{"id":73778,"date":"2014-03-20T06:35:19","date_gmt":"2014-03-20T06:35:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/03\/20\/le-contraire-de-la-guerre-froide-1\/"},"modified":"2014-03-20T06:35:19","modified_gmt":"2014-03-20T06:35:19","slug":"le-contraire-de-la-guerre-froide-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/03\/20\/le-contraire-de-la-guerre-froide-1\/","title":{"rendered":"Le contraire de la Guerre froide"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Le contraire de la Guerre froide<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>20 mars 2014 &ndash; L&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb est partout dans les bouches, dans les <em>talking point<\/em>, dans les d\u00e9clarations impromptues, dans les commentaires des experts et des <em>pundit<\/em>. Si vous tapez \u00ab\u00a0Retour Guerre froide\u00a0\u00bb sur l&rsquo;aimable Google, vous obtenez 2 680 000 r\u00e9sultats qui, certes, n&rsquo;ont pas tous un rapport avec la situation pr\u00e9sente, mais certainement dans leur \u00e9norme majorit\u00e9 (il y en avait 1 200 000 le 16 mars, voyez le rythme&#8230;) ; si vous limitez le champ de la recherche en y ajoutant le mot \u00ab\u00a0Ukraine\u00a0\u00bb, qui doit normalement restreindre dramatiquement la perspective, vous obtenez tout de m\u00eame 294 000 r\u00e9sultats (284 000 le 16 mars, l\u00e0 aussi augmentation, mais beaucoup moins marqu\u00e9e, ce qui montre que l&rsquo;id\u00e9e du \u00ab\u00a0retour \u00e0 la Guerre froide\u00a0\u00bb marque essentiellement les relations bloc BAO-Russie et non plus la seule crise ukrainienne r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;Ukraine)&#8230; Sans aucun doute, l&rsquo;expression est d\u00e9cisive dans la compr\u00e9hension, ou soi-disant compr\u00e9hension de la situation, et le syst\u00e8me de la communication s&rsquo;en fait le relais absolument oblig\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il nous semble qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un sujet d&rsquo;une particuli\u00e8re importance, tant les mots et les expressions conditionnent la pens\u00e9e, et surtout les mots et les expressions triviaux et communs, dans le sens effectivement d&rsquo;un \u00ab\u00a0conditionnement\u00a0\u00bb absolument dommageable \u00e0 la compr\u00e9hension des choses. Cette remarque vaut absolument pour notre \u00e9poque o&ugrave; le syst\u00e8me de la communication domine, o&ugrave; la majorit\u00e9 des esprits se contentent d&rsquo;en accepter passivement le flot. Nous allons donc \u00e9tudier la validit\u00e9 de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0nouvelle\/n\u00e9o-Guerre froide\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Guerre froide continu\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;analyse de situation impliqu\u00e9e par l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb. Bien entendu, cet exercice s&rsquo;appuie sur le constat que nous avons fait que l&#8217;emploi de l&rsquo;expression est <strong>totalement inappropri\u00e9<\/strong> pour d\u00e9signer la situation pr\u00e9sente, jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre le contraire. Par cons\u00e9quent, cet emploi est trompeur et faussaire \u00e0 la fois, autant qu&rsquo;il t\u00e9moigne de l&rsquo;ignorance ou de l&rsquo;inattention des esprits qui le proposent autant que de ceux qui l&rsquo;acceptent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb d\u00e9signe la p\u00e9riode allant de l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre \u00e0 la date symbolique du 9 novembre 1989 (chute du Mur de Berlin). On peut faire d\u00e9buter cette p\u00e9riode au discours de Churchill de Fulton, sur \u00ab\u00a0le rideau de fer\u00a0\u00bb du 5 mars 1946 (symboliquement), au \u00ab\u00a0coup de Prague\u00a0\u00bb de f\u00e9vrier 1948, ou encore \u00e0 l&rsquo;explosion de la premi\u00e8re bombe atomique sovi\u00e9tique en 1949. Ces indications sont donn\u00e9es \u00e0 titre documentaire et ne font pas ici l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat pour d\u00e9terminer leur v\u00e9racit\u00e9 respective, &ndash; parce que ce d\u00e9bat est, pour notre propos, compl\u00e8tement accessoire bien qu&rsquo;il soit tout \u00e0 fait justifi\u00e9 sur le fond. Les ann\u00e9es 1950 ont op\u00e9rationnalis\u00e9 les caract\u00e8res de cette p\u00e9riode, avec au d\u00e9part une situation de confrontation marqu\u00e9e par des tensions extr\u00eames, avec des groupes ou des individus cherchant \u00e0 profiter d&rsquo;un \u00e9ventuel avantage pour d\u00e9clencher unilat\u00e9ralement une attaque nucl\u00e9aire. (Voir le cas du g\u00e9n\u00e9ral LeMay, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-paul_lashmar_spy_flights_in_the_cold_war_15_05_2001.html\">15 mai 2001<\/a>.) A partir de 1958 (visite de Krouchtchev aux USA) et, surtout, apr\u00e8s la crise des missiles de Cuba d&rsquo;octobre 1962 et l&rsquo;entente