{"id":73637,"date":"2014-01-16T12:07:08","date_gmt":"2014-01-16T12:07:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/16\/notes-sur-une-parabole-sous-influence\/"},"modified":"2014-01-16T12:07:08","modified_gmt":"2014-01-16T12:07:08","slug":"notes-sur-une-parabole-sous-influence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/16\/notes-sur-une-parabole-sous-influence\/","title":{"rendered":"Notes sur une parabole sous influence"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur une parabole sous influence<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 janvier 2014  Voici un sujet int\u00e9ressant : le r\u00f4le de la drogue dans le conflit syrien, et plus particuli\u00e8rement d&rsquo;une amph\u00e9tamine tr\u00e8s populaire au Moyen-Orient et fort peu r\u00e9pandu ailleurs, le Captagon. Le sujet est plus ou moins r\u00e9current, parcellaire, depuis que le conflit a pris de l&rsquo;extension pour devenir une pr\u00e9occupation majeure des relations internationales (avant de perdre de son importance, derni\u00e8rement, et de passer au second rang du syst\u00e8me de la communication). Il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 et document\u00e9 par la presse \u00e0 grande diffusion internationale (presse-Syst\u00e8me notamment, certes) que depuis quelques mois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sujet prend ainsi place parmi les r\u00e9f\u00e9rences majeures, non seulement du conflit syrien, mais \u00e9galement et plus encore, des conditions g\u00e9n\u00e9rales des conflits actuels et de l&rsquo;\u00e9volution exponentielle du d\u00e9sordre (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-al-qaeda_marque_d_pos_e_11_01_2014.html\" class=\"gen\">11 janvier 2014<\/a>). Pour ce cas, certes, il s&rsquo;agit de la zone crisique du Moyen-Orient. C&rsquo;est bien selon ce point de vue que nous voulons traiter ici notre sujet ; et surtout, partant de ce point de vue et des constats r\u00e9gionaux, parler des effets sur une sorte de psychologie de crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tParmi les articles qu&rsquo;on rel\u00e8ve, citons le <em>Daily Star<\/em> de Beyrouth (le <a href=\"http:\/\/www.dailystar.com.lb\/News\/Lebanon-News\/2013\/Sep-11\/230793-syrian-captagon-being-trafficked-through-lebanon.ashx#ixzz2qRJdUiIw\" class=\"gen\">11 septembre 2013<\/a>), <em>Time Magazine<\/em> le <a href=\"http:\/\/world.time.com\/2013\/10\/28\/syrias-breaking-bad-are-amphetamines-funding-the-war\/#ixzz2qR6ZvsEU\" class=\"gen\">28 octobre 2013<\/a>, France 24 le <a href=\"http:\/\/www.france24.com\/fr\/20131030-syrie-captagon-amphetamine-syrie-drogue-liban-rebelles-hezbollah-trafic\/\" class=\"gen\">30 octobre 2013<\/a>. Ces derniers jours o\u00f9 notre attention a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e pour nous conduire \u00e0 cette analyse, le sujet a \u00e9t\u00e9 repris par une enqu\u00eate minutieuse de Reuters, le <a href=\"http:\/\/uk.reuters.com\/article\/2014\/01\/13\/uk-syria-crisis-drugs-idUKBREA0B04K20140113\" class=\"gen\">13 janvier 2014<\/a> ; on peut voir aussi le <em>Guardian<\/em>, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/shortcuts\/2014\/jan\/13\/captagon-amphetamine-syria-war-middle-east?CMP=twt_gu\" class=\"gen\">13 janvier 2014<\/a>, qui reprend en les r\u00e9sumant, des \u00e9l\u00e9ments venus de <em>Time<\/em> et de Reuters.<\/p>\n<h3>La drogue comme psychologie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation selon France 24, citant notamment le <em>Daily Star<\/em> et <em>Time Magazine<\/em> (\u00ab<em>prestigieux hebdomadaire am\u00e9ricain<\/em>\u00bb, pour que nul n&rsquo;en ignore) \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e notamment par la premi\u00e8re phrase de l&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.france24.com\/fr\/20131030-syrie-captagon-amphetamine-syrie-drogue-liban-rebelles-hezbollah-trafic\/\" class=\"gen\">30 octobre 2013<\/a> : \u00ab<em>La drogue est-elle devenue le nerf de la guerre en Syrie?<\/em>\u00bb Plut\u00f4t que le nerf de la guerre, qui suppose le fait d&rsquo;un moyen de faire la guerre, comme le p\u00e9trole ou l&rsquo;argent, nous parlerions plus en profondeur et plus en complexit\u00e9 d&rsquo;une psychologie et d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre plus \u00e9largi que la seule Syrie. Le titre devrait \u00eatre alors un peu modifi\u00e9 et notablement \u00e9largi : La drogue est-elle devenue la psychologie des crises au Moyen-Orient?.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, voici un extrait de l&rsquo;article : \u00ab<em>La drogue est-elle devenue le nerf de la guerre en Syrie ? Le pic r\u00e9cemment atteint au Moyen-Orient par le trafic de pilules de Captagon, principalement compos\u00e9es d&rsquo;amph\u00e9tamines et de caf\u00e9ine, serait directement li\u00e9 au conflit en Syrie, selon le quotidien libanais The Daily Star et le prestigieux hebdomadaire am\u00e9ricain Time. Class\u00e9 par l&rsquo;Agence fran\u00e7aise de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire des produits de sant\u00e9 (Afssaps) comme produit stup\u00e9fiant, le Captagon est un psychostimulant \u00e0 base de chlorhydrate de f\u00e9n\u00e9tylline. Ce m\u00e9dicament facile \u00e0 contrefaire est \u00e0 l&rsquo;origine strictement r\u00e9serv\u00e9 au milieu hospitalier et prescrit \u00e0 des patients souffrant de narcolepsie et de probl\u00e8mes d&rsquo;attention.