{"id":74114,"date":"2011-10-05T05:36:08","date_gmt":"2011-10-05T05:36:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/05\/la-fin-du-capitalisme-selon-wallerstein\/"},"modified":"2011-10-05T05:36:08","modified_gmt":"2011-10-05T05:36:08","slug":"la-fin-du-capitalisme-selon-wallerstein","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/05\/la-fin-du-capitalisme-selon-wallerstein\/","title":{"rendered":"La fin du capitalisme, selon Wallerstein"},"content":{"rendered":"<p><p>Le site de <em>Russia Today<\/em> a r\u00e9alis\u00e9 une interview du sociologue et historien des sciences sociales <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Immanuel_Wallerstein\" class=\"gen\">Immanuel Wallerstein<\/a>, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/end-capitalism-system-replace-999\/\" class=\"gen\">4 octobre 2011<\/a>. C&rsquo;est un texte int\u00e9ressant, parce qu&rsquo;il r\u00e9sume en quelques points assez pr\u00e9cis les conceptions g\u00e9n\u00e9rales de Wallerstein, dont on sait qu&rsquo;il est un penseur particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 des critiques du capitalisme. Nous reprenons ci-dessous la quasi int\u00e9gralit\u00e9 de ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sur la crise du capitalisme  : selon Wallerstein, c&rsquo;est la crise finale, et la bataille <strong>en cours<\/strong> n&rsquo;est pas tant \u00e0 propos du capitalisme lui-m\u00eame mais \u00e0 propos de ce qui va le remplacer\u00ab<em>Modern capitalism has reached the end of its rope. It cannot survive as a system, Wallerstein said. And what we are seeing is the structural crisis of the system. The structural crisis goes on for a long time. It really started more or less in the 1970s and will go on for another 20, 30, 40 years. It is not a crisis of a year or of a short moment, it is the major structural unfolding of a system.  And we are in transition to another system and, in fact, the real political struggle that is going on in the world that most people refuse to recognize is not about capitalism  should we have or should we not have it  but about what should replace it.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Puisque, pour Wallerstein, le capitalisme est en train de dispara\u00eetre, puisque la bataille en cours concerne ce qui va remplacer le capitalisme,  par quoi, effectivement, peut-il \u00eatre remplac\u00e9<D>? \u00ab<em>I would like a more relatively democratic, more relatively egalitarian world  that is one view, he said. We never had that in the history of the world, but it is possible. The other view is that you have a very unequal, polarizing, exploitative system. It does not have to be capitalism. Capitalism is that. But you can do that in many other ways, some of which may be far worse than capitalism.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Wallerstein fait une description technique de la fa\u00e7on dont le changement pourrait s&rsquo;op\u00e9rer, entre le capitalisme et un nouveau syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus qu&rsquo;il nomme bifurcation. \u00ab<em>It is technically called a bifurcation of a system, he said. Its roots are in many ways the impossibility of continuing the basic principle of capitalism which is seized as the accumulation of capital. And that&rsquo;s the whole point of capitalism as a system. And it has worked in some ways marvelously well for 500 years. It has been an extremely successful system in what it was trying to do but it has undone itself as all systems do. What happens in a bifurcation is that at some point, the thing tilts and we get into a new, relatively stable situation  the crisis is over, we are in a new system.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Enfin, Wallerstrein d\u00e9crit les dangers, qu&rsquo;il juge consid\u00e9rables, du processus qui va s&rsquo;engager, ou qui s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 selon lui, qui implique d&rsquo;une part l&rsquo;enterrement du capitalisme et, d&rsquo;autre part, la naissance et la mise en place d&rsquo;un nouveau syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation tr\u00e8s dangereuse parce que compl\u00e8tement paralys\u00e9e entre un syst\u00e8me qui s&rsquo;effondre et la perception d&rsquo;aucune perspective de remplacement, m\u00eame \u00e0 court terme \u00ab<em>I sometimes say this is the historicization of the old Greek philosophical distinction between determinism and free will, he went on. When the system is relatively stable, it is relatively determined as a system in which we have relatively limited free