{"id":73995,"date":"2011-08-19T17:04:55","date_gmt":"2011-08-19T17:04:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/19\/meme-les-crises-sont-en-crise\/"},"modified":"2011-08-19T17:04:55","modified_gmt":"2011-08-19T17:04:55","slug":"meme-les-crises-sont-en-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/08\/19\/meme-les-crises-sont-en-crise\/","title":{"rendered":"M\u00eame les crises sont en crise\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">M\u00eame les crises sont en crise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 ao\u00fbt 2011  Nous avions cru tenir la GFC2 (<em>Great Financial Crisis 2<\/em>), l&rsquo;autre jour, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_ferale_phase_gfc2_pour_les_amis_04_08_2011.html\" class=\"gen\">4 ao\u00fbt 2011<\/a>. L&rsquo;effondrement (suite) des march\u00e9s, notamment hier, apr\u00e8s <strong>quelques jours<\/strong> de crise termin\u00e9e, nous poussent \u00e0 d\u00e9gainer \u00e0 nouveau nos stylos. A ce point, nous confirmons notre opinion que l&rsquo;option GCCC (Grande Crise de notre Contre-Civilisation) est plus que jamais un refuge enrichissant pour notre compr\u00e9hension plut\u00f4t que rechercher, de quinzaine en quinzaine, la vraie GFC2 comme une aiguille dans une botte de foins<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme l&rsquo;on sait, il s&rsquo;agissait de proposer l&rsquo;id\u00e9e que nous nous nous trouvons en phase d&rsquo;int\u00e9gration de toutes les crises en une grande crise g\u00e9n\u00e9rale, ce qui revient \u00e0 bannir l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;on doive consid\u00e9rer une crise financi\u00e8re <em>per se<\/em>. Les soubresauts divers du fr\u00e9n\u00e9tique mois d&rsquo;ao\u00fbt 2011 nous y invitent, comme nous le proposions effectivement ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_ferale_phase_gfc2_pour_les_amis_04_08_2011.html\" class=\"gen\">4 ao\u00fbt 2011<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Par cons\u00e9quent, affutons nos acronymes GFC2 n&rsquo;est pas GFC2, mais bien GCC tout court, sans num\u00e9rotation,  pour Great Civilisationnal Crisis (ou in French, les deux acronymes correspondant pour une fois, Grande Crise Civilisationnelle) ; ou encore, si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re la sophistication, GCCC (Grande Crise de la Contre-Civilisation, ou Great Counter-Civilization Crisis).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui o\u00f9 la crise red\u00e9marre, ou rebondit, ou n&rsquo;importe quoi dans ce sens, les experts prennent leurs aises et parlent psychologie (panique) en envisageant sa dur\u00e9e pour quelques mois, en attendant le retour assur\u00e9 de la raison Il s&rsquo;agit de la philosophie du vu pieux, comme nous le dit avec un grand s\u00e9rieux Holger Schmieding, \u00e9conomiste en chef de la banque Berenberg, la plus vieille banque priv\u00e9e allemande (dans le <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/business\/2011\/aug\/19\/world-markets-turmoil-live-blog \" class=\"gen\">19 ao\u00fbt 2011<\/a>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Usually, the dog wags the tail. Economic fundamentals shape financial market trends. But sometimes, financial panics or manias can be so pronounced that they distort the underlying fundamentals. For a while, the tail wags the dog. In the wake of some policy blunders, we have entered such a phase of panic.<\/em> [] <em>Fortunately, panics do not last forever. Ultimately, reason prevails over fear and markets price long-run trends more accurately again<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFort bien, en attendant Godot<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais voici qui est plus int\u00e9ressant et introduit une certaine nouveaut\u00e9 dans la consid\u00e9ration de la situation. