{"id":73814,"date":"2014-04-08T13:56:55","date_gmt":"2014-04-08T13:56:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/04\/08\/leurope-unie-contre-lue\/"},"modified":"2014-04-08T13:56:55","modified_gmt":"2014-04-08T13:56:55","slug":"leurope-unie-contre-lue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/04\/08\/leurope-unie-contre-lue\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u201cEurope unie\u201d contre l&rsquo;UE"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">L&rsquo;Europe unie contre l&rsquo;UE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;avantage paradoxal de la crise ukrainienne, o\u00f9 l&rsquo;on nous annonce qu&rsquo;on se trouve plus que jamais au bord de la guerre civile ou d&rsquo;interventions ext\u00e9rieures avec les <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/en\/articles\/2014\/04\/08\/ukra-a08.html\" class=\"gen\">remous grandissants<\/a> de l&rsquo;Ukraine russophone, c&rsquo;est de nous montrer le vrai visage de l&rsquo;Europe unie. Un autre paradoxe, c&rsquo;est que cette Europe unie,  c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;association des \u00c9tats-membres de l&rsquo;UE,  se trouve de plus en plus en opposition sur la base d&rsquo;appr\u00e9ciations fortement divergentes de ce qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 la politique de l&rsquo;UE conduisant \u00e0 la crise ukrainienne (voir notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_ue_fauteur_de_guerre__04_04_2014.html\" class=\"gen\">4 avril 2014<\/a>). Enfin, il y a \u00e9galement la d\u00e9monstration des oppositions potentielles devenant tr\u00e8s vigoureuses entre divers Etats-membres ou groupes d&rsquo;\u00c9tats-membres, dans sens ou l&rsquo;autre, et la politique conduite par l&rsquo;UE en tant que bureaucratie-Syst\u00e8me. Un excellent texte de <em>EUObserver<\/em> du <a href=\"http:\/\/euobserver.com\/foreign\/123782\" class=\"gen\">8 avril 2014<\/a> nous pr\u00e9sente un \u00e9trange paysage, et paradoxalement encore plus \u00e9trange dans le chef du bloc BAO que dans celui de l&rsquo;Ukraine o\u00f9, pourtant, les tensions et le d\u00e9sordre ne manquent pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le texte d\u00e9marre sur la d\u00e9cision prise entre Lavrov et Kerry d&rsquo;organiser une rencontre entre l&rsquo;UE, la Russie, les USA et l&rsquo;Ukraine dans les dix jours. Il renvoie \u00e0 des d\u00e9clarations de la porte-parole du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat qui illustrent assez bien la position compl\u00e8tement ambivalente des USA ; d&rsquo;une part accusant la Russie d&rsquo;avoir organis\u00e9 les troubles actuels dans l&rsquo;Ukraine russophone, et avertissant cette m\u00eame Russie de s&rsquo;attendre \u00e0 de s\u00e9v\u00e8res r\u00e9actions si les affaires ukrainiennes s&rsquo;aggravent encore ; d&rsquo;autre part, appelant \u00e0 une d\u00e9sescalade de la crise, qui devrait \u00eatre entreprise avec la r\u00e9union annonc\u00e9e, en acceptant l&rsquo;id\u00e9e ch\u00e8re \u00e0 la Russie de l&rsquo;exploration d&rsquo;une transformation de l&rsquo;Ukraine en un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ralis\u00e9&#8230; Citons ce dernier aspect, qui refl\u00e8te sans aucun doute la volont\u00e9 profonde d&rsquo;Obama d&rsquo;\u00e9viter \u00e0 tout prix une situation de tension qui impliquerait la possibilit\u00e9 d&rsquo;un engagement US  :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>She added the current escalation is not enough to trigger additional sanctions, however. She also said Russia&rsquo;s idea to create a federal structure in Ukraine is not out of the question if Ukraine agrees: In terms of their claims or their calls for federalisation, this is an issue where we feel the Ukrainian government, the legitimate government of Ukraine needs to be at the table to discuss.