play. But when it is unstable, when it is going into structural crisis, free will comes into the picture. That is to say, our actions really matter in a way that they did not for 500 years. And it is extremely dangerous. It is a system in which everything is relatively unpredictable in the short-term. People cannot live with unpredictability in the short run, he stated. We can live with unpredictability in the long run  we can adjust to that. But if you don&rsquo;t know what is going to happen the next day or the next year, then you don&rsquo;t know what to do. And you get paralyzed. And this is basically what we are seeing in the world economy right now  it&rsquo;s a paralysis. Nobody is investing because they are not sure that three years from now, they are going to get their money back. And if you don&rsquo;t invest  you make the situation even worse. But people don&rsquo;t feel they have much choice. The options are few.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p>Puisque l&rsquo;occasion nous en est donn\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;un texte remarquablement pr\u00e9cis et concentr\u00e9, nous allons proposer une appr\u00e9ciation critique des conceptions de Wallerstein. Mise \u00e0 part l&rsquo;\u00e9vidente appr\u00e9ciation qualitative que nous avons pour lui, le cas de Wallerstein repr\u00e9sente \u00e0 notre sens exactement une nouvelle situation qui est en train de se mettre en place tr\u00e8s rapidement, si elle n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 en place, qui touche essentiellement les domaines philosophique, historique et politique. C&rsquo;est une conception que nous d\u00e9velopperons dans le prochain num\u00e9ro de <em>dde.crisis<\/em>, et dont nous avons d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9e les fondements dans deux textes (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_dissolution_du_monde_ddecrisis_13_09_2011.html\" class=\"gen\">13 septembre 2011<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dedefensaorg_et_l_esprit_de_la_chose_19_09_2011.html\" class=\"gen\">19 septembre 2011<\/a>). Il s&rsquo;agit du constat que l&rsquo;union politique <em>de facto<\/em> existant entre 2001 et 2007-2008 contre les entreprises am\u00e9ricanistes, exacerbation extr\u00eame de la pression-Syst\u00e8me, s&rsquo;est transform\u00e9e en une fragmentation entre diff\u00e9rentes options et conceptions, alors que l&rsquo;effondrement am\u00e9ricaniste laisse place \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de la situation : un Syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral, auquel personne n&rsquo;\u00e9chappe, lui-m\u00eame en cours d&rsquo;effondrement, engendrant une vari\u00e9t\u00e9 de r\u00e9actions critiques certes, mais qui peuvent s&rsquo;av\u00e9rer antagonistes entre elles. En quelque sorte, l&rsquo;ennemi principal a compl\u00e8tement chang\u00e9 : en 2001-2007, c&rsquo;\u00e9tait le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, y compris sa conception du capitalisme, aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est le Syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral lui-m\u00eame, ou ce que nous nommons notre Contre-Civilisation. C&rsquo;est la raison pour laquelle nous serons aujourd&rsquo;hui beaucoup plus critiques de Wallerstein que nous aurions pu l&rsquo;\u00eatre en 2004 ou en 2006<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, il y a bien entendu un point d&rsquo;accord avec l&rsquo;analyse de Wallerstein, le fondement de la discussion si l&rsquo;on veut. On le comprend ais\u00e9ment si l&rsquo;on fr\u00e9quente <em>dedefensa.org<\/em>, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du caract\u00e8re in\u00e9luctable de l&rsquo;effondrement (le terme pris ici dans un sens non pr\u00e9cis\u00e9).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique, nous aurions une autre approche historique du capitalisme que celle de Wallerstein, loin d&rsquo;en faire un succ\u00e8s de pr\u00e8s de 500 ans et observant que sa crise fondamentale a commenc\u00e9 avec la Grande D\u00e9pression, bien avant les ann\u00e9es 1970. (La crise de la Grande D\u00e9pression ne fut jamais r\u00e9solue en purs termes \u00e9conomiques, mais redress\u00e9e en partie et tenue \u00e0 distance par l&rsquo;adjuvent de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale puis par une structure d&rsquo;\u00e9conomie guerri\u00e8re qui tint lieu de v\u00e9ritable politique industrielle, mise en place imm\u00e9diatement apr\u00e8s cette guerre et connue sous le nom de complexe militaro-industriel ; la