{"id":73663,"date":"2014-01-27T06:05:19","date_gmt":"2014-01-27T06:05:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/27\/toujours-parmi-nous-le-dr-folamour-et-le-code-00000000\/"},"modified":"2014-01-27T06:05:19","modified_gmt":"2014-01-27T06:05:19","slug":"toujours-parmi-nous-le-dr-folamour-et-le-code-00000000","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/01\/27\/toujours-parmi-nous-le-dr-folamour-et-le-code-00000000\/","title":{"rendered":"Toujours parmi nous, le Dr. Folamour et le code 00000000"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Toujours parmi nous, le Dr. Folamour et le code 00000000<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEric Schlosser est le meilleur sp\u00e9cialiste ind\u00e9pendant de l&rsquo;historiologie du <em>Command &#038; Control<\/em> (titre de son dernier livre sur le sujet), c&rsquo;est-\u00e0-dire, dans son chef, des techniques, proc\u00e9dures et politiques en place pour le contr\u00f4le et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;armement nucl\u00e9aire des \u00c9tats-Unis. On sait qu&rsquo;il y a eu r\u00e9cemment et qu&rsquo;il y a encore un consid\u00e9rable malaise au sein des forces arm\u00e9es US, pour ce qui concerne le personnel et le commandement du <em>Strategic Command<\/em>, qui contr\u00f4le les forces strat\u00e9giques nucl\u00e9aires US, essentiellement de l&rsquo;USAF et l&rsquo;US Navy.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans un article pour le <em>New Yorker<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.newyorker.com\/online\/blogs\/newsdesk\/2014\/01\/strangelove-for-real.html\" class=\"gen\">23 janvier 2014<\/a>, Schlosser fait un historique de la question du <em>Command &#038; Control<\/em>, prenant le pr\u00e9texte du cinquantenaire de la sortie, le 26 janvier 1964, du film de Stanley Kubrick sur le Dr. Folamour (<em>Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb<\/em>). Le film de Kubrick, dont l&rsquo;argument central est le d\u00e9clenchement d&rsquo;une troisi\u00e8me guerre mondiale par un officier g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;USAF qui dirige une base US au Royaume-Uni et qui se pr\u00e9occupe avec angoisse et z\u00e8le de d\u00e9fendre notre pr\u00e9cieuse fluidit\u00e9 corporelle contre la subversion communiste, fut vilipend\u00e9 \u00e0 sa sortie par les chefs des forces arm\u00e9es US, le g\u00e9n\u00e9ral <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-paul_lashmar_spy_flights_in_the_cold_war_15_05_2001.html\" class=\"gen\">Curtiss Le May<\/a> en t\u00eate, comme compl\u00e8tement d\u00e9lirant et diffamatoire dans la description des techniques et proc\u00e9dures de contr\u00f4le, et, pour tout dire, comme film de propagande communiste. Aujourd&rsquo;hui, Schlosser consid\u00e8re que le film de Kubrick repr\u00e9sente la meilleure documentation disponible sur la v\u00e9ritable situation du <em>Command &#038; Control<\/em> d&rsquo;alors (\u00ab<em>In retrospect, Kubrick&rsquo;s black comedy provided a far more accurate description of the dangers inherent in nuclear command-and-control systems than the ones that the American people got from the White House, the Pentagon, and the mainstream media<\/em>\u00bb). Kubrick s&rsquo;\u00e9tait essentiellement appuy\u00e9 sur le livre <em>Red Alert<\/em> d&rsquo;un ancien pilote de la RAF, Peter George, sur les risques d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire accidentelle, livre qui avait d\u00e9j\u00e0 int\u00e9ress\u00e9 le Pentagone avant le film de Kubrick et provoqu\u00e9 les plus vives inqui\u00e9tudes (\u00ab<em>At the Pentagon, the book was taken seriously as a cautionary tale about what might go wrong. Even Secretary of Defense Robert S. McNamara privately worried that an accident, a mistake, or a rogue American officer could start a nuclear war<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant les ann\u00e9es 1950, les proc\u00e9dures de l&rsquo;utilisation offensive des armes nucl\u00e9aires avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on telles qu&rsquo;elles donnaient \u00e0 des officiers g\u00e9n\u00e9raux plac\u00e9s \u00e0 des postes strat\u00e9giques le pouvoir d&rsquo;effectivement d\u00e9clencher seuls, sans contr\u00f4le du pouvoir