{"id":73623,"date":"2014-01-08T12:36:24","date_gmt":"2014-01-08T12:36:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/08\/lombre-antisysteme-de-robert-gates\/"},"modified":"2014-01-08T12:36:24","modified_gmt":"2014-01-08T12:36:24","slug":"lombre-antisysteme-de-robert-gates","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/08\/lombre-antisysteme-de-robert-gates\/","title":{"rendered":"L&rsquo;ombre antiSyst\u00e8me de Robert Gates"},"content":{"rendered":"<p><h3>L&rsquo;ombre antiSyst\u00e8me de Robert Gates<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>8 janvier 2014 &ndash; Il est tout de m\u00eame assez rare, non il est rarissime qu&rsquo;un ministre de cette importance, qu&rsquo;un homme de cette r\u00e9putation de retenue et de \u00ab\u00a0serviteur de l&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb (s&rsquo;il y en a un aux USA), ayant quitt\u00e9 son poste en apparence dans les meilleurs termes possibles avec son pr\u00e9sident, ass\u00e8ne \u00e0 ce m\u00eame pr\u00e9sident toujours en exercice un tel coup, et sur des mati\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 nationale d&rsquo;une aussi critique importance \u00e0 la fois conjoncturelle et structurelle. Le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense est le second en importance du cabinet, derri\u00e8re le secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat (affaires \u00e9trang\u00e8res), et il exerce dans le domaine qui est le pilier de la puissance du Syst\u00e8me. Nous parlons respectivement des USA, des m\u00e9moires de Robert Gates et du pr\u00e9sident Obama, et jugeons la publication du livre de Robert Gates telle qu&rsquo;elle nous est rapport\u00e9e et avec l&rsquo;\u00e9cho qui en est fait comme tr\u00e8s f\u00e9rocement critique de l&rsquo;action politique du pr\u00e9sident. Il s&rsquo;agit sans aucun doute d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement exceptionnel par sa raret\u00e9 et sa signification critique tr\u00e8s profonde, qui est une marque de la profonde crise du pouvoir washingtonien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;on veut une r\u00e9f\u00e9rence de cette sorte de circonstance exceptionnelle, on citera le pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9cent du secr\u00e9taire au tr\u00e9sor <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Paul_O'Neill_(Secretary_of_the_Treasury)\">Paul O&rsquo;Neill<\/a>, d\u00e9missionnaire qui \u00e9crivit aussit\u00f4t des m\u00e9moires d\u00e9vastatrices pour l&rsquo;administration GW Bush et pour le pr\u00e9sident, &ndash; on donne cette pr\u00e9cision administration-GW, parce que ce pr\u00e9sident-l\u00e0 \u00e9tait tout de m\u00eame assez effac\u00e9 dans son poids pour les responsabilit\u00e9s des d\u00e9cisions avec lesquelles O&rsquo;Neill \u00e9tait en d\u00e9saccord. En effet, \u00e0 la diff\u00e9rence de Gates, O&rsquo;Neill d\u00e9missionna en d\u00e9cembre 2002 sur un profond d\u00e9saccord, dont il ne chercha aucunement \u00e0 dissimuler la gravit\u00e9, justifiant d&rsquo;autant ses m\u00e9moires vengeresses brisant le semi-tabou du \u00ab\u00a0devoir de r\u00e9serve\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces circonstances sont compl\u00e8tement diff\u00e9rentes du d\u00e9part de Gates, \u00e0 la mi-2011, d\u00e9part qui \u00e9tait pr\u00e9vu d&rsquo;abord pour fin 2009 puis fut report\u00e9 une premi\u00e8re fois fin 2010, dans des conditions politiques en apparence tr\u00e8s positives. Son d\u00e9part fin 2009, report\u00e9 ensuite deux fois, \u00e9tait la condition de l&rsquo;acceptation de Gates de poursuivre au Pentagone avec une administration d\u00e9mocrate l&rsquo;exercice d&rsquo;une fonction commenc\u00e9 en novembre 2006 en remplacement de Rumsfeld. Ces conditions mises par Gates \u00e9taient vraiment de convenances personnelles de ce point de vue, \u00e9videntes tr\u00e8s rapidement apr\u00e8s la prise m\u00eame de ses fonctions de 2006 et sans cesse aggrav\u00e9es par l&rsquo;\u00e2ge et la fatigue, et se traduisirent par une d\u00e9testation sans mesure de ce \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb (<em>Duty<\/em>, titre de son livre) qu&rsquo;il devait remplir. Bob Woodward note dans son article du Washington <em>Post<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/national-security\/robert-gates-former-defense-secretary-offers-harsh-critique-of-obamas-leadership-in-duty\/2014\/01\/07\/6a6915b2-77cb-11e3-b1c5-739e63e9c9a7_story.html\">8 janvier 2014<\/a> : &laquo;<em>Gates writes, \u00ab\u00a0I did not enjoy being secretary of defense,\u00a0\u00bb or as he e-mailed one friend while still serving, \u00ab\u00a0People have no idea how much I detest this job.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ses m\u00e9moires se nomment donc <em>Duty<\/em>, signifiant effectivement qu&rsquo;il a fait ce qu&rsquo;il a fait non par go&ucirc;t ni par ambition mais par devoir. Cela correspond \u00e0 sa psychologie de serviteur du bien public, quelles que soient par ailleurs les vilenies qu&rsquo;on peut lui attribuer, notamment lorsqu&rsquo;il menait la CIA ; ce \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb, il l&rsquo;a accompli sans aucune satisfaction personnelle et sans doute avec une r\u00e9elle amertume et bien peu d&rsquo;espoir de parvenir \u00e0 un r\u00e9sultat notable. On comprend d\u00e8s lors que son acte, toujours contre le semi-tabou du \u00ab\u00a0devoir de r\u00e9serve\u00a0\u00bb, est sans le moindre doute d&rsquo;une <strong>extraordinaire signification<\/strong>, et bien plus significatif que le pr\u00e9c\u00e9dent de O&rsquo;Neill, et sans comparaison comme on l&rsquo;a dit. Plong\u00e9 dans la chose militaire d\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re, avec assez d&rsquo;autorit\u00e9 critique vis-\u00e0-vis de l&rsquo;institution mais <strong>toujours du c\u00f4t\u00e9 de cette institution<\/strong>, l&rsquo;attaque de Gates repr\u00e9sente sans nul doute une attaque du Pentagone contre Obama. Elle ne renforcera certainement pas la position d&rsquo;Obama, ni ne contribuera \u00e0 contenir, sans parler de la r\u00e9duire certes, la crise chronique, profonde et g\u00e9n\u00e9rale du pouvoir \u00e0 Washington dont nous parlions plus haut, et dont l&rsquo;antagonisme pr\u00e9sident-Pentagone est un aspect parmi d&rsquo;autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;avis du prudent Woodward (l&rsquo;un des deux hommes du Watergate avec Bernstein), toujours dans les petits papiers du pouvoir en place quelle que soit l&rsquo;orientation de ce pouvoir, est assez juste \u00e0 cet \u00e9gard. Quels que soient tous les vices et les vilenies de cet alignement-Syst\u00e8me, disons \u00ab\u00a0syst\u00e9matique\u00a0\u00bb, Woodward n&rsquo;en demeure pas moins tr\u00e8s bien inform\u00e9, et avec une solide exp\u00e9rience ; dans la mati\u00e8re qui nous occupe, son commentaire est du plus haut int\u00e9r\u00eat parce qu&rsquo;il n&rsquo;est retenu par rien dans son appr\u00e9ciation critique de Gates, dont les m\u00e9moires vont certainement \u00eatre ressenties comme une tr\u00e8s violente attaque, &ndash; ne parlons pas de trahison puisque Gates ne fut jamais un inconditionnel&#8230; &laquo;<em>It is rare for a former Cabinet member, let alone a defense secretary occupying a central position in the chain of command, to publish such an antagonistic portrait of a sitting president.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Gates&rsquo;s severe criticism is even more surprising &mdash; some might say contradictory &mdash; because toward the end of \u00ab\u00a0Duty,\u00a0\u00bb he says of Obama&rsquo;s chief Afghanistan policies, \u00ab\u00a0I believe Obama was right in each of these decisions.\u00a0\u00bb That particular view is not a universal one; like much of the debate about the best path to take in Afghanistan, there is disagreement on how well the surge strategy worked, including among military officials.