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une digression d&rsquo;un analyste officiel britannique et l&rsquo;un des directeurs de la Banque d&rsquo;Angleterre, Andrew Haldane, sur ce qu&rsquo;il nomme <em>the psychological scars<\/em> (disons les blessures psychologiques, ou, mieux \u00e0 notre sens les plaies,  non cicatris\u00e9es,  de la psychologie, ou encore mieux et d\u00e9finitivement, les plaies psychologiques). Int\u00e9ressante chose, parce qu&rsquo;elle a le m\u00e9rite, dans sa formulation, de faire de la psychologie une actrice centrale de la crise, une manipulatrice en elle-m\u00eame, bien plus qu&rsquo;elle ne fut m\u00eame si on lui accorda toujours un r\u00f4le. (Actrice de la crise financi\u00e8re, certes, mais alors, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de psychologie, actrice des autres crises comme de la crise financi\u00e8re puisque la psychologie est partout pr\u00e9sente. Par cons\u00e9quent, nous revenons \u00e0 notre int\u00e9gration, de GFC2 en GCCC.) Il s&rsquo;agit d&rsquo;observer que les plaies psychologiques n&rsquo;ont absolument pas le temps de se cicatriser, de crise en crise, ou de choc en choc, et qu&rsquo;elles entretiennent sinon aggravent ou cr\u00e9ent des sentiments de peur, d&rsquo;angoisse, un pessimisme persistant, etc.,  toutes attitudes psychologiques qui emp\u00eachent le r\u00e9tablissement de la confiance, la reprise, le red\u00e9marrage, pour enfin en revenir \u00e0 notre Syst\u00e8me catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Psychological scarring in the wake of the financial crisis and a growing reluctance to take risks in financial markets can lead to over-pessimism and threatens to delay the economic recovery, a top Bank of England official has warned.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Crisis-induced recessions such as the current downturn are deeper and longer than other economic slumps, and the recovery will be a \u00ab\u00a0bumpy\u00a0\u00bb ride, said Andrew Haldane, executive director for financial stability and a member of the Bank&rsquo;s financial policy committee (FPC). In a paper released on Thursday, he explained that it takes on average up to three years to return to the pre-crisis peak.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He looked to the years following the Great Depression and the UK recession of the early 1990s as potential guides to how we will emerge from today&rsquo;s crisis, concluding that it will be a bumpy ride, with severe knock-on effects on financial markets. Haldane said: As in 1933, the fear factor is rife in today&rsquo;s financial markets. The prompt has been sovereign debt concerns in parts of Europe and the United States. This is but the latest  and most severe  in a series of waves in sentiment since the onset of the crisis. Risk appetite has yo-yoed.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Today&rsquo;s risk off attitude is demonstrated by the recent rise in demand for safe assets such as gold and Swiss francs, the rise in the premium for holding risky assets  yields on Greek, Italian, Spanish and Portuguese government bonds have soared  and the drying up of financial market liquidity.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Haldane said that risk aversion is being exacerbated by behavioural factors, which may be leading to over-pessimism in markets. Memories of financial disaster are now fresh, as after the Great Depression, causing an over-estimation of the probability of a repeat disaster. In these situations, psychological scarring is likely to result in risk appetite and risk-taking being lower than reality might suggest. Risk will be over-priced. Today, the very disaster myopia that caused the crisis may be retarding the recovery.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Haldane said that risk aversion is being driven by two factors: the debt mountains accumulated by banks, households, companies and governments, and psychological scarring. While efforts to reduce debts are under way, the process is far from complete, providing a continuing strong headwind to risk-taking.