{"id":73990,"date":"2011-08-17T16:51:20","date_gmt":"2011-08-17T16:51:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/17\/dissolution-chinoise\/"},"modified":"2011-08-17T16:51:20","modified_gmt":"2011-08-17T16:51:20","slug":"dissolution-chinoise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/17\/dissolution-chinoise\/","title":{"rendered":"Dissolution chinoise"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Dissolution chinoise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t17 ao\u00fbt 2011  Washington, D.C. a-t-il une politique chinoise, c&rsquo;est-\u00e0-dire une politique vis-\u00e0-vis de la Chine ? (Lorsque nous parlons de Washington, D.C., nous parlons de la Maison-Blanche, du d\u00e9partement d&rsquo;Etat, du Pentagone, de Langley [CIA] et de quelques autres.) Pour l&rsquo;instant, nous voyons plut\u00f4t un \u00e9trange <em>melting pot<\/em> o\u00f9 se croisent et s&rsquo;entrecroisent de fines et diplomates questions, des mouvements d&rsquo;humeurs aux effets indirects, des remarques ironiques, des d\u00e9cisions \u00e9parses et pas encore tout \u00e0 fait prises, mais n\u00e9anmoins m\u00fbrement pes\u00e9es, et ainsi de suite. Tout cela n&rsquo;a gu\u00e8re de suite dans les id\u00e9es, au point qu&rsquo;on se demande s&rsquo;il y a des id\u00e9es. Esp\u00e9rons que Joe Biden, le vice-pr\u00e9sident, qui est en Chine \u00e0 partir d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et pour cinq jours, saura d\u00e9crire le pot-aux-roses aux dirigeants chinois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques \u00e9v\u00e9nements et commentaires de ces derniers jours m\u00e9ritent de figurer dans cette rubrique interrogative sur la politique chinoise des USA. Ils ont tous un rapport avec les questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale (la quincaillerie) qui reste, quoi qu&rsquo;on veuille et fasse, le grand champ de l&rsquo;imagination des USA dans leurs conceptions des relations internationales, et de la puissance certes. Pourtant, on verra que l&rsquo;addition des circonstances ci-dessous ne donne pas l&rsquo;image d&rsquo;une grande unit\u00e9, d&rsquo;une grande imagination et d&rsquo;une grande r\u00e9solution, d&rsquo;une grande efficacit\u00e9 en toutes choses,  ni de la puissance tout court, pour faire bref<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a l&rsquo;affaire de l&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8re <em>stealth<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-horreur_furtive_le_pakistan_la_chine_et_l_helicoptere_stealth_us_15_08_2011.html\" class=\"gen\">perdu<\/a> durant le raid contre ben Laden au Pakistan, et aux d\u00e9bris pr\u00e9cieux duquel les Pakistanais auraient donn\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s aux Chinois. L&rsquo;<em>Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/asia\/anger-at-chinas-access-to-crashed-us-helicopter-2338204.html\" class=\"gen\">16 ao\u00fbt 2011<\/a> explique le r\u00e9cent oubli d&rsquo;une escale au Pakistan de l&rsquo;amiral Mullen, effectuant au d\u00e9but du mois une visite d&rsquo;adieu dans la r\u00e9gion (il quitte son poste de pr\u00e9sident du Joint Chiefs of Staff en septembre). La cause en serait cette affaire d&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The official said that Adm Mullen, who is due to retire next month. shunned a visit to Islamabad because he was appalled by Pakistan&rsquo;s refusal to say whether the Chinese had access to the wreckage of the stealth Blackhawk helicopter abandoned at the al-Qa&rsquo;ida leader&rsquo;s hiding place in Abbottabad after it struck a wall.