{"id":74796,"date":"2013-01-15T10:59:54","date_gmt":"2013-01-15T10:59:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/01\/15\/la-france-en-retard-dune-deroute\/"},"modified":"2013-01-15T10:59:54","modified_gmt":"2013-01-15T10:59:54","slug":"la-france-en-retard-dune-deroute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/01\/15\/la-france-en-retard-dune-deroute\/","title":{"rendered":"La France en retard d&rsquo;une d\u00e9route"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">La France en retard d&rsquo;une d\u00e9route<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl suffit de lire l&rsquo;analyse du commentateur du <em>Guardian<\/em>, Simon Tisdall, ce <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2013\/jan\/14\/france-lonely-intervention-mali\" class=\"gen\">14 janvier 2013<\/a>, sur l&rsquo;intervention fran\u00e7aise au Mali. Tisdall nous avait d\u00e9j\u00e0 dit, quoique tout cela bien enrob\u00e9 d&rsquo;une vertu progressiste comptable d&rsquo;une logique surr\u00e9aliste, qu&rsquo;il \u00e9tait temps de se d\u00e9barrasser de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une intervention en Syrie, malgr\u00e9 la morale des bons sentiments et la doctrine \u00e0 mesure qui constituent les deux piliers de la politique interventionniste du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\" class=\"gen\">bloc BAO<\/a>. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_guardian_et_son_surr_alisme_syrien_10_01_2013.html\" class=\"gen\">10 janvier 2013<\/a>.) Il notait, dans son texte, que les Fran\u00e7ais menaient l&rsquo;argument de l&rsquo;intervention n\u00e9cessaire (\u00ab<em>Led by France, the western position is that nothing less than regime change at the top will do<\/em>\u00bb) ; cette intervention qui n&rsquo;aurait finalement pas lieu parce que la n\u00e9cessit\u00e9 morale passe par la n\u00e9cessit\u00e9 des moyens et la n\u00e9cessit\u00e9 de la disposition h\u00e9ro\u00efque des esprits, et qu&rsquo;il manquait des deux derni\u00e8res.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le Mali, Tisdall ne prend m\u00eame pas les gants des sophismes habituels du jugement progressiste. Il d\u00e9taille froidement, sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me, ce qui a tout l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre la solitude fran\u00e7aise dans cette affaire. C&rsquo;est notamment le fait des deux grands alli\u00e9s, les nouveaux compagnons de la France, les inspirateurs forcen\u00e9s de l&rsquo;interventionnisme humanitaires, les responsables satisfaits de la globalisation et de tout ce qui s&rsquo;ensuit dans le d\u00e9sordre,  <em>dito<\/em>, les Anglo-Saxons. Il semble bien que cela sera sans eux<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les Britanniques, d&rsquo;abord, eux qui furent si pr\u00e9sents en Libye, au bon vieux temps de l&rsquo;interventionnisme-qui-marche,  comme on dit au bon vieux temps des colonies, sans s&rsquo;arr\u00eater aux cons\u00e9quences<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>David Cameron&rsquo;s response was fairly typical of the wary reaction evident in European capitals to President Fran\u00e7ois Hollande&rsquo;s decision to go to the aid of Mali&rsquo;s government. What is being done in Mali is in our interests and should support France&rsquo;s actions, the prime minister told the BBC. Downing Street says it agrees the Islamist rebellion poses a direct threat to international peace and security, as outlined in a UN security council statement last week.