dictature du dollar reposait elle-m\u00eame sur cette structure qui g\u00e9n\u00e9rait une puissance de coercition qui n&rsquo;\u00e9tait \u00e9conomique que dans ses effets.) Quant aux options qu&rsquo;il semble proposer, entre ce qui serait une sorte de n\u00e9o-socialisme r\u00e9ussi et quelque chose de pire que le capitalisme (il nous para\u00eet difficile de trouver quelque chose de pire qu&rsquo;un syst\u00e8me,  l&rsquo;actuel,  qui d\u00e9truit le monde), elles nous semblent trop li\u00e9es aux r\u00e9f\u00e9rences pass\u00e9es alors que la rupture dont Wallenstein prend acte est une proposition qui porte en elle, par sa d\u00e9finition elle-m\u00eame, la r\u00e9pudiation de toutes les r\u00e9f\u00e9rences de l&rsquo;\u00e9poque ainsi rompue. Dite autrement, la rupture est celle de la conception \u00e9conomiste du monde elle-m\u00eame et ne peut enfanter d&rsquo;une issue, m\u00eame satisfaisante, qui ne serait qu&rsquo;\u00e9conomiste, ou arr\u00eat\u00e9e \u00e0 la seule conception \u00e9conomiste. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cela implique notre critique principale qui est que l&rsquo;approche de Wallerstein est tr\u00e8s exclusivement \u00e9conomiste, \u00e9ventuellement sociale, mais qu&rsquo;elle ne dit rien du champ culturel et m\u00e9tahistorique ni, surtout, du champ essentiel de la psychologie. Cela le conduit \u00e0 des observations qui, \u00e0 notre sens, sont inexactes parce que partielles, avec des facteurs fondamentaux absents dont l&rsquo;influence est \u00e9videmment g\u00e9n\u00e9rale et fondamentale. Lorsque Wallerstein dit, d&rsquo;une part que la bataille en cours est \u00e0 propos de ce qui doit remplacer le capitalisme (\u00ab<em>the real political struggle that is going on in the world that most people refuse to recognize is not about capitalism  should we have or should we not have it  but about what should replace it<\/em>\u00bb), et nullement \u00e0 propos de ceux qui acceptent ou refusent le capitalisme ; d&rsquo;autre part, que nous sommes paralys\u00e9s parce que nous n&rsquo;avons plus de vision m\u00eame \u00e0 court terme, il montre effectivement cette absence de la psychologie. A notre sens, la bataille, aujourd&rsquo;hui, ne se fait pas autour de l&rsquo;acceptation ou pas du capitalisme, de ce qui doit le remplacer, etc., donc nullement \u00e0 propos d&rsquo;interrogations dont on conna\u00eet les termes, mais bien entre deux faits aussi puissants l&rsquo;un que l&rsquo;autre et dont nous subissons toute la force et tout le poids : d&rsquo;une part, l&rsquo;\u00e9chec complet et apocalyptique du capitalisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une civilisation dans son enti\u00e8ret\u00e9, d&rsquo;autre part la croyance, la <strong>foi ardente<\/strong>, d&rsquo;essence religieuse (plut\u00f4t que spirituelle) et du domaine psychologique de l&rsquo;inconscient, dans l&rsquo;existence ontologique du capitalisme. La paralysie observ\u00e9e est entre ces deux forces formidables qui s&rsquo;opposent, et nous dirions bien entendu que ce blocage-l\u00e0 affecte m\u00eame <em>a contario<\/em> nombre d&rsquo;anticapitalistes, dont l&rsquo;anticapitalisme est autant l&rsquo;objet d&rsquo;une <strong>foi ardente<\/strong> (en sens contraire) que celle des capitalistes pour le capitalisme. Le probl\u00e8me est que le capitalisme qui s&rsquo;effondre reste la r\u00e9f\u00e9rence psychologique universelle, qui pour le d\u00e9ifier, qui pour y voir le diable, et que la recherche de quelque chose de compl\u00e8tement nouveau \u00e0 partir d&rsquo;une r\u00e9action sp\u00e9cifique \u00e0 quelque chose de sp\u00e9cifique et d&rsquo;existant porte tous les risques du renouvellement de l&rsquo;erreur. Face \u00e0 cela, comme nous le proposons, il y a l&rsquo;inconnaissance, qui se traduit en actes par le fait de rompre, dans ce cas rompre avec les dialectiques qui s&rsquo;affrontent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il n&rsquo;y a, chez Wallerstein, aucune notion de syst\u00e8me universel  ce que nous nommons le Syst\u00e8me,  qui englobe tant d&rsquo;autres domaines que l&rsquo;\u00e9conomie et, justement, qui affecte d&rsquo;un poids formidable la psychologie, au travers de domaines d&rsquo;une importance consid\u00e9rables, tant humains (corruption, effondrement des valeurs structurantes comme la souverainet\u00e9, la l\u00e9gitimit\u00e9, les hi\u00e9rarchies p\u00e9rennes, etc.), qu&rsquo;eschatologiques (destruction de l&rsquo;environnement, destruction de l&rsquo;\u00e9quilibre du monde). Aucune allusion n&rsquo;est faite \u00e0 la crise fondamentale du