Kennedy-Krouchtchev (malgr\u00e9 leurs sorts successifs, assassinat de Kennedy, d\u00e9position de Krouchtchev), la Guerre froide se codifia dans une sorte de r\u00e8glement tacite, transcrit en doctrine par l&rsquo;Am\u00e9ricain McNamara en 1964 (MAD, ou <em>Mutual Assured Destruction<\/em>), selon laquelle tout affrontement direct entre les USA et l&rsquo;URSS, m\u00eame au plus bas niveau, devait \u00eatre \u00e9vit\u00e9 pour \u00e9carter tout risque d&rsquo;escalade conduisant \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9change nucl\u00e9aire strat\u00e9gique pouvant signifier la fin de toute vie sur la plan\u00e8te. Divers avatars au plus haut niveau marqu\u00e8rent les ann\u00e9es de Guerre froide, des accords strat\u00e9giques de limitation et une coop\u00e9ration dans les \u00e9changes commerciaux, ou au contraire des crises aigues (25 octobre 1973 et mise en alerte <em>DefCon<\/em> 3 des forces US, l&rsquo;automne 1983 avec la destruction du Boeing 747 de Korean Airlines le 1er septembre \u00e0 l&rsquo;installation des premiers <em>euromissiles<\/em> US en Europe en novembre) ; dans un sens ou l&rsquo;autre, la r\u00e8gle fut toujours respect\u00e9e. Au plus haut de la crise de novembre 1983, lorsqu&rsquo;il apprit d&rsquo;un transfuge du KGB sovi\u00e9tique l&rsquo;\u00e9tat de nervosit\u00e9 extr\u00eame de la direction sovi\u00e9tique craignant une attaque US par surprise et la mise en alerte du KGB, Reagan ordonna l&rsquo;annulation de l&rsquo;exercice <em>Able Archer<\/em>-83 de simulation d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire par crainte que Moscou l&rsquo;interpr\u00e8te comme les pr\u00e9misses d&rsquo;une attaque nucl\u00e9aire. (Voir le document &laquo;<em>La \u00ab\u00a01983 Soviet War Scare\u00a0\u00bb vue par la CIA<\/em>&raquo;, sur ce site, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_1983_soviet_war_scare_vue_par_la_cia_21_09_2003.html\">21 septembre 2003<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Bien entendu, toute la p\u00e9riode de Guerre froide fut marqu\u00e9e de multiples guerres r\u00e9gionales, actions subversives, manipulations, terrorismes manipul\u00e9s, etc., mais toujours selon la r\u00e8gle qu&rsquo;\u00e0 aucun moment un soldat US ne devait se trouver d&rsquo;une fa\u00e7on voyante et authentifi\u00e9e en face d&rsquo;un soldat sovi\u00e9tique, dans la position de devoir engager un combat. Bien entendu, de telles occurrences eurent lieu, mais elles furent constamment dissimul\u00e9es, comme lorsque des pilotes sovi\u00e9tiques furent engag\u00e9s sur des MiG-15 contre les F-86 de l&rsquo;USAF durant la guerre de Cor\u00e9e. Cela ne fut reconnu que des d\u00e9cennies plus tard.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un point tr\u00e8s important pour faire progresser notre raisonnement est qu&rsquo;il y a souvent des confusions sur l&#8217;emploi de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb, durant la Guerre froide elle-m\u00eame. Diff\u00e9rentes expressions furent employ\u00e9es pour d\u00e9signer diff\u00e9rentes phases de la p\u00e9riode, &ndash; notamment \u00ab\u00a0<em>containment<\/em>\u00a0\u00bb au d\u00e9but de la p\u00e9riode, \u00ab\u00a0coexistence pacifique\u00a0\u00bb puis \u00ab\u00a0d\u00e9tente\u00a0\u00bb, mais aussi, dans l&rsquo;autre sens, \u00ab\u00a0seconde Guerre froide\u00a0\u00bb \u00e0 partir de 1975, quand les USA durcirent leur politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale et leur posture vis-\u00e0-vis de l&rsquo;URSS. Ce dernier terme de \u00ab\u00a0seconde Guerre froide\u00a0\u00bb est int\u00e9ressant car il contient en lui-m\u00eame une distorsion des interpr\u00e9tations historiques, et ce n&rsquo;est certes pas un hasard qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 introduit par un groupe dur antisovi\u00e9tique aux USA (d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains), rassembl\u00e9 dans le <em>Committe on the Present Danger<\/em>, dans lequel les <em>neocons<\/em>, encore d\u00e9mocrates autour du s\u00e9nateur (d\u00e9mocrate) <em>Scoop<\/em> Jackson, tenaient une place importante. Cette id\u00e9e de \u00ab\u00a0seconde Guerre froide\u00a0\u00bb impliquait qu&rsquo;il y en avait eu une \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb qui s&rsquo;\u00e9tait achev\u00e9e, ce qui est une distorsion historique puisque l&rsquo;expression d\u00e9signe toute la p\u00e9riode. Ce glissement s\u00e9mantique impliquait un grand programme (plut\u00f4t que projet) politico-belliciste qui a effectivement d\u00e9bouch\u00e9 sur l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre froide (la vraie) jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours : faire prendre la Guerre froide comme essentiellement caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;affrontement hors de toute r\u00e8gle, l'\u00a0\u00bbaffrontement \u00e0 mort\u00a0\u00bb qui \u00e9tait la seule formule envisageable, les