{"id":73693,"date":"2014-02-10T06:21:36","date_gmt":"2014-02-10T06:21:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/02\/10\/lukraine-est-elle-le-nud-gordien\/"},"modified":"2014-02-10T06:21:36","modified_gmt":"2014-02-10T06:21:36","slug":"lukraine-est-elle-le-nud-gordien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/02\/10\/lukraine-est-elle-le-nud-gordien\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Ukraine est-elle le n\u0153ud gordien ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Ukraine est-elle le nud gordien ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t10 f\u00e9vrier 2014  La sortie (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-victoria_nuland-fuck_et_la_politique_us_fuck_fuck_fuck_07_02_2014.html\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2014<\/a>) de Victoria Nuland, alias Victoria Nuland-Fuck (VNF) a eu un tr\u00e8s grand succ\u00e8s de communication. Elle a mis \u00e0 la mode l&rsquo;expression passepartout,  oh, fa\u00e7on de parler,  que repr\u00e9sente le verbe <em>fuck<\/em> qui semble \u00eatre un spasme g\u00e9n\u00e9ral du langage de l&rsquo;am\u00e9ricanisme postmoderne. Dans tous les cas nous disent les chroniqueurs du genre (voir <a href=\"http:\/\/www.bruxelles2.eu\/europe-pouvoir-traite-de-lisbonne\/f-the-word-acquiert-droit-de-cite-diplomatique.html\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2014<\/a>), <em>fuck<\/em> fait les d\u00e9lices des couloirs institutionnels europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la chose a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re quoi qu&rsquo;elle nous en dise beaucoup sur l&rsquo;activisme US en Ukraine,  ou plut\u00f4t elle nous en confirme l&rsquo;essentiel, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a rien, absolument dans les observations de VNF que les hypoth\u00e8ses antiSyst\u00e8me courantes n&rsquo;aient envisag\u00e9 \u00e0 son propos. (Certes, \u00e0 part l&#8217;emploi du <em>F word<\/em>.) Cette confirmation est d&rsquo;un certain int\u00e9r\u00eat mais ne constitue certes pas une r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;\u00c9tat, une surprise politique ni, encore moins, un acte politique pouvant bouleverser l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;on a de la situation ukrainienne. Nous dirions presque qu&rsquo;au contraire, la communication Nuland-Pyatt (avec l&rsquo;ambassadeur US \u00e0 Kiev) a introduit un \u00e9l\u00e9ment de futilit\u00e9 et de d\u00e9sordre consid\u00e9rable, qui contribuera \u00e0 peser sur les jugements. Son contenu, par la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et l&rsquo;impudence du propos \u00e0 la fois, notamment dans la fa\u00e7on dont les interlocuteurs ont parl\u00e9 des dirigeants de l&rsquo;opposition, cette fa\u00e7on de les traiter comme des pions qu&rsquo;on d\u00e9place et le caract\u00e8re sommaire des pens\u00e9es (celles de Nuland-Pyatt) proc\u00e9dant de la sorte, conduisent \u00e0 confirmer ce qu&rsquo;on devine chaque jour de la politique US en la mati\u00e8re : des amateurs grossiers, agissant sans la moindre conscience des principes et de la l\u00e9gitimit\u00e9, accroch\u00e9s comme des robots \u00e0 quelques valeurs (d\u00e9mocratie, libert\u00e9, USA, nation indispensable, etc.) dont le contenu est d&rsquo;un vide sans malice ; ces amateurs de la politique, incultes, \u00e9trangers \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, comme des bandits de la politique ou des enfants ignorant du moindre sens de la responsabilit\u00e9, manipulant une puissance dont ils ne mesurent ni les effets, ni la n\u00e9cessit\u00e9 de la contr\u00f4ler. Les photos de Nuland parues \u00e0 cette occasion, \u00e0 la fois rigolarde et s\u00fbre d&rsquo;elle-m\u00eame, repr\u00e9sentant ainsi toute l&rsquo;impudence et l&rsquo;amateurisme d\u00e9vastateurs et barbares de la politique US depuis 9\/11, confirment par l&rsquo;imagerie un sentiment double et paradoxalement antagoniste. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est la crainte qu&rsquo;un tel comportement peut susciter comme actes irresponsables des manipulateurs d&rsquo;une telle puissance et qui sont <strong>en fait manipul\u00e9s par elle<\/strong> (c&rsquo;est-\u00e0-dire par le Syst\u00e8me, qui se trouve l\u00e0 en pleine production de la surpuissance qui r\u00e9duit les ex\u00e9cutants \u00e0 des f\u00e9tus de paille) ; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la d\u00e9rision pour une telle barbarie primaire sans la force psychologique qu&rsquo;il faut (ni la ma\u00eetrise bureaucratique qui entra\u00eenerait la machinerie US), qui conduit \u00e0 juger qu&rsquo;au moindre obstacle cette sorte d&rsquo;agent du Syst\u00e8me se d\u00e9banderait aussit\u00f4t derri\u00e8re une conf\u00e9rence de presse tenue par leur sup\u00e9rieur, un Kerry avalant une couleuvre de plus, annon\u00e7ant que les USA retirent leurs billes sans autre forme de proc\u00e8s, si un d\u00e9sordre grave (aliment\u00e9 par les USA) se d\u00e9veloppait en Ukraine. (On peut \u00eatre assur\u00e9, vu l&rsquo;\u00e9tat du pouvoir \u00e0 Washington, qu&rsquo;une paire type Nuland-Pyatt agit pour l&rsquo;essentiel en solo, sans r\u00e9elle coordination, avec de temps un temps un Kerry faisant une d\u00e9claration m\u00e9canique ou une visite impromptue \u00e0 Kiev de confirmation d&rsquo;il ne sait exactement quoi, sans en mesurer lui non plus effets et cons\u00e9quences.) Cette simple communication crue et rigolarde de deux complotistes enfantins pousserait \u00e0 une analogie de la formule connue : puissance sans conscience n&rsquo;est que ruine de la politique,  ou l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-g_nie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;ultimit\u00e9 de sa caricature b\u00e2cl\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais le nihilisme et la bassesse de la non-politique US, s&rsquo;ils nous confirment beaucoup de l&rsquo;\u00e9tat des choses \u00e0 Washington, n&#8217;emp\u00eachent nullement qu&rsquo;il s&rsquo;agit \u00e0 Kiev d&rsquo;une toute autre circonstance. C&rsquo;est vrai et c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, cette communication t\u00e9l\u00e9phonique prot\u00e9g\u00e9e par un cryptage aussi herm\u00e9tique qu&rsquo;un morceau de gruy\u00e8re, a constitu\u00e9 un de ces coup de communication qui relance \u00e9pisodiquement et erratiquement les crises qui s&rsquo;installent en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;une fa\u00e7on chronique. Comme la politique se trouve aujourd&rsquo;hui r\u00e9duite \u00e0 sa communication qui la pr\u00e9c\u00e8de et lui donne sa dynamique, son orientation et sa non-substance, l&rsquo;importance de tout ce qui est communication est du domaine de l&rsquo;\u00e9vidence. Dans ce cas, le coup de communication contribue sans aucun doute \u00e0 compliquer le dossier ukrainien, \u00e0 aggraver ce qu&rsquo;il y a de d\u00e9sordre consid\u00e9rable dans la crise ukrainienne. Elle confirme que les USA sont entr\u00e9s dans le jeu de la subversion et de la manipulation et elle confirme qu&rsquo;ils y sont entr\u00e9s comme \u00e0 l&rsquo;habitude, dans l&rsquo;improvisation des spasmes d&rsquo;affirmation pavlovienne de leur puissance exprim\u00e9s par quelques-uns sans aucun soutien structur\u00e9 de l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans strat\u00e9gie sinon une strat\u00e9gie r\u00e9duite aux acqu\u00eats d&rsquo;une tactique de l&rsquo;impulsion qui a \u00e9chou\u00e9 autant de fois qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 activ\u00e9e (voir de l&rsquo;Afghanistan \u00e0 la Syrie pour la litanie des \u00e9checs). C&rsquo;est un \u00e9l\u00e9ment de plus dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;un d\u00e9sordre qui est la production naturelle du Syst\u00e8me, d\u00e9sordre sans v\u00e9ritable but construit, sans aucune capacit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement construit,  bref, pur produit de la surpuissance dans son processus constant de transmutation parall\u00e8le en autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar contre, certes, quelqu&rsquo;un a pris la chose tr\u00e8s au s\u00e9rieux. Les Allemands sont aujourd&rsquo;hui des Teutons disciplin\u00e9s, mortellement s\u00e9rieux (dans le genre o\u00f9 l&rsquo;on dit mortellement ennuyeux, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans suggestion d&rsquo;ambitions conqu\u00e9rantes,  oh, bien loin de l\u00e0). Ils  sont ainsi selon une position politique et diplomatique dont nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9taill\u00e9 ce que nous en pensions pour ce qui compte pour l&rsquo;Allemagne aujourd&rsquo;hui,  tout son Est europ\u00e9en et les relations avec la Russie,  dans ce texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_allemagne_la_russie_et_la_crise_ukrainienne_03_02_2014.html\" class=\"gen\">3 f\u00e9vrier 2014 <\/a> saluant la nouvelle paire de la politique ext\u00e9rieure (les SPD Frank-Walter Steinmeier, ministre, et Gernot Erler, son adjoint pour les relations avec la zone) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Nous n&rsquo;entendons certainement pas porter ici un jugement de type g\u00e9opolitique, puisque, nous le r\u00e9p\u00e9tons une fois de plus pour tenter d&rsquo;en instruire ceux qui nous lisent qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de notre ligne de pens\u00e9e invariable, notre jugement rejette absolument cette r\u00e9f\u00e9rence dans une \u00e9poque qui est install\u00e9e d\u00e9cisivement et irr\u00e9versiblement dans l&rsquo;<\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_allemagne_la_russie_et_la_crise_ukrainienne_03_02_2014.html\" class=\"gen\">\u00e8re psychopolitique<\/a><em>. C&rsquo;est dire que nous n&rsquo;appr\u00e9cions nullement la nouvelle \u00e9quipe Steinmeier-Erler du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res comme un outil offensif de type g\u00e9opolitique, par exemple pour \u00e9tablir des relations de puissance avec la Russie, ou pour toute autre entreprise du m\u00eame genre. Pour nous, l&rsquo;Allemagne reste un pays priv\u00e9 d&rsquo;une v\u00e9ritable politique \u00e9trang\u00e8re, sans la dimension de s\u00e9curit\u00e9 souveraine qui fait une telle politique ; par cons\u00e9quent, l&rsquo;Allemagne n&rsquo;est pas dans une voie g\u00e9opolitique d&rsquo;affirmation, dans quelque orientation qu&rsquo;on la consid\u00e8re.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mais ce qui semblait une immense faiblesse de l&rsquo;Allemagne dans l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9c\u00e9dente est devenu d&rsquo;une pi\u00e8tre importance aujourd&rsquo;hui. Si l&rsquo;Allemagne ne s&rsquo;est pas hauss\u00e9e au niveau d&rsquo;un grand acteur souverain, comme le craignent les g\u00e9opoliticiens qui voient constamment ces derniers temps une r\u00e9surgence de la puissance allemande, les autres (USA et France en premier) se sont tous abaiss\u00e9s \u00e0 son niveau en dissolvant leurs principes d&rsquo;action dans la course effr\u00e9n\u00e9e pour rencontrer les consignes-Syst\u00e8me, et op\u00e9rationnaliser ce que nous nommons la politique-Syst\u00e8me, avec l&rsquo;importance primordiale accord\u00e9e \u00e0 la communication au d\u00e9triment complet de l&rsquo;action&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent et en toute logique, la chanceli\u00e8re Merkel fut la seule dirigeante europ\u00e9enne \u00e0 r\u00e9agir sur le fond aux propos de Nuland-Pyatt ; seule dirigeante europ\u00e9enne , c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la fois dirigeante d&rsquo;un (grand) pays europ\u00e9en, soucieuse pour la forme de la d\u00e9fense et de la promotion de la politique insipide et sans saveur de l&rsquo;UE, et soucieuse pour le fond de la crise ukrainienne et de ce qu&rsquo;elle rec\u00e8le de danger de d\u00e9stabilisation dans les relations d\u00e9j\u00e0 d\u00e9licates de l&rsquo;UE (de l&rsquo;Allemagne) avec la Russie. (Nous parlons bien ici d&rsquo;une dirigeante europ\u00e9enne d&rsquo;un grand pays europ\u00e9en, pas d&rsquo;un nouveau Bismarck ou d&rsquo;un nouvel Hitler, comme certains le craignent en le proclamant ; Merkel est ce qu&rsquo;elle est et fait ce qu&rsquo;elle fait, comme si elle dirigeait l&rsquo;UE, parce que les autres, les Hollande-Cameron &#038; compagnie, sont ce qu&rsquo;ils sont et font ce qu&rsquo;ils ne font pas, comme s&rsquo;ils ne dirigeaient rien du tout,  notamment, le silence fran\u00e7ais dans toutes ces affaires est singuli\u00e8rement strident.