{"id":74121,"date":"2011-10-07T06:27:05","date_gmt":"2011-10-07T06:27:05","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/07\/leur-desespoir-apparait-soudain\/"},"modified":"2011-10-07T06:27:05","modified_gmt":"2011-10-07T06:27:05","slug":"leur-desespoir-apparait-soudain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/10\/07\/leur-desespoir-apparait-soudain\/","title":{"rendered":"Leur d\u00e9sespoir appara\u00eet soudain"},"content":{"rendered":"<p><p>Les d\u00e9clarations du directeur de la Banque d&rsquo;Angleterre Sir Mervyn King, faites hier pour accompagner l&rsquo;annonce de l&rsquo;injection de \u00a375 milliards de plus dans l&rsquo;\u00e9conomie britannique, marquent un tournant s\u00e9mantique essentiel, et un tournant psychologique majeur encore plus, dans le r\u00e9cit fondamental d&rsquo;une crise qui suit sa course vertigineuse et irr\u00e9sistible. Certes, si l&rsquo;on peut penser que le jugement concerne, au pied de la lettre, le Royaume-Uni seul, il est absolument \u00e9vident qu&rsquo;il concerne directement, dans l&rsquo;esprit de la chose, la situation du Syst\u00e8me en g\u00e9n\u00e9ral,  m\u00eame si King ne parle que du syst\u00e8me financier mondial, l\u00e0 aussi d\u00e9claration formelle qui doit \u00eatre comprise dans son esprit. En un mot, il s&rsquo;agit, selon King, de la pire crise que l&rsquo;on ait jamais connue. M\u00eame si la formule est comme toujours prudente (pire crise depuis la Grande D\u00e9pression, et peut-\u00eatre m\u00eame depuis toujours,  \u00ab<em>the worst financial crisis since the Thirties, and possibly ever<\/em>\u00bb), l&rsquo;esprit est bien l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, le titre de l&rsquo;\u00e9ditorial du <em>Daily Telegraph<\/em> (ce <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/comment\/telegraph-view\/8811187\/A-desperate-measure-fordesperate-times.html\" class=\"gen\">7 octobre 2011<\/a>) concernant la mesure d\u00e9cid\u00e9e par King r\u00e9sume bien le sens des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire le saut qualitatif dans la r\u00e9alisation de <strong>la couleur du temps<\/strong> : \u00ab<em>A desperate measure for desperate times<\/em>\u00bb. Les commentaires techniques, d&rsquo;habitude prolixes et imp\u00e9ratifs dans cette sorte de circonstances o\u00f9 une d\u00e9cision importante est prise, prolixes et imp\u00e9ratifs comme seuls les chroniqueurs \u00e9conomiques savent faire, cette fois sont plut\u00f4t mesur\u00e9s, voire modestes,  en fait, bien entendu, fatalistes, comme s&rsquo;ils disaient : en fait, que peut-on faire d&rsquo;autre ? Ou bien, pourquoi pas cela, certes, puisque, de toutes les fa\u00e7ons, n&rsquo;importe quelle mesure serait une mesure sans espoir parce que les temps sont sans espoir&rsquo; Ainsi en est-il de la pr\u00e9sentation comment\u00e9e de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/business\/2011\/oct\/06\/britain-financial-crisis-quantitative-easing\" class=\"gen\">6 octobre 2011<\/a>, o\u00f9 il est \u00e9crit que \u00ab<em>Sir Mervyn King expressed fears that Britain is in the grip of the world&rsquo;s worst ever financial crisis after the Bank of England announced it was injecting \u00a375bn into the ailing economy. The Bank&rsquo;s governor said the UK was suffering from a 1930s-style shortage of money and needed a second dose of quantitative easing to boost demand and prevent inflation falling too low.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/business\/news\/king-this-may-be-worse-than-great-depression-2366833.html\" class=\"gen\">7 octobre 2011<\/a>, sous la plume du commentateur \u00e9conomique Ben Chu, l\u00e0 aussi tr\u00e8s factuel, l\u00e0 aussi sans voix ou sans plume pour commenter d&rsquo;une fa\u00e7on imp\u00e9rative<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Bank of England caught financial markets by surprise yesterday by announcing that it will inject \u00a375bn into the ailing British economy over the next four months. The sharply slowing economy and intensifying threats to the health of Britain&rsquo;s banks posed by the eurozone crisis will lead the Bank to extend its \u00a3200bn quantitative easing (QE) programme  effectively printing money. This is the most serious financial crisis we&rsquo;ve seen at least since the 1930s, if not ever, warned the Bank&rsquo;s Governor, Sir Mervyn King, in a stark reference to the Great Depression.