p\u00e9riodes \u00ab\u00a0r\u00e9gul\u00e9es\u00a0\u00bb (type-\u00ab\u00a0d\u00e9tente\u00a0\u00bb) \u00e9tant assimil\u00e9es \u00e0 une capitulation des USA. Le programme \u00ab\u00a0pr\u00e9-<em>neocon<\/em>\u00a0\u00bb ne fut qu&rsquo;en partie appliqu\u00e9, notamment avec des op\u00e9rations telles que le d\u00e9veloppement du mouvement islamiste en Afghanistan, contre le r\u00e9gime communiste puis contre l&rsquo;URSS, ou l&rsquo;aide \u00e0 <em>Solidarnosc<\/em> contre le r\u00e9gime communiste en Pologne (mais d&rsquo;autres op\u00e9rations du m\u00eame type avaient eu lieu dans les p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes, ce qui diminue d&rsquo;autant leur signification sp\u00e9cifique). Sur l&rsquo;essentiel, qui est \u00ab\u00a0la r\u00e8gle du jeu\u00a0\u00bb au plus haut niveau et impliquant USA et URSS, et malgr\u00e9 une \u00e9volution doctrinale impliquant la disgr\u00e2ce de la doctrine MAD, la r\u00e8gle fondamentale de la Guerre froide pr\u00e9valut, y compris durant la pr\u00e9sidence Reagan o&ugrave; d&rsquo;importants accords furent sign\u00e9s, dont le seul accord jamais sign\u00e9 entre les deux superpuissances de la Guerre froide de destruction complet d&rsquo;une cat\u00e9gorie d&rsquo;armes nucl\u00e9aires importantes (l&rsquo;accord TNF sur les armes nucl\u00e9aires de th\u00e9\u00e2tre de longue port\u00e9e, de d\u00e9cembre 1987).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&#8217;emp\u00eache, cette intervention des <em>neocons<\/em> signalait effectivement la s\u00e9mantique faussaire \u00e0 laquelle nous sommes confront\u00e9s aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00ab\u00a0n\u00e9o-Guerre froide\u00a0\u00bb, ou encore du constat \u00e0-la-McCain que \u00ab\u00a0la Guerre froide n&rsquo;a jamais cess\u00e9\u00a0\u00bb. Cette \u00ab\u00a0op\u00e9ration s\u00e9mantique\u00a0\u00bb comme on pourrait d\u00e9signer la chose, est d&rsquo;une importance capitale, parce qu&rsquo;elle rec\u00e8le peut-\u00eatre <strong>la cause profonde<\/strong> de la tendance antirusse qui s&rsquo;est install\u00e9e au c&oelig;ur des troupes du Syst\u00e8me, qui a la force d&rsquo;un emportement hyst\u00e9rique exer\u00e7ant son empire sur une psychologie malade et impuissante \u00e0 recueillir les signes de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation du monde. Cette tendance antirusse s&rsquo;est manifest\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on op\u00e9rationnelle de deux fa\u00e7ons depuis la fin de la Guerre froide : la mise \u00e0 l&rsquo;encan de la Russie avec Eltsine par le capitalisme sauvage, la d\u00e9nonciation de la Russie \u00ab\u00a0n\u00e9o-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb et dictatoriale avec Poutine, avec une pouss\u00e9e concomitante constante vers la Russie (OTAN et UE). Ainsi peut-on mieux comprendre comment, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, et d&rsquo;ailleurs avec l&rsquo;aide involontaire et fauss\u00e9e \u00e0 cette occasion de l&rsquo;ang\u00e9lisme de la pr\u00e9sidence Carter exploitant la premi\u00e8re la doctrine du droitdel&rsquo;hommisme n\u00e9 du juridisme de l&rsquo;accord d&rsquo;Helsinki de 1975, est pass\u00e9 de l&rsquo;antisovi\u00e9tisme \u00e0 la russophobie, et cela contre toute logique et justice historiques. (La Russie a \u00e9t\u00e9 la <strong>premi\u00e8re victime<\/strong> du communisme, selon un cas historique beaucoup plus tranchant et indubitable avec le \u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb des Bolch\u00e9viques largement minoritaires du 7 novembre 1917 que celui de l&rsquo;Allemagne, o&ugrave; le nazisme arriva au pouvoir selon des proc\u00e9dures d\u00e9mocratiques.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut consid\u00e9rer comme tr\u00e8s importante cette \u00ab\u00a0op\u00e9ration s\u00e9mantique\u00a0\u00bb, ce \u00ab\u00a0coup de force s\u00e9mantique\u00a0\u00bb de la part de ce courant radical r\u00e9nov\u00e9 n\u00e9 aux USA dans les ann\u00e9es 1970, avec les <em>neocons<\/em> comme avant-garde (sorte de r\u00e9plique sismique de l'\u00a0\u00bbavant-garde du prol\u00e9tariat\u00a0\u00bb que constituait le bolch\u00e9visme, &ndash; et ainsi le \u00ab\u00a0coup de force s\u00e9mantique\u00a0\u00bb renvoyant au \u00ab\u00a0coup de force politique\u00a0\u00bb de novembre 1917). \u00ab\u00a0Op\u00e9ration s\u00e9mantique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0coup de force s\u00e9mantique\u00a0\u00bb ne signifient pas une intentionnalit\u00e9 consciente et planifi\u00e9e pour en arriver \u00e0 ce renversement de la signification historique de la Guerre froide, &ndash; basculement de la r\u00e9gulation USA-URSS \u00e0 l&rsquo;affrontement des USA\/bloc BAO contre l&rsquo;URSS devenant Russie. La d\u00e9marche a \u00e9t\u00e9 faite par automatisme dans le cadre de l&rsquo;exploitation maximaliste du syst\u00e8me de la communication qui commen\u00e7ait alors \u00e0 