{"id":74113,"date":"2011-10-04T12:17:59","date_gmt":"2011-10-04T12:17:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/04\/collision-spatio-temporelle\/"},"modified":"2011-10-04T12:17:59","modified_gmt":"2011-10-04T12:17:59","slug":"collision-spatio-temporelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/04\/collision-spatio-temporelle\/","title":{"rendered":"Collision spatio-temporelle"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Collision spatio-temporelle<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tCollision. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai ressenti \u00e0 la lecture de l&rsquo;extrait qui suit. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCollision et convergences (d&rsquo;intuitions) entre ce que Maurice Chappaz \u00e9crit dans le Paris de mai 68 et les derniers \u00e9crits de <em>dedefensa.org<\/em> depuis cet \u00e9t\u00e9, et tout sp\u00e9cialement avec le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_automne_americain_souffle_sur_wall_street_03_10_2011.html\" class=\"gen\">dernier article<\/a> en date sur le mouvement <em>Occupy Wall Street<\/em> comme derni\u00e8re mouture de syst\u00e8mes antiSyst\u00e8me. On y trouve  par del\u00e0 le temps et les contextes conjoncturels  nombres d&rsquo;ingr\u00e9dients \u00e9tonnements proches quant \u00e0 l&rsquo;essentiel. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les lignes de Maurice Chappaz, on y trouve bien s\u00fbr, pr\u00e9alable indispensable, la position antimoderne (\u00ab<em>un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9go\u00fbt que tu ne peux imaginer :<\/em> () <MI>cette propagande, cette r\u00e9clame pour l&rsquo;englobant industriel, le progr\u00e8s carr\u00e9ment d\u00e9tach\u00e9s de l&rsquo;humain<MI>\u00bb). On y trouve la surpuissance et l&rsquo;autodestruction ramass\u00e9e en un mot ! (\u00ab<em>la Surmort<\/em>\u00bb). On y trouve la tactique d&rsquo;inconnaissance, comme moyen de ne pas se faire neutraliser par le syst\u00e8me, encore minuscule \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque (\u00ab<em>Je crois avoir compris la m\u00e9tamorphose. Je ne jetterai pas un pav\u00e9.<\/em> () <em>Je me retire en silence.<\/em> () <em>L&rsquo;action deviendra partout de plus en plus n\u00e9gative jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on puisse de nouveau respirer<\/em> () <em>C&rsquo;est pourquoi je n&rsquo;ai aucune opinion<\/em> () <em>c&rsquo;est pourquoi je pourrais trinquer avec n&rsquo;importe lequel des mes adversaires.<\/em>\u00bb). On y trouve la col\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale contre cette contre-civilisation comme courant de fond des \u00e9v\u00e9nements (\u00ab<em>nous sommes justement enrag\u00e9s<\/em>\u00bb), et l&rsquo;absence de buts clairement d\u00e9finis. On y trouve la non organisation et la spontan\u00e9it\u00e9 du mouvement de r\u00e9volte, (\u00ab<M>>les improvisateurs les plus forts  je ne les appelle pas chefs : on a un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 rouler sur une pente comme nos blocs, nos grosses boule de neige<D>\u00bb) et on y trouve l&#8217;emprunt de voies autres que celle de la raison comme seule possibilit\u00e9 d&rsquo;expression de cette r\u00e9volte (\u00ab<em>d&rsquo;autres failles, d&rsquo;autres surprises et qui se produiront irrationnellement et non selon les voies pratiques<\/em>\u00bb). On y trouve enfin l&rsquo;accentuation de la pente naturelle du Syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;autodestruction comme (seul) mode op\u00e9ratoire (\u00ab<em>On ne parvient peut-\u00eatre qu&rsquo;\u00e0 se secouer ce qui tremble d\u00e9j\u00e0<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOubliez la date du texte, oubliez le contexte politique (gouvernement de Gaulle), oubliez le contexte social (lib\u00e9ralisation sexuelle). Et lisez-l\u00e0 pour ce qu&rsquo;elle est : une r\u00e9flexion sur notre Contre-Civilisation de la plus br\u00fblante actualit\u00e9, \u00e0 mettre absolument en parall\u00e8le (<em>bis repetita<\/em>) <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_automne_americain_souffle_sur_wall_street_03_10_2011.html\" class=\"gen\">avec<\/a> <em>L&rsquo;automne am\u00e9ricain souffle sur Wall Street<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec le recul de cette voix qui nous parvient par del\u00e0 quarante ann\u00e9es, son langage fleuri et ramass\u00e9, c&rsquo;est aussi remontant qu&rsquo;un bon whisky tourb\u00e9 compos\u00e9 des meilleures eaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTenez, j&rsquo;en ai remis du Bruce Springsteen pour la recopier ! Puisse cela \u00eatre ma mani\u00e8re de me tenir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux du pont de Brooklyn. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Un dernier mot sur l&rsquo;extrait. Il est tir\u00e9 de la correspondance entre <a href=\"http:\/\/www.culturactif.ch\/ecrivains\/chappaz.htm\" class=\"gen\">Maurice Chappaz<\/a>, alors \u00e2g\u00e9 de 52 ans, devenu po\u00e8te dans les ann\u00e9es trente puis auteur confirm\u00e9, et <LIEN=http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jean-Marc_Lovay>Jean-Marc Lovay, ami des fils du premier et auteur en devenir, \u00e2g\u00e9 de 20 ans tout juste et lanc\u00e9 sur les routes d&rsquo;Afghanistan, et d&rsquo;Inde et du Tibet. Ah oui, tous deux viennent du Valais et sont de grands amoureux des montagnes et du grand air. La correspondance est parue aux Cahiers de la Renaissance vaudoise, Lausanne, 1970, sous le titre <em>La tentation de l&rsquo;Orient<\/em>. L&rsquo;extrait recopi\u00e9 ici est tir\u00e9 de l&rsquo;\u00e9dition de 1988 parue chez Favre. C&rsquo;est la deuxi\u00e8me lettre de l&rsquo;ouvrage).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\"><em>Occupy Wall Street<\/em>. En direct de mai 68, par Maurice Chappaz<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab Paris, mai 1968, rue Froidevaux<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Mon cher Jean-Marc<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb J&rsquo;habite chez un ami, en face de la casbah des morts, le cimeti\u00e8re de Montparnasse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Toi, tu as du traverser ce vide, ce gris poussi\u00e9reux, irr\u00e9el, ce no man&rsquo;s land dont tu m&rsquo;avais parl\u00e9, de vingt-cinq kilom\u00e8tre, tout seul \u00e0 pied entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Afghanistan, et tu as du boire le premier th\u00e9 hi\u00e9ratiquement dans l&rsquo;absurde douane, chez les \u00e9trangers en uniforme, tous s\u00e9lects et sales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb C&rsquo;est \u00e9trange. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb C&rsquo;est le no man&rsquo;s land [ici] aussi. Imagine une grande place \u00e0 Paris pr\u00e8s du Lion Denfert. Il y a des arbres verts : je me r\u00e9cite m\u00eame des po\u00e8mes. La place s&rsquo;ouvre en carrefours. Et les missionnaires viennent, les fourmis, les bacilles. Deux \u00e0 trois milles missionnaires : ce sont les \u00e9tudiants. Les Sorbonnes d\u00e9gorgent. La place se remplit en plusieurs heures comme une grande bouteille, comme les \u00ab chinois \u00bb du th\u00e9 ! Petits groupes de quatre, de cinq, de dix ; des centaines, des centaines de meetingues-dialogues. Un type jette une id\u00e9e, la d\u00e9veloppe, interpelle, encha\u00eene, un autre attrape, objecte, contredit. Si un intellect faiblit une t\u00eate fait la balle en avant. Le d\u00e9bat est relanc\u00e9, sans arr\u00eat, comme dans les s\u00e9minaires ou les longs interrogatoires de la S\u00fbret\u00e9. A l&rsquo;examen ? Deux choses : refaire la soci\u00e9t\u00e9 la th\u00e9orie ; ficher en bas le gouvernement au plus vite, la pratique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb La culture gargouille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Vers les six heures du soir les improvisateurs les plus forts (je ne les appelle pas chefs : on a un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 rouler sur une pente comme nos blocs, nos grosses boule de neige), les improvisateurs, les grands p\u00e2tissiers de foule montent sur le Lion, enfourchent le Lion. Ils interrogent, lancent les d\u00e9fis. Quel boulevard va descendre le cort\u00e8ge ? Place d&rsquo;Italie, les quartiers ouvriers, ou la Sorbonne ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Et la liturgie des cris ! Pas question que la police les d\u00e9\u00e7oive en restant tranquille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Tu me diras : que m&rsquo;importe ? Je refuse de m&rsquo;int\u00e9grer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Eh bien c&rsquo;est le grand refus de s&rsquo;int\u00e9grer. Et je ne l&rsquo;aurais jamais cru. J&rsquo;ai localis\u00e9 le