{"id":74087,"date":"2011-09-26T07:12:28","date_gmt":"2011-09-26T07:12:28","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/09\/26\/la-guerre-la-grande-comme-option\/"},"modified":"2011-09-26T07:12:28","modified_gmt":"2011-09-26T07:12:28","slug":"la-guerre-la-grande-comme-option","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/09\/26\/la-guerre-la-grande-comme-option\/","title":{"rendered":"La guerre, la Grande, comme \u201coption\u201d\u2026"},"content":{"rendered":"<p><p>Dans ces temps de crise(s) d\u00e9cha\u00een\u00e9e(s), les esprits sondent fi\u00e9vreusement l&rsquo;avenir. Selon la m\u00e9thode habituelle de l&rsquo;expertise pr\u00e9visionniste qui est l&rsquo;activit\u00e9 principale en cette mati\u00e8re, plut\u00f4t que l&rsquo;analyse des possibilit\u00e9s restantes de cette dynamique de crise d\u00e9cha\u00een\u00e9e et hors de n\u00f4tre contr\u00f4le, on parle en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;options qui donnent l&rsquo;illusion d&rsquo;un reste d&rsquo;un certain contr\u00f4le des choses par les directions politiques, m\u00eame si c&rsquo;est pour le pire. Se r\u00e9f\u00e9rant en ceci au d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements des ann\u00e9es 1930 (la Grande D\u00e9pression conduisant \u00e0 la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale), l&rsquo;option de la guerre est souvent cit\u00e9e (la Guerre Mondiale, certes, ou Grande Guerre, avec tous les moyens arm\u00e9es d\u00e9cha\u00een\u00e9s). C&rsquo;est le cas de Jean-Michel Quatrepoint, dans son livre <em>Mourir pour le yuan<\/em>, dont Philippe Cohen, dans <em>Marianne2<\/em>, fait un compte-rendu ce <a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/Une-guerre-mondiale-programmee-par-le-neoliberalisme_a210604.html\" class=\"gen\">24 septembre 2011<\/a>. (Le titre m\u00eame indique que, dans ce sc\u00e9nario, la Chine a une place pr\u00e9pond\u00e9rante, d&rsquo;ailleurs en tant que nouvelle puissance dominante <em>in being<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em> Dans un monde o\u00f9 chacun croit les nations d\u00e9pass\u00e9es et les fronti\u00e8res explos\u00e9es, la guerre, nous rappelle Jean-Michel Quatrepoint, journaliste (il fut longtemps au Monde et \u00e0 la Tribune) et \u00e9conomiste, est la continuation de la politique par d&rsquo;autres moyens. Or, si l&rsquo;on regarde les d\u00e9veloppement la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re avec le recul de l&rsquo;histoire, le temps des conflits affleure la diplomatie mondiale. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>En apparence, les dirigeants du monde sont acquis aux id\u00e9aux de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9. Mais nous ne sommes plus dirig\u00e9s par des hommes ayant v\u00e9cu dans leur enfance le traumatisme de la guerre mais par des leaders d\u00e9saffili\u00e9s qui ne seront pas forc\u00e9ment en capacit\u00e9 de ma\u00eetriser les processus qu&rsquo;ils ont d\u00e9clench\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> La premi\u00e8re dimension de la guerre qui nous menace repose selon Quatrepoint sur deux pays qui ont leur revanche \u00e0 prendre sur l&rsquo;histoire : l&rsquo;Allemagne  musel\u00e9e \u00e0 la sortie de la deuxi\u00e8me guerre mondiale  et la Chine que la guerre de l&rsquo;Opium a ramen\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de petite nation pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle, ont en commun une humiliation nationale et certaines similitudes que l&rsquo;ouvrage souligne en les exag\u00e9rant parfois.