{"id":73951,"date":"2011-08-04T11:17:21","date_gmt":"2011-08-04T11:17:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/04\/la-crise-ferale-phase-gfc2-pour-les-amis\/"},"modified":"2011-08-04T11:17:21","modified_gmt":"2011-08-04T11:17:21","slug":"la-crise-ferale-phase-gfc2-pour-les-amis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/04\/la-crise-ferale-phase-gfc2-pour-les-amis\/","title":{"rendered":"La crise \u201cf\u00e9rale\u201d, phase GFC2 pour les amis"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La crise \u00ab\u00a0f\u00e9rale\u00a0\u00bb, phase GFC2 pour les amis<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>4 ao&ucirc;t 2011 &ndash; Nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre des guillemets pour l&#8217;emploi du mot, pourtant fort bien admis par la langue fran\u00e7aise, et similaire en fran\u00e7ais et en anglais, &ndash; sauf les accents qui nous s\u00e9pareront toujours. (Voir le Larousse  : &laquo;<em>f\u00e9ral, f\u00e9rale, f\u00e9rals ou f\u00e9raux, adjectif, du latin fera, b\u00eate sauvage : se dit d&rsquo;une esp\u00e8ce domestique retourn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage<\/em>&raquo;&hellip;) La trouvaille, l&#8217;emploi de ce mot, est de Richard Murphy, auteur et commentateur du <em>Guardian<\/em>, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2011\/aug\/03\/second-global-financial-crisis\">3 ao&ucirc;t 2011<\/a>. Murphy emploie \u00ab\u00a0f\u00e9ral\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9conomie retourn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>As I&rsquo;m explaining in my forthcoming book &ndash; The Courageous State &ndash; there is a two-part economy in this world. There&rsquo;s the real one &ndash; the one where you and I live and meet our needs, make and sell things (if only words on screens) and which is the measure of real well-being. Then there&rsquo;s the other one &ndash; the feral one, if you like&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le m\u00eame Murphy, d\u00e9cid\u00e9ment habile dans l&rsquo;innovation des mots pour d\u00e9signer les situations, apr\u00e8s avoir \u00e9crit un article, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.taxresearch.org.uk\/Blog\/2011\/07\/20\/is-this-what-july-1914-felt-like\/\">20 juillet 2011<\/a>, o&ugrave; il compare juillet 2011 \u00e0 juillet 1914 (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_dette_ou_un_1914_postmoderniste__19_07_2011.html\">19 juillet 2011<\/a>, Martin Walker, de UPI, utilisait la m\u00eame analogie), propose une autre analogie historique pour les jours d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (4 ao&ucirc;t 2011). L&rsquo;image est celle de Munich 1938 et, pour une fois, apr\u00e8s tant d&rsquo;utilisations grossi\u00e8res et abusives par les penseurs id\u00e9ologiques type-<em>neocons<\/em> pour l&rsquo;Irak et toute cette sorte de chose, elle a sa valeur. Elle d\u00e9signe les deux tr\u00e8s r\u00e9centes grandes op\u00e9rations de sauvetage (la Gr\u00e8ce et l&rsquo;euro en Europe, la dette aux USA), comme une sorte de \u00ab\u00a0Munich financier\u00a0\u00bb, &ndash; avec la crise personnalis\u00e9 par Hitler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>And the effective interest rates Italy and Spain are paying have gone over 6% when Germany is paying 2.4%, while the US is being marked for credit downgrade by all major ratings agencies. Gold has hit a record price. Perversely, the cost of UK debt has fallen to new lows: we&rsquo;re now a safe haven. Anyone who thinks we are out of the crisis has to be seriously misguided. And as for those agreements, to shift world war metaphors, think of them as being something equivalent to Chamberlain&rsquo;s Munich deal with Hitler &ndash; simple exercises in staving off the inevitable.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Autrement dit, mais fort pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9crit par lui, non seulement nous ne sommes pas \u00ab\u00a0en sortie de crise\u00a0\u00bb mais bien sur le point d&rsquo;entrer dans une \u00ab\u00a0seconde\u00a0\u00bb crise. (GFC2, ou <em>Great Financial Crisis 2<\/em>, comme l&rsquo;acronyme est partout pr\u00e9sent sur Internet et dans les milieux financiers depuis plusieurs mois, pour suivre GFC1, ou <em>Great Financial Crisis 1<\/em> de septembre 2008.) &laquo;<em>But does that mean a new global financial crisis is likely? My answer is a very simple \u00ab\u00a0yes\u00a0\u00bb. And the reasons are not hard to find.