civil supr\u00eame, une attaque nucl\u00e9aire contre l&rsquo;URSS. Eisenhower \u00e9tait lui-m\u00eame terroris\u00e9 d&rsquo;avoir laiss\u00e9 s&rsquo;installer une telle structure. Kennedy d\u00e9couvrit aussit\u00f4t cette situation et entreprit de la r\u00e9former par l&rsquo;ajout de proc\u00e9dures de strict contr\u00f4le. A cette \u00e9poque, diverses enqu\u00eates pr\u00e9liminaires sur la situation du <em>Command &#038; Control<\/em> \u00e9taient lanc\u00e9es. Ainsi est-on inform\u00e9 par Schlosser d&rsquo;une situation extraordinaire au sein de l&rsquo;OTAN, par rapport \u00e0 ce qu&rsquo;on supposait \u00e0 cette \u00e9poque du point de vue politique. Il s&rsquo;agissait de la proc\u00e9dure de double clef, ou l&rsquo;\u00e9quipement d&rsquo;unit\u00e9s alli\u00e9es int\u00e9gr\u00e9es d&rsquo;armements nucl\u00e9aires US, qui ne pouvaient \u00eatre utilis\u00e9s qu&rsquo;avec l&rsquo;accord conjoint du pays alli\u00e9 et des USA. Cela \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen militaire d&rsquo;assurer la pr\u00e9pond\u00e9rance politique des USA et impliquait \u00e9videmment que les USA avaient en r\u00e9alit\u00e9 le contr\u00f4le op\u00e9rationnel absolu de leurs armes nucl\u00e9aires. Schlosser nous montre que la situation \u00e9tait exactement inverse. (Ci-apr\u00e8s, avec les passages soulign\u00e9s par nous.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In December, 1960, fifteen members of Congress serving on the Joint Committee on Atomic Energy had toured NATO bases to investigate how American nuclear weapons were being deployed. They found that the weaponssome of them about a hundred times more powerful than the bomb that destroyed Hiroshimawere routinely guarded, transported, and handled by foreign military personnel.<\/em> <strong><em>American control of the weapons was practically nonexistent<\/em><\/strong><em>. Harold Agnew, a Los Alamos physicist who accompanied the group, was especially concerned to see German pilots sitting in German planes that were decorated with Iron Crossesand carrying American atomic bombs. Agnew, in his own words,<\/em><strong><em> nearly wet his pants<\/em><\/strong><em> when he realized that<\/em><strong><em> a lone American sentry with a rifle was all that prevented someone from taking off in one of those planes and bombing the Soviet Union.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA mesure que ces conditions abracadabrantesques \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9es, des mesures nouvelles de contr\u00f4le furent peu \u00e0 peu impos\u00e9es aux forces arm\u00e9es US, pour le contr\u00f4le des armes nucl\u00e9aires. La r\u00e9ponse des diff\u00e9rentes armes concern\u00e9es, surtout l&rsquo;USAF, fut d&rsquo;une tr\u00e8s grande mauvaise humeur, d&rsquo;une dignit\u00e9 hautaine cruellement mise en cause, et de manuvres faussaires dont la plus grotesque, la plus nul\u00e9airement ironique si l&rsquo;on peut dire, fut le code unique 00000000 (huit z\u00e9ros) appliqu\u00e9 \u00e0 tous les sites de cette cat\u00e9gorie, pour donner aux \u00e9quipes de lancement des ICBM <em>Minuteman<\/em> III le contr\u00f4le de leurs engins. (ICBM pour <em>InterContinental Ballistic Missile<\/em>, ou engins balistiques intercontinentaux, d&rsquo;une port\u00e9e d&rsquo;autour de 10 000 kilom\u00e8tres, visant directement l&rsquo;URSS \u00e0 partir des USA, \u00e9quip\u00e9s des plus puissantes t\u00eates nucl\u00e9aires, dont certaines \u00e0 guidage autonome \u00e0 partir de la fus\u00e9e porteuse [MIRV].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Coded switches to prevent the unauthorized use of nuclear weapons were finally added to the control systems of American missiles and bombers in the early nineteen-seventies. The Air Force was not pleased, and considered the new security measures to be an insult, a lack of confidence in its personnel. Although the Air Force now denies this claim, according to more than one source I contacted, the code necessary to launch a missile was set to be the same at every Minuteman site: 00000000.