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The sometimes bitter tone in Gates&rsquo;s 594-page account contrasts sharply with the even-tempered image that he cultivated during his many years of government service, including stints at the CIA and National Security Council. That image endured through his nearly five years in the Pentagon&rsquo;s top job, beginning in President George W. Bush&rsquo;s second term and continuing after Obama asked him to remain in the post. In \u00ab\u00a0Duty,\u00a0\u00bb Gates describes his outwardly calm demeanor as a facade. Underneath, he writes, he was frequently \u00ab\u00a0seething\u00a0\u00bb and \u00ab\u00a0running out of patience on multiple fronts.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; C&rsquo;est surtout en tant qu&rsquo;homme du Pentagone, repr\u00e9sentant du Pentagone, de ses civils et de ses militaires, que Gates a conduit ces quelques ann\u00e9es avec Obama avec une fureur \u00e0 peine rentr\u00e9e et une frustration qui apparut plus souvent qu&rsquo;\u00e0 son tour et qui concernent moins les politiques men\u00e9es, &ndash; parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas vraiment d&rsquo;alternative, parce que le Syst\u00e8me n&rsquo;en permet pas, &ndash; que les conditions dans lesquelles elles furent men\u00e9es. <em>Duty<\/em> en porte largement t\u00e9moignage, aussi bien dans des r\u00e9flexions g\u00e9n\u00e9rales que dans des sc\u00e8nes ponctuelles : &laquo;<em>At a March 3, 2011, National Security Council meeting, Gates writes, the president opened with a \u00ab\u00a0blast.\u00a0\u00bb Obama criticized the military for \u00ab\u00a0popping off in the press\u00a0\u00bb and said he would push back hard against any delay in beginning the withdrawal. According to Gates, Obama concluded, &lsquo;If I believe I am being gamed&#8230;&rsquo; and left the sentence hanging there with the clear implication the consequences would be dire.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Gates continues: \u00ab\u00a0I was pretty upset myself. I thought implicitly accusing\u00a0\u00bb Petraeus, and perhaps Mullen and Gates himself, \u00ab\u00a0of gaming him in front of thirty people in the Situation Room was inappropriate, not to mention highly disrespectful of Petraeus. As I sat there, I thought: the president doesn&rsquo;t trust his commander, can&rsquo;t stand<\/em> [<em>Afghanistan President Hamid<\/em>] <em>Karzai, doesn&rsquo;t believe in his own strategy, and doesn&rsquo;t consider the war to be his. For him, it&rsquo;s all about getting out.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On ne tentera certainement pas ici de donner une appr\u00e9ciation compl\u00e8te du livre, quitte \u00e0 y revenir selon les circonstances et compte tenu d&rsquo;aspects in\u00e9dits et int\u00e9ressants que nous rel\u00e8verions. De nombreux (premiers) comptes-rendus peuvent \u00eatre trouv\u00e9s dans tous les grands m\u00e9dias, en g\u00e9n\u00e9ral avec toutes les indications n\u00e9cessaires et pas encore avec les d\u00e9formations ou prises de position toujours instructives et r\u00e9v\u00e9latrices. (On peut par exemple consulter le New York <em>Times<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2014\/01\/08\/world\/asia\/obama-lost-faith-in-his-afghan-strategy-memoir-asserts.html\">7 janvier 2014<\/a>, le <em>Guardian<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/jan\/07\/robert-gates-former-defense-secretary-criticize-obama-memoir\">7 janvier 2014<\/a>, <em>Russia Today<\/em> le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/robert-gates-memoir-pentagon-292\/\">8 janvier 2014<\/a>.) Pour l&rsquo;essentiel, nous rel\u00e8verions trois points qui nous paraissent fondamentaux dans les critiques de Gates (<em>Duty<\/em> est compl\u00e8tement un dossier \u00e0 charge, quoiqu&rsquo;il en paraisse dans des notations ic ou l\u00e0), et qui nous paraissent surtout essentiellement fond\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;un des grands th\u00e8mes est que BHO ne croit pas aux strat\u00e9gies qu&rsquo;il ordonne, et qu&rsquo;il semble en fait consid\u00e9rer comme lui \u00e9tant impos\u00e9es ; m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;en plaint, m\u00eame s&rsquo;il les critiques parfois sans la moindre retenue, il