{"id":73763,"date":"2014-03-12T18:06:41","date_gmt":"2014-03-12T18:06:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/03\/12\/les-usa-face-a-lukraine-not-our-business\/"},"modified":"2014-03-12T18:06:41","modified_gmt":"2014-03-12T18:06:41","slug":"les-usa-face-a-lukraine-not-our-business","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/03\/12\/les-usa-face-a-lukraine-not-our-business\/","title":{"rendered":"Les USA face \u00e0 l&rsquo;Ukraine : <em>Not our business<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Les USA face \u00e0 l&rsquo;Ukraine : <em>Not our business<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>12 mars 2014 &ndash; Avec une enqu\u00eate du PEW Research Center effectu\u00e9e les 6-9 mars, on dispose d&rsquo;une \u00ab\u00a0photographie\u00a0\u00bb extr\u00eamement pr\u00e9cise de l&rsquo;attitude du public US face \u00e0 la crise ukrainienne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un sentiment totalement isolationniste, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un sentiment subjectif qui ne s&#8217;embarrasse pas de consid\u00e9rations objectives pour d\u00e9terminer quelle politique les USA doivent suivre. En effet, les deux r\u00e9sultats les plus remarquables sont d&rsquo;une part que 92% des personnes interrog\u00e9es sont d\u00e9favorables \u00e0 une implication militaire des USA, tandis que 68% des personnes interrog\u00e9es ayant exprim\u00e9 une opinion condamnent la politique russe qu&rsquo;elles assimilent en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 une invasion ou \u00e0 une intervention. On voit qu&rsquo;il y a ainsi une rupture compl\u00e8te entre le jugement objectif sur la situation, qu&rsquo;il soit juste ou non, fond\u00e9 ou pas, et le souhait de la politique US. Il s&rsquo;agit non seulement d&rsquo;une attitude non-interventionniste, mais d&rsquo;une attitude totalement isolationniste : la non-intervention est per\u00e7ue comme un principe et non comme la cons\u00e9quence de la situation ext\u00e9rieure consid\u00e9r\u00e9e, puisqu&rsquo;en l&rsquo;esp\u00e8ce le jugement sur la politique russe devrait justifier l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;intervention militaire (la seule s\u00e9rieuse) alors que cette id\u00e9e est radicalement rejet\u00e9e. Il s&rsquo;agit de la d\u00e9finition m\u00eame de l&rsquo;isolationnisme, non pas cet \u00e9pouvantail avec lesquels nos dirigeants-Syst\u00e8me se terrorisent r\u00e9guli\u00e8rement eux-m\u00eames, mais bel et bien cette attitude fondamentale d&rsquo;indiff\u00e9rence au <em>Rest Of the World<\/em> qui caract\u00e9rise la Grande R\u00e9publique depuis ses origines et ne l&rsquo;a jamais abandonn\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On avait d\u00e9j\u00e0 eu un avant-go&ucirc;t de cette position dans un premier sondage (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_am_ricains_hostiles_une_implication_us_en_ukraine_05_03_2014.html\">5 mars 2014<\/a>), avec un sondage <em>HuffingtonPost<\/em>\/<em>YouGov<\/em> effectu\u00e9 le 3 mars dans des conditions beaucoup plus sommaires que celui de PEW (18% des personnes interrog\u00e9es disant qu&rsquo;il faut prot\u00e9ger l&rsquo;Ukraine \u00ab\u00a0contre une possible invasion russe\u00a0\u00bb, 46% disant le contraire, avec le reste sans opinion). L&rsquo;enqu\u00eate PEW d\u00e9termine que 29% des personnes interrog\u00e9es sont favorables \u00e0 une \u00ab\u00a0implication des USA\u00a0\u00bb dans la crise, et 56% d\u00e9favorables, avec une partie minoritaires des 29% \u00ab\u00a0favorables \u00e0 une implication\u00a0\u00bb favorables \u00e0 une implication militaire, ce qui correspond effectivement \u00e0 8% de l&rsquo;ensemble des personnes interrog\u00e9es . On peut m\u00eame voir qu&rsquo;entre