{"id":73899,"date":"2011-07-14T11:07:33","date_gmt":"2011-07-14T11:07:33","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/07\/14\/la-dette-et-le-gop-et-bho-qui-sort-de-ses-gonds\/"},"modified":"2011-07-14T11:07:33","modified_gmt":"2011-07-14T11:07:33","slug":"la-dette-et-le-gop-et-bho-qui-sort-de-ses-gonds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/07\/14\/la-dette-et-le-gop-et-bho-qui-sort-de-ses-gonds\/","title":{"rendered":"La dette et le GOP, \u2013 et BHO qui sort de ses gonds"},"content":{"rendered":"<p><p>Eric, je ne bluffe pas, a dit le pr\u00e9sident des Etats-Unis \u00e0 Eric Cantor, chef de la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine \u00e0 la Chambre, en annon\u00e7ant qu&rsquo;il posait clairement un ultimatum \u00e0 ses interlocuteurs, alors qu&rsquo;il quittait les n\u00e9gociations \u00e0 propos du rel\u00e8vement du plafond de la dette, en cours entre lui-m\u00eame et le GOP (<em>Great Old Party<\/em>, ou parti r\u00e9publicain). Occasion extr\u00eamement rare, celle de voir BHO perdre son sang-froid et sortir de ses gonds,  selon l&rsquo;interpr\u00e9tation des \u00e9lus r\u00e9publicains. Le service com&rsquo; de la Maison-Blanche a rectifi\u00e9 aussi vite que possible, avec une autre interpr\u00e9tation : agissant en grand Pr\u00e9sident (on nous invite \u00e0 penser \u00e0 Reagan ou \u00e0 Lincoln,  deux r\u00e9publicains !), Obama aurait mis les parlementaires du GOP devant leurs responsabilit\u00e9s : c&rsquo;est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser, et le peuple am\u00e9ricain jugera<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon <em>Huffington.post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/2011\/07\/13\/obama-debt-ceiling-meeting_n_897834.html?view=print\" class=\"gen\">13 juillet 2011<\/a> : \u00ab<em>Lawmakers and the White House had what nearly every party is describing as a Tough and testy meeting on the debt ceiling Wednesday afternoon, culminating in a stormy exchange between the president and House Majority Leader Eric Cantor (R-Va.).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It was the fifth straight day of talks, but the first in which attendees, speaking on background, were willing to admit that steps were taken backwards. According to multiple sources, disagreements surfaced early, in the middle and at the end of the nearly two-hour talks. At issue was Cantor&rsquo;s repeated push to do a short-term resolution and Obama&rsquo;s insistence that he would not accept one. Eric don&rsquo;t call my bluff. I&rsquo;m going to the American people on this, the president said, according to both Cantor and another attendee. This process is confirming what the American people think is the worst about Washington: that everyone is more interested in posturing, political positioning, and protecting their base, than in resolving real problems.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cantor, speaking to reporters after the meeting, said that the president abruptly walked off after offering his scolding. I know why he lost his temper. He&rsquo;s frustrated. We&rsquo;re all frustrated, the Virginia Republican said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Democratic officials had a different interpretation. The meeting ended with Cantor being dressed down while sitting in silence, one official said in an email. [The president] said Cantor could not have it both ways of insisting on dollar-for-dollar and still not being open to revenues.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame <em>Huffington.post<\/em> rapporte d&rsquo;autres d\u00e9tails des interventions de BHO, selon Reuters. Ces d\u00e9tails viennent du c\u00f4t\u00e9 d\u00e9mocrate et montrent effectivement un pr\u00e9sident martial, donnant aux \u00e9lus r\u00e9publicains ce qu&rsquo;on nommerait en termes d\u00e9barrass\u00e9s des ambig\u00fcit\u00e9s diplomatiques, un ultimatum. BHO veut que les r\u00e9publicains fassent leur choix, c&rsquo;est-\u00e0-dire acceptent les derni\u00e8res propositions pr\u00e9sidentielles ; on se reverrait alors vendredi pour arranger les d\u00e9tails BHO annonce qu&rsquo;il est pr\u00eat \u00e0 tenir jusqu&rsquo;au bout (Eric, je ne bluffe pas), m\u00eame si, selon ses propres termes, cela lui co\u00fbte sa pr\u00e9sidence (<em>dito<\/em>, sa r\u00e9\u00e9lection).