamment dans ces domaines essentiels que sont l&rsquo;espace, le nucl\u00e9aire, l&rsquo;a\u00e9ronautique, les communications, la sant\u00e9&#8230;Depuis longtemps, la France se satisfait d&rsquo;un sous-investissement \u00e9vident dans le domaine des industries de pointe civiles. Si elle y a conserv\u00e9 cependant des potentiels non n\u00e9gligeables, ce fut en grande partie gr\u00e2ce aux investissements consentis en mati\u00e8re de technologies de d\u00e9fense, dites aussi technologies de souverainet\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn retiendra de cette constatation la n\u00e9cessit\u00e9 pour la France de continuer \u00e0 se doter en propre de mat\u00e9riels et technologies militaires aussi sophistiqu\u00e9s que possible, quelles que soient les restrictions budg\u00e9taires actuelles. Les militaires feront \u00e0 juste titre valoir que les arm\u00e9es doivent aussi disposer de personnels capables d&rsquo;utiliser de tels armements. Mais l\u00e0 encore les efforts ne seront pas perdus, car ces effectifs se retrouveront n\u00e9cessairement dans des emplois civils, compl\u00e9tant les formations encore insuffisantes, en nombre et qualit\u00e9, dispens\u00e9es par les universit\u00e9s. <\/p>\n<h4>La biologie et l&rsquo;\u00e9tude du vivant<\/h4>\n<p>Il s&rsquo;agit de comp\u00e9tences de niveau international,  trop souvent ignor\u00e9es par le grand public, dont disposent des laboratoires et industriels fran\u00e7ais, en trop petit nombre il est vrai. Elles int\u00e9ressent des besoins mondiaux: lutte contre la faim, protection de la sant\u00e9, \u00e9tude de nouvelles esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales et animales. La France y figure par l&rsquo;interm\u00e9diaire de deux de ses points forts, la m\u00e9decine et  l&rsquo;agroalimentaire. Les d\u00e9veloppements futurs de la biologie d\u00e9couleront pour l&rsquo;essentiel de la g\u00e9n\u00e9ralisation des applications de la g\u00e9n\u00e9tique, ou plus exactement de la g\u00e9nomique (connaissance et modifications du g\u00e9nome, non reproductif ou reproductif). Celles-ci, \u00e0 condition d&rsquo;\u00eatre confi\u00e9es non \u00e0 des industriels soucieux de profit imm\u00e9diat, tel que l&rsquo;am\u00e9ricain Monsanto, mais \u00e0 des institutions et programmes publics, cesseront d&rsquo;\u00eatre ostracis\u00e9es,  compte-tenu des retomb\u00e9es attendues. On peut penser que, sauf accident toujours possible, les dangers des pratiques correspondantes seront bien contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn distingue d\u00e8s aujourd&rsquo;hui les esp\u00e8ces dot\u00e9es de g\u00e9nomes dont un certain nombre de groupes de g\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s ou interchang\u00e9s \u00e0 partir de souches naturelles , et celles dont les g\u00e9nomes sont totalement artificiels (\u00e0 partir d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments biochimiques de synth\u00e8se). On peut parler alors de biologie synth\u00e9tique. La seconde est encore exceptionnelle, mais se g\u00e9n\u00e9ralisera, conjointement avec la premi\u00e8re. Quoiqu&rsquo;en disent les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;immobilisme biologique, incapable de sauver les organismes h\u00e9rit\u00e9s des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents, une grande partie des esp\u00e8ces vivantes en contact avec l&rsquo;homme seront partiellement ou totalement modifi\u00e9es dans le demi-si\u00e8cle. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 existent dans le monde de nombreuses \u00e9tudes envisageant les besoins \u00e0 satisfaire et les solutions permises par  ces techniques. La France y a pris un certain retard, pour des raisons culturelles, mais elle  pourrait revenir au premier rang. L&rsquo;objectif int\u00e9resse d&rsquo;abord les virus, bact\u00e9ries et micro-organismes. Il s&rsquo;agira d&rsquo;obtenir, \u00e0 partir de ressources largement disponibles (par exemple des d\u00e9chets transform\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des bact\u00e9ries photosynth\u00e9tiques) des produits ou de l&rsquo;\u00e9nergie actuellement rares. La biologie g\u00e9n\u00e9tique permettra parall\u00e8lement de d\u00e9velopper des v\u00e9g\u00e9taux terrestres ou oc\u00e9aniques (algues)  encore inconnus aujourd&rsquo;hui et capables de s&rsquo;adapter aux r\u00e9gions rendues infertiles par les transformations en cours des milieux naturels. Concernant enfin les animaux sup\u00e9rieurs, l&rsquo;objectif sera le m\u00eame. Il s&rsquo;agira de mettre au point des animaux plus \u00e9conomes ou plus efficaces en terme de production de ressources d&rsquo;origine agricole. De nouvelles vari\u00e9t\u00e9s ou esp\u00e8ces se multiplieront. De plus en plus, par ailleurs, les cellules extraites de tissus pr\u00e9sentant un int\u00e9r\u00eat \u00e9conomiques seront cultiv\u00e9es in vitro, \u00e0 large \u00e9chelle. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 une viande de synth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e exp\u00e9rimentalement \u00e0 la consommation.<\/p>\n<h4>L &lsquo;artificiel <\/h4>\n<p>On appelle sciences et technologies de l&rsquo;artificiel toutes celles visant \u00e0 \u00ab augmenter \u00bb (selon l&rsquo;expression consacr\u00e9e), puis le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00e0 remplacer dans certains domaines le vivant, l&rsquo;humain, le conscient. La France a pris beaucoup de retard dans ces directions de recherche, pour des raisons l\u00e0 encore culturelles mais tenant aussi et surtout \u00e0 sa faiblesse industrielle en mati\u00e8re d&rsquo;informatique et de logiciels. N\u00e9anmoins ses ressources potentielles sont tr\u00e8s importantes et pourraient facilement \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es. On pourra par commodit\u00e9 distinguer, au moins au d\u00e9but, trois grandes directions de recherche\/d\u00e9veloppement, dans lesquelles la France poss\u00e8de un nombre respectable de laboratoires et de start-up(s). Elles se superposeront ou s&rsquo;interconnecteront, sur le mode dit de la convergence. La premi\u00e8re concerne l&rsquo;homme augment\u00e9. Il s&rsquo;agit, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, d&rsquo;un homme dot\u00e9 de proth\u00e8ses de plus en plus autonomes. Elles permettent et permettront de suppl\u00e9er \u00e0 diverses invalidit\u00e9s ou manques affectant l&rsquo;humain. Mais progressivement, compte-tenu des augmentations de performance qu&rsquo;elles assurent, elles seront de plus en plus demand\u00e9es par les personnes disposant de revenus suffisants. On distinguera les proth\u00e8ses augmentant les performances des organes sensoriels et moteurs, celles concernant les organes internes et finalement celles appliqu\u00e9es au syst\u00e8me nerveux et au cerveau lui-m\u00eame. Dans ce dernier cas, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de techniques dites invasives, seront propos\u00e9es des commandes \u00e0 distance activ\u00e9es non seulement par la parole mais par la pens\u00e9e. En parall\u00e8le seront d\u00e9velopp\u00e9s des dispositifs susceptibles de modifier en profondeur les capacit\u00e9s d&rsquo;animaux jug\u00e9s aptes \u00e0 op\u00e9rer utilement avec des humains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seconde direction de recherche\/d\u00e9veloppement,  encore plus strat\u00e9gique \u00e0 divers \u00e9gards, concerne les robots. Le terme s&rsquo;applique de plus en plus, non \u00e0 des automates agissant sur un mode d\u00e9terministe, comme au sein de chaines de production de plus en plus obsol\u00e8tes, mais \u00e0 des syst\u00e8mes autonomes, capables d&rsquo;adaptations et de prises de d\u00e9cisions d\u00e9passant les comp\u00e9tences des humains et pouvant de ce fait intervenir dans des milieux et avec des temps de r\u00e9ponse tr\u00e8s sup\u00e9rieurs \u00e0 ce que permettent des machines et des commandes classiques. On trouvera de tels robots partout o\u00f9 leur