{"id":73723,"date":"2014-02-24T13:07:33","date_gmt":"2014-02-24T13:07:33","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/02\/24\/dennis-meadows-nous-ny-pouvons-rien-faire\/"},"modified":"2014-02-24T13:07:33","modified_gmt":"2014-02-24T13:07:33","slug":"dennis-meadows-nous-ny-pouvons-rien-faire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/02\/24\/dennis-meadows-nous-ny-pouvons-rien-faire\/","title":{"rendered":"Dennis Meadows : \u201cNous n&rsquo;y pouvons rien faire&#8230;\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h3>Dennis Meadows : Nous n&rsquo;y pouvons rien faire&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous publions ci-dessous le texte d&rsquo;une interview de <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Dennis_Meadows\" class=\"gen\">Dennis Meadows<\/a>, scientifique et l&rsquo;un des auteurs de <em>The Limits of Growth<\/em> de 1972. Le sujet trait\u00e9 en 1972 comme les remarques actuelles de Meadows font partie d&rsquo;une actualit\u00e9 tragique caract\u00e9risant ce que nous d\u00e9signons comme la crise de la destruction du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte de traduction en fran\u00e7ais de l&rsquo;interview a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le <a href=\" http:\/\/www.noeud-gordien.fr\/index.php?post\/2014\/02\/18\/Nous-n-y-pouvons-rien-faire\" class=\"gen\">18 f\u00e9vrier 2014<\/a> sur <a href=\"http:\/\/www.noeud-gordien.fr\/index.php?\" class=\"gen\">le site<\/a> <em>Le nud gordien<\/em>. La pr\u00e9sentation de l&rsquo;interview comme la traduction sont d&rsquo;Alexis Toulet, qui a aimablement autoris\u00e9 cette reprise sur notre site. On trouvera dans les notes, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 cette publication originale du <em>Nud Gordien<\/em>, divers liens qui les r\u00e9f\u00e9rencent.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">dedefensa.org<D><\/p>\n<\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">Nous n&rsquo;y pouvons rien faire&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tDennis Meadows est l&rsquo;un des auteurs du fameux livre de 1972 <em>Les limites \u00e0 la croissance dans un monde fini<\/em>. Partant de l&rsquo;id\u00e9e de bon sens que la croissance ind\u00e9finie est impossible dans un monde fini, les auteurs, un groupe de scientifiques du M.I.T. am\u00e9ricain, utilisaient une mod\u00e9lisation des interactions entre ressources, technologie, pollution et population au niveau du monde entier pour tenter de caract\u00e9riser des \u00ab<em>avenirs possibles<\/em>\u00bb du syst\u00e8me \u00e9conomique, de la population humaine et de la plan\u00e8te. Leurs r\u00e9sultats les amen\u00e8rent \u00e0 alerter sur le risque qu&rsquo;en continuant un d\u00e9veloppement \u00e9conomique sans limite, l&rsquo;humanit\u00e9 risquait d&rsquo;\u00e9puiser les ressources de la plan\u00e8te et m\u00eame de d\u00e9passer la capacit\u00e9 de la nature \u00e0 se renouveler elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9tude de 1972 a d\u00e9crit plusieurs sc\u00e9narios d&rsquo;\u00e9volution possible de l&rsquo;\u00e9conomie, de la population et des ressources mondiales, chaque sc\u00e9nario correspondant \u00e0 des choix diff\u00e9rents que l&rsquo;humanit\u00e9 pouvait collectivement faire \u00e0 partir de 1972. Leur sc\u00e9nario \u00ab<em>On continue comme avant<\/em>\u00bb, qui correspond grosso modo \u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 par la suite, pr\u00e9disait que <strong>l&rsquo;approche des limites de la plan\u00e8te commencerait \u00e0 exercer un fort impact sur la croissance \u00e0 partir des environs de l&rsquo;ann\u00e9e 2010, impact qui irait ensuite croissant, finissant par d\u00e9boucher d&rsquo;ici 2050 au plus tard sur un effondrement<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire une baisse pr\u00e9cipit\u00e9e du niveau de vie et peut-\u00eatre de la population mondiale, dans une situation d&rsquo;\u00e9puisement des ressources et de l&rsquo;environnement naturel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est certes permis de mettre en rapport cette alerte pr\u00e9coce avec l&rsquo;augmentation d&rsquo;un facteur 2,5 du prix du p\u00e9trole depuis 2005, la tendance au plafonnement de la production de carburants liquides, les tensions alimentaires qui se manifestent depuis 2007 ainsi qu&rsquo;avec la crise financi\u00e8re initi\u00e9e en 2008 et toujours en cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Voici en exclusivit\u00e9 pour Nud Gordien la version fran\u00e7aise d&rsquo;une r\u00e9cente interview de Dennis Meadows<\/strong>, accord\u00e9e au magazine autrichien Format \u00e0 l&rsquo;occasion des quarante ans de l&rsquo;\u00e9tude originelle de 1972.