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Donc, Merkel fut particuli\u00e8rement furieuse de la conversation Nuland-Pyatt, seconde fureur du m\u00eame type de celle qu&rsquo;elle manifesta en apprenant qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e9cout\u00e9e par la NSA. Si les Allemands ont le sens de l&rsquo;humour,  grande question ontologique de la m\u00e9tapolitique actuelle,  ils on d\u00fb go\u00fbter les exclamations indign\u00e9s de Washington-sur-NSA <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sorcha_faal_snowden_et_victoria_nuland-fuck_08_02_2014.html\" class=\"gen\">protestant<\/a> contre cette inacceptable \u00e9coute d&rsquo;une communication secr\u00e8te, aussit\u00f4t attribu\u00e9e aux Russes. Comme l&rsquo;\u00e9crit <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_guardian_et_snowden_la_vertu_pile_et_face_04_02_2014.html\" class=\"gen\">Luke Harding<\/a> avec la mod\u00e9ration qu&rsquo;on lui conna\u00eet, dans le <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/feb\/07\/angela-merkel-victoria-nuland-eu-unacceptable\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2014<\/a> : \u00ab<em>Blaming the Russians for leaking a conversation that was presumably obtained by covert means poses problems for the US, as documents leaked by Edward Snowden reveal that the US has in the past listened into the communications of its allies, as well as enemies.<\/em>\u00bb Le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res allemand, lui, en a profit\u00e9 pour en remettre sur l&rsquo;aspect allemand de la crise Snowden\/NSA : \u00ab<em>A German foreign ministry spokesman used suspicion that Russia was behind the leak to take a pot shot at the United States for its own sweeping surveillance programs, which included Merkel&rsquo;s mobile phone. This shows you that eavesdropping is stupid, he said.<\/em>\u00bb) Merkel ne s&rsquo;est donc pas arr\u00eat\u00e9e \u00e0 l&rsquo;incident (l&rsquo;\u00e9coute de la conversation) mais \u00e0 la substance (le fond de la conversation). (Selon <em>Russia Today<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/feb\/07\/angela-merkel-victoria-nuland-eu-unacceptable\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>German Chancellor Angela Merkel expressed outrage over a leaked phone conversation in which a senior US diplomat used an expletive to dismiss the EU&rsquo;s handling of the Ukrainian crisis. Western officials have attempted to blame Russia for the leak. The chancellor considers this statement absolutely unacceptable&#8230;and wants to emphasize again that (EU foreign policy chief Catherine) Ashton is doing an outstanding job, Merkel&rsquo;s spokeswoman said on Friday. The European Union will continue with its intensive efforts to calm the situation in Ukraine.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Si l&rsquo;on entend surtout les Allemands, on peut \u00eatre assur\u00e9 qu&rsquo;ils ne sont pas seuls \u00e0 montrer quelque malaise devant cette crise ukrainienne, o\u00f9 l&rsquo;Europe et l&rsquo;UE sont inextricablement impliqu\u00e9es. On donne l&rsquo;exemple de deux pays de l&rsquo;UE parlant de l&rsquo;Ukraine dans des termes qui d\u00e9notent une certaine angoisse. Une fois \u00e9gren\u00e9 le charabia habituel sur les valeurs, la r\u00e9v\u00e9rence \u00e0 la lutte du peuple ukrainien (s&rsquo;entend l&rsquo;opposition dont on sait la diversit\u00e9 \u00e9minemment d\u00e9mocratique), les propos \u00e9voquent irr\u00e9sistiblement le cas syrien en insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas couper les ponts de la respectabilit\u00e9-Syst\u00e8me avec le pouvoir en place en Ukraine pour ne pas se retrouver dans la m\u00eame position qu&rsquo;a connu le bloc BAO vis-\u00e0-vis de la Syrie \u00e0 partir de 2011. Pour la Tch\u00e9quie, il y a ce constat de Natalia Meden, dans <em>Strategic-Culture.org<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2014\/02\/01\/europeans-about-ukraine-wide-range-of-opinions.html\" class=\"gen\">1er f\u00e9vrier 2014<\/a> : \u00ab<em>Czech media holds an opinion that Ukraine is nearing self-destruction as a state, so it wants the European Union to help the opposition take power; the task is to give the Ukrainian government a chance to leave with dignity.  The Czech Republic does not want the repetition of Syrian scenario on European soil.<\/em>\u00bb Autre occurrence, le 1er f\u00e9vrier au soir, sur <em>France 24<\/em>, le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res du Luxembourg tenant des propos assez proches,  surtout, avec ce point : ne pas rompre avec le pouvoir, \u00e9viter le sc\u00e9nario syrien,  en ajoutant l&rsquo;importance du point de vue russe, avec la suggestion que la Russie et l&rsquo;UE devraient coop\u00e9rer pour trouver une position commune sur l&rsquo;Ukraine, emp\u00eachant justement ce sc\u00e9nario syrien. Tout cela confirme au moins que les pays de l&rsquo;UE sont loin des tentations aventuristes et maximalistes des USA, et au pire que c&rsquo;est, pour eux, une nouvelle Syrie qui est pr\u00eate \u00e0 \u00e9clater sur le sol europ\u00e9en.