{"id":74374,"date":"2011-12-30T04:47:01","date_gmt":"2011-12-30T04:47:01","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/12\/30\/liran-et-notremaniaco-depression\/"},"modified":"2011-12-30T04:47:01","modified_gmt":"2011-12-30T04:47:01","slug":"liran-et-notremaniaco-depression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/12\/30\/liran-et-notremaniaco-depression\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Iran et notre\u00a0maniaco-d\u00e9pression"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">L&rsquo;Iran et notre maniaco-d\u00e9pression<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>30 d\u00e9cembre 2011 &ndash; Comme l&rsquo;on sait, les \u00ab\u00a0tambours de la guerre\u00a0\u00bb battent \u00e0 nouveau autour du cas iranien. Notre appr\u00e9ciation est qu&rsquo;il existe r\u00e9ellement un risque de conflit (<em>dito<\/em>, d&rsquo;attaque isra\u00e9lo-am\u00e9ricaniste) parce que la situation devient de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard pour le bloc BAO, parce que cette attaque a de moins en moins de chance d&rsquo;aboutir d&rsquo;une fa\u00e7on satisfaisante. Paradoxe ? Non, psychologie d\u00e9licate&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est ce que nous observions (ce paradoxe) en conclusion de notre <em>F&#038;C<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-du_nucleaire_a_la_cyberguerre_l_iran_deplace_le_front_27_12_2011.html\">27 d\u00e9cembre 2011<\/a>, o&ugrave; nous constations un renforcement notable de la puissance iranienne : &laquo;<em>&hellip;Pour autant, la logique de la situation hors des contingences humaines ne va<\/em> <strong><em>nullement<\/em><\/strong> <em>vers une sorte de r\u00e9tablissement d&rsquo;un \u00e9quilibre qui contribuerait \u00e0 r\u00e9duire la tension de la crise, &ndash;<\/em> <strong><em>au contraire<\/em><\/strong><em>, dans ces temps eschatologiques. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat central de ce changement de situation est qu&rsquo;il intervient au moment o&ugrave; une attaque contre l&rsquo;Iran devient de plus en plus<\/em> <strong><em>m\u00e9tahistoriquement<\/em><\/strong> <em>concevable, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire, selon une logique sup\u00e9rieure, du type d&rsquo;un d\u00e9terminisme providentialiste, &ndash; \u00e0 cause des situations d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es respectives des directions am\u00e9ricaniste et isra\u00e9lienne. Nous voulons dire par l\u00e0 que la pression des \u00e9v\u00e8nements va dans ce sens, tandis que les capacit\u00e9s du bloc BAO de lancer une telle aventure sont en d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et que l&rsquo;Iran se trouve dans la position si diff\u00e9rente qu&rsquo;on a d\u00e9crite, qui n&rsquo;est pas loin d&rsquo;une position de force. Il y a une contradiction \u00e9vidente entre ces deux tensions, du moins pour la raison humaine ; cette contradiction \u00ab\u00a0du moins pour la raison humaine\u00a0\u00bb est n\u00e9anmoins logique, parce qu&rsquo;elle correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce caract\u00e8re eschatologique de la situation d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9, dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette id\u00e9e apparemment contradictoire d&rsquo;un \u00ab\u00a0risque de conflit [&hellip;] parce que la situation devient de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard pour le bloc BAO\u00a0\u00bb a un aspect logique \u00e0 la limite extr\u00eame (\u00ab\u00a0le rapport des forces devient de moins en moins favorable, attaquons avant qu&rsquo;il ne le soit plus encore\u00a0\u00bb) ; le m\u00eame aspect apparemment logique dissimule \u00e0 peine, dans une vision plus large, l&rsquo;illogisme complet de la proposition (\u00ab\u00a0c&rsquo;est parce que le rapport des forces devient de moins en moins favorable qu&rsquo;il faut attaquer\u00a0\u00bb). La diff\u00e9rence entre les deux interpr\u00e9tations tient \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation de la cause. Les deux formes du m\u00eame raisonnements conduisent \u00e0 admettre que, dans l&rsquo;esprit de ceux qui le suivent, ce qui est en