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article d\u00e9veloppe divers aspects de cette lutte constante du pouvoir civil pour pouvoir contr\u00f4ler les forces nucl\u00e9aires strat\u00e9giques. Il est \u00e9galement question du dispositif sovi\u00e9tique de riposte automatique en cas d&rsquo;une attaque, ou d&rsquo;une suppos\u00e9e attaque avec tous les al\u00e9as catastrophique qu&rsquo;on imagine,  comment diff\u00e9rencier par l&rsquo;identification automatique l&rsquo;explosion d&rsquo;une arme nucl\u00e9aire ennemie et l&rsquo;explosion accidentelle d&rsquo;une de ses propres centrales nucl\u00e9aires ? Kubrick en avait fait l&rsquo;un des arguments principaux pour expliciter l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de la marche vers l&rsquo;apocalypse nucl\u00e9aire de son <em>Dr. Strangelove<\/em>. Ce dispositif sovi\u00e9tique, d\u00e9sign\u00e9 dans le film comme <em>The Doomsday Machine<\/em>, n&rsquo;existait pas \u00e0 la l&rsquo;\u00e9poque de la sortie du film mais fut d\u00e9velopp\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970 et mis en service en 1985,  inspir\u00e9 par le film ou pas ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, nous en arrivons \u00e0 la situation actuelle qui fait, depuis un peu plus d&rsquo;un an, l&rsquo;une des chroniques de l&rsquo;actualit\u00e9 crisique. Il s&rsquo;agit des nombreux cas d&rsquo;officiers et du personnel du <em>Strategic Command<\/em> dont le comportement dans diverses occasions a suscit\u00e9 des craintes consid\u00e9rables quant \u00e0 la valeur du contr\u00f4le et de la ma\u00eetrise qu&rsquo;ils doivent exercer sur les armes nucl\u00e9aires US. Schlosser nous en donne un r\u00e9sum\u00e9 succinct, qui donne n\u00e9anmoins, dans la contraction des divers scandales rapport\u00e9s, l&rsquo;impression d&rsquo;une extraordinaire carence de discipline et de responsabilit\u00e9 dans ces forces dont la puissance est si consid\u00e9rable qu&rsquo;elle ne dispose de rien de moins que la capacit\u00e9 de la quasi-destruction du monde. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Vice Admiral Tim Giardina, the second-highest-ranking officer at the U.S. Strategic Commandthe organization responsible for all of America&rsquo;s nuclear forces-was investigated last summer for allegedly using counterfeit gambling chips at the Horseshoe Casino in Council Bluffs, Iowa. According to the Iowa Division of Criminal Investigation, a significant monetary amount of counterfeit chips was involved. Giardina was relieved of his command on October 3, 2013. A few days later, Major General Michael Carey, the Air Force commander in charge of America&rsquo;s intercontinental ballistic missiles, was fired for conduct unbecoming an officer and a gentleman. According to a report by the Inspector General of the Air Force, Carey had consumed too much alcohol during an official trip to Russia, behaved rudely toward Russian officers, spent time with suspect young foreign women in Moscow, loudly discussed sensitive information in a public hotel lounge there, and drunkenly pleaded to get onstage and sing with a Beatles cover band at La Cantina, a Mexican restaurant near Red Square. Despite his requests, the band wouldn&rsquo;t let Carey onstage to sing or to play the guitar.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>While drinking beer in the executive lounge at Moscow&rsquo;s Marriott Aurora during that visit, General Carey made an admission with serious public-policy implications. He off-handedly told a delegation of U.S. national-security officials that his missile-launch officers have the worst morale in the Air Force. Recent events suggest that may be true. In the spring of 2013, nineteen launch officers at Minot Air Force base in North Dakota were decertified for violating safety rules and poor discipline. In August, 2013, the entire missile wing at Malmstrom Air Force base in Montana failed its safety inspection. Last week, the Air Force revealed that thirty-four launch officers at Malmstrom had been decertified for cheating on proficiency examsand that at least three launch officers are being investigated for illegal drug use. The findings of a report by the RAND Corporation, leaked to the A.P., were equally disturbing. The study found that the rates of spousal abuse and court martials among Air Force personnel with nuclear responsibilities are much higher than those among people with other jobs in the Air Force. We don&rsquo;t care if things go properly, a launch officer told RAND. We just don&rsquo;t want to get in trouble.