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Selon Time, les r\u00e9centes saisies et les nombreuses arrestations de trafiquants op\u00e9r\u00e9es r\u00e9cemment au Moyen-Orient pr\u00e9sentent la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre li\u00e9es au financement de certaines composantes de la r\u00e9bellion qui cherche \u00e0 renverser le pr\u00e9sident syrien Bachar al-Assad. \u00c0 mesure que la guerre s&rsquo;\u00e9ternise en Syrie, le Captagon jouera tr\u00e8s probablement un r\u00f4le significatif dans le financement des bellig\u00e9rants, affirme le journal am\u00e9ricain&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Effets du produit sur les combattants<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tContinuons en restant encore, pour l&rsquo;instant, dans le cadre d\u00e9fini, imm\u00e9diatement ci-dessus, de la guerre en Syrie. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, pourtant, il faut consid\u00e9rer ce cas sp\u00e9cifique (la Syrie) comme le st\u00e9r\u00e9otype, naturellement dans une dimension dramatique et cruelle comme l&rsquo;est ce conflit, d&rsquo;une situation plus g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour ce faire, et mesurer les effets du Captagon sur les combattants en Syrie, mais aussi sur la population syrienne elle-m\u00eame, on empruntera ces quelques paragraphes de Reuters. Ils nous sugg\u00e8rent que ce conflit, tel qu&rsquo;il est d\u00e9crit en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;usage de cette drogue, est notablement structur\u00e9, certainement du point de vue psychologique, par cet usage. Sa sauvagerie, son d\u00e9sordre, son intensit\u00e9 dynamique, peuvent aussi bien appara\u00eetre en bonne partie alors comme l&rsquo;effet de l&rsquo;introduction du Captagon. (On comprend qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de s&rsquo;arr\u00eater au Captagon en tant que tel, comme \u00e9tant une drogue sp\u00e9cifique produisant les effets qui sont d\u00e9crits, mais comme une de ces drogues qui, effectivement, correspondent, alimentent, renforcent, favorisent, voire cr\u00e9ent dans certains cas les comportements et les actes caract\u00e9risant cette sorte de conflits.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Lebanese psychiatrist Ramzi Haddad said the drug had the typical effects of a stimulant. It gives you a kind of euphoria. You&rsquo;re talkative, you don&rsquo;t sleep, you don&rsquo;t eat, you&rsquo;re energetic, he said. Production is cheap and simple, requiring only basic knowledge of chemistry and a few scales, he added. Syrian and Lebanese authorities regularly seize homemade laboratories used to make the pills.<\/em> [&#8230;] <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A drug control officer in the central city of Homs told Reuters he had observed the effects of Captagon on protesters and fighters held for questioning. We would beat them, and they wouldn&rsquo;t feel the pain. Many of them would laugh while we were dealing them heavy blows, he said. We would leave the prisoners for about 48 hours without questioning them while the effects of Captagon wore off, and then interrogation would become easier.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The opposition retorts that the government is aiming to sully its reputation and say it is the pro-government &lsquo;shabiha&rsquo; gunmen that run the Captagon trade. Opposition activist Ammar said consumption was limited to government supporters and fighters who use the cover of the revolution to pursue lucrative criminal activities. These days, the criminals and addicts do whatever they want, he said. They&rsquo;ve increased because of hunger, poverty and lack of work.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A psychiatrist named George said he treated Captagon users at his clinic in the government stronghold of Latakia. The use of Captagon and other pills increased after the revolution even among civilians because of psychological and economic pressures, he said. He said the government exaggerated the drug&rsquo;s prevalence among opponents, but added that it was likely both the shabiha and rebel Free Syrian Army were users, especially when they are assigned night duty or other long missions&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les islamistes face \u00e0 la drogue<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, il est int\u00e9ressant de conna\u00eetre la position des groupes ultra-islamistes vis-\u00e0-vis de cette prolif\u00e9ration de Captagon, lequel produit repr\u00e9sente