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Talk about arbitrary, he said of Cantor&rsquo;s figure, according to a Democratic attendee. I am totally willing to do the hard stuff to get well above what you need and you won&rsquo;t do it because you can&rsquo;t put one penny of revenue on the table. At least Mitch McConnell, to his credit, was willing to work for a solution, the president added, acknowledging the proposal by the Senate Minority Leader to, essentially, give him the authority to lift the debt ceiling without passing commensurate cuts. I have reached the point where I say enough, Obama concluded, according to Reuters. Would Ronald Reagan be sitting here? I&rsquo;ve reached my limit. This may bring my presidency down, but I will not yield on this.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant ce temps, et pour ajouter au climat g\u00e9n\u00e9ral qui voit comme d&rsquo;habitude les march\u00e9s <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/business\/2011\/jul\/14\/us-debt-ceiling-moodys-downgrade-threat\" class=\"gen\">s'(inqui\u00e9ter<\/a> gravement, l&rsquo;agence de cotation Moody&rsquo;s faisait savoir, dans sa majest\u00e9 de juge des valeurs de ce monde, que les USA risquaient une d\u00e9gradation de sa cotation magique, type-AAA, si le chaos des n\u00e9gociations sur la dette se poursuivait jusqu&rsquo;\u00e0 une impasse d\u00e9finitive. Reuters (le <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/2011\/07\/13\/us-usa-debt-idUSTRE7646S620110713\" class=\"gen\">13 juillet 2011<\/a>) nous avise de cette intervention qui semble marqu\u00e9e d&rsquo;une sorte d&rsquo;onction divine, celle que les agences de cotation se sont attribu\u00e9e pour surveiller et donner une sorte de commentaire hautement moral au d\u00e9roulement de la crise g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Moody&rsquo;s Investors Service jolted White House debt talks on Wednesday with a warning that the United States may lose its top credit rating in the coming weeks, piling pressure on Washington to lift its debt ceiling. The announcement by Moody&rsquo;s, the first among the major rating agencies to place the United States&rsquo; AAA rating on review for a possible downgrade, came minutes after President Barack Obama and congressional leaders began negotiating for the fourth straight day of deficit talks.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit de sc\u00e8nes typiques, ou sc\u00e8nes de la vie courante de la p\u00e9riode dite <em>the system is broken<\/em>, s&rsquo;appliquant au syst\u00e8me de gouvernement des USA, \u00e0 Washington D.C. Le consensus bipartisan est une farce, comme tous les consensus aujourd&rsquo;hui, puisqu&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 des acteurs totalement impuissants, totalement \u00e9puis\u00e9s par les tensions que leur impose la mosa\u00efque des int\u00e9r\u00eats et des forces qu&rsquo;ils repr\u00e9sentent. Lorsqu&rsquo;un Cantor affirme \u00ab<em>I know why he lost his temper. He&rsquo;s frustrated. We&rsquo;re all frustrated<\/em>\u00bb, il ne fait pas dans le cynisme de l&rsquo;opposant syst\u00e9matique qui dissimule sa manuvre sous des consid\u00e9rations opportunes ; il exprime \u00e9galement le climat qui r\u00e8gne chez les r\u00e9publicains, comme partout dans les divers centres du Syst\u00e8me, d&rsquo;avoir \u00e0 pr\u00e9senter des positions qui d\u00e9pendent de l&rsquo;ensemble h\u00e9t\u00e9roclite et incontr\u00f4lable qu&rsquo;est devenu le GOP, avec ses tendances classiques, n\u00e9oconservatrices, n\u00e9o-isolationnistes, avec ses tendances <em>Tea Party<\/em>, tout cela se refl\u00e9tant dans des positions diverses, mais toutes extr\u00eames, sur la question de la dette.