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Adm Mullen, the official said, had felt Gen Ashfaq Parvez Kayani, the Pakistani army chief, had lied to him about the helicopter. It is unclear whether the Chinese were given direct access to the charred remains, but Washington believes that Beijing is now in possession of detailed photographs.In the past, Adm Mullen has publicly acknowledged his previously warm relationship with Gen Kayani. The breakdown is a sign of how severely ties between Washington and Islamabad have been strained.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le Pentagone a donn\u00e9 une publicit\u00e9 indirecte importante \u00e0 cette affaire de complicit\u00e9 entre le Pakistan et la Chine, au travers d&rsquo;une fuite b\u00e9n\u00e9ficiant au <em>Financial Times<\/em> (FT), et publi\u00e9e le 14 ao\u00fbt. (En effet, une interpr\u00e9tation courante est que cette fuite a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e, que le FT n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 si affirmatif et n&rsquo;aurait pas donn\u00e9 tant d&rsquo;importance \u00e0 cette affaire sans un soutien discret du Pentagone.) La fuite \u00e9tait, dans l&rsquo;esprit finaud du Pentagone, dirig\u00e9e contre le Pakistan ; elle a, en r\u00e9alit\u00e9, pour effet de communication, de mettre en \u00e9vidence la puissance des liens strat\u00e9giques entre le Pakistan et la Chine, et cela sans pourtant que l&rsquo;Inde n&rsquo;en soit, pour l&rsquo;instant, vraiment g\u00ean\u00e9e. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 que cet \u00e9clat du Pentagone, vu de ce point de vue, soit particuli\u00e8rement avantageux pour la position des USA, au moment o\u00f9 Joe Biden atterrit \u00e0 P\u00e9kin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a l&rsquo;affaire du nouveau et premier porte-avions chinois, qui est en fait un vieux porte-avions russe de la classe-<em>Amiral Kousnetsov<\/em>, le <em>Varyag<\/em>, modernis\u00e9 et remis \u00e0 neuf. Ses capacit\u00e9s sont loin d&rsquo;\u00e9quivaloir \u00e0 celles des grands porte-avions d&rsquo;attaque de l&rsquo;U.S. Navy, et son entr\u00e9e en service n&rsquo;est pas probable avant 2012-2013, au mieux. Les Chinois ont pr\u00e9sent\u00e9 le navire le 10 ao\u00fbt.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le d\u00e9partement d&rsquo;Etat a eu une \u00e9trange r\u00e9action, ou bien disons une r\u00e9action tr\u00e8s am\u00e9ricaniste. Sa porte-parole, Victoria Nuland, a lu une d\u00e9claration formelle : \u00ab<em>We would welcome any kind of explanation that China would like to give for needing this kind of equipment. We have had concerns for some time and we&rsquo;ve been quite open with them with regard to the lack of transparency from China regarding its power projection and its lack of access and denial of capabilities.<\/em> []  <em>We are prepared to be extremely transparent with regard to U.S. military positions and equipment, and we&rsquo;d like to have a reciprocal relationship with China, and that&rsquo;s what our presidents have said we ought to aspire to. Transparency in itself is a confidence builder between nations.<\/em>\u00bb Il n&rsquo;y a pas eu de r\u00e9ponse officielle \u00e0 ces d\u00e9clarations qu&rsquo;on peut qualifier, en plus d&rsquo;\u00e9tranges, de compl\u00e8tement impudentes et d\u00e9plac\u00e9es ; puisque voil\u00e0 les USA qui se m\u00ealent des affaires int\u00e9rieures de la Chine, demandent des explications pour la future mise en service d&rsquo;un navire qu&rsquo;ils ont eux-m\u00eames en un certain nombre d&rsquo;exemplaires (11 en service), sur toutes les mers du monde, et avec des capacit\u00e9s bien plus importantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJ.E. Dyer, de <em>HotAir.com<\/em>, remarque, le <a href=\"http:\/\/hotair.com\/greenroom\/archives\/2011\/08\/12\/us-responds-to-chinese-aircraft-carrier-with-pointed-question\/\" class=\"gen\">12 ao\u00fbt 2011<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A pointed question for the US administration would be: What did they think China&rsquo;s purpose was in launching an aircraft carrier?  