{"id":73856,"date":"2014-04-30T12:35:39","date_gmt":"2014-04-30T12:35:39","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/04\/30\/notes-sur-quelques-perspectives-ukrainiennes\/"},"modified":"2014-04-30T12:35:39","modified_gmt":"2014-04-30T12:35:39","slug":"notes-sur-quelques-perspectives-ukrainiennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/04\/30\/notes-sur-quelques-perspectives-ukrainiennes\/","title":{"rendered":"Notes sur quelques  perspectives ukrainiennes"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Notes sur quelques  perspectives ukrainiennes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t30 avril 2014  La crise ukrainienne continue \u00e0 se d\u00e9velopper sans que rien ne puisse sembler contrecarrer ce mouvement. Il y a une puissante logique dans le rangement et les corr\u00e9lations des divers \u00e9v\u00e9nements en cours, pour que cette crise \u00e9volue vers un paroxysme dont l&rsquo;issue aurait de fortes chances d&rsquo;\u00eatre absolument d\u00e9cisive pour la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me et de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne s&rsquo;agit certainement pas d&rsquo;une pr\u00e9vision, encore moins d&rsquo;une pr\u00e9diction, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;esprit ne peut rien construire de la sorte, l\u00e0 o\u00f9 il ne le peut moins que jamais. Disons qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une hypoth\u00e8se, qui a des chances (?) d&rsquo;\u00eatre d\u00e9mentie bien s\u00fbr, comme ce fut le cas dans des occurrences pr\u00e9c\u00e9dentes, mais qui pr\u00e9sente aussi une situation o\u00f9 les chances (?) d&rsquo;\u00eatre confirm\u00e9e ne sont d\u00e9sormais plus n\u00e9gligeables. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; On observera que l&#8217;emploi du mot chance dans l&rsquo;expression utilis\u00e9e \u00e0 deux reprises, avec guillemets et point d&rsquo;interrogation entre parenth\u00e8ses, est charg\u00e9 d&rsquo;une \u00e9trange ironie dont on ne sait dans quelle sens il faut la prendre,  signe du dilemme o\u00f9 est plac\u00e9e notre jugement : faut-il que cette crise poursuive sa voie catastrophique, parce qu&rsquo;elle mettrait en cause alors le Syst\u00e8me lui-m\u00eame, ou faut-il qu&rsquo;elle soit contenue, pour nous \u00e9viter d&rsquo;\u00e9ventuels prolongements catastrophiques, mais accordant alors un sursis au Syst\u00e8me ? Le dilemme est pos\u00e9 et il devrait \u00eatre dans tous les esprits, sans qu&rsquo;on puisse trancher avec s\u00fbret\u00e9,  un choix, dans ce cas, repr\u00e9sentant alors une audace de la pens\u00e9e particuli\u00e8rement lourde \u00e0 porter. (A certains moments, il nous arrive de penser que nous avons fait ce choix, \u00e0 d&rsquo;autres il nous arrive de constater que nous h\u00e9sitons encore&#8230; Faites votre choix.)<\/p>\n<h3>La v\u00e9rit\u00e9 de la situation nous presse<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour illustrer cette \u00e9volution de la situation ukrainienne telle que nous la percevons, nous mentionnerons plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Ce qui est remarquable dans cette \u00e9num\u00e9ration est que nous avons beaucoup moins \u00e0 faire le tri entre la presse-Syst\u00e8me qui a jusqu&rsquo;ici v\u00e9hicul\u00e9 aveugl\u00e9ment la <em>narrative<\/em> du Syst\u00e8me et les sources ind\u00e9pendantes et dissidentes tentant de donner un acc\u00e8s plus pr\u00e9cis et \u00e9clairant de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas une observation inint\u00e9ressante. L&rsquo;on sait que notre th\u00e8se est en g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;il y a, chez les complices du Syst\u00e8me et autres <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me bien plus de vuln\u00e9rabilit\u00e9 psychologique, de faiblesse, de l\u00e2chet\u00e9, d&rsquo;ignorance, d&rsquo;inculture, que de volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et consciente d&rsquo;agir comme ils font ; nous pensons m\u00eame que le second facteur,  volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et conscience,  est quasiment nul, et que ce que nous d\u00e9signons comme le Syst\u00e8me, ou le Mal si l&rsquo;on veut, agit par influence et proximit\u00e9, et n&rsquo;est nullement le fait m\u00eame de ces complices-acteurs-figurants, dans le chef de leur substance. Ainsi les m\u00eames qui font leur mission au service du Syst\u00e8me peuvent-ils, lorsque la situation y concourt, devenir soudainement des portevoix de faits antiSyst\u00e8me&#8230; C&rsquo;est alors un signe que cette v\u00e9rit\u00e9 de la situation s&rsquo;impose de plus en plus, m\u00eame \u00e0 eux, <em>sapiens-<\/em>-Syst\u00e8me de service.