{"id":74548,"date":"2012-03-02T10:53:37","date_gmt":"2012-03-02T10:53:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/03\/02\/la-grace-de-retour-parmi-nous\/"},"modified":"2012-03-02T10:53:37","modified_gmt":"2012-03-02T10:53:37","slug":"la-grace-de-retour-parmi-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/03\/02\/la-grace-de-retour-parmi-nous\/","title":{"rendered":"<em>La gr\u00e2ce<\/em>, de retour parmi nous"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>La gr\u00e2ce<\/em>, de retour parmi nous<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t2 mars 2012  On a pu lire le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_grace_de_la_metahistoire__14_01_2012.html\" class=\"gen\">14 janvier 2012<\/a> l&rsquo;annonce de la reprise de la publication en feuilleton de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> (effective ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxieme_livre_i_methodologie_et_etat_de_l_esprit_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a>). On a pu constater notre retard, m\u00eame par rapport \u00e0 nos promesses les plus proches et les plus fermes (\u00ab<em> D&rsquo;ici la fin du mois, le 31 janvier, nous passerons \u00e0 l&rsquo;acte avec le premier texte de ce Second Livre<\/em>\u00bb). Cela n&rsquo;a rien pour nous surprendre, nous-m\u00eames, \u00e0 <em>dedefensa.org<\/em>,  et moi-m\u00eame, le premier fautif, encore moins. Dans cette p\u00e9riode de grande urgence des \u00e9v\u00e8nements quotidiens, qui n\u00e9cessite une attention constante pour eux et d\u00e9vore le temps et mon temps, les retards pour ce projet se sont accumul\u00e9s ; et pendant ce temps, comme s&rsquo;il en disposait, du temps, le projet lui-m\u00eame prenait de l&rsquo;ampleur et ses aises<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_grace_de_la_metahistoire__14_01_2012.html\" class=\"gen\">14 janvier 2012<\/a> tentait d&rsquo;expliquer les difficult\u00e9s du d\u00e9veloppement et de l&rsquo;accouchement de cette Derni\u00e8re (Sixi\u00e8me) Partie devenue Deuxi\u00e8me Livre de l&rsquo;ouvrage Je le r\u00e9p\u00e8te, la naissance de la chose m&rsquo;a surpris.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;enfant est devenu un monstre, disais-je C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il est n\u00e9 adulte, consid\u00e9rable, immens\u00e9ment ambitieux, sorte de Pantagruel \u00e0 qui l&rsquo;on n&rsquo;a plus rien \u00e0 apprendre d\u00e8s qu&rsquo;il para\u00eet mais qui, au contraire, pr\u00e9tend vous prendre la main et vous emporter sur des chemins connus de lui seul, l\u00e0 o\u00f9 vous n&rsquo;auriez jamais imagin\u00e9 aller<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJe crois que, pr\u00e9venu de cette terrible et peut-\u00eatre sublime surprise qui a pris une ann\u00e9e \u00e0 maturer, j&rsquo;ai voulu, hors de toute volont\u00e9 et de la moindre conscience de la chose, prendre le plus de pr\u00e9cautions possibles pour que ne se reproduise plus le hiatus d&rsquo;une ann\u00e9e entre fin 2010 et d\u00e9but 2012. J&rsquo;ai voulu m&rsquo;assurer de la pr\u00e9paration d&rsquo;au moins trois livraisons de ce Deuxi\u00e8me Livre pr\u00eates \u00e0 \u00eatre servies, avec la quatri\u00e8me en cours de relecture. Voil\u00e0 pour l&rsquo;explication rationnelle et peut-\u00eatre devrais-je en rester l\u00e0 Mais non, on comprend bien qu&rsquo;il faut aller au-del\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit bien que cette explication rationnelle comprend des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des domaines \u00e9chappant \u00e0 la raison, ce qui l&rsquo;enferme elle-m\u00eame dans une contradiction qui trace ses limites. Je me demande moi-m\u00eame,  et se poser la question, n&rsquo;est-ce pas,  si dans ce hors de toute volont\u00e9 et de la moindre conscience de la chose il n&rsquo;y a pas <strong>aussi<\/strong> une dimension d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et d&rsquo;interrogation de l&rsquo;auteur sur lui-m\u00eame, sur ce qu&rsquo;on nomme son uvre. Dans ce cas, il s&rsquo;agirait d&rsquo;un curieux m\u00e9lange ou d&rsquo;un m\u00e9lange bien contradictoire ; anxi\u00e9t\u00e9 de ne pas arriver au terme malgr\u00e9 tout, anxi\u00e9t\u00e9 devant ce que serait ce terme ; anxi\u00e9t\u00e9 devant la possibilit\u00e9 que le monstre ne s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre trop monstrueux, ou bien ne s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre qu&rsquo;un avorton, ou bien qu&rsquo;il me d\u00e9passe Il y a de tout dans cette anxi\u00e9t\u00e9, \u00e0 l&rsquo;image de mon sentiment devant cette \u00e9poque que nous vivons, devant les pens\u00e9es qu&rsquo;elle suscite, devant les craintes terribles qu&rsquo;elle fait na\u00eetre. Bref, cela s&rsquo;appelle une crise, et cela vaut pour l&rsquo;\u00eatre seul comme pour le monde ; esp\u00e9rons qu&rsquo;elle soit haute, cette crise. Quoi qu&rsquo;il en soit, il faut s&rsquo;y mettre parce que l&rsquo;adulte devenu monstre,  autre constat qui rend la seule observation rationnelle un peu courte,  le r\u00e9clame d\u00e9sormais \u00e0 hauts cris, et parce qu&rsquo;\u00e0 cela on ne r\u00e9siste pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Quoi qu&rsquo;il en soit, il faut s&rsquo;y mettre, avec un gros mois de retard par rapport \u00e0 la promesse qui venait d\u00e9j\u00e0, elle-m\u00eame, apr\u00e8s tant de retard. Parfois, c&rsquo;est vrai, l&rsquo;on se sent comme \u00e9cras\u00e9 par l&rsquo;Histoire, dont la gr\u00e2ce finit par prendre des allures d&rsquo;un pr\u00e9sent plein d&#8217;emb\u00fbches et de traquenard. (Pr\u00e9sent, c&rsquo;est-\u00e0-dire autant un cadeau qu&rsquo;un temps situ\u00e9 entre pass\u00e9 et avenir.) Que le lecteur me fasse la gr\u00e2ce de me pardonner.