cause est justement la cause (l&rsquo;Iran et son programme nucl\u00e9aire) ; ou bien, il s&rsquo;agit d&rsquo;une v\u00e9ritable question de vie ou de mort d&rsquo;arr\u00eater le programme nucl\u00e9aire militaire, en posant comme assur\u00e9 que ce programme existe et qu&rsquo;il aboutira <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> \u00e0 un emploi agressif, et la logique, m\u00eame tragique et esp\u00e8re-t-on <em>in extremis<\/em>, est compr\u00e9hensible ; ou bien il n&rsquo;est assur\u00e9 en rien que ce programme nucl\u00e9aire militaire existe, et encore moins assur\u00e9 qu&rsquo;il m\u00e8nerait en cas d&rsquo;existence <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> \u00e0 un emploi agressif, et dans ce cas la logique n&rsquo;existe pas et laisse place, dans ce cas, \u00e0 l&rsquo;illogisme si complet qu&rsquo;il implique rien de moins que l&rsquo;hypoth\u00e8se pathologique. Bien entendu, nos lecteurs connaissant notre position sur cette question, qui rel\u00e8ve de ce que nous affirmons \u00eatre l&rsquo;\u00e9vidence, notamment l&rsquo;absurdit\u00e9 d&rsquo;envisager que l&rsquo;Iran utiliserait une arme nucl\u00e9aire <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> si elle en poss\u00e9dait une ; il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une conception absolument hyst\u00e9rique, qui conduit tr\u00e8s s\u00e9rieusement, selon nous, \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une pathologie de la psychologie dans le chef de ceux qui affirment cette conviction quasiment d&rsquo;une fa\u00e7on pavlovienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette hypoth\u00e8se de la pathologie, justement, est souvent avanc\u00e9e par les adversaires de l&rsquo;attaque, d&rsquo;une fa\u00e7on un peu automatique dans le chef de ces critiques, disons \u00ab\u00a0en d\u00e9sespoir de cause\u00a0\u00bb pour l&rsquo;explication, et comme une simple analogie, sans que cette hypoth\u00e8se soit explor\u00e9e s\u00e9rieusement. Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.globalresearch.ca\/index.php?context=va&#038;aid=28375\">29 d\u00e9cembre 2011<\/a>, sur <em>Global Research<\/em>, le professeur Michael Carmichael (voir <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/michael-carmichael\">identification<\/a> sur <em>Huffington.Post<\/em>) publie un article g\u00e9n\u00e9ral sur l&rsquo;aventurisme militariste US (et isra\u00e9lien), qu&rsquo;il d\u00e9crit en d\u00e9tails, notamment avec le rappel int\u00e9ressant des l\u00e9gislations, \u00e9galement selon une psychologie hyst\u00e9rique relevant d&rsquo;une pathologie, que le Congr\u00e8s est en train de voter, notamment sur l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Three days ago by a margin of 410 to 11, Congress has just passed one of the most potentially dangerous pieces of legislation in world history, The Iran Threat Reduction Act. Every member of the North Carolina delegation voted in favor except for two who were absent &ndash; both rock-ribbed Republicans (Myrick and Coble). While other nations and international organizations are attempting to criminalize war, the US congress is attempting to criminalize diplomatic contact and potential peace negotiations. This astonishing piece of legislation symbolizes the dangers Americans face from their elected representatives in government and those from the Military Industrial Complex who are actually in control of our government.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus loin, Carmichael mentionne l'\u00a0\u00bbanalogie\u00a0\u00bb pathologique de la psychologie, l\u00e0 aussi sans explorer l&rsquo;hypoth\u00e8se, et moins encore, en se gardant de s&rsquo;appuyer sur elle pour une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9rale. Nous soulignons en gras, dans ce passage, la phrase qui substantive le plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;hypoth\u00e8se.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Our nation is suffering deeply in the throes of Islamophobia, and now we have developed an even more virulent phobia, Iranophobia, a fear of the nation and people of Iran. America is not the only nation afflicted with Iranophobia, the small and vulnerable nation of Israel is obsessed with the threat of imminent nuclear annihilation by an Iranian nuclear bomb, a weapon whose existence at this point in time is totally imaginary, the hypothetical component of a conspiracy theory.