<\/p>\n<h3>Dissolution du pouvoir de Kiev<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici Mike Harding, du <em>Guardian<\/em>, ce <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/apr\/29\/kiev-losing-control-east-ukraine\" class=\"gen\">30 avril 2014<\/a>. On conna\u00eet notre appr\u00e9ciation, peu flatteuse, de Harding (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_guardian_et_snowden_la_vertu_pile_et_face_04_02_2014.html\" class=\"gen\">4 f\u00e9vrier 2014<\/a>). On doit observer aussi que, depuis quelques temps (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_trou_noir_du_monde_16_04_2014.html\" class=\"gen\">16 avril 2014<\/a>), Harding a modifi\u00e9 la tonalit\u00e9 de ses textes, notamment depuis qu&rsquo;il est en mission d&rsquo;enqu\u00eate et de reporteur dans la partie Est-Sud-Est de l&rsquo;Ukraine. Il d\u00e9crit dans cet article la compl\u00e8te dissolution de la loi et l&rsquo;ordre selon Kiev, avec les forces de l&rsquo;ordre locales prenant massivement le parti des pro-russes, avec en perspective, ici et l\u00e0, des r\u00e9f\u00e9rendums locaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ukraine&rsquo;s beleaguered government appeared to have lost control of law and order in the east of the country on Tuesday, after police again failed to stop a pro-Russian crowd from seizing a key administrative building. Some 3,000 activists  some in masks and military fatigues  stormed the regional government HQ in the eastern city of Luhansk. Police supposed to guard the building let the crowd inside. A pro-Russian militia had occupied the security service office in Luhansk, a town of 465,000, just 20 miles (32km) from the Russian border.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The unwillingness of security structures to defend public buildings from separatist occupation has been a theme in eastern Ukraine since early April. Supporters of the Donetsk People&rsquo;s Republic have taken over a string of city halls and police stations. An armed unit from Crimea  led by an alleged Russian colonel  has also established a de facto military capital in the town of Slavyansk.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But in recent days Kiev&rsquo;s tentative grip on local law enforcement in the east appears to have slipped completely. In Luhansk riot police stood passively in a courtyard, kettled in by separatists armed with bats and hammers. The regional leadership does not control its police force, Stanislav Rechynsky, an aide to the interior minister in Kiev, told Reuters. The local police did nothing.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La guerre civile pour le 26-27 mai<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCela n&#8217;emp\u00eache pas des perspectives d&rsquo;affrontements dans cette r\u00e9gion. Harding cite un activiste pro-russe, que nous ne conna\u00eetrons que comme Igor Vassilovitch, qui estime qu&rsquo;au moins la moiti\u00e9 de la police de Donetsk soutient activement le mouvement pro-russe. \u00ab<em>They understand that without Russia we can&rsquo;t live properly, he said. Igor admitted that not everybody in Donetsk  population one million  was an enthusiast for the new unelected republic. We&rsquo;re the active minority. We&rsquo;ll lead the passive majority, he said. But what if the republic didn&rsquo;t succeed? Then we&rsquo;ll start a partisan war, he replied&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes perspectives rejoignent celle d&rsquo;un expert russe, Dimitri Souslov, directeur