Does it really require explanation?  Why do nations usually put aircraft carriers in service?<\/em> [] <em>Another pointed question would be: What obligation could China possibly have to account to the US for why she has put a carrier in her fleet?  China&rsquo;s not an ally and is bound by no treaty requirement to explain the introduction of new aircraft carriers.  Why ask a question that can&rsquo;t put China on the spot and only invites a destabilizing answer?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a \u00e9galement l&rsquo;affaire des F-16C\/D (sans doute 66) que Ta\u00efwan demande aux USA depuis 2006. Finalement, selon <em>Defense News<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.defensenews.com\/story.php?i=7378123&#038;c=ASI&#038;s=AIR\" class=\"gen\">15 ao\u00fbt 2011<\/a>, les USA refuseraient cette vente \u00e0 Ta\u00efwan, proposant en \u00e9change de moderniser les F-16A\/B (anciens mod\u00e8les) que Ta\u00efwan poss\u00e8de. \u00ab<em>We are so disappointed in the United States<\/em>\u00bb, dit un officiel ta\u00efwanais, tandis que les officiels washingtoniens affirment qu&rsquo;aucune d\u00e9cision n&rsquo;a encore \u00e9t\u00e9 prise. Loren B. Thompson (le <a href=\"http:\/\/www.lexingtoninstitute.org\/obama-retreat-on-taiwan-fighters-sacrifices-thousands-of-us-jobs-to-china?a=1&#038;c=1171\" class=\"gen\">15 ao\u00fbt 2011<\/a>) se lamente devant ce recul US sous la pression, \u00e9videmment, de P\u00e9kin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce sens qui est celui d&rsquo;une position pr\u00e9pond\u00e9rante de la Chine dans ces divers avatars, ou d&rsquo;une perception \u00e0 mesure, on notera la remarque du pr\u00e9sident bolivien Evo Morales, le 15 ao\u00fbt, alors qu&rsquo;il donnait une conf\u00e9rence de presse, retour de Chine : \u00ab<em>La Chine est un si grand pays! J&rsquo;imagine que, dans tr\u00e8s peu de temps, les USA seront devenus une colonie de la Chine!<\/em>\u00bb Morales parlait, \u00e0 ce point, de l&rsquo;\u00e9norme dette chinoise des USA, et l&rsquo;on dit que cette boutade fort peu appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 Washington D.C. n&rsquo;\u00e9tait pas loin de refl\u00e9ter le sentiment que Morales avait recueilli chez certains dirigeants chinois. C&rsquo;est \u00e0 ce propos, notamment mais fort pesamment, que Biden va passer cinq jours en Chine. Par exemple, il va s&rsquo;int\u00e9resser, au milieu des dirigeants en place, au Vice Pr\u00e9sident Xi Jinping, dont on dit qu&rsquo;il sera le nouveau pr\u00e9sident chinois en 2013 Cela tombe bien, de vice-pr\u00e9sident \u00e0 vice-pr\u00e9sident, et cela permet de justifier que Xi accompagne Biden dans ses visites en province (il faut bien occuper un s\u00e9jour de cinq jours).