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut s&rsquo;y mettre<\/p>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9s des Parties \u00e0 venir<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tComment r\u00e9sumer ce Deuxi\u00e8me Livre tel qu&rsquo;il s&rsquo;est impos\u00e9 de lui-m\u00eame ? Disons que le Premier Livre repr\u00e9sente le parcours du ph\u00e9nom\u00e8ne qui est le sujet m\u00e9tahistorique \u00e9clatant de <em>La gr\u00e2ce<\/em> : le ph\u00e9nom\u00e8ne du d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re (1776-1825), puis son d\u00e9veloppement et son adaptation jusqu&rsquo;\u00e0 notre \u00e9poque, son adaptation et sa formation en Syst\u00e8me, avec la description des composants de la p\u00e9riode (deux Parties sur l&rsquo;histoire revue de la p\u00e9riode ou comment le Syst\u00e8me s&rsquo;est form\u00e9 et s&rsquo;est impos\u00e9, puis la description des deux composants historiquement transversaux du Syst\u00e8me, les syst\u00e8mes de la communication et du technologisme). Le Premier Livre repr\u00e9sente <strong>le premier cercle de notre enfer<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cas, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon cette m\u00e9thodologie de rangement, le Deuxi\u00e8me Livre serait <strong>le deuxi\u00e8me cercle de notre enfer<\/strong>, \u00e0 la fois plus ample historiquement, plus large, s&rsquo;enroulant autour de la situation engendr\u00e9e pour mieux l&rsquo;expliciter et aller au plus profond de sa signification ; \u00e0 la fois plus large et plus profond&#8230; Les deux Livres,  Premier Livre et Deuxi\u00e8me Livre,  pourraient \u00eatre renomm\u00e9s Premier Cercle et Deuxi\u00e8me Cercle. (Pourquoi ne le seraient-ils pas ? La r\u00e8gle de notre jeu est que le livre mis en ligne selon le rythme et la forme du feuilleton peut et doit \u00eatre relu, revu, corrig\u00e9, modifi\u00e9 avant de devenir vraiment livre. Sur ce point de la d\u00e9nomination en Premier Cercle et Deuxi\u00e8me Cercle, on verra)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi est-on amen\u00e9 successivement \u00e0 aller chercher l&rsquo;origine du ph\u00e9nom\u00e8ne, que ce soit le d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re ou\/et la modernit\u00e9, dans l&rsquo;histoire qui pr\u00e9c\u00e9da, avec la pr\u00e9paration, la maturation du ph\u00e9nom\u00e8ne ; cela, de la Renaissance au Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res jusqu&rsquo;aux approches de la R\u00e9volution. Puis, il s&rsquo;agit d&rsquo;explorer le r\u00e9sultat <strong>total<\/strong>, int\u00e9gr\u00e9, du ph\u00e9nom\u00e8ne, du point de vue de la Mati\u00e8re et de la modernit\u00e9, ou comment furent tent\u00e9es l&rsquo;installation  et l&rsquo;exploitation de ce que je nomme dans ce cas la deuxi\u00e8me civilisation occidentale ; ensuite, le r\u00e9sultat <strong>total<\/strong>, int\u00e9gr\u00e9, du ph\u00e9nom\u00e8ne, cette fois consid\u00e9r\u00e9 du point de vue de la r\u00e9sistance contre lui, et cette fois le ph\u00e9nom\u00e8ne identifi\u00e9 pour ce qu&rsquo;il est, comme la contre-civilisation pr\u00e9cis\u00e9ment. (D\u00e9j\u00e0, dans ce second \u00e9nonc\u00e9 de ce qu&rsquo;il est en v\u00e9rit\u00e9, la contre-civilisation, il y a la substance de la r\u00e9sistance contre lui.) Puis, je me saisis d&rsquo;un point fondamental, le langage, pour en \u00e9tudier sa m\u00e9taphysique, sa contribution \u00e0 la deuxi\u00e8me civilisation occidentale et, \u00e0 l&rsquo;inverse, \u00e0 la r\u00e9sistance contre cette contre-civilisation ; le langage, cet outil m\u00e9taphysique qui est au commencement et \u00e0 la fin de tout, qui a sa place dans les perceptions les plus hautes et qui est nimb\u00e9 de l&rsquo;intuition haute quand il parvient \u00e0 son essence m\u00eame&#8230; Enfin, une derni\u00e8re Partie consacr\u00e9e \u00e0 la seule chose qui importe dans notre temps de Chute et de crise haute, qui est le Mal, et l&rsquo;observation m\u00e9taphysique qu&rsquo;on en peut faire. La partie la plus complexe, certes, la plus d\u00e9licate, encore en cours de construction et d&rsquo;\u00e9laboration dans sa structure, et la Partie sur laquelle mon jugement a le plus \u00e9volu\u00e9 Voil\u00e0 le survol du monstre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;Et voici, pour finir et selon un rangement plus ordonn\u00e9, ci-dessous, le sch\u00e9ma rapidement trac\u00e9  de ces diff\u00e9rentes parties qu&rsquo;on trouve dans ce Deuxi\u00e8me Livre, avec \u00e9ventuellement des extraits pour en sugg\u00e9rer l&rsquo;esprit Ce Deuxi\u00e8me Livre, ou Deuxi\u00e8me Cercle, portant comme titre \u00ab <em>Contre-Civilisation et r\u00e9sistance<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h4> Premi\u00e8re Partie<\/h4>\n<p>La <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxieme_livre_i_methodologie_et_etat_de_l_esprit_02_03_2012.html\" class=\"gen\">Premi\u00e8re Partie<\/a> de ce Deuxi\u00e8me Livre et Premi\u00e8re Partie de \u00ab <em>Contre-Civilisation et r\u00e9sistance<\/em>\u00bb : \u00ab<em>M\u00e9thodologie et \u00e9tat de l&rsquo;esprit<\/em>\u00bb. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une partie de pr\u00e9sentation de ce Deuxi\u00e8me Livre, avec reprise et r\u00e9sum\u00e9 de la th\u00e8se principale, dans l&rsquo;intention de l&rsquo;orienter et de la pr\u00e9senter vers les nouvelles voies qui seront suivies. On trouve aujourd&rsquo;hui <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxieme_livre_i_methodologie_et_etat_de_l_esprit_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a> cette Partie mise en ligne. L&rsquo;acc\u00e8s de la version en ligne est libre, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-introduction_la_souffrance_du_monde_18_12_2009.html\" class=\"gen\">introduction<\/a> de l&rsquo;ouvrage, qui est incluse dans le Premier Livre. La version en pdf est d&rsquo;acc\u00e8s r\u00e9serv\u00e9 aux souscripteurs de l&rsquo;ouvrage. <\/p>\n<h4> Deuxi\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>La Deuxi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre porte le titre de \u00ab<em>Mise en perspective du d\u00e9sastre : la Renaissance<\/em>\u00bb. Effectivement, il s&rsquo;agit de remonter jusqu&rsquo;\u00e0 la Renaissance pour rechercher les racines du mal, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la modernit\u00e9. Comme l&rsquo;indique l&rsquo;extrait ci-dessous, il s&rsquo;agit de la recherche de notre Barbare fondamental, celui qui porte tous les ingr\u00e9dients de notre contre-civilisation jusqu&rsquo;\u00e0 notre crise terminale, qui en est l&rsquo;instigateur et l&rsquo;inspirateur, qui est sans doute le relais humain de l&rsquo;inspiration g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;entreprise qui, elle, d\u00e9passe notablement les seules affaires humaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Nous parlons donc de la Renaissance comme matrice de cette nouvelle civilisation, la Renaissance avec sa dynamique lib\u00e9ratrice, la puissance de ses id\u00e9es lumineuses. Le constat n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il y a foule dans cette base arri\u00e8re et que l&rsquo;on y fait des rencontres ; je devine, sans trop m&rsquo;attarder aux charmes incertains du doute, qu&rsquo;on y croise \u00e9videmment, sinon principalement, notre propre Barbare Lorsqu&rsquo;une civilisation s&rsquo;effondre, il faut des barbares pour donner l&rsquo;impulsion d\u00e9cisive \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, et pour danser la Carmagnole autour du brasier grondant. Je cherche les barbares qui firent s&rsquo;effondrer la civilisation qui pr\u00e9c\u00e9da la deuxi\u00e8me civilisation occidentale, la n\u00f4tre, les barbares qui dansent autour de nos restes, autour de cette puanteur sans \u00e9quivalent en pr\u00e9tendant qu&rsquo;elle sent la rose. Il ne nous surprendrait pas que nous ayons quelques surprises ; aussit\u00f4t dit, aussit\u00f4t fait ; la plus int\u00e9ressante s&rsquo;av\u00e8re sans aucun doute la surprise, ou plut\u00f4t demi surprise, de trouver, \u00e0 la place des barbares habituels des civilisations effondr\u00e9es, notre Barbare, le<\/em> <strong><em>Barbare fondamental<\/em><\/strong>.\u00bb<\/p>\n<h4> Troisi\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>Troisi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre, ou \u00ab<em>Fatigue psychologique et persiflage des Lumi\u00e8res<\/em>\u00bb. C&rsquo;est surtout autour d&rsquo;un mot que s&rsquo;organise cette Partie,  le persiflage, dont nous avons d\u00e9j\u00e0 beaucoup <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sommes-nous_en_1789__14_07_2010.html\" class=\"gen\">parl\u00e9<\/a>. Le persiflage, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;action du courant d\u00e9structurant et dissolvant que nous suivons dans son attaque contre la psychologie collective, <strong>au cur<\/strong> de la psychologie collective, qui pr\u00e9pare la R\u00e9volution fran\u00e7aise et le d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re Extrait :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Tout cela n&rsquo;est pas rappel\u00e9, \u00e0 ce point du r\u00e9cit, par anticipation d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;une fa\u00e7on gratuite, pour le seul ornement. J&rsquo;entends par l\u00e0 signaler que l&rsquo;\u00e9puisement de la psychologie qu&rsquo;on envisage pour le XVIII\u00e8me si\u00e8cle, qui vient de loin, va tout aussi loin, ne s&rsquo;arr\u00eate pas, ne fait que s&rsquo;amplifier, s&rsquo;aggraver, peser de tout son poids. Entretemps, il y eut cette terrible explosion de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, ce soudain basculement dans la seconde civilisation occidentale, et alors je mesure combien cet \u00e9puisement de la psychologie, qui pr\u00e9pare cette rupture, qui l&rsquo;accompagne, qui en subit les contrecoups et s&rsquo;en aggrave encore, combien cet \u00e9puisement est aussi la marque de la mal\u00e9diction qui p\u00e8se sur nous et la reddition de la psychologie. Dans ce cadre de cette vision qui s&rsquo;\u00e9largit, et alors que je reviens \u00e0 ce mot de