acqu\u00e9rir une dimension politique et id\u00e9ologique explicite, plus selon des arguments de relations publiques et de technique publicitaire avec maquillage id\u00e9ologique \u00e0 mesure, que selon un jugement acceptable d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 strat\u00e9gique renvoyant aux rengaines de la g\u00e9opolitique. Litt\u00e9ralement, les <em>neocons<\/em> fon\u00e7aient sans savoir ni o&ugrave; ni pourquoi, s&rsquo;affublant au passage, selon les m\u00eames techniques RP\/publicit\u00e9, de divers oripeaux de prestige, dont la philosophie de Leo Strauss est le plus prestigieux. (Lorsqu&rsquo;il se battait contre Richard Burt du d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat pour favoriser une politique antisovi\u00e9tique maximaliste, Richard Perle, du d\u00e9partement de la d\u00e9fense, se fichait bien des th\u00e8ses de Leo Strauss : il suivait l&rsquo;entra&icirc;nement irr\u00e9sistible des affrontements bureaucratiques qui se situent eux aussi au sein du syst\u00e8me de la communication. [Voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-richard_perle_hard_line_08_01_2002.html\">8 janvier 2002<\/a>, \u00e0 propos du roman \u00e0 clef <em>HardLine<\/em>, de Richard Perle].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Durant ce processus qui prit toute sa signification dans les ann\u00e9es 1990, avec l&rsquo;aide de l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;un verdict de condamnation sans appel de la Russie selon le constat scandalis\u00e9 comme l&rsquo;on est scandalis\u00e9 d&rsquo;un comportement de relaps qu&rsquo;avec Poutine en 1999 la Russie avait d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9agir contre la peste d\u00e9structurante et dissolvante du capitalisme, le Syst\u00e8me install\u00e9 \u00e0 visage d\u00e9couvert et dans toute sa surpuissance annexa cette dynamique s\u00e9mantique. Ce faisant, il intronisait les <em>neocons<\/em> en \u00ab\u00a0idiots utiles\u00a0\u00bb de premi\u00e8re cat\u00e9gorie. Si le moteur de cette \u00e9volution est de l&rsquo;ordre de la communication, la transmutation a v\u00e9ritablement \u00e9t\u00e9 de l&rsquo;ordre de l&rsquo;essence m\u00e9tahistorique. Cela explique que l&rsquo;antagonisme du bloc BAO contre la Russie, devenu dans cette \u00e9volution de l&rsquo;ordre du r\u00e9flexe pavlovien, avec libert\u00e9 d&rsquo;esprit et intelligence \u00e0 mesure, cet antagonisme qui est devenu une des structures essentielles de nos psychologies constitue un facteur fondamental de l&rsquo;\u00e9volution du Syst\u00e8me depuis la fin de la Guerre froide et du XX\u00e8me si\u00e8cle. Par cons\u00e9quence antagoniste, cet antagonisme est aussi un moteur fondamental de l&rsquo;efficacit\u00e9 des forces antiSyst\u00e8me dont la progression du Syst\u00e8me suscite l&rsquo;\u00e9mergence, et de l&rsquo;excitation de la dynamique de surpuissance du Syst\u00e8me jusqu&rsquo;\u00e0 des extr\u00eames ou sa propre transmutation en dynamique d&rsquo;autodestruction appara&icirc;t et s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La ronde folle des nabots en jabot<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Notre \u00ab\u00a0n\u00e9o-Guerre froide\u00a0\u00bb est donc un simulacre complet. Elle a pour effet de l\u00e9gitimer <em>a posteriori<\/em> une interpr\u00e9tation faussaire de la Guerre froide, et donc de l\u00e9gitimer pour notre temps pr\u00e9sent, formidablement contract\u00e9 et d\u00e9cisif, l&rsquo;id\u00e9e implicite mais extr\u00eamement puissante d&rsquo;une attaque sans possibilit\u00e9 de compromis (l'\u00a0\u00bbaffrontement \u00e0 mort\u00a0\u00bb) de la Russie. Si Poutine a choisi une \u00ab\u00a0doctrine de Cortez\u00a0\u00bb dans sa strat\u00e9gie dans la crise ukrainienne (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-poutine_et_la_doctrine_cortez__04_03_2014.html\">4 mars 2014<\/a>), le bloc BAO est conduit par une psychologie compl\u00e8tement sous l&#8217;empire de sa pathologie-Syst\u00e8me \u00e0 cette m\u00eame \u00ab\u00a0doctrine de Cortez\u00a0\u00bb pouss\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ses extr\u00eames concevables, dans la plus compl\u00e8te inconscience de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation et m\u00eame de la v\u00e9rit\u00e9 du monde : aucune possibilit\u00e9 de retour, aucune possibilit\u00e9 de compromis, aucune possibilit\u00e9 d&rsquo;armistice (Moscou doit suivre Kiev dans sa chute, selon McCain le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-apr_s_kiev_moscou_15_03_2014.html\">15 mars 2014<\/a>), &ndash; litt\u00e9ralement, la Russie doit <strong>dispara&icirc;tre<\/strong> dans le trou noir du Syst\u00e8me qui siphonne tout. Bon vent&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;appellation de \u00ab\u00a0n\u00e9o-Guerre froide\u00a0\u00bb est m\u00eame un double simulacre. D&rsquo;une part elle l\u00e9gitime \u00ab\u00a0une interpr\u00e9tation faussaire