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe reste des observations de monsieur Haldane, beaucoup plus techniques, sont surtout utilis\u00e9es pour soupirer de regret que de telles plaies psychologiques nous emp\u00eachent de repartir sur notre optimisme conqu\u00e9rant, comme en 14 en un sens, pour refaire les m\u00eames sottises, vite, tr\u00e8s vite Il est singulier de voir la diff\u00e9rence entre l&rsquo;importance potentielle d&rsquo;une telle trouvaille,  par ailleurs \u00e9vidente, certes, mais la formulation est importante pour faire avancer les id\u00e9es,  et les cons\u00e9quences que monsieur Haldane en tirent. On nous d\u00e9signe en effet les chocs terribles que notre psychologie re\u00e7oit par le fait des crises successives que nous subissons et qui nous d\u00e9montrent l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9 de notre Syst\u00e8me, et l&rsquo;on tire comme conclusion, n&rsquo;est-ce pas, que cela va rendre bien plus difficile la reprise, c&rsquo;est-\u00e0-dire le retour empress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9 On reste coi devant cette inf\u00e9condit\u00e9 extraordinaire d&rsquo;esprits parvenus si bas qu&rsquo;ils sont totalement incapables de se d\u00e9p\u00eatrer des rets de l&rsquo;\u00e9conomisme, de la pens\u00e9e-Syst\u00e8me r\u00e9duite \u00e0 la pens\u00e9e-comptable,  ou bien retrouvant ainsi sa r\u00e9elle substance, la pens\u00e9e-Syst\u00e8me n&rsquo;ayant jamais \u00e9t\u00e9 autre chose qu&rsquo;une pens\u00e9e-comptable avec comme seule vertu le poids ? On est, apr\u00e8s tout, avec cette pens\u00e9e-l\u00e0, comptable de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a>, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\" class=\"gen\">d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re<\/a> et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar, si, au lieu de consid\u00e9rer ces plaies psychologiques comme des emp\u00eacheuses de reprendre (la reprise [\u00e9conomique] en rond pour recommencer, de pire en pire, les m\u00eames monstrueuses sottises), monsieur Haldane les consid\u00e9rait comme des freins n\u00e9cessaires pour nous d\u00e9tourner de ces monstrueuses sottises ? Si, au lieu d&rsquo;y voir des blessures cruelles et injustes, et voyant plus largement les choses, monsieur Haldane les consid\u00e9rait plut\u00f4t comme les traces de la v\u00e9rit\u00e9 qui entre dans nos psychologies, des \u00e9claireuses au sens propre du mot de la r\u00e9alit\u00e9 catastrophique de l&rsquo;effondrement ? Il s&rsquo;agit pourtant bien de cela, m\u00eame si les motifs et la <em>narrative<\/em> qui les accompagne ressortent toujours de ce m\u00eame galimatias sur l&rsquo;optimisme et le pessimisme des investisseurs, des march\u00e9s et de toute la bande. Derri\u00e8re tout cela, il se passe que la brutalit\u00e9 de la crise frappe nos psychologies pour nous d\u00e9crire mieux l&rsquo;\u00e9pouvantable \u00e9tat du monde qui est en train de s&rsquo;effondrer dans cette phase terminale. Mieux encore, les plaies psychologiques ainsi caus\u00e9es nous paralysent de plus en plus ou paralysent de plus en nous la rationalit\u00e9-comptable de notre pens\u00e9e-comptable qui exon\u00e8re le Syst\u00e8me de tout vice fondamental, nous conduisant vers des comportements erratiques, voire des jugements critiques, qui participent heureusement au d\u00e9r\u00e8glement de l&rsquo;\u00e9norme machinerie du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Pr\u00e9cisons comme appendice de cette \u00e9valuation de la signification des plaies psychologiques que nous irons jusqu&rsquo;\u00e0 envisager l&rsquo;hypoth\u00e8se que les remords parfois exotiques qui semblent toucher quelques-unes de nos fortunes-Syst\u00e8me,  avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_augmentez_mes_impots_s_il_vous_plait__16_08_2011.html\" class=\"gen\">Warren Buffet<\/a> comme d\u00e9tonateur du syst\u00e8me de la communication,  