persiflage par quoi j&rsquo;ai commenc\u00e9 ce passage, qui exerce sur moi, par son destin, par ses myst\u00e8res, par la sonorit\u00e9 m\u00eame du mot qui ressemble effectivement \u00e0 un sifflement, une fascination que je ne peux dissimuler comme lorsqu&rsquo;on rencontre \u00e0 l&rsquo;intersection de choses tr\u00e8s diff\u00e9rentes une v\u00e9rit\u00e9 soudain aveuglante mais \u00e9clairante du destin du monde que vous entrevoyiez,  en v\u00e9rit\u00e9, j&rsquo;en viens \u00e0 consid\u00e9rer persiflage comme le mot qui d\u00e9signe, presque avec les deux f qu&rsquo;il m\u00e9riterait alors (persifflage ?), le sifflement d&rsquo;une sorte de serpent gigantesque qui recouvre le si\u00e8cle, s&rsquo;enroule autour de lui, le malaxe et le transforme \u00e0 son image,  et lui inocule le poison mortel qui va aboutir \u00e0 l&rsquo;explosion de la fin du si\u00e8cle, inaugurant la deuxi\u00e8me civilisation tr\u00e8s vite d\u00e9finie plus pr\u00e9cis\u00e9ment comme la contre-civilisation. Le serpent qui persiflait, qui \u00e9tend son ombre sur le si\u00e8cle des salons et des philosophes, et nous pr\u00e9pare \u00e0 la guillotine permanente.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4> Quatri\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>La Quatri\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre, intitul\u00e9e \u00ab<em>La Deuxi\u00e8me civilisation occidentale<\/em>\u00bb, d\u00e9crit les tentatives de cette nouvelle civilisation, de ce simulacre de civilisation, d&rsquo;\u00e9tablir un fondement m\u00e9taphysique \u00e9tablissant lui-m\u00eame sa l\u00e9gitimit\u00e9 au regard de la m\u00e9tahistoire. Ce serait aussi bien la recherche d&rsquo;une m\u00e9taphysique de la Mati\u00e8re que la recherche de l&rsquo;\u00e9tablissement de la m\u00e9taphysique par l&rsquo;Id\u00e9ologie, et par l&rsquo;id\u00e9ologie essentiellement n\u00e9e de la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;id\u00e9e d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9e, que je voudrais poursuivre et d\u00e9velopper, devient plus tranch\u00e9e, et, n\u00e9cessairement, plus radicale. D\u00e8s l&rsquo;origine du bouleversement qu&rsquo;elle impose \u00e0 l&rsquo;Histoire en imposant ce qui a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 rupture du monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;envol de la deuxi\u00e8me civilisation occidentale ou contre-civilisation, la Mati\u00e8re d\u00e9couvre aussit\u00f4t, en r\u00e9alisant qu&rsquo;il lui faut des Id\u00e9es pour donner un habillage d\u00e9cent \u00e0 tout cela, qu&rsquo;il lui faut en r\u00e9alit\u00e9, et m\u00eame en v\u00e9rit\u00e9, une m\u00e9taphysique, pour tenter de faire de cet habillage plus qu&rsquo;une obligation de circonstance et de mode, mais une parure, une majest\u00e9, une \u00e9l\u00e9vation par l&rsquo;apparence jusqu&rsquo;aux nu\u00e9es les plus incontestables d&rsquo;une spiritualit\u00e9 nouvelle. C&rsquo;est cela, il faut une m\u00e9taphysique \u00e0 ce mouvement inou\u00ef de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e, pour que plus personne n&rsquo;ose s&rsquo;aventurer \u00e0 faire l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il y a l\u00e0-dedans autre chose que la hauteur la plus sublime de la pens\u00e9e Bon prince, nous laissons ouvert le d\u00e9bat pour savoir s&rsquo;il ne s&rsquo;agirait pas, dans cette hauteur la plus sublime de la pens\u00e9e dont se r\u00e9clame la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e, de Dieu tout simplement,  c&rsquo;est-\u00e0-dire de la place de Dieu, toujours bonne \u00e0 prendre ; et nous serions conduits \u00e0 remarquer, non sans quelque humeur badine proche de l&rsquo;ironie, que mati\u00e8re ou pas mati\u00e8re, id\u00e9al de puissance ou pas, persistent, impossibles \u00e0 repousser, le besoin de l&rsquo;\u00e9lan de la transcendance et le go\u00fbt de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de la m\u00e9taphysique,  qui vous pousseraient jusqu&rsquo;\u00e0 la contrefa\u00e7on,  qui pousserait un diable jusqu&rsquo;\u00e0 la sanctification<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> On trouve, dans notre qu\u00eate, le constat permanent du besoin et de la volont\u00e9 du syst\u00e8me de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e de monter une m\u00e9taphysique, comme l&rsquo;on monte une pi\u00e8ce ou un tr\u00e9teau, qui sugg\u00e8re une r\u00e9f\u00e9rence incontestable de sa l\u00e9gitimit\u00e9. Bien entendu, cette recherche sera constamment couronn\u00e9e d&rsquo;un succ\u00e8s de communication \u00e9clatant et temporaire au sein des arm\u00e9es du syst\u00e8me, et ce succ\u00e8s constamment d\u00e9montr\u00e9 aussit\u00f4t comme faussaire, trompeur, comme celui d&rsquo;une m\u00e9taphysique de carton-p\u00e2te, subvertie et simul\u00e9e, de simple et grossi\u00e8re apparence sans nulle substance qui puisse faire croire au vrai, sans parler d&rsquo;une essence qui est d&rsquo;un domaine enti\u00e8rement saccag\u00e9 par le triomphe de la Mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJamais autant que dans ces temps troubl\u00e9s que sont les n\u00f4tres, et pour les meilleures raisons du monde, ne se manifeste cette course effr\u00e9n\u00e9e du syst\u00e8me de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e pour lier son