pouvoir r\u00e9el, brutal dans l&rsquo;\u00e9conomie et vu les vell\u00e9it\u00e9s, les complicit\u00e9s, les mensonges, le  blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comport\u00e9 pour moi un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9go\u00fbt que tu ne peux imaginer : le nazisme. Le commercial totalitaire le ressuce en lui : cette tuerie d&rsquo;arbres, de phoques, cet empoisonnement de l&rsquo;air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette r\u00e9clame pour l&rsquo;englobant industriel, le \u00ab progr\u00e8s \u00bb carr\u00e9ment d\u00e9tach\u00e9s de l&rsquo;humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, sp\u00e9culateurs, menteurs en tous produits et app\u00e9tits. Nous connaissons aussi ces volont\u00e9s de puissance \u00e0 l&rsquo;il parfois tr\u00e8s intelligent de Surmorts, qui d\u00e9l\u00e8guent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des esp\u00e8ces de chauves graisseux moins costaux qu&rsquo;eux-m\u00eames. Les Surmorts ont besoin d&rsquo;otages, de m\u00e9diocres qui limitent toujours un pays aux affaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Pardonne-moi, nul ne peut comprendre facilement (et pourtant !) pourquoi je sens le nazisme et je me frotte les mains du trou dans la civilisation. L&rsquo;entrepreneur Hitler, l&rsquo;\u00e9picier Staline du coin ont perdu leur soci\u00e9t\u00e9, le caporal Coca-Cola est foutu. Il y a un conglom\u00e9rat colonel-homme d&rsquo;affaires-th\u00e9ologien qui est perc\u00e9 comme un bidon. Mais attention, je ne me place pas sur un terrain de luttes politiques, mes sympathies ou mes antipathies iraient d&rsquo;ailleurs aussi bien \u00e0 ce qui peut \u00eatre \u00e0 gauche ou \u00e0 droite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Camarades, on n&rsquo;a encore rien invent\u00e9 de mieux que le travail manuel des couvents !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJ&rsquo;ai senti le nazisme politique avant de sentir dans l&rsquo;humain le nazisme \u00e9conomique. C&rsquo;\u00e9tait de mes quinze ans \u00e0 mes trente ans. En sourdine ici mais pas du tout dans l&rsquo;imaginaire. Les propos valorisant les Nabots \u00e9taient monnaie courante. Leurs doctrines teintaient les n\u00f4tres. Tu \u00e9tais compris \u00e0 travers une mentalit\u00e9, une morale, un f\u00e9tichisme. Par la suite, le boutiquier-parfumeur veut qu&rsquo;on pense boutiquier-parfumeur et fout \u00e0 la porte Quinodoz parce qu&rsquo;il apprend qu&rsquo;il poursuit des \u00e9tudes de musique au Conservatoire, hors de son local d&#8217;emballage (Gen\u00e8ve, 1954). Les actes officiels et sournois du temps de la guerre sont d&rsquo;ailleurs toujours cel\u00e9s. Les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9trangl\u00e9s en silence ? Que la jeunesse ne sache rien ! Je n&rsquo;allonge pas : mais l&rsquo;insuffisance, la lettre qui tue aussi des religions, passives, aux doctrines qui se dess\u00e8chent, sans le plus petit aboi d&rsquo;un proph\u00e8te ! Chez nous ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb L&rsquo;odeur des camps et l&rsquo;odeur du progr\u00e8s se ressemblent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb On est pass\u00e9 de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre sans vouloir comprendre. Les libert\u00e9s sont l\u00e0 mais rong\u00e9es par la robotisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Pour la premi\u00e8re fois la faille, la surprise qui annonceront d&rsquo;autres failles, d&rsquo;autres surprises et qui se produiront irrationnellement et non selon les voies pratiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb On ne parvient peut-\u00eatre qu&rsquo;\u00e0 se secouer ce qui tremble d\u00e9j\u00e0 : il ne reste qu&rsquo;\u00e0 m\u00e9diter dans l&rsquo;intervalle. J&rsquo;ai d\u00e9test\u00e9 cette fausse soci\u00e9t\u00e9 dite moderne (et qui est aussi archa\u00efque que technique). Je n&rsquo;ai jamais \u00e9t\u00e9 purement conservateur. J&rsquo;ai aim\u00e9 avec tendresse les grandes victimes, les vieux royaumes paysans moulus par les guerres puis assassin\u00e9s par le jeu des artifices et des concurrences strictement d\u00e9loyales. Mais l&rsquo;avenir, j&rsquo;y crois, dans le sens, dans la direction d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 int\u00e9rieure. Que la lumi\u00e8re soit ! Que la ville signifie l&rsquo;esprit !