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe discours de Meadows est d&rsquo;un pessimisme frappant. Il est tentant  et il serait rassurant  de le rejeter d&#8217;embl\u00e9e comme extr\u00e9miste. Attention cependant, car Dennis Meadows est tout sauf un excit\u00e9 apocalyptique ! Avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;\u00e9tude visionnaire des <em>Limites \u00e0 la croissance<\/em> d\u00e8s 1972 lui conf\u00e8re une tr\u00e8s forte cr\u00e9dibilit\u00e9. Il m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre \u00e9cout\u00e9, que son regard sur les prochaines d\u00e9cennies soit trop sombre ou qu&rsquo;il soit justifi\u00e9, et les questions qu&rsquo;il pose sont quoi qu&rsquo;il en soit judicieuses, bien que fort d\u00e9rangeantes.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Alexis Tourlet<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La version fran\u00e7aise de l&rsquo;interview et de sa pr\u00e9sentation par <em>Format<\/em>, mise en ligne ci-dessous, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e originellement <a href=\"http:\/\/www.noeud-gordien.fr\/index.php?post\/2014\/02\/18\/Nous-n-y-pouvons-rien-faire\" class=\"gen\">sur le site Nud Gordien<\/a>. La version originale de l&rsquo;interview est disponible en allemand <a href=\"http:\/\/www.format.at\/articles\/1222\/525\/329547\/da\" class=\"gen\">sur le site de Format<\/a>. Une version anglaise est \u00e9galement disponible <a href=\"http:\/\/damnthematrix.wordpress.com\/2013\/03\/31\/there-is-nothing-we-can-do-meadows\/\" class=\"gen\">sur le site Damn the Matrix<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t* * * <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>FORMAT<\/em> interviewe Dennis Meadows, l&rsquo;un des auteurs de l&rsquo;\u00e9tude sur <em>Les limites \u00e0 la croissance<\/em> il y a quarante ans. Les chercheurs am\u00e9ricains y d\u00e9montraient par un ensemble de mod\u00e9lisations, non la date pr\u00e9cise d&rsquo;une crise d&rsquo;effondrement, mais le fait qu&rsquo;au milieu de ce si\u00e8cle, les ressources de la plan\u00e8te Terre seront \u00e9puis\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe livre s&rsquo;est vendu \u00e0 30 millions d&rsquo;exemplaires et Meadows est aujourd&rsquo;hui le plus connu au monde des proph\u00e8tes du cr\u00e9puscule. Rainer Himmelfreundpointner de Format a rencontr\u00e9 Meadows lors d&rsquo;une visite \u00e0 Vienne pour une interview exclusive. Le message du septuag\u00e9naire n&rsquo;est pas plus optimiste maintenant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et il n&rsquo;est pas destin\u00e9 aux petites natures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDennis Meadows, 72 ans, a \u00e9branl\u00e9 la croyance en un progr\u00e8s durable avec son \u00e9tude, command\u00e9e par le Club de Rome, <em>Les limites \u00e0 la croissance<\/em> il y a 40 ans. Economiste, il a \u00e9t\u00e9 directeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), conf\u00e9rencier et il a enseign\u00e9 au Dartmouth College et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du New Hampshire, o\u00f9 il a toujours un cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>M. Meadows, selon le Club de Rome, nous faisons face aujourd&rsquo;hui \u00e0 une crise du ch\u00f4mage, une crise alimentaire, une crise \u00e9conomique et financi\u00e8re mondiale et une crise \u00e9cologique mondiale. Chacune d&rsquo;elles est un signal nous avertissant que quelque chose ne va vraiment pas. Quoi au juste ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Ce que nous voulions dire en 1972 dans \u00ab\u00a0Les limites \u00e0 la croissance\u00a0\u00bb (1), et qui est toujours vrai, c&rsquo;est qu&rsquo;une croissance physique sans fin sur une plan\u00e8te finie est tout simplement impossible. Pass\u00e9 un certain point, la croissance s&rsquo;arr\u00eate. Soit c&rsquo;est nous qui l&rsquo;arr\u00eatons en changeant notre comportement, ou bien c&rsquo;est la plan\u00e8te qui l&rsquo;arr\u00eatera. 