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe ton m\u00eame de ces annonces, sans r\u00e9elle fanfare ni observations hyperboliques, les circonstances, une d\u00e9cision contest\u00e9e du bout de la plume alors que, manifestement personne ne lui pr\u00eate aucune chance de r\u00e9ussite, voil\u00e0 qui t\u00e9moigne d&rsquo;une certaine <strong>v\u00e9rit\u00e9<\/strong> de l&rsquo;observation,  le constat d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 essentiellement, bien plus qu&rsquo;une manuvre de communication. Bien entendu, nous parlons de l&rsquo;annonce sensationnelle de Mervyn King, cela est quasiment dit, dans la pire crise du syst\u00e8me financier que nous ayons jamais connue,  et, donc, en ajoutant l&rsquo;impuissance g\u00e9n\u00e9rale comme r\u00e9action, sinon le constat de mesures sans espoir pour un temps sans espoir,  que nous sommes dans la crise de l&rsquo;effondrement. C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement, notamment parce que l&rsquo;on sait que, dans cette \u00e9poque o\u00f9 la <em>narrative<\/em> de la communication a compl\u00e8tement d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9 le discours officiel et l&rsquo;a r\u00e9duit au mensonge syst\u00e9matique avant qu&rsquo;il ne soit prouv\u00e9 qu&rsquo;il ne l&rsquo;est pas, dans un cas rarissime,  voil\u00e0 justement ce cas rarissime, et sur quel sujet, o\u00f9 nous percevons jusqu&rsquo;\u00e0 la conviction que l&rsquo;artifice et le simulacre sont remplac\u00e9s par le constat de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous insistons beaucoup sur ce ton mesur\u00e9, absolument <strong>fataliste<\/strong> donc sans \u00e9clat ni recherche de l&rsquo;effet (m\u00eame la recherche de l&rsquo;effet psychologique pour relancer un certain optimisme et tenter de contenir la crise). Cela contraste avec les d\u00e9clarations nombreuses et tonitruantes de l&rsquo;automne 2008 o\u00f9 les uns et les autres parlaient d&rsquo;une crise aussi grave que la Grande D\u00e9pression, mais, dans ce cas, manifestement pour obtenir des effets de communication, et souvent, sans la r\u00e9elle croyance de ceux qui parlaient, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec l&rsquo;espoir maintenu dans le syst\u00e8me financier. Aujourd&rsquo;hui, il s&rsquo;agit vraiment du fatalisme, qui s&rsquo;exprime sans \u00e9clat, sans agitations, presque \u00e0 la mesure de l&rsquo;\u00e9puisement des psychologies. <strong>Ce n&rsquo;est pas un hasard<\/strong> dans l&rsquo;encha\u00eenement des circonstances si les d\u00e9clarations de King suivent, \u00e0 deux jours d&rsquo;intervalles, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bernanke-le-fataliste_va-t-il_protester_contre_wall_street__06_10_2011.html\" class=\"gen\">celles<\/a> de son homologue US, Bernanke de la <em>Fed<\/em> ; si le propos \u00e9tait un peu diff\u00e9rent,  le soutien inattendu de Bernanke au mouvement <em>Occupy Wall Street<\/em>,  le sens \u00e9tait le m\u00eame, avec la responsabilit\u00e9 admise par Bernanke de Wall Street et des dirigeants de Washington, et le ton \u00e9tait exactement celui du m\u00eame fatalisme Ce sentiment de l&rsquo;impuissance act\u00e9e que nous ressentons et d\u00e9crivons n&rsquo;est pas celui d&rsquo;une individualit\u00e9, mais bien un sentiment collectif qui gagne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors que nous parlons d&rsquo;absence d&rsquo;effet, de fatalisme, etc., nous mettons dans le titre de cette note (Leur d\u00e9sespoir appara\u00eet soudain) un effet qui est pourtant celui de la soudainet\u00e9, de l&rsquo;inattendu, du choc M\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y a aucun effet de perception imm\u00e9diate, m\u00eame si nous nous gardons de la notion de l&rsquo;effet en g\u00e9n\u00e9ral, qui est en g\u00e9n\u00e9ral la cons\u00e9quence de leur recherche d&rsquo;une <em>narrative<\/em>, nous