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mission de Biden est importante. Il s&rsquo;agit de sonder les Chinois sur leurs intentions, sur leur stabilit\u00e9 de cr\u00e9diteur des USA, sur leur confiance maintenue (on l&rsquo;esp\u00e8re) dans les USA, malgr\u00e9 les m\u00e9saventures f\u00e2cheuses (accord sur la dette, l&rsquo;affaire du AAA \u00e0 AA+), et ainsi de suite. La mission de Biden ne fait qu&rsquo;\u00e9clairer un fait qui, sur le terme, appara\u00eet de plus en plus \u00e9vident : dans ce que certains consid\u00e8rent comme une partie en cours entre les USA,  nous doutons que les Chinois aient cette perception-l\u00e0,  les USA tiennent sans aucun doute et avec constance le r\u00f4le de demandeur,  voire, pire encore, celui de d\u00e9biteur failli et qu\u00e9mandeur C&rsquo;est une tendance, plut\u00f4t strat\u00e9gique que comptable, qui a d\u00e9j\u00e0 une certaine bouteille. Nous en rappelons les \u00e9tapes, car la chose est impressionnante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_chine_reprimande_les_usa_05_12_2008.html\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2008<\/a>, apr\u00e8s l&rsquo;effondrement de Wall Street, le secr\u00e9taire au tr\u00e9sor de GW Bush, Hank Paulson, effectue sa derni\u00e8re sortie hors des USA \u00e8s qualit\u00e9 pour aller sonder et rassurer les dirigeants chinois. Les USA veulent s&rsquo;assurer que la Chine est toujours, comme on dit, derri\u00e8re eux. Nous avions identifi\u00e9 cette visite comme un premier signe tr\u00e8s puissant de la reconnaissance implicite par les USA de la r\u00e9duction, voire de l&rsquo;effondrement de leur puissance, et de l&rsquo;affirmation chinoise par cons\u00e9quent, dans le rapport relatif des deux puissances. (En <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_sa_sebille_a_la_main_23_02_2009.html\" class=\"gen\">f\u00e9vrier 2009<\/a>, Hillary Clinton, nouvelle secr\u00e9taire d&rsquo;Etat, redoublait pour la nouvelle administration la visite de Paulson de d\u00e9cembre 2008.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En janvier 2009, Zbigniew Brzezinski signait un article proposant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un condominium USA-Chine pour mener le monde. En <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sauver_le_monde_ou_sauver_les_meubles_26_04_2009.html\" class=\"gen\">avril 2009<\/a>, nous reprenions cette th\u00e8se, alors qu&rsquo;elle rencontrait de plus en plus d&rsquo;appr\u00e9ciations critiques du c\u00f4t\u00e9 chinois, justement pour en faire nous-m\u00eames une appr\u00e9ciation critique. Pour les USA, selon le style habituellement d\u00e9pourvu de la moindre retenue de Brzezinski, il ne s&rsquo;agissait de rien moins que de sauver les meubles d&rsquo;une puissance US en plein processus d&rsquo;effondrement, en l&rsquo;amarrant \u00e0 la Chine, en \u00e9change (?) d&rsquo;un partage du pouvoir mondial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g2_n_aura_pas_lieu_19_10_2009.html\" class=\"gen\">octobre 2009<\/a>, Henry Kissinger se rendit \u00e0 P\u00e9kin. Visite amicale, visite informelle entre grands esprits ; \u00e9galement, une visite pr\u00e9c\u00e9dant celle d&rsquo;Obama du mois suivant, pour avoir une id\u00e9e pr\u00e9liminaire ce que les Chinois pensaient de la proposition type-G2. R\u00e9ponse sans ambig\u00fcit\u00e9, rapport\u00e9e dans une interview au <em>Figaro<\/em> donn\u00e9e par Kissinger : \u00ab<em>Les Chinois ne font pas confiance \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique pour bien mener les grandes affaires politiques de la plan\u00e8te.