40 ans plus tard, nous sommes d\u00e9sol\u00e9s d&rsquo;avoir \u00e0 le dire, mais nous n&rsquo;avons pratiquement rien fait (2)<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Dans vos 13 sc\u00e9narios, la fin de la croissance physique  croissance de la population mondiale, de la production de nourriture, ou de quoi que ce soit d&rsquo;autre qui se produise ou qui se consomme  commence entre 2010 et 2050 (3). La crise financi\u00e8re est-elle une partie de tout cela ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Vous ne pouvez pas faire ce genre de comparaison avec notre situation actuelle. Imaginez que vous avez le cancer, et que ce cancer cause de la fi\u00e8vre, des maux de t\u00eate et d&rsquo;autres douleurs. Ce ne sont pas ces maux qui sont le v\u00e9ritable probl\u00e8me, mais le cancer. Pourtant, ce sont les sympt\u00f4mes que nous essayons de traiter. Personne ne peut croire que le cancer est en train d&rsquo;\u00eatre vaincu. Des ph\u00e9nom\u00e8nes comme le changement climatique et la sous-alimentation ne sont que les sympt\u00f4mes d&rsquo;une maladie de notre Terre, qui m\u00e8ne in\u00e9vitablement \u00e0 la fin de la croissance.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Le cancer comme m\u00e9taphore de la croissance incontr\u00f4l\u00e9e ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Oui. Les cellules saines s&rsquo;arr\u00eatent de cro\u00eetre \u00e0 un moment donn\u00e9. Ce sont les cellules canc\u00e9reuses qui croissent jusqu&rsquo;\u00e0 tuer l&rsquo;organisme. La croissance de la population ou la croissance \u00e9conomique, c&rsquo;est la m\u00eame chose. Il n&rsquo;y a que deux mani\u00e8res de r\u00e9duire la croissance de l&rsquo;humanit\u00e9 : r\u00e9duction du taux de natalit\u00e9 ou accroissement du taux de mortalit\u00e9. Laquelle pr\u00e9f\u00e9reriez-vous ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Personne ne veut avoir \u00e0 d\u00e9cider.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Moi non plus. De toutes fa\u00e7ons, nous avons perdu la possibilit\u00e9 de choisir. C&rsquo;est notre plan\u00e8te qui s&rsquo;en chargera.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Comment ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Continuons \u00e0 parler du r\u00e9gime alimentaire. Faites le calcul, prenez la nourriture par personne depuis les ann\u00e9es 90. La production de nourriture augmente, mais la population cro\u00eet plus rapidement. Et derri\u00e8re chaque calorie de nourriture qui arrive dans les assiettes, dix calories de carburants fossiles ou de p\u00e9trole sont utilis\u00e9s pour la production, le transport, le stockage, la pr\u00e9paration et le traitement des d\u00e9chets. Plus les r\u00e9serves de p\u00e9trole et de carburants fossiles vont diminuer, plus le prix de la nourriture augmentera.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Ce n&rsquo;est donc pas un simple probl\u00e8me de distribution ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Bien s\u00fbr que non. Si nous partagions \u00e9quitablement, personne n&rsquo;aurait faim. Mais le fait est qu&rsquo;il faut des carburants fossiles comme le p\u00e9trole, le gaz ou le charbon pour produire de la nourriture. Et ces ressources diminuent. Que les nouvelles r\u00e9serves de p\u00e9trole et gaz de schiste soient exploit\u00e9es ou non, le pic du p\u00e9trole (4) et le pic du gaz (5) sont d\u00e9pass\u00e9s. Cela signifie une pression \u00e9norme sur le syst\u00e8me tout entier.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Suivant vos mod\u00e8les la population sera en 2050 aux alentours de 9,5 milliards de personnes, m\u00eame avec une stagnation de la production de nourriture pour les 30 ou 40 ans \u00e0 venir.