les deux enqu\u00eates, et compte tenu du fait que la question pos\u00e9e le 3 mars portait sur \u00ab\u00a0la protection de l&rsquo;Ukraine\u00a0\u00bb impliquant une \u00e9ventuelle action militaire (18%), le fait m\u00eame de l&rsquo;intervention militaire nettement pr\u00e9cis\u00e9 s&rsquo;est clairement fix\u00e9 \u00e0 une minorit\u00e9 tr\u00e8s extr\u00eame, quasiment n\u00e9gligeable. On doit ajouter enfin qu&rsquo;entre les deux enqu\u00eates, des faits significatifs ont eu lieu, qui ont aggrav\u00e9 la situation, et justifi\u00e9 de leur point de vue le sentiment n\u00e9gatif des Am\u00e9ricains interrog\u00e9s sur la politique russe : confirmation de la soi-disant invasion russe de la Crim\u00e9e, r\u00e9f\u00e9rendum de la Crim\u00e9e pour le 16 mars. Cet ensemble d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements a certainement contribu\u00e9 \u00e0 durcir contre la Russie une partie de l&rsquo;opinion publique tributaire des informations de la presse-Syst\u00e8me compl\u00e8tement soumise \u00e0 la <em>narrative<\/em> officielle ; cela n&rsquo;a fait pourtant que durcir l&rsquo;opposition \u00e0 une intervention militaire. Accessoirement, mais de fa\u00e7on tout aussi int\u00e9ressante, on rel\u00e8ve dans l&rsquo;enqu\u00eate PEW Research une majorit\u00e9 d\u00e9favorable \u00e0 la politique de l&rsquo;administration Obama (44% contre 30%), ce qui ne va pas faciliter l&rsquo;action de la diplomatie en cours et encore plus semer le trouble quant \u00e0 l&rsquo;option militaire. (Sur ce dernier point, on remarquera en passant que cette situation de confusion peut provoquer un engagement militaire involontaire, par simple encha&icirc;nement incontr\u00f4l\u00e9, incertitude des positions, pression du syst\u00e8me de la communication, etc., &ndash; mais ce n&rsquo;est pas le th\u00e8me observ\u00e9, renvoyant plut\u00f4t \u00e0 notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\">3 mars 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;enqu\u00eate PEW Research Center est publi\u00e9e le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.people-press.org\/2014\/03\/11\/most-say-u-s-should-not-get-too-involved-in-ukraine-situation\/\">11 mars 2014<\/a> : &laquo;<em>As Russian troops remain in Ukraine&rsquo;s Crimea region and Crimea&rsquo;s Parliament has set up a secession vote, Americans prefer the U.S. to not get too involved in the situation.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>By a roughly two-to-one margin (56% vs. 29%), the public says it is more important for the U.S. to not get involved in the situation with Russia and Ukraine than to take a firm stand against Russian actions. The new national survey by the Pew Research Center, conducted March 6-9, 2014 among 1,003 adults, find more disapprove (44%) than approve (30%) of the way the Obama administration is handling the situation involving Russia and Ukraine, while roughly a quarter (26%) offer no opinion&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Those who say it is more important for the U.S. taking a firm stand against Russian actions in Ukraine were asked if the U.S. should consider military options or only political and economic options. Most of this group &ndash; 19% of the public overall &ndash; said the U.S. should consider only political and economic options in addressing the situation, while<\/em> <strong><em>just 8% of the public think that military options should be considered.<\/em><\/strong> <em>Just 16% of Republicans and smaller shares of Democrats and independents (5% each) say that military options should be considered.