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on paradoxale, ou qu&rsquo;on jugera plut\u00f4t provocatrice c&rsquo;est selon, on observera que cette option de la guerre est extr\u00eamement optimiste sinon uropique. Elle l&rsquo;est parce qu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur la proposition qu&rsquo;il y a un apr\u00e8s,  apr\u00e8s la crise, puisque la guerre serait l&rsquo;option qui d\u00e9nouerait la crise, par le fer et par le feu, par ce que des esprits appuy\u00e9s sur une raison subvertie jugeraient \u00eatre comme une sorte de Jugement de Dieu. Notre conviction est au contraire qu&rsquo;avec la crise, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;apr\u00e8s concevable et contr\u00f4lable par nos moyens et nos intentions. (La fameuse chanson, peut-\u00eatre pr\u00e9monitoire, qu&rsquo;A Saint Germain-des-Pr\u00e8s, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;apr\u00e8s.) Pour le cas de l&rsquo;option de la Grande Guerre, des indications tr\u00e8s pr\u00e9cises montrent que nous approchons du degr\u00e9 de l&rsquo;impossibilit\u00e9 industrielle et \u00e9conomique de cette Grande Guerre, aux moyens n\u00e9cessairement consid\u00e9rables et au champ n\u00e9cessairement mondial (projection de forces), qui est \u00e9voqu\u00e9e ici. Ce constat concerne les USA, qui sont, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un conflit de cette sorte, un acteur in\u00e9vitable par ses structures de puissance traditionnelles et, dirions-nous, \u00e0 cause de sa politique, potentiellement un acteur d\u00e9clencheur<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous reportons, pour cette affirmation, \u00e0 une nouvelle de <em>DoDBuzz.com<\/em>, ce <a href=\"http:\/\/www.dodbuzz.com\/2011\/09\/21\/americas-hidden-industrial-surge-weakness\/#ixzz1YmpmqhNc\" class=\"gen\">21 septembre 2011<\/a>. Il y est rendu compte d&rsquo;un rapport qui vient d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9, de Barry Watts et Todd Harrison, du Center for Strategic and Budgetary Assessments qui est le <em>think tank<\/em> actuellement consid\u00e9r\u00e9 comme la meilleure et la plus pr\u00e9cise r\u00e9f\u00e9rence dans les questions d&rsquo;\u00e9valuation de la puissance militaire US, notamment dans ses aspects industriel, technologique, et de capacit\u00e9 de production.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Wednesday&rsquo;s brief by two of DC&rsquo;s top defense analysts included another interesting element besides their endorsement of an industrial strategy to protect the defense sector: If the U.S. got into a desperate national pinch and needed to surge its stocks of weapons or equipment, it probably could not do it, they said. Barry Watts and Todd Harrison, of the Center for Strategic and Budgetary Assessments, explained that there are many reasons why the U.S. could not switch on a major industrial effort like the one that built the arsenal of democracy in World War II<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes conditions de la guerre telles que les envisagent les USA ont profond\u00e9ment chang\u00e9, d&rsquo;une part durant la Guerre froide lorsque la perspective d&rsquo;un \u00e9change nucl\u00e9aire impliquait une guerre n\u00e9cessairement courte, ne n\u00e9cessitant aucune r\u00e9serve, d&rsquo;autre part durant la p\u00e9riode depuis la fin de la Guerre froide o\u00f9 les guerres n&rsquo;ont n\u00e9cessit\u00e9,  du point de vue du mat\u00e9riel et de la philosophie d&#8217;emploi,  aucun effort nouveau des USA, et surtout pas la n\u00e9cessit\u00e9 de constituer des r\u00e9serves. Le r\u00e9sultat est que la base industrielle quantitative de production de guerre des USA est extr\u00eamement faible, voire d\u00e9risoire par rapport \u00e0 ce qui fut constitu\u00e9 durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale ; sa reconstitution demanderait un effort industriel, technologique et financier qu&rsquo;il est tout simplement impensable d&rsquo;envisager aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;autant qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;une base industrielle extr\u00eamement sophistiqu\u00e9e, donc co\u00fbteuse et tr\u00e8s longue \u00e0 constituer,  si, m\u00eame, les USA sont encore <strong>capables<\/strong> de la r\u00e9aliser, hypoth\u00e8se hautement incertaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tActuellement, les r\u00e9serves US sont extraordinairement