adjoint des programmes de recherche au Conseil de la Politique Ext\u00e9rieure et de D\u00e9fense de Russie, parlant le <a href=\"http:\/\/en.ria.ru\/world\/20140429\/189459961\/OPINION-Civil-War-in-Ukraine-Could-Start-After-Presidential.html\" class=\"gen\">29 avril 2014<\/a> \u00e0 RIA Novosti : \u00ab<em>A civil war might kick off on May 26-27, as it is obvious that federalization supporters will not go anywhere and, apparently, will not be satisfied by some superficial amendments to the Ukrainian constitution, which will not introduce any essential changes, changes to the basis of domestic relations in Ukraine&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les sanctions et leur rapide sur-place<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question des sanctions constitue un autre front tr\u00e8s important. Un deuxi\u00e8me pas vient d&rsquo;\u00eatre franchi, avec de nouvelles sanctions prises par les USA puis par l&rsquo;Europe, mais qui en restent toujours \u00e0 des mesures individuelles (notamment contre les oligarques richissimes). D\u00e9j\u00e0, dans cette deuxi\u00e8me phase, les Europ\u00e9ens ont marqu\u00e9 un temps d&rsquo;h\u00e9sitation par rapport au maximalisme US, tout cela pourtant contenu dans les bornes qui restent en-de\u00e7a du <em>casus belli<\/em> du domaine des sanctions ; lequel, on le sait, implique les sanctions d&rsquo;ordre \u00e9conomiques. Le bloc BAO, surtout les Europ\u00e9ens, esp\u00e8rent obtenir des r\u00e9sultats avec ce deuxi\u00e8me train de sanctions,  un recul de Poutine, certes,  mais l&rsquo;espoir para\u00eet t\u00e9nu. Ian Tr\u00e9nor, du <em>Guardian<\/em>, explique la chose, le <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/apr\/28\/divisions-europe-sanctions-russia-ukraine-vladimir-putin\" class=\"gen\">28 avril 2014<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The hope in Washington and European capitals is that Russia&rsquo;s nouveaux riches, seeing part of their fortunes melt away, will turn on the Kremlin and temper Putin&rsquo;s new nationalism. The sanctions are having an effect, the west insists. Putin will be forced to think again.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But Putin put Russia&rsquo;s richest oligarch, Mikhail Khodorkovsky, in jail, and confiscated the assets of Boris Berezovsky and sent him fleeing to London. Loyal oligarchs are rewarded, the disloyal are punished and their wealth expropriated. It&rsquo;s an old tune in Russia  sacrifice in the name of the national interest  and Putin knows how to whistle. There is little to suggest the two stages of western sanctions against Russia already being implemented will change Putin&rsquo;s ways.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le <em>casus belli<\/em> qui menace l&rsquo;Europe <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>casus belli<\/em> (guerre du point de vue \u00e9conomique,  certes), ce sont donc les sanctions \u00e9conomiques. En Europe, cette perspective est effrayante. Dans le m\u00eame article, Traynor nous explique la chose d&rsquo;une fa\u00e7on assez d\u00e9taill\u00e9e. Il montre combien ces perspectives de sanctions sont rest\u00e9es jusqu&rsquo;ici \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de menaces tr\u00e8s th\u00e9oriques, et qu&rsquo;on ne cesse d&rsquo;en reculer l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance, de r\u00e9unions de pr\u00e9paration en r\u00e9unions de pr\u00e9paration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;explication est \u00e9vidente, mais elle n&rsquo;en est pas moins extr\u00eamement pr\u00e9occupante puisque, par ailleurs, la situation ne s&rsquo;am\u00e9liore pas, que la crise continue, se poursuit, s&rsquo;aggrave, etc., avec l&rsquo;Europe, partie du bloc BAO entra\u00een\u00e9e par la fine politique-Syst\u00e8me de l&rsquo;extr\u00e9misme, de l&rsquo;ultimatum, de la menace de la force comme moyens d&rsquo;action diplomatique. La situation que nous d\u00e9crit Traynor laisse l&rsquo;esprit vagabonder sur ce que pourraient \u00eatre les risques d&rsquo;une division, voire d&rsquo;un \u00e9clatement de l&rsquo;Europe si, en cas de situations encore aggrav\u00e9es, il fallait effectivement passer \u00e0 l&rsquo;acte&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Tier Three sanctions are a different story. For more than a month, the US and Europe have been threatening sectoral sanctions on trade, energy, finance, and military equipment.