{"id":74806,"date":"2013-01-22T09:00:23","date_gmt":"2013-01-22T09:00:23","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/01\/22\/lugubre-perspective-poutine-bho-avec-leurope-au-milieu\/"},"modified":"2013-01-22T09:00:23","modified_gmt":"2013-01-22T09:00:23","slug":"lugubre-perspective-poutine-bho-avec-leurope-au-milieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/01\/22\/lugubre-perspective-poutine-bho-avec-leurope-au-milieu\/","title":{"rendered":"Lugubre perspective Poutine-BHO, avec l&rsquo;Europe au milieu"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Lugubre perspective Poutine-BHO, avec l&rsquo;Europe au milieu<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 janvier 2013  Il y a une singuli\u00e8re amertume dans le texte de Robert Bridge, sur <em>Russia Today<\/em>, ce <a href=\"http:\/\/rt.com\/politics\/us-russia-reset-obama-inauguration-422\/\" class=\"gen\">21 janvier 2013<\/a>. De nationalit\u00e9 US, Bridge r\u00e9side \u00e0 Moscou depuis pr\u00e8s de vingt ans et collabore avec <em>Russia Today<\/em> sur la question des relations internationales, particuli\u00e8rement les relations entre les USA et la Russie. Le texte cit\u00e9 ici nous para\u00eet \u00e9galement d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat de signification, parce que refl\u00e9tant et restituant assez bien le sentiment g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9gnant \u00e0 Moscou, notamment dans les cercles autour de la direction politique et des centres de pouvoir, concernant les relations de la Russie avec les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn attachera donc un particulier int\u00e9r\u00eat \u00e0 cette analyse publi\u00e9e au moment o\u00f9 Barack Obama pr\u00eate son second serment comme pr\u00e9sident des USA, apr\u00e8s sa r\u00e9\u00e9lection de novembre 2012. On aura \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;il existait manifestement une attente <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_dites_a_vlad_qu_il_patiente__27_03_2012.html\" class=\"gen\">justifi\u00e9e<\/a> des Russes, et particuli\u00e8rement de Poutine, d&rsquo;indications de la part d&rsquo;Obama, <strong>aussit\u00f4t apr\u00e8s<\/strong> son \u00e9lection, que certains domaines des relations entre les USA et la Russie allaient faire l&rsquo;objet de l&rsquo;attention particuli\u00e8re des USA et de leur pr\u00e9sident prolong\u00e9. Notre sentiment est qu&rsquo;il n&rsquo;y en a rien \u00e9t\u00e9, qu&rsquo;aucun signal n&rsquo;est venu de Washington jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, et que c&rsquo;est \u00e0 la lumi\u00e8re de cette d\u00e9ception qu&rsquo;il faut lire ce texte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Amertume, disions-nous, et m\u00eame humeur d&rsquo;encre, accompagnant d&rsquo;une fa\u00e7on remarquablement indicative la c\u00e9r\u00e9monie de prestation de serment d&rsquo;Obama marqu\u00e9e certainement par une r\u00e9elle morosit\u00e9, un peu \u00e0 l&rsquo;image de sa victoire et des moments qui ont imm\u00e9diatement suivi, au cours desquels se sont accumul\u00e9s les contretemps et les fausses notes. Pourtant, aucun exc\u00e8s dans le langage ou dans l&rsquo;observation, aucun sentiment trop vif, et l&rsquo;amertume et l&rsquo;humeur apparaissent ainsi presque comme objectives,  ind\u00e9pendantes des personnes, comme si une m\u00e9canique \u00e9tait en marche. Le texte de Bridge commence d&rsquo;ailleurs par ce qui para\u00eetrait comme \u00e9tant un constat qui se voudrait objectif, s&rsquo;appuyant sur des d\u00e9clarations ou des jugements venus des USA tr\u00e8s pessimistes, sur l&rsquo;\u00e9tat int\u00e9rieur des USA, dans un cadre crisique g\u00e9n\u00e9ral. (Soros, par exemple : \u00ab<em>We are facing an extremely difficult time, comparable in many ways to the 1930s, the Great Depression. We are facing now a general retrenchment in the developed world, which threatens to put us in a decade of more stagnation, or worse.