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Je sais comme l&rsquo;autres fois (Londres 1940), Paris mai 1968) que l&rsquo;ignoble petit Hitler voyageur de commerce, petit SS destructeur du vivant, sera battu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Je passe la nuit \u00e0 t&rsquo;\u00e9crire, Je suis chez un type de mon adolescence, Georges il y a longtemps surnomm\u00e9 Queue-de-chat-bleu. On tousse, on crache sans arr\u00eat. C&rsquo;est qu&rsquo;il y a une heure on a \u00e9t\u00e9 balourdement cern\u00e9s dans un caf\u00e9 du boulevard Montparnasse, enfum\u00e9s par les milices par toutes les fentes. Il fallait casser la devanture \u00e0 coup de chaise pour bondir. C&rsquo;\u00e9tait le nuage blanc. La porte boucl\u00e9e par le g\u00e9rant s&rsquo;est ouverte, un vol de grenades \u00e0 gaz a bouscul\u00e9 directement le local. Je les vois gr\u00e9siller sur les tables. Les policiers n&rsquo;ont pas pu ou voulu nous cueillir tous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb On s&rsquo;enfuyait. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Queue-de-chat-bleu a disparu. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb J&rsquo;ai salu\u00e9 un drapeau noir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Tu m&rsquo;as pos\u00e9 une fois cette question : comment c&rsquo;\u00e9tait, pour <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tvous, \u00e9crire ? C&rsquo;est-\u00e0-dire comment les po\u00e8mes ont jailli ? ()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb L&rsquo;\u00e9criture pour moi, l&rsquo;\u00e9criture pour toute la vie apr\u00e8s une formation mythique chez les P\u00e8res, c&rsquo;\u00e9tait une chose qui naissait dans l&rsquo;affolement, dans l&rsquo;interrogation de moi-m\u00eame, dans la peur ressentie parce que tu perds pieds vis-\u00e0-vis de ce monde ext\u00e9rieur qui t&rsquo;oppresse de toutes ses mesures, ses certitudes, ses interpr\u00e9tations massives, chiffr\u00e9es, dogmatiques. Une bonne conscience mena\u00e7ante. Et puis en volte-face, face \u00e0 face noir, il y a le \u00ab qui es-tu ? \u00bb int\u00e9rieur. Donc tu ne veux pas \u00eatre le dehors, tu ne veux pas \u00eatre la force des autres, alors honn\u00eatement, le dedans ? Qu&rsquo;est-ce ? Reste-t-il une personne ? Tu es oblig\u00e9 de te r\u00e9pondre : peut-\u00eatre rien, rien car c&rsquo;est le silence, c&rsquo;est le puits. Tes relations sautent. Tu connais un fragment de nuit. Le rien est l\u00e0. Tu as de la vie en toi cependant. C&rsquo;est-\u00e0-dire ce silence veut \u00eatre manifest\u00e9. Tu prends alors une feuille de papier et tu balbuties dessus pour dire comme un idiot que les deux feuilles de peuplier au bord du canal sont belles. Violence de la joie ! Ah ! une de mes premi\u00e8res pens\u00e9es peut-\u00eatre \u00e7a \u00e9t\u00e9 la poussi\u00e8res des chemins.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0, il y avait des routes de terre \u00e0 cette \u00e9poque et<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Les sentiers pleins de poussi\u00e8res<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>couleur de l&rsquo;illet blanc<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Va chercher l&rsquo;illet blanc en Asie !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb N&rsquo;\u00e9tait la guerre, je serai parti. Il est vrai que j&rsquo;avais l&rsquo;obsession du Canada, de l&rsquo;Alaska de Jack London qui a par ailleurs \u00e9crit qu&rsquo;il faut du g\u00e9nie pour r\u00e9sister, ne pas \u00eatre m\u00e2ch\u00e9 par l&rsquo;Universit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Eh ! J&rsquo;ai jou\u00e9 ma vie au pays !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Pr\u00e9sence contre pr\u00e9sence. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Eh bien ! J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 rejoint dans ma fa\u00e7on d&rsquo;aimer. Des murs r\u00e9p\u00e8tent, crient certaines de mes pens\u00e9es. Par exemple que le travail idol\u00e2tre n&rsquo;est pas vrai.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Je recopie des inscriptions sur mon petit carnet. Sur les fa\u00e7ades mon crayon gratte impuissant, je transmets ma formule \u00e0 des psychologues venus de Nanterre : Si vous broyez du noir, mangez du blanc. Nous sommes justement enrag\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Et puis en face de moi le mur social-nazi s&rsquo;\u00e9croule.