<\/em> [&#8230;] <em>It&rsquo;s a little bit like nuclear deterrence, said a senior EU official. Economic sanctions are best when they are not used. So the Europeans have come up with a policy of inaction designed to look like action  lots of activity and no decisions. The sanctions are always being prepared.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The British authorities well know the impact of serious financial sanctions on the City of London, just as Paris is aware of the effect on defence contracts and the Germans are acutely conscious of the costs to their car exporters and energy giants. But they ask the European commission to study the sanctions fallout, to report to the sherpas serving prime ministers, presidents, and chancellors, who then come back to the commission with further recommendations aimed at delaying rather than expediting action and decisions.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The Russians know this. Besides, Putin is a risk-taker. Obama, Merkel and Hollande are risk-averse leaders. The Europeans, with 12 times more trade and investment at stake than the Americans and, unlike the US, quite dependent on Siberian energy supplies, resent the pressure from Washington to get tougher. They are deeply divided, between eastern and western Europe but also within those two camps. The Poles and the three Baltic states are the hawks, while Hungary, Slovakia and Bulgaria are more understanding of the Russian position. In western Europe, Britain tends to the side with the east European hawks, while Berlin is determined not to close off dialogue with the Kremlin. Italy, Spain, Greece and Greek Cyprus are against punishing Russia.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If the sectoral sanctions were imposed, there would be bloodletting within Europe about who was and who was not bearing the burden. The Russians are skilled at dividing the Europeans. But in this case, they don&rsquo;t need to try very hard&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>John Kerry nous fascine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAutour de ces conditions extr\u00eamement pr\u00e9caires et dangereuses, le bloc BAO, et particuli\u00e8rement les USA adeptes et sp\u00e9cialistes du genre, ne cessent de hausser la rh\u00e9torique, de la faire toujours plus extr\u00eame. C&rsquo;est le cas de John Kerry, qui se fait une gloire de n&rsquo;en pas rater une seule. Kerry a donc trac\u00e9 sa ligne rouge, comme avait fait Obama avec la Syrie et l&rsquo;armement chimique, avec, en septembre 2013, le triomphe diplomatique et de communication qu&rsquo;on sait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa psychologie US est fascinante, tant elle nous para\u00eet elle-m\u00eame fascin\u00e9e par l&rsquo;invisible attirance de toujours recommencer les m\u00eames sottises, les m\u00eames triviales erreurs, les m\u00eames catastrophiques envol\u00e9es dialectiques qui enferment ses auteurs dans des engagements catastrophiques ; bref, il y a des fascinations qui fascinent, et celle qu&rsquo;on doit entretenir pour l&rsquo;idiotie fascin\u00e9e, ainsi \u00e9tal\u00e9e d&rsquo;une mani\u00e8re si bombastique, doit susciter tout notre attendrissement&#8230; Ainsi en est-il de John Kerry, l&rsquo;homme qui avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la gloire de l&rsquo;am\u00e9ricanisme parce qu&rsquo;on y trouve, parmi les droits fondamentaux, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kerry_erdogan_le_sionisme_et_le_droit_d_tre_stupide__02_03_2013.html\" class=\"gen\">droit d&rsquo;\u00eatre stupide<\/a>&#8230;  Ainsi John Kerry a-t-il annonc\u00e9 solennellement, dans un discours hier \u00e0 Washington que pas un pouce (sorte de centim\u00e8tre carr\u00e9, mais en un peu plus