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe constat est celui d&rsquo;une situation tr\u00e8s difficile aux USA, avec la perspective \u00e9voqu\u00e9e par certains de troubles possibles, aussi bien dus \u00e0 la situation \u00e9conomique qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre question conjoncturelle qui surgirait brusquement dans l&rsquo;actualit\u00e9. C&rsquo;est le cas, aujourd&rsquo;hui, de la question de la vente libre et de la disposition d&rsquo;armes a feu, que Bridge consid\u00e8re comme tr\u00e8s importante et explosive. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas important d&rsquo;une division politique et culturelle tr\u00e8s marqu\u00e9e aux USA, caract\u00e9risant la question aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Meanwhile, potentially more disruptive than a broken economy is the explosive question of gun rights, an issue that Obama has promised to address following the indiscriminate killing of 20 children at a school in Newtown, Connecticut in December.<\/em> [] <em>Obama&rsquo;s pledge to work for a ban on assault weapons, as well as other initiatives, is hugely unpopular to many Americans, including not least of all members of the National Rifle Association (NRA), America&rsquo;s most influential domestic lobby group (the NRA claims that its membership has surged by 250,000 people  up to 4.25 million  since the Newtown shooting, according to U.S. News and World Report)<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette situation int\u00e9rieure US, telle que Bridge la d\u00e9crit, correspond sans le moindre doute \u00e0 la vision qu&rsquo;en ont la direction politique russe et le monde des experts en Russie. Tenant compte de ce fait, les experts russes estiment en g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;Obama n&rsquo;aura gu\u00e8re le temps, ni m\u00eame l&rsquo;opportunit\u00e9 de s&rsquo;int\u00e9resser aux probl\u00e8mes ext\u00e9rieurs, et particuli\u00e8rement aux relations avec la Russie Il s&rsquo;agit presque d&rsquo;un constat d&rsquo;isolationnisme, du aux circonstances int\u00e9rieures, comme ce fut d&rsquo;ailleurs le cas durant la Grande D\u00e9pression. Il faut observer que ce constat rejoint celui que faisait <em>DEBKAFiles<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.debka.com\/article\/22697\/American-isolationism-Obama's-unfolding-signature-policy\" class=\"gen\">20 janvier 2012<\/a> \u00e0 propos de la situation au Moyen-Orient et en M\u00e9diterran\u00e9e, tel que nous le rapportions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dedefensaorg_le_mali_et_la_m_l_e_du_syst_me_21_01_2013.html\" class=\"gen\">21 janvier 2013<\/a>. De ce point de vue, il est possible d&rsquo;appr\u00e9cier que la nomination de Hagel au Pentagone repr\u00e9sente bel et bien une volont\u00e9 d&rsquo;Obama de r\u00e9duire \u00e0 toute force les engagements ext\u00e9rieurs, pour affronter les \u00e9v\u00e9nements int\u00e9rieurs. C&rsquo;est \u00e0 cette lumi\u00e8re que les experts russes cit\u00e9s par Bridge ne voient gu\u00e8re de quelle fa\u00e7on les relations USA-Russie pourraient s&rsquo;am\u00e9liorer  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Obama is being blamed that no serious (economic) progress has been made over the past four years,\u00a0\u00bb Nikolai Zlobin, director of Russian and Asian programs at World Security Institute, told reporters on Sunday. At the same time, according to Zlobin, Russia and the US lack an agenda that could facilitate the reset. There are no occasions suitable for improving Russian-American relations, he said. They have not been seen for a long time. Therefore, bilateral relations will be objectively deteriorating.