sont en bonne partie nourris par de telles plaies, donc que ces hommes sont eux aussi bless\u00e9s par la crise. Ne leur demandez pas de s&rsquo;exprimer dans ce sens, et ne vous croyez pas oblig\u00e9 de faire intervenir le soup\u00e7on habituel pour ces cas, de l&rsquo;hypocrisie, du simulacre consciemment mont\u00e9, etc.  non, ayez l&rsquo;audace des hypoth\u00e8ses qui vous sortent du mode de pens\u00e9e-Syst\u00e8me qui nous oppresse. La <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-brother_can_you_spare_a_trillion__19_08_2011.html\" class=\"gen\">r\u00e9alit\u00e9 affolante<\/a> de la monstruosit\u00e9 <strong>grotesque<\/strong> de la situation des fortunes ne peut pas ne pas peser inconsciemment sur les psychologies, m\u00eame celles des trillionnaires. Les plaies, l\u00e0 aussi, ne cicatrisent pas, ou plus.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa dialectique de la crise, notamment selon l&rsquo;habituelle tentative de r\u00e9ductionnisme (r\u00e9duire la crise \u00e0 son seul domaine) et selon l&rsquo;habituel go\u00fbt du sensationnalisme du syst\u00e8me de la communication (GFC2 tous les quinze jours), joue bien son r\u00f4le. A nous annoncer GFC2 tous les quinze jours ; pour pousser un soupir de soulagement pour deux ou trois jours apr\u00e8s, soupir d&rsquo;ailleurs de plus en plus poussif, de plus en plus paradoxalement angoiss\u00e9, qui ne parvient m\u00eame plus \u00e0 susciter un sentiment trompeur de soulagement et une euphorie d\u00e9vastatrice par sa tromperie ; pour voir \u00e0 nouveau le m\u00eame spectre ressurgir (GFC2),  on comprend combien tout cela renforce nos plaies psychologiques. La cicatrisation est impossible dans ce cas, et la logique de monsieur Haldane de plus en plus poussive Cet encha\u00eenement d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, en effet, ne fait pas que seulement retarder la cicatrisation,  c&rsquo;est bien mal conna\u00eetre la logique des tissus de la psychologie humaine, effectivement semblable \u00e0 celle de notre \u00eatre biologique. Dans ce processus, qui n&rsquo;avance pas recule ; qui ne cicatrise pas aggrave la plaie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa m\u00e9canique de la crise se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9sormais, avec l&rsquo;aliment irr\u00e9sistible de l&rsquo;impuissance des directions politiques. (Le <em>krach<\/em> d&rsquo;hier, suivant la rencontre Merkel-Sarko, avec en cerise de g\u00e2teau les habituelles mauvaises nouvelles venues des USA.) Cette impuissance n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;absence de d\u00e9cisions, mais celle de la multiplicit\u00e9 des d\u00e9cisions inefficaces, sinon catastrophiques,  toujours selon le m\u00eame principe, puisque ces d\u00e9cisions ne tendent qu&rsquo;\u00e0 restaurer la subversion catastrophique du Syst\u00e8me, cette subversion qui est la cause fondamentale des crises et de l&rsquo;effondrement. Ainsi, au plus les crises s&rsquo;aggravent, au plus des d\u00e9cisions catastrophiques sont prises, au plus la crise est aliment\u00e9e ; au plus nos plaies catastrophiques, de plus en plus aviv\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements, se font b\u00e9antes, cruelles et douloureuses, nous emp\u00eachant de plus en plus d\u00e9cisivement de revenir \u00e0 la <em>narrative<\/em> b\u00e9ate du Syst\u00e8me. Ces plaies psychologiques sont l\u00e0, pour emp\u00eacher nos pens\u00e9es courantes de se r\u00e9fugier dans leur bassesse, pour nous tenir \u00e9veiller, angoiss\u00e9s, pessimistes,  c&rsquo;est-\u00e0-dire de plus en plus conscients de l&rsquo;ampleur universelle de la catastrophe et de l&rsquo;effondrement.