ne dispose pas, par son exp\u00e9rience r\u00e9duite mais aussi \u00e0 cause d&rsquo;une psychologie fautive parce que faible, de la capacit\u00e9 de les refuser. C&rsquo;est la guerre en Afghanistan qui est mise en \u00e9vidence, mais tout le reste est du m\u00eame tonneau. Cet homme agit contre ses convictions, mais ces convictions sont si faibles, mal substantiv\u00e9es par l&rsquo;absence de la moindre exp\u00e9rience, appuy\u00e9es sur une petite part d&rsquo;instinct et sur une tr\u00e8s grande part d&rsquo;homme de communication tr\u00e8s postmoderne, qui suit des th\u00e8mes qui sont peut-\u00eatre justes en profondeur mais qui sont pr\u00e9sent\u00e9es et m\u00eame \u00ab\u00a0compris\u00a0\u00bb d&rsquo;une fa\u00e7on superficielle comme tout dans la communication-Syst\u00e8me jugeant sur la s\u00e9duction imm\u00e9diate et nullement sur la substance profonde. (D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;extr\u00eame faiblesse des pseudo-\u00ab\u00a0convictions\u00a0\u00bb d&rsquo;Obama, et son incapacit\u00e9 de seulement vouloir les imposer.) Il n&#8217;emp\u00eache, psychologiquement c&rsquo;est au moins un abstentionniste des affaires du monde, et, avec un peu des circonstance aidant, une sorte de neo-isolationniste, nous dirions type <em>New Age<\/em>, sans vraiment comprendre l&rsquo;aspect politique ce cette tendance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il respecte les militaires, les bureaucrates du Pentagone essentiellement en tant que personnes au service de leur institution et professionnels dans leurs domaines, avec la comp\u00e9tence qui va avec. Mais, d&rsquo;une fa\u00e7on assez paradoxale qui compl\u00e8te le premier point, il ne croit absolument pas dans la justesse de leurs choix, &ndash; tout en les acceptant en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 cause de cette faiblesse de la psychologie qui nourrit une faiblesse fondamentale de caract\u00e8re. Ses rapports avec le Pentagone, quoiqu&#8217;empreints d&rsquo;un respect mutuel, furent donc et restent sans le moindre doute marqu\u00e9s par l&rsquo;affrontement r\u00e9ciproque larv\u00e9 et polic\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire des rapport souterrainement tr\u00e8s tendus et pouvant devenir explosifs dans certaines circonstances (sans doute tr\u00e8s rares, \u00e0 cause de sa prudence et de sa s\u00e9duction, mais tout de m\u00eame le risque existe). C&rsquo;est peu dire que les chefs militaires ne l&rsquo;aiment pas, m\u00eame s&rsquo;ils respectent l&rsquo;homme ; et l&rsquo;on comprend que les diff\u00e9rents bruits de m\u00e9sentente poussant certains \u00e0 parler exag\u00e9r\u00e9ment de \u00ab\u00a0complots\u00a0\u00bb (des militaires) ont sans aucun doute des fondements circonstanciels.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Obama est aussi isol\u00e9, retranch\u00e9, croyant \u00eatre assi\u00e9g\u00e9 par tous et voulant tout contr\u00f4ler sans consulter personne, que l&rsquo;\u00e9tait Nixon (&laquo;<em>His White House was by far the most centralized and controlling in national security of any I had seen since Richard Nixon and Henry Kissinger ruled the roost.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;). Il est meilleur que Nixon dans la dissimulation de ce que d&rsquo;aucuns jugeront \u00eatre une parano\u00efa, mais bien moins arm\u00e9 pour conduire cette position d&rsquo;une fa\u00e7on acceptable (comme Nixon le fit pour sa politique ext\u00e9rieure, ce qui lui <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_coup_d_etat_permanent_et_la_chute_finale_03_02_2010.html\">valut<\/a> le Watergate, n\u00e9 de cette structuration entra&icirc;nant l&rsquo;hostilit\u00e9 des militaires, mis de c\u00f4t\u00e9 sur les questions essentielles). Le r\u00e9sultat est que sa Maison-Blanche hyper-centralis\u00e9e ne d\u00e9bouche sur rien de constructif, aucune \u00ab\u00a0politique personnelle\u00a0\u00bb, l\u00e0 compl\u00e8tement au contraire de Nixon. On doute qu&rsquo;Obama puisse r\u00e9ussir un \u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb comme la reconnaissance de la Chine communiste en 1971 avec voyage-surprise et rencontre de Mao \u00e0 la clef (par exemple, faire la m\u00eame chose avec l&rsquo;Iran), &ndash; alors que sa Maison-Blanche est organis\u00e9e pour cela. Il est donc aussi hypercentralis\u00e9 que Nixon, mais sans les avantages politiques de cette hypercentralisation, et tous les inconv\u00e9nients (parano\u00efa pour les \u00ab\u00a0fuites\u00a0\u00bb, acharnement contre les <em>whistleblower<\/em>, conduite personnelle de politiques aussi douteuses et criminelles que l&rsquo;utilisation des drones, etc.