{"id":74748,"date":"2012-12-17T16:19:18","date_gmt":"2012-12-17T16:19:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/12\/17\/ldipe-dhier-et-daujourdhui-ii\/"},"modified":"2012-12-17T16:19:18","modified_gmt":"2012-12-17T16:19:18","slug":"ldipe-dhier-et-daujourdhui-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/12\/17\/ldipe-dhier-et-daujourdhui-ii\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u0152dipe d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (II)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">L&rsquo;dipe d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (II)<\/h2>\n<h3>II. Histoire d&rsquo;dipe, caract\u00e8re historique d&rsquo;dipe et liens du sang<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mythe d&rsquo;dipe, s&rsquo;il a une valeur g\u00e9n\u00e9rale pour l&rsquo;histoire humaine, c&rsquo;en est une plus g\u00e9n\u00e9rale encore que celle que Freud a cru y voir. C&rsquo;est celle de la force des liens du sang dans l&rsquo;humanit\u00e9 depuis les origines, et leur progressif recul.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes liens sont \u00e0 l&rsquo;uvre dans dipe Roi o\u00f9 un homme, emp\u00eatr\u00e9 dans le maternel, reste prisonnier de la relation intrafamiliale. Bien s\u00fbr, le regard grec de l&rsquo;\u00e9poque habille cette r\u00e9alit\u00e9 de fait d&rsquo;une dite mythique o\u00f9 ce sont les dieux qui poussent dipe \u00e0 s&rsquo;accoupler \u00e0 sa m\u00e8re. Les dieux c&rsquo;est-\u00e0-dire, en ce cas, pr\u00e9cis\u00e9ment, la force immense des liens du sang, l&rsquo;autre bout du <strong>symbolon<\/strong> mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. Le dieu, un certain dieu, tient le sang. L&rsquo;oracle est formel : L&rsquo;enfant \u00e0 venir tuera son p\u00e8re et \u00e9pousera sa m\u00e8re. Il tuera le p\u00e8re qui lui barre le chemin de la m\u00e8re. L&rsquo;objectif est la m\u00e8re, le p\u00e8re est tu\u00e9 moins comme p\u00e8re que comme obstacle. Supposer son existence comme personnage symbolique important, est n\u00e9glig\u00e9 par Sophocle ou bien c&rsquo;est Cr\u00e9on, et il en est la caricature. Il faut de toute fa\u00e7on une tromperie ourdie par les dieux pour qu&rsquo;dipe, qui, contrairement \u00e0 beaucoup avant lui, sut d\u00e9jouer le Sphinx, chute plus bas que l&rsquo;homme ordinaire qui lui en \u00e9tait incapable. Vu anthropologiquement, on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 du stade ultra primitif, du stade ant\u00e9rieur m\u00eame \u00e0 l&rsquo;endogamie o\u00f9 les membres d&rsquo;un m\u00eame clan, d&rsquo;une m\u00eame tribu, au lieu d&rsquo;aller chercher des femmes dans la tribu voisine, en prennent dans la leur. Ce <em>principe d&rsquo;endogamie<\/em>, de mariage interne, ce cercle de la famille ferm\u00e9e, fait suite \u00e0 l&rsquo;inceste primordial originel. Il sort de cette relation incestueuse qui fut le pass\u00e9 animal de l&rsquo;humain, si bien s\u00fbr on accepte l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;animalit\u00e9 ant\u00e9humaine selon Darwin. Les Grecs eux, parlent d&rsquo;Ouranos, du fils de G\u00ea, f\u00e9condant sa m\u00e8re la Terre parce que, pr\u00e9cis\u00e9ment, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre! L&rsquo;dipe de Sophocle, donc, ne fait que reproduire, rafra\u00eechir, l&rsquo;Acte Originel du mythe ! Si le Dieu est \u00e0 la rigueur Incr\u00e9\u00e9, les premiers hommes ne le sont pas, ils sortent du ventre de la M\u00e8re f\u00e9cond\u00e9e par son Fils.