vaste, l&rsquo;am\u00e9ricanisme \u00e9tant toujours plus que le reste),  pas un pouce des territoires des pays de l&rsquo;OTAN ne sera viol\u00e9, qui n&rsquo;entra\u00eenera aussit\u00f4t l&rsquo;intervention massive de toute la redoutable puissance am\u00e9ricaniste. <em>Dear<\/em> John Kerry, l&rsquo;histoire, et m\u00eame la m\u00e9tahistoire si elle a des loisirs, se souviendront de cette belle promesse lorsqu&rsquo;un garde-fronti\u00e8re russe mettra un pied sur le territoire sacr\u00e9 de la Lituanie&#8230; Le peuple am\u00e9ricain, lui qui est si port\u00e9 sur l&rsquo;interventionnisme ces derniers temps, appr\u00e9ciera, le temps de localiser la Lettonie sur la carte du vaste monde<\/p>\n<h3>La ligne rouge de John Kerry, l&rsquo;<em>inch<\/em> pr\u00e8s<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn nous pardonnera d&rsquo;avoir fait le choix que nous avons fait ; pour permettre une tournure de langage, en choisissant entre deux interpr\u00e9tations, celle de <em>Antiwar.com<\/em> le <a href=\"\/%E2%80%AAhttp:\/\/news.antiwar.com\/2014\/04\/29\/kerry-us-military-will-defend-every-inch-of-nato-territory\/%E2%80%AC%E2%80%AC\" class=\"gen\">29 avril 2014<\/a> (\u00ab<em>US Military Will Defend Every<\/em> <strong><em>Inch<\/em><\/strong> <em>of NATO Territory<\/em>\u00bb) et celle de Reuters le <a href=\"https:\/\/news.yahoo.com\/kerry-says-nato-territory-inviolable-defend-every-inch-180908272.html\" class=\"gen\">29 avril 2014<\/a> (\u00ab<em> We will defend every single<\/em> <strong><em>piece&#8230;<\/em><\/strong>\u00bb),  en choisissant donc la premi\u00e8re. Quoi qu&rsquo;il en soit, voici quelques citations de cette martiale intervention, donn\u00e9e par Reuters,  ou la ligne rouge, \u00e0 l&rsquo;<em>inch<\/em> pr\u00e8s, de John Kerry, secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Today Russia seeks to change the security landscape of Eastern and Central Europe, Kerry said in a speech in Washington referring to Russia&rsquo;s occupation of Crimea and the threat it posed to eastern Ukraine. Whatever path Russia chooses, the United States and our allies will stand together in our defense of Ukraine, Kerry said. And most important, together we have to make it absolutely clear to the Kremlin that NATO territory is inviolable. We will defend every single piece of it, he added.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a call to NATO members, Kerry said unity was vital and members&rsquo; defense budgets could not be allowed to shrink. Together we have to push back against those who want to change sovereign borders by force, Kerry said. We find ourselves in a defining moment for our trans-Atlantic alliance; Our strength will come from our unity, he said. This moment is about more than just ourselves &#8211; the fact is that our entire model for global leadership is at stake.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Ecoutez donc Stephen F. Cohen<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Mais pour prendre la pleine mesure de la dimension de la crise ukrainienne, de l&rsquo;aveuglement de la plupart des acteurs-devenus-figurants, de l&rsquo;\u00e9trange folie qui semble donner sa dynamique \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, il est recommand\u00e9 de consacrer une vingtaine de minutes \u00e0 la vid\u00e9o de l&rsquo;\u00e9mission <em>CrossTalk<\/em> de Peter Lavelle, de <em>Russia Today<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/shows\/crosstalk\/155288-containment-policy-cold-war\/\" class=\"gen\">28 avril 2014<\/a>, \u00e9mission sous le titre <em>Containment 2.0<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes deux invit\u00e9s de Peter Lavelle sont les professeurs Stephen F. Cohen et John Mearsheimer, des universit\u00e9s de New York et de Chicago respectivement. Cette interview crois\u00e9e est un r\u00e9gal pour l&rsquo;esprit, lorsqu&rsquo;on sort de la m\u00e9lasse \u00e9pouvantable qui constitue le menu permanent des manifestations de communication des directions politiques, commentateurs &#038; Cie du bloc BAO. Avec les deux universitaires, on analyse respectivement les v\u00e9ritables