{"id":74084,"date":"2011-09-23T19:06:19","date_gmt":"2011-09-23T19:06:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/09\/23\/france-usa-libye-du-bon-usage-des-allies\/"},"modified":"2011-09-23T19:06:19","modified_gmt":"2011-09-23T19:06:19","slug":"france-usa-libye-du-bon-usage-des-allies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/09\/23\/france-usa-libye-du-bon-usage-des-allies\/","title":{"rendered":"France, USA, Libye : du bon usage des alli\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">France, USA, Libye : du bon usage des alli\u00e9s<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;un des lieux communs de l&rsquo;offensive a\u00e9rienne de l&rsquo;OTAN en Libye est que deux pays europ\u00e9ens, la France (surtout) et le Royaume-Uni, assur\u00e8rent l&rsquo;essentiel des missions de combat, tandis que les USA assuraient une couverture g\u00e9n\u00e9rale au niveau du soutien en termes de ravitaillement en vol, de renseignement, d&rsquo;identification des cibles, etc. ; ce dernier point a servi \u00e0 argumenter, une fois de plus, que, sans les USA, personne ne peut rien faire de \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb dans ces mati\u00e8res guerri\u00e8res&#8230; Le lieu commun a-t-il lieu d&rsquo;\u00eatre ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A Londres, au cours d&rsquo;une tr\u00e8s r\u00e9cente conf\u00e9rence, un pilote fran\u00e7ais (sans doute de l&rsquo;a\u00e9ronavale, servant sur <em>Rafale<\/em> M) a communiqu\u00e9 son t\u00e9moignage op\u00e9rationnel sur cet aspect des op\u00e9rations. Sa position pulv\u00e9rise le lieu commun, et par ailleurs contredit les versions officielles, tant US que fran\u00e7aise. Le pilote a affirm\u00e9 que les avions de combat fran\u00e7ais n&rsquo;avaient pas utilis\u00e9 le soutien de renseignement et d&rsquo;identification des cibles venu des syst\u00e8mes US. La cause en est la lenteur des proc\u00e9dures pour que ces informations parviennent aux pilotes fran\u00e7ais. (Certaines pr\u00e9cisions obtenues par ailleurs parlent d&rsquo;un d\u00e9lai de deux jours pour obtenir ces informations destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;utilisation de missions sur le point de d\u00e9marrer, qui devaient en disposer dans les deux heures.) La position des chefs militaires fran\u00e7ais est tr\u00e8s diff\u00e9rente&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le site <em>AOL.Defense.com<\/em> publie une nouvelle sur cette intervention, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/defense.aol.com\/2011\/09\/21\/french-pilots-over-libya-decline-us-intel-clearance-just-too-sl\/\">21 septembre 2011<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Les forces a\u00e9riennes fran\u00e7aises effectuant des missions de frappe en Libye contre les loyalistes de Kadhafi n&rsquo;utilisent pas les images et les renseignements d\u00e9taill\u00e9s fournis par les avions de surveillance am\u00e9ricains, selon les d\u00e9clarations faites aujourd&rsquo;hui par des pilotes fran\u00e7ais participant \u00e0 ces sorties<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>&quot;Depuis le premier jour des frappes a\u00e9riennes de l&rsquo;OTAN en Libye, les \u00e9quipages d&rsquo;avions de combat fran\u00e7ais ont eu du mal \u00e0 identifier de mani\u00e8re positive &lsquo;ce que nous visons et qui nous visons&rsquo;, a d\u00e9clar\u00e9 un pilote fran\u00e7ais servant en Libye, devant un public d&rsquo;industriels de la d\u00e9fense et d&rsquo;aviateurs militaires participant \u00e0 une conf\u00e9rence \u00e0 Londres. &lsquo;Le pilote dans dans son cockpit est enti\u00e8rement seul&rsquo;.