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur tous ces sujets, on ne versera pas dans la dichotomie habituelle et si tentantes pour les commentateurs du parti des salonards : militaires s&rsquo;en-va-t&rsquo;en-guerre, pr\u00e9sident isol\u00e9 parce que \u00ab\u00a0pacifiste\u00a0\u00bb (ce sch\u00e9ma \u00e9tait beaucoup plus proche de la pr\u00e9sidence Nixon, particuli\u00e8rement dans les rapports essentiels avec l&rsquo;URSS et la Chine ; c&rsquo;est m\u00eame pour cela que Nixon, jug\u00e9 trop arrangeant, ou trop \u00ab\u00a0colombe\u00a0\u00bb, est tomb\u00e9). Au contraire, Obama, quoique neo-isolationniste, est parfois va-t&rsquo;en-guerre pour des questions de communication (de pub&rsquo;, rien d&rsquo;autre), tandis que les militaires sont la plupart du temps contre les aventures. Un exemple r\u00e9cent est la prise de position de Gates sur la crise de l&rsquo;attaque US contre la Syrie d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre 2013, finalement avort\u00e9e. On pouvait lire dans le New York <em>Times<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2013\/09\/19\/world\/middleeast\/gates-and-panetta-critical-of-obama-on-syria.html\">18 septembre 2013<\/a>&#8230; &laquo;<em>\u00ab\u00a0My bottom line is that I believe that to blow a bunch of stuff up over a couple days, to underscore or validate a point or a principle, is not a strategy,\u00a0\u00bb Mr. Gates said during a forum at Southern Methodist University. \u00ab\u00a0If we launch a military attack, in the eyes of a lot of people we become the villain instead of Assad,\u00a0\u00bb he added, referring to President Bashar al-Assad of Syria. Mr. Gates, the only cabinet member from the administration of George W. Bush whom Mr. Obama asked to stay, said missile strikes on Syria \u00ab\u00a0would be throwing gasoline on a very complex fire in the Middle East.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Haven&rsquo;t Iraq, Afghanistan and Libya taught us something about the unintended consequences of military action once it&rsquo;s launched?\u00a0\u00bb Mr. Gates said.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">\u00ab\u00a0Pourquoi suis-je en col\u00e8re ?\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il y a un passage dans <em>Duty<\/em>, que rel\u00e8ve Woodward, qui nous para&icirc;t int\u00e9ressant, &ndash; o&ugrave; Gates semble ne parler que de ses rapports avec Obama et l&rsquo;\u00e9quipe du pr\u00e9sident, et o&ugrave; il s&rsquo;av\u00e8re en fait qu&rsquo;il parle de Washington en g\u00e9n\u00e9ral, et finalement qu&rsquo;il parle du Syst\u00e8me : &laquo;<em>&#8230; In \u00ab\u00a0Duty,\u00a0\u00bb Gates complains repeatedly that confidence and trust were what he felt was lacking in his dealings with Obama and his team. \u00ab\u00a0Why did I feel I was constantly at war with everybody, as I have detailed in these pages?\u00a0\u00bb he writes. \u00ab\u00a0Why was I so often angry? Why did I so dislike being back in government and in Washington?\u00a0\u00bb His answer is that \u00ab\u00a0the broad dysfunction in Washington wore me down, especially as I tried to maintain a public posture of nonpartisan calm, reason and conciliation.