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut donc pr\u00e9ciser ce qu&rsquo;on entend par <em>lien du sang<\/em>. Quand on parle en l&rsquo;histoire de la force des liens du sang dans l&rsquo;humanit\u00e9, il ne s&rsquo;agit pas des liens du sang au sens \u00e9troit, par exemple entre un p\u00e8re une m\u00e8re et leurs enfants biologiques r\u00e9sultant de leur accouplement. Pas davantage au sens plus large d&rsquo;un clan ou d&rsquo;une tribu o\u00f9 on parle alors d&rsquo;endogamie, il s&rsquo;agit des liens du sang au sein d&rsquo;un ensemble plus vaste qui regroupe plusieurs clans ou tribus et qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui nous appelons <em>peuple<\/em>, qui fut appel\u00e9 peuple tr\u00e8s t\u00f4t par les hommes. Un peuple c&rsquo;est par exemple les Sarmates, les Ach\u00e9ens, les Bushmans, c&rsquo;est Isra\u00ebl dont la Bible nous dit qu&rsquo;il compte douze tribus. Tant que les mariages se font entre les membres d&rsquo;une m\u00eame tribu ou les membres de plusieurs tribus d&rsquo;un m\u00eame peuple, les liens du sang sont pr\u00e9serv\u00e9s, il y a <em>endogamie<\/em> au sens large. Chez les Arabes aujourd&rsquo;hui par exemple le mariage entre cousins et cousines est recommand\u00e9 alors que chez les Occidentaux, tout en \u00e9tant possible, il n&rsquo;est pas pris\u00e9, peut m\u00eame choquer. On peut donc dire que chez les Arabes l&rsquo;endogamie, les liens du sang, sont plus forts qu&rsquo;en Occident. Pareil chez les Juifs qui se marient plut\u00f4t entre eux, m\u00eame si ce principe endogamique est moins fort aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il ne l&rsquo;\u00e9tait au temps du roi David.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes liens du sang donc, au sens large, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment qui tient un peuple ensemble en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un Anc\u00eatre commun, qui le pr\u00e9serve des changements qui pourraient survenir du fait d&rsquo;un m\u00e9lange impr\u00e9vu aux cons\u00e9quences inconnues. Les Juifs ont pour p\u00e8re Abraham, sont les fils d&rsquo;Abraham car, symboliquement et concr\u00e8tement, du fait de leur refus de se m\u00e9langer \u00e0 d&rsquo;autres peuples, ils peuvent dire qu&rsquo;ils ont Abraham pour p\u00e8re. Si bien que, comme d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, si on r\u00e9tr\u00e9cit ce principe de lien par le sang, si on voulait vraiment que le m\u00eame sang coul\u00e2t dans les veines des descendants, l&rsquo;inceste serait la solution, le stade premier (et dernier) des liens du sang stricto sensu, o\u00f9 le m\u00eame tente de reproduire le m\u00eame, fait de son <em>prochain<\/em> une sorte de <em>pseudopode<\/em> au sens biologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire prolongements r\u00e9tractiles du protoplasma, ou, pour parler actuel, un clone. Le clonage contemporain est un avatar non des liens du sang mais des liens par le sang. Par l&rsquo;utilisation narcissique, donc folle, donc perverse, donc oedipienne, des liens du sang.