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Given the domestic challenges that Obama will be facing, will the Democratic leader have the time and resources for building bilateral relations with Russia? According to Fyodor Lukyanov, Foreign and Defense Policy Council Chairman, Obama&rsquo;s foreign policy will not be particularly active given the US leader&rsquo;s plans to cut the number of global problems it will have to tackle.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Alors, la conclusion de Bridge est extr\u00eamement pessimiste. Elle porte essentiellement sur le r\u00e9seau antimissile (BMD et BMDE), qui est manifestement le probl\u00e8me num\u00e9ro un pour les Russes, dans leurs relations avec les USA. Bridge fait un rappel de l&rsquo;\u00e9volution de cette question pol\u00e9mique depuis l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Obama \u00e0 la Maison-Blanche, extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8re pour le pr\u00e9sident US. Le constat \u00e0 cet \u00e9gard, qui relaie sans aucun doute la position officielle russe, est qu&rsquo;Obama n&rsquo;a pas tenu ses engagements initiaux et que la situation strat\u00e9gique, avec le d\u00e9ploiement terrestre (en Europe), pr\u00e9vu en 2015, de missiles Standard SN-3 \u00e0 grandes capacit\u00e9s, rendra la situation strat\u00e9gique intenable du point de vue russe. Les pr\u00e9visions de Bridge, s&rsquo;il se confirme que rien n&rsquo;est fait <strong>tr\u00e8s rapidement<\/strong> du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Obama, sont extr\u00eamement pessimistes. C&rsquo;est ainsi la premi\u00e8re fois qu&rsquo;est \u00e9voqu\u00e9, sur un m\u00e9dia de l&rsquo;importance de <em>Russia Today<\/em>, la perspective d&rsquo;un retrait russe du trait\u00e9 START sign\u00e9 en 2010 par Obama et Medvedev. Cette perspective, si elle s&rsquo;accomplissait, ouvrirait <strong>une crise strat\u00e9gique d&rsquo;une gravit\u00e9 exceptionnelle<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Following his inauguration today, Moscow will watch to see if Obama lives up to his commitment to cooperate with Russia on missile defense.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Should the Democratic leader balk on his word and refuse to cooperate with Russia, this will expose the lie of the reset once and for all. In the event of such a scenario, not only will Russia respond by fortifying its borders with ballistic missiles, it will also be forced, in all likelihood, to walk away from the New START Treaty, signed by Obama and Medvedev on April 8, 2010, which slashes the number of deployed strategic nuclear warheads to 1,550 on both sides. Such a scenario, needless to say, would be a tragedy of immense proportions not just for Russia-US relations, but for the future safety of the planet, littered as it is with weapons of mass destruction.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Yet Moscow will have no choice in the matter. After all, no country would agree to reduce the size of its nuclear sword while other countries  even friends and allies  are busy constructing a mighty shield. Yet, as Barack Obama himself advised four long years ago, we can always hope.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>D&rsquo;ici 2015, et d\u00e8s fin 2013<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes derniers temps, nous avions surtout \u00e9voqu\u00e9 une d\u00e9t\u00e9rioration du climat entre les USA et la Russie au niveau de la communication et de ce que nous nommons l&rsquo;agression douce, avec des ripostes d\u00e9cid\u00e9es de la Russie face \u00e0 une agression US dans ces domaines de la communication o\u00f9 se m\u00ealent l&rsquo;influence, les mesures symboliques et administratives, etc. (Voir les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-russie_et_usa_face_face_14_12_2012.html\" class=\"gen\">14 d\u00e9cembre 2012<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-usa-russie_de_pire_en_pire_et_d_mocratiquement__31_12_2012.html\" class=\"gen\">31 d\u00e9cembre 2012<\/a>.) Ce que Bridge commente, c&rsquo;est un autre domaine bien