t\u00e9nues. Watts-Harrison pr\u00e9sentent le cas du missile de croisi\u00e8re, instrument principal d&rsquo;une attaque conventionnelle de haut niveau, qui est ici exemplaire et nullement qu&rsquo;execeptionnel <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In the event of a major conflict, analysts worry the Navy and Air Force could expend most or even all of their weapons in the opening days and then lose their initiative. Harrison said the Navy fired about 200 Tomahawk cruise missiles in the early days of the Libya intervention, which he said was about the same number the Pentagon buys in a year. Not only that, Navy warships&rsquo; Vertical Launch System tubes can&rsquo;t be reloaded at sea, so if your cruiser fires all its weapons, it&rsquo;s out of action until it can swing by a friendly port.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa m\u00eame situation est envisag\u00e9e dans d&rsquo;autres domaines, y compris ceux des effectifs eux-m\u00eames, compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9s du point de vue quantitatif par des adversaires potentiels. Philip Ewing, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article conclut : \u00ab<em>Watts and Harrison did not take a position on that issue, but their analysis does raise the question about whether America&rsquo;s arsenal is as ready for anything as we tend to think it is.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Dans une autre partie du rapport, examin\u00e9e \u00e9galement par <em>DoDBuzz.com<\/em> le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dodbuzz.com\/2011\/09\/21\/study-yes-a-strategy-could-save-the-defense-biz\/#ixzz1YmrjwxCU\" class=\"gen\">21 septembre 2011<\/a>, Watts-Harrison envisage tout de m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une mobilisation industrielle. S&rsquo;ils estiment qu&rsquo;elle serait en th\u00e9orie possible, ils \u00e9mettent l&rsquo;argument qu&rsquo;elle devrait s&rsquo;appuyer sur une politique industrielle radicale, impliquant une nationalisation <em>de facto<\/em> de l&rsquo;industrie de d\u00e9fense,  chose dont on \u00e9tait extr\u00eamement loin, m\u00eame durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale aux USA. Ils concluent que ce n&rsquo;est pas une option, dans le climat id\u00e9ologique et populaire actuel, une telle orientation signifiant rien de moins qu&rsquo;une \u00e9conomie quasiment de type socialiste. Impensable, d&rsquo;autant plus que le pouvoir US est d&rsquo;une faiblesse telle que m\u00eame la consid\u00e9ration th\u00e9orique d&rsquo;une telle option est au-dessus de ses forces.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte d&rsquo;impasse compl\u00e8te, il faut ajouter le facteur aggravant du temps. Toute id\u00e9e de reconstitution d&rsquo;une base industrielle acceptable de mobilisation, outre la capacit\u00e9 de la r\u00e9aliser, est quelque chose qui se compterait en ann\u00e9es, en <strong>tr\u00e8s, tr\u00e8s longues<\/strong> ann\u00e9es. Cela vaut pour les USA comme pour les autres, car cela constitue une nouvelle et implacable r\u00e9alit\u00e9 de la situation militaire (et militaro-budg\u00e9taire). Cette id\u00e9e n&rsquo;est pas compl\u00e8tement nouvelle puisque, il y a quelques ann\u00e9es, en 2007, une \u00e9tude avait \u00e9t\u00e9 faite sur l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;attaque terrestre de l&rsquo;Iran par les USA (conflit tr\u00e8s limit\u00e9, rien de la Grande Guerre envisag\u00e9e). Il avait \u00e9t\u00e9 conclu qu&rsquo;un peu plus d&rsquo;un million d&rsquo;hommes serait n\u00e9cessaire et que la seule pr\u00e9paration et mobilisation de cette force prendrait entre deux et trois ans. Cette fois, Watts-Harrison examinent la situation structurelle g\u00e9n\u00e9rale impliquant une restructuration, et non plus un cas structurel qui n&rsquo;implique finalement qu&rsquo;une extension et un renforcement de structures d\u00e9j\u00e0 existantes. Pour eux, il est totalement impossible d&rsquo;envisager le renouvellement