{"id":73581,"date":"2013-12-07T07:00:07","date_gmt":"2013-12-07T07:00:07","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/12\/07\/desarroi-de-la-france-neocon\/"},"modified":"2013-12-07T07:00:07","modified_gmt":"2013-12-07T07:00:07","slug":"desarroi-de-la-france-neocon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/12\/07\/desarroi-de-la-france-neocon\/","title":{"rendered":"D\u00e9sarroi de la France <em>neocon<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">D\u00e9sarroi de la France <em>neocon<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait que <em>Le Grand Journal<\/em>  de Canal Plus (LGJ pour les initi\u00e9s) est notre meilleure r\u00e9f\u00e9rence pour mesurer la bassesse en cours de cette \u00e9poque ; car il n&rsquo;y a nulle part ailleurs o\u00f9 les choses sont plus basses qu&rsquo;en France, \u00e0 Paris plus pr\u00e9cis\u00e9ment, par rapport \u00e0 <strong>ce qu&rsquo;est<\/strong> la France et <strong>ce que devrait \u00eatre<\/strong> la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(En g\u00e9n\u00e9ral, le LGJ est int\u00e9ressant seulement d&rsquo;une fa\u00e7on indirecte, par antith\u00e8se et selon le principe de l&rsquo;inversion, en montrant avec une sorte de jubilation presque ind\u00e9cente ce qui est d\u00e9testable et bas dans la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est-\u00e0-dire la futilit\u00e9 de l&rsquo;esprit qui pose au s\u00e9rieux, le refus d&rsquo;affronter les vrais sympt\u00f4mes de la Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, le parisianisme, le c\u00f4t\u00e9 bouffon qu&rsquo;a introduit le nouveau pr\u00e9sentateur Antoine de Caunes qui est talentueux dans ce domaine, le c\u00f4t\u00e9 si l&rsquo;on veut <em>Bouffes parisiennes<\/em> que nous signalions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_l_affiche_du_cr_puscule_les_folies-bouffes_am_ricanistes__07_11_2013.html\" class=\"gen\">7 novembre 2011<\/a> pour le cas US,  mais la chose vaut pour tout le bloc BAO : \u00ab[U]<em>ne sorte d&rsquo;esprit d&rsquo;autod\u00e9rision, d&rsquo;irresponsabilit\u00e9, de ridicule affich\u00e9 presque comme une vertu qui serait celle de la dissolution des murs civiques et de la psychologie. Jacques Bainville saisit bien cela lorsqu&rsquo;il d\u00e9crit la France de l&rsquo;imm\u00e9diat avant-1870, plong\u00e9e dans les folies Offenbach, elle-m\u00eame (la France) symbolis\u00e9e par le succ\u00e8s qu&rsquo;on fit \u00e0 La Grande Duchesse de Gerolstein.<\/em> [&#8230;] <em>L&rsquo;analogie est dans l&rsquo;esprit de la situation, certes, et nullement dans la description de la situation elle-m\u00eame, qui est secondaire dans ce cas&#8230;<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEh bien, tout pouvant arriver, il se trouve que, jeudi soir, dans l&rsquo;\u00e9mission du <a href=\"http:\/\/www.canalplus.fr\/c-divertissement\/c-le-grand-journal\/pid5411-le-grand-journal-l-emission.html\" class=\"gen\">5 d\u00e9cembre 2013<\/a>, une partie \u00e9tait directement int\u00e9ressante, sans n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;antith\u00e8se et d&rsquo;inversion. Il s&rsquo;agissait de deux invit\u00e9s, l&rsquo;ancien ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res Bernard Kouchner dans un gouvernement Sarkozy et le d\u00e9put\u00e9 UMP et ancien secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat (sous les ordres de Kouchner), Pierre Lellouche. Au menu : l&rsquo;intervention fran\u00e7aise, imm\u00e9diate suivant le vote de l&rsquo;ONU, en Centrafrique. Les deux invit\u00e9s sont intervenus, eux, \u00e0 leur fa\u00e7on ;  Lellouche pour faire un cours d&rsquo;expert presque professoral expliquant la situation, assez argument\u00e9 et professionnel, et tr\u00e8s difficile \u00e0 interrompre ; Kouchner tenta bien d&rsquo;intervenir, sans vraiment beaucoup de succ\u00e8s, lorsque Lellouche semblait devoir reprendre son souffle. (Kouchner, rigolard et r\u00e9ussissant enfin \u00e0 en placer une, s&rsquo;adressant \u00e0 ses interlocuteurs de LGJ devant un Lellouche un peu  pinc\u00e9  : \u00ab<em>Vous comprenez pourquoi il \u00e9tait difficile de travailler avec lui&#8230;<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue dirent nos experts sur l&rsquo;essentiel ? Messieurs, fallait-il intervenir ? \u00ab<em>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative<\/em>\u00bb (Lellouche), \u00ab<em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire d&rsquo;autre ?