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, 4 ao&ucirc;t 2011, il n&rsquo;est pas difficile de trouver partout les exclamations, les alarmes, les indices boursiers, les fluctuations des march\u00e9s, les interventions rassurantes des majordomes du Syst\u00e8me type-Barroso, etc., allant dans ce sens. Les dirigeants politiques pensaient, avec ces accords, \u00ab\u00a0acheter\u00a0\u00bb quelques mois d&rsquo;une relative stabilit\u00e9, sinon une \u00ab\u00a0paix financi\u00e8re\u00a0\u00bb temporaire ; la chose \u00e9tait valable en 1938, pas aujourd&rsquo;hui ; c&rsquo;est en jours, voire en heures pour les USA, qu&rsquo;il faut compter le r\u00e9pit. Plus encore que \u00ab\u00a0les choses vont vite\u00a0\u00bb, nous dirions que le temps m\u00e9tahistorique ne cesse de <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_histoire_accelere_01_02_2011.html\">se contracter<\/a> avec une force d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration et une rapidit\u00e9 affolantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les termes de la chose, avec chute continue des march\u00e9s, sont connus. Piquons au hasard Hamish McRae, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/hamish-mcrae\/hamish-mcrae-economic-crisis-has-taken-on-a-new-and-ugly-twist-2331441.html\">4 ao&ucirc;t 2011<\/a> dans <em>The Independent<\/em>&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>European confidence has of course been damaged by the travails of the weaker eurozone members. You would expect that. But now the crisis has taken on a new and ugly twist. Fears that governments may not be able to service their debt have spread beyond the bailout countries to Spain and Italy. Even France has seen the cost of borrowing rise sharply just this week&hellip;.<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>As for the US, there is not much point in adding to the mountain of comment about the events of the past few days. No one thinks this is a good way to do things. The even more substantial concern is that the US economy is only inching forward: growth is not nearly fast enough to attack unemployment, stuck at close to 10 per cent&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.25em;\">Notre commentaire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La description de Murphy d&rsquo;un monde financier divis\u00e9 en deux, &ndash; disons, <em>grosso modo<\/em>, l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle et l&rsquo;\u00e9conomie fictive, &ndash; n&rsquo;a rien d&rsquo;original. (A ce point du constat, effectivement, cela n&rsquo;a rien d&rsquo;original. Nous verrons plus loin que l&rsquo;originalit\u00e9 se trouve lorsqu&rsquo;on explore ces concepts plus avant que dans la seule dualit\u00e9 r\u00e9alit\u00e9-fictivit\u00e9.) Le rapport est int\u00e9ressant pour l&rsquo;anecdote : Murphy le situe \u00e0 80-90% d&rsquo;\u00e9conomie fictive pour certains grands \u00e9tablissements financiers. Mais le terme employ\u00e9 par Murphy, lui, est beaucoup plus int\u00e9ressant lorsqu&rsquo;il est pouss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 de sa signification. Le langage sugg\u00e8re alors bien plus de r\u00e9alit\u00e9 que celle qu&rsquo;on a voulu y mettre, jusqu&rsquo;\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;ailleurs. Il introduit deux id\u00e9es s\u00e9mantiques qui permettent de nourrir un commentaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;une part, il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9conomie \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb, et non pas seulement d&rsquo;une \u00e9conomie \u00ab\u00a0fictive\u00a0\u00bb. C&rsquo;est opposer \u00e0 un terme sp\u00e9cifique un terme plus g\u00e9n\u00e9ral, parce que \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb d\u00e9crit aussi bien une situation g\u00e9n\u00e9rale et