de la Guerre froide\u00a0\u00bb, d&rsquo;autre part elle l\u00e9gitime l&rsquo;action pr\u00e9sente, notamment et essentiellement en Ukraine, du label institutionnalis\u00e9 de \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb, qui r\u00e9sonne de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la libert\u00e9, au Monde libre, etc. C&rsquo;est l\u00e0 une action bien dans la mani\u00e8re des publicistes et professionnels de la communication que sont les diff\u00e9rentes sortes de <em>neocons<\/em> en action. Ainsi appara&icirc;t la tactique, irr\u00e9sistible, habile, cynique, extr\u00eamement efficace, &ndash; et d&rsquo;une compl\u00e8te inconscience de l&rsquo;enjeu, certes. Mais on ne peut s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0 et il nous faut aller beaucoup plus loin ; c&rsquo;est alors que nous entrons dans une effrayante <em>terra incognita<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9interpr\u00e9tation de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb s&rsquo;est faite principalement en d\u00e9figurant compl\u00e8tement le sens de l&rsquo;expression, en la ch\u00e2trant litt\u00e9ralement. Nous n&rsquo;avons aucune affection particuli\u00e8re pour cette p\u00e9riode, qui constitua \u00e9galement, par rapport \u00e0 aujourd&rsquo;hui, une mise en sc\u00e8ne soigneuse pour dissimuler l&rsquo;installation de plus en plus totalitaire du Syst\u00e8me op\u00e9rationnalis\u00e9e par l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;influence du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme et la globalisation. Pour autant, nous ne devons pas \u00e9carter la vertu de r\u00e9gulation qu&rsquo;elle avait su installer, pour le meilleur et pour le pire, concernant les instruments les plus dangereux du syst\u00e8me du technologisme. Le danger ultime de l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire gouvernait toutes les pens\u00e9es strat\u00e9giques, et conditionnait les actes strat\u00e9giques. Ainsi l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb signifiait-elle \u00ab\u00a0guerre qui ne peut devenir chaude\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire guerre potentielle emprisonn\u00e9e \u00e0 double tour dans la maxime \u00ab\u00a0guerre qui ne peut \u00eatre faite\u00a0\u00bb. D&rsquo;o&ugrave; la r\u00e9gulation extr\u00eame de l&rsquo;interdiction que se faisaient \u00e0 eux-m\u00eames les deux partenaires-adversaires de ne jamais se trouver en position de s&rsquo;affronter d&rsquo;une fa\u00e7on ouverte, connue, engageant leur prestige et leur influence, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans une situation o&ugrave; aucun ne pourrait reculer sous peine d&rsquo;une perte de prestige irr\u00e9parable, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans une situation o&ugrave; l&rsquo;escalade \u00e9tait la seule issue pour l&rsquo;un ou pour l&rsquo;autre d&rsquo;\u00e9viter cette perte de prestige, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;escalade jusqu&rsquo;\u00e0 l'\u00a0\u00bbimpensable \u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>unthinkable<\/em>\u00ab\u00a0).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; \u00ab\u00a0La r\u00e9interpr\u00e9tation de l&rsquo;expression &lsquo;Guerre froide&rsquo; s&rsquo;est faite\u00a0\u00bb s\u00e9mantiquement en passant d&rsquo;une interpr\u00e9tation conforme au syst\u00e8me du technologisme \u00e0 une interpr\u00e9tation conforme au syst\u00e8me de la communication. La r\u00e9f\u00e9rence est pass\u00e9e du technologisme (la menace nucl\u00e9aire) \u00e0 la communication (l&rsquo;id\u00e9ologie, fa\u00e7on publicitaire\/RP) ; ainsi passant du \u00ab\u00a0frein\u00a0\u00bb (\u00e9viter \u00e0 tout prix l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire) \u00e0 l'\u00a0\u00bbacc\u00e9l\u00e9rateur\u00a0\u00bb (imposer une id\u00e9ologie selon les normes de la publicit\u00e9). L'\u00a0\u00bbacc\u00e9l\u00e9rateur\u00a0\u00bb a effac\u00e9 le \u00ab\u00a0frein\u00a0\u00bb, et l&rsquo;on a litt\u00e9ralement <strong>oubli\u00e9<\/strong> ce que signifie le plus haut degr\u00e9 de l&rsquo;escalade, l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire. Les g\u00e9n\u00e9rations actuelles au pouvoir, pass\u00e9es au stade de l&#8217;employ\u00e9-Syst\u00e8me, n&rsquo;ont aucun souvenir, aucune exp\u00e9rience, aucune culture qui leur permettraient de ranimer ce que furent les grandes crises nucl\u00e9aires de la Guerre froide, et comment elles pr\u00e9figuraient litt\u00e9ralement les menaces d&rsquo;an\u00e9antissement commun jusqu&rsquo;\u00e0 susciter des mouvements de communication d&rsquo;une ampleur consid\u00e9rable. (<em>The Day After<\/em>, le t\u00e9l\u00e9film US qui alluma une formidable vague antinucl\u00e9aire en 1981-1982 aux USA en figurant l'\u00a0\u00bbhiver nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0jour d&rsquo;apr\u00e8s\u00a0\u00bb, qui alla jusqu&rsquo;\u00e0 