<\/em> [&#8230;] <em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on pouvait faire d&rsquo;autre ?<\/em>\u00bb (Kouchner). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, personne (nous y compris, certes) ne pourrait vraiment d\u00e9velopper une remarque dans un sens contraire, compte tenu des dynamiques en cours, des pr\u00e9c\u00e9dents, des engagements d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s et toujours en cours, et ainsi de suite selon la logique imp\u00e9rative des choses. Le consensus est l&rsquo;enfant d&rsquo;une situation forc\u00e9e, dont les pr\u00e9misses remontent \u00e0 l&rsquo;intervention fran\u00e7aise en Libye, o\u00f9 les \u00e9v\u00e9nements dictent d\u00e9sormais les d\u00e9cisions-<em>sapiens<\/em>. Cela s&rsquo;appelle \u00eatre pi\u00e9g\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ressort de tout cela une posture \u00e0-la-fran\u00e7aise, absolument paradoxale dans le chef du notaire-chef-de-guerre, le g\u00e9n\u00e9ral-Poire, qui devient le seul dirigeant purement <em>neocon<\/em> du bloc BAO, sous les regards \u00e9bahis des derniers <em>neocons<\/em> survivants de Washington, devenus pro-fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;insu de leur plein gr\u00e9. Le nomm\u00e9 Karim, intervenant soi-disant pol\u00e9mique habituel du LGJ, est venu en effet pr\u00e9senter une s\u00e9quence o\u00f9 l&rsquo;on voit le s\u00e9nateur Lindsey Graham faire l&rsquo;apologie du <em>French leadership<\/em> au Moyen-Orient et le s\u00e9nateur McCain tweeter Vive la France : belle brochette Graham-McCain, il ne manquerait plus qu&rsquo;un Cheney ou un GW&#8230; Lellouche confirme, qui vient juste de rencontrer McCain. (Il n&rsquo;est pas un d\u00e9bat, Lellouche pr\u00e9sent, o\u00f9 l&rsquo;on annonce quelque prise de position d&rsquo;un s\u00e9nateur ou l&rsquo;autre \u00e0 Washington, qui ne soit aussit\u00f4t renforc\u00e9e du t\u00e9moignage p\u00e9remptoire du m\u00eame Lellouche qui, justement, revient de Washington&#8230;). La France belliciste, la France <em>neocon<\/em>, la France encha\u00eenant intervention sur intervention,  tout le beau monde r\u00e9uni au LGJ opine, de Lellouche \u00e0 Kouchner, et tous plut\u00f4t d&rsquo;un air sinistre. Nous ne sommes plus aux temps heureux et fantasques d&rsquo;un BHL-d\u00e9graf\u00e9 haranguant les foules libyennes et chacun comprend plus ou moins pr\u00e9cis\u00e9ment dans quel pi\u00e8ge se trouve enferm\u00e9e la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLellouche, p\u00e9remptoire : \u00ab<em>Le premier probl\u00e8me, c&rsquo;est que nous ne nous donnons pas les moyens qu&rsquo;il faut &#8230; Le deuxi\u00e8me probl\u00e8me, c&rsquo;est que nous sommes tout seuls.<\/em>\u00bb Il n&rsquo;a tort en rien, tant il est facile aujourd&rsquo;hui, par temps de grande crise, d&rsquo;avoir raison en tout pour le constat du d\u00e9sastre. Il est vrai qu&rsquo;il y a une contradiction tr\u00e8s tendance entre cette France interventionniste tous-azimuts (doctrine gaulliste, <em>sort of<\/em>, avec inversion et caricature garanties), et cette France qui ne cesse de rogner son budget de la d\u00e9fense et de r\u00e9duire ses bataillons parce qu&rsquo;elle est absolument exsangue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai \u00e9galement que la France est toute seule. \u00ab<em>L&rsquo;Am\u00e9rique devient