immanence proclam\u00e9e \u00e0 une transcendance fabriqu\u00e9e, \u00e0 cette m\u00e9taphysique qui lui donnerait du l\u00e9gitime ; jamais autant, certes, que dans ces temps troubl\u00e9s, parce que jamais depuis son apparition comme notre r\u00e9f\u00e9rence irr\u00e9sistible, la l\u00e9gitimit\u00e9 du Syst\u00e8me ne s&rsquo;est trouv\u00e9e aussi fortement contest\u00e9e ; jamais autant que dans nos temps troubl\u00e9s ne se manifeste ce besoin de transcendance du Syst\u00e8me, parce que jamais sa surpuissance n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 si grande au travers de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e et son impuissance si \u00e9vidente par l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre par nature et sans rien fabriquer \u00e0 cet \u00e9gard, \u00e0 cette m\u00e9taphysique qui s&rsquo;impose aux esprits comme une sauvegarde. Ainsi en est-il, en d\u00e9sespoir de cause, du simulacre de m\u00e9taphysiques diverses.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La m\u00e9taphysique-simulacre, n\u00e9e de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e \u00e0 la recherche d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 qui assurerait son empire sur l&rsquo;univers, s&rsquo;est empar\u00e9e de th\u00e8mes inattendus, transposant dans l&rsquo;\u00e9ther de l&rsquo;univers en dehors des contingences terrestres des \u00e9v\u00e9nements effectivement terrestres. Nul autre moyen n&rsquo;\u00e9tait possible puisque le Syst\u00e8me, dans sa sagesse \u00e0 la fois forc\u00e9e et forcen\u00e9e, avait pos\u00e9 comme d\u00e9cret que l&rsquo;explication du monde lui revenait exclusivement, ainsi que le terreau des origines ramen\u00e9 \u00e0 sa propre apparition et, pour notre avenir, le plan ordonn\u00e9 d&rsquo;un dessein transform\u00e9 en destin du monde. Le travail de conceptualisation de notre contre-civilisation, pour faire na\u00eetre des croyances de ce temps qui s&rsquo;accordassent effectivement aux \u00e9v\u00e9nements de ce temps et aux inclinations du syst\u00e8me de la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e mais qui, en m\u00eame temps, r\u00e9glassent enfin le sort de tous les temps, a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable. Nous vivons par cons\u00e9quent dans des temps \u00e9tranges, caract\u00e9ris\u00e9s par une sorte de m\u00e9taphysique mat\u00e9rialiste, ou bien, selon la suggestion de certains esprits qui ne d\u00e9daignent pas d&rsquo;habiller les sciences d&rsquo;une parure mystique, dans des temps caract\u00e9ris\u00e9s par une m\u00e9taphysique quantique.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4> Cinqui\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>La Cinqui\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre est intitul\u00e9 \u00ab<em>Rompre la contre-civilisation<\/em>\u00bb, et elle pourrait s&rsquo;intituler R\u00e9sistance. Certes, il s&rsquo;agit de <strong>r\u00e9sister<\/strong> \u00e0 cette deuxi\u00e8me civilisation qui se d\u00e9couvre, \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame o\u00f9 vous l&#8217;embrassez dans toute sa globalit\u00e9 mal\u00e9fique, comme la contre-civilisation. Cette fois, effectivement, l&rsquo;expression (contre-civilisation) est choisie et elle est d\u00e9finitivement l\u00e9gitim\u00e9e, \u00e0 la place de deuxi\u00e8me civilisation occidentale qui laisserait croire qu&rsquo;il y a quelque chose d&rsquo;une civilisation, tout de m\u00eame, dans cette p\u00e9riode ; dans l&rsquo;esprit de la chose, c&rsquo;est exactement le contraire<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Si nous pr\u00e9tendons dominer le paysage ainsi d\u00e9crit ou, du moins, en rassembler une vue d&rsquo;ensemble, se pourrait-il que l&rsquo;expression dont nous l&rsquo;avons baptis\u00e9 se r\u00e9v\u00e9l\u00e2t erron\u00e9e et peut-\u00eatre trompeuse, jusqu&rsquo;\u00e0 dire que ce ne fut rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une mesure temporaire que de l&rsquo;en affubler ? Je n&rsquo;h\u00e9site pas une seconde pour envisager de r\u00e9pondre positivement, en observant que notre deuxi\u00e8me civilisation occidentale, si la chose va encore pour la chronologie, gagnerait consid\u00e9rablement \u00e0 \u00eatre baptis\u00e9e contre-civilisation, dans le but d&rsquo;\u00e9carter l&rsquo;id\u00e9e que la nouvelle \u00e9poque puisse avoir quelque communaut\u00e9 que ce soit avec le projet d&rsquo;une civilisation <\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Les gardiens du dogme, ceux qui assurent la promotion du Syst\u00e8me et de la raison qui accompagne son d\u00e9veloppement, sont totalement convaincus de la justesse du mod\u00e8le et de la raison qui y pr\u00e9side. Avec eux, aucun compromis n&rsquo;est possible et, s&rsquo;ils sont incontestablement des \u00eatres humains, on peut consid\u00e9rer qu&rsquo;ils repr\u00e9sentent \u00e9galement l&rsquo;esquisse du cas o\u00f9 la psychologie humaine envisage de se conformer \u00e0 une influence m\u00e9canique comme si elle avait rencontr\u00e9 la situation d&rsquo;influence sup\u00e9rieure qui ouvre la voie d\u00e9cisive \u00e0 l&rsquo;avenir,  au Progr\u00e8s justement, de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine en tant qu&rsquo;instigatrice de la civilisation. Ces cr\u00e9atures constituent