{"id":73874,"date":"2014-05-14T03:22:43","date_gmt":"2014-05-14T03:22:43","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/05\/14\/que-peut-faire-liran-de-la-sublime-paralysie-bao\/"},"modified":"2014-05-14T03:22:43","modified_gmt":"2014-05-14T03:22:43","slug":"que-peut-faire-liran-de-la-sublime-paralysie-bao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/05\/14\/que-peut-faire-liran-de-la-sublime-paralysie-bao\/","title":{"rendered":"Que peut faire l&rsquo;Iran de la sublime paralysie BAO ?"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Que peut faire l&rsquo;Iran de la sublime paralysie BAO ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa sublime paralysie BAO, c&rsquo;est comme une vague \u00e9norme et paradoxalement immobile d&rsquo;un <em>tsunami<\/em> politique qui affecte toutes les affaires sensibles du monde, transmut\u00e9es aussit\u00f4t dans des crises structurelles, elles aussi fig\u00e9es dans l&rsquo;immobilit\u00e9. Ainsi en est-il des effets de ce qui est devenu la politique du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\" class=\"gen\">bloc BAO<\/a>, que nous d\u00e9signons d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et explicit\u00e9e dans notre <em>Glossaire.dde<\/em> (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">17 novembre 2012<\/a>) comme la politique-Syst\u00e8me, dans cette s\u00e9quence historique commenc\u00e9e le 11 septembre 2001 et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par la crise g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;automne 2008. Les crises sp\u00e9cifiques, r\u00e9gionales, etc., g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par ces grands \u00e9v\u00e9nements, sous forme de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_chaine_crisique_ddecrisis_02_04_2011.html\" class=\"gen\">cha\u00eenes crisiques<\/a> et d&rsquo; <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_notre_kosmos_crisique__27_03_2013.html\" class=\"gen\">infrastructure<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\" class=\"gen\">crisique<\/a>, se caract\u00e9risent effectivement par une non moins paradoxale paralysie, une quasi-impossibilit\u00e9 ontologique d&rsquo;\u00eatre r\u00e9solues. Ainsi en est-il de la crise iranienne, qui est en fait une crise des relations entre le bloc BAO et l&rsquo;Iran, qui a dur\u00e9 dans sa phase active quasiment une d\u00e9cennie, ponctu\u00e9e par des menaces d&rsquo;attaque-surprise d&rsquo;an\u00e9antissement (de l&rsquo;Iran), une accumulation de sanctions diverses et des promesses de restauration de ces m\u00eames relations,  sans que rien ne bouge d\u00e9cisivement, sans que rien ne se fasse vraiment. Dans ce cas iranien, des pressions nouvelles (celle de la crise syrienne notamment) et des changements politiques \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran ont conduit \u00e0 une phase \u00e9volutive des n\u00e9gociations avec un premier accord partiel. Mais c&rsquo;est surtout la crise ukrainienne qui a supplant\u00e9 d\u00e9cisivement dans le syst\u00e8me de la communication toutes les crises de la phase pr\u00e9c\u00e9dente (crise iranienne, crise syrienne), r\u00e9orientant d\u00e9cisivement l&rsquo;activisme de la politique-Syst\u00e8me et mettant le cas iranien hors des priorit\u00e9s du bloc BAO. De ce fait, l&rsquo;Iran se retrouve devant des opportunit\u00e9s nouvelles, au-del\u00e0 m\u00eame du simple fait des n\u00e9gociations dans la phase o\u00f9 elles se trouvent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSimon Tisdall, du <em>Guardian<\/em>, nous en informe \u00e0 partir de T\u00e9h\u00e9ran, le <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/may\/11\/sanctions-against-russia-boost-iran-standing-nucleart-talks-resume\" class=\"gen\">12 mai 2014<\/a>, d&rsquo;o\u00f9 il nous rapporte le sentiment des dirigeants iraniens \u00e0 la lumi\u00e8re de la crise ukrainienne. Selon notre sentiment, il y a un affaiblissement consid\u00e9rable de la position du bloc BAO &#038; consorts dans les n\u00e9gociations avec l&rsquo;Iran, <strong>\u00e0 cause de la crise ukrainienne<\/strong> qui r\u00e9duit consid\u00e9rablement les pressions de la politique-Syst\u00e8me contre l&rsquo;Iran. Ce sentiment des dirigeants iraniens, percevant le renforcement soudain de leur position, se r\u00e9sume \u00e0 une alternative : ou bien les pays du bloc BAO font rapidement progresser le dossier iranien pour le boucler, \u00e0 la satisfaction de l&rsquo;Iran, pour r\u00e9tablir l&rsquo;Iran dans sa position de producteur d&rsquo;\u00e9nergie de plein droit, pour trouver une source alternative d&rsquo;\u00e9nergie et tenter de d\u00e9pendre un peu moins des Russes ; ou bien rien de la sorte de ne passe et les