<\/em> <strong><em>If America and Israel were psychiatric patients, their condition would be described as delusional.<\/em><\/strong> <em>Instead, our government and our obeisant media are doing everything in their power to brainwash the American people to inculcate into their psyches the fear of every molecule of Iranian origin.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourquoi ce \u00ab\u00a0Si\u00a0\u00bb (&laquo;<em>If America and Israel were psychiatric patients, their condition would be described as delusional.<\/em>&raquo;) ? Au contraire, l&rsquo;Am\u00e9rique et Isra\u00ebl doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des entit\u00e9s, et des entit\u00e9s malades parce qu&rsquo;affect\u00e9es de troubles psychologiques graves (et, au-del\u00e0, le bloc BAO dans son ensemble, et plus encore) ; dans ce cas, l&rsquo;Iran fait l&rsquo;affaire, comme le ferait un autre pays, une autre entit\u00e9, selon les circonstances, mais il se trouve que l&rsquo;Iran est devenu le point central d&rsquo;une fixation m\u00e9galomaniaque&hellip; Nous envisageons l&rsquo;hypoth\u00e8se que ce trouble (\u00ab\u00a0comportement m\u00e9galomaniaque\u00a0\u00bb, ou de la manie) renvoie \u00e0 une pathologie, ce qu&rsquo;on nomme la maniaco-d\u00e9pression, comme affection collective de la psychologie, et dans ce cas d&rsquo;une psychologie collective, non seulement des USA et d&rsquo;Isra\u00ebl face \u00e0 l&rsquo;Iran, mais d&rsquo;une fa\u00e7on beaucoup plus g\u00e9n\u00e9rale et historique, sinon m\u00e9tahistorique, de la modernit\u00e9 dans son ensemble, avec une phase aigu\u00eb ultime correspondant \u00e0 la crise terminale et d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus encore, nous envisageons cette pathologie comme un sympt\u00f4me et non comme une cause \u00ab\u00a0m\u00e9dicale\u00a0\u00bb (ce qui serait absurde par rapport aux normes m\u00e9dicales strictes), et le sympt\u00f4me du malaise fondamental de notre civilisation devenue contre-civilisation. La pathologie devient alors le sympt\u00f4me d&rsquo;un mal de type m\u00e9taphysique, impliquant <em>in fine<\/em> une interrogation m\u00e9taphysique, donc fondamentale ; ou bien, dit en termes diff\u00e9rents, le moyen humain emprunt\u00e9 par la m\u00e9taphysique pour offrir son apport <strong>essentiel<\/strong> \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain, au <em>sapiens<\/em>, confront\u00e9 \u00e0 la crise g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;effondrement de cette contre-civilisation. A lui, le <em>sapiens<\/em>, d&rsquo;en user avec justesse et lucidit\u00e9&hellip; En effet, nous tenons l&rsquo;hypoth\u00e8se que dans cette affection maniaco-d\u00e9pressive hauss\u00e9e en processus fondamental et collectif devant la crise de la modernit\u00e9, et d&rsquo;ailleurs depuis le d\u00e9but de la modernit\u00e9, les deux aspects de cette pathologie ne sont pas uniment n\u00e9gatifs mais constituent des outils diff\u00e9rents de la psychologie, soit pour sombrer encore plus, soit pour trouver une voie de r\u00e9demption. Ainsi notre d\u00e9finition de la maniaco-d\u00e9pression est-elle compl\u00e8tement diff\u00e9rente de la d\u00e9finition qu&rsquo;en offre la m\u00e9decine humaine, et la psychologie scientifique (\u00e0 commencer par le nom : notre pr\u00e9f\u00e9rence pour \u00ab\u00a0maniaco-d\u00e9pression\u00a0\u00bb qui dit ce dont il est question dans la forme de la chose, plut\u00f4t que \u00ab\u00a0troubles bipolaires\u00a0\u00bb qui n&rsquo;en dit rien comme d&rsquo;habitude dans la dialectique scientifique moderniste, avec sa neutralit\u00e9 d&rsquo;apparence qui se voudrait \u00ab\u00a0objective\u00a0\u00bb et qui est en fait obscurcissement de la question envisag\u00e9e). Ce point est tout simplement fondamental.