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Ils peuvent encore le hausser, raboter les 4000 du Valais, v\u00ealer leur paradis du tourisme. C&rsquo;est fichu. J&rsquo;ai vu avant tous les autres que leurs dix mille villas et HLM ce n&rsquo;est que du Kafka ensoleill\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Il ne s&rsquo;agit pas du tout du gouvernement de la France. La politique n&rsquo;est plus le destin d&rsquo;ailleurs, un inconnu religieux la supprime. Dans le truc, dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement en trompe-l&rsquo;il, je serais pour Malraux (qui doit bien fumer du hasch de temps en temps, le blanc de paris c&rsquo;est du pur hasch tr\u00e8s beau).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb La soci\u00e9t\u00e9 doit changer, mourir. Elle se r\u00eave dans votre ventre, imb\u00e9ciles !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb C&rsquo;est cela que je saisis. Je crois avoir compris la m\u00e9tamorphose. Je ne jetterai pas un pav\u00e9 J&rsquo;\u00e9coute un po\u00e8me. Je me retire en silence. La plus grande efficacit\u00e9 m\u00eame dans l&rsquo;imm\u00e9diat est l\u00e0. Enfin ! Comment ? L&rsquo;action deviendra partout de plus en plus n\u00e9gative jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on puisse de nouveau respirer. Agissez, construisez : quelles fosses, quels charniers ! A moi de dire aux autres mais jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils le sentent non pas dans leur fausses apparences (trop facile !) mais dans leur identit\u00e9 : Vous n&rsquo;\u00eates pas ce que vous \u00eates. C&rsquo;est pour cela que les autos flambent. C&rsquo;est pour cela que les rues se d\u00e9pavent, que je me trouve comme dans un traquenard d&rsquo;autobus grillag\u00e9s et de scarab\u00e9es fusil au poing, crosses en avant matelass\u00e9s de grenades qu&rsquo;ils lanceront dans deux minutes apr\u00e8s mon d\u00e9part par une ruelle oblique, c&rsquo;est pour cela que la ru\u00e9e sauvage des policiers dans le nuage blanc a fait plus de mille bless\u00e9s et viol\u00e9s, c&rsquo;est pour cela que je tra\u00eene en m&rsquo;arr\u00eatant dans les \u00e9meutes un \u00e9norme paquet, mon conte de f\u00e9es en trois volume hauts comme un tabouret d&rsquo;harmonium : <em>L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e byzantine<\/em> de Schlumberger qui me fait r\u00eaver depuis mon adolescence et que j&rsquo;ai trouv\u00e9e chez un tr\u00e8s gros libraire arm\u00e9nien qui avait un cocard sur l&rsquo;il. J&rsquo;ai appris ce terme chez lui. L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant avait re\u00e7u un coup de matraque en allant au caf\u00e9. C&rsquo;est pourquoi je n&rsquo;ai aucune opinion. ()<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Et \u00e0 l&rsquo;Od\u00e9on encore, o\u00f9 les gendarmes \u00e9ructent leurs ufs \u00e0 gaz, j&rsquo;avais regard\u00e9 ces marionnettes japonaises manipul\u00e9es selon le rituel dans l&rsquo;ombre, dans le treillis des cagoules noires, et en toi coule le verbe jaillissant, vocif\u00e9rant ou melliflue, insistant de braise, de rire, de pleurs du R\u00e9citant qui porte le livre \u00e0 son front. C&rsquo;est pourquoi je suis comme le ruisseau du Tay\u00fb. () C&rsquo;est pourquoi, c&rsquo;est pourquoi je pourrais trinquer avec n&rsquo;importe lequel des mes adversaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Salut vers les steppes et dans l&rsquo;au del\u00e0 Valais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb M.C. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Christian Steiner<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Collision spatio-temporelle Collision. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai ressenti \u00e0 la lecture de l&rsquo;extrait qui suit. Collision et convergences (d&rsquo;intuitions) entre ce que Maurice Chappaz \u00e9crit dans le Paris de mai 68 et les derniers \u00e9crits de dedefensa.org depuis cet \u00e9t\u00e9, et tout sp\u00e9cialement avec le dernier article en date sur le mouvement Occupy Wall Street&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[8697,3096,11493,7872,3372,3132],"class_list":["post-74113","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-8697","tag-mai","tag-occupy","tag-steiner","tag-street","tag-wall"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74113\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}