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Et cela signifie qu&rsquo;il y aura beaucoup de gens tr\u00e8s pauvres. Beaucoup plus que la moiti\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9. Aujourd&rsquo;hui il y a une grande partie de l&rsquo;humanit\u00e9 qui n&rsquo;est pas nourrie correctement. Toutes les ressources que nous connaissons sont sur le d\u00e9clin. On ne peut que deviner o\u00f9 tout cela nous m\u00e8nera. Il y a trop de si pour l&rsquo;avenir : si nous sommes plus intelligents, si il n&rsquo;y a pas de guerre, si nous faisons une perc\u00e9e technologique. Nous en sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce point o\u00f9 nous ne savons plus faire face \u00e0 nos probl\u00e8mes, comment le ferions-nous dans 50 ans quand ils seront plus grands ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>C&rsquo;est notre mani\u00e8re de faire fonctionner notre \u00e9conomie qu&rsquo;il faut bl\u00e2mer ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>A propos de notre syst\u00e8me \u00e9conomique et financier, il y a quelque chose d&rsquo;important que l&rsquo;on oublie. C&rsquo;est un outil que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 et qui refl\u00e8te donc nos objectifs et nos valeurs. Or les gens ne se soucient pas de l&rsquo;avenir, mais seulement de leurs probl\u00e8mes actuels. C&rsquo;est bien la raison pour laquelle nous avons une crise de la dette si grave. La dette, c&rsquo;est l&rsquo;oppos\u00e9 du souci de l&rsquo;avenir. Quiconque s&rsquo;endette dit : je ne m&rsquo;occupe pas de ce qui arrivera. Et quand pour beaucoup de gens l&rsquo;avenir ne compte pas, ils cr\u00e9eront un syst\u00e8me \u00e9conomique et financier qui d\u00e9truit l&rsquo;avenir. Vous pouvez trifouiller ce syst\u00e8me autant que vous voulez. Du moment que vous ne changez pas les valeurs dans la t\u00eate des gens, \u00e7a continuera. Si vous donnez \u00e0 quelqu&rsquo;un un marteau et qu&rsquo;il l&rsquo;utilise pour tuer son voisin, il ne sert \u00e0 rien de remplacer le marteau. M\u00eame si vous le lui enleviez il resterait un tueur potentiel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Les syst\u00e8mes qui organisent la mani\u00e8re de coexister des gens, \u00e7a va et \u00e7a vient, \u00e7a peut changer.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Mais l&rsquo;homme reste le m\u00eame. Aux Etats-Unis, nous avons un syst\u00e8me dans lequel il est acceptable que quelques-uns soient immens\u00e9ment riches et beaucoup soient fichtrement pauvres, et m\u00eame qu&rsquo;ils soient mal nourris. Si nous continuons \u00e0 trouver cela acceptable, changer le syst\u00e8me n&rsquo;aidera pas. On en reviendra toujours aux m\u00eames valeurs dominantes. Ces valeurs ont beaucoup de cons\u00e9quences sur le changement climatique. Et qui s&rsquo;en soucie ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>L&rsquo;Europe?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>La Chine, la Su\u00e8de, l&rsquo;Allemagne, la Russie, les Etats-Unis et tous les autres ont des syst\u00e8mes sociaux diff\u00e9rents, mais dans chaque pays les \u00e9missions de CO2 augmentent, parce que les gens en r\u00e9alit\u00e9 ne s&rsquo;en inqui\u00e8tent pas vraiment (6). 2011 \u00e9tait le record. L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re (7) il y a eu plus de dioxyde de carbone produit qu&rsquo;\u00e0 aucun autre moment de l&rsquo;histoire auparavant. En d\u00e9pit du fait que tous veulent que \u00e7a d\u00e9croisse.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Qu&rsquo;est-ce qui ne marche pas ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Oublions les d\u00e9tails. La formule de base pour la pollution en CO2 se compose de quatre \u00e9l\u00e9ments. Premi\u00e8rement le nombre de gens sur Terre. Multipliez par le capital par personne, donc combien de voitures, de maisons et de vaches par personne, on arrive au niveau de vie mondial. Ceci \u00e0 son tour multipli\u00e9 par un facteur d&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9nergie par unit\u00e9 de capital, c&rsquo;est-\u00e0-dire combien d&rsquo;\u00e9nergie il faut pour produire des voitures, construire des maisons ou pour nourrir les vaches. Et finalement, multipliez cela par la fraction de cette \u00e9nergie qui vient de sources fossiles.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>A peu pr\u00e8s 80 \u00e0 90 pour cent.