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a toutefois plusieurs sortes d&rsquo;incestes. Le <em>r\u00e9gressif<\/em>, lorsque la m\u00e8re r\u00e9int\u00e8gre le fils qui lui est proche, se le r\u00e9introduit, le fait revenir au \u00ab\u00a0train de nuit\u00a0\u00bb qui l&rsquo;a vu na\u00eetre (Jocaste). Le <em>progressif<\/em>, lorsque la fille s\u00e9duit son p\u00e8re, attire \u00e0 elle l&rsquo;inconnu lointain qu&rsquo;il lui est (filles de Loth). Enfin le <em>stagnatif<\/em>, lorsque fr\u00e8res et surs s&rsquo;accouplent. Dans le premier cas l&rsquo;enfant m\u00e2le est r\u00e9absorb\u00e9 par sexe qui l&rsquo;a produit, r\u00e9 aval\u00e9 ; dans le deuxi\u00e8me, la fille repousse sa m\u00e8re qui l&rsquo;a enfant\u00e9e -et qui lui est pareille- pour s&rsquo;ouvrir sur l&rsquo;inconnu diff\u00e9rent du p\u00e8re, et dans le troisi\u00e8me \u00e7a tourne en rond sauf en cas de polygamie, lorsque la pr\u00e9sence de plusieurs g\u00e9niteurs produit sous des toits diff\u00e9rents des enfants de m\u00e8res diff\u00e9rentes (ou de p\u00e8res diff\u00e9rents dans le cas de polyandrie). Il faut comprendre ces nuances pour ce qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 pour les peuples qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et qui ne connaissaient ni l&rsquo;h\u00e9matologie ni la g\u00e9n\u00e9tique, ni la pens\u00e9e scientifique, ni ce qui pour nous est la morale. L&rsquo;interdit de l&rsquo;inceste, ou le refus de l&rsquo;inceste, n&rsquo;\u00e9tait pas motiv\u00e9 par des raisons de <em>qualit\u00e9<\/em> ou de <em>danger<\/em> que des croisements de cet ordre auraient pu produire comme on l&rsquo;entend dire de nos jours o\u00f9 certains humains sont encore habit\u00e9s par cette angoisse. Il proc\u00e9dait d&rsquo;une perception qui nous \u00e9chappe et qui certainement fut toujours paradoxale puisque \u00e0 la fois motiv\u00e9e par la crainte du nouveau, de l&rsquo;\u00e9largissement porteur de querelles et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats divergents entre les tribus, comme le d\u00e9go\u00fbt du retour vers l&rsquo;identique, du repli sur soi, synonyme de rabougrissement de ladite tribu. L&rsquo;\u00e9largissement cr\u00e9ait de nouvelles alliances favorables \u00e0 l&rsquo;enrichissement et \u00e0 l&rsquo;auto-d\u00e9fense mais pouvaient, \u00e0 long terme, \u00eatre nuisibles et dissoudre peu \u00e0 peu la tribu la plus faible dans la forte, le peuple le plus faible dans le plus fort, la Gr\u00e8ce dans Rome. Inversement, ne pas sortir de sa tribu pouvait signifier, renforcer, \u00e9largir, agrandir la tribu en tant que telle dans l&rsquo;optique de pouvoir r\u00e9sister \u00e0 des rivalit\u00e9s ou des affrontements futurs avec d&rsquo;autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;inceste au sens \u00e9troit, est d\u00e9pass\u00e9 depuis des mill\u00e9naires dans la plupart des cultures, en constitue l&rsquo;interdit central, surtout l&rsquo;inceste m\u00e8re-fils. L&rsquo;horreur v\u00e9cue par Jocaste est vieille comme le monde alors que les filles de Loth paraissent d\u00e9tendues \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de s&rsquo;enter sur leur p\u00e8re pour lui donner une descendance. Et d&rsquo;ailleurs, aucune langue de feu, aucune peste n&rsquo;en r\u00e9sulte comme \u00e0 Th\u00e8bes, bien au contraire, puisque Ruth la Moabite qui en est issue, est l&rsquo;anc\u00eatre du Christ, fils de David de lign\u00e9e royale et de Nathan de lign\u00e9e sacerdotale. Quant aux fr\u00e8res et surs entre eux il suffit de se pencher sur beaucoup de cultures pour comprendre qu&rsquo;il s&rsquo;agit de n\u00e9cessit\u00e9s religieuses, comme par exemple pharaon et sa sur. Encore qu&rsquo;il faudrait \u00eatre s\u00fbr que notre notion moderne de religion recouvre ce religieux l\u00e0. C&rsquo;est une autre question.