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;UE elle-m\u00eame, au niveau de ses institutions, est encalmin\u00e9e dans une paralysie bureaucratique face \u00e0 la crise ukrainienne, dans sa dimension politique. Cette vision politique de la crise ukrainienne passe n\u00e9cessairement par les relations avec la Russie, selon deux lignes <em>grosso modo<\/em>, radicalement oppos\u00e9es : soit la recherche d&rsquo;un arrangement avec la Russie pour r\u00e9soudre la crise, soit la d\u00e9nonciation du r\u00f4le de la Russie selon la logique de l&rsquo;agression douce. Il est acquis que certaines personnalit\u00e9s de la direction politique de l&rsquo;UE recherchent les voies pour de meilleures relations avec la Russie, mais elles se heurtent \u00e0 des processus bureaucratiques de type syst\u00e9mique et proc\u00e9durier bien plus que politique, qui sont tous verrouill\u00e9s sur une vision antagoniste de la Russie. Cet \u00e9tat de chose est d&rsquo;un poids tr\u00e8s lourd dans la crise ukrainienne et r\u00e9duit la politique europ\u00e9enne \u00e0 la <em>narrative<\/em> classique et \u00e0 ses slogans, favorable \u00e0 l&rsquo;opposition malgr\u00e9 la situation extr\u00eamement trouble de ce bloc manipulant les \u00e9meutes \u00e0 Kiev. (Par ailleurs, on ne perd pas grand&rsquo;chose : Ashton \u00e9tant en fin de mandat, \u00e0 quelques mois pr\u00e8s, la politique europ\u00e9enne a au moins une excuse pour ne pas exister.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Revenons aux USA, pour constater que certains commentateurs jugent qu&rsquo;il y a un r\u00e9el \u00e9l\u00e9ment nouveau, qui serait l&rsquo;entr\u00e9e dans le jeu diplomatique, dans un camp radicalement pro-opposition et antirusse, de ce qu&rsquo;on a de la peine \u00e0 nommer encore diplomatie de la part des USA. M.K. Bhadrakumar, selon sa vision g\u00e9opolitique de diplomate accordant le b\u00e9n\u00e9fice de la rationalit\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;il juge \u00eatre la politique US, en faisait un r\u00e9sum\u00e9 dans un article du <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2014\/01\/31\/us-raises-the-ante-on-ukraine\/\" class=\"gen\">31 janvier 2014<\/a>, sur son site <em>PunchLine<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Barack Obama administration appears to be bracing for an eyeball-to-eyeball showdown with Moscow. That is the message coming out of three developments over Ukraine in rapid succession within the week the US Congress making its first move on the road to imposing sanctions against Ukraine; Obama singling out Ukraine in his State of the Union address as a theatre where democracy and rule of law is under siege; and, Secretary of State John Kerry announcing his intention to hold a high-profile meeting with the Ukrainian opposition leaders in the weekend on the sidelines of the Munich security conference which is attended by Russian foreign minister Sergey Lavrov. <\/em>\u00bb (M.K. Bhadrakumar a encha\u00een\u00e9 selon le m\u00eame type d&rsquo;analyse apr\u00e8s la conversation Nuland-Pyatt, le <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2014\/02\/08\/russia-us-score-1-1-what-next-in-ukraine\/\" class=\"gen\">8 f\u00e9vrier 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, c&rsquo;est une vision g\u00e9opolitique classique qui n&rsquo;est certainement pas la n\u00f4tre. Il n&rsquo;y a, selon nous, aucune coordination s\u00e9rieuse, c&rsquo;est-\u00e0-dire strat\u00e9gique, entre les trois faits cit\u00e9s par le commentateur, et surtout pas avec le Congr\u00e8s ; simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y aucune strat\u00e9gie, donc aucune coordination dans la politique ext\u00e9rieure en lambeaux des USA, comme il n&rsquo;y a pas de projet quelconque, g\u00e9opolitique \u00e9videmment, dans le chef des USA. Plus encore, il n&rsquo;y a aucun effort d\u00e9termin\u00e9 et unifi\u00e9 de l&rsquo;administration Obama vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Ukraine, et d&rsquo;ailleurs selon le constat d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s r\u00e9duit pour cette crise, aussi bien dans les bureaucraties int\u00e9ress\u00e9es que dans le public, et jusque dans l&rsquo;opposition dissidente et antiguerre. (Pour ce dernier cas d&rsquo;une opposition si prompte \u00e0 d\u00e9noncer tout ce qui peut ressembler \u00e0 une pulsion belliciste du Syst\u00e8me, il n&rsquo;est que de consulter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat absolument r\u00e9duit, sinon microscopique, qu&rsquo;un site comme <em>Antiwar.com<\/em> accorde \u00e0 la crise ukrainienne, et cela depuis ses d\u00e9buts.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est justement ce d\u00e9sordre et cette absence d&rsquo;int\u00e9r\u00eat qui sont remarquables aux USA, et laissent de l&rsquo;aire \u00e0 une Nuland, <em>neocon<\/em> notoire (l&rsquo;ambassadeur Pyatt est un compagnon de route des m\u00eames <em>neocons<\/em>), pour conduire sa politique de provocation,  en solo pour l&rsquo;essentiel, r\u00e9p\u00e9tons-le. Le r\u00e9sultat est une sorte de dynamique d&rsquo;automatisme qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 vue &#8230;  Il y a donc d&rsquo;une part quelques tactiques de provocation diverses (type Nuland), \u00e0 peine surveill\u00e9es et m\u00eame pas contr\u00f4l\u00e9es, qui entra\u00eenent sporadiquement l&rsquo;intervention bienveillante d&rsquo;une personnalit\u00e9 ou l&rsquo;autre (Kerry \u00e0 Kiev) selon les exigences du syst\u00e8me de la communication<D>; il y a d&rsquo;autre part une radicalisation syst\u00e9mique et syst\u00e9matique du discours convenu par la voie de la communication, conforme \u00e0 la surpuissance du Syst\u00e8me