d&rsquo;un effort semblable \u00e0 celui de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, m\u00eame dans une mesure r\u00e9duite. Outre la situation g\u00e9n\u00e9rale tr\u00e8s sp\u00e9cifique, de quasi d\u00e9sarmement structurel avec l&rsquo;absence de stock et de r\u00e9serve, il existe des situations qu&rsquo;on pourrait consid\u00e9rer comme des goulots d&rsquo;\u00e9tranglement. Au contraire de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale o\u00f9 des usines produisant d&rsquo;autres biens que de l&rsquo;armement pouvaient ais\u00e9ment passer \u00e0 la production d&rsquo;armement (comme les usines Ford de production d&rsquo;automobiles prenant en charge une portion importante de la production du bombardier B-24), la sp\u00e9cificit\u00e9 des produits, la tr\u00e8s haute technologie de ces produits et des m\u00e9thodes de production, rendent impossible une telle possibilit\u00e9. La constitution d&rsquo;unit\u00e9s de production demande, de la m\u00eame fa\u00e7on, des travailleurs d&rsquo;une si grande qualit\u00e9 et d&rsquo;une si grande sp\u00e9cificit\u00e9, des m\u00e9thodes et des moyens technologiques \u00e0 mesure, qu&rsquo;il y a l\u00e0 \u00e9galement une situation de quasi impossibilit\u00e9. Tout cela doit \u00eatre d&rsquo;autant mieux compris que, dans les circonstances actuelles, de telles mesures de renforcement se mesurent sur des longueurs de temps qui peuvent approcher ou d\u00e9passer la d\u00e9cennie, dans une situation devenue d&rsquo;une extraordinaire complexit\u00e9 et d&rsquo;une tr\u00e8s grande tension si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re aux difficult\u00e9s, voire aux impasses de production exp\u00e9riment\u00e9es dans tous les grands programmes d&rsquo;armement aux USA. Depuis la g\u00e9n\u00e9ration des ann\u00e9es 1970 (F-15, F-16 et F-18), les USA ont \u00e9t\u00e9 impuissants \u00e0 conduire \u00e0 terme un programme de production d&rsquo;avions de combat. Le m\u00eame Barry Watts qui a co-sign\u00e9 le rapport dont il est question observe que les USA ont eu quatre programmes d&rsquo;avions de combat depuis la fin des ann\u00e9es 1970, tous \u00e0 technologies furtive (le F-117, le A-12, le B-2 et le F-22,  en excluant le F-35 dont on dirait qu&rsquo;il est en cours de difficult\u00e9s plut\u00f4t qu&rsquo;en cours de d\u00e9veloppement) ; ces quatre programmes devaient aboutir \u00e0 la production de 2.378 exemplaires, selon la programmation initiale ; la production totale des quatre a atteint 267 exemplaires, et dans des conditions d&rsquo;une compl\u00e8te incertitude (exemple de l&rsquo;immobilisation au sol des 187 F-22 qui serait sur le point de se terminer apr\u00e8s une dur\u00e9e de quatre mois) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas US est \u00e9videmment le cas en pointe. Les autres puissances impliqu\u00e9es dans un sc\u00e9nario hypoth\u00e9tique de grand conflit connaissent de meilleures conditions d&rsquo;une \u00e9ventuelle mobilisation n\u00e9cessaire, mais elles ont de tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res limitations d&rsquo;un autre type. (Ces puissances sont essentiellement la Russie et la Chine, mais certainement pas l&rsquo;Allemagne cit\u00e9e par Quatrepoint, qui est un pays qui n&rsquo;a plus aucune infrastructure d&rsquo;armement pouvant lui permettre d&rsquo;envisager quelque confit que ce soit, et n&rsquo;\u00e9tant plus du tout au niveau technologique ad\u00e9quat, sans parler du soutien populaire.) D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, leurs structures de force ne sont nullement orient\u00e9es vers la projection de forces n\u00e9cessaires \u00e0 un grand conflit mais vers le contr\u00f4le de la s\u00e9curit\u00e9 de leurs zones r\u00e9gionales ; un changement radical, si m\u00eame il \u00e9tait voulu, demanderait \u00e9galement un temps extr\u00eamement long (bien au-del\u00e0 de la d\u00e9cennie), sans nulle garantie de succ\u00e8s car les caract\u00e9ristiques des mat\u00e9riels et l&rsquo;infrastructure