fondamentale, une situation de civilisation (ou de non-civilisation, ou de contre-civilisation), qu&rsquo;une situation technique, caract\u00e9ris\u00e9e par les manipulations \u00e9lectroniques et les comportements corrupteurs et irresponsables. L&rsquo;accent doit \u00eatre mis sur le fondamental, cela va de soi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D&rsquo;autre part, il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9tat dynamique dans la d\u00e9finition qu&rsquo;on en donne, l&rsquo;\u00e9conomie est <strong>re-devenue<\/strong> sauvage si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;exacte d\u00e9finition du mot. La signification installe la crise qui pr\u00e9tendrait n&rsquo;\u00eatre que financi\u00e8re dans la chronologie crisique, la structure crisique g\u00e9n\u00e9rales. Il s&rsquo;agit certes de la Grande Crise de notre temps, un temps o&ugrave; la contre-civilisation, arriv\u00e9e en phase terminale o&ugrave; l&rsquo;autodestruction a pris compl\u00e8tement le pas sur la surpuissance, a d\u00e9clench\u00e9 un mouvement massif de transmutation vers l&rsquo;\u00e9tat sauvage (donc, bien un \u00ab\u00a0retour\u00a0\u00bb vers cet \u00e9tat, par rapport \u00e0 ce qui existait avant) qui semble une phase in\u00e9vitable de l&rsquo;effondrement en cours. Plus encore, et pour introduire un <em>distinguo<\/em> essentiel qu&rsquo;on verra plus pr\u00e9cis\u00e9ment, plus loin : \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un terme \u00e9conomique, m\u00eame si Murphy entend l&rsquo;appliquer strictement \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie. (On verra, plus loin, que ce n&rsquo;est pas du tout notre cas.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Inutile de nous attarder \u00e0 la solution que propose Murphy, qui est rien moins qu&rsquo;excitante et encourageante, malgr\u00e9 la bonne volont\u00e9 qu&rsquo;on y distingue. Compter sur des <em>Courageous State<\/em>, avec les \u00ab\u00a0hommes politiques\u00a0\u00bb courageux qui vont avec, c&rsquo;est ressasser un espoir que plus rien, absolument <strong>plus rien<\/strong> ne justifie&hellip; &ndash; &laquo;<em>Don&rsquo;t do it and the world of feral finance wins. It&rsquo;s a blunt choice. Will we have politicians willing to do this? That depends on whether or not we can recreate courageous states at a time when we desperately need them.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">De la GCF2 \u00e0 la GCC et la GCCC&hellip;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0sauvagerie\u00a0\u00bb de la situation se trouve certainement, d&rsquo;abord pour le point de vue conjoncturel, dans l&rsquo;extraordinaire \u00e9chec \u00e0 r\u00e9tablir un simple vernis psychologique de confiance, attenant \u00e0 une simple enveloppe temporaire de r\u00e9-stabilisation, avec les op\u00e9rations \u00ab\u00a0de sauvetage\u00a0\u00bb (!!!) en Europe et aux USA, le mois dernier. Notre \u00ab\u00a0<em>global arrogance<\/em>\u00ab\u00a0, signal\u00e9e le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_orphelins_de_la_global_arrogance__24_07_2011.html\">24 juillet 2011<\/a>, se colore d&rsquo;une conjoncture extraordinairement d\u00e9risoire \u00e0 force de path\u00e9tique exprim\u00e9e par l&rsquo;impuissance m\u00eame de faire illusion avec le calendrier \u00e9galement d\u00e9risoire des effets qu&rsquo;on constate. (\u00ab\u00a0Confiance\u00a0\u00bb r\u00e9tablie pour quelques jours, voire quelques heures, pour des mesures colossales, quantitativement parlant, &ndash; entre &euro;milliards et $<em>trillions<\/em> : le quantitatif d&rsquo;un ordre colossal en masse d&rsquo;argent a engendr\u00e9 un apport qualitatif, sous forme de confiance et de r\u00e9pit de la tension d\u00e9structurante, d&rsquo;un ordre absolument d\u00e9risoire.) Tout cela exprime un fond de comportement et de pens\u00e9e de nos directions politiques parfaitement \u00e0 mesure, et qui s&rsquo;exprime dans les sch\u00e9mas th\u00e9oriques de la crise centrale du Syst\u00e8me que nous privil\u00e9gions. Jamais autant de puissance (la surpuissance de notre contre-civilisation, rassembl\u00e9e d&rsquo;abord dans le bloc BAO) n&rsquo;aura produit autant de faiblesse