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>There is broad agreement that Russia was not justified in sending troops into Ukraine. Overall,<\/em> <strong><em>68% say Russia was not justified in sending troops into Ukraine<\/em><\/strong> <em>while just 10% say it was justified; 22% express no opinion. There are no significant partisan differences in these opinions&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On doit admettre que ces r\u00e9sultats soul\u00e8vent un certain nombre de <strong>tr\u00e8s graves questions<\/strong>, si l&rsquo;on tient compte de plusieurs faits, av\u00e9r\u00e9s ou sp\u00e9culatifs, et pour les derniers le plus souvent tenus pour acquis si l&rsquo;on consid\u00e8re la puissance du syst\u00e8me de la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le premier de ces faits est que ces chiffres expriment un d\u00e9saccord bien plus grand encore que celui qui existait lors de la crise du chimique syrien d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre 2013. Cette crise a abouti successivement \u00e0 une menace de frappes contre la Syrie de l&rsquo;administration US, puis \u00e0 une demande de consultation du Congr\u00e8s par l&rsquo;administration concernant cette menace de frappe, puis \u00e0 une \u00e9volution du Congr\u00e8s quasiment comptabilis\u00e9e vers un vote n\u00e9gatif qui aurait \u00e9t\u00e9 catastrophique pour l&rsquo;administration et aurait boulevers\u00e9 les situations int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, &ndash; si la Russie, justement elle, n&rsquo;\u00e9tait intervenue pour sauver Obama d&rsquo;une telle d\u00e9route en proposant la destruction du chimique du gouvernement syrien. Le poids de l&rsquo;opinion publique, d\u00e9favorable \u00e0 l&rsquo;attaque, a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable pour faire \u00e9voluer le Congr\u00e8s comme on l&rsquo;a d\u00e9crit. On peut imaginer le poids que va peser cette opinion publique, dans l&rsquo;orientation o&ugrave; on la voit, dans la crise ukrainienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La crise ukrainienne du point de vue du bloc BAO, qui implique les USA en premi\u00e8re ligne et l&rsquo;OTAN suivant fid\u00e8lement, s&rsquo;appuie sur un certain nombre de dispositions l\u00e9gales internationales qui pr\u00e9tendent renforcer le cas consid\u00e9r\u00e9 comme l\u00e9gitime de l&rsquo;installation au pouvoir de la bande <em>Euromaidan<\/em> et justifier la condamnation du r\u00e9f\u00e9rendum sur la Crim\u00e9e. Ce corpus l\u00e9gal est n\u00e9cessaire pour justifier l&rsquo;activisme du bloc BAO, dans une occurrence o&ugrave; l&rsquo;argument de la l\u00e9galit\u00e9 du pouvoir de Kiev et celui de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution de la Crim\u00e9e sont largement contestables, et contest\u00e9s avec vigueur par la Russie, avec le soutien plus ou moins affirm\u00e9 d&rsquo;autres pays qui penchent du c\u00f4t\u00e9 russe (Inde et Chine notamment). Ce corpus l\u00e9gal est d&rsquo;abord celui de la garantie de s\u00e9curit\u00e9 initialement assur\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Ukraine par les USA, le Royaume-Uni, la Russie, rejoints par la France et la Chine, au milieu des ann\u00e9es 1990. Cette garantie est donc assur\u00e9e par des pays qui, aujourd&rsquo;hui, se divisent sur le sens de cette garantie. A cela, on peut ajouter une garantie g\u00e9n\u00e9rale, de type militaire, qui est celle de l&rsquo;OTAN ; cette garantie ne concerne pas l&rsquo;Ukraine dans la lettre de la garantie, mais la Pologne notamment, et d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est qui soutiennent le pouvoir de Kiev ; pour ce qui est de l&rsquo;esprit de la chose, on peut consid\u00e9rer que l&rsquo;Ukraine-Kiev est <em>de facto<\/em> comprise dans cette garantie, en vertu de multiples dispositions, comme par exemple du fait que les avions AWACS de l&rsquo;OTAN op\u00e9rant \u00e0 partir de la Pologne