entendu ; mais l&rsquo;un ne supplante pas l&rsquo;autre, au contraire les deux se compl\u00e8tent et renforcent r\u00e9ciproquement leurs effets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel dans l&rsquo;\u00e9volution des relations entre la Russie et les USA apr\u00e8s le premier mandat d&rsquo;Obama, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9volution des USA. Plus que d&rsquo;un repli de cette puissance, on doit accepter le terme d&rsquo;isolationnisme qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 et employ\u00e9 ci-dessus. Cet isolationnisme s&rsquo;exprime en termes postmodernes et joue essentiellement sur la psychologie, qui est la ma\u00eetresse de la politique suivie dans cette \u00e9poque domin\u00e9e par le syst\u00e8me de la communication. Les mesures et les situations qui en sont d\u00e9duites sont tr\u00e8s diverses et n&rsquo;expriment pas une situation tranch\u00e9e, mais restituent sans aucun doute un \u00e9tat d&rsquo;esprit tr\u00e8s puissamment significatif. Ainsi, c&rsquo;est d&rsquo;un isolationnisme post-moderne qu&rsquo;il faut parler, exprim\u00e9 par plusieurs points :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;accent mis sur la situation int\u00e9rieure est de deux ordres, dans le chef de la politique d&rsquo;Obama et des tensions existantes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, aux USA. D&rsquo;une part, il y a l&rsquo;instauration et l&rsquo;extension d&rsquo;une structure polici\u00e8re, proche d&rsquo;un caract\u00e8re oppressif aux USA m\u00eame, de fa\u00e7on \u00e0 tenter de contenir le m\u00e9contentement social et communautaire \u00e9quivalent au climat de la Grande D\u00e9pression (voir Soros), de l&#8217;emp\u00eacher de s&rsquo;exprimer dans des actes et des situations de violence. L&rsquo;inconv\u00e9nient de cette \u00e9volution vers un r\u00e9gime policier est qu&rsquo;il risque tout autant d&rsquo;alimenter ces m\u00eames r\u00e9actions de violence qu&rsquo;il veut pr\u00e9venir, sur des th\u00e8mes sp\u00e9cifiques de grande tension, parce que les imp\u00e9ratifs des puissances oligarchiques et du syst\u00e8me capitaliste exigent de maintenir une certaine circulation de l&rsquo;information qui permet aussi bien la circulation \u00e9ventuelle d&rsquo;une mobilisation populaire avec les moyens qu&rsquo;on conna\u00eet (Internet, r\u00e9seaux sociaux).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le compl\u00e9ment de cet appareil policier et une fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9ventuellement tenter d&rsquo;\u00e9carter ses inconv\u00e9nients, c&rsquo;est la mobilisation poursuivie et accentu\u00e9e par Obama sur des th\u00e8mes dits de soci\u00e9t\u00e9 (essentiellement aujourd&rsquo;hui la question des armes \u00e0 feu, mais aussi des questions dites soci\u00e9tales, comme le mariage <em>gay<\/em>). Le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/gun-control-terrorism-gay-rights-and-climate-change-obama-sets-out-his-bold-battle-plan-for-the-next-four-years-8460696.html\" class=\"gen\">discours d&rsquo;inauguration<\/a> d&rsquo;Obama, hier, \u00e9tait farci de ces r\u00e9f\u00e9rences qui, esp\u00e8re-t-il, doivent mobiliser son \u00e9lectorat d\u00e9mocrate, communautaire, pauvre, etc. Ici, Obama se place en opposition aux r\u00e9publicains alors qu&rsquo;avec l&rsquo;appareil policier il a leur soutien implicite. La formule n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement gagnante sur tous les tableaux et, dans la situation d&rsquo;exacerbation des tensions actuelles, elle peut m\u00eame \u00eatre perdante sur tous les tableaux. Dans tous les cas, dans le cadre d&rsquo;une situation type-Grande d\u00e9pression, on comprend que le pr\u00e9sident Obama-II sera plus que jamais accapar\u00e9 par la situation int\u00e9rieure,  les commentateurs russes ont raison \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Au niveau ext\u00e9rieur, Obama doit faire