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Certes, en lisant l&rsquo;historique de <em>Command &#038; Control<\/em>, o\u00f9 <em>Dr. Strangelove<\/em> de Kubrick appara\u00eet finalement comme la r\u00e9f\u00e9rence la plus proche de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, on en vient \u00e0 moins chercher les signes de la d\u00e9couverte d&rsquo;un complot des militaires contre BHO (th\u00e8se classique du complotisme) dans ces remous actuels chez les militaires US du <em>Strategic Command<\/em> ; on en vient \u00e0 observer qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus normal dans tous ces remous, compte tenu de l&rsquo;extraordinaire laxisme r\u00e9gnant dans ces forces militaires, de l&rsquo;extraordinaire absence de contr\u00f4le, de l&rsquo;extraordinaire absence de discipline. On cherchera simplement l&rsquo;explication de la situation actuelle dans une \u00e9volution psychologique, avec la disparition de la tension au niveau de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire strat\u00e9gique comme dans la Guerre froide, par cons\u00e9quent le passage au second plan des priorit\u00e9s et des n\u00e9cessit\u00e9s de ces forces nucl\u00e9aires. Une telle d\u00e9gradation de statut conduit effectivement au laxisme et \u00e0 la d\u00e9gradation de la discipline, mais il faut aussit\u00f4t observer que cette \u00e9volution est \u00e9galement caract\u00e9ristique, m\u00eame si d&rsquo;une fa\u00e7on moins sensationnelle, du caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9volution des forces US ces derni\u00e8res ann\u00e9es. La diff\u00e9rence avec l&rsquo;\u00e9poque de la guerre froide est que de tels \u00e9pisodes de laxisme et d&rsquo;indiscipline apparaissait alors \u00e0 ciel ouvert \u00e0 cause des circonstances de communication tr\u00e8s diff\u00e9rentes et de l&rsquo;importance du r\u00f4le de la force militaire durant la guerre froide, comme certaines crises au sein de l&rsquo;arm\u00e9e au Vietnam, ou la crise majeure de discipline au sein de l&rsquo;US Navy dans les ann\u00e9es 1968-1972, qui fut r\u00e9solue par l&rsquo;action du chef des op\u00e9rations navales \u00e0 partir de 1970, l&rsquo;amiral Zumwalt. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, l&rsquo;indiscipline et le laxisme sont sans aucun doute <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/world\/national-security\/military-brass-behaving-badly-files-detail-a-spate-of-misconduct-dogging-armed-forces\/2014\/01\/26\/4d06c770-843d-11e3-bbe5-6a2a3141e3a9_story.html\" class=\"gen\">plus forts<\/a> qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9, mais ils sont en partie dissimul\u00e9s par la manipulation d&rsquo;un syst\u00e8me de la communication omnipr\u00e9sent, sauf dans les cas limites qui ne peuvent plus \u00eatre cach\u00e9s, tel celui affectant les forces strat\u00e9giques nucl\u00e9aires (et d&rsquo;autres scandales trop voyants pour ne pas \u00eatre vus). Comme il est dit dans un des passages cit\u00e9s, \u00ab<em>We don&rsquo;t care if things go properly, a launch officer told RAND. We just don&rsquo;t want to get in trouble.<\/em>\u00bb Cela revient au comportement g\u00e9n\u00e9ral de tous les responsables-Syst\u00e8me, qui cherchent \u00e0 \u00e9viter les interf\u00e9rences avec les normes-Syst\u00e8me, le <em>politically correct<\/em>, ou mieux encore, le <em>Systematically correct<\/em>, sans se pr\u00e9occuper du fonctionnement des forces et des capacit\u00e9s impliqu\u00e9es, et encore moins de leur efficacit\u00e9. On a \u00e0 cet \u00e9gard un bon \u00e9clairage sur les causes profondes des erreurs d&rsquo;orientation, d&rsquo;identification, d&rsquo;action, des fautes politiques et op\u00e9rationnelles, etc., de tous les services de s\u00e9curit\u00e9 nationale du Syst\u00e8me. On s&rsquo;apercevra bien un jour que la NSA fonctionne comme le <em>Strategic Command<\/em>, simplement il est plus difficile de s&rsquo;en apercevoir \u00e0 cause des proc\u00e9dures et du genre de travail de l&rsquo;Agence,  et alors, la d\u00e9fection de Snowden et le volume de mat\u00e9riel qu&rsquo;il a emport\u00e9 avec lui n&rsquo;\u00e9tonneront plus personne.   <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les d\u00e9couvertes de Schlosser obligent \u00e0 r\u00e9viser certaines interpr\u00e9tations qui ont toujours accompagn\u00e9 le comportement de divers groupes de g\u00e9n\u00e9raux, notamment de l&rsquo;USAF, vis-\u00e0-vis du pouvoir civil. (Cela fut notamment le cas des g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;USAF, type-Le May ou Powers, vis-\u00e0-vis de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dallas_22_novembre_1963_limination_d_un_comploteur_22_11_2013.html\" class=\"gen\">Kennedy<\/a>.) Le facteur de l&rsquo;autonomie de ces chefs, de leur haine vis-\u00e0-vis de certains repr\u00e9sentants d&rsquo;un pouvoir civil, vis-\u00e0-vis de certains pr\u00e9sidents (Kennedy particuli\u00e8rement) subsiste \u00e9videmment. Mais il faut y ajouter d\u00e9sormais un autre \u00e9l\u00e9ment : tous ces chefs disposaient et disposent plus que jamais de leur c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;outils militaires beaucoup moins coh\u00e9rents et disciplin\u00e9s qu&rsquo;on ne pourrait croire. Certes, ils ont montr\u00e9 pendant la Guerre froide une autonomie effrayante par rapport au pouvoir civil, mais cette autonomie \u00e9tait permise notamment et essentiellement par un d\u00e9sordre consid\u00e9rable r\u00e9gnant au sein des forces arm\u00e9es, comme de la bureaucratie militaire elle-m\u00eame, comme du Pentagone enfin, les uns et les autres s&rsquo;av\u00e9rant incontr\u00f4lables finalement \u00e0 cause d&rsquo;une absence de structuration solide, \u00e0 cause du laxisme des proc\u00e9dures, etc., bref \u00e0 cause du d\u00e9sordre int\u00e9rieur inh\u00e9rent \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 de structuration qui heurte une situation dont les acteurs semblent ne raisonner que par la vertu de la surpuissance (ou de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a>, pour faire plus vaste et plus conceptuel) ; comme si la surpuissance du Syst\u00e8me engendrait n\u00e9cessairement le d\u00e9sordre interne malgr\u00e9 les tentatives de structuration, expliquant que le Syst\u00e8me ne peut produire que du d\u00e9sordre se retournant au bout du compte contre lui. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFinalement, dans ce que nous avons lu, c&rsquo;est certainement l&rsquo;\u00e9pisode sur l&rsquo;absence compl\u00e8te de contr\u00f4le US des armes nucl\u00e9aires confi\u00e9es aux alli\u00e9s de l&rsquo;OTAN qui est le plus impressionnant, le plus surprenant, le plus inattendu. Les forces militaires US sont une partie int\u00e9grante du Syst\u00e8me, bien plus qu&rsquo;aucune autre force militaire des pays du bloc BAO, elles ont certainement sa puissance, mais elles ont aussi son esp\u00e8ce de d\u00e9sordre interne, son absence de contr\u00f4le de lui-m\u00eame qui caract\u00e9rise le Syst\u00e8me dont la seule dynamique de surpuissance semble \u00eatre le caract\u00e8re n\u00e9cessaire et suffisant.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 27 janvier 2014 \u00e0 06H00<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours parmi nous, le Dr. Folamour et le code 00000000 Eric Schlosser est le meilleur sp\u00e9cialiste ind\u00e9pendant de l&rsquo;historiologie du Command &#038; Control (titre de son dernier livre sur le sujet), c&rsquo;est-\u00e0-dire, dans son chef, des techniques, proc\u00e9dures et politiques en place pour le contr\u00f4le et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;armement nucl\u00e9aire des \u00c9tats-Unis. On sait qu&rsquo;il&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3273,6384,3356,5465,1356,13535,15568,3153,3004,584,15567,3781,3142,11131],"class_list":["post-73663","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-command","tag-controle","tag-desordre","tag-indiscipline","tag-kennedy","tag-kubrick","tag-laxisme","tag-lemay","tag-nucleaire","tag-otan","tag-schosser","tag-strangelove","tag-strategic","tag-surpuissance"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73663"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73663\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73663"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}