{"id":74479,"date":"2012-02-07T05:48:17","date_gmt":"2012-02-07T05:48:17","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/02\/07\/le-sort-dassad-de-syrie-considere-par-le-virtualisme-du-bloc-bao\/"},"modified":"2012-02-07T05:48:17","modified_gmt":"2012-02-07T05:48:17","slug":"le-sort-dassad-de-syrie-considere-par-le-virtualisme-du-bloc-bao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/02\/07\/le-sort-dassad-de-syrie-considere-par-le-virtualisme-du-bloc-bao\/","title":{"rendered":"Le sort d&rsquo;Assad de Syrie consid\u00e9r\u00e9 par le virtualisme du bloc BAO"},"content":{"rendered":"<p><p>Robert Fisk, le fameux reporter de <em>The Independent<\/em>, n&rsquo;est certainement pas un partisan du Syrien Assad. Il nous a habitu\u00e9s \u00e0 des analyses furieuses des \u00e9v\u00e8nements du monde essentiellement moyen-oriental, largement influenc\u00e9es par sa perception humanitariste. Dans ce cas, les actes du gouvernement syrien trouvent \u00e9videmment chez lui un censeur minutieux, qui met dans son jugement sa pr\u00e9occupation humanitariste (ou, selon le jargon, droitdel&rsquo;hommiste). C&rsquo;est pour cette raison que Fisk, s&rsquo;il est un critique farouche de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">politique<\/a> de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct du bloc BAO, n&rsquo;est effectivement pas un partisan d&rsquo;Assad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il est, avant tout, un connaisseur des sentiments qui parcourent les pays du Moyen-Orient, tant de leurs dirigeants que de leurs populations. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de son article du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/fisk\/robert-fisk-from-washington-this-looks-like-syrias-benghazi-moment-but-not-from-here-6612093.html\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2012<\/a>, qui pourrait \u00eatre intitul\u00e9 L&rsquo;Ouest se trompe. Pour lui, les dirigeants am\u00e9ricanistes-occidentalistes se trompent en croyant que leur bruyante offensive de communication contre Assad, ponctu\u00e9e par la fureur hyst\u00e9rique qui a marqu\u00e9 leurs r\u00e9actions face aux vetos russe et chinois, \u00e0 l&rsquo;ONU, samedi dernier, va conduire effectivement et in\u00e9luctablement \u00e0 la chute d&rsquo;Assad Car c&rsquo;est effectivement ce qu&rsquo;ils croient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>President Bashar al-Assad is not about to go. Not yet. Not, maybe, for quite a long time. Newspapers in the Middle East are filled with stories about whether or not this is Assad&rsquo;s \u00ab\u00a0Benghazi moment\u00a0\u00bb  these reports are almost invariably written from Washington or London or Paris  but few in the region understand how we Westerners can get it so wrong. The old saw has to be repeated and repeated: Egypt was not Tunisia; Bahrain was not Egypt; Yemen was not Bahrain; Libya was not Yemen. And Syria is very definitely not Libya.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It&rsquo;s not difficult to see how the opposite plays in the West. The barrage of horrifying Facebook images from Homs, and statements from the \u00ab\u00a0Free Syrian Army\u00a0\u00bb, and the huffing of La Clinton and the amazement that Russia can be so blind to the suffering of Syrians  as if America was anything but blind to the suffering of Palestinians when, say, more than 1,300 were killed in Israel&rsquo;s onslaught on Gaza  doesn&rsquo;t gel with reality on the ground.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The trouble is that the West has been so deluged with stories and lectures and think-tank nonsense about the ghastly Iran and the unfaithful Iraq and the vicious Syria and the frightened Lebanon that it is almost impossible to snap off these delusional pictures and realise that Assad is not alone. That is not to praise Assad or to support his continuation. But it&rsquo;s real.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The Turks, after much Clinton-style huffing and puffing, did not follow through on their cordon sanitaire in northern Syria. Nor did King Abdullah II follow through on the Syrian opposition&rsquo;s call for a Jordanian cordon sanitaire in the south. Oddly, I repeat yet again, only Israel has remained silent.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As long as Syria can trade with Iraq, it can trade with Iran and, of course, it can trade with Lebanon. The Shia of Iran and the Shia majority in Iraq and the Shia leadership (though not majority) in Syria and the Shia (the largest community, but not a majority) in Lebanon will be on Assad&rsquo;s side, however reluctantly. That, I&rsquo;m afraid, is the way the cookie crumbles. Crazed Gaddafi had real enemies with firepower and Nato. Assad&rsquo;s enemies have Kalashnikovs and no Nato.