mise en oeuvre sera jug\u00e9e susceptible d&rsquo;apporter des profits et des gains de pouvoir inenvisageables autrement. Nous pouvons \u00e9voquer,concernant la d\u00e9fense,  les drones dits UAV (Unmanned Aerial Vehicle) d\u00e9j\u00e0 capables en th\u00e9orie d&rsquo;identifier seuls des cibles et d\u00e9cider de les d\u00e9truire. D&rsquo;autres appareils dot\u00e9s de possibilit\u00e9s \u00e9quivalentes sont d\u00e9velopp\u00e9s autour de v\u00e9hicules terrestres ou maritimes. La m\u00eame tendance se dessine en chirurgie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans quelques ann\u00e9es seront exp\u00e9riment\u00e9s, dans le domaine de l&rsquo;exploration plan\u00e9taire, des robots et flottes de robots susceptibles d&rsquo;agir seuls, loin des centres de contr\u00f4le terrestres, en proc\u00e9dant \u00e0 diverses op\u00e9rations visant \u00e0 l&rsquo;exploration et la transformation du milieu n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e ult\u00e9rieure de colons humains. Ce n&rsquo;est pas le cas des actuels \u00ab rovers \u00bb am\u00e9ricains op\u00e9rant sur Mars, qui ne disposent que d&rsquo;autonomies limit\u00e9es. Sur Terre, les robots prennent d\u00e9j\u00e0 et prendront toutes les formes et tailles imaginables, travaillant seuls ou de plus en plus en groupes. Les chercheurs en cognition artificiels ont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 leur faire d\u00e9velopper, en \u00ab essaims \u00bb, des comportements symboliques et langages sociaux originaux, non impos\u00e9s par l&rsquo;humain, sur un mode analogue \u00e0 celui dont ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 les premiers humains. Une fois autoris\u00e9s \u00e0 s&rsquo;\u00e9manciper v\u00e9ritablement, on peut penser que ces populations de robots feront \u00e9merger des formes de pens\u00e9e et m\u00eame de conscience artificielle, s&rsquo;organisant en cultures, aussi performantes et sans doute plus originales que celles dont s&rsquo;enorgueillissent les soci\u00e9t\u00e9s humaines. Ceci sera particuli\u00e8rement pr\u00e9cieux dans la compr\u00e9hension des milieux dangereux o\u00f9 ces robots op\u00e9reront, sur Terre ou dans l&rsquo;espace.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn fait souvent valoir que les robots actuels et a fortiori leurs successeurs, feront dispara\u00eetre des emplois humains. C&rsquo;est vrai, que ce soit dans le domaine des t\u00e2ches d&rsquo;ex\u00e9cution et dans celui des fonctions de contr\u00f4le et de conception. Mais dans le m\u00eame temps, la robotisation accrue d\u00e9veloppera de nouveaux emplois, sans doute aussi nombreux, concernant l&rsquo;invention, la mise au point et la maintenance de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de robots. Par ailleurs les nouveaux champs d&rsquo;activit\u00e9 devenus accessibles gr\u00e2ce aux robots pourront fournir, s&rsquo;ils sont m\u00e9thodiquement explor\u00e9s, de quoi occuper utilement les humains qui leur sont associ\u00e9s. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa troisi\u00e8me  direction de recherche concerne les neurosciences, consacres \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude du cerveau vivant mais aussi \u00e0 la mise au point de cerveaux artificiels. Sans se situer parmi les leaders (l\u00e0 encore faute d&rsquo;investissements suffisants) la France y b\u00e9n\u00e9ficie de bonnes capacit\u00e9s. Le terme de cerveau artificiel pourrait s&rsquo;appliquer \u00e0 tous les cerveaux virtuels qui prolif\u00e8rent d\u00e9sormais sur le web et dont la firme am\u00e9ricaine Google ambitionne de devenir un leader absolu. . Mais il est pr\u00e9f\u00e9rable de le r\u00e9server aux recherches de grande ampleur concernant la mod\u00e9lisation et la simulation du cerveau humain et de ses principales fonctions dans les domaines sensori-moteur et cognitif. La t\u00e2che est potentiellement immense, le cerveau humain \u00e9tant r\u00e9put\u00e9 comme l&rsquo;objet le plus complexe de l&rsquo;univers. Mais l&rsquo;enjeu est \u00e9galement consid\u00e9rable. Non pas que l&rsquo;humanit\u00e9 manque de cerveaux, mais parce qu&rsquo;elles manque de cerveaux susceptibles d&rsquo;\u00eatre mis au service des domaines les plus ambitieux de la recherche et du gouvernement.