pour nombre d&rsquo;entre eux, dans le chef de sa consommation, un comportement contraire \u00e0 leur stricte interpr\u00e9tation des lois coraniques. Ce passage du texte publi\u00e9 par <em>Time<\/em> rapporte un \u00e9pisode caract\u00e9ris\u00e9 par cette attitude, mais aussi les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par ce comportement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne peut dire qu&rsquo;il y a rupture entre ces groupes et l&rsquo;usage du Captagon, mais adaptation, m\u00eame pour eux. Cela conduit \u00e0 cette observation que, finalement, tous sont touch\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre. L&rsquo;\u00e9ventuelle rage \u00e0 d\u00e9truire le Captagon, puis la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;adapter \u00e0 une situation o\u00f9 le Captagon est consomm\u00e9, font partie du comportement \u00e0 la fois extr\u00e9miste et tactique de ces groupes islamistes, et, par cons\u00e9quent, s&rsquo;ins\u00e8rent dans le sch\u00e9ma de la guerre. On est conduit \u00e0 constater que m\u00eame les engagements les plus radicaux doivent, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, le c\u00e9der devant la pr\u00e9gnance de cette sorte de substitut \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 de situation insupportable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Not all elements involved in the war are so sanguine about the opportunities presented by continued conflict. Omar Atrash, the former head of the Lebanese branch of Jabhat al-Nusra, one of the al-Qaeda-affiliated groups fighting the Assad regime in Syria, boasted to Time that he had personally overseen the destruction of two Syrian Captagon factories near the border. The factories were in Qalamoun, an area liberated by the rebels more than a year ago, he said, and since then there is a complete absence of the state, and many villages thought once the regime is gone they can do all kinds of illegal activities. According to al-Nusra&rsquo;s strict interpretation of Islamic law, drugs are forbidden. So Atrash led the charge to destroy the factories, as well as several marijuana fields. He admitted, however, that continuing the fight against narcotics had been counterproductive. Not only would the complete eradication of all drug facilities in the area suck manpower from the front lines, it also risked alienating the very residents they were trying to win over. Nusra clashed several times with villagers because they tried to end this phenomenon, he said in an in-person interview conducted just days before his death, earlier this month, by a rocket in Syria. It is not clear where the rocket came from.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La n\u00e9buleuse \u00e9largie du Captagon<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes textes consult\u00e9s \u00e9largissent le sujet en donnant quelques indications sur la situation du trafic et du commerce du Captagon dans le Moyen-Orient en g\u00e9n\u00e9ral, et cela sans la n\u00e9cessit\u00e9 de lier cette expansion au conflit syrien. Bien entendu, dans cette rapide observation, la Syrie continue \u00e0 jouer un r\u00f4le essentiel, par les d\u00e9placements de production que le conflit a suscit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn y voit que la Syrie \u00e9tant un consommateur dynamique nouveau et important \u00e0 cause de la guerre et depuis la guerre, le Captagon est aussi devenu un important facteur de revenus, et de r\u00e9\u00e9quipement en armes par l&rsquo;argent g\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour nombre de groupes. Les diff\u00e9rents parties et groupes arm\u00e9s et les producteurs de Captagon, qui sont souvent li\u00e9s les uns aux autres par des int\u00e9r\u00eats \u00e9vidents jusque parfois \u00eatre une seule et m\u00eame entit\u00e9, constituent une masse de manuvre purement de type capitalistique sauvage qui nourrit le conflit en tant que dynamique de d\u00e9structuration et de dissolution par excellence (sch\u00e9ma favori du capitalisme). Des activit\u00e9s priv\u00e9es et de crime organis\u00e9 sont li\u00e9es \u00e0 cet ensemble, aussi bien dans les zones limitrophes de la Syrie qu&rsquo;en Syrie m\u00eame. La dynamique du Captagon acquiert des dimensions nouvelles qui concernent cette fois toute la zone r\u00e9gionale, devenant un facteur d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9sordre qui \u00e9quivaut \u00e0 celui du terrorisme dans sa forme m\u00e9langeant les id\u00e9ologies exacerb\u00e9es et les tendances du crime organis\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Time<\/em> met en \u00e9vidence cet aspect qui \u00e9largit la n\u00e9buleuse consid\u00e9r\u00e9e. On y voit notamment que le Hezbollah, \u00e9galement impliqu\u00e9, laisse de c\u00f4t\u00e9 les stricts principes islamiques pour participer \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9-Captagon parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique si l&rsquo;on