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est le th\u00e8me de notre prochain <em>dde.crisis<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_10_janvier_2012.html\">10 janvier 2012<\/a>. Nous allons donner, ci-apr\u00e8s, quelques extraits de la rubrique <em>de defensa<\/em> de ce num\u00e9ro, dont la r\u00e9daction n&rsquo;est pas termin\u00e9e. Ces extraits permettront, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, d&rsquo;offrir une vue plus \u00e9lev\u00e9e, \u00e0 la fois plus collective et globale, \u00e0 la fois m\u00e9taphysique, au-dessus des simples manifestations pathologiques de la chose tout en conservant les deux aspects, c&rsquo;est-\u00e0-dire en utilisant un diagnostic terrestre mais \u00e9lev\u00e9 aux dimensions \u00e9videment collectives, et tout aussi \u00e9videmment m\u00e9taphysique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extraits de <em>dde.crisis<\/em> du 10 janvier 2012<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Nous allons d\u00e9velopper une tentative d&rsquo;explication de la situation actuelle et de la crise \u00e9videmment eschatologique qui la caract\u00e9rise en nous r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 deux facteurs essentiellement : d&rsquo;une part la psychologie, d&rsquo;autre part ce que nous consid\u00e9rons comme la principale maladie de la psychologie, &ndash; l&rsquo;essence m\u00eame de la maladie, ou l&rsquo;essence du mal de la psychologie, &ndash; qui est la maniaco-d\u00e9pression.<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Il doit \u00eatre entendu et bien clairement compris et accept\u00e9 que nous n&rsquo;avons aucunement l&rsquo;intention d&rsquo;envisager la maniaco-d\u00e9pression d&rsquo;un point de vue m\u00e9dical classique. Ce point de vue ne nous int\u00e9resse en aucune fa\u00e7on, dans la mesure o&ugrave; il tend continuellement \u00e0 se replier sur la chimie, sur la mati\u00e8re organique la plus grossi\u00e8re, pour \u00e9viter toute question qui risquerait de compliquer la probl\u00e9matique de la chose en la projetant hors des bornes de la soi-disant \u00ab\u00a0hygi\u00e8ne mentale\u00a0\u00bb. De m\u00eame, cette d\u00e9marche conduit n\u00e9cessairement \u00e0 attirer vers le bas une situation qui affecte l&rsquo;\u00e2me et l&rsquo;esprit.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Il nous importe donc absolument d&rsquo;\u00e9viter le labyrinthe des d\u00e9finitions et identifications d&rsquo;une maladie \u00e0 laquelle, manifestement, la \u00ab\u00a0science moderne\u00a0\u00bb (la m\u00e9decine du monde occidentaliste et moderniste) ne comprend<\/em> <strong><em>rien<\/em><\/strong> <em>pour l&rsquo;essentiel de la chose, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire son essence m\u00eame. Par contre, pour notre propos, il nous importe d&rsquo;indiquer qu&rsquo;il existe une touche personnelle dans notre d\u00e9marche qui est de proposer une maladie humaine et individuelle comme mod\u00e8le de la crise fondamentale de l&rsquo;univers que nous traversons aujourd&rsquo;hui. Disons que \u00ab\u00a0nous avons connu et connaissons\u00a0\u00bb de mani\u00e8re personnelle et intime la maniaco-d\u00e9pression dans sa puissance comme source de souffrance et de d\u00e9sarroi, dans ses effets sur les relations et les sentiments entre des \u00eatres proches, sur leurs jugements, sur leurs<\/em> <strong><em>\u00e2mes<\/em><\/strong> <em>m\u00eame, dans sa capacit\u00e9 de subversion du monde au travers de la psychologie tortur\u00e9e. Nous introduisons une dimension personnelle qui n&rsquo;est nullement anecdotique mais qui, au contraire, pr\u00e9tend rapprocher de ce que nous nommons \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition haute\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;intuition comme inspiratrice de la pens\u00e9e, comme ma&icirc;tresse de la raison elle-m\u00eame en la prot\u00e9geant de son travers inf\u00e2me de la vanit\u00e9.