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ferons l&rsquo;hypoth\u00e8se que c&rsquo;est pour une bonne part cette col\u00e8re qui a pouss\u00e9 Gates \u00e0 poser cet <strong>acte vraiment extraordinaire<\/strong> par rapport aux coutumes et aux r\u00e8gles internes du Syst\u00e8me autant que des normes de la Grande R\u00e9publique, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire, cette attaque d\u00e9vastatrice dans ses consid\u00e9rations contre un pr\u00e9sident toujours en fonction et sous l&rsquo;autorit\u00e9 duquel il a servi. Disposant d&rsquo;un cr\u00e9dit consid\u00e9rable, donc figurant comme une r\u00e9f\u00e9rence de s\u00e9rieux et de probit\u00e9 (quoi qu&rsquo;on puisse lui rapprocher dans d&rsquo;autres mandats, seule compte ici la r\u00e9f\u00e9rence de la r\u00e9putation), Gates lamine absolument l&rsquo;attitude du pr\u00e9sident, son absence de conviction, ses choix sans assise intellectuelle pour son compte, sa d\u00e9testation de ses partenaires oblig\u00e9s (Karza\u00ef), <strong>au moment pr\u00e9cis<\/strong> o&ugrave; les difficult\u00e9s s&rsquo;amoncellent dans les n\u00e9gociations en cours en Afghanistan pour la situation post-2014, pour les n\u00e9gociations sur la situation en Afghanistan \u00e0 partir de 2014, <strong>au moment pr\u00e9cis<\/strong> o&ugrave; les rapports d&rsquo;Obama avec Karza\u00ef se d\u00e9t\u00e9riorent rapidement, &ndash; si c&rsquo;est possible&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puisqu&rsquo;il est difficile de soup\u00e7onner Gates de machiav\u00e9lisme politique, en raison de son \u00e2ge et de sa retraite, autant que de ses ant\u00e9c\u00e9dents bureaucratiques et de son respect du \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb, on doit consid\u00e9rer que ce deuxi\u00e8me point (la sortie de son livre au moment o&ugrave; elle a lieu, et avec l&rsquo;\u00e9cho qui en est fait) est directement li\u00e9 au premier (sa col\u00e8re d\u00e9notant un \u00e9tat d&rsquo;esprit durable et profond). Effectivement, nous n&rsquo;attribuerons certainement pas le premier fait (sa col\u00e8re d\u00e9notant un \u00e9tat d&rsquo;esprit durable et profond) au seul domaine du caract\u00e8re, \u00e0 la col\u00e8re d&rsquo;un homme, \u00e0 son amertume (m\u00eame s&rsquo;il en parle dans ce sens), \u00e0 tous ces faits psychologiques qui comptent pour peu de choses, dans une situation normale, par rapport aux enjeux soulev\u00e9s. Nous croyons d&rsquo;une fa\u00e7on diff\u00e9rente qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une situation de tension de personnes avec leurs sp\u00e9cificit\u00e9s, leurs responsabilit\u00e9s et les pouvoirs qu&rsquo;elles ont assum\u00e9s et assument encore, mais aussi de ces m\u00eames personnes qui ne peuvent \u00eatre autre chose que des serviteurs du Syst\u00e8me (pour Obama, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on par son propre choix puisqu&rsquo;il a refus\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un \u00ab\u00a0<em>American<\/em> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html\">Gorbatchev<\/a>\u00ab\u00a0). Ce qui pourrait para&icirc;tre comme des mouvements d&rsquo;humeur ou des r\u00e8glements de compte prend dans le contexte une toute autre dimension.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce point de vue, selon nous, c&rsquo;est sans aucun doute la pression de la crise du Syst\u00e8me qui pousse ces hommes \u00e0 exprimer leurs sentiments dans une mesure qui interf\u00e8re (interf\u00e9rera) directement sur la politique g\u00e9n\u00e9rale dans des domaines essentiels. Ce constat ne fait que signifier la voie employ\u00e9e pour signaler une situation tr\u00e8s grave, que les protagonistes eux-m\u00eames n&rsquo;identifient pas n\u00e9cessairement comme telle. Gates fait un portrait du pr\u00e9sident assez ambivalent ; d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il lui reconna&icirc;t nombre de qualit\u00e9s, de l&rsquo;autre il lui reproche des comportements, des attitudes, des d\u00e9cisions qu&rsquo;il pr\u00e9sente <em>de facto<\/em> comme absolument condamnables, avec la gravit\u00e9 des cons\u00e9quences \u00e0 mesure puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du pr\u00e9sident. En d&rsquo;autres mots, il fait le portrait d&rsquo;un homme prisonnier du Syst\u00e8me, et amen\u00e9 \u00e0 ces comportements, attitudes