<\/p>\n<h3>Les crises deviennent-elles pessimistes ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait (toujours ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_ferale_phase_gfc2_pour_les_amis_04_08_2011.html\" class=\"gen\">4 ao\u00fbt 2011<\/a>) combien nous applaudissons \u00e0 ce que nous identifions comme un processus d&rsquo;int\u00e9gration de la crise g\u00e9n\u00e9rale par le moyen de la d\u00e9structuration des crises sectorielles. Nous parlerions m\u00eame, \u00e0 cet \u00e9gard, \u00e9tape suppl\u00e9mentaire, d&rsquo;un processus de dissolution des crises sectorielles. L&rsquo;effet dissolvant est de s&rsquo;attaquer directement \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 des crises sectorielles. GFC2 est en train de sombrer dans une bouillie indescriptible de coups et d&rsquo;\u00e0-coups terribles, o\u00f9 l&rsquo;on ne distingue plus o\u00f9 se trouve le paroxysme ; et c&rsquo;est alors autant de plaies psychologiques dont on comprend bien qu&rsquo;elles sont r\u00e9v\u00e9latrices de la v\u00e9rit\u00e9 de la crise g\u00e9n\u00e9rale. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe ph\u00e9nom\u00e8ne de dissolution nous appara\u00eet comme une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire de la Grande Crise de notre Contre-Civilisation. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus o\u00f9 les caract\u00e8res identitaires des ph\u00e9nom\u00e8nes en question,  les crises essentiellement,  sont de plus en plus \u00e9radiqu\u00e9s. Avec la d\u00e9structuration, les ph\u00e9nom\u00e8nes consid\u00e9r\u00e9s perdent leur coh\u00e9sion interne et, partant, leur dynamique propre. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas des crises, qui sont le sujet de notre commentaire aujourd&rsquo;hui, qui ont effectivement de moins en moins de dynamique propre \u00e0 mesure qu&rsquo;elles s&rsquo;int\u00e8grent de plus en plus les unes aux autres. Qui est capable de distinguer et de diff\u00e9rencier aujourd&rsquo;hui, \u00e0 la fois du point de vue de leurs identit\u00e9s respectives, \u00e0 la fois du point de vue de la dynamique dominante, la crise de la dette US, la crise du pouvoir washingtonien si \u00e9vidente avec le r\u00f4le de <em>Tea Party<\/em> au Congr\u00e8s autant qu&rsquo;avec le parcours de Ron Paul, la r\u00e9duction de la cotation des USA de AAA \u00e0 AA+, et enfin le courant d&rsquo;effondrement des march\u00e9s qui s&rsquo;est propag\u00e9 \u00e0 partir de 3-4 ao\u00fbt, jusqu&rsquo;au 12-13 ao\u00fbt, faisant parler de l&rsquo;arriv\u00e9e de la crise GFC2 ? Avec la dissolution, c&rsquo;est \u00e0 nouveau le cas des crises qui nous occupe, dont on arrive de moins en moins \u00e0 d\u00e9terminer les contours, les causes et les cons\u00e9quences, la coh\u00e9sion interne, etc. C&rsquo;est ce que les experts appr\u00e9cient sans doute comme des effets yo-yo (\u00ab<em>Risk appetite has yo-yoed.<\/em>\u00bb, dit monsieur Haldane) ou des comportements erratiques, alors que nous parlerions plut\u00f4t de la dissolution les rapports de cause \u00e0 effet les plus compr\u00e9hensibles dans des comportements et des situations secondaires de moins en moins soumis \u00e0 des logiques directes compr\u00e9hensibles, et de plus en plus \u00e0 des logiques disparates et \u00e9clat\u00e9es sans liens entre elles. On comprend bien le constat des plaies psychologiques, mais on voit de moins en moins quels effets collectifs ces plaies psychologiques peuvent engendrer devant tel ou tel \u00e9v\u00e9nement observ\u00e9 comme une sorte de stimulus. S&rsquo;en tenir \u00e0 un diagnostic m\u00e9dical (la plaie mettra longtemps \u00e0 se cicatriser, ralentissant d&rsquo;autant la fin de la crise) n&rsquo;a aucun sens, car nous parlons de la psychologie, qui affecte les comportements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar contre, bien s\u00fbr, pour en rester \u00e0 ce point qui est le sujet de notre r\u00e9flexion, nous voyons fort bien pour notre compte, et pour notre parti si l&rsquo;on veut, ou pour notre parti-pris, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que peut amener cette situation pour la logique que nous privil\u00e9gions. Bien entendu, il s&rsquo;agit, pour cette logique que nous privil\u00e9gions, de la logique