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Par cons\u00e9quent, la visite d&rsquo;Obama en Chine, un mois plus tard, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g2_et_moi_et_moi_et_moi__19_11_2009.html\" class=\"gen\">novembre 2009<\/a>, est un \u00e9chec sur le point essentiel. Au centre de cette visite, cette observation de l&rsquo;agence <em>Chine nouvelle<\/em>, \u00e0 la suite d&rsquo;une rencontre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et Obama : \u00ab<em>La Chine a d\u00e9clin\u00e9 la proposition am\u00e9ricaine de former un groupe des deux,<\/em> [G2] <em>\u00e0 savoir une alliance politique avec les Etats-Unis<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La rancur et la d\u00e9ception US furent sensibles, dans diverses manifestations d&rsquo;ordre cosm\u00e9tique et sans gu\u00e8re d&rsquo;effets. La sp\u00e9cialiste de la chose est Hillary Clinton, qu&rsquo;on retrouve dans ce r\u00f4le avec l&rsquo;affaire du porte-avions chinois. Elle fit donc, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_tambours_de_guerre_d_hillary_15_01_2010.html\" class=\"gen\">janvier 2010<\/a>, un discours belliciste tonitruant et sans la moindre substance, \u00e0 destination des Chinois, qui n&rsquo;eut aucun effet et fut vite oubli\u00e9. Dans certains cas, ces manifestations d&rsquo;une puissance d\u00e9sormais impuissante ont plus de marques path\u00e9tiques du sort des USA, que les visites serviles \u00e0 P\u00e9kin. Ainsi Hillary Clinton fait-elle tout de m\u00eame de la diplomatie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La visite du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Gates \u00e0 P\u00e9kin, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_j-20_chinois_et_l_aveu_de_gates_11_01_2011.html\" class=\"gen\">janvier 2011<\/a>, fut une autre occasion pour les USA de montrer leur bonne volont\u00e9, surtout de la part du chef du Pentagone. Les Chinois eurent une dr\u00f4le de fa\u00e7on d&rsquo;accueillir la chose,  selon certains, \u00e0 l&rsquo;initiative des seuls militaires chinois,  en faisant effectuer son premier vol \u00e0 l&rsquo;avion de combat J20, leur premier avion de combat int\u00e9grant des technologies furtives. Le Pentagone prit bonne note, d&rsquo;autant que sa propre merveille furtive, le F-22, a entam\u00e9 depuis le 3 mai une p\u00e9riode d&rsquo;interdiction de vol g\u00e9n\u00e9rale dont la cause est un myst\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t On ajoutera, pour clore le floril\u00e8ge, la visite de l&rsquo;amiral Mullen \u00e0 P\u00e9kin, le mois dernier (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-mullen_a_la_chine_you_re_a_big_boy_now__12_07_2011.html\" class=\"gen\">12 juillet 2011<\/a>). C&rsquo;\u00e9tait une indication de plus que le Pentagone na pas vraiment envie de se coltiner avec la Chine. Pour l&rsquo;instant, la visite cl\u00f4t cet historique de l&rsquo;essentiel des relations entre la Chine et les USA d&rsquo;Obama, qui se sont, du point de vue des demandes et des sollicitations, toujours d\u00e9roul\u00e9es dans le seul sens qu&rsquo;on voit, o\u00f9 les USA sont effectivement en position de demandeurs. On voit mal, bien entendu, que la visite de Biden puisse changer quoi que ce soit \u00e0 cette habitude li\u00e9e fermement au destin des USA. <\/p>\n<h3>De d\u00e9structuration en dissolution <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend donc que c&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il nous semble n\u00e9cessaire d&rsquo;appr\u00e9hender la visite actuelle de Joe Biden en Chine, annonc\u00e9e le <a href=\"http:\/\/fr.reuters.com\/article\/frEuroRpt\/idFRLDE7731EX20110804\" class=\"gen\">4 ao\u00fbt 2011<\/a>, deux jours apr\u00e8s l&rsquo;accord sur la dette qui a si fortement agac\u00e9 P\u00e9kin. Une fois de plus, il s&rsquo;agit de qu\u00e9mander la bonne volont\u00e9 et la compr\u00e9hension des Chinois, et tenter d&rsquo;expliquer aux Chinois les arcanes de la politique int\u00e9rieure washingtonienne, et des rapports entre le Congr\u00e8s et le pr\u00e9sident. La visite a donc une r\u00e9elle importance, exactement \u00e0 mesure de l&rsquo;importance de cette affaire de l&rsquo;accord sur la dette et du d\u00e9sordre terrifiant qui va avec,  mesure pour mesure, comme disait Shakespeare,  mesure positive (la compr\u00e9hension bienveillante des Chinois) pour rattraper la mesure n\u00e9gative (l&rsquo;accord sur la dette et le d\u00e9sordre terrifiant qui va avec).