face \u00e0 son appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale qui est, par nature, hostile \u00e0 tout d\u00e9sengagement. Sa politique des drones (assassinat par les drones) est une tactique qui pr\u00e9tend \u00eatre une strat\u00e9gie isolationniste pouvant tenir \u00e0 distance les critiques de l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale : intervention ext\u00e9rieure sans engagement, en toute impunit\u00e9. (Nous n&rsquo;insistons pas sur le c\u00f4t\u00e9 remarquablement d\u00e9prav\u00e9, ill\u00e9gal et m\u00eame de type-crime organis\u00e9 de cette pratique : nous avons affaire \u00e0 une puissance aux abois, dont la morale politique est celle d&rsquo;une politique-Syst\u00e8me sans le moindre souci \u00e0 cet \u00e9gard ; le progr\u00e8s se mesure : \u00ab<em>I have a dream<\/em>\u00bb disait Martin Luther King en 1963, \u00ab<em>I have a drone<\/em>\u00bb dit BHO en 2013,  selon une caricature en vogue sur l&rsquo;Internet.) L&rsquo;arriv\u00e9e de Hagel au Pentagone doit compl\u00e9ter le dispositif, avec ce nouveau secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense qui a pour id\u00e9e de r\u00e9duire tous les engagements dans la mesure du possible. L&rsquo;affrontement interne, au sein de l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale, risque d&rsquo;\u00eatre sanglant. (On en a d\u00e9j\u00e0 un avant-go\u00fbt avec l&rsquo;affrontement entre la Maison-Blanche et le Pentagone d&rsquo;avant-Hagel, sur la question Mali-Alg\u00e9rie. La Maison-Blanche estime que les USA ne sont pas concern\u00e9s, contrairement au Pentagone.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Comme Obama doit constamment l\u00e2cher du lest l\u00e0 o\u00f9 c&rsquo;est possible pour faire accepter son \u00e9volution par l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale, il est tr\u00e8s probable qu&rsquo;il ne fera rien pour r\u00e9duire les pressions en cours, plut\u00f4t passives, qui satisfont l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale et ne co\u00fbtent au m\u00eame Obama aucun engagement suppl\u00e9mentaire, ces pressions notamment et essentiellement contre la Russie. Il s&rsquo;agit, comme pi\u00e8ces principales du programme, du d\u00e9veloppement du r\u00e9seau antimissiles et de la politique d&rsquo;ing\u00e9rence, dite d&rsquo;agression douce contre la Russie. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;isolationnisme postmoderne US s&rsquo;accompagnerait de la poursuite, voire de l&rsquo;accentuation des tensions qui ont empoisonn\u00e9 les deux-trois derni\u00e8res ann\u00e9es des relations USA-Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ce dernier point de l&rsquo;accentuation des tensions est d&rsquo;autant plus probable qu&rsquo;Obama, dans ces deux cas (antimissiles et agression douce), se d\u00e9fausse de sa responsabilit\u00e9 pour la transf\u00e9rer \u00e0 des appareils et des syst\u00e8mes aveugl\u00e9ment extr\u00e9mistes (le complexe militaro-industriel et, pour une bonne part, le Congr\u00e8s et ses relais vers la bureaucratie id\u00e9ologique antirusse). En face, il trouve une Russie o\u00f9 le pouvoir ex\u00e9cutif tient pour absolument fondamentale la question des antimissiles, et o\u00f9 le pouvoir parlementaire (la <em>Douma<\/em>), qui est un nouveau pouvoir en train de s&rsquo;affirmer et qui compte d\u00e9sormais en Russie, est absolument d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 contrecarrer d&rsquo;une fa\u00e7on contre-offensive tous les aspects de l&rsquo;agression douce US. Apr\u00e8s tout, on observera, ironiquement si l&rsquo;on veut, que ce dernier point du poids nouveau du pouvoir l\u00e9gislatif est un signe plein de sant\u00e9 de la d\u00e9mocratisation de la Russie, tant r\u00e9clam\u00e9e par le bloc BAO et les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes divers points accentuent le pessimisme g\u00e9n\u00e9ral et marquent \u00e9galement que le peu