responsabilit\u00e9s de la crise ukrainienne (les ann\u00e9es 1990, l&rsquo;expansion de l&rsquo;OTAN lanc\u00e9e au m\u00e9pris de tous les engagements donn\u00e9s \u00e0 Gorbatchev, etc.), les risques r\u00e9els de la crise (l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire), l&rsquo;\u00e9trange comportement des \u00c9tats-Unis (cette nation indispensable qui consid\u00e8re que tous les pays du monde doivent accueillir avec reconnaissance ses pouss\u00e9es expansionnistes am\u00e9ricanistes en toute <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_snowden_l_ukraine_de_l_inculpabilit_l_ind_fectibilit__26_03_2014.html\" class=\"gen\">inculpabilit\u00e9<\/a>, qui ne peuvent \u00eatre que vertueuses, et au b\u00e9n\u00e9fice du pays ainsi contraint par l&rsquo;expansion, tout cela \u00e0 commencer par la Russie). Le brio de Stephen F. Cohen, le meilleur sp\u00e9cialiste de la Russie aux USA, tenu dans une sorte de <em>containment<\/em> m\u00e9diatique aux USA, regard\u00e9 comme une sorte d&rsquo;\u00e9trange ph\u00e9nom\u00e8ne pour n&rsquo;avoir pas le discours-Syst\u00e8me conforme,  ce brio est absolument r\u00e9confortant. L&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re de Cohen l&rsquo;est peut-\u00eatre moins, r\u00e9confortante, mais elle a au moins la vertu ironique de la lucidit\u00e9 : \u00e0 la question de Lavelle de savoir ce que les historiens penseront plus tard de cette p\u00e9riode, Cohen commence par r\u00e9pondre s&rsquo;il y a des historiens,  car avec les perspectives de cette crise, notamment les perspectives de risques d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire, quelle place restera-t-il encore pour des historiens ? Cohen est certainement l&rsquo;un des intellectuels, et l&rsquo;un des experts les plus inquiets, et les mieux pr\u00e9venus \u00e9videmment, \u00e0 propos de ce risque d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire qui continue \u00e0 \u00eatre extraordinairement ignor\u00e9 par les dirigeants politiques et les experts de tous poils du bloc BAO.<\/p>\n<h3>Les faits en temps historique r\u00e9el<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 donc quelques \u00e9l\u00e9ments du courant de la crise ukrainienne. Ils ne contredisent certainement pas l&rsquo;observation qu&rsquo;on a faite plus haut que, certes, la crise ukrainienne continue \u00e0 se d\u00e9velopper sans que rien ne puisse sembler contrecarrer ce mouvement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour notre conclusion, nous allons rapidement exposer cette id\u00e9e, par ailleurs \u00e9vidente et en apparence des plus triviales, en tentant une fois de plus de l&rsquo;\u00e9lever selon nos conceptions g\u00e9n\u00e9rales. La r\u00e9gularit\u00e9 et le rythme du mouvement de cette crise semblent \u00e9galement puissants, et ce mouvement semble, comme nous le r\u00e9p\u00e9tons souvent, d&rsquo;une nature quasiment autonome. Rien, aucun enseignement, aucune r\u00e9flexion, aucune \u00e9vidence de bon sens ne semble pouvoir, non seulement l&rsquo;arr\u00eater, mais m\u00eame le freiner. C&rsquo;est bien en cela qu&rsquo;il nous semble acceptable, sinon logique, d&rsquo;avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;autonomie quasi extrahumaine du mouvement de cette crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe dernier fait est pratiquement impressionnant en ce moment, en ce sens qu&rsquo;il se d\u00e9veloppe sous nos yeux, presque heure par heure, comme l&rsquo;on dirait en temps historique r\u00e9el. Ainsi, le temps historique, qui est en pleine contraction et en pleine acc\u00e9l\u00e9ration, semble-t-il se mettre directement au service d&rsquo;une dimension m\u00e9tahistorique qui est le caract\u00e8re principal de ce mouvement autonome signal\u00e9 plus haut, pour un but dont nous devinons, et pouvons faire l&rsquo;hypoth\u00e8se, qu&rsquo;il n&rsquo;a justement rien de pr\u00e9cis ni d&rsquo;essentiel \u00e0 voir avec l&rsquo;Ukraine, et tout avec une \u00e9volution fondamentale du Syst\u00e8me o\u00f9 la crise ukrainienne jouerait le r\u00f4le de d\u00e9tonateur et de moteur du mouvement m\u00e9tahistorique