convaincre Reagan de chercher d\u00e8s que l&rsquo;occasion s&rsquo;en pr\u00e9senterait un arrangement pour d\u00e9samorcer les risques d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire.) L&rsquo;amn\u00e9sie de ce que fut vraiment la Guerre froide a ainsi conduit \u00e0 \u00e9carter la repr\u00e9sentation du risque d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire et a ouvert la voie \u00e0 cette crise ukrainienne qui comporte sans doute plus qu&rsquo;en aucun autre moment depuis qu&rsquo;existe la Bombe, le risque de l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire&#8230; (Le sc\u00e9nario est \u00e9vident, entre une situation se d\u00e9gradant et d\u00e9g\u00e9n\u00e9rant en chaos en Ukraine, avec intervention russe pour prot\u00e9ger les minorit\u00e9s russophones de l&rsquo;Ukraine orientale, d\u00e9ploiement de forces de l&rsquo;OTAN, forces US en t\u00eate en Ukraine occidentale face aux Russes, etc. Il est alors \u00e9vident que l&rsquo;on retombe sur le cas nourrissant l&rsquo;escalade que la r\u00e9gulation implicite de la Guerre froide emp\u00eachait \u00e0 toute force.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 lu sous la plume de Loren B. Thompson, les durs-\u00e0-cuire qui gardent un peu des souvenirs de la Guerre froide \u00e9voquent avec horreur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un face-\u00e0-face entre des soldats russes et des soldats US .(Voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-perspective_hypoth_tique_d_un_engagement_us_en_ukraine_pessimiste_14_03_2014.html\">14 mars 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Russia has the ability to utterly destroy America. Local conflicts have a way of getting out of control when foreign powers intervene. In any military confrontation between U.S. and Russian forces, there is a danger of escalation not only to conventional combat, but beyond &mdash; in other words, to the use of nuclear weapons. That may sound like an improbable scenario, but it&rsquo;s no more outlandish than an assassination attempt by Serbian nationalists leading to a World War, and yet that actually happened &mdash; in the same region. Russia has thousands of nuclear warheads, and the only defense America has against such weapons is retaliation in kind. Think of the possibilities.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il est int\u00e9ressant de noter que Thompson, en \u00e9voquant cette possibilit\u00e9, se r\u00e9f\u00e8re \u00e9videmment \u00e0 Sarajevo-1914, ce qui est non seulement tentant \u00e0 la lumi\u00e8re du centenaire, mais encore tr\u00e8s pertinent. Un affrontement de ce type apocalyptique qu&rsquo;on d\u00e9crit aurait tout, effectivement, du caract\u00e8re de l&rsquo;incompr\u00e9hensibilit\u00e9, de l&rsquo;inexplicabilit\u00e9, par rapport \u00e0 une vision normale et rationnelle de la situation politique, des int\u00e9r\u00eats des uns et des autres, des risques \u00e0 ne pas courir, etc. En ce sens, il s&rsquo;agirait des m\u00eames conditions incompr\u00e9hensibles et inexplicables que celles qui pr\u00e9sid\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;encha&icirc;nement conduisant au d\u00e9clenchement de la Grande Guerre. Mais on sait que notre explication de la Grande Guerre est fort diff\u00e9rente (voir notamment le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_2013_2014_en_passant_par_1914_02_01_2014.html\">2 janvier 2014<\/a>), et que son d\u00e9clenchement correspond pour nous \u00e0 un grand moment de v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation m\u00e9tahistorique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son incompr\u00e9hensibilit\u00e9 et de son inexplicabilit\u00e9 historiques et op\u00e9rationnelles. Ainsi en est-il, en un certain sens, des perspectives absurdes et incroyables d&rsquo;un risque d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire \u00e0 l&rsquo;occasion de la crise ukrainienne. Selon cette interpr\u00e9tation, que nous avons d\u00e9j\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9e, ce risque devient alors l&rsquo;expression logique et normale de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, comme le d\u00e9clenchement de la Grande Guerre fut une r\u00e9plique sismique il y a cent ans de notre crise, tout cela \u00e0 partir du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce cas, les grands m\u00e9canismes d\u00e9crits ont tout le champ pour jouer leur r\u00f4le, et notamment le syst\u00e8me de la communication : autant il a permis aux \u00ab\u00a0idiots utiles\u00a0\u00bb, <em>neocons<\/em> et autres, de jouer leur r\u00f4le de faussaire du concept de \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb, autant ils devraient jouer \u00e9galement leur r\u00f4le d'\u00a0\u00bbidiots utiles\u00a0\u00bb d&rsquo;un syst\u00e8me de la communication s&rsquo;invertissant selon sa logique de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_technologisme_versus_communication_14_12_2012.html\">Janus<\/a>, et