et d&rsquo;impuissance, \u00e0 un point qu&rsquo;on peut sans aucun doute parler d&rsquo;une fa\u00e7on imp\u00e9rative du processus d&rsquo;autodestruction d\u00e9finissant d\u00e9sormais \u00e0 lui seul l&rsquo;\u00e9volution des choses, avec le processus de surpuissance alimentant d\u00e9sormais directement ce processus d&rsquo;autodestruction. (L&rsquo;inversion par rapport \u00e0 un processus civilisationnel normal caract\u00e9risant le Syst\u00e8me sous la forme d&rsquo;un processus de surpuissance d\u00e9structurant de la civilisation, est d\u00e9sormais \u00e0 son tour victime d&rsquo;une inversion totale en se mettant au service du processus d&rsquo;autodestruction de lui-m\u00eame [du Syst\u00e8me].) On ajoutera \u00e9videmment que le \u00ab\u00a0courage\u00a0\u00bb esp\u00e9r\u00e9 par Murphy pour des mesures h\u00e9ro\u00efques, sur la forme desquelles nul ne s&rsquo;entend \u00e9videmment, rel\u00e8ve d&rsquo;une compl\u00e8te fantasmagorie. On a la tr\u00e8s forte impression que les directions politiques n&rsquo;ont m\u00eame plus la force de poursuivre, dans leurs discours, le simulacre qui, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, leur tint lieu de politique. Elles sont \u00e9puis\u00e9es, compl\u00e8tement vid\u00e9es de leur substance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette situation g\u00e9n\u00e9rale s&rsquo;exprime bien dans le constat de l'\u00a0\u00bb\u00e9conomie f\u00e9rale\u00a0\u00bb, mais comme un d\u00e9but de constat. Murphy n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 au bout de la logique impliqu\u00e9e par l&#8217;emploi juste de ce terme tr\u00e8s appropri\u00e9, qui diff\u00e9rencie <strong>d\u00e9cisivement<\/strong> la GFC2 \u00e0 venir sans doute tr\u00e8s vite, de la crise dite GFC1 (septembre 2008). La crise de septembre 2008 est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une s\u00e9rie de \u00ab\u00a0bulles financi\u00e8res\u00a0\u00bb \u00e9clatant les unes apr\u00e8s les autres, ou bien les unes avec les autres, qu&rsquo;importe car seules comptent les \u00e9clatements d\u00e8s lors que tout cela provoque la chute du montage g\u00e9n\u00e9ral. Lorsqu&rsquo;il est question de \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb, il n&rsquo;est pas question de \u00ab\u00a0sauvagerie\u00a0\u00bb. Les \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb sont construites d&rsquo;une fa\u00e7on ordonn\u00e9e, certes en pleine irr\u00e9alit\u00e9, en virtualisme-<em>turbo<\/em>, mais tout de m\u00eame selon une structure qui a une certaine coh\u00e9rence interne. L&rsquo;\u00e9conomie fictive n&rsquo;est pas sauvage, elle est virtualiste, donc faussaire selon des sch\u00e9mas qui ont une logique interne, par o&ugrave; existent \u00e0 la fois une coh\u00e9sion et une logique de faussaire, y compris des faussaires \u00e9lectroniques (la machinerie qui va avec, et aide \u00e0 la constitution des \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;effondrement de 2008 a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;effondrement de cette architecture fictive-virtualiste, ou faussaire-virtualiste, entra&icirc;nant l&rsquo;intervention des Etats qui se sont mis dans la situation que l&rsquo;on sait. Ce faisant, les Etats souverains ne sont pas entr\u00e9s dans le syst\u00e8me faussaire-virrtualiste qui avait \u00e9clat\u00e9 comme toutes ses \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb, ils ont contribu\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente en infectant l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle \u00e0 transformer l&rsquo;\u00e9conomie faussaire-virtualiste infectant l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle en une \u00ab\u00a0\u00e9conomie f\u00e9rale\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;a plus aucune coh\u00e9sion, plus aucune logique, plus aucune architecture interne, f&ucirc;t-elle virtualiste-faussaire. C&rsquo;est bien la sauvagerie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pure, dans laquelle les Etats eux-m\u00eames ont \u00e9t\u00e9 entra&icirc;n\u00e9s, trahissant ainsi leur fonction r\u00e9galienne et souveraine fondamentale, se dissolvant par cons\u00e9quent