consid\u00e9rons que c&rsquo;est effectivement un choc. Il y a l&rsquo;apparition brutale,  \u00e0 cause de l&rsquo;extraordinaire brutalit\u00e9 de ce qui envahit leurs esprits,  du sens du d\u00e9sespoir, que la situation de crise ne peut plus \u00eatre contenue, moins encore r\u00e9solue, par les moyens du bord, ou disons les moyens du Syst\u00e8me ; que nous sommes, donc, r\u00e9ellement dans un nouveau monde, celui qui nous sort brutalement du monde du Syst\u00e8me que nous avons connu jusqu&rsquo;ici, pour nous d\u00e9couvrir confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;inconnu. Si nous \u00e9crivons Leur (Leur d\u00e9sespoir) dans le titre, c&rsquo;est parce que ce sentiment soudainement exprim\u00e9 (il a pris un certain temps pour maturer) touche effectivement des dirigeants officiels du plus haut niveau du Syst\u00e8me. R\u00e9p\u00e9tons notre conviction qu&rsquo;il est manifeste que ce sentiment est partag\u00e9, et s&rsquo;il est dit aussi officiellement par un King c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;il repr\u00e9sente un jugement qui gagne. Par exemple, dans la direction fran\u00e7aise, un homme comme le conseiller du pr\u00e9sident, Henri Guaino, est semble-t-il persuad\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;une crise de la sorte dont on discute ici,  de cette sorte que nous d\u00e9signons comme la crise finale du Syst\u00e8me, ou la crise de l&rsquo;effondrement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl para\u00eet extr\u00eamement difficile de conclure un tel constat en s&rsquo;en r\u00e9jouissant, car une crise ultime, la crise sans espoir des temps sans espoirs, cela ne suscite pas une perspective tr\u00e8s remontante ; un sentiment presque sentimental freine le commentaire. Il reste que nous ne nous percevons nullement, nous-m\u00eames, comme touch\u00e9s par le d\u00e9sespoir et refusons par cons\u00e9quent de charger le commentaire de cette pression sentimentale. Nous analysons cette crise de cette fa\u00e7on, dans ses caract\u00e8res fondamentaux d&rsquo;ultimit\u00e9 et de finalit\u00e9, depuis plusieurs ann\u00e9es, et nous posons que le d\u00e9sespoir n&rsquo;est que pour ceux qui croient (qui croyaient) dans le Syst\u00e8me ; au contraire pour notre cas, comme nous ne cessons de l&rsquo;\u00e9crire Au contraire, c&rsquo;est pour nous un progr\u00e8s, voire un signe d&rsquo;espoir paradoxal, que le sentiment d&rsquo;une crise ultime et sans espoir se r\u00e9pande. Rien, surtout dans ces temps-l\u00e0, ne remplace le regard lucide sur la v\u00e9rit\u00e9 ; quant \u00e0 la conviction grandissante chez des dirigeants que ce que nous jugeons comme intrins\u00e8quement mauvais est promis \u00e0 la destruction, il n&rsquo;y aurait certainement pas l\u00e0 motif \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer. Que nous connaissions de l&rsquo;appr\u00e9hension, de la peur, de l&rsquo;angoisse, sans aucun doute ; ce n&rsquo;est pas nouveau pour nous, certes pas ; mais que la v\u00e9rit\u00e9 progresse dans les esprits, aux d\u00e9pens de la subversion, du montage, de la vision et de l&rsquo;affirmations faussaires, cela ne peut \u00eatre tenu pour malheureux et d\u00e9sesp\u00e9rant Le volcan gronde depuis plusieurs ann\u00e9es ; que l&rsquo;in songe \u00e0 cesser de  danser dessus pour s&rsquo;aviser que sa lave incandescente br\u00fble, et que ses explosions secouent notre monde jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;effondrement, rien de d\u00e9sesp\u00e9rant dans cela ni \u00e0 redire dans le sens du regret.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 7 octobre 2011 \u00e0 06H28<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9clarations du directeur de la Banque d&rsquo;Angleterre Sir Mervyn King, faites hier pour accompagner l&rsquo;annonce de l&rsquo;injection de \u00a375 milliards de plus dans l&rsquo;\u00e9conomie britannique, marquent un tournant s\u00e9mantique essentiel, et un tournant psychologique majeur encore plus, dans le r\u00e9cit fondamental d&rsquo;une crise qui suit sa course vertigineuse et irr\u00e9sistible. 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