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>A peu pr\u00e8s. Si vous voulez que les \u00e9missions de CO2 d\u00e9clinent, le r\u00e9sultat d&rsquo;ensemble de cette multiplication doit d\u00e9cliner. Mais que faisons-nous ? Nous essayons de r\u00e9duire la part d&rsquo;\u00e9nergie fossile en utilisant davantage de sources alternatives telles l&rsquo;\u00e9olien et le solaire. Puis nous travaillons \u00e0 rendre notre utilisation de l&rsquo;\u00e9nergie plus efficace, \u00e0 isoler les maisons, \u00e0 optimiser les moteurs et tout \u00e7\u00e0. Nous ne travaillons que sur les aspects techniques, mais nous n\u00e9gligeons compl\u00e8tement le facteur population et nous croyons que notre niveau de vie s&rsquo;am\u00e9liore, ou du moins reste le m\u00eame. Nous ignorons la population et les \u00e9l\u00e9ments sociaux dans l&rsquo;\u00e9quation, et nous nous concentrons totalement sur la seule r\u00e9solution du probl\u00e8me du point de vue technique. C&rsquo;est la raison pour laquelle nous \u00e9chouerons, parce que la croissance de la population et du niveau de vie sont beaucoup plus grandes que ce que nous \u00e9conomisons (8) par l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et l&rsquo;\u00e9nergie alternative. Donc les \u00e9missions de CO2 vont continuer \u00e0 augmenter. Il n&rsquo;y a pas de solution au probl\u00e8me du changement climatique aussi longtemps que nous ne nous attaquons pas aux facteurs sociaux qui comptent.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Vous voulez dire que la Terre va prendre les choses en main ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Les d\u00e9sastres sont le moyen de la plan\u00e8te pour r\u00e9soudre tous les probl\u00e8mes. Du fait du changement climatique, le niveau des mers s&rsquo;\u00e9l\u00e8vera parce que les calottes glaciaires fondent. Des esp\u00e8ces nuisibles se r\u00e9pandront dans les zones o\u00f9 elles ne rencontrent pas suffisamment d&rsquo;ennemis naturels. L&rsquo;augmentation de la temp\u00e9rature m\u00e8ne \u00e0 des vents et temp\u00eates massives, qui \u00e0 leur tour affectent les pr\u00e9cipitations. Donc, davantage d&rsquo;inondations et davantage de s\u00e9cheresses.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Par exemple ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>La terre qui aujourd&rsquo;hui fait pousser 60 pour cent du bl\u00e9 de la Chine deviendra trop s\u00e8che pour l&rsquo;agriculture. En m\u00eame temps il continuera \u00e0 pleuvoir, mais ce sera en Sib\u00e9rie, et le pays deviendra plus fertile l\u00e0-bas. Il y aura donc une migration massive depuis la Chine vers la Sib\u00e9rie. Combien de fois ai-je dit cela dans mes conf\u00e9rences en Russie. Les plus vieux \u00e9taient inquiets. Mais la jeune \u00e9lite a seulement dit : Qu&rsquo;est-ce que \u00e7a peut me faire ? Je veux juste \u00eatre riche.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<MI>Que faire ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Si seulement je le savais. Nous arrivons \u00e0 une \u00e9poque qui n\u00e9cessite des changements drastiques dans \u00e0 peu pr\u00e8s tous les domaines. Malheureusement on ne peut changer rapidement notre soci\u00e9t\u00e9 ni notre syst\u00e8me de gouvernement. De toutes fa\u00e7ons, le syst\u00e8me actuel ne fonctionne pas. Il n&rsquo;a pas arr\u00eat\u00e9 le changement climatique, ni emp\u00each\u00e9 la crise financi\u00e8re. Les gouvernements tentent de r\u00e9soudre leurs probl\u00e8mes en imprimant de l&rsquo;argent, ce qui entra\u00eenera presque certainement quelques ann\u00e9es d&rsquo;inflation tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. C&rsquo;est une phase tr\u00e8s dangereuse. Je sais seulement qu&rsquo;une personne qui vit dans une \u00e9poque incertaine a le choix entre la libert\u00e9 et l&rsquo;ordre, et qu&rsquo;elle choisit l&rsquo;ordre. L&rsquo;ordre n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement ad\u00e9quat, ni juste, mais la vie est raisonnablement assur\u00e9e, et les trains circulent \u00e0 l&rsquo;heure. <\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Craignez-vous la fin de la d\u00e9mocratie ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Je vois deux tendances. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la dissociation d&rsquo;Etats en unit\u00e9s plus petites, comme des r\u00e9gions telle la Catalogne, et de l&rsquo;autre une superpuissance forte et centralis\u00e9e. Pas un Etat, mais une combinaison fasciste d&rsquo;industrie, de police et d&rsquo;arm\u00e9e. Peut-\u00eatre y aura-t-il m\u00eame les deux \u00e0 l&rsquo;avenir. La d\u00e9mocratie est en v\u00e9rit\u00e9 une exp\u00e9rience sociopolitique tr\u00e8s r\u00e9cente. Et elle n&rsquo;existe pas v\u00e9ritablement actuellement. Elle n&rsquo;a produit que des crises qu&rsquo;elle ne sait pas r\u00e9soudre. La d\u00e9mocratie n&rsquo;apporte en ce moment rien \u00e0 notre survie. Le syst\u00e8me s&rsquo;effondrera de l&rsquo;int\u00e9rieur, non pas \u00e0 cause d&rsquo;un ennemi externe.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Vous parlez de la trag\u00e9die des communs.<\/em>\u00bb (9)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>C&rsquo;est le probl\u00e8me fondamental. Si dans un village tout le monde fait brouter ses vaches sur le pr\u00e9 luxuriant  qu&rsquo;en Angleterre on appelait les commun  le b\u00e9n\u00e9fice de court terme va en premier lieu \u00e0 ceux qui choisissent d&rsquo;avoir davantage de vaches. Mais si cela continue trop longtemps, toute l&rsquo;herbe meurt, et toutes les vaches.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Donc il faut un accord sur la meilleure mani\u00e8re d&rsquo;utiliser le pr\u00e9. La d\u00e9mocratie dans ses meilleurs jours peut y parvenir.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Peut-\u00eatre. Mais si le syst\u00e8me d\u00e9mocratique ne peut r\u00e9soudre ce probl\u00e8me au niveau mondial, il essaiera probablement une dictature. Apr\u00e8s tout, il s&rsquo;agit de probl\u00e8mes comme le contr\u00f4le de la population mondiale. Nous sommes maintenant depuis 300 000 ans sur cette plan\u00e8te et nous avons gouvern\u00e9 de bien des mani\u00e8res diff\u00e9rentes. La plus r\u00e9ussie et la plus efficace a \u00e9t\u00e9 la tribu ou le clan (10), non les dictatures et les d\u00e9mocraties.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Est-ce qu&rsquo;une perc\u00e9e technologique pourrait sauver la Terre?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Oui. Mais les technologies ont besoin de lois, de ventes, de formation, de gens qui travaillent avec  je vous reporte \u00e0 ce que je disais juste avant. De plus, la technologie n&rsquo;est qu&rsquo;un outil, comme un marteau, ou un syst\u00e8me financier n\u00e9olib\u00e9ral. Tant que nos valeurs sont ce qu&rsquo;elles sont, nous essaierons de d\u00e9velopper des technologies qui r\u00e9pondent \u00e0 ces valeurs.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Le monde entier voit actuellement son salut dans une technologie verte durable.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>C&rsquo;est un fantasme. M\u00eame si nous arrivons \u00e0 augmenter drastiquement le rendement de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;\u00e9nergie, \u00e0 utiliser beaucoup plus les \u00e9nergies renouvelables, et si nous faisons des sacrifices douloureux pour limiter notre consommation, nous n&rsquo;avons pratiquement aucune chance de prolonger la vie du syst\u00e8me actuel. La production de p\u00e9trole sera r\u00e9duite de moiti\u00e9 environ dans les 20 prochaines ann\u00e9es (11), m\u00eame compte tenu de l&rsquo;exploitation du p\u00e9trole de schiste. Tout va simplement trop vite. De plus, le p\u00e9trole permet bien davantage de choses que l&rsquo;\u00e9nergie alternative. Et on ne peut faire fonctionner aucun avion avec des \u00e9oliennes. Le directeur de la Banque Mondiale  qui juste auparavant \u00e9tait responsable pour l&rsquo;industrie mondiale du transport a\u00e9rien  m&rsquo;a expliqu\u00e9 que le probl\u00e8me du pic p\u00e9trolier n&rsquo;est pas discut\u00e9 dans son institution, c&rsquo;est tout simplement tabou. De toutes fa\u00e7ons quiconque essaie est vir\u00e9 ou mut\u00e9. Apr\u00e8s tout, le pic p\u00e9trolier d\u00e9truit la croyance en la croissance. Il faudrait tout changer.