dans le processus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne s&rsquo;agit alors plus d&rsquo;\u00e9conomie ni de finance principalement sinon exclusivement, mais <strong>bien de civilisation<\/strong>. La crise qui se profile est celle d&rsquo;un monde sauvage, o&ugrave; plus aucune logique courante et rationnelle \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre Syst\u00e8me, f&ucirc;t-elle virtualiste-faussaire, n&rsquo;a cours. C&rsquo;est un \u00e9pisode o&ugrave; n&rsquo;aura plus cours que la dynamique de l&rsquo;effondrement qui caract\u00e9rise une architecture de civilisation, fut-elle d\u00e9j\u00e0 perverse et virtualiste-faussaire. L&rsquo;\u00e9largissement de la crise bien au-del\u00e0 des domaines financier et \u00e9conomique, montrant que nous sommes compl\u00e8tement dans la crise de civilisation, se constate dans le fait que cette crise comprend notamment un volet fondamentalement politique avec la crise du pouvoir US, voire de la structure politique et f\u00e9d\u00e9rale des USA, et, dans des conditions diff\u00e9rentes, une crise du \u00ab\u00a0pouvoir\u00a0\u00bb europ\u00e9en et des structures europ\u00e9enne ; il y aussi, en pleine activit\u00e9, des crises sociales et de remise en cause fondamentale quoique encore tr\u00e8s vague mais \u00e9voluant rapidement du Tout qu&rsquo;offre le Syst\u00e8me (les \u00ab\u00a0indign\u00e9s\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0printemps arabe\u00a0\u00bb, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-al_gore_veut_un_climate_change_pour_les_usa_03_08_2011.html\">Gore<\/a> et son \u00ab\u00a0printemps am\u00e9ricain\u00a0\u00bb, etc.). On comprend bien la signification de ce constat en observant ce qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 la crise de la dette \u00e0 Washington, cens\u00e9e \u00eatre une crise budg\u00e9taire et financi\u00e8re, et qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec cela, &ndash; la \u00ab\u00a0dette\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb de plus ou de moins dans un univers de \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb qui cr\u00e8vent et o&ugrave; volent dans tous les sens les &euro;milliards et les $<em>trillions<\/em> comme s&rsquo;ils \u00e9taient l&rsquo;argent de poche de la crise&hellip; Cette crise, tr\u00e8s vite, n&rsquo;a plus \u00e9t\u00e9 la crise de la dette, mais la crise du pouvoir US, du syst\u00e8me washingtonien, peut-\u00eatre de la coh\u00e9sion des USA, &mdash; nous sommes \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage sup\u00e9rieur. On mesure tout cela au fait que l&rsquo;accord sur la dette n&rsquo;a apport\u00e9 <strong>aucune<\/strong> d\u00e9tente mais, au contraire, a aggrav\u00e9 aussit\u00f4t les sp\u00e9culations, d&rsquo;ailleurs beaucoup plus sur la crise du syst\u00e8me washingtonien que sur l&rsquo;\u00e9tat du budget f\u00e9d\u00e9ral ou la situation \u00e9conomique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La premi\u00e8re crise GFC1 de septembre 2008 \u00e9tait une crise de <strong>subversion<\/strong> d&rsquo;un ordre (\u00e9conomique et financier), la subversion s&rsquo;exprimant sous la forme des \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb nourries par la corruption, la cupidit\u00e9, l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 selon les formes ordonn\u00e9es du crime organis\u00e9, la manipulation technologique, etc. L&rsquo;intervention de pouvoirs disposant encore, alors, d&rsquo;une apparence de l\u00e9gitimit\u00e9 (les Etats souverains) pouvait faire illusion, et elle fit une certaine illusion sur l&rsquo;instant de cette intervention. Certains s&#8217;employ\u00e8rent \u00e0 prolonger cette illusion avec diverses vaticinations sur la \u00ab\u00a0reprise\u00a0\u00bb, l'\u00a0\u00bbexpansion\u00a0\u00bb, les in\u00e9narrables \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_etrange_optimisme_sans_espoir__23_05_2009.html\">jeunes pousses<\/a>\u00a0\u00bb de printemps (2009) de l&rsquo;humoriste Bernanke, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La crise qui s&rsquo;annonce (GFC2) et qui semble encore plus in\u00e9luctable que la premi\u00e8re tant le