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Assad has Damascus and Aleppo, and those cities matter. His principal military units have not defected to the opposition.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The good guys also contain bad guys  a fact we forgot in Libya, even when the good guys murdered their defected army commander and tortured prisoners to death. Oh yes, and the Royal Navy was able to put into Benghazi. It cannot put into Tartous because the Russian Navy is still there.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette description des erreurs du bloc BAO vis-\u00e0-vis de la situation en Syrie alimente notre propre analyse selon laquelle il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas \u00e9vident de virtualisme des directions politiques du bloc \u00e0 cet \u00e9gard. Ces directions sont compl\u00e8tement sous l&rsquo;influence <strong>sollicit\u00e9e inconsciemment<\/strong> par elles-m\u00eames du syst\u00e8me de la communication, producteur principal du virtualisme. Dans certains cas, cette vision virtualiste peut trouver une aide dans le syst\u00e8me du technologisme, qui rassemble notamment les attributs de la puissance brute des armes, pour permettre que cette vision se r\u00e9alise pendant un temps assez court mais suffisant pour satisfaire l&rsquo;intoxication psychologique. Ce fut le cas pour la Libye, triomphe \u00e9ph\u00e9m\u00e8re avant de rejoindre son destin naturel de catastrophe ; mais, comme le note Fisk, la Syrie n&rsquo;est pas la Libye, le port de Tartus est aux mains des Russes alors que Benghazi \u00e9tait ouvert \u00e0 l&rsquo;OTAN et il est \u00e0 pr\u00e9voir que nous n&rsquo;aurons aucune phase triomphale pour le bloc BAO.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans notre <em>dde.crisis<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_10_decembre_2010.html\" class=\"gen\">10 d\u00e9cembre 2010<\/a>, nous avions analys\u00e9 la situation du virtualisme que nous estimions, et estimons toujours, compl\u00e8tement dans une phase d&rsquo;agonie contre-productive (pour ses initiateurs). Nous avions conclu que le virtualisme \u00e9tait mort quant \u00e0 ses buts offensifs fondamentaux d&rsquo;imposer au monde une fausse perception du monde, et qu&rsquo;il survivait paradoxalement dans la seule psychologie malade de ses initiateurs, les trompant ainsi sur la v\u00e9rit\u00e9 du monde jusqu&rsquo;\u00e0 les conduire \u00e0 faire erreur sur erreur. (Ainsi est rencontr\u00e9e, l\u00e0 aussi, l&rsquo;\u00e9quation du Syst\u00e8me des deux dynamiques s&rsquo;encha\u00eenant, la premi\u00e8re produisant la seconde pour se fondre en elle,   surpuissance-autodestruction.) Nous \u00e9crivions, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_virtualisme_ddecrisis_21_12_2010.html\" class=\"gen\">21 d\u00e9cembre 2010<\/a>, rendant compte de ce num\u00e9ro de <em>dde.crisis<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La chute<\/em> [du virtualisme] <em> fut aussi rapide que la Roche Tarp\u00e9ienne est proche du Capitole. Depuis 2004-2005, des catastrophes sans nombre caract\u00e9risent l&rsquo;\u00e9volution du Syst\u00e8me, ainsi que sa situation interne. A partir de 2008 (crise financi\u00e8re), les effets sur le public ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables et l&rsquo;on peut avancer que cette date marque d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive la fin de l&rsquo;\u00e9pisode maniaque commenc\u00e9 en 1996. Pour poursuivre l&rsquo;analogie de la pathologie, il y a un retour \u00e0 un \u00e9pisode d\u00e9pressif (la Grande R\u00e9cession effectivement v\u00e9cue comme une seconde Grande D\u00e9pression). Dans le chef du public, il y a r\u00e9pudiation du virtualisme devant le constat de son \u00e9chec final comme antid\u00e9presseur.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Les dirigeants politiques, eux, n&rsquo;ont pas suivi cette voie. Ils sont \u00e0 la fois impuissants et prisonniers du Syst\u00e8me, et, bien entendu, impuissants<\/em> <strong><em>parce que<\/em><\/strong> <em>prisonniers du syst\u00e8me. Eux qui sont les producteurs du virtualisme continuent donc \u00e0 croire au virtualisme et sont les derniers \u00e0 y croire, et ils demeurent par cons\u00e9quent dans l&rsquo;\u00e9pisode maniaque o\u00f9 la sensation de bien-\u00eatre est remarquable. Cette croyance est un r\u00e9flexe de survie psychologique (garder une coh\u00e9rence entre leur pens\u00e9e et leurs discours, ou risquer le d\u00e9s\u00e9quilibre psychologique pouvant mener \u00e0 des pathologies graves). Elle s&rsquo;exprime par un discours virtualiste imperturbable qui d\u00e9crit une fiction parfaitement ridiculis\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements de tous les jours. C&rsquo;est le deuxi\u00e8me \u00e2ge du virtualisme, ou sa d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. C&rsquo;est la situation pr\u00e9sente.