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Dans les d\u00e9penses des compagnies a\u00e9riennes la part des combustibles fossiles est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Exactement. Et c&rsquo;est pourquoi l&rsquo;\u00e8re du transport a\u00e9rien de masse bon march\u00e9 se terminera bient\u00f4t. Cela ne sera accessible que pour les grands empires ou pays. Si vous avez beaucoup d&rsquo;argent vous pourrez peut-\u00eatre vous prot\u00e9ger de la p\u00e9nurie d&rsquo;\u00e9nergie et de nourriture. Mais vous ne pourrez pas vous cacher du changement climatique, qui affecte \u00e0 la fois les pauvres et les riches.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Format<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Avez-vous des solutions \u00e0 ces m\u00e9ga malheurs ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>Meadows<\/em><\/strong>: \u00ab<em>Il faudrait changer la nature de l&rsquo;homme. Nous sommes aujourd&rsquo;hui programm\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re que nous l&rsquo;\u00e9tions il y a 10 000 ans. Si l&rsquo;un de nos anc\u00eatres \u00e9tait attaqu\u00e9 par un tigre, lui aussi ne se souciait pas de l&rsquo;avenir, mais de sa survie imm\u00e9diate. Mon inqui\u00e9tude est que pour des raisons g\u00e9n\u00e9tiques nous ne soyons tout simplement pas capables de ma\u00eetriser des choses comme le changement climatique de long terme (12) Tant que nous n&rsquo;apprenons pas \u00e0 faire cela, il n&rsquo;y a pas de moyen de r\u00e9soudre tous ces probl\u00e8mes. Nous n&rsquo;y pouvons rien faire. Les gens disent toujours: \u00ab\u00a0Nous devons sauver la plan\u00e8te\u00a0\u00bb. Non. La plan\u00e8te va se sauver toute seule. Elle l&rsquo;a toujours fait. Parfois il y a fallu des millions d&rsquo;ann\u00e9es, mais c&rsquo;est arriv\u00e9.<\/em> <strong><em>Nous ne devrions pas nous inqui\u00e9ter de la plan\u00e8te, mais de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>(1) <em>Les limites \u00e0 la croissance<\/em> a \u00e9t\u00e9 republi\u00e9 en 2004 dans une version mise \u00e0 jour. Le livre est disponible en fran\u00e7ais, dans toutes les bonnes librairies.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(2) L&rsquo;exemple le plus net d&rsquo;action commune de niveau mondial couronn\u00e9e de succ\u00e8s pour changer un comportement dommageable pour l&rsquo;environnement est l&rsquo;interdiction des CFC (chlorofluorocarbones), qui a abouti \u00e0 stopper la d\u00e9gradation de la couche d&rsquo;ozone et \u00e0 laisser les processus naturels la reconstituer. Cet exemple  que Dennis Meadows cite d&rsquo;ailleurs dans la mise \u00e0 jour de l&rsquo;\u00e9tude en 2004  mis \u00e0 part, force est de lui donner raison.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(3) Des \u00e9tudes r\u00e9centes, telles celle de Charles A. S. Hall et John W. Day (2009) et celle de Graham M. Turner (2012) indiquent que l&rsquo;\u00e9conomie mondiale suit en effet une trajectoire assez similaire \u00e0 celle que pr\u00e9disait le mod\u00e8le initial des \u00ab\u00a0Limites \u00e0 la croissance\u00a0\u00bb en 1972.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(4) La production de p\u00e9trole brut a en effet \u00e0 ce jour \u00e9t\u00e9 maximale en 2006 et il est tout-\u00e0-fait possible que cette ann\u00e9e demeurera celle de la production la plus \u00e9lev\u00e9e. Le total de production de tous les carburants liquides a continu\u00e9 d&rsquo;augmenter depuis cette date \u00e0 rythme lent, mais seulement gr\u00e2ce aux apports du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9, des biocarburants et du p\u00e9trole de schiste, ce qui ne saurait continuer bien longtemps ces ressources suppl\u00e9mentaires ayant chacune des limites assez \u00e9troites.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(5) La production de gaz continue d&rsquo;\u00eatre en augmentation, m\u00eame lente. Il est possible que Dennis Meadows anticipe quelque peu sur ce point.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(6) Les \u00e9missions de gaz carbonique (CO2) ont en effet continu\u00e9 imperturbablement d&rsquo;augmenter, quelles que soient les grandes intentions affich\u00e9es par les uns ou par les autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(7) Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ann\u00e9e 2011. Cependant, l&rsquo;ann\u00e9e 2012 a vu des \u00e9missions encore plus \u00e9lev\u00e9es, et 2013 a battu le record \u00e9tabli en 2012.