g\u00e9n\u00e9ral de la phase en cours. Nous nous trouvons en plein ph\u00e9nom\u00e8ne o\u00f9 le fait op\u00e9rationnel promis \u00e0 devenir le fait historique le plus trivial, semble \u00e9chapper \u00e0 ce destin assez quelconque pour acqu\u00e9rir aussit\u00f4t qu&rsquo;il est produit une dimension m\u00e9tahistorique qui trouve sa place dans un rangement g\u00e9n\u00e9ral sup\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>Conclusion m\u00e9tahistorique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous semble particuli\u00e8rement impressionnant, \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;hypoth\u00e8se que nous d\u00e9veloppons ici, c&rsquo;est bien cette id\u00e9e de ce que nous nommerions par cons\u00e9quent temps historique r\u00e9el, passant directement au service de la m\u00e9tahistoire, sans interm\u00e9diaire, sans temps ni espace de transmutation. Nous tendons \u00e0 proposer ce terme de m\u00e9tahistoire plut\u00f4t que le terme, qu&rsquo;on pourrait \u00e9galement proposer, de m\u00e9tapolitique, pour tenter de montrer cette autre id\u00e9e qu&rsquo;en cette circonstance, et dans tous les cas pour la s\u00e9quence pr\u00e9sente d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, la substance des \u00e9v\u00e9nements est plut\u00f4t directement de type historique (c&rsquo;est-\u00e0-dire accomplie et achev\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire historique, avant m\u00eame qu&rsquo;on puisse intervenir dans la manufacture de ces \u00e9v\u00e9nements) que de type politique (avec possibilit\u00e9 d&rsquo;intervention dans leur manufacture avant que les faits en question soient accomplis et ne deviennent historiques). En d&rsquo;autres mots, et pour revenir au niveau trivial du <em>sapiens<\/em>, et ainsi mesurer d&rsquo;autant mieux les caract\u00e8res dont nous parlons, tout se passe comme si tous les acteurs du drame n&rsquo;\u00e9taient vraiment que des figurants, fix\u00e9s faisant partie du d\u00e9cor, sans aucun pouvoir de changer la course des choses ; et pour certains d&rsquo;entre eux, les plus sensibles \u00e0 une \u00e9ventuelle perception intuitive des choses et ainsi avertis de la puissance et de l&rsquo;originalit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne, \u00e9galement spectateurs attentifs de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, pour mieux tenter de comprendre ce qui est en train de se d\u00e9rouler sous leurs yeux et hors de leurs capacit\u00e9s de contr\u00f4le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, cette \u00e9bauche de r\u00e9flexion suivant d&rsquo;autres du m\u00eame type est, de notre part, le produit d&rsquo;une approche intuitive des \u00e9v\u00e9nements que nous observons. A un moment ou l&rsquo;autre, nous devrons tenter de nous montrer plus pr\u00e9cis dans la conception que nous tentons d&rsquo;exposer, de ce qui appara\u00eet \u00e0 premi\u00e8re vue un m\u00e9canisme, mais qui ne peut \u00eatre finalement qu&rsquo;un aspect, l&rsquo;aspect dynamique certes, d&rsquo;un dessein fondamental qui ne peut \u00e9videmment \u00eatre que m\u00e9tahistorique.  <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur quelques perspectives ukrainiennes 30 avril 2014 La crise ukrainienne continue \u00e0 se d\u00e9velopper sans que rien ne puisse sembler contrecarrer ce mouvement. Il y a une puissante logique dans le rangement et les corr\u00e9lations des divers \u00e9v\u00e9nements en cours, pour que cette crise \u00e9volue vers un paroxysme dont l&rsquo;issue aurait de fortes chances&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[4646,2880,3089,15778,2645,4574,855,12764,9187,3018,3812,3004,15777,8166,1296],"class_list":["post-73856","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-antisysteme","tag-civile","tag-cohen","tag-crosstalks","tag-guerre","tag-harding","tag-kerry","tag-lavelle","tag-metahistorique","tag-metapolitique","tag-mike","tag-nucleaire","tag-pro-russe","tag-stephen","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73856"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73856\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}