{"id":74833,"date":"2013-02-11T05:41:21","date_gmt":"2013-02-11T05:41:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/02\/11\/benghazi-et-la-doctrine-ponce-pilate-de-bho\/"},"modified":"2013-02-11T05:41:21","modified_gmt":"2013-02-11T05:41:21","slug":"benghazi-et-la-doctrine-ponce-pilate-de-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/02\/11\/benghazi-et-la-doctrine-ponce-pilate-de-bho\/","title":{"rendered":"Benghazi et la \u201cdoctrine Ponce-Pilate\u201d de BHO"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Benghazi et la doctrine Ponce-Pilate de BHO <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense US Leon Panetta, les traits de plus en plus ravin\u00e9s, sans doute par l&rsquo;exercice du pouvoir et la b\u00e9n\u00e9diction papale malgr\u00e9 tout accord\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 entendu par le Congr\u00e8s le 7 f\u00e9vrier, sans doute pour la derni\u00e8re fois \u00e8s qualit\u00e9. Et sans doute (<em>bis<\/em>) est-ce la raison pour laquelle il s&rsquo;est un peu laiss\u00e9 aller \u00e0 ce dangereux penchant de ne pas dissimuler la v\u00e9rit\u00e9, ou dans tous les cas la r\u00e9alit\u00e9 des faits. Le sujet de cette audition \u00e9tait l&rsquo;attaque de l&rsquo;ambassade des USA \u00e0 Benghazi, le 11 septembre 2012, ayant abouti \u00e0 l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ambassadeur Stevens. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe t\u00e9moignage de Panetta a \u00e9clair\u00e9 d&rsquo;un jour singulier le comportement du pr\u00e9sident Obama pendant cette crise op\u00e9rationnelle d&rsquo;urgence, consistant en fait \u00e0 l&rsquo;application d&rsquo;une doctrine qu&rsquo;on pourrait qualifier de doctrine Ponce-Pilate. Panetta vit un quart d&rsquo;heure le pr\u00e9sident, au d\u00e9but des troubles, et n&rsquo;eut ensuite plus aucun contact avec lui durant les cinq heures que dur\u00e8rent les manifestations, l&rsquo;attaque, l&rsquo;attentat contre Stevens et son assassinat. Le pr\u00e9sident, qui avait d&rsquo;autres occupations, lui avait donn\u00e9 carte blanche&#8230;On ajoutera la pr\u00e9cision, \u00e9galement int\u00e9ressante, selon laquelle ni lui (Panetta) ni son chef d&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral, le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey, n&rsquo;eurent le moindre contact pendant toute la crise avec la secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Hillary Clinton ; il n&rsquo;est pas question non plus de contacts avec la CIA&#8230; (Extraits du Washington <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/news\/2013\/feb\/7\/panetta-no-time-military-response-benghazi-attack\/#ixzz2KPIZ6ZOR\" class=\"gen\">7 f\u00e9vrier 2013<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Defense Secretary Leon E. Panetta on Thursday revealed he personally broke the news to President Obama that the U.S. diplomatic post in Benghazi, Libya, was under attack last year  but he and the president didn&rsquo;t speak the rest of the night as the assault on the compound unfolded. Mr. Panetta said he and Mr. Obama, along with Chairman of the Joint Chiefs of Staff Gen. Martin E. Dempsey, discussed the attack for 15 minutes in the Oval Office the afternoon of Sept. 11, and also covered an anti-American protest that had broken out that day at the U.S. Embassy in Cairo.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Testifying to the Senate Armed Services Committee, Mr. Panetta said the president told them to do whatever you need to do to be able to protect our people there, though when it came to specifics the president left it up to us. Republicans said they were dismayed that the Defense Department&rsquo;s top officials and Mr. Obama didn&rsquo;t speak again over the next six hours, during which two attacks claimed the lives of four Americans, including Ambassador J. Christopher Stevens.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Did he ask you how long it would take to deploy assets, including armed aviation, to the area? asked Sen. Kelly Ayotte, New Hampshire Republican.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No, answered Mr. Panetta.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He didn&rsquo;t ask you what ability you had in the area and what we could do? Ms. Ayotte asked.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No, Mr. Panetta responded again. I mean, he relied on both myself &#8230; and Gen. Dempsey&rsquo;s capabilities. He knows generally what we have deployed to the region; we&rsquo;ve presented that to him in other briefings.