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>&quot;Lorsqu&rsquo;on leur a demand\u00e9 pourquoi les forces a\u00e9riennes fran\u00e7aises ne profitaient pas de l&rsquo;imagerie de ciblage avanc\u00e9e avec ou sans pilote, les pilotes ont r\u00e9pondu que la coordination avec les commandants de l&rsquo;OTAN au centre d&rsquo;op\u00e9rations a\u00e9riennes combin\u00e9es (CAOC) dans le nord de l&rsquo;Italie prenait trop de temps. Au lieu de cela, les pilotes ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 utiliser leurs propres nacelles de reconnaissance. Les pilotes ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils rejetaient les images des drones Predator \u00e0 des fins de ciblage, car il fallait trop de temps pour que ces images soient approuv\u00e9es par le CAOC.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>&quot;Les pilotes fran\u00e7ais ont \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils pr\u00e9f\u00e9raient les images provenant de leurs propres nacelles, car elles comportaient l&rsquo;identification int\u00e9gr\u00e9e des zones de frappe. Ils lan\u00e7aient g\u00e9n\u00e9ralement un avion de reconnaissance, prenaient des photos, identifiaient les cibles et avaient un autre avion d&rsquo;attaque en route vers la cible dans les cinq heures [&#8230;].<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>&quot; Tout ceci contraste avec les d\u00e9clarations du g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;arm\u00e9e a\u00e9rienne fran\u00e7ais St\u00e9phane Abrial, commandant le Transform Command de l&rsquo;OTAN : &quot;Nous n&rsquo;aurions pas pu atteindre le m\u00eame niveau d&rsquo;efficacit\u00e9 <\/em>[en Libye] <em>sans la forte contribution des &Eacute;tats-Unis.&quot; Le g\u00e9n\u00e9ral a d\u00e9clar\u00e9 que cela s&rsquo;appliquait particuli\u00e8rement au ciblage.&quot;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>D&rsquo;abord, on appr\u00e9ciera le paradoxe amer, qui caract\u00e9rise la France aujourd&rsquo;hui&hellip; Un pilote fran\u00e7ais affirme <em>de facto<\/em>, pour des circonstances donn\u00e9es qu&rsquo;on va examiner plus loin, que la France est intervenue, dans une campagne qui a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e comme un succ\u00e8s a\u00e9rien tactique et o&ugrave; la France a tenu un r\u00f4le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-repartition_entre_allies_des_sorties_aeriennes_en_libye_24_08_2011.html\">pr\u00e9pond\u00e9rant<\/a>, en utilisant ses seuls moyens, donc en toute autonomie et ind\u00e9pendance selon la doctrine fran\u00e7aise mise en place par de Gaulle. Il est en contradiction avec des chefs militaires fran\u00e7ais qui affirment que rien n&rsquo;aurait pu \u00eatre fait sans \u00ab\u00a0nos amis am\u00e9ricains\u00a0\u00bb, ce qui tend \u00e0 indiquer que la doctrine en question n&rsquo;a plus gu\u00e8re de valeur. Des deux appr\u00e9ciations, on serait tent\u00e9 de croire celle du pilote, lequel est un op\u00e9rationnel, sans gu\u00e8re de pr\u00e9occupations politiques \u00e0 l&rsquo;esprit et qui s&rsquo;en tient aux enseignements op\u00e9rationnels, plut\u00f4t que tel g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais en poste \u00e0 l&rsquo;OTAN, qui doit m\u00e9nager la susceptibilit\u00e9 de ses alli\u00e9s US et alimenter la <em>narrative<\/em> du bloc BAO selon laquelle rien n&rsquo;est possible sans la puissance militaire US en cours d&rsquo;effondrement. (Au reste, d&rsquo;autres chefs militaires fran\u00e7ais que \u00ab\u00a0le g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;OTAN\u00a0\u00bb ont parl\u00e9 dans le m\u00eame sens, ce qui nous rassure quant \u00e0 leur alignement sur les consignes.) On go&ucirc;terait alors, dans cette hypoth\u00e8se de classement des positions, les paradoxes divers, et toujours aussi