et de la Roumanie effectuent des missions de contr\u00f4le et de surveillance qui couvrent essentiellement l&rsquo;Ukraine. On a m\u00eame parl\u00e9 du d\u00e9placement de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre d\u00e9tachement a\u00e9rien symbolique de l&rsquo;USAF en Ukraine, voire d&rsquo;une unit\u00e9 terrestre r\u00e9duite (toujours le symbole pour ses forces militaires \u00e0 bout de souffle qui comptent sur leur r\u00e9putation pour faire la diff\u00e9rence), &ndash; ceci et\/ou cela qui se feraient au nom des USA et, sans doute, puisqu&rsquo;on est si prompt \u00e0 se mettre dans le sillage les uns des autres dans les m&oelig;urs de la boulimie type-BAO, au nom de l&rsquo;OTAN \u00e9galement, &ndash; plus on est de fous, hein ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Un jour tr\u00e8s proche, quelqu&rsquo;un se demanderait-il  : mais que vient donc faire l&rsquo;OTAN dans cette gal\u00e8re ? Inutile de lui demander, elle qui fonce, exemplaire duplication du Syst\u00e8me, aussi aveugl\u00e9ment stupide dans sa pulsion de surpuissance que le Syst\u00e8me lui-m\u00eame&#8230; Il s&rsquo;agit bien pourtant, nous semblerait-il \u00e0 la r\u00e9flexion, d&rsquo;une gal\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;OTAN risque-t-elle sa coh\u00e9sion, voire pire ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est avec ces observations qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer certaines situations et sp\u00e9culations \u00e0 la lumi\u00e8re de la position de l&rsquo;opinion publique d\u00e9termin\u00e9e par PEW Research Center. La question de l&rsquo;option militaire ou de l&rsquo;\u00e9volution vers une possibilit\u00e9 d&rsquo;option militaire n&rsquo;est nullement absurde, d&rsquo;abord 1) parce que la situation en Ukraine a d\u00e9j\u00e0 des aspects militaires \u00e9vidents, des deux c\u00f4t\u00e9s, et avec des \u00e9l\u00e9ments actifs qui semblent vouloir \u00e9voluer dans le sens d&rsquo;utiliser des moyens de coercition et de violence alimentant cette activit\u00e9 militaire ; ensuite 2) parce que ces divers activismes et utilisation de la violence sont \u00e9videmment des incitations \u00e0 pousser l&rsquo;une ou l&rsquo;autre partie \u00e0 des moyens militaires  ; enfin 3) parce que la politique des sanctions repr\u00e9sente des risques \u00e9normes de riposte d\u00e9vastatrice de la Russie, d&rsquo;une telle puissance, avec de tels effets potentiels que la situation risque de devenir extr\u00eamement tendue entre le risques d&rsquo;effondrement financier et la tentation d&rsquo;exercer l&rsquo;option militaire (du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO notamment), si tendue qu&rsquo;elle conduirait effectivement \u00e0 envisager l&rsquo;utilisation de moyens militaires, tout cela au son du fameux \u00ab\u00a0toutes les options sont sur la table\u00a0\u00bb et sur le rythme infernal du syst\u00e8me de la communication qui r\u00e8gle tout (voir le <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-communication-blitzkrieg_10_03_2014.html\">10 mars 2014<\/a>)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans le cas qui se forme avec cette opinion publique US aussi tranchante dans son opposition \u00e0 une implication en Ukraine, que vaut l&rsquo;assurance donn\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey, chef d&rsquo;\u00e9tat-major des forces arm\u00e9es US, selon laquelle les forces arm\u00e9es US viendraient en aide aux pays alli\u00e9s des USA dans des circonstances qui le n\u00e9cessiteraient ? Dempsey, qui a du donner cette garantie sans enthousiasme excessif et \u00e0 l&rsquo;insistance du pouvoir civil, parle-t-il des seuls pays OTAN, ou bien parle-t-il aussi de l&rsquo;Ukraine, alors que le seul pays dont la s\u00e9curit\u00e9 