veut. C&rsquo;est une situation o\u00f9 le concept de strat\u00e9gie doit n\u00e9cessairement \u00eatre red\u00e9fini en termes commerciaux, soci\u00e9taux, voire psychologiques,  non, <strong>surtout psychologiques<\/strong>&#8230; \u00ab<em>As the war drags on, it is all the more likely that Captagon will take on a significant role funding warring parties in the conflict. The captured cargo trucks were owned by a Sunni Syrian clan long linked to the drug trade that fled the besieged city of Homs last year to set up shop in Lebanon, says Chams Eddine, who suspects that the proceeds may have been used in part to fund antiBashar Assad rebels. They run two or three operations like that, and they can easily get $300 million. That would buy a lot of guns. But it&rsquo;s not just Syrian Sunnis who are involved. Hizballah, the Iranian-funded and Lebanon-based militia that is fighting in Syria on behalf of President Assad, also has a hand in the trade, according to former U.S. Treasury official Matthew Levitt, a fellow at the Washington Institute and author of Hezbollah: The Global Footprint of Lebanon&rsquo;s Party of God. Hizballah has a long history of dabbling in the drug trade to help with funding, and Captagon, with its high profit margins, is to them just another business opportunity, Levitt says.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReuters donne aussi quelques indications sur cette dimension de la n\u00e9buleuse \u00e9largie, confirmant cette activit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 la confluence de la guerre id\u00e9ologique, du crime organis\u00e9e et du capitalisme sauvage et naturellement d\u00e9r\u00e9gul\u00e9 : \u00ab<em>The trader said production in Lebanon fell 90 percent in 2013 from two years earlier, and wholly attributed the drop to a shift in production to Syria. He said some production might also have moved to Syria from Turkey during the past year. Khabib Ammar, a Damascus-based media activist, said Syrian fighters involved with the drugs trade were buying weapons with the money they made, though Reuters could not independently verify claims that Captagon profits were being used to fund either side of the conflict&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;activit\u00e9 vibrante de la circulation du Captagon<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Syrie est donc devenue aussi, gr\u00e2ce \u00e0 la facilit\u00e9 de la chose, un producteur et un exportateur de Captagon. Ainsi la guerre devient-elle un centre de prolif\u00e9ration du ph\u00e9nom\u00e8ne du Captagon apr\u00e8s avoir figur\u00e9, comme on l&rsquo;a vu plus haut, comme centre de concentration d&rsquo;importation et de consommation de la drogue, et un centre de fournitures de la guerre au niveau des armements. La circulation du Captagon essaime sur les zones avoisinantes, d&rsquo;une fa\u00e7on beaucoup plus dynamique qu&rsquo;il n&rsquo;avait fait jusqu&rsquo;alors.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a la sensation d&rsquo;une activit\u00e9 extr\u00eame, presque vibrante et sans le moindre rangement, une de ces activit\u00e9s dont les id\u00e9ologues hyper-capitalistes raffolent en susurrant de ces expressions qui les enchantent, de ces expressions qui agissent presque <strong>comme une drogue<\/strong> (tiens, tiens) sur leurs univers c\u00e9r\u00e9braux r\u00e9duits \u00e0 des signaux convenus sous forme de phrases-slogans ; donc, des expressions ou phrases-slogans telles que d\u00e9sordre cr\u00e9ateur, chaos cr\u00e9ateur, et tout le toutim. On y voit des convois routiers, de norias de camions venus de nulle part et d&rsquo;on ne sait o\u00f9 et allant Dieu sait o\u00f9 et vers \u00e0 peu pr\u00e8s on ne sait quoi, mais dont on devine ais\u00e9ment l&rsquo;usage et la raison d&rsquo;\u00eatre, et finalement, aussi bien les parcours d&rsquo;ailleurs&#8230; Toutes ces op\u00e9rations s&rsquo;effectuent selon un statut plus ou moins semi-clandestin, circulant avec les passe-droits officieux et les passe-droits plus concrets de la complicit\u00e9 autant que de la corruption. Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Captagon n&rsquo;est plus seulement sp\u00e9cifique au conflit syrien, il essaime partout. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Time<\/em>, \u00e0 nouveau, entame son article par une sorte d&rsquo;addition de tableaux de sc\u00e8nes v\u00e9cues, qui restituent cette atmosph\u00e8re vibrante d&rsquo;un commerce en pleine activit\u00e9, \u00e0 la fois insaisissable, \u00e0 la fois objet de grosses prises dont on ignore ce qu&rsquo;elles deviennent &#8230; \u00ab<em>Fifteen days into his job as Lebanon&rsquo;s top drug-enforcement official, Colonel Ghassan Chams Eddine got a tip-off that something big was going down at the Beirut shipping port this summer. How big? Nearly 5.5 million tablets of a locally produced amphetamine expertly hidden inside an industrial water heater destined for Dubai. His men had to use acetylene torches to remove the white tablets, each embossed with an off-kilter yin-yang symbol and packed into 1,000-piece units in heat-sealed plastic bags. The boiler was made in Syria, and the way the tablets were hidden, it was clear that they hadn&rsquo;t been just stuffed inside, says Chams Eddine. That unit was formed around the drugs, at the factory.