dans toutes les zones de d\u00e9sordre, avec des r\u00e9f\u00e9rences d&rsquo;hyper-diabolisation dont la Russie est l&rsquo;une des plus importantes,  encore plus \u00e0 l&rsquo;heure de Sotchi. Quoi qu&rsquo;il en soit et d&rsquo;ailleurs sans surprise par rapport \u00e0 notre conception, le r\u00e9sultat est une duplication quasiment \u00e0 l&rsquo;identique de la dynamique-Syst\u00e8me suivie par les USA \u00e0 l&rsquo;encontre de la Syrie. Il y a simplement deux diff\u00e9rences,  mais qui ne sont pas rien : d&rsquo;une part, la rythme est diff\u00e9rent, beaucoup plus rapide ; d&rsquo;autre part, le th\u00e9\u00e2tre est diff\u00e9rent et se caract\u00e9rise ici par l&rsquo;implication directe et \u00e9ventuellement avec des risques de confrontation d&rsquo;acteurs importants qui \u00e9taient impliqu\u00e9s plus ou moins dans la crise syrienne mais nullement li\u00e9s \u00e0 elle par le <em>diktat<\/em> implacable de la g\u00e9ographie (la Russie certes, mais aussi l&rsquo;Allemagne, et l&rsquo;UE bien entendu).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on plus large, on observera que ce qui se passe aujourd&rsquo;hui en Ukraine, dans la phase commenc\u00e9e \u00e0 la mi-janvier qu&rsquo;on nommerait Ukraine.02 pour faire selon la r\u00e9f\u00e9rence informatique, c&rsquo;est un passage brutal de la formule r\u00e9volution de couleur\/agression douce, avec une certaine non-violence affich\u00e9e, une pression de communication, une protestation plut\u00f4t par passivit\u00e9 (Ukraine.01, d\u00e9cembre 2013), \u00e0 la formule r\u00e9volution brutale, avec violence, anarchie destructrice, d\u00e9ploiement sans fard des groupes extr\u00e9mistes, etc. L\u00e0 aussi, c&rsquo;est un peu le mod\u00e8le syrien, mais en beaucoup plus ramass\u00e9, beaucoup plus compress\u00e9 et rapide, beaucoup plus brutal, avec des violences de rue \u00e9vitant le glissement vers la guerre civile beaucoup mieux organis\u00e9es, toujours de la part de ces groupes extr\u00e9mistes. Il a fallu quelques semaines pour que l&rsquo;extr\u00e9misme affirme de fa\u00e7on ouverte sa pr\u00e9pond\u00e9rance dans la violence, alors qu&rsquo;il a fallu plus d&rsquo;un an pour que le Syrie suive la m\u00eame voie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre facteur diff\u00e9rent du mod\u00e8le syrien, c&rsquo;est la faiblesse, tant structurelle qu&rsquo;op\u00e9rationnelle du gouvernement en place par rapport au gouvernement Assad. Il y a la sensation que le gouvernement, le r\u00e9gime Ianoukovitch ne sait pas tr\u00e8s bien quelle voie adopter, que son \u00e9tat de corruption est assez intense pour l&rsquo;affaiblir structurellement d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s marqu\u00e9e, que sa l\u00e9gitimit\u00e9 est par cons\u00e9quent extraordinairement contestable et vuln\u00e9rable. Assad, malgr\u00e9 les innombrables attaques verbales, insultes, invectives, de la part des officiels les plus \u00e9l\u00e9gamment cravat\u00e9s (Fabius en t\u00eate), n&rsquo;a jamais perdu pied comme Ianoukovitch semble en danger de le faire \u00e0 chaque instant. Un homme politique normal, sans parler d&rsquo;un homme d&rsquo;\u00c9tat, se serait sorti, avec quelques manuvres habiles, de Ukraine.01, qui n&rsquo;int\u00e9ressait plus personne entre le 20 d\u00e9cembre et le 15 janvier, et n&rsquo;aurait pas laiss\u00e9 se d\u00e9velopper Ukraine.02.<\/p>\n<h3>De Sotchi \u00e0 l&rsquo;Ukraine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEt les Russes ? Nous n&rsquo;en avons dit mot, sinon indirectement, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est agi de parler des Allemands et de leurs pr\u00e9occupations vers l&rsquo;Est, notamment des relations avec la Russie qu&rsquo;ils ne veulent surtout pas voir empirer, qu&rsquo;ils voudraient au contraire voir s&rsquo;am\u00e9liorer. Voici les quelques remarques rapides qu&rsquo;en dit Paul Craig Roberts, dans un article \u00e9crit avec sa m\u00eame plume furieuse anti-washingtonienne (antiSyst\u00e8me), concernant ce qu&rsquo;il juge un peu vite, un peu selon la formule antiSyst\u00e8me standard, comme un vaste projet de d\u00e9stabilisation de l&rsquo;Ukraine par les USA&#8230; (L&rsquo;article dat\u00e9 du <a href=\"http:\/\/www.paulcraigroberts.org\/2014\/02\/06\/washington-destabilizes-ukraine\/\" class=\"gen\">6 f\u00e9vrier 2014<\/a> \u00e0 cause du d\u00e9calage horaire, est essentiellement suscit\u00e9 par la communication Nuland-Pyatt qui venait d&rsquo;\u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ; par ailleurs, Roberts a publi\u00e9 sur son site onze articles depuis le 1er janvier, dont dix consacr\u00e9s \u00e0 la situation int\u00e9rieure US, et le onzi\u00e8me \u00e0 l&rsquo;Ukraine, ce qui donne une bonne mesure de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;on \u00e9prouve pour la crise ukrainienne aux USA) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Perhaps Putin, an athlete, is distracted by the Olympic Games in Russia. Otherwise, it is something of a puzzle why Russia hasn&rsquo;t put its nuclear missiles on high alert and occupied the western Ukraine with troops in order to prevent Ukraine&rsquo;s overthrow by Washington&rsquo;s money. Every country has citizens that will sell the country out for money, and western Ukraine is overflowing with such traitors&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa remarque anodine de Roberts citant la co\u00efncidence de la crise ukrainienne et des Jeux Olympiques de Sotchi, institu\u00e9 comme un enjeu de communication entre le bloc BAO et la Russie et qui a \u00e9t\u00e9 une priorit\u00e9 pour Poutine ces derniers mois, renvoie \u00e0 une th\u00e8se qui devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e avec int\u00e9r\u00eat comme plus qu&rsquo;une th\u00e8se mais une hypoth\u00e8se op\u00e9rationnelle. Ces troubles ukrainiens