des cas int\u00e9ressants, o\u00f9 l&rsquo;investissement du mal par les faiblesses de la psychologie rend ces faiblesses, pour l&rsquo;instant consid\u00e9r\u00e9 effectivement pour le temps tr\u00e8s court d&rsquo;un instant, encore plus condamnables que le mal lui-m\u00eame ; mais il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;un instant, et l&rsquo;on n&rsquo;ignore pas o\u00f9 se trouve la v\u00e9ritable source de tous les maux. Face \u00e0 cette \u00e9volution catastrophique qui n&rsquo;exige aucune explication particuli\u00e8re pour la prendre comme tel, ne serait-ce qu&rsquo;en ressentant sa pression nihiliste et pr\u00e9datrice, la r\u00e9sistance implique l&rsquo;affrontement. Cela sera fait, sans pourtant d&rsquo;animosit\u00e9 particuli\u00e8re contre ces pauvres psychologies finalement plus faibles que mauvaises, ou mauvaises un instant, par manipulation contre elles de la source de tous les maux, donc ces psychologies l\u00e0 aussi plus faibles que mauvaises&#8230;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La question de cet affrontement est essentielle et in\u00e9vitable, puisque nous avons face \u00e0 nous, sur les ruines de la catastrophe en train de se poursuivre comme un torrent puissant qui menace de tout emporter, la raison humaine tr\u00f4nant selon sa position sp\u00e9cieuse et totalitaire, le diktat selon lequel rien d&rsquo;autre n&rsquo;est possible pour l&rsquo;avenir de la civilisation que ce syst\u00e8me en cours d&rsquo;effondrement, qui conduit et entra\u00eene la civilisation \u00e0 son effondrement. Contre une telle d\u00e9raison qui confine \u00e0 la pathologie de la folie pure, tout argument se perd dans la d\u00e9rision de l&rsquo;indiff\u00e9rence arrogante qui est la marque principale du comportement de notre ennemi. Pour affronter cette raison pervertie, il faut refuser absolument cette forme de raisonnement et r\u00e9futer d\u00e9cisivement sa toute puissance. L&rsquo;outil n\u00e9cessaire pour ce refus et cette r\u00e9futation se trouve dans une pens\u00e9e hors des sentiers battus, hors des normes de l&rsquo;ennemi et de ses auxiliaires, il faut nier absolument sa pr\u00e9tention d&rsquo;\u00eatre notre avenir. Il faut refuser de penser selon le diktat de la raison humaine emport\u00e9e dans sa perversion, qui est en train de fracasser notre civilisation, comme l&rsquo;on se garde le temps qu&rsquo;il faut de humer un gaz asphyxiant<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4> Sixi\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>La Sixi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre concerne \u00ab<em>Subversion, r\u00e9sistance et m\u00e9taphysique du langage<\/em>\u00bb Cela concerne un aspect essentiel pour nous, pour moi,  le langage, la langue, la puissance du mot, sa substance m\u00eame, l&rsquo;essence qu&rsquo;il d\u00e9gage et impose, sa transcendance enfin ; son influence sur la psychologie, sa capacit\u00e9 \u00e0 exprimer bien plus qu&rsquo;il ne semble dire, la signification ontologique m\u00eame du discours lorsqu&rsquo;il est dit dans tel ou tel style En exergue de son livre <em>Barbarie int\u00e9rieure<\/em>, Jean-Fran\u00e7ois Matt\u00e9i cite cette phrase de Nietzsche : \u00ab<em><\/em>[L]<em>a barbarie est<\/em> []<em>, selon la d\u00e9finition de Nietzsche, l&rsquo;absence de style ou le m\u00e9lange chaotique de style, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette juxtaposition et cette accumulation de tous les styles possibles.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab[C]<em>e passage a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans la structure du r\u00e9cit (cela rendu possible par son caract\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique, presque autonome) ; pour, finalement, figurer comme une charni\u00e8re entre ce qui pr\u00e9c\u00e8de et ce qui fait la conclusion, voulue et esp\u00e9r\u00e9e comme essentielle, du propos ; et il en est venu, ce passage, \u00e0 sa composition d\u00e9cisive, justement comme une partie autonome, vers la fin de la composition g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;ouvrage ; et voil\u00e0 qu&rsquo;il porte sur la forme, sur la description de la forme de l&rsquo;\u00e9criture, sur ce qu&rsquo;on nomme le style, alors que le reste,  avant, apr\u00e8s, etc.,  porte certes sur le fond de la r\u00e9flexion. En ce sens et par la gr\u00e2ce de ces divers attributs et caract\u00e8res, ce passage, l\u00e0 o\u00f9 il se trouve, avec ce qu&rsquo;il contient, r\u00e9pond \u00e0 une<\/em> <strong><em>n\u00e9cessit\u00e9<\/em><\/strong><em>, bien qu&rsquo;il porte sur la forme. Nous y sommes<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Il y a donc une d\u00e9construction du langage, nullement dans sa signification mais dans l&rsquo;orientation structurelle de cette signification et, partant, affectant la force m\u00eame des mots dans l&rsquo;orientation qu&rsquo;ils sugg\u00e8rent. Le langage devient plus mou, plus vague, du fait de l&rsquo;espace cr\u00e9\u00e9 par les manuvres permanentes, faussaires, trompeuses et dissimulatrice de ceux qui le manient pour leur entreprise qui consiste essentiellement \u00e0 entraver la bonne marche des r\u00e8gles structurantes, des hi\u00e9rarchies l\u00e9gitimes, des \u00e9vidences souveraines originelles. L&rsquo;action