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, la visite n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e de main de ma\u00eetre ; on peut m\u00eame observer que sa pr\u00e9paration a \u00e9t\u00e9 cochonn\u00e9e par des improvisations conflictuelles, une absence de coordination, des contradictions \u00e9videntes entre tel et tel d\u00e9partement. Le plus agressif de ces centres de pouvoir a \u00e9t\u00e9, comme d&rsquo;habitude, le d\u00e9partement d&rsquo;Etat, o\u00f9 Hillary Clinton ne cesse de montrer ses tendances guerri\u00e8res de <em>liberal hawks<\/em>, de plus en plus \u00e0 mesure qu&rsquo;approche son terme et comme s&rsquo;il ne lui restait que cela, et qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de retrouver sa jeunesse&#8230; (C&rsquo;est elle qui, en 1999, fut la plus active conseill\u00e8re pour pousser Bill Clinton \u00e0 s&rsquo;engager dans la guerre du Kosovo. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une de ces causes humanitaires que les lib\u00e9raux, de Hillary \u00e0 BHL, go\u00fbtent d&rsquo;autant mieux que ces causes sont trait\u00e9es \u00e0 la pointe des canons du Pentagone,  vieux frisson de l&rsquo;humaniste pour la vertu par la force.) Hillary a personnellement insist\u00e9 pour cette attaque antichinoise \u00e0 propos du porte-avions ; c&rsquo;est entendu, l&rsquo;on comprend bien ses penchants, mais, pour autant, cela ne doit pas d\u00e9boucher sur la sottise pure et simple, qui est effectivement la marque de l&rsquo;intervention \u00e0 propos du porte-avions chinois. Autant pour le d\u00e9partement d&rsquo;Etat et tant pis pour Hillary. Le Pentagone, lui, a pris une autre direction, celle des ill\u00e8res habituelles, du fractionnisme stup\u00e9fiant de sa pens\u00e9e, aussi \u00e9crasant qu&rsquo;est cette machine de forme effectivement pentagonale : attaquer le Pakistan dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8re \u00e0 technologies furtives, sans prendre garde que cette affaire met en \u00e9vidence la puissance nouvelle de la Chine dans ses relations strat\u00e9giques avec le Pakistan, aux d\u00e9pens des relations entre le Pakistan et les USA. C&rsquo;est une d\u00e9faite de la perception de la puissance strat\u00e9gique, dans une \u00e9poque o\u00f9 le syst\u00e8me de la communication, et la perception par cons\u00e9quent, mesurent la puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Maison-Blanche (Biden essentiellement), elle, est intervenue essentiellement avec cette affaire de la vente des F-16, sur laquelle elle garde la haute main. Les bruits selon lesquels cette vente \u00e0 Ta\u00efwan serait refus\u00e9e terminent piteusement le cochonnage en question, par l&rsquo;annonce officieuse d&rsquo;une mesure qui s&rsquo;inscrit comme un recul extr\u00eamement significatif des USA face aux pressions chinoises. Une source europ\u00e9enne \u00e0 l&rsquo;OTAN observe que \u00ab<em>la Maison-Blanche est tellement mal \u00e0 l&rsquo;aise dans le dossier chinois, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;affaire des F-16 pour Ta\u00efwan, qu&rsquo;il y en a pour penser que cette d\u00e9cision du refus de vente, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 acquise, pourrait finalement \u00eatre renvers\u00e9e, en faveur d&rsquo;une vente, ou bien diff\u00e9r\u00e9e \u00e0 nouveau<\/em>\u00bb. Dans ce cas, les pressions du Congr\u00e8s, et notamment des r\u00e9publicains, tr\u00e8s sensibles au lobby chinois (ta\u00efwanais), n&rsquo;y seraient pas pour rien, et la confusion de la politique chinoise de Washington encore plus grande<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela, cette cacophonie et ce d\u00e9sordre, ne doit rien avoir pour \u00e9tonner. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;effet direct d&rsquo;une tendance fondamentale du pouvoir aux USA, de la division entre divers centres de pouvoir qui s&rsquo;est mu\u00e9e en une v\u00e9ritable d\u00e9structuration de fait, une sorte de structure d\u00e9structur\u00e9e si l&rsquo;on veut. D\u00e9sormais, le pouvoir aux USA n&rsquo;existe plus en tant qu&rsquo;unit\u00e9, mais en tant qu&rsquo;addition de divers centres diff\u00e9rents, le plus souvent divergents, parfois directement concurrents, rarement coordonn\u00e9s s&rsquo;ils le sont jamais. Il n&rsquo;existe plus aucune force dynamique, plus aucune autorit\u00e9 capable d&rsquo;imposer une action unitaire ; il s&rsquo;agit d\u00e9sormais, de plus en plus \u00e9videmment, d&rsquo;un caract\u00e8re-Syst\u00e8me extr\u00eamement marquant \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa cons\u00e9quence de cette installation structurelle d&rsquo;une situation de d\u00e9structuration est que la production de cette situation devient fondamentalement n\u00e9gative, c&rsquo;est-\u00e0-dire dissolvante au lieu d&rsquo;\u00eatre cr\u00e9atrice d&rsquo;une mati\u00e8re unifi\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e. La dissolution ainsi \u00e9mise par l&rsquo;ensemble affecte directement la politique des USA, et particuli\u00e8rement ce qui pr\u00e9tend \u00eatre encore une diplomatie, bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus que le nom \u00e0 cet \u00e9gard. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau, qui marque une avanc\u00e9e de plus dans la dynamique d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me : le passage de la d\u00e9structuration,  celle-ci \u00e9tant act\u00e9e au niveau des producteurs du Syst\u00e8me,  \u00e0 la dissolution, dans le chef de la production du Syst\u00e8me,  dans ce cas, la diplomatie, et la politique qui en est produite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit sans aucun doute, ce passage de la d\u00e9structuration \u00e0 la dissolution, ou, plut\u00f4t, cette addition de la dissolution au fait de la d\u00e9structuration, d&rsquo;une \u00e9volution parall\u00e8le \u00e0 celle du pouvoir washingtonien, lui-m\u00eame tel qu&rsquo;on l&rsquo;a vu \u00e0 l&rsquo;uvre lors des n\u00e9gociation sur la dette. Il y a donc au moins une unit\u00e9 d&rsquo;\u00e9volution ; toutes les formes de pouvoir \u00e0 Washington marchent au m\u00eame rythme ; nous sommes pass\u00e9s de la situation de l&rsquo;\u00e9tablissement de la d\u00e9structuration,  que nous conservons bien pr\u00e9cieusement une fois ce r\u00e9sultat atteint, cela va de soi,  \u00e0 une dynamique de production de la dissolution par cette situation. La Chine, en accueillant Joe Biden et en r\u00eavant \u00e0 Confucius, est en train d&rsquo;exp\u00e9rimenter cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dissolution chinoise 17 ao\u00fbt 2011 Washington, D.C. a-t-il une politique chinoise, c&rsquo;est-\u00e0-dire une politique vis-\u00e0-vis de la Chine ? (Lorsque nous parlons de Washington, D.C., nous parlons de la Maison-Blanche, du d\u00e9partement d&rsquo;Etat, du Pentagone, de Langley [CIA] et de quelques autres.) 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