se sont d\u00e9velopp\u00e9s, justement, alors que Poutine \u00e9tait accapar\u00e9 par Sotchi, avec une certaine obligation de r\u00e9serve dans ses propres r\u00e9actions par rapport aux r\u00e9actions internationales (pol\u00e9mique sur les <em>gays<\/em>, boycott, etc.). L\u00e0-dessus certains pourraient alors surench\u00e9rir avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un complot du bloc BAO, USA en t\u00eate, pr\u00e9par\u00e9 de longue date en fonction de Sotchi justement ; mais on a vu combien ces interpr\u00e9tations sont contestables en raison de la faiblesse des diplomaties du bloc, et pour la raison circonstancielle que la cause initiale de la crise est l&rsquo;aboutissement des n\u00e9gociations entre l&rsquo;UE et l&rsquo;Ukraine, et le refus compl\u00e8tement inattendue (pour l&rsquo;UE\/le bloc BAO) de l&rsquo;Ukraine des propositions de l&rsquo;UE. L\u00e0-dessus, que l&rsquo;opposition soutenue par quelques centres de subversion et de d\u00e9sordre \u00e0 finalit\u00e9 antirusse aient saisi l&rsquo;occasion et l&rsquo;argument, avec la r\u00e9action initiale tr\u00e8s vive de l&rsquo;UE (la bureaucratie de l&rsquo;UE <strong>ne peut pas imaginer<\/strong> qu&rsquo;on puisse refuser une proposition faite \u00e0 un ext\u00e9rieur de se rapprocher de l&rsquo;UE), quoi de plus logique et de plus \u00e9vident ; l\u00e0-dessus, que la crise se soit envenim\u00e9e comme on l&rsquo;a vu, avec des activistes divers, dont la Nuland, tout cela attir\u00e9 par le d\u00e9sordre comme les mouches font leur miel, aucun doute l\u00e0-dessus&#8230; Mais il s&rsquo;agit bien de manigances d&rsquo;occasion, et nullement d&rsquo;un plan venu de loin. La crise s&rsquo;est ainsi d\u00e9velopp\u00e9e, d&rsquo;opportunit\u00e9s en inattentions, d&rsquo;exploitations de d\u00e9sordre en ambitions politiques diverses, d&rsquo;extr\u00e9misme en extr\u00e9misme, etc. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un mouvement naturel dans les conditions de pression et de production de d\u00e9sordre du Syst\u00e8me, de la toute-puissance de la communication, enfin de la puissance d\u00e9ferlante et pavlovienne du sentiment antirusse dans tous ces divers relais et officines gouvernementales prisonni\u00e8res de la dynamique ainsi lanc\u00e9e. C&rsquo;est une sorte de combustion spontan\u00e9e qui attire les incendiaires, une crise qui se fait d&rsquo;elle-m\u00eame, sur le terrain f\u00e9cond d&rsquo;un gouvernement sans grande autorit\u00e9 et sans r\u00e9el principe, et habitu\u00e9 des grandes manuvres constantes de la corruption.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, la circonstance bien r\u00e9elle reste \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un fait objectif fondamental. La crise s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 devenir une bombe \u00e0 retardement que personne n&rsquo;a vraiment vu venir et que personne ne contr\u00f4le, alors que Poutine et la Russie avaient effectivement l&rsquo;essentiel de leur attention concentr\u00e9 sur Sotchi. Le 24 f\u00e9vrier, les Jeux seront termin\u00e9s et alors, effectivement, la Russie et Poutine pourront et devront se tourner s\u00e9rieusement vers l&rsquo;Ukraine. Ce sera pour s&rsquo;apercevoir que si l&rsquo;Ukraine semble suivre un sc\u00e9nario tr\u00e8s syrien, l&rsquo;Ukraine n&rsquo;est pas la Syrie parce qu&rsquo;elle est si proche de la Russie, avec sa fronti\u00e8re commune, son poids formidable et ainsi de suite. Ainsi la Russie sera-t-elle plac\u00e9e devant une Syrie pos\u00e9e sur sa fronti\u00e8re, pour laquelle il lui sera impossible de renouveler son r\u00f4le d&rsquo;acteur indirect, pouvant alternativement passer de la position de soutien de la l\u00e9gitimit\u00e9 du gouvernement en place \u00e0 la position d&rsquo;arbitre travaillant \u00e0 une tentative g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;accord de r\u00e9conciliation. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, la Russie pourrait se trouver, avec l&rsquo;Ukraine, plac\u00e9e devant l&rsquo;\u00e9preuve supr\u00eame pour elle, avec notamment la possibilit\u00e9 que, dans certaines circonstances, elle se juge dans l&rsquo;obligation d&rsquo;envisager d&rsquo;y r\u00e9pondre d&rsquo;une fa\u00e7on brutale, comme elle le fit le 7 ao\u00fbt 2008 avec la G\u00e9orgie. C&rsquo;est la m\u00eame sorte d&rsquo;enjeu qui, dans certaines circonstances toujours, interf\u00e9rerait gravement dans la situation de la souverainet\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 nationales de la Russie ; et l&rsquo;Ukraine, pour la gravit\u00e9 du cas, est autrement plus importante que la G\u00e9orgie, et la situation de 2014 bien plus tendue et incontr\u00f4lable que celle de 2008. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation actuelle est \u00e9galement tr\u00e8s diff\u00e9rente de cella de la <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R\u00e9volution_orange\" class=\"gen\">r\u00e9volution orange<\/a> de 2004, ouverte le 21 novembre 2004 et close le 28 d\u00e9cembre 2004<D>. L&rsquo;actuelle crise a commenc\u00e9 quasiment \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque de l&rsquo;ann\u00e9e, neuf ans plus tard, le 28 novembre 2013 (refus de l&rsquo;accord avec l&rsquo;UE) et n&rsquo;a fait qu&#8217;empirer depuis, sans aucun \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif pour amorcer son terme. La r\u00e9volution orange \u00e9tait rest\u00e9e cantonn\u00e9e au domaine int\u00e9rieur, l&rsquo;intervention massive de l&rsquo;ext\u00e9rieur se faisant d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s efficace mais avec des couvertures \u00e9galement tr\u00e8s efficaces ; la Russie elle-m\u00eame, voulant \u00e9viter une confrontation, pouvait ais\u00e9ment accepter de les ignorer sans perdre la face ni subir l&rsquo;apparence d&rsquo;une d\u00e9faite