m\u00e9canisme qui l&rsquo;anime est puissant et g\u00e9n\u00e9ral, largement au-del\u00e0 du financier et de l&rsquo;\u00e9conomique, sera n\u00e9cessairement d&rsquo;une toute autre substance ; ce sera une crise de <strong>dissolution<\/strong>, et l\u00e0 se trouve bien son aspect \u00ab\u00a0f\u00e9ral\u00a0\u00bb. Le monde organis\u00e9, apr\u00e8s des \u00e0-coups de plus en plus brutaux et d\u00e9structurants, a perdu toutes ses structures civilisationnelles en devenant une contre-civilisation absolue, et il s&rsquo;effondre avec le processus d&rsquo;un retour \u00e0 la sauvagerie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs d&rsquo;une \u00ab\u00a0sauvagerie\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 la contre-civilisation qui se dissout, qui est elle-m\u00eame une structure de compl\u00e8te subversion avec des aspects de \u00ab\u00a0sauvagerie\u00a0\u00bb qui vont avec, dont les r\u00e8gles entretiennent d\u00e9sormais un d\u00e9sordre in\u00e9gal et cruel, absolument d\u00e9structurant ; par cons\u00e9quent le terme \u00ab\u00a0sauvagerie\u00a0\u00bb pour la situation \u00e0 venir, qui a valeur de logique th\u00e9orique, n&rsquo;a certainement pas, et de loin, toute la connotation n\u00e9gative qu&rsquo;on serait port\u00e9 \u00e0 lui attribuer. L&rsquo;analogie in\u00e9vitable qui revient ces derniers jours avec la Grande D\u00e9pression, soit le <em>krach<\/em> de 1929, soit la relance de la crise en 1936-1937 pour les USA, cette analogie n&rsquo;a plus aucune pertinence. Il s&rsquo;agissait, dans les ann\u00e9es 1930, de la crise d&rsquo;un syst\u00e8me sp\u00e9cifique et identifi\u00e9 (le syst\u00e8me capitaliste), dont l&rsquo;issue fatale fut \u00e9cart\u00e9 par la guerre. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est une crise de civilisation devenue une contre-civilisation, qui est d\u00e9j\u00e0 la chute de cet artefact monstrueux, ou la Chute tout court. Ce n&rsquo;est pas une guerre qui nous attend, qui concerne un temps d\u00e9pass\u00e9 et obsol\u00e8te, mais des \u00e9v\u00e9nements bien plus fondamentaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par cons\u00e9quent, affutons nos acronymes&hellip; GFC2 n&rsquo;est pas GFC2, mais bien GCC tout court, sans num\u00e9rotation, &ndash; pour \u00ab\u00a0<em>Great Civilisationnal Crisis<\/em>\u00a0\u00bb (ou <em>in French<\/em>, les deux acronymes correspondant pour une fois, \u00ab\u00a0Grande Crise Civilisationnelle\u00a0\u00bb) ; ou encore, si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re la sophistication, GCCC (\u00ab\u00a0Grande Crise de la Contre-Civilisation\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0<em>Great Counter-Civilization Crisis<\/em>\u00ab\u00a0).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise \u00ab\u00a0f\u00e9rale\u00a0\u00bb, phase GFC2 pour les amis 4 ao&ucirc;t 2011 &ndash; Nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre des guillemets pour l&#8217;emploi du mot, pourtant fort bien admis par la langue fran\u00e7aise, et similaire en fran\u00e7ais et en anglais, &ndash; sauf les accents qui nous s\u00e9pareront toujours. (Voir le Larousse : &laquo;f\u00e9ral, f\u00e9rale, f\u00e9rals ou f\u00e9raux, adjectif,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3761,11348,4906,8172,10015,3228,5252,10119,5322,11347,11346,2891,9054,3836,10862,11349,3321,8049,3014,8960,11345,610,9339],"class_list":["post-73951","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-3761","tag-11348","tag-4906","tag-contraction","tag-contre-civilisation","tag-crise","tag-dette","tag-dissolution","tag-gcc","tag-gcccc","tag-gfc1","tag-grande","tag-inversion","tag-munich","tag-murphy","tag-sauvage","tag-septembre","tag-subversion","tag-systeme","tag-tres","tag-ttgc","tag-virtualisme","tag-washingtonien"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73951","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73951"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73951\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73951"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73951"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73951"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}