produite directement sous forme d&rsquo;un effet inconscient est compl\u00e8tement psychologique et nullement intellectuelle, et l&rsquo;effet devient, plut\u00f4t qu&rsquo;une tentative de tromper la pens\u00e9e qui pourrait \u00eatre identifi\u00e9e et d\u00e9jou\u00e9e, une anesth\u00e9sie de la pens\u00e9e qui s&rsquo;insinue sans crier gare ni coup f\u00e9rir. Nous d\u00e9couvrons qu&rsquo;en attaquant l&rsquo;ordre et le rangement du style par rapport \u00e0 l&rsquo;objet dont il parle, la d\u00e9construction du langage met en cause des fondements (langue, philosophie, civilisation). L&rsquo;uvre \u00e9crite cesse d&rsquo;\u00eatre \u00e0 orientation collective, comme la chronique, le testament, le t\u00e9moignage d&rsquo;une civilisation, comme son tribut rendu \u00e0 la Tradition originelle, pour s&rsquo;engager dans l&rsquo;individualisme de la modernit\u00e9, impliquant la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;individu, la satisfaction de l&rsquo;un, la cajolerie d&rsquo;un ego et ainsi de suite. A partir de l\u00e0, on commence \u00e0 penser de l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire, et de la forme que choisit l&rsquo;\u00e9crivain, selon la formule fameuse qui semble si d\u00e9licieusement d\u00e9finitive, si judicieusement artistique, si c\u00e9l\u00e9bratrice de la grandeur de l&rsquo;homme-\u00e9crivain,  le style, c&rsquo;est l&rsquo;homme ; alors que le style, c&rsquo;est le sujet que d\u00e9crit la chose \u00e9crite, selon l&rsquo;abord qu&rsquo;en choisit l&rsquo;esprit de celui qui se charge de la besogne,  et celui qui se charge de la besogne, humble messager, rien de plus. D\u00e9sormais, l&rsquo;auteur prend le pas sur l&rsquo;uvre et, par cons\u00e9quence in\u00e9luctable, l&rsquo;uvre n&rsquo;est plus ce dont elle parle mais plut\u00f4t celui qui l&rsquo;a faite. L&rsquo;\u00e9criture ne d\u00e9crit plus le monde, la civilisation et ses liens avec l&rsquo;origine, mais l&rsquo;aventure personnelle de celui qui \u00e9crit. Cette \u00e9volution, on le sait, ou bien l&rsquo;on devrait s&rsquo;en aviser, nous conduit fort loin, jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, sur la voie de la d\u00e9construction ; le langage accompagne, oriente, structure paradoxalement, dans son \u00e9volution, l&rsquo;uvre de d\u00e9structuration.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;important est \u00e9videmment de comprendre, et d&rsquo;admettre aussit\u00f4t dans le jugement qu&rsquo;on s&rsquo;en forme, que le langage a \u00e9chapp\u00e9, d\u00e8s l&rsquo;\u00e9poque d\u00e9crite, et notamment selon la philosophie du persiflage, \u00e0 la mission structurante qu&rsquo;on lui avait assign\u00e9e. La d\u00e9structuration dont l&rsquo;on parle est ce qui consiste \u00e0 d\u00e9tourner le langage de la recherche, pour le b\u00e9n\u00e9fice de tous, d&rsquo;une meilleure perception et d&rsquo;une meilleure compr\u00e9hension du monde et de tout ce qui le compose, selon les hi\u00e9rarchies naturelles des choses, selon les vertus \u00e9videntes de la Tradition, au profit de la recherche d&rsquo;un b\u00e9n\u00e9fice personnel de son emploi. Il s&rsquo;agit du passage du style d&rsquo;un caract\u00e8re collectif, solidaire, \u00e0 un style d&rsquo;un caract\u00e8re individuel, qui ouvre la comp\u00e9tition stylistique bien propre \u00e0 illustrer l&rsquo;\u00e8re postmoderniste, la comp\u00e9tition du style c&rsquo;est l&rsquo;homme. Le langage n&rsquo;est plus l\u00e0 pour assurer la structuration parce qu&rsquo;il a bascul\u00e9 dans l&rsquo;irr\u00e9sistible penchant de l&rsquo;individualisme, de l&rsquo;expression du moi int\u00e9rioris\u00e9 Le style c&rsquo;est l&rsquo;homme ? M\u00eame plus,  Le style, c&rsquo;est l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;homme, ce sont les tripes, ses connaissances internes pass\u00e9es par le tamis de ses d\u00e9jections diverses tenues pour les connaissances de ses aventures personnelles, et ces connaissances regroup\u00e9es dans un savoir de plus en plus concentr\u00e9es dans une sph\u00e8re personnelle constitu\u00e9e \u00e0 partir des conformismes paradoxalement collectifs ; en effet, puisque les aventures individuelles, dans ce cadre de l&rsquo;individualisme, conduisent au nihilisme entropique, tout cela retrouve un caract\u00e8re collectif puisque tout le monde est le double de tout le monde, et vice-versa<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4> Septi\u00e8me Partie<\/h4>\n<p>En th\u00e9orie, selon les pr\u00e9visions courantes dont on sait qu&rsquo;elles sont si souvent faites pour \u00eatre d\u00e9menties le jour suivant, cette Septi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre, avec le titre de \u00ab<em>Repaires et rep\u00e8res, \u00e0 marche forc\u00e9e<\/em>\u00bb, ou encore, peut-\u00eatre, la m\u00e9taphysique du Mal et rien d&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Nous n&rsquo;avons pas manqu\u00e9 de l&rsquo;\u00e9crire, puis de le rappeler, de le rappeler encore, comme le leitmotiv et le moteur de notre d\u00e9marche : nous sommes dans une \u00e9poque d\u00e9cha\u00een\u00e9e, n\u00e9e du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re. Pour tenter de la comprendre, de l&#8217;embrasser, de la saisir dans tous ses aspects fondamentaux, dans ses composants essentiels, dans ses marques