politique. L&rsquo;\u00e9pisode 2013-2014 est exactement \u00e0 l&rsquo;inverse : commenc\u00e9 dans des circonstances directement impliqu\u00e9es par la politique ext\u00e9rieure (n\u00e9gociations avec l&rsquo;UE), marqu\u00e9 par une intervention ext\u00e9rieure massive (et sans doute beaucoup moins efficace qu&rsquo;en 2004), il ne permet pas \u00e0 la Russie, en cas d&rsquo;aggravation g\u00e9n\u00e9rale, d&rsquo;ignorer cette structuration ext\u00e9rieure de la crise et sa dynamique d&rsquo;expansion vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, donc potentiellement vers elle-m\u00eame. Cette intervention ext\u00e9rieure et ce th\u00e9\u00e2tre ext\u00e9rieur constituent l&rsquo;aspect syrien de la crise ukrainienne, tandis que la potentialit\u00e9 explosive <strong>vers l&rsquo;ext\u00e9rieur<\/strong> constitue un aspect qui lui est exclusif  : \u00e0 la diff\u00e9rence de la crise syrienne, qui attirait et attire vers elle des \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs, la crise ukrainienne contient d\u00e8s son origine et dans sa cause m\u00eame une potentialit\u00e9 d&rsquo;exportation vers l&rsquo;ext\u00e9rieur de ses facteurs de d\u00e9sordre,  vers la Russie, certes, mais aussi vers l&rsquo;UE,  par exemple, par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un pays comme la Hongrie, comme on l&rsquo;a vu r\u00e9cemment (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-mccain_budapest_pourquoi_pas_un_peu_de_d_sordre_01_02_2014.html\" class=\"gen\">1er f\u00e9vrier 2014<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a une analyse monolithique qui fait du bloc BAO une mati\u00e8re solide et bien coordonn\u00e9e, sous impulsion am\u00e9ricaniste avec assistance allemande (voir Xavier Moreau, sur <em>realPolitik.tv<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.realpolitik.tv\/2014\/01\/crise-ukrainienne-xavier-moreau-sur-novopress\/\" class=\"gen\">27 janvier 2014<\/a> : \u00ab[E]<em>n mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re, l&rsquo;Union europ\u00e9enne est une chambre d&rsquo;enregistrement des d\u00e9cisions prises par Washington et Berlin&#8230;<\/em>\u00bb).  Ce n&rsquo;est pas notre appr\u00e9ciation. Dans le cas ukrainien, le bloc BAO est dans une situation extr\u00eamement nette de division potentielle grave, avec des degr\u00e9s divers de gravit\u00e9 selon les acteurs europ\u00e9ens, et une division potentielle tr\u00e8s grave entre les USA et l&rsquo;Allemagne. Pass\u00e9e une premi\u00e8re phase d&rsquo;affirmation quasiment imp\u00e9riale de l&rsquo;UE contre le gouvernement ukrainien, l&rsquo;UE et les pays-membres sont aujourd&rsquo;hui dans une situation d\u00e9licate dont ils distinguent avec une sensibilit\u00e9 diff\u00e9rente les dangers. Les USA, eux, sont en situation de non-politique, avec ouvertes leurs vannes habituelles de d\u00e9sordre sans aucune pr\u00e9occupation particuli\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que Paul Craig Roberts exprime sans doute involontairement lorsqu&rsquo;il s&rsquo;interroge sur l&rsquo;attitude de la Russie (\u00ab<em>&#8230;why Russia hasn&rsquo;t put its nuclear missiles on high alert and occupied the western Ukraine with troops<\/em>\u00bb), c&rsquo;est la possibilit\u00e9 du retour de la vieille hantise de la guerre froide du d\u00e9couplage entre les USA et l&rsquo;UE \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO. Cela s&rsquo;exprimerait sous la forme d&rsquo;une question qui fit symbole durant la guerre froide, avec le seul changement du nom d&rsquo;une ville : pourquoi les USA risqueraient-ils pour Kiev quelque chose qui a en soi la possibilit\u00e9 d&rsquo;une conflagration n\u00e9cessairement catastrophique avec la Russie ? L&rsquo;UE, elle, serait n\u00e9cessairement impliqu\u00e9e dans un tel risque si les conditions y conduisaient, et on imagine avec quel \u00e9tat d&rsquo;esprit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO si les USA avaient contribu\u00e9 \u00e0 la mise en place de ce risque pour aussit\u00f4t affirmer qu&rsquo;ils ne le courraient pas&#8230; Dans sa m\u00e9canique, la crise ukrainienne ressemble \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre \u00e0 la crise syrienne mais les diff\u00e9rences entre l&rsquo;Ukraine et la Syrie dans ses composants majeurs (g\u00e9ographie et le reste) en font une crise compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Dans la crise syrienne, c&rsquo;est la position fran\u00e7aise, maximaliste et <em>neocon<\/em> qui influen\u00e7a le reste dans l&rsquo;UE ; dans la crise ukrainienne, ce sera la position allemande qui exercera cette influence, et elle sera inverse du maximalisme fran\u00e7ais et fort peu pris\u00e9e \u00e0 Washington o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;est jamais plus va-t&rsquo;en guerre que lorsque les autres sont impliqu\u00e9s. (Pour cette raison, il faut consid\u00e9rer que la r\u00e9action de Merkel \u00e0 la communication Nuland-Pyatt a une grande importance.) Cette remarque g\u00e9n\u00e9rale nous ram\u00e8ne du terrain g\u00e9opolitique dont fait partie la description ci-dessus au terrain plus actuel de la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, tout cela est une description qui d\u00e9pend de la g\u00e9opolitique, qui est une mati\u00e8re pass\u00e9e au second plan selon nous, quand elle existe encore. Par contre, elle reste ferme dans l&rsquo;esprit de nos dirigeants et des commentateurs ; elle compte donc pour la pr\u00e9vision, et nullement pour la r\u00e9alisation. Cela est pour rappeler pour notre compte que la question de la communication domine plus que jamais le champ politique jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre la seule v\u00e9ritable expression, mais qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui, avec l&rsquo;Ukraine pass\u00e9e en