de confiance que les Russes, et Poutine en particulier, pla\u00e7aient encore dans Obama, doit rapidement s&rsquo;\u00e9vanouir, emportant a derni\u00e8re digue qui contenait la mar\u00e9e d&rsquo;une aggravation sensible des relations Russie-USA. C&rsquo;est dans les toutes prochaines semaines qu&rsquo;on pourra trancher l\u00e0-dessus : si Poutine n&rsquo;a pas un signal puissant d&rsquo;Obama pour une ouverture affirm\u00e9e, essentiellement pour un compromis incontestable sur les antimissiles impliquant un abandon des plans US actuels, la Russie passera dans une posture non seulement de tr\u00e8s grande fermet\u00e9, mais de d\u00e9cisions strat\u00e9giques peut-\u00eatre irr\u00e9m\u00e9diables. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, il y a peu de temps disponible. Les Russes consid\u00e8rent que la d\u00e9ploiement des missiles Standard SM3 en 2015, sur le sol europ\u00e9en, est inacceptable. Ils n&rsquo;attendront pas 2015 et le fait accompli pour prendre leurs propres mesures C&rsquo;est donc d\u00e8s la fin de cette ann\u00e9e, si rien ne change dans les plans US, que la Russie va s&rsquo;orienter vers des mesures radicales, dont cette possibilit\u00e9 envisag\u00e9e par Bridge et qui correspond aux r\u00e9flexions des strat\u00e8ges russes, de sortie du trait\u00e9 START. Face aux antimissiles, les Russes n&rsquo;ont qu&rsquo;une possibilit\u00e9, qui est de d\u00e9velopper leur arsenal strat\u00e9gique offensif au-del\u00e0 des limites impos\u00e9es par START pour saturer l&rsquo;effet an\u00e9miant des antimissiles sur la capacit\u00e9 offensive russe actuelle ; de l\u00e0 l&rsquo;option de la d\u00e9nonciation du trait\u00e9, mesure technique autant que politique qui doit \u00eatre prise rapidement pour lancer les programmes ad\u00e9quats. La crise majeure que serait la sortie de la Russie du trait\u00e9 START est donc pour tr\u00e8s vite si rien ne bouge du c\u00f4t\u00e9 US Et comment pourrait-il y avoir un changement suffisant \u00e0 cet \u00e9gard du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Obama, puisqu&rsquo;on a vu que le m\u00eame Obama ne veut rien faire qui puisse contrecarrer les initiatives laiss\u00e9es \u00e0 l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale, dont le d\u00e9veloppement des antimissiles, pour tenter de faire accepter \u00e0 cet appareil sa politique de non-engagement, type-isolationnisme postmoderne ? Ainsi la situation semble-t-elle verrouill\u00e9e partout, dans les contradictions de situations irr\u00e9m\u00e9diablement bloqu\u00e9es par les pressions des diff\u00e9rentes forces incluses dans la politique-Syst\u00e8me, et les situations int\u00e9rieures toutes plus ou moins en \u00e9tat de tension ou de crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela implique qu&rsquo;il est <strong>raisonnable<\/strong> de pr\u00e9voir la possibilit\u00e9 d&rsquo;une crise strat\u00e9gique majeure entre la Russie et les USA, cette fois sortant du camp des affrontements indirects (crise syrienne, crise iranienne) o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats directs des deux puissances ne sont pas compl\u00e8tement et absolument en cause. L&rsquo;ignorance totale de cette possibilit\u00e9 par l&rsquo;Europe vertueuse des 27 est, par contre, le signe d&rsquo;une extraordinaire <strong>d\u00e9raison<\/strong> Bien entendu, on ne peut pas ne pas remarquer que cette crise strat\u00e9gique majeure potentielle entre la Russie et les USA concerne <strong>directement<\/strong> (avec le d\u00e9ploiement des antimissiles), quoique d&rsquo;une fa\u00e7on passive et irresponsable selon la m\u00e9thodologie affectionn\u00e9e par l&rsquo;Europe,  cette m\u00eame Europe. On en reviendrait \u00e0 l&rsquo;esprit de l&rsquo;affrontement \u00e0 propos des antimissiles (avec la crise g\u00e9orgienne et la guerre Russie-G\u00e9orgie en prime) qu&rsquo;on a connu dans les ann\u00e9es 2006-2009.