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But Cameron made clear there would be no British boots on the ground and that while London was prepared to provide limited logistical support, there was no question of joining France&rsquo;s air campaign, unlike in Libya two years ago. Nor does London apparently view this war as one in which the Nato alliance should become involved<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les alli\u00e9s d&rsquo;Outre-Atlantique et am\u00e9ricanistes, les USA du brillant pr\u00e9sident Obama ensuite M\u00eame son de cloche, en infiniment pire : eux qu&rsquo;on soup\u00e7onne d&rsquo;un plan global d&rsquo;investissement de l&rsquo;Afrique depuis la cr\u00e9ation d&rsquo;African Command, ils ont pu go\u00fbter les fruits amers de la chose. Le complot, \u00e7a marche toujours dans les articles des experts critiques, et dans les plans et autres Grands Jeux du Pentagone ; pour le reste, faut voir<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Obama administration says its is providing unspecified support. We are obviously consulting very closely with the government of France going forward, said state department spokeswoman Victoria Nuland. Jean-Yves Le Drian, France&rsquo;s defence minister, said the Pentagon has promised logistics help, satellite intelligence and in-flight refuelling for French warplanes in what he described as total solidarity from the United States.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le Drian should take a reality check. American policy in Mali and the surrounding region is currently in pieces. Washington considered its own direct intervention last summer, but decided it was too risky. The previous US approach, to build up Mali&rsquo;s army as a bulwark against al-Qaida, Ansar al-Dine and other Islamist groups, backfired spectacularly when leading US-mentored commanders went over to the rebels, taking arms and equipment with them, after another of American trainee, Captain Amadou Sanogo, led a coup in Bamako last March. I was sorely disappointed that a military with whom we had a training relationship participated in the military overthrow of an elected government, General Carter Ham, head of the US Africa Command, responded sadly. There is no way to characterise that other than wholly unacceptable. A Malian officer was blunter. It was a disaster, he told the New York Times.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInutile de disserter sur l&rsquo;intervention au Mali. Dans la logique qui a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e pour d\u00e9finir ce que le Syst\u00e8me impose comme politique (<em>dito<\/em> la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a>), l&rsquo;intervention \u00e9tait n\u00e9cessaire et in\u00e9vitable. Mais c&rsquo;est raisonner comme un tambour, c&rsquo;est-\u00e0-dire en r\u00e9percutant sans fin et sans but les bruits de  l&rsquo;encha\u00eenement absurde d&rsquo;une diplomatie militariste d&rsquo;une pauvret\u00e9 path\u00e9tique. Depuis la r\u00e9int\u00e9gration de l&rsquo;OTAN, l&rsquo;int\u00e9gration dans le bloc BAO, le soutien d&rsquo;un Syst\u00e8me catastrophique dont Sarko condamnait <strong>absolument<\/strong> la branche \u00e9conomico-financi\u00e8re (le 24 septembre 2008 \u00e0 Toulon) avant de s&rsquo;y \u00e9brouer \u00e0 100%, depuis l&rsquo;aventure libyenne inspir\u00e9e par Bernard-Henry Clausewitz, les promesses de la chute imminente d&rsquo;Assad pour demain matin de Jupp\u00e9-Fabius, l&rsquo;encha\u00eenement est implacable. La situation au Mali o\u00f9-il-fallait-bien-intervenir est le r\u00e9sultat de toutes les d\u00e9routes pr\u00e9c\u00e9dentes, et en direct de celle de Libye bien entendu ; ces d\u00e9routes-l\u00e0, produites par le bloc BAO comme on produit des petits pains au chocolat que, para\u00eet-il, selon Cop\u00e9 de l&rsquo;UMP, les m\u00e9chants immigr\u00e9s des banlieues interdisent de manger \u00e0 cause du Ramadan. On se trouve dans un imbroglio si absurde, si grotesque, qu&rsquo;il est impossible de porter un jugement rationnel sur cette affaire,  sinon \u00e0 la placer dans la cha\u00eene d\u00e9crite, et alors \u00e0 la consid\u00e9rer comme une aventure in\u00e9vitable de plus, et la forte probabilit\u00e9, dans certaines circonstances assez probables, d&rsquo;une d\u00e9route qui prendra la forme habituelle d&rsquo;un engagement incertain et insaisissable, d&rsquo;une impossibilit\u00e9 de retrait rapide, d&rsquo;une incitation \u00e0 des menaces terroristes contre soi et sur ses arri\u00e8res m\u00e9tropolitains, et tout le lot de cette sorte de chose. Alors, le