<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>[&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em> Un autre aspect important de ce \u00ab\u00a0mod\u00e8le\u00a0\u00bb de la maniaco-d\u00e9pression que nous allons utiliser comme moyen d&rsquo;interpr\u00e9tation de la crise du monde concerne la notion, existante dans la pathologie que nous citons, de l&rsquo;encha&icirc;nement des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs et maniaques. Au contraire, pour l&rsquo;analogie offert pour notre crise, aucun de ces \u00e9pisodes ne se cl\u00f4t compl\u00e8tement pour laisser la place \u00e0 l&rsquo;autre apr\u00e8s un intervalle de \u00ab\u00a0normalit\u00e9\u00a0\u00bb ; ils sont tous deux plus ou moins actifs et en \u00e9tat d&rsquo;activit\u00e9 potentielle parall\u00e8lement, jusqu&rsquo;\u00e0 des intensit\u00e9s parfois extraordinairement \u00e9loign\u00e9s, pourtant sans jamais la rupture entre ce qui est actif et ce qui est compl\u00e8tement inerte. Cette remarque hypoth\u00e9tique concerne la projection illustrative et symbolique que nous voudrions faire, \u00e0 partir de la pathologie de la psychologie humaine, vers une situation hypoth\u00e9tique de notre monde au moment de sa crise fondamentale. Nous croyons que nous parviendrons \u00e0 mieux rendre compte des caract\u00e8res de cette crise, et \u00e0 approcher une conception qui donne \u00e0 la psychologie, au niveau collectif d&rsquo;un monde et d&rsquo;une crise, une place absolument essentielle. En agissant de la sorte (en maintenant ensemble les caract\u00e8res d\u00e9pressif et maniaque), nous saisissons en effet ce qui nous para&icirc;t \u00eatre la substance m\u00eame de la crise, qui est de disposer de tous les facteurs de sa pathologie fondamentale, au m\u00eame moment, par cons\u00e9quent disposant des outils capables de susciter un \u00e9v\u00e9nement fondamental, sans que son orientation soit assur\u00e9ment bonne ou mauvaise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der dans l&rsquo;analyse lanc\u00e9e pour substantiver l&rsquo;hypoth\u00e8se qui nous guide permet de justifier notre approche g\u00e9n\u00e9rale de la crise qui est d&rsquo;observer que son issue catastrophique n&rsquo;est nullement assur\u00e9e, ou, mieux encore, qu&rsquo;une issue catastrophique de la situation pr\u00e9sente n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement une catastrophe pure et simple mais peut \u00eatre une purge gigantesque n\u00e9cessaire avant une hypoth\u00e9tique renaissance. Ainsi sommes-nous confront\u00e9s \u00e0 des perspectives extr\u00eames, m\u00e9langeant le pire et le meilleur, o&ugrave; le pire peut dissimuler le meilleur ou en \u00eatre le g\u00e9niteur inattendu. En assimilant d\u00e9pression et \u00e9pisode maniaque comme des affections parall\u00e8les, nous rendons compte en effet de la v\u00e9ritable manifestation du d\u00e9sordre de cette civilisation, qui est non seulement son absence de sens mais son absence de conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un sens. La maladie, par sa forme de d\u00e9sordre pur, rend compte du d\u00e9sordre du monde et fait r\u00e9aliser, parce qu&rsquo;elle est une pathologie, que le d\u00e9sordre du monde est lui-m\u00eame une pathologie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Ainsi l&rsquo;affection individuelle acquiert-elle, par un simple effort d&rsquo;extension de l&rsquo;interpr\u00e9tation, une dimension collective. Cette dimension collective, par le probl\u00e8me qu&rsquo;elle soul\u00e8ve, &ndash; le d\u00e9sordre du monde dans sa crise terminale et la catastrophe terminale comme \u00e9ventuelle voie de r\u00e9surrection, &ndash; est n\u00e9cessairement une introduction de cette crise terminale dans le domaine de la m\u00e9taphysique. Le lien est ainsi fermement \u00e9tabli entre l&rsquo;individu et la crise du monde, et entre la crise du monde et la dimension m\u00e9taphysique dont cette crise doit \u00eatre investie pour d\u00e9couvrir l&rsquo;essence de ce qui lui succ\u00e9dera. C&rsquo;est une \u00ab\u00a0eschatologisation\u00a0\u00bb de la crise de la civilisation, mais dans le sens de restituer un sens (!) \u00e0 cette crise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>[&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Notre hypoth\u00e8se fondamentale pour la compr\u00e9hension de la crise terminale, existentielle et eschatologique que nous connaissons est que, du point de vue du sapiens qui entend occuper le centre de la sc\u00e8ne du monde, la force principale (positive ou n\u00e9gative c&rsquo;est selon) est la psychologie et non la pens\u00e9e elle-m\u00eame. Nous