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend aussit\u00f4t, \u00e0 cette \u00e9vocation, que les conditions de cette analogie, pour \u00eatre une indication int\u00e9ressante, seraient tr\u00e8s diff\u00e9rentes parce qu&rsquo;infiniment pires. Au contraire de 2006-2009, toutes les possibilit\u00e9s de compromis sur les antimissiles avec un pouvoir US suppos\u00e9 plus civilis\u00e9 que l&rsquo;\u00e9quipe bushiste ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9es. La Russie est de plus en plus durcie, en cours de r\u00e9armement et, contrairement \u00e0 ce que r\u00eavent les Europ\u00e9ens, de plus en plus nationale et d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 d\u00e9fendre autant sa souverainet\u00e9 que ses int\u00e9r\u00eats, que ses valeurs propres, fussent-elles m\u00eame spirituelles au grand dam du bloc BAO ; plus encore, la Russie est en train de former des alliances solides, avec la Chine, et \u00e9ventuellement, selon l&rsquo;\u00e9volution de la chose, dans le cadre de syst\u00e8mes comme celui de l&rsquo;Organisation de Coop\u00e9ration de Shanghai et du celui du BRICS. L&rsquo;Europe, elle, est exsangue \u00e9conomiquement et socialement, elle est totalement an\u00e9mi\u00e9e culturellement, avec les principes qui forment la coh\u00e9sion et la fermet\u00e9 des politiques, telle la souverainet\u00e9, en lambeaux. Elle d\u00e9pense, avec un sens remarquable de l&rsquo;\u00e0-propos, ce qui lui reste de force \u00e0 guerroyer en Afrique en orientant sa d\u00e9marche vers une politique type-croisade contre la Terreur, retrouvant par l\u00e0 l&rsquo;inspiration bushiste des premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s 9\/11 dont on a vu les remarquables effets. Enfin, la cerise sur le g\u00e2teau peut \u00eatre trouv\u00e9e dans les relations ex\u00e9crables que cette Europe entretient avec constance avec la Russie, pour des raisons aussi exotiquement diverses que les <em>Pussy Riot<\/em> et la crise syrienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9cor est ainsi plant\u00e9, avec comme acteur g\u00e9ographiquement principal, compl\u00e8tement attendu et totalement inconscient de la chose, notre Europe. Le commentaire trouve l\u00e0 ses limites tant les faits et les situations d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en place, et les autres \u00e9ventuels mais de  moins en moins improbables, hurlent d&rsquo;eux-m\u00eames pour tenter de les avertir de la circonstance explosive qui se dessine. Mais les \u00e9lites et directions politiques europ\u00e9ennes ont d&rsquo;autres pr\u00e9occupations, que leur d\u00e9signent leurs surabondantes vertus.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lugubre perspective Poutine-BHO, avec l&rsquo;Europe au milieu 22 janvier 2013 Il y a une singuli\u00e8re amertume dans le texte de Robert Bridge, sur Russia Today, ce 21 janvier 2013. De nationalit\u00e9 US, Bridge r\u00e9side \u00e0 Moscou depuis pr\u00e8s de vingt ans et collabore avec Russia Today sur la question des relations internationales, particuli\u00e8rement les relations&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[11897,4056,4314,11896,3228,2929,11898,2700,8535,1242,6208,3252,916,4163,8303,3068,4495,2671],"class_list":["post-74806","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-agression","tag-antimissiles","tag-bmde","tag-bridge","tag-crise","tag-dissuasion","tag-douce","tag-equilibre","tag-interieure","tag-isolationnisme","tag-obama","tag-postmoderne","tag-poutine","tag-soros","tag-start","tag-strategique","tag-traite","tag-us"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74806","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74806"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74806\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74806"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74806"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74806"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}