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A week later, on Aug. 21, Chams Eddine got another tip-off. Six Syrian-made cargo trucks destined for Saudi Arabia from Lebanon were stopped just as they were about to cross the border. Each of the containers&rsquo; steel reinforcing ribs concealed a cleverly designed drawer packed with loose pills  6 million of them in total. A few days later, a Syrian was caught at Beirut&rsquo;s international airport with 11,000 tablets hidden in pastries. Then two more Syrians destined for Saudi Arabia were stopped at the airport with 8 kg of the stuff in their luggage.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le Captagon et son empire r\u00e9gional<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe dernier stade de cette description g\u00e9n\u00e9rale concerne la r\u00e9gion dans son enti\u00e8ret\u00e9, le Moyen-Orient autour de son axe sensible Liban-Syrie-Irak, et de son centre g\u00e9n\u00e9rant un incendie grondant qu&rsquo;est la Syrie, mais aussi autour de ses centres de richesse et d&rsquo;hyper-modernit\u00e9 que sont les pays du Golfe. La description donne aussi bien des \u00e9l\u00e9ments de la situation g\u00e9n\u00e9rale actuelle du Captagon que des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;historique du Captagon : cette amph\u00e9tamine rejet\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980 par son cr\u00e9ateur occidental \u00e0 cause de ses caract\u00e8res addictifs, reprise en production clandestine par des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est bien heureusement lib\u00e9r\u00e9s de la chape de plomb communiste pour go\u00fbter \u00e0 l&rsquo;ivresse capitalistique ultra-sauvage, enfin p\u00e9n\u00e9trant au Moyen-Orient en 2006, au moment du tournant de l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;aventure irakienne des USA et de l&rsquo;\u00e9croulement du mythe de la puissance isra\u00e9lienne (guerre contre le Hezbollah), tout cela d\u00e9cha\u00eenant le contr\u00f4le de la r\u00e9gion et le d\u00e9l\u00e9guant aux pouss\u00e9es du d\u00e9sordre et aux grands courants suprahumaine de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, avec r\u00e9alisation dans le printemps arabe de d\u00e9cembre 2010.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cadre si postmoderne de Fin de Syst\u00e8me, le Captagon s&rsquo;implante comme la drogue postmoderne par excellence, la drogue de l&rsquo;instant et de l&rsquo;extase de l&rsquo;instant, \u00e0 consommer sans perdre de temps puisque nul ne sait ce qui nous attend apr\u00e8s, et avec nullement l&rsquo;impression du processus ali\u00e9nant du drogu\u00e9 mais plut\u00f4t celui du m\u00e9dicament, propre, <em>clean<\/em>, efficace. C&rsquo;est aussi une diff\u00e9rence importante par rapport \u00e0 d&rsquo;autres usages, plus traditionnels et finalement moins ali\u00e9nants, de certaines drogues (opium, hallucinog\u00e8nes, etc.) consomm\u00e9es dans un cadre effectivement plus proche de certains aspects de la tradition, dans certains courants de civilisation&#8230; Ici, c&rsquo;est tout le contraire : la prise du m\u00e9dicament-drogue <em>clean<\/em> est en soi rupture avec toute p\u00e9rennit\u00e9, avec toute durabilit\u00e9 de la tradition. Nous sommes dans le d\u00e9sert du Syst\u00e8me, chose invincible comme aiment \u00e0 dire ses admirateurs compulsifs, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le cours de son effondrement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte de Reuters donne un rapide aper\u00e7u de cette situation typiquement moyenne-orientale et pourtant occidentalis\u00e9e parce que le Syst\u00e8me infecte tout et que ses porteurs d&rsquo;eau et de germes, les pays du bloc BAO et leurs relais au Moyen-Orient, portent eux-m\u00eames cette infection. Quelques mots rappellent opportun\u00e9ment que la fortune du Captagon se construit sur la d\u00e9structuration et la dissolution des principes fondamentaux tenant les entit\u00e9s nationales et imposant l&rsquo;ordre politique, soci\u00e9tal et psychologique &#8230;. \u00ab<em>Consumption of Captagon outside the Middle East is negligible, according to the United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), but it is a significant drug in the Arab Gulf, and nascent markets were detected in North Africa last year. Sitting at a crossroads in the Middle East, Syria has long been a transit point for drugs coming from Europe, Turkey and Lebanon and destined for Jordan, Iraq and the Gulf. The breakdown of state infrastructure, weakening of borders and proliferation of armed groups during the nearly three-year battle for control of Syria has transformed the country from a stopover into a major production site.