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Mais le plus int\u00e9ressant vient certainement de l&rsquo;Europe unie, et dans ce cas, s&rsquo;agissant des \u00c9tats-membres et nullement de l&rsquo;UE en tant que telle. L&rsquo;UE tra\u00eene notablement dans l&rsquo;\u00e9tablissement et l&rsquo;activation des sanctions contre la Russie, repoussant les d\u00e9lais pour cela, et refl\u00e9tant sans aucun doute les diff\u00e9rences extr\u00eamement marquantes qui apparaissent d\u00e9sormais entre les \u00c9tats-membres et entravent son travail. A l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Europe unie se forment deux groupes, avec des positions changeantes chez certains \u00c9tats-membres selon les probl\u00e8mes envisag\u00e9s, les deux groupes repr\u00e9sentant la ligne de compromis et la ligne dure. Dans la premi\u00e8re, la ligne de compromis, on trouve notamment les \u00c9tats-membres du Sud (Chypre, Gr\u00e8ce, Italie, Espagne, Portugal), deux poids lourds (la France et l&rsquo;Allemagne) et d&rsquo;autres mod\u00e9r\u00e9s tels que l&rsquo;Autriche, le KLuxembourg&#8230; D&rsquo;autre part, certains \u00c9tats-membres plus rapproch\u00e9s g\u00e9ographiquement de la crise favorisent des politiques d&rsquo;accommodement avec la Russie, plut\u00f4t que la ligne dure repr\u00e9sent\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral par les pays de l&rsquo;ancienne Europe communiste. Au reste, certains des pays les plus durs sont eux-m\u00eames divis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de leur gouvernement, sinon de certains minist\u00e8res, en mettant ainsi en \u00e9vidence les paradoxes de la situation&#8230; Ainsi, que dire de la Pologne, qui r\u00e9clame 10 000 soldats des pays de l&rsquo;OTAN sur son territoire face \u00e0 la Russie, comme si la guerre allait commencer demain et dans tous les cas dans un sens qui exacerbe la tension et conduit \u00e0 des postures de rupture, tandis que son ambassadeur \u00e0 Kiev, H. Litwin d\u00e9clarait ceci, qui sous-entend qu&rsquo;il ne faut pas se presser de rompre les ponts avec la Russie : \u00ab<em>Il y a des secteurs entiers de l&rsquo;\u00e9conomie polonaise qui ont de tr\u00e8s forts liens avec la Russie, et sans ces liens la Pologne conna\u00eetra de tr\u00e8s graves difficult\u00e9s. Et c&rsquo;est une tr\u00e8s grave menace pour tous les pays autres pays europ\u00e9ens&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici ce qu&rsquo;\u00e9crit <em>EUObserver<\/em> \u00e0 partir du constat de la lenteur de la mise en place des sanctions, selon des sources qui refl\u00e8tent assez justement la situation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Europe unie, et abordant ensuite d&rsquo;autres probl\u00e8mes : \u00ab<em>One diplomat said the slow pace reflects growing divisions. At the Gymnich in Athens<\/em> [<em>an EU foreign ministers&rsquo; meeting at the weekend<\/em>]<em>, we heard from some ministers that the EU should take part of the blame for the crisis, that the summit in Vilnius was badly prepared, that the Eastern Partnership policy was badly thought out  this is quite a comfortable position which leads us toward introspection instead of strong opposition to Russia, the contact said. The diplomat indicated that France and Germany, as well as southern states Cyprus, Greece, Italy, Portugal, and Spain are toeing the new line.