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl en faut beaucoup pour faire sortir l&rsquo;impavide BHO de ses gonds, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entendre dire, dans un acc\u00e8s de fureur rentr\u00e9e qui sera vite rattrap\u00e9 par sa direction de la com&rsquo;, qu&rsquo;il est pr\u00eat \u00e0 sacrifier son deuxi\u00e8me mandat mais qu&rsquo;il ne c\u00e9dera pas. N\u00e9anmoins, cette occurrence extr\u00eamement inhabituelle rend parfaitement compte de l&rsquo;\u00e9tat des choses dans les directions politiques du Syst\u00e8me. La paralysie du gouvernement washingtonien est \u00e0 la fois un symbole et une expression convaincante de la nouvelle \u00e9poque o\u00f9 nous sommes entr\u00e9s depuis 2009-2010 et la prolif\u00e9ration des nouvelles crises incontr\u00f4lables (cha\u00eene crisique, eschatologisation des crises), avec leurs composantes int\u00e9rieures sous la forme d&rsquo;effets divers et incontr\u00f4lables, qui interf\u00e8rent directement sur les pouvoirs. Nous n&rsquo;en sommes plus aux consid\u00e9rations assur\u00e9es sur l&rsquo;opposition entre la politique belliciste et conqu\u00e9rante (des USA encore consid\u00e9r\u00e9e comme puissance h\u00e9g\u00e9monique), et bient\u00f4t contr\u00e9e de toutes parts, et une r\u00e9sistance assur\u00e9e quant \u00e0 ses engagements, comme nous avions jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du mandat de GW Bush. Le changement de pr\u00e9sident, avec l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Obama, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que la traduction symbolique du changement fondamental de situation, passant de cette situation d&rsquo;affrontement clairement structur\u00e9e \u00e0 la situation de paralysie par le d\u00e9sordre qui s\u00e9vit aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela ne nous dit pas si le dilemme de la dette et du d\u00e9ficit budg\u00e9taire sera r\u00e9solu \u00e0 Washington, \u00e9ventuellement dans un accord de derni\u00e8re minute. Rien ne nous dit plus rien aujourd&rsquo;hui, tant dominent le d\u00e9sordre et, par cons\u00e9quent, l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire quelque prospective que ce soit. Peut-\u00eatre un paroxysme de crise du pouvoir est \u00e0 port\u00e9e de la main \u00e0 Washington, peut-\u00eatre pas, mais alors cette \u00e9ch\u00e9ance repouss\u00e9e de quelques semaines ou de quelques mois. Ce ne sont plus tant les objets de la crise qui comptent (ici la dette et le d\u00e9ficit, l\u00e0 l&rsquo;engagement en Libye, etc.), que cette sensation palpable d&rsquo;une sorte de <strong>n\u00e9cessit\u00e9<\/strong> sup\u00e9rieure poussant vers le paroxysme de la crise, quel que soit le biais qui y conduise.  Cela vaut pour Washington, cela vaut pour le reste, cela vaut pour le Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 14 juillet 2011 \u00e0 11H03<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric, je ne bluffe pas, a dit le pr\u00e9sident des Etats-Unis \u00e0 Eric Cantor, chef de la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine \u00e0 la Chambre, en annon\u00e7ant qu&rsquo;il posait clairement un ultimatum \u00e0 ses interlocuteurs, alors qu&rsquo;il quittait les n\u00e9gociations \u00e0 propos du rel\u00e8vement du plafond de la dette, en cours entre lui-m\u00eame et le GOP (Great Old&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3790,4616,10216,9128,8342,9465,11166,6208,11296],"class_list":["post-73899","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-aaa","tag-blocage","tag-cantor","tag-cotation","tag-dettes","tag-eric","tag-moodys","tag-obama","tag-plafond"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73899","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73899"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73899\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73899"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73899"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73899"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}