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article de <em>Time Magazine<\/em>, lui, donnait encore plus de pr\u00e9cisions, notamment sur l&rsquo;historique du trajet du Captagon et sur sa situation g\u00e9n\u00e9rale au Moyen-Orient aujourd&rsquo;hui, cette fois clairement hors du conflit syrien mais en gardant \u00e0 l&rsquo;esprit le r\u00f4le-moteur de ce conflit syrien. On y observe la place fondamentale tenue dans les pays du Golfe pour l&rsquo;utilisation de Captagon, et notamment par l&rsquo;Arabie qui admet que le trafic de Captagon vers ce pays atteint, semble-t-il, 550 millions de tablettes de Captagon par an,  cela permettant aux multiples princes eux-m\u00eames de s&rsquo;adonner aux d\u00e9lices des mille et un <em>trip<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Captagon is the trade name for fenetylline, a synthetic stimulant used in the early treatment of attention-deficit\/hyperactivity disorder before it was banned in most countries in 1986. The counterfeit versions available today contain amphetamine derivatives that are easier and cheaper to produce. Though Captagon was manufactured and trafficked in Eastern Europe in the early 2000s, it didn&rsquo;t really take off in the Middle East until 2006, when local authorities started reporting a worrying uptick in amphetamine seizures, most of them in the form of Captagon pills&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In terms of pure profit, it&rsquo;s hard to beat amphetamines. Unlike cocaine and heroin, the base ingredients are easy, and even legal, to obtain. A pill that costs pennies to produce in Lebanon retails for up to $20 a pop in Saudi Arabia, where some 55 million Captagon tablets are seized a year  a number that even Saudi officials admit amounts to only 10% of the overall total that actually makes it into the kingdom, according to the UNODC World Drug Report and a not-yet-published E.U. assessment of drug trafficking in the Middle East. Saudi Arabia alone accounts for more than one-third of global amphetamines seizures a year, and three-quarters of patients treated for drug problems there are addicted to amphetamines, almost exclusively in the form of Captagon. Qatar, Kuwait and the UAE have reported similar spikes in multimillion-tablet seizures of the drug in the past two years.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Pourquoi une parabole ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Oui, pourquoi une parabole ? En effet, c&rsquo;est en tant que parabole que nous utilisons ici l&rsquo;information g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;usage du Captagon, et l&rsquo;on admettra que le sous influence se justifie pleinement par le caract\u00e8re addictif de la drogue. Nous proc\u00e9dons de la sorte parce que cet usage du Captagon, qui n&rsquo;est nullement repr\u00e9sent\u00e9 ici d&rsquo;une mani\u00e8re scientifique ou sociologique, ou strat\u00e9gique et ainsi de suite, pr\u00e9sente des sp\u00e9cificit\u00e9s si remarquables, \u00e0 la fois op\u00e9rationnelles et symboliques de la situation qu&rsquo;il nous importe de d\u00e9crire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sp\u00e9cificit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre propre au Moyen-Orient, cette r\u00e9gion qui constitue, ou a constitu\u00e9 jusqu&rsquo;ici le chaudron central, le feu grondant des activit\u00e9s de d\u00e9structuration et de dissolution qui caract\u00e9rise notre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_l_effondrement_du_syst_me_12_01_2014.html\" class=\"gen\">crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me<\/a>. L\u00e0 se trouvent rencontr\u00e9s tout autant l&rsquo;aspect op\u00e9rationnel et l&rsquo;aspect symbolique, selon une perception unanime du Moyen-Orient comme centralit\u00e9 de certains aspects de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sp\u00e9cificit\u00e9 pour cette drogue d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 activ\u00e9e au-del\u00e0 de toutes les prospectives par le conflit syrien, qui a jou\u00e9 un r\u00f4le si intense et si dramatique pendant au moins dix-huit mois (de f\u00e9vrier 2012 \u00e0 septembre 2013), r\u00f4le illustrant \u00e0 la fois la cruaut\u00e9 et le d\u00e9sordre de la situation de la politique et de l&rsquo;insurrection, l&rsquo;impuissance et le vide conceptuel extraordinaire des puissances du bloc BAO, le r\u00f4le faussaire du syst\u00e8me de la communication. Cette op\u00e9rationnalit\u00e9 qu&rsquo;on reconna\u00eet \u00e0 cette sp\u00e9cificit\u00e9 a \u00e9videmment la dimension symbolique requise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sp\u00e9cificit\u00e9 d&rsquo;avoir ainsi \u00e9t\u00e9, par le biais des caract\u00e8res du conflit syrien, l&rsquo;illustration symbolique et psychologique la plus saisissante de la d\u00e9structuration et de la dissolution des principes qui tiennent l&rsquo;ordre politique et soci\u00e9tal