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes sp\u00e9cialistes sont tr\u00e8s optimistes. Beaucoup estime qu&rsquo;un robot humano\u00efde disposant d&rsquo;un tel cerveau artificiel et de toutes les richesses informationnelles de l&rsquo;internet, pourrait voir le jour dans les 20 \u00e0 30 prochaines ann\u00e9es. Sans attendre se multiplieront vraisemblablement des versions partielles de cerveaux artificiels, consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exploration de divers domaines strat\u00e9giques  ou simplement \u00e0 l&rsquo; \u00ab augmentation \u00bb des capacit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales de personnes volontaires. Il est bien \u00e9vident que l&rsquo;absence de la France dans ces secteurs serait catastrophique.<\/p>\n<h4>La r\u00e9cup\u00e9ration des retards pris par le France <\/h4>\n<p>Les plus graves des faiblesses fran\u00e7aises, souvent et \u00e0 juste titre d\u00e9nonc\u00e9es, pourraient \u00eatre rapidement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, si un minimum de recherche scientifique et technique y \u00e9tait appliqu\u00e9e. Nous pensons notamment \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectronique et aux t\u00e9l\u00e9communications, qui souffrent actuellement d&rsquo;une d\u00e9pendance technologique massive \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;industrie am\u00e9ricaine. Cette d\u00e9pendance se paie aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s cher, comme l&rsquo;ont montr\u00e9 les r\u00e9v\u00e9lations concernant les back doors consenties par les industriels am\u00e9ricains du hardware aux espionnages g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es de la NSA, de la CIA et des autres agences de renseignement. On peut imaginer que les vols de comp\u00e9tence ou de perspectives commerciales dont ont souffert les industriels et administrations fran\u00e7ais ont co\u00fbt\u00e9 plus cher que n&rsquo;aurait co\u00fbt\u00e9 le financement de processeurs s\u00e9curis\u00e9s aupr\u00e8s d&rsquo;industriels fran\u00e7ais, s&rsquo;inspirant par exemple du nPowerchip de l&rsquo;am\u00e9ricain Cisco. Quant \u00e0 l&rsquo;absence quasi totale d&rsquo;acteurs fran\u00e7ais dans le domaine de l&rsquo;Internet grand public, elle traduit une d\u00e9mission presque civilisationnelle  devant l&rsquo;Am\u00e9rique. L\u00e0 encore, quelques soutiens aux nombreuses PME fran\u00e7aises capables de d\u00e9velopper des offres diff\u00e9rentes, \u00e9ventuellement s\u00e9curis\u00e9es, ne co\u00fbteraient pas tr\u00e8s cher au regard des avantages, eux aussi civilisationnels, pouvant en d\u00e9couler. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCitons un autre domaine, parmi beaucoup d&rsquo;autres. Il concerne les mat\u00e9riaux et nano-mat\u00e9riaux. L\u00e0 encore, malgr\u00e9 une base industrielle relativement comp\u00e9titive, la France s&rsquo;est laiss\u00e9e assez largement distancer. Mais elle pourrait revenir \u00e0 un bon rang mondial, gr\u00e2ce \u00e0 un savoir-faire universitaire important, et \u00e0 celui de ses entreprises chimiques et manufacturi\u00e8res. Si elle ne le tentait pas, elle d\u00e9pendrait de concurrents \u00e9trangers dans des domaines essentiels non seulement \u00e0 la recherche et \u00e0 l&rsquo;industrie de pointe, mais \u00e0 la vie courante. <\/p>\n<h3>2. Exploiter nos ressources de fa\u00e7on volontariste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRappelons que, dans le cadre des institutions europ\u00e9ennes et surtout de la fa\u00e7on dont elles sont appliqu\u00e9es, y compris par la France, aucun des investissements n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement des ressources fran\u00e7aises \u00e9voqu\u00e9es dans la premi\u00e8re partie de cette note ne sera possible. Notre pays, et l&rsquo;Europe avec lui (incluant \u00e0 terme l&rsquo;Allemagne), ne pourront donc sortie de la stagnation, face \u00e0 un monde qui se d\u00e9veloppe \u00e0 grande vitesse et en r\u00e9ponse \u00e0 des risques naturels qui se pr\u00e9ciseront de plus en plus. Le lecteur s&rsquo;\u00e9tonnera. Pourquoi un pays qui se compte encore parmi les grandes puissances mondiales accepterait-il passivement un tel sort? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre r\u00e9ponse est simple. Elle se fera qualifier de conspirationniste mais les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;information peu connus dont nous disposons sont indubitables. Au sein de l&rsquo;Europe, aucun pays, petit ou grand, ne souhaite r\u00e9ellement que s&rsquo;affirme la comp\u00e9titivit\u00e9 globale de la France. Ils estiment \u00e0 tort que celle-ci leur nuirait, sans avoir encore compris qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Europe les succ\u00e8s de l&rsquo;un b\u00e9n\u00e9ficient n\u00e9cessairement aux autres. Au sein du monde dit encore occidental, domin\u00e9 par une Am\u00e9rique en recul sur certains points et ne voulant donc pas accepter de nouveaux concurrents, l&rsquo;hostilit\u00e9 est encore pire. Elle prend de nombreuses formes: espionnage, corruption des \u00e9lites, lutte contre un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qui a eu le tort d&rsquo;annoncer qu&rsquo;il se voulait socialiste et que, bien pire, son ennemi \u00e9tait la finance, cette finance qui aujourd&rsquo;hui domine le monde. Face \u00e0 l&rsquo;hostilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, le gouvernement fran\u00e7ais n&rsquo;a eu de cesse de faire arri\u00e8re toute et tenter de s\u00e9duire le \u00ab Syst\u00e8me \u00bb, au lieu de tenter de mobiliser les forces nationales contre lui. Mais pour ce faire, il aurait fallu un De Gaulle. Or n&rsquo;est pas De Gaulle qui veut. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8232;Nous continuons \u00e0  penser cependant que la r\u00e9sistance serait possible. Mais il faudrait  que la France, au lieu de c\u00e9der \u00e0 toutes les interdictions impos\u00e9es au sein de l&rsquo;Union europ\u00e9enne par les repr\u00e9sentants du Syst\u00e8me, Conseil europ\u00e9en, Parlement (au moins en partie), Banque centrale europ\u00e9enne, gouvernements allemand et britannique (entre autres), d\u00e9cide d&rsquo;affronter directement ces interdictions, quoique puisse en \u00eatre le m\u00e9contentement soulev\u00e9. Pour cela, il faut s&rsquo;appuyer sur les peuples qui ne supporteront pas longtemps la r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques (investissements et d\u00e9penses sociales), l&rsquo;augmentation des imp\u00f4ts servant d\u00e9sormais \u00e0 payer la charge de la dette, la vente des actifs nationaux aux p\u00e9tro-Etats et finalement le manque total d&rsquo;ambition d\u00e9nonc\u00e9 notamment par le rapport des \u00e9conomistes de La Synth\u00e8se on line cit\u00e9 en introduction. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8232;On pourrait imaginer que dans ce but; le gouvernement fran\u00e7ais menace de ne pas respecter les contraintes budg\u00e9taires qu&rsquo;il a lui-m\u00eame accept\u00e9es \u00e0 Bruxelles. Il pourrait aussi annoncer qu&rsquo;il ne paierait plus les int\u00e9r\u00eats de la dette ext\u00e9rieure, quelles qu&rsquo;en soient les cons\u00e9quences aupr\u00e8s des agences de notation. Il pourrait menacer en dernier recours de sortir de l&rsquo;Union europ\u00e9enne et d\u00e9velopper des politique volontaristes reposant, horresco referens, sur des politiques publiques proches de celles qui seraient mises en oeuvre en cas de crise majeure, guerre ou cataclysme naturel. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons cependant, sans renoncer \u00e0 une politique de rupture, que la France pourrait mener celle-ci au sein m\u00eame de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, sans rendre \u00e0 ses adversaires le service de sortir de cette m\u00eame Union.  