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(8) Dennis Meadows fait probablement ici r\u00e9f\u00e9rence au paradoxe de Jevons, qui a pour cons\u00e9quence qu&rsquo;une augmentation de l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique peut paradoxalement r\u00e9sulter en une augmentation de la consommation totale d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(9) Un classique de l&rsquo;\u00e9tude \u00e9conomique : en l&rsquo;absence d&rsquo;accord mutuel r\u00e9gulant l&rsquo;utilisation d&rsquo;une ressource commune limit\u00e9e, les personnes les plus d\u00e9pensi\u00e8res utiliseront sans limite cette ressource, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puiser ou la d\u00e9grader compl\u00e8tement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(10) La plus r\u00e9ussie en terme de simple dur\u00e9e : tribus et clans existent depuis des dizaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es, les nations, cit\u00e9s, royaumes et empires seulement depuis des mill\u00e9naires. Quant aux autres crit\u00e8res de succ\u00e8s, nous nous garderons de suivre Meadows sur ce point.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(11) Sur le sujet du pic p\u00e9trolier, il est utile de consulter le dossier r\u00e9uni par Matthieu Auzanneau du blog \u00ab\u00a0Oil Man\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(12) Ni le respect des limites de la nature, ni la planification de tr\u00e8s long terme ne sont hors d&rsquo;atteinte de l&rsquo;humanit\u00e9. A preuve la gestion prudente de leurs ressources par la plupart des communaut\u00e9s paysannes traditionnelles. A preuve la for\u00eat de Tron\u00e7ais plant\u00e9e au XVII\u00e8me si\u00e8cle sur ordre de Colbert qui s&rsquo;inqui\u00e9tait de ce que l&rsquo;\u00e9puisement des for\u00eats priverait la Marine du Roy de bois pour ses b\u00e2timents vers l&rsquo;ann\u00e9e 1900, soit plus de deux si\u00e8cles plus tard !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question pos\u00e9e par Dennis Meadows est cependant troublante et difficile car pour g\u00e9rer prudemment les ressources et l&rsquo;environnement naturel mondial sur le long terme, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;humanit\u00e9 qu&rsquo;il serait n\u00e9cessaire d&rsquo;agir, non \u00e0 celle d&rsquo;un groupe de villages ou d&rsquo;une seule nation. Or la coop\u00e9ration internationale a \u00e9t\u00e9 pratiquement toujours d\u00e9faillante sur le sujet, et ceci depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t(<strong><em>Traduit et reproduit avec l&rsquo;aimable autorisation de l&rsquo;auteur. Les notes sont de Nud Gordien. Toute erreur dans la traduction serait de la seule responsabilit\u00e9 de Nud Gordien. Ceci est un article presslib&rsquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Le Noeud Gordien est un site d&rsquo;analyses et d&rsquo;investigations sur la Crise. Article \u00e9crit par Alexis TOULET. Merci de visiter notre site, http:\/\/www.noeud-gordien.fr\/index.php?<\/em><\/strong>)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dennis Meadows : Nous n&rsquo;y pouvons rien faire&#8230; Nous publions ci-dessous le texte d&rsquo;une interview de Dennis Meadows, scientifique et l&rsquo;un des auteurs de The Limits of Growth de 1972. Le sujet trait\u00e9 en 1972 comme les remarques actuelles de Meadows font partie d&rsquo;une actualit\u00e9 tragique caract\u00e9risant ce que nous d\u00e9signons comme la crise de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[4270,9577,8354,15428,2631,2686,2651,15644,2878,9966],"class_list":["post-73723","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-autodestruction","tag-cancer","tag-club","tag-croissance","tag-de","tag-destruction","tag-du","tag-meadows","tag-monde","tag-rome"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73723","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73723"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73723\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73723"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73723"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}