sommes dans un monde o&ugrave; la raison humaine, d\u00e9j\u00e0 pervertie par plusieurs si\u00e8cles d&rsquo;une situation subversive du monde, se trouve confront\u00e9e \u00e0 des forces d&rsquo;une puissance extraordinaire, &ndash; les deux syst\u00e8mes composants du Syst\u00e8me, le syst\u00e8me du technologisme et le syst\u00e8me de la communication, &ndash; qui introduisent un chaos de faits, d&rsquo;informations et d&rsquo;influences interdisant tout espoir \u00e0 cette m\u00eame raison qu&rsquo;elle puisse susciter une pens\u00e9e juste et vraie d\u00e9termin\u00e9e selon l&rsquo;habituelle d\u00e9marche de la chose. La psychologie, par contre, est en soi une capacit\u00e9 de perception du monde sans le filtre de la pens\u00e9e, qui reste capable dans ce chaos g\u00e9n\u00e9ral de percevoir faits et informations bruts ; c&rsquo;est-\u00e0-dire que, si la psychologie peut bien s&ucirc;r percevoir la tromperie et la mystification sans s&rsquo;aviser de ces caract\u00e8res et donc se faire le v\u00e9hicule inconscient de cette tromperie et de cette mystification, &ndash; mais la raison, aujourd&rsquo;hui, ne fait pas mieux, &ndash; elle est aussi capable de percevoir des v\u00e9rit\u00e9s qui \u00e9chappent au travail de d\u00e9formation du Syst\u00e8me. Le grand d\u00e9fi est, bien entendu, de distinguer ces v\u00e9rit\u00e9s du reste ; il n&#8217;emp\u00eache, et c&rsquo;est l&rsquo;essentiel, que cette possibilit\u00e9-l\u00e0 existe.<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>[&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Sur ces consid\u00e9rations concernant l&rsquo;op\u00e9rationnalit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne, l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement nomm\u00e9 9\/11 occupe une place \u00e9videmment essentielle. Il se produit sur un terrain psychologique fertile ; apr\u00e8s un \u00e9pisode d\u00e9pressif s\u00e9v\u00e8re, entre 1991 et 1996, l&rsquo;Am\u00e9rique est brutalement pr\u00e9cipit\u00e9e dans un \u00e9pisode maniaque \u00e0 l&rsquo;occasion des Jeux Olympiques d&rsquo;Atlanta (juillet 1996). La puissance du ph\u00e9nom\u00e8ne, en 1996, est consid\u00e9rable quoiqu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 rarement not\u00e9e, et elle n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00e9quivaloir en dynamique maniaque de caract\u00e8re exog\u00e8ne, \u00e0 celle de l&rsquo;attaque 9\/11. L&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, elle, frappe directement l&rsquo;\u00e9quilibre de la psychologie de la direction politique du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. De ce point de vue, l&rsquo;\u00e9pisode maniaque est proche de la folie et enferme cette direction dans une schizophr\u00e9nie convulsive dont elle n&rsquo;est plus sortie. L&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;Obama et ce qui s&rsquo;ensuit a montr\u00e9 la vanit\u00e9 d&rsquo;attribuer au seul Bush ce brutal basculement pathologique.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Nous irons jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il y eut \u00e0 cette occasion, avec 9\/11, de m\u00eame qu&rsquo;on fit l&rsquo;hypoth\u00e8se (Justin Raimondo) que cette attaque constituait un \u00ab\u00a0trou dans la continuit\u00e9 de l&rsquo;espace-temps\u00a0\u00bb, une rupture extraordinaire de fusion psychologique dans un \u00e9pisode maniaque d&rsquo;une puissance insens\u00e9e entre le Syst\u00e8me et son personnel politique et de direction g\u00e9n\u00e9rale. A l&rsquo;automne 2002, recevant l&rsquo;ambassadeur de France qui quittait son poste, le vice-pr\u00e9sident Cheney lui confiait : \u00ab\u00a0Vous autres, Europ\u00e9ens, vous n&rsquo;imaginez pas l&rsquo;ampleur de l&rsquo;effet qu&rsquo;a produit sur nous l&rsquo;attaque du 11 septembre, elle a chang\u00e9 notre psychologie&#8230;\u00a0\u00bb Litt\u00e9ralement, la direction politique au service du Syst\u00e8me, principalement am\u00e9ricaniste mais avec les renforcements habituels, devint un foyer constant d&rsquo;une psychologie maniaque pouss\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la schizophr\u00e9nie hallucinatoire. La politique qui en r\u00e9sulta, qui se