Des mesures relativement souples pourraient \u00e0 cette fin \u00eatre adopt\u00e9es. Il  s&rsquo;agirait apr\u00e8s tout, comme on va le voir, de faire ce que fait  en permanence la Banque F\u00e9d\u00e9rale US, c&rsquo;est-\u00e0-dire du <em>Quantitative Easing<\/em>, autrement dit de la cr\u00e9ation de monnaie par billions de dollars. Le Q.E. am\u00e9ricain sert essentiellement \u00e0 inonder le syst\u00e8me bancaire pour relancer la sp\u00e9culation. En Europe, l&rsquo;\u00e9quivalent devrait servir, non \u00e0 relancer la sp\u00e9culation ni m\u00eame la consommation des particuliers, mais \u00e0 relancer l&rsquo;investissement public. L&rsquo;\u00e9quivalent de ces mesures se traduirait par des pr\u00eats sans int\u00e9r\u00eat de la BCE aux Etats. Cependant, il ne faut pas y penser, pour le moment tout au moins, vu l&rsquo;hostilit\u00e9 non seulement de la BCE mais de ses tutelles \u00e9tatiques. Il faudra trouver autre chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRappelons que, pour d\u00e9velopper les ressources nationales, \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans la premi\u00e8re partie de cette note, le gouvernement fran\u00e7ais aurait besoin de sommes permettant de financer \u00e0 court et long terme des projets strat\u00e9giques. Pour le moment, il ne pourrait le faire qu&rsquo;en en puisant dans ses ressources budg\u00e9taires puisqu&rsquo;en aucun cas il ne pourrait s&rsquo;endetter davantage encore aupr\u00e8s des pr\u00eateurs internationaux. Or ces ressources budg\u00e9taires n&rsquo;existent plus. La Banque de France, en ce qui la concerne, n&rsquo;a pas non plus la possibilit\u00e9  pour le moment &#8211; de cr\u00e9er  des euros. Il faut donc trouver autre chose. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne pr\u00e9tendons pas ici proposer une recette miracle, mais seulement un exemple des strat\u00e9gies qu&rsquo;il faudrait conduire afin de relancer l&rsquo;investissement, sans imp\u00f4ts suppl\u00e9mentaires et sans appel aux fonds sp\u00e9culatifs arabes, chinois ou russes. D&rsquo;autres solutions seraient sans doute possibles. Il faudrait en discuter. Dans l&rsquo;imm\u00e9diat voici notre suggestion. Elle repr\u00e9sente la \u00ab francisation \u00bb d&rsquo;un projet collectif pr\u00e9c\u00e9dent, publi\u00e9 en <a href=\" http:\/\/www.europesolidaire.eu\/article.php?article_id=446&#038;r_id\" class=\"gen\">f\u00e9vrier 2010<\/a> sous le titre \u00ab Plaidoyer pour la mise en place d&rsquo;un Fonds strat\u00e9gique europ\u00e9en \u00bb .<\/p>\n<h3>Un fonds national d&rsquo;investissements strat\u00e9giques<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous proposons ici un projet \u00e0 la fois ambitieux et peu contraignant, \u00e0 savoir la mise en place  d&rsquo;un Fonds strat\u00e9gique national dot\u00e9 en r\u00e9gime de croisi\u00e8re de capitaux investis d&rsquo;une mani\u00e8re permanente, pour un montant \u00e0 pr\u00e9ciser dans le cadre d&rsquo;un groupe de travail ad hoc. Ce montant correspondrait \u00e0 une palette de projets \u00e0 r\u00e9aliser dans les secteurs dont nous venons de faire la liste. Il d\u00e9pendrait des besoins d&rsquo;investissement que formuleraient les entreprises  et les administrations implant\u00e9es en France et d\u00e9sireuses d&rsquo;y renforcer leur potentiel productif. Disons pour fixer les id\u00e9es qu&rsquo;il s&rsquo;agirait dans un premier temps d&rsquo;environ 400 \u00e0 500 milliards d&rsquo;euros de fonds propres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8232;D&rsquo;o\u00f9 viendraient ces sommes? Ni de l&rsquo;imp\u00f4t, ni de l&#8217;emprunt, nous venons de l&rsquo;\u00e9crire. Par ailleurs, il ne s&rsquo;agirait pas, r\u00e9p\u00e9tons-le, d&rsquo;encourager des d\u00e9penses de consommation, mais des d\u00e9penses d&rsquo;investissement, rentables entre 