syst\u00e8me du technologisme, qui joue un r\u00f4le aussi fondamental dans l&rsquo;\u00e9quation de la surpuissance et de l&rsquo;autodestruction du Syst\u00e8me, avec la position \u00e0 la fois surpuissante et suicidaire du capitalisme gr\u00e2ce au technologisme ; faut-il poursuivre son d\u00e9veloppement sans freinage, ou bien imposer des contraintes, notamment qualitatives, qui impliquerait sa mise en cause ? Cette sorte de question a-t-elle un sens, d&rsquo;ailleurs, au regard de la crise m\u00eame du technologisme, qui se mesure dans ses blocages et ses effets catastrophiques ? Comment ma\u00eetriser les effets politiques et sociaux du syst\u00e8me de la communication, qui s&rsquo;av\u00e8re avec son <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dialogues-13_de_la_sublimite_du_systeme_de_la_communication_08_11_2010.html\" class=\"gen\">effet<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-desarroi_des_mal-voyants_17_02_2011.html\" class=\"gen\">Janus<\/a> si efficace dans la destruction du Syst\u00e8me (donc, \u00e9ventuellement, de tout syst\u00e8me), si on veut favoriser le d\u00e9veloppement d&rsquo;un nouveau syst\u00e8me \u00e9conomique ? Et ainsi, de suite, questions sans nombre, qui restent sans r\u00e9ponses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Wallerstein parle-t-il de syst\u00e8mes, ou bien admet-il un effet de l&rsquo;action des hommes sur les syst\u00e8mes ? Peut-on imaginer qu&rsquo;un syst\u00e8me comme celui du Pentagone laisse faire une transformation comme l&rsquo;une de celles que sugg\u00e8re Wallerstein sans r\u00e9agir avec la surpuissance qu&rsquo;on lui conna\u00eet, avec des effets qui transformeraient absolument tous les facteurs n\u00e9cessaires \u00e0 cette sorte de transformation, et des effets (y compris n\u00e9gatifs pour lui-m\u00eame) qui transformeront n\u00e9cessairement toutes les donn\u00e9es du probl\u00e8me. Avec cette derni\u00e8re remarque, comme avec les pr\u00e9c\u00e9dentes, on identifie notre critique centrale. Au contraire de Wallerstein, nous jugeons qu&rsquo;il existe un Syst\u00e8me global qui englobe tout par d\u00e9finition et qui tient tout, que la paralysie vient de lui et de son influence sur les psychologies, et que tout d\u00e9pend de son sort g\u00e9n\u00e9ral ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, qu&rsquo;il y a la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un effondrement g\u00e9n\u00e9ral de ce Syst\u00e8me, avant m\u00eame de songer que quelque chose d&rsquo;ontologiquement diff\u00e9rent puisse se mettre en place, ce quelque chose \u00e9tant n\u00e9cessairement fondamentalement influenc\u00e9 par les conditions m\u00eame, que nous ne connaissons pas encore, de cet effondrement g\u00e9n\u00e9ral Mais nos lecteurs connaissent bien entendu nos conceptions \u00e0 cet \u00e9gard (voir notre plus r\u00e9cent texte sur ce point, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_chute_ou_la_saison_de_notre_heroisme_29_09_2011.html\" class=\"gen\">29 septembre 2011<\/a>), qui comprend \u00e9galement des esquisses d&rsquo;hypoth\u00e8ses sur la forme de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, et \u00e9ventuellement certaines conditions n\u00e9cessaires \u00e0 notre esprit pour appr\u00e9hender la suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans ce sens, il nous semble qu&rsquo;\u00e0 cette catastrophe en cours qui affecte toute une civilisation (cette Contre-Civilisation) qui a r\u00e9pudi\u00e9 des aspects fondamentaux de l&rsquo;esprit, et catastrophe caus\u00e9e notamment sinon essentiellement par cette r\u00e9pudiation, il ne peut \u00eatre r\u00e9pondu en omettant de prendre \u00e0 nouveau en compte ces m\u00eames aspects fondamentaux. On ne peut liquider le Syst\u00e8me, ou la modernit\u00e9, en \u00e9cartant le retour aux valeurs fondamentales, du domaine de l&rsquo;esprit, que ce Syst\u00e8me et cette modernit\u00e9 ont eux-m\u00eames liquid\u00e9es pour pouvoir prolif\u00e9rer. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 5 octobre 2011 \u00e0 05H35<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le site de Russia Today a r\u00e9alis\u00e9 une interview du sociologue et historien des sciences sociales Immanuel Wallerstein, le 4 octobre 2011. C&rsquo;est un texte int\u00e9ressant, parce qu&rsquo;il r\u00e9sume en quelques points assez pr\u00e9cis les conceptions g\u00e9n\u00e9rales de Wallerstein, dont on sait qu&rsquo;il est un penseur particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 des critiques du capitalisme. 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