et d\u00e9cisions en d\u00e9pit de ses qualit\u00e9s certaines, parce qu&rsquo;il lui est impossible de proc\u00e9der autrement en raison de cet emprisonnement. D&rsquo;ailleurs, peut-\u00eatre Gates en a-t-il autant \u00e0 son propre service, et sa col\u00e8re concerne-t-elle \u00e9galement son propre emprisonnement, sa propre incapacit\u00e9 \u00e0 avoir r\u00e9alis\u00e9 ce qu&rsquo;il aurait voulu r\u00e9aliser. (On sait que Gates avait de vastes ambitions de r\u00e9forme du Pentagone pour son service dans l&rsquo;administration Obama [voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_bataille_de_sa_vie_18_03_2009.html\">18 mars 2009<\/a>] et qu&rsquo;il a compl\u00e8tement \u00e9chou\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi peut-on avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que se que d\u00e9peint Gates, c&rsquo;est toute une structure, le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme si l&rsquo;on veut, prisonni\u00e8re d&rsquo;elle-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire prisonni\u00e8re du Syst\u00e8me en un sens. Nous ignorons pr\u00e9cis\u00e9ment ce que Gates dit \u00e0 propos de sa propre position sur l&rsquo;Afghanistan sinon les approbations du bout des l\u00e8vres de la strat\u00e9gie poursuivie mais le fait est que, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, Gates lui-m\u00eame n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re enthousiaste pour la guerre en Afghanistan, et finalement pas si loin de la position du pr\u00e9sident quant \u00e0 la conviction. Il poussait \u00e0 la roue parce qu&rsquo;il esp\u00e9rait qu&rsquo;on pourrait encore trouver une issue honorable et que, de toutes les fa\u00e7ons, la bureaucratie militaire exer\u00e7ait sa propre pression ; mais, sur la fin de son mandat, nombre de signes montr\u00e8rent qu&rsquo;il avait perdu tout espoir \u00e0 cet \u00e9gard et qu&rsquo;il jugeait qu&rsquo;on aurait fait bien mieux de se passer de ce conflit. (Nombre de g\u00e9n\u00e9raux n&rsquo;\u00e9taient et ne sont pas loin de ce jugement, consid\u00e9rant le prix des efforts entrepris pour les r\u00e9sultats obtenus, &ndash; c&rsquo;\u00e9tait notamment le cas de McChrystal, qui pr\u00e9c\u00e9da Petraeus sur ce th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;op\u00e9ration.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Selon cette appr\u00e9ciation, les critiques que Gates adresse \u00e0 Obama, tout en restant fond\u00e9es sans aucun doute de son point de vue, se nuancent fondamentalement de cette r\u00e9serve que tout ce qu&rsquo;il reproche \u00e0 Obama, il pourrait \u00e9galement se le reprocher s&rsquo;il poussait son autocritique jusqu&rsquo;\u00e0 des consid\u00e9rations fondamentales. Ainsi son tableau revient-il effectivement \u00e0 d\u00e9crire un Washington compl\u00e8tement prisonnier du Syst\u00e8me, avec ses principaux acteurs, ceux dont on pourrait esp\u00e9rer des changements salutaires, se heurtant \u00e0 des impossibilit\u00e9s et \u00e0 des impuissances qui alimentent d&rsquo;une fa\u00e7on path\u00e9tique toutes les frustrations et toutes les col\u00e8res. Finalement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation o&ugrave; tout le monde est contraint de soutenir et de d\u00e9velopper des strat\u00e9gies et des politiques dont tout le monde constate chaque jour la vanit\u00e9, le co&ucirc;t et finalement l&rsquo;\u00e9chec. Seul le Syst\u00e8me est satisfait, bien entendu, puisqu&rsquo;il domine tout et impose sa loi qui est celle du d\u00e9veloppement aveugle de sa dynamique de surpuissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;\u00e9pisode, &ndash; le contenu du livre tel qu&rsquo;il nous est rapport\u00e9 autant que les circonstances qui l&rsquo;accompagnent, &ndash; devient alors une d\u00e9marche g\u00e9n\u00e9rale qui nous instruit sans nul doute sur l&rsquo;\u00e9tat de la situation \u00e0 Washington. Il ne s&rsquo;agit plus de tel ou tel dossier, telle ou telle guerre, telle ou telle bataille bureaucratique mais d&rsquo;un climat