5 et 20 ans selon les secteurs. Elles ne g\u00e9n\u00e9reront donc pas d&rsquo;inflation, mais de la prosp\u00e9rit\u00e9, sans compromettre d&rsquo;autres politiques europ\u00e9ennes comme celles de la lutte contre la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Les projets \u00e0 vocation transeurop\u00e9enne pourront \u00eatre favoris\u00e9s. De m\u00eame des partenariats avec des pays du BRIC, notamment la Russie, pourraient \u00eatre envisag\u00e9s, s&rsquo;ils se r\u00e9v\u00e9laient strat\u00e9giquement utiles. On objectera que la France ne dispose pas d&rsquo;\u00e9pargne mobilisable. C&rsquo;est \u00e9videmment faux. Les  diverses \u00e9pargnes mobili\u00e8res et immobili\u00e8res peuvent y \u00eatre \u00e9valu\u00e9es \u00e0 4.000 milliards d&rsquo;euros. Le dixi\u00e8me, soit 400 milliards, pourrait ainsi \u00eatre mobilis\u00e9 volontairement par leurs d\u00e9tenteurs, s&rsquo;ils trouvaient dans des participations \u00e0 un organisme public national suffisamment cr\u00e9dible  un rendement garanti sup\u00e9rieur \u00e0 celui fourni par les caisses d&rsquo;\u00e9pargne. Il ne sera certes pas envisageable de proposer de l&rsquo;\u00e9pargne forc\u00e9e sous la forme des emprunts de guerre de 1914-18. Il faudra par contre faire appel \u00e0 la fois au patriotisme des petits et moyens \u00e9pargnants et des entreprises, mais aussi \u00e0 leur int\u00e9r\u00eat personnel. Pour cela, il sera indispensable de les s\u00e9curiser, en mettant en place au niveau le plus officiel de l&rsquo;Etat  le Fonds strat\u00e9gique national envisag\u00e9. Ce fonds devrait \u00eatre parfaitement transparent et contr\u00f4l\u00e9, tant dans son fonctionnement global que dans le choix des op\u00e9rations qu&rsquo;il financera. Le Fonds garantira par exemple un rendement de 3.5% environ aux investisseurs, pour  des pr\u00eats \u00e0 dur\u00e9e illimit\u00e9e , mais remboursables sous certaine conditions (\u00e0 l&rsquo;exemple des TSDI (1).  Le financement sera r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, au profit de projets offrant le maximum de valeur ajout\u00e9e intellectuelle ou technique. En outre, les int\u00e9r\u00eats per\u00e7us pourraient \u00eatre d\u00e9fiscalis\u00e9s dans certaines conditions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9marche suscitera sans doute la m\u00e9fiance, sinon l&rsquo;hostilit\u00e9, de certaines forces d&rsquo;opposition, \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite comme \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame gauche  sans parler d&rsquo;une v\u00e9ritable guerre provenant des repr\u00e9sentants du Syst\u00e8me financier et politique mondial. Pour l&rsquo;initialiser, il faudra en \u00ab vendre le principe \u00bb aux opinions publiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire la justifier. L&rsquo;Etat pourrait \u00e0 cette fin, en coop\u00e9ration avec les collectivit\u00e9s locales et le secteur productif, public ou priv\u00e9, pr\u00e9senter sans attendre et faire discuter (pourquoi pas par Internet) un premier noyau de projets susceptibles de relancer l&rsquo;activit\u00e9 dans les secteurs strat\u00e9giques correspondants aux points forts de la nation. Chaque citoyen pourrait ainsi appr\u00e9cier concr\u00e8tement les perspectives qu&rsquo;il y verrait, notamment sous forme d&#8217;emplois durables. <\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast<\/p>\n<\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p>(1) TSDI : titres subordonn\u00e9s \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, comparables \u00e0 des obligations perp\u00e9tuelles<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La France en Europe. Comment passer de l&rsquo;effacement au leadership? La revue \u00e9conomique La Synth\u00e8se on line vient de publier un article intitul\u00e9 \u00ab A quoi pourrait ressembler la zone Euro \u00e0 la fin de la crise? \u00bb Cet article est d\u00e9solant. 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