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Gen. Dempsey, who was testifying with Mr. Panetta, interjected that the White House&rsquo;s national security staff did follow up throughout the night. During a later exchange, Mr. Panetta added that neither he nor Mr. Dempsey spoke with Mrs. Clinton on the night of the attack<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeut-\u00eatre cela sera-t-il peu relev\u00e9 mais il faut admettre que Panetta nous fait un beau cadeau d&rsquo;adieu, en quelques mots, dont pas mal de non. Ce qu&rsquo;il d\u00e9crit, en effet, c&rsquo;est l&rsquo;antith\u00e8se du gouvernement moderne des USA aux pr\u00e9tentions imp\u00e9riales, le contraire du fonctionnement du <em>National Security State<\/em> install\u00e9 en 1946-1947 sous la pr\u00e9sidence Truman. C&rsquo;est aussi la confirmation \u00e9clatante, pour cette partie du pouvoir, des constats de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_usa_et_leur_marche_vers_l_effondrement_par_dissolution__31_01_2013.html\" class=\"gen\">Harlan K. Ullman<\/a>, la confirmation du diagnostic r\u00e9sum\u00e9 par la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_the_system_is_broken__05_03_2010.html\" class=\"gen\">phrase fameuse<\/a> <em>The system is broken<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>National Security State<\/em>, c&rsquo;est un regroupement hyper-centralis\u00e9 autour du pr\u00e9sident de tous les moyens de direction de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il y a d&rsquo;abord le NSC (National Security Council), qui est le mini-gouvernement de s\u00e9curit\u00e9 nationale de la Maison-Blanche, et une liaison n\u00e9cessaire essentiellement avec, comme premier cercle, le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, le d\u00e9partement de la d\u00e9fense et la CIA. En cas d&rsquo;une crise op\u00e9rationnelle urgente, qui n\u00e9cessite un suivi heure par heure en temps r\u00e9el pour des d\u00e9cisions les plus rapides possibles, il faut la r\u00e9union momentan\u00e9e ou au moins le contact constant de coordination et d&rsquo;action int\u00e9gr\u00e9e des grands organismes et minist\u00e8res du domaine. Au pire peut-on imaginer cet ensemble ramen\u00e9 au cur du syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire au pr\u00e9sident et \u00e0 son NSC,  comme ce fut souvent le cas avec Nixon, qui se m\u00e9fiait horriblement du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat et de la CIA, et un peu moins du d\u00e9partement de la d\u00e9fense. Mais, dans tous les cas, le pr\u00e9sident doit rester le centre de tout, suivre la crise op\u00e9rationnelle d&rsquo;urgence lui-m\u00eame, et lui-m\u00eame d\u00e9cider. Ce que nous montre Panetta, c&rsquo;est le pr\u00e9sident qui part \u00e0 la p\u00eache en laissant au Pentagone le soin d&rsquo;assurer l&rsquo;essentiel de la responsabilit\u00e9 et des d\u00e9cisions dans cette crise, portant sur la s\u00e9curit\u00e9 des personnes menac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ambassade de Benghazi selon le jugement du seul Pentagone, sans m\u00eame s&rsquo;assurer d&rsquo;une coordination avec le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, qui a nominalement la responsabilit\u00e9 directe de la chose, comme il l&rsquo;a sur toute ambassade, et par cons\u00e9quent de sa s\u00e9curit\u00e9. Quant \u00e0 la CIA, elle bidouille de son c\u00f4t\u00e9, et dans une mesure importante dans le rayon interrogatoire <em>hard<\/em> (tortures) de suspects ou pr\u00e9tendus tels, comme on l&rsquo;a appris depuis pour Benghazi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBenghazi, \u00e9tait-ce une crise op\u00e9rationnelle d&rsquo;urgence ? Sans nul doute, comme on l&rsquo;a vu apr\u00e8s avec l&rsquo;\u00e9cho de cette affaire, et plac\u00e9e dans la dynamique redoutable d&rsquo;une sorte de relance du printemps arabe \u00e0 forte tonalit\u00e9 antiam\u00e9ricaniste qui \u00e9tait en plein d\u00e9marrage avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-innocence_of_muslims_aux_comploteurs_les_mains_pleines_15_09_2012.html\" class=\"gen\">l&rsquo;affaire<\/a> du documentaire <em>The Innocence of Muslims<\/em>. D&rsquo;ailleurs, la r\u00e9union de 15 minutes entre BHO, Panetta et Dempsey \u00e0 la Maison-Blanche, au d\u00e9but des troubles de Benghazi, et avec des informations alarmistes comme on a appris qu&rsquo;il y avait eues, montre que tout le monde appr\u00e9ciait l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de cette fa\u00e7on, comme une priorit\u00e9 de crise op\u00e9rationnelle