amers, sinon grotesques, d&rsquo;une politique fran\u00e7aise qui oblige officiellement ceux qui le servent \u00e0 faire la promotion d&rsquo;alli\u00e9s dont le but a toujours \u00e9t\u00e9 de discr\u00e9diter les capacit\u00e9s d&rsquo;autonomie de la puissance militaire fran\u00e7aise, aux d\u00e9pens des capacit\u00e9s et de la validit\u00e9 de la doctrine centrale de la s\u00e9curit\u00e9 nationale fran\u00e7aise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Maintenant, sur le fait lui-m\u00eame, et en se r\u00e9f\u00e9rant au t\u00e9moignage du pilote fran\u00e7ais&hellip; Ce que d\u00e9crit ce pilote, ce n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la lourdeur, voire la paralysie des proc\u00e9dures bureaucratiques US, accentu\u00e9es des r\u00e9ticences \u00e0 donner des informations jug\u00e9es \u00ab\u00a0secr\u00e8tes\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;OTAN, et aux alli\u00e9s europ\u00e9ens. On peut m\u00eame avancer que cette obsession de l&rsquo;exclusivit\u00e9 (exceptionnalisme US) et du \u00ab\u00a0secret\u00a0\u00bb conduit en g\u00e9n\u00e9ral ces bureaucraties \u00e0 consid\u00e9rer leurs alli\u00e9s comme leurs v\u00e9ritables ennemis, plut\u00f4t que l&rsquo;ennemi d&rsquo;occasion pour telle ou telle exp\u00e9dition du genre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En plus de cela, la lourdeur inh\u00e9rente \u00e0 la bureaucratie joue \u00e9videmment son r\u00f4le. Cela conduit \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la crise g\u00e9n\u00e9rale qui caract\u00e9rise toutes les infrastructures de la modernit\u00e9, notamment militaire ; les moyens ne manquent jamais, ils sont m\u00eame nombreux, extr\u00eamement avanc\u00e9s et sophistiqu\u00e9s ; c&rsquo;est la souplesse et la rapidit\u00e9 de leur circulation dans des situations requ\u00e9rant en g\u00e9n\u00e9ral et principalement souplesse et rapidit\u00e9, qui manquent, souvent jusqu&rsquo;\u00e0 la compromission des missions impliqu\u00e9es. Le m\u00eame processus existe, par exemple, dans des missions humanitaires o&ugrave; de la nourriture ou d&rsquo;autres secours d&rsquo;urgence sont n\u00e9cessaires pour des populations en danger. Les moyens sont disponibles mais c&rsquo;est la rapidit\u00e9 et la souplesse de leur distribution qui font d\u00e9faut. La surpuissance du Syst\u00e8me ne fait pas d\u00e9faut mais les voies de son autodestruction sont disponibles et tr\u00e8s vite actives&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 23 septembre 2011 19H04<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>France, USA, Libye : du bon usage des alli\u00e9s L&rsquo;un des lieux communs de l&rsquo;offensive a\u00e9rienne de l&rsquo;OTAN en Libye est que deux pays europ\u00e9ens, la France (surtout) et le Royaume-Uni, assur\u00e8rent l&rsquo;essentiel des missions de combat, tandis que les USA assuraient une couverture g\u00e9n\u00e9rale au niveau du soutien en termes de ravitaillement en vol,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[8646,2623,2687,4345,6902,11516,584,3219,2807,4737,2746,2804],"class_list":["post-74084","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-abrial","tag-bureaucratie","tag-france","tag-independance","tag-libye","tag-lourdeur","tag-otan","tag-rafale","tag-renseignement","tag-soutien","tag-souverainete","tag-usa"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74084","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74084"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74084\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74084"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74084"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74084"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}