phase 2.0 avec l&rsquo;explosion de la violence, sous une forte pression d&rsquo;une potentialit\u00e9 g\u00e9opolitique d&rsquo;un conflit qui pourrait prendre des dimensions catastrophiques. Selon notre hypoth\u00e8se de l&rsquo;apr\u00e8s-Sotchi, cela implique encore que l&rsquo;\u00e9volution de la communication, et notamment les relations \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO, tout comme la situation d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;un grand d\u00e9sordre en Ukraine, va \u00eatre maximalis\u00e9e en fonction de ce spectre de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un grand conflit, avec des effets potentiels extr\u00eamement d\u00e9structurants et dissolvants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon cette orientation, l&rsquo;UE risque autant, sinon plus, que la Russie elle-m\u00eame, et la r\u00e9alisation de cette possibilit\u00e9 va accro\u00eetre encore les tensions au sein du bloc BAO. Ces supputations invitent \u00e0 consid\u00e9rer que la crise ukrainienne, qui porte en germe la possibilit\u00e9 de graves conflits ext\u00e9rieurs, a d\u00e9j\u00e0 vu l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments pour de tr\u00e8s graves possibilit\u00e9s de m\u00e9sentente et de conflits internes dans le chef des acteurs ext\u00e9rieurs \u00e0 la crise. C&rsquo;est \u00e0 ce point que nous retrouvons la grande perspective du d\u00e9sordre, sans sp\u00e9culer plus avant sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un conflit.  Cette fois (\u00e0 la diff\u00e9rence de la crise syrienne), personne n&rsquo;est plus \u00e0 l&rsquo;abri, parmi les principaux acteurs majeurs, de la Russie touch\u00e9e sur ses fronti\u00e8res et \u00e9ventuellement oblig\u00e9e \u00e0 une mobilisation nationale que Poutine a toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9carter, de l&rsquo;UE menac\u00e9e dans sa coh\u00e9sion comme dans son argument pseudo-fondateur de producteur de paix \u00e9ternelle, des USA qui risquent tout le cr\u00e9dit qui leur reste pour substantiver leur pr\u00e9tention \u00e0 la fiction de leur <em>leadership<\/em> et qui ne disposent d&rsquo;aucune dynamique organis\u00e9e pour s&rsquo;impliquer vraiment dans la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a donc compris qu&rsquo;on ne plaide pas ici la pr\u00e9vision d&rsquo;un conflit au plus haut niveau,  nous nous interdisons la pr\u00e9vision \u00e0 cet \u00e9gard,  mais la tr\u00e8s forte possibilit\u00e9 de <strong>la perception de la menace d&rsquo;un conflit au plus haut niveau<\/strong>. Ce qui nous importe \u00e0 ce point, ce sont les effets de la perception d&rsquo;une telle menace, car la communication est si puissante aujourd&rsquo;hui que nombre de ces effets joueront <strong>avant m\u00eame<\/strong> que le conflit ait lieu, s&rsquo;il a lieu, s&rsquo;il n&rsquo;est pas justement emp\u00each\u00e9 pour d&rsquo;autres orientations par le bouleversement de tels effets intervenant avant la cause de ces effets,  les effets d&rsquo;un conflit, avant que le conflit lui-m\u00eame ait lieu, allant jusqu&rsquo;\u00e0 emp\u00eacher qu&rsquo;il ait lieu pour induire d&rsquo;autres cons\u00e9quences inattendues &#8230; C&rsquo;est une sp\u00e9cificit\u00e9 typique du ph\u00e9nom\u00e8ne <em>big Now<\/em> pouvant esquisser \u00ab<em>l&rsquo;\u00e9ternel pr\u00e9sent<\/em>\u00bb (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-du_big_now_l_l_ternel_pr_sent__29_01_2014.html\" class=\"gen\">29 janvier 2014<\/a>), o\u00f9 le pr\u00e9sent bloqu\u00e9e o\u00f9 nous met la puissance de la communication attire et retient \u00e0 lui toutes les situations et les actes, y compris ceux qui devraient se d\u00e9velopper dans le futur par rapport \u00e0 ceux qui existent d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0. Cela pourrait conduire \u00e0 des situations extraordinairement in\u00e9dites, passant par des phases de d\u00e9sordre in\u00e9vitables et tr\u00e8s rapides. La crise ukrainienne est un bon candidat pour tenir le r\u00f4le du d\u00e9tonateur, du nud gordien de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me ; en plus, cela en 2014, cent ans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_2013_2014_en_passant_par_1914_02_01_2014.html\" class=\"gen\">apr\u00e8s 1914<\/a>, au cur de l&rsquo;Europe, l\u00e0 o\u00f9 est n\u00e9e cette civilisation dont nous subissons la mal\u00e9diction dans son avatar dit de contre-civilisation, le plus d\u00e9structurant et le plus dissolvant.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Ukraine est-elle le nud gordien ? 10 f\u00e9vrier 2014 La sortie (voir le 7 f\u00e9vrier 2014) de Victoria Nuland, alias Victoria Nuland-Fuck (VNF) a eu un tr\u00e8s grand succ\u00e8s de communication. Elle a mis \u00e0 la mode l&rsquo;expression passepartout, oh, fa\u00e7on de parler, que repr\u00e9sente le verbe fuck qui semble \u00eatre un spasme g\u00e9n\u00e9ral du&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2748,10900,6039,4750,6602,11307,7880,5538,4633,5775,5520,5537,3140,916,12738,15603,2879,4728,5456,3867,2609,1296],"class_list":["post-73693","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-allemagne","tag-bao","tag-bloc","tag-craig","tag-decouplage","tag-eternel","tag-great","tag-ianoukovitch","tag-merkel","tag-now","tag-nuland","tag-orange","tag-paul","tag-poutine","tag-present","tag-pyatt","tag-revolution","tag-roberts","tag-sotchi","tag-syrie","tag-ue","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73693","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73693"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73693\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73693"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73693"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73693"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}