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a enfin la prostitution sacr\u00e9e qui peut \u00eatre per\u00e7ue comme une union incestueuse avec le dieu cr\u00e9ateur, en l&rsquo;occurrence la d\u00e9esse. Le grand-pr\u00eatre fornicateur \u00e9tant le Phallus G\u00e9n\u00e9ral valant pour tous les porteurs de p\u00e9nis, la prostitu\u00e9e sacr\u00e9e tenant le r\u00f4le de la divinit\u00e9 cr\u00e9atrice et \u00e9tant de ce fait permise au grand-pr\u00eatre, son par\u00e8dre, et rigoureusement interdite \u00e0 tous les autres hommes sous peine de mort pour elle et pour eux, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas des vestales romaines et de leurs imprudents amants. Il n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas absurde de voir dans cette institution de la prostitution sacr\u00e9e, l&rsquo;image des commencements de l&rsquo;humanit\u00e9 puisque commencements il y a eu, m\u00eame si cette hypoth\u00e8se heurte notre compr\u00e9hension, fatalement aveugle, sur nos d\u00e9buts d&rsquo;homme. On a \u00e0 la fois du mal \u00e0 croire au premier couple, r\u00e9sultant d&rsquo;une scissiparit\u00e9 de l&rsquo;Adam primordial en Adam et Eve, bien oblig\u00e9s de se reproduire incestueusement (avec qui Ca\u00efn, comme Abel s&rsquo;il n&rsquo;eut pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, pouvaient-ils se reproduire sinon avec leur m\u00e8re?), mais on a encore plus de mal \u00e0 imaginer simultan\u00e9ment sur plusieurs lieux de la terre des hommes et des femmes sortis du r\u00e8gne animal (de diff\u00e9rents r\u00e8gnes animaux ?), qui se rencontrent au hasard de leurs migrations, copulent et font des enfants extra-incestueux source de nouvelles <em>races<\/em>. La Thora mentionne au chapitre VI ces \u00e9tranges <em>neph\u00eel\u00eem<\/em>, ces G\u00e9ants inconnus sur la terre, diff\u00e9rents des <em>fils d&rsquo;Elohim<\/em>. Dans ce cas pourtant, on ne fait que d\u00e9placer le probl\u00e8me car ces venues simultan\u00e9es \u00e0 l&rsquo;humain ne sont que des multiplications de l&rsquo;Adam-Eve du premier cas puisque l\u00e0 aussi il a fallu un commencement. Saisir la dur\u00e9e et son d\u00e9part a toujours \u00e9t\u00e9 un grand probl\u00e8me pour l&rsquo;intelligence humaine. L&rsquo;instant \u00e9mergeant de la dur\u00e9e et la niant, la dur\u00e9e diluant l&rsquo;instant dans un processus sans commencement ni fin. Ou l&rsquo;homme a commenc\u00e9 et il finira, ou alors il n&rsquo;a jamais commenc\u00e9 et ne finira jamais. Ceux qui peuvent vraiment penser les deux en m\u00eame temps m\u00e9riteraient le statut de Nouvel Adam. On en revient donc \u00e0 Adam-Eve comme d\u00e9part justifi\u00e9. Mais alors si ces deux l\u00e0 sont authentiques, Lucifer, le serpent, le plus rus\u00e9 de tous les animaux, comme la Bible l&rsquo;appelle, l&rsquo;est aussi. Les hommes auraient p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 cause d&rsquo;un <em>animal<\/em>, m\u00eame rus\u00e9!? \u00c7a ne manque pas de sel que le soi-disant rampant induise le vertical en tentation.  &#8722; <em>Eh, viens dans mon r\u00e8gne terre \u00e0 terre toi le dress\u00e9, et tu seras comme un Dieu !<\/em> Lucifer, ange d\u00e9chu, reste Etre sup\u00e9rieur. Que va-t-il enseigner aux hommes? La division. D&rsquo;abord de l&rsquo;homme avec lui-m\u00eame (<em>ils virent qu&rsquo;ils \u00e9taient nus<\/em>) et, par voie de cons\u00e9quence, de l&rsquo;homme d&rsquo;avec tous ses semblables, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme de Ca\u00efn. Il enseigne la dissolution des liens du sang, des liens de l&rsquo;homme avec ses origines, il conduit l&rsquo;homme vers la Solitude N\u00e9cessaire de l&rsquo;Homme, ce qu&rsquo;il appelle pr\u00e9cis\u00e9ment en son langage : <em>Vous serez comme des dieux<\/em> (Gen. III,5).