de destruction du Syst\u00e8me, ou de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du processus d&rsquo;autodestruction du Syst\u00e8me. Le constat que nous faisons alors est que cette dissolution que nous observons, apr\u00e8s la d\u00e9structuration et les deux processus s&rsquo;additionnant, est \u00e9videmment un processus fondamentalement anti-Syst\u00e8me et destructeur, ou autodestructeur du Syst\u00e8me. Il prive une crise de sa coh\u00e9rence, emp\u00eachant par l\u00e0 un retour \u00e0 la normale une fois que la crise a atteint son paroxysme. On peut m\u00eame dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de paroxysme de crise bien identifi\u00e9, que la crise elle-m\u00eame devient un paroxysme permanent, interdisant aussi bien une rupture qu&rsquo;un apaisement. La crise est alors dite en cours de dissolution, refusant d&rsquo;aller vers une issue ou l&rsquo;autre, se contentant d&rsquo;\u00e9voluer en situation paroxystique pour user le Syst\u00e8me subrepticement tandis que les experts s&rsquo;acharnent \u00e0 tenter de d\u00e9terminer de quelle fa\u00e7on on pourrait aller vers une issue. D\u00e9sormais, le vu pieux fait l&rsquo;affaire et nous renvoie \u00e0 l&rsquo;in\u00e9vitable retour de la raison (voir plus haut)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, la dissolution consiste finalement, comme nous voyons la chose, \u00e0 faire subir \u00e0 la crise ce que les crises nous font subir effectivement. Si notre psychologie est d\u00e9sormais charg\u00e9e de plaies et coutur\u00e9e de cicatrices, les crises deviennent elles-m\u00eames des r\u00e9ceptacles de nombreuses plaies psychologiques qui les emp\u00eachent de parvenir \u00e0 une issue. On pourrait dire dr\u00f4lement, ou bien audacieusement, \u00e0 l&rsquo;instar des trouvailles de monsieur Haldane pour le cas du <em>sapiens<\/em>-boursicoteur, que les crises elles-m\u00eames sont paralys\u00e9es, angoiss\u00e9es, extraordinairement pessimistes. Imagine-t-on ce que peut donner une crise qui, en plus d&rsquo;\u00eatre crise, est pessimiste \u00e0 l&rsquo;endroit de ses propres capacit\u00e9s ? Devant la dissolution d&rsquo;elles-m\u00eames et leur incapacit\u00e9 \u00e0 rassembler leurs propres forces d&rsquo;une fa\u00e7on offensive, les crises en plein processus de dissolution ne croient m\u00eame plus \u00e0 leur propre capacit\u00e9, ou plut\u00f4t \u00e0 leur vertu de susciter des moments cathartiques qui permettraient effectivement de retrouver le processus fondamental du Syst\u00e8me, avec toutes ses erreurs et toutes ses tromperies, apr\u00e8s rapide nettoyage des \u00e9curies d&rsquo;Augias les plus proches. M\u00eame les crises sont en crise<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame les crises sont en crise 19 ao\u00fbt 2011 Nous avions cru tenir la GFC2 (Great Financial Crisis 2), l&rsquo;autre jour, le 4 ao\u00fbt 2011. L&rsquo;effondrement (suite) des march\u00e9s, notamment hier, apr\u00e8s quelques jours de crise termin\u00e9e, nous poussent \u00e0 d\u00e9gainer \u00e0 nouveau nos stylos. A ce point, nous confirmons notre opinion que l&rsquo;option GCCC&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3228,10119,2662,2868,2670,11376,11375,11415,4807,2622,5846,11417,6375,11416,8522,4067],"class_list":["post-73995","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-crise","tag-dissolution","tag-en","tag-est","tag-financiere","tag-gccc","tag-gfc2","tag-haldane","tag-integration","tag-la","tag-optimisme","tag-pensee-systeme","tag-pessimisme","tag-plaies","tag-psychologiques","tag-reprise"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73995","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73995"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73995\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73995"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73995"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73995"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}