provoquant des effets antiSyst\u00e8me &#8230; Le principal d&rsquo;entre eux serait que cette m\u00eame crise ukrainienne qui fait rena&icirc;tre le risque de l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire, provoqu\u00e2t la secousse finale vers l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, &ndash; et la r\u00e9alisation de ceci (\u00ab\u00a0risque de l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb) pouvant \u00eatre effectivement la r\u00e9alisation de cela (\u00ab\u00a0secousse finale\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 cette possibilit\u00e9 le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\">3 mars 2014<\/a> et nous ne voyons rien qui, depuis, contredise cette perspective. Dans cette \u00e9vocation se trouvait effectivement, et essentiellement, la r\u00e9f\u00e9rence analogique \u00e0 la Grande Guerre d&rsquo;il y a cent ans, c&rsquo;est-\u00e0-dire un autre \u00ab\u00a0grand moment de v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation m\u00e9tahistorique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de [l&rsquo;]incompr\u00e9hensibilit\u00e9 et de [l&rsquo;]inexplicabilit\u00e9 historiques des \u00e9v\u00e9nements concern\u00e9s\u00a0\u00bb. En d&rsquo;autres mots, si cette analogie symbolique et centenaire est juste, le destin de cette crise ukrainienne, qui est pleine de tromperies, qui usurpe les mots et les r\u00e9f\u00e9rences, ne peut se terminer dans l&rsquo;apaisement et dans l&rsquo;arrangement puisqu&rsquo;aucun de ses fondements n&rsquo;a la force de la v\u00e9rit\u00e9 qui lui permettrait effectivement de ma&icirc;triser ou de d\u00e9tourner un \u00ab\u00a0grand moment de v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation m\u00e9tahistorique\u00a0\u00bb. Toujours selon cette analogie, la crise ukrainienne ne peut se terminer, en tant que telle et par rapport \u00e0 nos r\u00e9f\u00e9rences courantes, que dans le paroxysme. Il appara&icirc;t de plus en plus que l&rsquo;un des paroxysmes est le risque de l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire ; il est \u00e0 la fois \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb et inattendu, mais son \u00e9vocation, sinon sa possibilit\u00e9 commence \u00e0 d\u00e9sormais se r\u00e9pandre dans les commentaires et les appr\u00e9ciations, et avec lui la terreur absolue qu&rsquo;il suscite, &ndash; consciemment pour quelques-uns, inconsciemment pour les autres. C&rsquo;est dire que nous jugeons de plus en plus \u00e9vident que la dimension psychologique de la possibilit\u00e9 de l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire, comme nous l&rsquo;\u00e9voquons justement dans le texte d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\">3 mars 2014<\/a>), devrait devenir rapidement l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment central de ce facteur (la possibilit\u00e9 de l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire), et l&rsquo;holocauste nucl\u00e9aire qui est un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9pendant du syst\u00e8me du technologisme s&rsquo;ins\u00e9rant alors <em>de facto<\/em> dans le syst\u00e8me de la communication qui est la principale force en action dans le conflit, par le biais de la perception de sa possibilit\u00e9 et ses effets sur la psychologie. Dans ce contexte pr\u00e9cis\u00e9ment, il nous appara&icirc;t tr\u00e8s possible sinon probable que les r\u00e9percussions sur le Syst\u00e8me devraient rapidement devenir de plus en plus fortes, de plus en plus mena\u00e7antes en ce qui concerne la stabilit\u00e9 et la solidit\u00e9 de l&rsquo;ensemble (du Syst\u00e8me). Ces chocs compl\u00e9teraient ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 ass\u00e9n\u00e9s au Syst\u00e8me par les intentions, les prospectives diverses envisag\u00e9es, qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e9galement \u00e0 des possibilit\u00e9s catastrophiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On se r\u00e9f\u00e8re par exemple aux d\u00e9clarations du conseiller \u00e9conomique de Poutine Sergei Blazyev [voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_fort_et_ses_sanctions_du_faible_au_fort__18_03_2014.html\">18 mars 2014<\/a>], un \u00ab\u00a0dur\u00a0\u00bb dans l&rsquo;entourage de Poutine dont l&rsquo;influence augmente, sa position qui commence \u00e0 se r\u00e9pandre en raison des \u00e9v\u00e9nements \u00e9tant celle d&rsquo;un tournant radical russe hors de l&rsquo;attraction du bloc BAO vers une position d&rsquo;autarcie de la Russie : &laquo;<em>He told the RIA Novosti news agency Russia could stop using dollars for international transactions and create its own payment system using its \u00ab\u00a0wonderful trade and economic relations with our partners in the East and South.