est menac\u00e9e, du point de vue du bloc BAO, c&rsquo;est justement l&rsquo;Ukraine ? Pourtant, l&rsquo;on comprend bien qu&rsquo;en disant \u00ab\u00a0pays alli\u00e9s\u00a0\u00bb, il parle des pays de l&rsquo;OTAN, et alors cela signifierait-il que l&rsquo;on en arrive \u00e0 compter l&rsquo;Ukraine <em>de facto<\/em> comme un pays de l&rsquo;OTAN ? Comment pourrait-on s\u00e9rieusement envisager de telles dispositions, sinon de telles options, au regard des points de vue exprim\u00e9s par l&rsquo;opinion publique comme on l&rsquo;a vu ? A moins d&rsquo;\u00eatre fins man&oelig;uvriers, ce \u00e0 quoi les strat\u00e8ges am\u00e9ricanistes ne nous ont pas habitu\u00e9s dans leur grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, on peut envisager que se cr\u00e9ent les conditions d&rsquo;une grande d\u00e9route politique et de communication, si de tels engagements ne pouvaient \u00eatre tenus dans une situation d&rsquo;urgence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &#8230; Ce qui fait que, dans les prospectives envisag\u00e9es, on est pourtant conduit \u00e0 l&rsquo;envisager s\u00e9rieusement, du c\u00f4t\u00e9 US et du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO, d&rsquo;abord parce que, pour les USA, c&rsquo;est tout le prestige de cette puissance qui est en jeu, comme l&rsquo;a bien montr\u00e9 Kerry lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est r\u00e9volt\u00e9 contre les rumeurs d&rsquo;isolationnisme (de neo-isolationnisme) qui se sont r\u00e9pandues tout au long du mois de f\u00e9vrier, jusqu&rsquo;\u00e0 sa sortie d\u00e9crite dans notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kerry_le_n_o-iso_contre_le_n_o-isolationnisme_28_02_2014.html\">28 f\u00e9vrier 2014<\/a>. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus pressant, cette volont\u00e9 de contrer l&rsquo;impression d&rsquo;un \u00ab\u00a0n\u00e9o-iso\u00a0\u00bb naissant qu&rsquo;il y a cette sorte d&rsquo;enqu\u00eate statistique qu&rsquo;on d\u00e9taille ici, qui fait que le \u00ab\u00a0n\u00e9o-iso\u00a0\u00bb ne l&rsquo;est plus du tout, naissant, mais d\u00e9j\u00e0 remarquablement affirm\u00e9, &ndash; si l&rsquo;on fait le lien en forme de fil rouge entre la phase syrienne d&rsquo;ao&ucirc;t-d\u00e9cembre 2013 et celle qui commence avec l&rsquo;Ukraine &#8230; Plus le public dit \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb, plus Kerry re\u00e7oit la consigne de dire \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb, jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; il y aura collision comme il y eut dans l&rsquo;affaire syrienne, et l&rsquo;on retrouve les conditions \u00e9voqu\u00e9es plus haut. Mais cette fois, ce sera beaucoup plus grave, beaucoup plus chaud, beaucoup plus cher, parce que, encore une fois, l&rsquo;Ukraine ce n&rsquo;est pas la Syrie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Alors que les r\u00e9publicains poussent <strong>pour l&rsquo;instant<\/strong> \u00e0 une position plus dure au niveau de leurs parlementaires, y compris une option pseudo-militaire que certains, comme John McCain, jugent pourtant impossible (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-face_la_russie_bho_sans_union_sacr_e_derri_re_lui_08_03_2014.html\">18 mars 2014<\/a>), les chiffres de l&rsquo;enqu\u00eate PEW Research montrent au contraire la base r\u00e9publicaine tr\u00e8s r\u00e9ticente pour un engagement militaire (16%). C&rsquo;est encore pire pour une administration d\u00e9mocrate dont 5% de sa base seulement est pour cette option. Cela conduit \u00e0 observer que l&rsquo;actuelle position du Congr\u00e8s qui para&icirc;trait tr\u00e8s dure, est en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une incroyable fragilit\u00e9, peut-\u00eatre encore plus