significatives, il importe, soi-m\u00eame, de se d\u00e9barrasser de ses propres cha\u00eenes. Il s&rsquo;agit donc de d\u00e9cha\u00eener son esprit ; il s&rsquo;agit de nous d\u00e9barrasser de ces cha\u00eenes, pour trouver l&rsquo;aisance et l&rsquo;audace n\u00e9cessaires pour poursuivre notre enqu\u00eate. Cette prescription est imp\u00e9rative, essentielle \u00e0 ce point, et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;elle est proclam\u00e9e ici d&rsquo;une fa\u00e7on si insistante, parce qu&rsquo;il appara\u00eet comme une \u00e9vidence que nous atteignons au cur de notre d\u00e9marche. Il est admis comme une \u00e9vidence remarquable que la crise, \u00e9tant universelle et terminale, et de caract\u00e8re indubitablement syst\u00e9mique, exerce ses effets dans tous les domaines, sans exception possible ; elle doit aussi les exercer, comme autant de ravages \u00e9pouvantables, dans nos psychologies, puis nos esprits ; il importe absolument de les en d\u00e9loger, de sortir la crise de dedans nos esprits, pour \u00e9carter ses trompeuses affirmations.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, observe la raison \u00e0 propos de cette intention affich\u00e9e de notre propre d\u00e9cha\u00eenement ; elle pose cette affirmation avec le ton d&rsquo;une sorte de scepticisme moqueur, voire gouailleur ; dans ce cas, la raison telle qu&rsquo;elle est dans son \u00e9tat pr\u00e9sent, nous r\u00e9serve sa causticit\u00e9, son assurance d&rsquo;outil superbe transform\u00e9 en idole, elle sourit d\u00e9j\u00e0 de nos efforts qu&rsquo;elle annonce vains, par avance, et c&rsquo;est comme si elle riait en v\u00e9rit\u00e9. La raison faussaire, car c&rsquo;est elle en v\u00e9rit\u00e9, elle qui s&rsquo;est compromise depuis des si\u00e8cles avec ce courant subversif et corrupteur qu&rsquo;on a d\u00e9crit,  la raison faussaire oppose \u00e0 notre r\u00e9solution son assurance, cette certitude d&rsquo;elle-m\u00eame, parce qu&rsquo;elle juge p\u00e9remptoirement ce d\u00e9cha\u00eenement de l&rsquo;esprit acquis et ex\u00e9cut\u00e9e ; puisque, affirme-t-elle, je suis d\u00e9cha\u00eenement de l&rsquo;esprit, clef de l&rsquo;audace de la pens\u00e9e, ma\u00eetresse de la lib\u00e9ration du jugement, inspiratrice supr\u00eame de l&rsquo;accomplissement de tout ce qu&rsquo;il y a de grand en l&rsquo;humain. Ainsi nous dit-elle et nous d\u00e9crit-elle pour qui sait y voir, la raison faussaire, le fondement terminal et consolid\u00e9 de la tromperie g\u00e9n\u00e9rale dont nous avons vu toutes les \u00e9tapes historiques ; son intervention nous d\u00e9crit l&rsquo;institutionnalisation du d\u00e9cha\u00eenement de la pens\u00e9e et nullement le d\u00e9cha\u00eenement lui-m\u00eame, et l&rsquo;institutionnalisation pr\u00e9c\u00e9dant le fait lui-m\u00eame, le r\u00e9duisant avant qu&rsquo;il ne s&rsquo;accomplisse, et ainsi installant de nouvelles cha\u00eenes qui sont l&rsquo;affirmation faussaire du d\u00e9cha\u00eenement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi comprenons-nous, en laissant la raison \u00e0 ses communiqu\u00e9s de ma\u00eetrise du monde, que notre volont\u00e9 de d\u00e9cha\u00eenement, pour \u00eatre ce qu&rsquo;elle doit \u00eatre, doit concerner notre raison elle-m\u00eame, comme elle concerne notre esprit, et notre raison avant tout. Nous devons d&rsquo;abord d\u00e9crire et d\u00e9noncer la tromperie sur laquelle elle a b\u00e2ti son empire subversif sur notre perception et notre interpr\u00e9tation du monde, et sur l&rsquo;interdiction qu&rsquo;elle a \u00e9dict\u00e9e de nous abreuver \u00e0 l&rsquo;inspiration de l&rsquo;intuition haute. Voici la r\u00e9ponse n\u00e9cessaire \u00e0 la raison : Ne comprends-tu pas, tra\u00eetresse, que nous te regardons, aujourd&rsquo;hui, comme une tra\u00eetresse en v\u00e9rit\u00e9, pass\u00e9e avec armes et bagages \u00e0 l&rsquo;ennemi, et que tu dois \u00eatre trait\u00e9e en cons\u00e9quence ? Avant d&rsquo;affirmer sa position dans notre jugement du monde, la raison faussaire doit reconna\u00eetre la subversion o\u00f9 elle est tomb\u00e9e, en juger pour ce qu&rsquo;est cette subversion, en embrasser toute la force mal\u00e9fique, s&rsquo;en faire quitte et se restaurer dans toute son humilit\u00e9 n\u00e9cessaire, et n&rsquo;\u00eatre plus faussaire par cons\u00e9quent. Avant de pr\u00e9tendre \u00e0 nouveau \u00eatre ce qu&rsquo;elle est, la raison doit se retrouver elle-m\u00eame, elle doit se<\/em> <strong><em>purger<\/em><\/strong> <em>de son haut mal, elle doit d\u00e9truire la corruption \u00e0 laquelle elle a c\u00e9d\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p>Si l&rsquo;un ou l&rsquo;autre lecteur a l&rsquo;intention de faire un commentaire, nous lui serions gr\u00e9 de le faire sur le <em>Forum<\/em> du m\u00eame texte qui se trouve dans la rubrique <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, \u00e0 la m\u00eame date du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_grace_de_l_histoire_deuxieme_livre_i_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La gr\u00e2ce, de retour parmi nous 2 mars 2012 On a pu lire le 14 janvier 2012 l&rsquo;annonce de la reprise de la publication en feuilleton de La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire (effective ce 2 mars 2012). 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