d&rsquo;une civilisation, pour le meilleur et pour le pire,  c&rsquo;est-\u00e0-dire pour le pire pour ce qui concerne notre contre-civilisation, quand on voit l&rsquo;usage d&rsquo;exemple de destruction suicidaire qui est fait dans le chef de l&rsquo;usage pr\u00e9dateur des principes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sp\u00e9cificit\u00e9 d&rsquo;avoir acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 ainsi les caract\u00e8res fondamentaux enfant\u00e9s par l&rsquo;hyper-capitalisme, le capitalisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur de la d\u00e9r\u00e9gulation, le capitalisme sauvage, avec l&rsquo;amalgame r\u00e9alis\u00e9 entre les id\u00e9ologies perverties, les terrorismes divers, la criminalisation intensive, l&rsquo;organisation de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 et du crime bas\u00e9e sur la production (du Captagon en l&rsquo;occurrence), etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sp\u00e9cificit\u00e9 enfin de n&rsquo;\u00eatre nullement r\u00e9duit \u00e0 la consommation de guerre, mais \u00e9galement de nourrir une consommation civile, une consommation de d\u00e9cadence affectant tous ces pays du Golfe qui sont devenus ces derni\u00e8res ann\u00e9es la vitrine faussaire de ce que l&rsquo;hyper-capitalisme croit \u00eatre son triomphe dans la fuite en avant de l&rsquo;argent et de la destruction du monde par la modernit\u00e9. Car il nous appara\u00eet tout aussi \u00e9vident que cette consommation de masse du Captagon (guerre en Syrie) est aussi une consommation des \u00e9lites dans ces pays-banni\u00e8res du capitalisme \u00e9tendu d&rsquo;une fa\u00e7on si trompeuse \u00e0 quelques centres du monde musulman, comme pour affirmer que le faux conflit (choc des civilisations) g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me sera r\u00e9solu,  est en train d&rsquo;\u00eatre r\u00e9solu par une fausse int\u00e9gration du monde musulman dont ces pays du Golfe hyper-occidentalis\u00e9s seraient le fanion.<\/p>\n<h3>Un climat g\u00e9n\u00e9ral propice<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne faut pas non plus isoler ce tableau du Moyen-Orient-Captagon du reste (<em>Rest Of the World<\/em>), comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un appendice \u00e9ventuellement catastrophique, ou bien d&rsquo;un appendice tendance pour ceux qui font l&rsquo;apologie de notre \u00e9poque m\u00eame au travers de la forme sp\u00e9cifique de vices qui ne lui sont \u00e9videmment pas exclusifs, mais qu&rsquo;elle a su \u00e9riger en symboles catastrophiques. On sait suffisamment l&rsquo;importance de l&rsquo;usage de la drogue dans le bloc BAO, et notamment dans le chef des \u00e9lites. Simplement, il n&rsquo;est pas question de Captagon, mais de divers autres produits pharmaceutiques ou assimil\u00e9s, et aussi de la bonne vieille coca\u00efne dont l&rsquo;usage reste r\u00e9solument tendance. Il ne peut \u00eatre question de nier l&rsquo;effet de ces pratiques sur les psychologies, y compris sur les psychologies des personnels des diverses institutions nationales et internationales engag\u00e9es dans les processus de d\u00e9finition et de mise en uvre de ce qui tient lieu de politiques diverses. (On se rappelle qu&rsquo;une enqu\u00eate interne au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 \u00e0 la Commission europ\u00e9enne avait permis de d\u00e9celer des traces de coca\u00efne dans 59 des 61 toilettes examin\u00e9es.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe cadre g\u00e9n\u00e9ral incluant ces partenaires divers offre une vision \u00e9galement g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;une population (on parle ici aussi bien des \u00e9lites que des diverses n\u00e9buleuses activistes, mais sans que le climat social g\u00e9n\u00e9ral ne d\u00e9mente l&rsquo;orientation d\u00e9crite) o\u00f9 l&rsquo;usage de la drogue rencontre un climat psychologique g\u00e9n\u00e9ral marqu\u00e9 par la raison subvertie par le Syst\u00e8me, par la d\u00e9gradation du contenu et des conditions de perception due \u00e0 l&rsquo;usage du syst\u00e8me de la communication charg\u00e9 de <em>narrative<\/em>, par l&rsquo;introduction de l&rsquo;affectivit\u00e9 dans la perception et la d\u00e9finition des politiques, etc. Le conflit syrien a \u00e9t\u00e9 le cadre sp\u00e9cifique absolument \u00e9vident de cette d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9rale, et la rencontre avec le Captagon justifie ainsi d&rsquo;\u00e9voquer une parabole sous influence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(On rappellera quelques textes concernant l&rsquo;action faussaire et dissolvante du syst\u00e8me de la communication syst\u00e9matiquement manipul\u00e9 vis-\u00e0-vis de la guerre en Syrie, par exemple le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_guerre_qui_n_a_pas_eu_lieu_en_syrie_02_04_2012.html\" class=\"gen\">2 avril 2012<\/a>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-janus_au_grand_galop_09_04_2012.html\" class=\"gen\">9 