grande que lors du fiasco syrien d&rsquo;ao&ucirc;t-novembre 2013 &#8230; La politique des sanctions, proclam\u00e9e bien entendu par le Congr\u00e8s, peut r\u00e9server bien des surprises, on l&rsquo;a vu, et conduire \u00e0 envisager l&rsquo;option militaire ; c&rsquo;est alors qu&rsquo;on risque de voir le Congr\u00e8s changer compl\u00e8tement d&rsquo;orientation, comme il l&rsquo;a fait en septembre 2013 avec la Syrie<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Les Europ\u00e9ens, eux, \u00e9taient tous seuls lorsque l&rsquo;aspect public de la crise ukrainienne a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e, avec leur proposition-<em>diktat<\/em> de novembre dernier. Il para&icirc;t que les studieux experts-Syst\u00e8me geignent dans leurs rapports sur ce qu&rsquo;il aurait fallu faire, \u00e0 propos du fait que l&rsquo;UE n&rsquo;a pas associ\u00e9 les cousins am\u00e9ricanistes \u00e0 ce processus initial. (Car il est bien connu qu&rsquo;on ne peut se passer d&rsquo;eux, nous autres.) Le m\u00eame processus s&rsquo;est poursuivi pour la signature de l&rsquo;accord du 20-21 f\u00e9vrier \u00e0 Kiev, superbe initiative aussit\u00f4t sabot\u00e9e par des forces monstrueuses et myst\u00e9rieuses o&ugrave; il ne serait pas surprenant de trouver la main d&rsquo;une Nuland, par exemple. Si les USA avaient \u00e9t\u00e9 partie prenante, se disent encore les m\u00eames experts-Syst\u00e8me europ\u00e9ens, les choses n&rsquo;auraient peut-\u00eatre pas aussi mal tourn\u00e9. D\u00e9sormais, les Europ\u00e9ens tentent de coller aux cousins am\u00e9ricanistes, dont on peut admirer chaque jour la mont\u00e9e aux extr\u00eames. N\u00e9anmoins, \u00e9tant plus proches du \u00ab\u00a0front\u00a0\u00bb, les Europ\u00e9ens seraient ais\u00e9ment un peu moins va-t-en-guerre que les am\u00e9ricanistes, mais il faut bien qu&rsquo;ils suivent puisqu&rsquo;il est av\u00e9r\u00e9 et d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que c&rsquo;est la sagesse m\u00eame &#8230; Moyennant quoi, si le processus latent, derri\u00e8re ce super-isolationnisme du public am\u00e9ricain, se concr\u00e9tise, peut-\u00eatre les Europ\u00e9ens risqueraient-ils de se retrouver, seuls et en position extr\u00eame, face aux Russes dont les oreilles auront \u00e9t\u00e9 fort \u00e9chauff\u00e9es. Ce sera encore une superbe man&oelig;uvre \u00e0 mettre au cr\u00e9dit du bloc BAO, section affaires internes et \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_hypoth_se_guerri_re_antidote_la_discorde_chez_l_ennemi__18_12_2009.html\">discorde chez l&rsquo;ennemi<\/a>\u00ab\u00a0, &ndash; et une superbe actualisation postmoderne du fameux \u00ab\u00a0d\u00e9couplage\u00a0\u00bb USA-Europe qui a hant\u00e9 l&rsquo;OTAN et le \u00ab\u00a0Monde libre\u00a0\u00bb pendant toute la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Au bout du compte, face \u00e0 ces remous possibles, sinon pr\u00e9visibles, c&rsquo;est la coh\u00e9sion et l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;OTAN qui pourraient, dans des circonstances inattendues et impr\u00e9vues (elles le sont toutes, dans cette crise), rapidement \u00eatre mises sur la table, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des options habituelles &#8230; C&rsquo;est pour le compte qu&rsquo;on pourrait dire que \u00ab\u00a0toutes les options sont sur la table\u00a0\u00bb, avec quelques sacr\u00e9es mauvaises surprises&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut dire qu&rsquo;avec l&rsquo;Ukraine, on arrive effectivement au terme de l&rsquo;aventure OTAN, puisque c&rsquo;est la Russie qui se dresse. Les circonstances actuelles, la fluidit\u00e9 de la situation, le chaos du pouvoir \u00e0 Kiev, la position dure de la Russie avec la Crim\u00e9e, tout nous pousse \u00e0 