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pr\u00eations la plus grande attention \u00e0 donner \u00e0 cette interpr\u00e9tation la dimension psychologique fondamentale qui la caract\u00e9rise presque int\u00e9gralement. Cela explique l&rsquo;unanimisme qui r\u00e8gne dans les jugements des directions politiques du bloc BAO, des experts et des bureaucraties qui les entourent, notamment dans cette affaire syrienne o\u00f9 l&rsquo;erreur d&rsquo;\u00e9valuation que signale Robert Fisk se prolonge, s&rsquo;aggrave, s&rsquo;encha\u00eene sur des mesures qui se r\u00e9v\u00e8leront n\u00e9cessairement contre-productives (comme les divers engagements, y compris militaires et autres, en fonction de la crise syrienne et du d\u00e9part prochain d&rsquo;Assad). L&rsquo;id\u00e9ologie humanitariste et les projets d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie ne sont pas primordiaux ; ils sont secondaires, chronologiquement et fondamentalement, et ne viennent que pour soigner (conforter) ou justifier rationnellement cette psychologie exacerb\u00e9e par le virtualisme<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Il doit \u00eatre bien compris que l&rsquo;action du virtualisme est psychologique du<\/em> <strong><em>d\u00e9but<\/em><\/strong> <em>jusqu&rsquo;\u00e0<\/em> <strong><em>la fin<\/em><\/strong><em>. Non seulement, le virtualisme cherche \u00e0 influencer les psychologies (<\/em><strong><em>la fin<\/em><\/strong><em>) comme la propagande ou toute autre forme de mystification, mais il se d\u00e9clenche (<\/em><strong><em>d\u00e9but<\/em><\/strong><em>) au niveau des psychologies \u00e9galement, sans conceptualisation ni pens\u00e9e \u00e9laboratrice. Effectivement, comme dans le cas m\u00eame de sa premi\u00e8re intervention, on peut le comparer analogiquement \u00e0 un antid\u00e9presseur qui agit sur les neurones du syst\u00e8me nerveux.<\/em>\u00bb (Nous compl\u00e8tons cette derni\u00e8re remarque en observant que cet antid\u00e9presseur est administr\u00e9 \u00e0 un sujet en phase maniaque, aggravant par cons\u00e9quent cette phase maniaque.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette analyse o\u00f9 transparaissaient les fondements de notre conceptualisation de la pathologie <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_maniaco-depression_du_monde_ddecrisis_19_01_2012.html\" class=\"gen\">maniaco-d\u00e9pressive<\/a> qui donne une de nos interpr\u00e9tations centrales de la crise du monde, nous mettions en \u00e9vidence une situation psychologique qui fait sentir, aujourd&rsquo;hui plus que jamais, ses effets. Si les r\u00e9actions du bloc BAO \u00e0 l&rsquo;ONU ont pu \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9es d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-lavrov_psychanalyse_le_bloc_bao_syrie_onu_vetos_hysterie__06_02_2012.html\" class=\"gen\">hyst\u00e9riques<\/a> par Lavrov, c&rsquo;est parce qu&rsquo;elles le sont <strong>en v\u00e9rit\u00e9<\/strong>. C&rsquo;est la r\u00e9action hyst\u00e9rique du maniaque virtualiste (le virtualisme \u00e9tant une production de la psychologie maniaque qui exige d&rsquo;inventer son propre monde) devant l&rsquo;incursion forc\u00e9e de la v\u00e9rit\u00e9 du monde, sous la forme des vetos russe et chinois \u00e0 l&rsquo;ONU. Vendredi encore, la veille du vote de l&rsquo;ONU, la plupart des dirigeants et experts du bloc BAO \u00e9taient absolument persuad\u00e9s, comme l&rsquo;on est de l&rsquo;objet de la foi, que les Russes et les Chinois suivraient finalement leur r\u00e9solution. Il ne s&rsquo;agit ni d&rsquo;arrogance, ni de suffisance, sinon secondairement ; il s&rsquo;agit d&rsquo;une pathologie de la psychologie, dont le produit est le virtualisme survivant dans ces seuls producteurs qui l&rsquo;ont eux-m\u00eames enfant\u00e9s, conduisant in\u00e9luctablement leur politique \u00e0 la catastrophe. Le produit de la psychologie d\u00e9rang\u00e9e du maniaque qui a voulu infecter le monde se replie, dans l&#8217;emportement de sa d\u00e9route, dans cette seule psychologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 7 f\u00e9vrier 2012 \u00e0 05H47<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Fisk, le fameux reporter de The Independent, n&rsquo;est certainement pas un partisan du Syrien Assad. Il nous a habitu\u00e9s \u00e0 des analyses furieuses des \u00e9v\u00e8nements du monde essentiellement moyen-oriental, largement influenc\u00e9es par sa perception humanitariste. 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