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa rupture des liens du sang donc, d\u00e9bute avec le <em>Diable<\/em>, l&rsquo;impulsion lucif\u00e9rienne. Mais c&rsquo;est un processus qui s&rsquo;\u00e9tend sur des dizaines de mill\u00e9naires et pendant ces mill\u00e9naires les refus et les retours en arri\u00e8re seront nombreux. Le plus bel exemple bien s\u00fbr est celui des Juifs qui refusent de se m\u00e9langer, autrefois comme aujourd&rsquo;hui, faisant de l&rsquo;<em>\u00e9lection<\/em> n\u00e9cessaire d&rsquo;un peuple il y a quatre ou cinq mille ans, un racisme actuel. Les Juifs ne refusent pas la tentation du Serpent, comment d&rsquo;ailleurs le pourraient-ils? Ils refusent les ultimes cons\u00e9quences de cette tentation, \u00e0 savoir que dans le cadre de la consanguinit\u00e9 d&rsquo;avec Abraham et, plus loin encore, la consanguinit\u00e9 d&rsquo;avec le dieu que Mo\u00efse aper\u00e7ut dans le Buisson ardent, il fallait bien qu&rsquo;il y eut \u00e0 la fois continuit\u00e9 dans la rupture et compensation annihilant cette rupture, que l&rsquo;unit\u00e9 primordiale bris\u00e9e par Lucifer, se refit avec un <em>fils<\/em> pr\u00e9cis\u00e9ment qui serait davantage du Buisson Ardent que d&rsquo;Abraham, un fils directement issu de ce dieu consanguin qui <strong>cr\u00e9a l&rsquo;homme \u00e0 son image<\/strong>, \u00e0 travers le peuple le plus consanguin de l&rsquo;histoire qui allait inaugurer, sans trop le savoir, la consanguinit\u00e9 derni\u00e8re, celle de l&rsquo;esprit. &#8722; <em>Avant qu&rsquo;Abraham fut, je suis<\/em>, dit le Juif J\u00e9sus. Et voici donc celui que les hommes ont appel\u00e9 en grec Christos, vrai homme et vrai dieu, vrai juif et vrai goy, vrai fils d&rsquo;homme et de femme issus de la m\u00eame tribu et vrai fils de Dieu par la greffe d&rsquo;un <em>Moi<\/em> cosmique, mod\u00e8le sup\u00e9rieur de tous les autres <em>moi<\/em> humains qui peuplent notre plan\u00e8te et qui tendent  ou devraient tendre  vers Lui. Le sphinx avec son arri\u00e8re train de taureau, son buste de lion, ses ailes d&rsquo;aigle et son visage d&rsquo;humain est le r\u00e9sum\u00e9 grec \u00e9sot\u00e9rique des Quatre Animaux sous lesquels les quatre \u00e9vang\u00e9listes sont repr\u00e9sent\u00e9s. Luc est taureau, Marc Lion, Jean Aigle et Matthieu Homme (ou Ange) au sens ou l&rsquo;homme, ex-ange, serait le <em>r\u00e9sultat<\/em> des autres animaux. Quatre animaux donc, anc\u00eatre de l&rsquo;homme, du Sphinx-homme, dipe en \u00e9tant le Jean Baptiste, celui qui d\u00e9voile les origines antiques, se sacrifie pour qu&rsquo;elles s&rsquo;int\u00e8grent \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution humaine, celui <em>qui diminue pour que l&rsquo;autre croisse<\/em>, celui donc qui <em>aplanit les voies du Seigneur<\/em>, qui pr\u00e9pare l&rsquo;homme \u00e0 se tenir debout sur la terre avec des pieds non bots, non perc\u00e9s et non enfl\u00e9s, pas des pseudo podos, des vrais et bien stables. La statuaire grecque figurant dans le marbre cet Homme id\u00e9al l\u00e0, cet <strong><em>Anthr\u00f4pon<\/em><\/strong> qui pr\u00e9pare le <em>Christos<\/em>, union sup\u00e9rieure du Taureau, du Lion, de l&rsquo;Aigle et de l&rsquo;Homme. Dieu fait homme, homme s&rsquo;offrant au dieu pour le salut de tous les autres et donnant sa Vie pour que les comme des Dieux des origines deviennent \u00e0 la fin des temps de vrais dieux. <em>J&rsquo;ai dit vous \u00eates des dieux et la parole de Dieu ne peut \u00eatre d\u00e9faite<\/em> (Jean, X). dipe