g\u00e9n\u00e9ral, pr\u00e9gnant, \u00e9crasant, &ndash; Washington devenu une prison du Syst\u00e8me&#8230; Le programme surpuissance-autodestruction fonctionne \u00e0 toutes vapeurs, Robert Gates en semi-d\u00e9nonciateur du pr\u00e9sident devient un d\u00e9nonciateur du Syst\u00e8me qui s&rsquo;ignore et effectue un parcours antiSyst\u00e8me sans faute. L&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;on en retirera, d\u00e9j\u00e0 perceptible \u00e0 son d\u00e9part, est l&rsquo;impossibilit\u00e9 pour quiconque de briser ce cercle vicieux, cette mainmise \u00e9crasante. Les paroles proph\u00e9tiques de Donald Rumsfeld, \u00ab\u00a0le jour d&rsquo;avant\u00a0\u00bb (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_courage_de_rumsfeld_et_un_discours_qui_m_rite_de_faire_date_11_09_2001.html\">11 septembre 2001<\/a>) devraient r\u00e9sonner, si l&rsquo;on s&rsquo;en rappelle encore, tout au long des pens\u00e9es et des jugements que cette intervention de Robert Gates fait na&icirc;tre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>The topic today is an adversary that poses a threat, a serious threat, to the security of the United States of America. This adversary is one of the world&rsquo;s last bastions of central planning. It governs by dictating five-year plans. From a single capital, it attempts to impose its demands across time zones, continents, oceans and beyond. With brutal consistency, it stifles free thought and crushes new ideas. It disrupts the defense of the United States and places the lives of men and women in uniform at risk.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Perhaps this adversary sounds like the former Soviet Union, but that enemy is gone: our foes are more subtle and implacable today. You may think I&rsquo;m describing one of the last decrepit dictators of the world. But their day, too, is almost past, and they cannot match the strength and size of this adversary. The adversary&rsquo;s closer to home. It&rsquo;s the Pentagon bureaucracy. Not the people, but the processes. Not the civilians, but the systems. Not the men and women in uniform, but the uniformity of thought and action that we too often impose on them.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Remplacez Pentagone par Washington et l&rsquo;administration, \u00e9largissez le tableau, placez-y, au centre, le pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis dont vous d\u00e9crivez toutes les faiblesses qu&rsquo;on jugerait quasiment in\u00e9vitables s&rsquo;il refuse de se r\u00e9volter comme on est en g\u00e9n\u00e9ral conduit \u00e0 faire, et tout est dit. Il s&rsquo;agit bien du Syst\u00e8me, et d&rsquo;ailleurs le Pentagone c&rsquo;est aussi le Syst\u00e8me. Le rapport que nous en fait involontairement Robert Gates est que la crise du Syst\u00e8me est bien en vitesse de croisi\u00e8re, et qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9pargne rien ni personne \u00e0 Washington, &ndash; et nous-m\u00eames terminant par l&rsquo;observation qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9pargnera m\u00eame pas le Syst\u00e8me lui-m\u00eame.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ombre antiSyst\u00e8me de Robert Gates 8 janvier 2014 &ndash; Il est tout de m\u00eame assez rare, non il est rarissime qu&rsquo;un ministre de cette importance, qu&rsquo;un homme de cette r\u00e9putation de retenue et de \u00ab\u00a0serviteur de l&rsquo;&Eacute;tat\u00a0\u00bb (s&rsquo;il y en a un aux USA), ayant quitt\u00e9 son poste en apparence dans les meilleurs termes possibles&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3236,4270,1406,3194,569,3440,3014,2626,4847],"class_list":["post-73623","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-afghanistan","tag-autodestruction","tag-nixon","tag-pentagone","tag-rumsfeld","tag-strategie","tag-systeme","tag-watergate","tag-woodward"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73623","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73623"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73623\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}