n\u00e9o-isolationniste, elle en a marre de faire la guerre, elle se retire &#8230; La France est toute seule pour faire le boulot s\u00e9rieux<\/em>\u00bb (Lellouche <em>again<\/em> et toujours). Ce La France est toute seule d\u00e9signe sans aucun doute l&rsquo;Europe comme coupable de la chose, ce jugement avec l&rsquo;approbation contrainte de Kouchner. Il est vrai que l&rsquo;aspect europ\u00e9en de cette intervention fran\u00e7aise reste \u00e0 marquer d&rsquo;une pierre blanche,  ou, disons, plut\u00f4t noire, cela pour ceux qui cultivent encore quelque espoir dans la chose. Il y a eu des manuvres brutales de Lady Ashton, qui cultive un port de t\u00eate beaucoup plus volumineux depuis l&rsquo;accord P5+1-Iran et les articles \u00e9logieux \u00e9crits \u00e0 son cr\u00e9dit, et qui a tout fait pour emp\u00eacher tout d\u00e9bat s\u00e9rieux entre les pays-membres, qui aurait mis en \u00e9vidence que le Royaume-Uni s&rsquo;opposait \u00e0 une participation europ\u00e9enne \u00e0 l&rsquo;intervention en Centrafrique. (Il est possible que cette intervention de Ashton et l&rsquo;opposition britannique, qui sont d&rsquo;une impudence extraordinaire, laissent des traces dans une tension extr\u00eame, sinon n&rsquo;alimentent quelque incident s\u00e9rieux, entre d&rsquo;une part les Fran\u00e7ais, d\u00e9crits comme absolument furieux, et Lady Ashton et les Britanniques d&rsquo;autre part.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi cette attitude britannique,  puisque, \u00e0 cet \u00e9gard, Ashton s&rsquo;en est faite la z\u00e9l\u00e9e et nationale messag\u00e8re ? Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une opposition pure et visc\u00e9rale, et purement britannique, et \u00e9galement \u00e9lectorale (pour plaire aux eurosceptiques du cru) \u00e0 tout ce qui peut prendre une allure europ\u00e9enne organis\u00e9e. Dans cette opposition, qui confine ici \u00e0 la gratuit\u00e9 et au vide tant aucune alternative n&rsquo;est possible et tant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une d\u00e9fense int\u00e9gr\u00e9e europ\u00e9enne est devenue un objet de mus\u00e9e qui ne fait de mal \u00e0 personne, on distingue, presque \u00e0 nu, une certaine perversit\u00e9 intrins\u00e8que britannique, le besoin \u00e9ventuellement assaisonn\u00e9 de jouissance de s&rsquo;opposer, de d\u00e9truire et de d\u00e9structurer. Si l&rsquo;on insiste sur ce point, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il participe \u00e0 la mise en \u00e9vidence d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9vidente, sinon aveuglante, de l&rsquo;\u00e9largissement du d\u00e9sordre et du chaos, y compris et <strong>m\u00eame de plus en plus<\/strong> au sein du bloc BAO. Bien que plong\u00e9s dans une bassesse g\u00e9n\u00e9rale et quasiment coordonn\u00e9e qui forme l&rsquo;essentiel de l&rsquo;activit\u00e9 du bloc, les acteurs n&rsquo;en conservent pas moins leurs sp\u00e9cificit\u00e9s et leurs antagonismes, et ceux-ci apparaissent d&rsquo;une fa\u00e7on de plus en plus visible \u00e0 mesure que progressent d\u00e9sordre et chaos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, oui, Lellouche (et Kouchner lorsqu&rsquo;il peut parler) a (ont) raison : la France est seule, et cette situation n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9ment r\u00e9jouissante. (Par exemple, Lellouche dit son incertitude sur la situation au Mali, o\u00f9 la France a une responsabilit\u00e9 majeure, tandis que les perspectives pour la Centrafique, selon nos deux experts, comporte des risques \u00e9vidents d&rsquo;enlisement.) Ainsi appara\u00eet le paradoxe g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 plusieurs tableaux de la situation actuelle, de la France, du bloc BAO, des entreprises de stabilisation ou d&rsquo;intervention dite humanitaire o\u00f9 l&rsquo;on sent \u00e0 plein nez les effluves irr\u00e9sistibles des conceptions <em>neocon<\/em>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En un peu moins de quatre ans, depuis la Libye-2010, la France a effectu\u00e9 un virage \u00e0 180\u00b0 par rapport \u00e0 la tradition principielle de sa politique. Elle a ainsi largement contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9stabilisation, d\u00e9sordre et chaos sans v\u00e9ritable sens, d&rsquo;une bonne partie du continent africain ; on sait qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la cons\u00e9quence in\u00e9luctable et diabolique de cette sorte d&rsquo;interventions qui sont bien de type <em>neocon<\/em>. Il est int\u00e9ressant d&rsquo;entendre Lellouche se r\u00e9f\u00e9rer, \u00e0 propos de l&rsquo;affaire centrafricaine, \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 du r\u00e9tablissement de la stabilit\u00e9 pour la s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 cause des effets de cette affaire sur la situation de l&rsquo;immense  bande sah\u00e9lienne allant de l&rsquo;Oc\u00e9an Atlantique \u00e0 la Corne de l&rsquo;Afrique, qui s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e dans sa nuisance actuelle \u00e0 partir de l&rsquo;affaire libyenne et donc de l&rsquo;intervention fran\u00e7aise, et qui constitue selon ses propres mots un \u00ab<em>r\u00e9servoir de crise de d\u00e9stabilisation, constitu\u00e9 de r\u00e9seaux criminels, de drogue, d&rsquo;enl\u00e8vements, et aussi de r\u00e9seaux salafistes fondamentalistes<\/em>\u00bb ; il est int\u00e9ressant, disons-nous, de voir mentionner prioritairement l&rsquo;existence des r\u00e9seaux criminels (le crime organis\u00e9 sur place), c&rsquo;est-\u00e0-dire le pur d\u00e9sordre et l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 totale et sans but id\u00e9ologique, alors m\u00eame que toutes ces entreprises du bloc BAO ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es dans leur esprit affich\u00e9 du point de vue de la communication, selon le faux-nez humanitaire et droitdel&rsquo;hommiste transform\u00e9 pour la cause en strat\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale contre la menace terroriste et id\u00e9ologique \u00e9videmment universelle. L&rsquo;effet principal de nos interventions n&rsquo;est m\u00eame plus en priorit\u00e9 la menace terroriste, c&rsquo;est d&rsquo;abord le d\u00e9sordre et le chaos purs du banditisme et du crime organis\u00e9s ; la barbarie d\u00e9structurante de l&rsquo;expert postmoderne accouchant de la barbarie nihiliste du bandit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Au moment o\u00f9 la France s&rsquo;installe avec ce qui para\u00eetrait \u00eatre, ou qui paraissait \u00eatre dans tous les cas, une r\u00e9elle satisfaction dans son nouveau r\u00f4le, aspirant on s&rsquo;en doute \u00e0 \u00eatre premier de classe, les inspirateurs et les ma\u00eetres en <em>narrative<\/em> de l&rsquo;aventure se retirent au nom d&rsquo;une fatigue et d&rsquo;un d\u00e9couragement, pour ne pas dire un d\u00e9senchantement qui actent les \u00e9checs successifs, extraordinairement marquants, op\u00e9rationnalisant cette politique depuis 2002. Cet abandon par les amis anglo-saxons se marque \u00e9videmment par l&rsquo;indiff\u00e9rence am\u00e9ricaniste et, encore plus, par la f\u00e9lonie britannique. A cet \u00e9gard, la France r\u00e9colte ce qu&rsquo;elle a sem\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 la pirouette ultime de retrouver par en-dessous, tr\u00e8s en-dessous, son destin qui est d&rsquo;\u00eatre seule et, sans doute, pense-t-elle, exceptionnelle,  bref, l&rsquo;exception fran\u00e7aise r\u00e9cit\u00e9e \u00e0 la sauce la plus paradoxale du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le paradoxe se poursuit, sans surprise bien entendu, en constatant que toutes ces entreprises de remises en ordre dont la France pr\u00e9tendrait assurer aujourd&rsquo;hui seule la gestion courante, d\u00e9bouchent sur une multiplication des d\u00e9sordres. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se fait notamment sur les terres ext\u00e9rieures, mais aussi et d\u00e9sormais de plus \u00e0 plus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO lui-m\u00eame, et notamment au sein de la Sainte-Europe qui parvient m\u00eame \u00e0 \u00eatre d\u00e9sunie jusqu&rsquo;\u00e0 la trahison au bord de l&rsquo;affrontement bureaucratique interne (France-UK) \u00e0 propos d&rsquo;une affaire qui semblerait aussi simple que celle de la Centrafrique dans son orientation et dans sa gestion. (On voit le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne dans la question iranienne [le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_iran_et_son_quant-_-soi_05_12_2013.html\" class=\"gen\">5 d\u00e9cembre 2013<\/a>].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette br\u00e8ve intervention de soir\u00e9e du couple Lellouche-Kouchner qui repr\u00e9senta sans aucun doute, et assez bien, le courant n\u00e9o-<em>neocon<\/em> r\u00e9invent\u00e9 par la France, ou disons la caricature de la France, avait une forte dimension symbolique. Finalement et sur le fond, malgr\u00e9 l&rsquo;ambiance clownesque qui marque la nouvelle formule du LGJ, malgr\u00e9 sa bri\u00e8vet\u00e9, la susdite soir\u00e9e parut sinistre. L&rsquo;amertume et le d\u00e9senchantement des deux intervenants \u00e9taient palpables, chacun pour leur compte. On n&rsquo;y trouvait plus la moindre trace de l&rsquo;euphorie, de l&rsquo;enthousiasme, du simulacre de grandeur si l&rsquo;on veut, qui marqu\u00e8rent les commentaires autour des interventions libyenne et malienne. C&rsquo;\u00e9tait une intervention de fin d&rsquo;\u00e9poque, cette br\u00e8ve ivresse qui saisit cette France \u00e9tonnante par sa capacit\u00e9 d&rsquo;inversion d&rsquo;elle-m\u00eame, entre la Libye-2010 et le Mali-2013. C&rsquo;\u00e9tait une soir\u00e9e fun\u00e8bre, dont on retiendra l&rsquo;aspect symbolique. Pour le constat de conclusion, on envisagera qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un signe de plus de l&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;occulter la propre crise du bloc BAO avec la <em>narrative<\/em> de l&rsquo;intervention arbitraire sur les terres ext\u00e9rieures, comme si la crise se trouvait l\u00e0-bas ; on envisagera donc qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un signe de plus, plus sophistiqu\u00e9 parce qu&rsquo;on est au pays de l&rsquo;intelligence-reine comme le montrent ces \u00e9v\u00e9nements, du mouvement g\u00e9n\u00e9ral de repli de la crise vers le bloc BAO lui-m\u00eame, et assez logiquement puisque c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on trouve son cur et son essence m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 7 d\u00e9cembre 2013 \u00e0 06H53<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9sarroi de la France neocon On sait que Le Grand Journal de Canal Plus (LGJ pour les initi\u00e9s) est notre meilleure r\u00e9f\u00e9rence pour mesurer la bassesse en cours de cette \u00e9poque ; car il n&rsquo;y a nulle part ailleurs o\u00f9 les choses sont plus basses qu&rsquo;en France, \u00e0 Paris plus pr\u00e9cis\u00e9ment, par rapport \u00e0 ce&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[8150,15444,4875,2739,15443,398,15445,3005,2957,3203,3823,6695,5756,15442,11882,4063,15446,9161,14764,1267],"class_list":["post-73581","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-ashton","tag-banditisme","tag-britannique","tag-canal","tag-centrafrique","tag-europe","tag-felonie","tag-graham","tag-grand","tag-hollande","tag-journal","tag-kouchner","tag-lellouche","tag-lgj","tag-mali","tag-mccain","tag-neconservateurs","tag-plus","tag-sahel","tag-terrorisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73581"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73581\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}