n&rsquo;est pas maudit d&rsquo;avoir commis un inceste maternel, il recule tout simplement pour mieux sauter. dipe rappelle le pass\u00e9 des liens du sang pour mieux b\u00e2tir l&rsquo;avenir des liens non sanguins, il s&rsquo;aveugle pour que nous puissions voir. A Colone, ne finit-il pas, sorte <em>d&rsquo;homme-fait-dieu<\/em> par se d\u00e9mat\u00e9rialiser ? Ce qui revient pour Sophocle \u00e0 signaler une n\u00e9gation du corps mat\u00e9riel, une ascension. Ath\u00e8nes a vu, Th\u00e9s\u00e9e et Th\u00e9mistocle ont vu, Socrate a vu, puis P\u00e9ricl\u00e8s et, par lui, pour la premi\u00e8re fois dans le monde, des hommes ont tent\u00e9 de se rassembler pour faire na\u00eetre une volont\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9tait plus individuelle-\u00e9go\u00efste, mais collective-altruiste, <strong>maternelle mais avec un p\u00e8re puissant<\/strong>, le post-dipe attendu. La d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne est ce germe appel\u00e9 \u00e0 un grand avenir. Il r\u00e9tablit l&rsquo;unit\u00e9 premi\u00e8re des liens qui semblent du sang mais ne le sont plus. B\u00e2tis sur son mod\u00e8le, ils sont pourtant des liens \u00e0 caract\u00e8re spirituels. La pseudo-d\u00e9mocratie de l&rsquo;Europe actuelle \u00e9tant <strong>le r\u00e8gne du maternel mais sans P\u00e8re<\/strong>, le r\u00e8gne du maternel avec un p\u00e8re r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;impuissance, le triomphe de Jocaste-Antigone d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;Esprit du P\u00e8re est absent. Cela laissant entrevoir combien aujourd&rsquo;hui la doxa psychanalytique aimerait nous convaincre sans pouvoir ni vouloir l&rsquo;affirmer qu&rsquo;dipe disposait du libre-arbitre, combien au fond il est responsable mais pas coupable de son double p\u00e9ch\u00e9 de g\u00e9rontophilie assum\u00e9e avec Jocaste, de p\u00e9dophilie souhait\u00e9e mais infaisable avec Antigone et combien l&rsquo;\u00e9ternelle Jocaste-Antigone en fut l&rsquo;innocente victime, <em>l&rsquo;agnelle de sacrifice<\/em>. Le f\u00e9minisme contemporain est le retour de la prostitution sacr\u00e9e, de l&rsquo;Idole peinte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(A suivre)<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Marc G\u00e9belin<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Voir aussi la premi\u00e8re partie de <em>L&rsquo;dipe d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (I)<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_dipe_d_hier_et_d_aujourd_hui_i_14_12_2012.html\" class=\"gen\">13 d\u00e9cembre 2012<\/a>.)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;dipe d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (II) II. Histoire d&rsquo;dipe, caract\u00e8re historique d&rsquo;dipe et liens du sang Le mythe d&rsquo;dipe, s&rsquo;il a une valeur g\u00e9n\u00e9rale pour l&rsquo;histoire humaine, c&rsquo;en est une plus g\u00e9n\u00e9rale encore que celle que Freud a cru y voir. C&rsquo;est celle de la force des liens du sang dans l&rsquo;humanit\u00e9 depuis les origines, et&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[15293,9519,11880,15295,15294],"class_list":["post-74748","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-feminismer","tag-freud","tag-gebelin","tag-inceste","tag-oedipe"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74748","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74748"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74748\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}