d&rsquo;urgence. L&rsquo;attitude d&rsquo;Obama est d&rsquo;autant plus r\u00e9v\u00e9latrice. L&rsquo;ensemble nous le montre \u00e9galement comme correspondant aussi bien aux constantes psychologiques qu&rsquo;on conna\u00eet d\u00e9sormais,  notamment le caract\u00e8re d\u00e9tach\u00e9 et assez indiff\u00e9rent du pr\u00e9sident-<em>cool<\/em>,  en y ajoutant ce qui para\u00eet bien \u00eatre un certain d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les affaires pressantes, les affaires de s\u00e9curit\u00e9 nationale, les d\u00e9cisions d&rsquo;une autorit\u00e9 d\u00e9cisive. Il y a \u00e9galement une mise en \u00e9vidence de plus de l&rsquo;\u00e9clatement du pouvoir en divers centres sans coordination ni m\u00eame relations, chaque centre veillant \u00e0 ses pr\u00e9rogatives et \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne telle situation encourage \u00e9galement la r\u00e9serve, le refus du risque parfois n\u00e9cessaire dans les situations d&rsquo;urgence, etc., avec les cons\u00e9quences qu&rsquo;on comprend, comme on a vu avec Benghazi. Il  est probable que l&rsquo;affaire du g\u00e9n\u00e9ral Carter Ham, chef d&rsquo;African Command lors de l&rsquo;affaire et mis \u00e0 pied sans doute \u00e0 l&rsquo;occasion de cette affaire de Benghazi, et sans doute pour avoir voulu intervenir (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_toiles_us_valsent_et_les_rumeurs_enflent_de_benghazi_frankenstorm_30_10_2012.html\" class=\"gen\">30 octobre 2012<\/a>), est n\u00e9e de la prudence de Panetta laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame et refusant d&rsquo;envisager une implication de forces terrestres US de secours sur le sol libyen, de crainte d&rsquo;une implication terrestre de plus dont il savait que le pr\u00e9sident a horreur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9seaux du syst\u00e8me de la communication ont fait grand cas de la photo montrant tous les chefs des services et de minist\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 nationale, avec Obama, suivant en direct, \u00e0 partir d&rsquo;une cam\u00e9ra des soldats qui intervenaient, l&rsquo;attaque contre ben Laden et sa liquidation. Depuis, on a su que cette photo avait \u00e9t\u00e9 truqu\u00e9e en partie, et mont\u00e9e pour des besoins de communication. Les d\u00e9tails rapport\u00e9s par Panetta confirment cette impression de toc n\u00e9e de cet \u00e9pisode. Le pr\u00e9sident Obama est un pr\u00e9sident en toc \u00e0 cet \u00e9gard, m\u00eame pas une marionnette comme le d\u00e9signent ses d\u00e9tracteurs car on attend d&rsquo;une marionnette qu&rsquo;elle fasse bien les actes, les mouvements, etc., pour lesquels elle est manipul\u00e9e. Obama n&rsquo;est m\u00eame pas un homme de communication, pour n&rsquo;avoir pas senti, disons d&rsquo;instinct, combien il \u00e9tait n\u00e9cessaire qu&rsquo;il apparaisse pr\u00e9sent, au centre du dispositif, aux commandes du gouvernement, dans cette affaire de Benghazi. Il a \u00e9t\u00e9 bon l\u00e0 o\u00f9 il excelle en g\u00e9n\u00e9ral, pour faire un discours, \u00e9videmment les larmes aux yeux, pour le rapatriement aux USA du corps de l&rsquo;ambassadeur Stevens assassin\u00e9 \u00e0 Benghazi. Le pr\u00e9sident en toc est bien un pr\u00e9sident de son temps, en pleine dissolution derri\u00e8re son apparence ripolin\u00e9e, totalement \u00e9tranger \u00e0 la notion de responsabilit\u00e9, avec une intelligence certaine qui n&rsquo;a aucun emploi constructif et structurant, et lui-m\u00eame avec cette distance psychologique qui le caract\u00e9rise, qui devient presque indolence op\u00e9rationnelle et absence d&rsquo;autorit\u00e9 ; tr\u00e8s mauvaise marionnette, tr\u00e8s \u00e9trange pr\u00e9sident, BHO&#8230; Quoi qu&rsquo;il en soit de sa personnalit\u00e9, il reste qu&rsquo;il correspond compl\u00e8tement \u00e0 la situation politique de Washington et nous fait comprendre que la voie actuelle de la dissolution va se poursuivre au m\u00eame rythme.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 11 f\u00e9vrier 2013 \u00e0 05H41<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Benghazi et la doctrine Ponce-Pilate de BHO Le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense US Leon Panetta, les traits de plus en plus ravin\u00e9s, sans doute par l&rsquo;exercice du pouvoir et la b\u00e9n\u00e9diction papale malgr\u00e9 tout accord\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 entendu par le Congr\u00e8s le 7 f\u00e9vrier, sans doute pour la derni\u00e8re fois \u00e8s qualit\u00e9. 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