n\u00e9cessaire, de tr\u00e8s haute technologie, pour ce type de forces, pousseraient sans doute vers une situation de blocage \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine. La situation porte donc sur un paradoxe qui contrecarre compl\u00e8tement le sc\u00e9nario envisag\u00e9 : la seule puissance (les USA) qui peut porter une guerre \u00e0 longue distance,  la Grande Guerre envisag\u00e9e,  est en train de sombrer tr\u00e8s rapidement dans l&rsquo;impasse et l&rsquo;impuissance, tandis que les autres sont dans une posture d\u00e9fensive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, il y a une autre quasi impossibilit\u00e9 avec le facteur temps. On a vu que ces sp\u00e9culations de r\u00e9armement ou de mobilisation se comptent presque en d\u00e9cennies, alors que les crises se pr\u00e9cipitent \u00e0 une vitesse stup\u00e9fiantes et se succ\u00e8dent de semaine en semaine. Les conditions \u00e9voqu\u00e9es d&rsquo;un conflit possible ne concernent pas une tendance longue, mais une tendance ultra-courte, incontr\u00f4l\u00e9e, compl\u00e8tement erratique. On ne peut imaginer une disparit\u00e9 plus grande, avec l&rsquo;id\u00e9e implicite que la crise et la cause d&rsquo;une \u00e9ventuelle Grande Guerre seraient largement consomm\u00e9es dans une situation compl\u00e8tement nouvelle avant qu&rsquo;on puisse commencer \u00e0 planifier un tel conflit. Il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une situation o\u00f9 le syst\u00e8me du technologisme qui soutiendrait une Grande Guerre atteint lui-m\u00eame une impasse qui est celle de notre civilisation. Encore n&rsquo;envisage-t-on pas l&rsquo;\u00e9niorme puissance du facteur populaire, qui pourrait s&rsquo;av\u00e9rer comme une entrave insurmontable de plus \u00e0 tout projet de Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette situation extr\u00eame, et si l&rsquo;on tient \u00e0 conserver l&rsquo;option d&rsquo;une Grande Guerre, le seul moyen restant est, tr\u00e8s simplement et radicalement, celui d&rsquo;un \u00e9change nucl\u00e9aire, o\u00f9 les moyens restent disponibles. Ce cas nous para\u00eet tr\u00e8s al\u00e9atoire, et d\u00e9pendre essentiellement d&rsquo;une instabilit\u00e9 psychologique pouss\u00e9e \u00e0 son extr\u00eame. Mais ce cas, justement, peut paradoxalement b\u00e9n\u00e9ficier de la situation de blocage de civilisation d\u00e9crite ci-dessus ; ce blocage est \u00e9videmment entretenu \u00e9galement par une paralysie et une pesanteur bureaucratiques extraordinaires, surtout dans les appareils militaires, et cette paralysie et cette pesanteur joueraient probablement  contre l&rsquo;option d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire, vu la prudence des bureaucraties. Cela a sans doute \u00e9t\u00e9 le cas en 2007, selon Seymour Hersh, o\u00f9 la bureaucratie militaire aurait r\u00e9ussi, par une menace de quasi insubordination, d&rsquo;envisager une attaque nucl\u00e9aire contre l&rsquo;Iran. (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_revolution_d_avril_ou_comment_gw_a_abandonne_l_option_nucleaire_03_07_2006.html\" class=\"gen\">3 juillet 2006<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObserv\u00e9 bri\u00e8vement, nous dirons que nous ne sommes dans une situation d&rsquo;impossibilit\u00e9 structurelle d&rsquo;une Grande Guerre. Il faut dire que nous n&rsquo;avons absolument pas besoin de cela pour notre situation d&rsquo;effondrement actuel, qui ne se fait pas selon des antagonismes humains classiques, mais par des processus internes au Syst\u00e8me, hors de notre contr\u00f4le, et \u00e0 une vitesse qui renvoie la possibilit\u00e9 d&rsquo;une Grande Guerre \u00e0 un univers d\u00e9pass\u00e9, qui n&rsquo;existe plus<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 26 septembre 2011 \u00e0 07H19<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ces temps de crise(s) d\u00e9cha\u00een\u00e9e(s), les esprits sondent fi\u00e9vreusement l&rsquo;avenir. 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