consid\u00e9rer une hypoth\u00e8se tr\u00e8s sp\u00e9cifique. Nous ne voyons nullement l&rsquo;Ukraine comme une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire de l&rsquo;OTAN s&rsquo;installant en position d&rsquo;assi\u00e9geant de la Russie, confortablement, en prenant son temps pour int\u00e9grer et phagocyter (l&rsquo;Ukraine) dans les normes paresseuses et interminables de sa bureaucratie, avant de s&rsquo;attaquer au gros morceau qu&rsquo;est la Russie, laquelle aurait patiemment et obligeamment attendu son tour. Pour nous, il s&rsquo;agirait plut\u00f4t du contraire, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e9voqu\u00e9e ; il s&rsquo;agirait plut\u00f4t de <strong>l&rsquo;\u00e9tape ultime<\/strong> de l&rsquo;OTAN et sa course folle \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement, plac\u00e9e devant son quitte ou double ultime, directement confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;investissement de la Russie, mais aussi devant le risque colossal de l&rsquo;affrontement avec la Russie. On comprend que, dans ce cas, l&rsquo;opinion publique US tel que la mesure PEW Research, est un \u00e9l\u00e9ment fondamental en ceci qu&rsquo;il est un facteur essentiel de la d\u00e9termination de la position du composant fondateur et fixateur de l&rsquo;OTAN que sont les USA&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce c\u00f4t\u00e9 aussi, nous risquons de nous trouver, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des risques de confrontation avec la Russie, et <strong>m\u00eame avec ces risques<\/strong> sinon <strong>\u00e0 cause d&rsquo;eux<\/strong>, confront\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres risques de d\u00e9sagr\u00e9gation soudaine de l&rsquo;OTAN plac\u00e9e devant une tache impossible, la tache ultime d&rsquo;une grenouille qui s&rsquo;est faite aussi grosse qu&rsquo;un b&oelig;uf, d&rsquo;un boa se pr\u00e9cipitant pour gober l&rsquo;ours russe et \u00e9touffant litt\u00e9ralement, le souffle coup\u00e9, sous le poids de cette ambition consid\u00e9rable. C&rsquo;est une autre piste qu&rsquo;on sugg\u00e8re, \u00e9ventuellement plus bucolique, pour nous conduire \u00e0 h\u00e2ter la phase ultime de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me  ; \u00e0 ce moment, nous serons fiers de l&rsquo;OTAN car nous saurons qu&rsquo;elle a servi \u00e0 quelque chose&#8230;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les USA face \u00e0 l&rsquo;Ukraine : Not our business 12 mars 2014 &ndash; Avec une enqu\u00eate du PEW Research Center effectu\u00e9e les 6-9 mars, on dispose d&rsquo;une \u00ab\u00a0photographie\u00a0\u00bb extr\u00eamement pr\u00e9cise de l&rsquo;attitude du public US face \u00e0 la crise ukrainienne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un sentiment totalement isolationniste, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un sentiment subjectif qui ne s&#8217;embarrasse pas de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2684,6602,11165,10119,1242,855,3164,12436,15688,6934,584,5501,3930,5190,1296],"class_list":["post-73763","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-crimee","tag-decouplage","tag-dempsey","tag-dissolution","tag-isolationnisme","tag-kerry","tag-militaire","tag-neo-isolationnisme","tag-non-interventionnisme","tag-option","tag-otan","tag-pew","tag-research","tag-sondage","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73763","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73763"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73763\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73763"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73763"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73763"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}