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Another EU diplomat blamed the Russian lobby in Europe. There&rsquo;s a bloc of Russian-friendly politicians, business chiefs, journalists, intellectuals, which has been cultivated by Russia for years and which is now mobilising on its behalf, he said. He noted that the federal model serves Russian interests by making Ukraine ungovernable and by ending prospects of its EU integration. The West knows what to do: We must show complete solidarity. We must send in military aid. We must flood Ukraine with experts &#8211; on the economy, on security sector reform, as we did in the Balkans. And we must put hundreds of EU personnel, in a peacekeeping or monitoring mission, on the Ukrainian-Russian border. But we lack the political will to confront Russia, he added.<\/em>\u00bb [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>One idea is to begin reverse flows &#8211; pumping Russian gas imported by countries such as Hungary, Poland or Slovakia via Russian pipelines back to Ukraine. But Slovakia, the best placed in technical terms to go ahead, has cast doubt on the idea. \u00ab\u00a0For a reverse flow, you would have to stop the east-west flow in one of the pipelines and reverse the flow. But you would have to have approval from Gazprom  Gazprom does not agree with this and so it&rsquo;s not an option, a spokesman for Slovak pipeline operator Eustream told Reuters on Monday.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It&rsquo;s not just Germany and the southern EU countries which are taking a pro-Russian swerve. We are also seeing this in Bulgaria, in Hungary and in Slovakia, the EU diplomat told this website. Russian gas transit fees account for 7 percent of Slovakia&rsquo;s GDP, so there&rsquo;s no question of reverse flows, he added.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend le sens g\u00e9n\u00e9ral de ces confidences, qui viennent \u00e9videment de fonctionnaires de l&rsquo;UE. L&rsquo;institution, l&rsquo;UE, celle que nous nommions fauteur de guerre, est plus qu&rsquo;agac\u00e9e, elle est exasp\u00e9r\u00e9e par les divisions entre les \u00c9tats-membres, les int\u00e9r\u00eats oppos\u00e9s des uns et des autres, les conceptions divergentes, etc. L&rsquo;UE est une bureaucratie et rien d&rsquo;autre que l&rsquo;op\u00e9rationnel ne l&rsquo;int\u00e9resse, et pour elle, dans ce cas, l&rsquo;op\u00e9rationnel c&rsquo;est les sanctions. (On notera que cette bureaucratie, comme toute bureaucratie, est sp\u00e9cifique et totalement ignorante du reste de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas. Rien dans son raisonnement en faveur des sanctions antirusses ne prend en compte les questions de s\u00e9curit\u00e9, les rapports de force, les risques de conflits arm\u00e9s : sa responsabilit\u00e9 s&rsquo;arr\u00eate o\u00f9 commence son irresponsabilit\u00e9, selon une confidence de monsieur de La Palice, excellente source s&rsquo;il en est,  fauteur de guerre, l&rsquo;UE, mais pas du tout partante, et d&rsquo;ailleurs impuissante \u00e0 cet \u00e9gard, \u00e0 faire la guerre qu&rsquo;elle aurait suscit\u00e9e,  et plus encore qu&rsquo;encha\u00eenement, excellent amalgame de responsabilit\u00e9 et d&rsquo;irresponsabilit\u00e9&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, ou plut\u00f4t en sens oppos\u00e9, et montrant qu&rsquo;ainsi certains sont d\u00e9sormais tent\u00e9s de r\u00e9gler des comptes, on note que certains \u00c9tats-membres mettent sur la table la politique de l&rsquo;UE, et notamment, parlant de la s\u00e9quence en cours, la politique de l&rsquo;UE <strong>\u00e0 l&rsquo;origine<\/strong>, celle qui conduisit \u00e0 la proposition-ultimatum de Vilnius de la mi-novembre 2013 d\u00e9clenchant la phase pr\u00e9liminaire de la crise ukrainienne. A cette occasion, nous voici sur le chemin du r\u00e9tablissement de certaines v\u00e9rit\u00e9s un peu vite oubli\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur le chemin de reconna\u00eetre que c&rsquo;est l&rsquo;UE qui porte la responsabilit\u00e9 initiale de la crise, toujours pour la s\u00e9quence qui nous