\u00a0\u00bb Russian firms and banks would also not return loans from American financial institutions, he said. \u00ab\u00a0An attempt to announce sanctions would end in a crash for the financial system of the United States, which would cause the end of the domination of the United States in the global financial system,\u00a0\u00bb he added.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Ainsi ne s&rsquo;agit-il nullement d&rsquo;une \u00ab\u00a0nouvelle Guerre froide\u00a0\u00bb, o&ugrave; l&rsquo;on s&rsquo;installe dans des campements de campagne pour une phase historique longue, en comptant miner l&rsquo;adversaire avec le temps. (Il y a des analystes prospectifs \u00e9conomiques qui vous d\u00e9montrent que l&rsquo;orientation d&rsquo;une autarcie de la Russie, comme celle que pr\u00e9conise Blazyev, n&rsquo;a aucune chance de tenir sur le terme de 10-15 ans, &ndash; autant nous parler du prochain mill\u00e9naire, au rythme o&ugrave; vont les choses, avec ce temps historique en constante contraction, avec les formidables encha&icirc;nements d&rsquo;effets que provoquent les \u00e9v\u00e9nements&#8230;) Au contraire, cette tr\u00e8s-fausse \u00ab\u00a0nouvelle Guerre froide\u00a0\u00bb nous appara&icirc;t avoir tout d&rsquo;une <em>blitzkrieg<\/em>, promise \u00e0 aller tr\u00e8s vite comme elle a fait jusqu&rsquo;ici, \u00e0 \u00e9voluer comme l&rsquo;\u00e9clair, et aussi insaisissable que ce ph\u00e9nom\u00e8ne naturel, en ayant comme enjeu, tout aussi n\u00e9cessairement, le Syst\u00e8me lui-m\u00eame. Il s&rsquo;agit du contraire de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;on veut solliciter comme mod\u00e8le, avec le secret espoir, &ndash; ceci expliquant cela, &ndash; qu&rsquo;il se terminerait comme le pr\u00e9c\u00e9dent (d\u00e9faite de la Russie comme il y eut la d\u00e9faite de l&rsquo;URSS). Nous nous approchons \u00e0 grands pas du chapitre de conclusion, parce que le Syst\u00e8me, lorsqu&rsquo;il pousse sa phase de surpuissance comme il fait actuellement, fait na&icirc;tre parall\u00e8lement, \u00e0 une vitesse \u00e9galement prodigieuse dont nous n&rsquo;avions sans doute pas conscience, les \u00e9l\u00e9ments de son autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces diff\u00e9rentes affirmations, tournant notamment autour de l&rsquo;id\u00e9e de la rapidit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements et de la fragilit\u00e9 du Syst\u00e8me qui pourrait se trouver assez secou\u00e9 pour risquer l&rsquo;effondrement, notamment avec l&rsquo;aide des psychologies malades de ses serviteurs, sont confort\u00e9es \u00e0 notre sens par le retour aux \u00e9vidences du sens commun. Justement, le regard en arri\u00e8re, sur la Guerre froide que nous sommes cens\u00e9s prolonger ou relancer, d\u00e9montre combien notre comportement politique, encore plus que notre politique, est fou, insens\u00e9, compl\u00e8tement et monstrueusement d\u00e9form\u00e9 par une sorte d&rsquo;<em>hybris<\/em> de bazar, l&rsquo;<em>hybris<\/em> de la postmodernit\u00e9, caricature du vrai mais au moins tout aussi destructeur. S&rsquo;attaquer ainsi \u00e0 la Russie, qui est la puissance qu&rsquo;on sait, dans les conditions qu&rsquo;on sait, pour les arguments qu&rsquo;on conna&icirc;t qui sont d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, d&rsquo;une pu\u00e9rilit\u00e9 politique si grandes, selon des situation si compl\u00e8tement suspectes et faussaires, tout cela repr\u00e9sente un cas effrayant et quasiment surr\u00e9aliste de la d\u00e9monstration de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;esprit. A c\u00f4t\u00e9 des nabots en jabot qui pr\u00e9tendent gouverner comme des fant\u00f4mes caricaturaux de l&rsquo;art politique, les dirigeants en sc\u00e8ne durant la Guerre froide, qui n&rsquo;\u00e9taient pourtant ni des Talleyrand ni des Machiavel, paraissent des g\u00e9ants de la raison et de la mesure, &ndash; sans parler, par piti\u00e9, d&rsquo;un de Gaulle qui est litt\u00e9ralement d&rsquo;un autre monde. Ces choses simples doivent \u00eatre relev\u00e9es en conclusion : elles fixent la simplicit\u00e9 du diagnostic qu&rsquo;on pose sur cette civilisation qui se noient dans ses propres mar\u00e9cages d&rsquo;incons\u00e9quence et de n\u00e9antisation de l&rsquo;esprit. Alors appara&icirc;t, tout aussi simple, la conclusion : s&rsquo;ils en sont l\u00e0, les nabots en jabots, c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont totalement prisonniers du Syst\u00e8me, &ndash; et de un, &ndash; et que le Syst\u00e8me est vraiment en train de s&rsquo;autod\u00e9truire, sorte de dinosaure devenu fou, &ndash; et de deux &#8230; Pour l&rsquo;instant, cela suffit.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le contraire de la Guerre froide 20 mars 2014 &ndash; L&rsquo;expression \u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb est partout dans les bouches, dans les talking point, dans les d\u00e9clarations impromptues, dans les commentaires des experts et des pundit. 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