poursuivit sans aucun changement notable avec Obama, fut baptis\u00e9e par Harlan K. Ullman \u00ab\u00a0politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct\u00a0\u00bb. L&rsquo;expression permet d&rsquo;entendre sans aucune h\u00e9sitation qu&rsquo;une mati\u00e8re \u00e0 la fois organique et pr\u00e9tendument \u00ab\u00a0spirituelle\u00a0\u00bb, &ndash; mais l&rsquo;organique gouvernant le spirituel et le d\u00e9formant \u00e0 mesure, \u00e0 cause de la bassesse du sujet et des sujets de la chose, &ndash; gouvernait d\u00e9sormais la politique par le biais d&rsquo;une courroie de transmission d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0id\u00e9ologie\u00a0\u00bb.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ajoutons quelques mots en r\u00e9sum\u00e9, sur d&rsquo;autres questions que nous traitons dans cette rubrique de <em>dde.crisis<\/em>, sur d&rsquo;autres aspects th\u00e9oriques de la question envisag\u00e9e. (Dans le corps de la rubrique, ces appr\u00e9ciations th\u00e9oriques sont appliqu\u00e9es \u00e0 la situation historique depuis les d\u00e9buts de la v\u00e9ritable modernit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 notre \u00e9poque de crise terminale.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;importance du r\u00f4le de la psychologie face \u00e0 la maniaco-d\u00e9pression, et nullement de la raison subvertie, est que, si la pathologie est utilis\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on constructive, la psychologie peut donner une voie d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;intuition haute, laquelle permettra finalement de \u00ab\u00a0ramener la raison \u00e0 la raison\u00a0\u00bb, en la haussant \u00e0 mesure.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 vu, sur ce point primordial sur lequel l&rsquo;insistance doit \u00eatre constamment port\u00e9e, il y a dans la maniaco-d\u00e9pression collective que nous d\u00e9crivons un aspect positif et un aspect n\u00e9gatif. Dans l&rsquo;\u00e8re de la modernit\u00e9, l&rsquo;\u00e9pisode maniaque (la m\u00e9galomanie), en perdant tout contact avec la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9vastatrice \u00e0 cause du syst\u00e8me de la communication, est devenu absolument n\u00e9gatif. Au contraire, l&rsquo;aspect d\u00e9pressif, s&rsquo;il est bien appr\u00e9hend\u00e9 comme un socle psychologique d&rsquo;appr\u00e9ciation critique de l&rsquo;\u00e9pisode maniaque, peut \u00eatre utilis\u00e9 pour donner \u00e0 l&rsquo;esprit une porte de sortie et mettre en cause l&rsquo;\u00e9pisode maniaque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le probl\u00e8me fondamental sur lequel d\u00e9bouche notre interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9rale est celui du rapport au Mal. Il nous para&icirc;t \u00e9vident que l&rsquo;\u00e9pisode maniaque est celui qui rapproche le plus du Mal l&rsquo;\u00eatre et les courants collectifs o&ugrave; l&rsquo;\u00eatre se place. C&rsquo;est la seule r\u00e9f\u00e9rence essentielle, le seul pivot autour duquel se d\u00e9veloppe cette crise de la modernit\u00e9.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Iran et notre maniaco-d\u00e9pression 30 d\u00e9cembre 2011 &ndash; Comme l&rsquo;on sait, les \u00ab\u00a0tambours de la guerre\u00a0\u00bb battent \u00e0 nouveau autour du cas iranien. Notre appr\u00e9ciation est qu&rsquo;il existe r\u00e9ellement un risque de conflit (dito, d&rsquo;attaque isra\u00e9lo-am\u00e9ricaniste) parce que la situation devient de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard pour le bloc BAO, parce que&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[354,370,2870,11831,8254,11830,2773,2995,10695,11832,3099,7939],"class_list":["post-74374","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-354","tag-370","tag-attaque","tag-bipolaires","tag-dde-crisis","tag-episode","tag-iran","tag-maniaco-depression","tag-maniaque","tag-megalomaniaque","tag-psychologie","tag-troubles"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74374","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74374"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74374\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}