int\u00e9resse. Face \u00e0 cela, on note le ton exasp\u00e9r\u00e9 (bis) des sources de <em>EUObserver<\/em>, refl\u00e9tant le climat existant dans la bureaucratie bruxelloise, qui ne voit, elle, qu&rsquo;une chose (voir ci-dessus) : des sanctions, encore des sanctions, toujours des sanctions (contre la Russie), cela avec l&rsquo;appui enthousiaste de la clique dirigeante de Kiev,  bref, la caravane des irresponsables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dire que la crise ukrainienne est d\u00e9sormais en passe de devenir quasi op\u00e9rationnellement sinon officiellement une crise europ\u00e9enne, avec deux camps oppos\u00e9s, mais aussi des imbroglios incroyables \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ces deux camps ou entre eux (Bulgarie, Hongrie et Slovaquie, pays de l&rsquo;ex-bloc communiste braqu\u00e9 contre la Russie, pas du tout d&rsquo;accord lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit notamment des affaires gazi\u00e8res de durcir et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer les sanctions, mais plut\u00f4t recommandant au contraire de freiner). Ce qui est remarquable dans l&rsquo;\u00e9volution actuelle, c&rsquo;est le constat de deux divisions fondamentales,  m\u00eame si l&rsquo;une et l&rsquo;autre comportent des exceptions, qui, dans tous les cas, confirment les r\u00e8gles de ces divisions jusqu&rsquo;alors per\u00e7ues comme th\u00e9oriques et qui deviennent superbement op\u00e9rationnelles devant cette \u00e9norme crise ukrainienne&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;Europe unie dans le chef de ses \u00c9tats-membres ne peut l&rsquo;\u00eatre dans des moments paroxystiques et fondamentaux pour l&rsquo;Europe, comme celui que nous traversons, qui constitue la premi\u00e8re grande crise europ\u00e9enne pour l&rsquo;UE constitu\u00e9e en tant qu&rsquo;entit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Elle ne peut l&rsquo;\u00eatre parce que l&rsquo;entit\u00e9 cens\u00e9e la constituer, l&rsquo;UE, a absorb\u00e9 toute l&rsquo;Europe ex-communiste sans r\u00e9gler d&rsquo;une fa\u00e7on ferme, \u00e9quilibr\u00e9e et sans retour sa question russe,  <em>dito<\/em>, la question des rapports de l&rsquo;Europe avec la Russie, et notamment les questions essentielles de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Europe avec la Russie. L&rsquo;UE ne l&rsquo;a pas fait parce qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait ni les moyens, ni l&rsquo;autorisation, ni surtout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, ne consid\u00e9rant par ailleurs que l&rsquo;avantage courant pour une bureaucratie d&rsquo;une extension d&rsquo;elle-m\u00eame. L&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 l&rsquo;Europe ex-communiste a introduit un ferment d&rsquo;affrontement inexpiable avec la Russie, et il a \u00e9t\u00e9 fait pour s&rsquo;aligner sur l&rsquo;OTAN qui r\u00e9pondait elle-m\u00eame \u00e0 la pouss\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique des USA,  mais, plus encore que des USA, nous dirions la pouss\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique du Syst\u00e8me, tant les conditions de d\u00e9part qui conduisirent les USA \u00e0 orienter l&rsquo;OTAN vers l&rsquo;absorption de l&rsquo;Europe ex-communiste r\u00e9pondirent plus \u00e0 des pouss\u00e9es automatiques de l&rsquo;ordre du Syst\u00e8me en mode de surpuissance \u00e0 partir de circonstances chaotiques de d\u00e9part, qu&rsquo;\u00e0 des plans g\u00e9opolitiques. (Ces circonstances chaotiques de d\u00e9part, qui sont rarement rapport\u00e9es, tiennent de consid\u00e9rations de relations publiques de la part de l&rsquo;administration Clinton, voire de conditions simplement \u00e9lectorales comme l&rsquo;argument de l&rsquo;entr\u00e9e