Iraniens saisissent la main tendue, nous dirions <em>de facto<\/em>, de la Russie, se rapprochent de se pays, forgent avec lui une sorte d&rsquo;entente conjoncturelle appuy\u00e9e qui se marquera dans divers domaines, qui orientera l&rsquo;Iran vers d&rsquo;autres voies et d&rsquo;autres proximit\u00e9s&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Ukraine crisis has strengthened Iran&rsquo;s hand in its nuclear talks and other dealings with the west by reminding European countries and the Obama administration of its potential as a major alternative energy supplier if Russia cannot be relied upon, officials and analysts in Tehran say. But even as it attempts to play the Russia card, the government of President Hassan Rouhani is simultaneously stressing closer bilateral ties with Vladimir Putin&rsquo;s Kremlin as a means of mitigating the impact of US, EU and UN economic sanctions, imposed in the still-unresolved row over Iran&rsquo;s nuclear programme.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The western countries are imposing sanctions on Russia<\/em> [<em>after its annexation of Crimea<\/em>]. <em>Now Russia is the bad guy,\u00a0\u00bb said Amir Mohebbian, a government adviser. This has made the situation better for Iran&rsquo;s nuclear negotiators. Time is on our side. If we sit here long enough, it will all come to Iran.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It was not for Iran to say who was right or wrong in Ukraine, said Mohammad Marandi, an international relations expert at Tehran University. But of course if Iran is no longer under sanctions, the Europeans would have many more choices regarding energy. At the same time, if the sanctions continue, Rouhani may move closer to Russia and China.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTisdall d\u00e9taille les avantages \u00e9vidents, les opportunit\u00e9s, etc., qui marquent les deux c\u00f4t\u00e9s,  Iran et bloc BAO,  si une entente peut se faire sur la question du nucl\u00e9aire et permettre la r\u00e9ouverture du jeu pour l&rsquo;Iran, dans le domaine des relations commerciales, et surtout les questions de commerce de l&rsquo;\u00e9nergie. Et puis, il y a l&rsquo;autre terme de l&rsquo;alternative. Le pr\u00e9sident iranien Rouhani en a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Speaking last month as the Ukraine crisis intensified, Rouhani went out of his way to praise Russia. Strong political ties in bilateral, regional and international domains, along with vast economic relations between the two countries, set the stage for the promotion of peace and stability, he said. Rouhani&rsquo;s message to the west was plain: if there is no deal to end sanctions, Iran has strategic alternatives that the US, Britain and others may find unpalatable.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Western analysts worry the Iran-Russia relationship may expand into the security sphere. Concern centres on the sale of Russian advanced S-300 advanced anti-missile defence systems, which would provide Iran with state-of-the-art protection in the event of a hypothetical Israeli or American attack&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout le sel du jeu, bien entendu, est que l&rsquo;avancement final des n\u00e9gociations d\u00e9pend \u00e9galement de la Russie, puisqu&rsquo;on sait le r\u00f4le constructif qu&rsquo;a jou\u00e9 la Russie dans le jeu des P 5+1 et que l&rsquo;on ignore si la Russie voudra continuer dans cette voie, ou bien choisir la voie contraire&#8230; La lev\u00e9e effective des sanctions (si m\u00eame un accord est atteint) d\u00e9pend, elle, en bonne partie, de l&rsquo;humeur fantasque du Congr\u00e8s US, d&rsquo;un lobbying pro-isra\u00e9lien en pleine crise (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kagan_neocons_aipac_isra_l_gypte_d_sordre_d_sordre_05_05_2014.html\" class=\"gen\">5 mai 2014<\/a>), et \u00e9galement d&rsquo;un Netanyahou de plus en plus isol\u00e9 et qui s&rsquo;accroche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment au spectre de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire iranienne. Cela fait beaucoup de variables insaisissables et de temp\u00e9rament en g\u00e9n\u00e9ral hyst\u00e9rique, avec en prime un pouvoir washingtonien en constante dissolution, parfaitement repr\u00e9sent\u00e9 par l&rsquo;impuissance compl\u00e8te de l&rsquo;homme le plus puissant du monde (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_et_le_pouvoir_une_nigme_enrob_e_de_myst_re__10_05_2014.html\" class=\"gen\">10 mai 2014<\/a>). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, les Europ\u00e9ens sont tous plus ou moins pour la lev\u00e9e effective et op\u00e9rationnelle des sanctions sans autre restriction, et cela encore plus \u00e0 cause de la crise ukrainienne (voir ci-dessus) ; mais sans doute devraient-ils faire montre de leur prudence proverbiale avant d&rsquo;envisager de s&rsquo;exprimer pleinement dans ce sens, c&rsquo;est-\u00e0-dire y regarder \u00e0 deux fois avant de quitter compl\u00e8tement leur posture extr\u00e9miste,  car le bon sens et l&rsquo;\u00e9vidence sont bien souvent d&rsquo;effrayantes perspectives pour nos grands esprits postmodernes. Il est assur\u00e9 qu&rsquo;une perspective de l&rsquo;Europe rompant la solidarit\u00e9 du bloc BAO pour s&rsquo;ouvrir compl\u00e8tement et sans restrictions \u00e0 l&rsquo;Iran se heurterait aussit\u00f4t \u00e0 une f\u00e9roce campagne de ces m\u00eames forces hyst\u00e9riques qui r\u00e8gnent \u00e0 Washington, et qui conduisent \u00e0 la durabilit\u00e9 presque infinie de la stagnation extr\u00e9miste de la politique-Syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;encontre de l&rsquo;Iran, m\u00eame lorsque ce qu&rsquo;on juge \u00eatre des perc\u00e9es diplomatiques (comme celle des n\u00e9gociation avec un premier accord) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Bref, nous sommes pr\u00eats \u00e0 croire que la lev\u00e9e finale des sanctions iraniennes dans le chef du bloc BAO, avec la restauration des liens avec l&rsquo;Iran et la r\u00e9int\u00e9gration de l&rsquo;Iran dans la communaut\u00e9 internationale (tous ces termes entre guillemets repr\u00e9sentant des situations de communication exprim\u00e9es par le bloc BAO totalement faussaires), constituent un train de mesures tellement justifi\u00e9, tellement \u00e9vident, tellement n\u00e9cessaire (pour le bloc BAO lui-m\u00eame d&rsquo;ailleurs), qu&rsquo;il ne sera certainement pas autoris\u00e9 \u00e0 quitter la grande gare de triage (les n\u00e9gociations en cours) o\u00f9 il est maintenu en attente. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il nous semble absurde d&rsquo;attendre un acte collectif, constructif et raisonnable, de grande ampleur et v\u00e9ritablement structur\u00e9, de la part d&rsquo;un bloc BAO paralys\u00e9 par la surpuissance extr\u00e9miste et l&rsquo;inaptitude au compromis qu&rsquo;exsude le Syst\u00e8me dont il d\u00e9pend. Cela signifie encore qu&rsquo;entre les deux termes de l&rsquo;alternative \u00e9voqu\u00e9e, il nous semble raisonnable de proposer la perspective d&rsquo;un rapprochement avec la Russie comme une tr\u00e8s forte probabilit\u00e9. Cela impliquerait effectivement une relance des fournitures d&rsquo;armements russes \u00e0 l&rsquo;Iran mentionn\u00e9e par Tisdall comme mesure spectaculaire qui serait aussit\u00f4t mise en \u00e9vidence, alimentant \u00e9videmment la panique chronique des experts du bloc (bien entendu, la citation des S-300 est bienvenue, tant le mythe construit autour de ce syst\u00e8me est devenu un classique du genre). D&rsquo;autres initiatives seraient bien entendu envisageables, outre l&rsquo;\u00e9vidente acc\u00e9l\u00e9ration des relations \u00e9conomiques de l&rsquo;Iran avec la Russie et tout ce qui n&rsquo;est pas partie prenante du bloc BAO (les BRICS notamment). On pourrait ainsi envisager la concr\u00e9tisation des liens avec l&rsquo;Organisation de Coop\u00e9ration de Shanghai, \u00e0 la r\u00e9union de laquelle l&rsquo;Iran est depuis plusieurs ann\u00e9es pr\u00e9sent comme pays observateur invit\u00e9. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, nous croyons que la phase actuelle d&rsquo;une sorte de freinage structurel de la dynamique existante dans les n\u00e9gociations avec l&rsquo;Iran depuis l&rsquo;automne dernier, freinage \u00e0 cause de la crise ukrainienne, d\u00e9bouchera sur une prise de position explicite de l&rsquo;Iran dans cette crise, en faveur de la Russie, une confirmation du tournant de l&rsquo;Iran vers le monde non-BAO et par cons\u00e9quent l&rsquo;opportunit\u00e9 rat\u00e9e pour le bloc BAO d&rsquo;un r\u00e9tablissement de relations normales avec l&rsquo;Iran. Il y a dans tout cela, selon nous, l&rsquo;implacable logique d\u00e9structurante et dissolvante de la politique-Syst\u00e8me, de plus en plus marqu\u00e9e par la transmutation de sa dynamique de surpuissance en dynamique d&rsquo;autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 14 mai 2014 \u00e0 03H21<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que peut faire l&rsquo;Iran de la sublime paralysie BAO ? La sublime paralysie BAO, c&rsquo;est comme une vague \u00e9norme et paradoxalement immobile d&rsquo;un tsunami politique qui affecte toutes les affaires sensibles du monde, transmut\u00e9es aussit\u00f4t dans des crises structurelles, elles aussi fig\u00e9es dans l&rsquo;immobilit\u00e9. 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