avril 2012<\/a>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_syst_me_de_la_communication_r_gne_07_12_2012.html\" class=\"gen\">7 d\u00e9cembre 2012<\/a>. Pour ce qui concerne la raison subvertie et l&rsquo;intrusion de l&rsquo;affectivit\u00e9 dans le raisonnement et le jugement politique,  ou non-raisonnement et anti-jugement,  \u00e9videmment \u00e0 l&rsquo;occasion du conflit syrien, on peut en lire l\u00e0-dessus principalement le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_raison_devenue_idiote_utile_de_l_affectivit__11_06_2012.html\" class=\"gen\">11 juin 2012<\/a>, en signalant que la m\u00e9thode s&rsquo;est naturellement \u00e9tendue \u00e0 d&rsquo;autres th\u00e9\u00e2tres, comme ce fut le cas derni\u00e8rement avec l&rsquo;Ukraine [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_le_on_de_psychanalyse_du_pr_lavrov_16_12_2013.html\" class=\"gen\">16 d\u00e9cembre 2013<\/a>].)<\/p>\n<h3>La parabole du d\u00e9sordre psychologique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend, esp\u00e9rons-nous, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit ici,  nous nous r\u00e9p\u00e9tons pour la clarification du propos,  ni d&rsquo;une \u00e9tude clinique, ni d&rsquo;une analyse strat\u00e9gique \u00e9tendue \u00e0 des domaines <em>sexy<\/em> comme l&rsquo;usage de la drogue. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;\u00e9tablir un rapport direct de cause \u00e0 effet (il y a consommation de drogue, donc il y a telle erreur de politique, ou telle d\u00e9rive incompr\u00e9hensible, etc.). Il s&rsquo;agit vraiment d&rsquo;une parabole pr\u00e9sent\u00e9e pour tenter d&rsquo;illuminer une s\u00e9quence particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9latrice de la d\u00e9cadence de la situation et de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Le Captagon figure \u00e0 la fois comme \u00e9l\u00e9ment symbolique descriptif de l&rsquo;\u00e9tat de la pens\u00e9e politique et des actes divers, brutaux, faussaires, etc. ; et \u00e0 la fois comme facteur op\u00e9rationnel, exer\u00e7ant effectivement une influence dans telle ou telle occurrence, mais dans un cadre g\u00e9n\u00e9ral propice \u00e0 cette action et \u00e0 cette influence, et ce cadre g\u00e9n\u00e9ral qui embrasse nombres d&rsquo;autres activit\u00e9s et d&rsquo;autres domaines composant les s\u00e9quences politiques d\u00e9crites.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Et, pour nous, ce cadre g\u00e9n\u00e9ral est d&rsquo;abord et fondamentalement psychologique. Du coup, l&rsquo;observation du r\u00f4le \u00e0 la fois symbolique et op\u00e9rationnel d&rsquo;une drogue comme c&rsquo;est le cas du Captagon, prend toute son importance. On le comprend ais\u00e9ment, il s&rsquo;agit d&rsquo;un acte qui, \u00e0 la fois, alimente, refl\u00e8te, et au bout du compte symbolise une psychologie dont la perception est compl\u00e8tement pervertie, tant par elle-m\u00eame que par les soi-disant r\u00e9alit\u00e9s per\u00e7ues qui sont elles-m\u00eames faussaires et qui sont pourtant accept\u00e9es sans \u00eatre soumises \u00e0 une appr\u00e9ciation critique. L&rsquo;usage de la drogue, c&rsquo;est aussi le symbole d&rsquo;une ivresse, d&rsquo;une d\u00e9construction et d&rsquo;une reconstruction d&rsquo;un simulacre de r\u00e9alit\u00e9, d&rsquo;une composition intensive de <em>narrative<\/em> et de l&rsquo;acceptation sans restriction de ces <em>narrative<\/em>. L&rsquo;usage de la drogue est r\u00e9ellement un symbole d&rsquo;\u00e9poque en plus d&rsquo;\u00eatre le ph\u00e9nom\u00e8ne op\u00e9rationnel qu&rsquo;il est.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Captagon est par cons\u00e9quent une bonne r\u00e9f\u00e9rence pour bien fixer combien les situations du conflit en Syrie, de certains pays impliqu\u00e9s (notamment les pays du Golfe et du bloc BAO), d&rsquo;un pays comme l&rsquo;Arabie \u00e9voluant d&rsquo;une politique ultra-conservatrice et immobiliste vers un aventurisme d\u00e9brid\u00e9 [voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_arabie_et_bandar_faiseurs_de_d_sordre_aux_abois_23_10_2013.html\" class=\"gen\">23 octobre 2013<\/a>],  combien tout cela s&rsquo;ins\u00e8re dans une v\u00e9rit\u00e9 puissante rendant compte du d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Ce d\u00e9sordre est d&rsquo;abord psychologique, c&rsquo;est d&rsquo;abord le d\u00e9sordre de l&rsquo;esprit, legs d\u00e9vorant de la modernit\u00e9 parvenue au terme de son p\u00e9riple. Un humoriste ou l&rsquo;autre, type-Dieudonn\u00e9, pourrait nous dire  : Terminus, tout le monde descend&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une parabole sous influence 16 janvier 2014 Voici un sujet int\u00e9ressant : le r\u00f4le de la drogue dans le conflit syrien, et plus particuli\u00e8rement d&rsquo;une amph\u00e9tamine tr\u00e8s populaire au Moyen-Orient et fort peu r\u00e9pandu ailleurs, le Captagon. 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