de la Pologne dans l&rsquo;OTAN, utilis\u00e9 par les d\u00e9mocrates US en 1993 aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 polonaise de la r\u00e9gion de Chicago dont elle risquait de perdre le soutien aux \u00e9lections <em>mid-term<\/em>.) Dans ces circonstances, il est in\u00e9vitable que l&rsquo;Europe unie ne peut l&rsquo;\u00eatre, tant les relations avec la Russie sont un point fondamental pour les Etats-membres ou les groupes d&rsquo;\u00c9tats-membres, et chacun avec des conceptions tr\u00e8s diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es, de ces relations. Cette division, dissimul\u00e9e dans le temps courant, devient une pression irr\u00e9sistible dans un temps crisique paroxystique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise ukrainienne d\u00e9montre les divergences fondamentales entre une bureaucratie comme celle de l&rsquo;UE, capable de ne produire qu&rsquo;une exigence de puissance aveugle sans la moindre pr\u00e9occupation de conceptualisation strat\u00e9gique, de finesse politique, sans aucun int\u00e9r\u00eat pour les dispositions d&rsquo;\u00e9quilibre et d&rsquo;harmonie, et les \u00c9tats-membres, qui r\u00e9pondent avec plus ou moins de brio et de lucidit\u00e9,  plut\u00f4t beaucoup moins aujourd&rsquo;hui,  \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats nationaux. Le pire, dans ce divorce que met en lumi\u00e8re la crise ukrainienne, est bien entendu que chacun des acteurs se d\u00e9charge sur l&rsquo;autre de ses obligations les plus d\u00e9licates et les moins avantageuses dans l&rsquo;imm\u00e9diat, aboutissant \u00e0 un chaos de politiques ch\u00e2tr\u00e9es, unilat\u00e9rales, improductives, provocatrices. Ainsi en est-il des \u00c9tats-membres, qui pensent \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats nationaux certes, mais beaucoup moins \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats de solidarit\u00e9 qu&rsquo;ils estiment couverts par l&rsquo;UE ; ainsi en est-il de l&rsquo;UE, qui ne songe qu&rsquo;\u00e0 ses int\u00e9r\u00eats de bureaucratie et ignore les sp\u00e9cificit\u00e9s des \u00c9tats-membres. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Ce qui nous conduit \u00e0 la question int\u00e9ressante de savoir vers o\u00f9 va nous mener la crise ukrainienne si elle se d\u00e9veloppe dans toute ses potentialit\u00e9s,  ou, plut\u00f4t, selon notre conviction prospective, <strong>quand<\/strong> cette crise se sera d\u00e9velopp\u00e9e dans toutes ses potentialit\u00e9s. Si le risque d&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Ukraine est tr\u00e8s r\u00e9el, si le risque de conflit avec la Russie l&rsquo;est \u00e9galement, le risque d&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Europe unie et de crise profonde de l&rsquo;UE ne l&rsquo;est pas moins. Mais, certes, cette sorte de prospective sp\u00e9cifique entre dans la prospective plus large de la crise d&rsquo;effondrement du r\u00e9gime,  et l&rsquo;on sait que nous faisons souvent l&rsquo;hypoth\u00e8se que la crise ukrainienne pourrait \u00eatre le d\u00e9tonateur de la phase ultime de cette crise d&rsquo;effondrement. Dans ce cas, la crise europ\u00e9enne n&rsquo;en serait qu&rsquo;une p\u00e9rip\u00e9tie parmi beaucoup d&rsquo;autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 8 avril 2014 \u00e0 13H52<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe unie contre l&rsquo;UE L&rsquo;avantage paradoxal de la crise ukrainienne, o\u00f9 l&rsquo;on nous annonce qu&rsquo;on se trouve plus que jamais au bord de la guerre civile ou d&rsquo;interventions ext\u00e9rieures avec les remous grandissants de l&rsquo;Ukraine russophone, c&rsquo;est de nous montrer le vrai visage de l&rsquo;Europe unie. 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