titre tient : comme si la France avait vraiment besoin d&rsquo;une de ces d\u00e9routes postmodernes qui soit la sienne propre, comme USA et Royaume-Uni ont eu la leur en Irak et en Afghanistan (ce sont leurs guerres, m\u00eame si d&rsquo;autres sont venus faire de la figuration sanglante). Cela est r\u00e9sum\u00e9 par cette conclusion glac\u00e9e de Tisdall, qui a tant vibr\u00e9 pour une intervention en Syrie, qui a retrouv\u00e9 son style tr\u00e8s britannique, tr\u00e8s Foreign Office,  bonne chance, les <em>froggies<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Laurent Fabius, the French foreign minister, says France&rsquo;s campaign will last a matter of weeks. Perhaps he really believes that. But how many times have politicians said such things when ordering military action? Experience suggests France, ill-served by its friends, has started something it will have great difficulty in finishing.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;ensemble permet de mieux avoir une vision compl\u00e8te des aventures du bloc BAO. Cet \u00e9pouvantail qui devait conqu\u00e9rir le monde, avec l&rsquo;OTAN comme la main servile et bureaucratique, les USA manipulant les autres et les entra\u00eenant dans leurs aventures conqu\u00e9rantes, tout cela ne forme plus qu&rsquo;un petit amas de souvenirs path\u00e9tiques o\u00f9 les r\u00eaveries grandioses des fous du Pentagone et alentour rencontraient les critiques terribles de ceux qui n&rsquo;ont jamais dout\u00e9 de l&rsquo;irr\u00e9sistible puissance US pour pouvoir mieux avoir un adversaire concret et comploteur \u00e0 d\u00e9noncer. En place et lieu de quoi, le Mali ne fait qu&rsquo;illustrer un peu mieux la situation grotesque de l&rsquo;ex-Occident, de l&rsquo;ex-ensemble transatlantique, devenu bloc BAO compl\u00e8tement manipul\u00e9 par lui-m\u00eame, et par la cr\u00e9ature qu&rsquo;il a contribu\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er (le Syst\u00e8me et ses productions). La Libye avait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 cela, o\u00f9 les USA et l&rsquo;OTAN n&rsquo;arriv\u00e8rent jamais \u00e0 la cheville du r\u00f4le de <em>diabolus ex machina<\/em> qu&rsquo;on leur pr\u00eata fort gracieusement (on ne pr\u00eate qu&rsquo;aux endett\u00e9s, dira-t-on). La Syrie confirma cela, o\u00f9 les na\u00effs prirent les glapissements des harpies type Hillary-Rice pour des affiches de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. Peut-\u00eatre les Fran\u00e7ais, dans leur multiple candeur (elle vient de droite comme de gauche, et s&rsquo;exprime aussi bien dans l&rsquo;agitation de Sarko que dans l&rsquo;effacement de Hollande), sont-ils au fond les derniers \u00e0 croire encore \u00e0 la toute-puissance de la machine du Pentagone et du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme Secrets admirateurs de cela, secr\u00e8te fascination au fond,  \u00e0 droite et \u00e0 gauche, et comment !,  eux qui n&rsquo;attendaient, depuis des d\u00e9cennies, qu&rsquo;une occasion pour trahir les consignes un peu trop contraignantes de l&rsquo;insupportable g\u00e9n\u00e9ral. A voir la France o\u00f9 elle en est aujourd&rsquo;hui, on se dit que <strong>m\u00eame la IV\u00e8me R\u00e9publique<\/strong> ne se serait pas laiss\u00e9e berner de cette fa\u00e7on,  par les entreprises anglo-saxonnes en apparence, en v\u00e9rit\u00e9 par la suffisance de l&rsquo;esprit de la modernit\u00e9 qui a institu\u00e9 le parti des salonards comme incontestable concepteur de nos lendemains qui chantonnent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9faut de <em>blitzkrieg<\/em> au Mali, nous aurons s\u00fbrement le mariage <em>gay<\/em>, malgr\u00e9 la manif de dimanche. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 15 janvier 2013 \u00e0 10H59<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La France en retard d&rsquo;une d\u00e9route Il suffit de lire l&rsquo;analyse du commentateur du Guardian, Simon Tisdall, ce 14 janvier 2013, sur l&rsquo;intervention fran\u00e7aise au Mali. 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