{"id":74840,"date":"2013-02-15T07:20:34","date_gmt":"2013-02-15T07:20:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/02\/15\/la-grace-de-lhistoire-deuxieme-livre-ii\/"},"modified":"2013-02-15T07:20:34","modified_gmt":"2013-02-15T07:20:34","slug":"la-grace-de-lhistoire-deuxieme-livre-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/02\/15\/la-grace-de-lhistoire-deuxieme-livre-ii\/","title":{"rendered":"<em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> : Deuxi\u00e8me Livre (II)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> : Deuxi\u00e8me Livre (II)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t15 f\u00e9vrier 2013  Ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s par la parution r\u00e9guli\u00e8re de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, ceux-l\u00e0 ont droit \u00e0 l&rsquo;expression de notre g\u00eane extr\u00eame et \u00e0 la demande de nous excuser qui va avec, devant l&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 de cette parution soi-disant r\u00e9guli\u00e8re. Peut-\u00eatre imaginent-ils des causes \u00e9pouvantables, et nous serions les premiers \u00e0 les comprendre ; qu&rsquo;ils n&rsquo;en fassent rien pour autant ; il n&rsquo;y a que la marche parfois \u00e9puis\u00e9e d&rsquo;un pauvre <em>sapiens<\/em> qui s&rsquo;est fix\u00e9, pour son travail, des ambitions qui, parfois, lui semblent bien excessives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit : <em>La gr\u00e2ce<\/em> est un monstre qui ne cesse de prendre des aises, de se d\u00e9velopper, de s&rsquo;affirmer, de contraindre l&rsquo;auteur \u00e0 des am\u00e9nagements inattendus et \u00e0 des ajouts fort impr\u00e9vus. Le texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_gr_ce_de_la_m_tahistoire__14_01_2012.html\" class=\"gen\">14 janvier 2012<\/a> le disait explicitement, directement de la plume de l&rsquo;auteur, sans m\u00eame la pr\u00e9caution salvatrice de la premi\u00e8re personne du pluriel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;enfant est devenu un monstre, disais-je C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il est n\u00e9 adulte, consid\u00e9rable, immens\u00e9ment ambitieux, sorte de Pantagruel \u00e0 qui l&rsquo;on n&rsquo;a plus rien \u00e0 apprendre d\u00e8s qu&rsquo;il para\u00eet mais qui, au contraire, pr\u00e9tend vous prendre la main et vous emporter sur des chemins connus de lui seul, l\u00e0 o\u00f9 vous n&rsquo;auriez jamais imagin\u00e9 aller<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus r\u00e9cent exemple de ces fa\u00e7ons fort buissonni\u00e8res de <em>La gr\u00e2ce<\/em>-Pantagruel concerne la parution du jour. Dans les dispositions prudentissimes de l&rsquo;auteur concernant ces publications en feuilleton, il est entendu qu&rsquo;une parution doit se faire alors que la suivante est largement pr\u00eate \u00e0 encha\u00eener C&rsquo;\u00e9tait le cas il y a quelques temps de cela (quelques mois, quelque part en 2012, apr\u00e8s la parution le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxi_me_livre_i_m_thodologie_et_tat_de_l_esprit_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a> de la Premi\u00e8re Partie, comme une sorte d&rsquo;introduction, de ce Deuxi\u00e8me Livre),  lorsque s&rsquo;est impos\u00e9e, toujours au m\u00eame auteur, une obligation inattendue de glisser entre ces deux parutions une nouvelle partie destin\u00e9e \u00e0 \u00e9clairer et \u00e0 approfondir \u00e0 la fois le propos. Entre la partie consacr\u00e9e \u00e0 la Renaissance (celle qu&rsquo;on met en ligne aujourd&rsquo;hui, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ii_mise_en_perspective_du_d_sastre_la_renaissance_15_02_2013.html\" class=\"gen\">15 f\u00e9vrier 2013<\/a>) et celle qui examine la probl\u00e9matique du si\u00e8cle du persiflage, <em>alias<\/em> Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, s&rsquo;est gliss\u00e9e une partie in\u00e9dite, jug\u00e9e brusquement n\u00e9cessaire ; il s&rsquo;agissait d&rsquo;intercaler le survol d&rsquo;une histoire du Christianisme, selon notre interpr\u00e9tation, pour mieux faire comprendre les m\u00e9canismes et le comportement <strong>psychologique<\/strong> se d\u00e9veloppant de la Renaissance \u00e0 la rupture fameuse (1776-1825) du d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re, et \u00e9tablir d&rsquo;autre part l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une passerelle eschatologique entre le XVII\u00e8me si\u00e8cle, et notamment le Nouveau-Monde, et les temps m\u00e9tahistoriques pr\u00e9sents o\u00f9 le Nouveau-Monde reste au centre de nos pr\u00e9occupations. Du coup, il apparut n\u00e9cessaire et prudent de garder en r\u00e9serve la publication de la Partie mise en ligne aujourd&rsquo;hui, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ach\u00e8vement de cette nouvelle Partie, qui sera la troisi\u00e8me du Deuxi\u00e8me Livre, apr\u00e8s la mise en ligne de la premi\u00e8re, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxieme_livre_i_methodologie_et_etat_de_l_esprit_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela est extr\u00eamement compliqu\u00e9, nous en avons la plus compl\u00e8te conscience, et ressort essentiellement de la d\u00e9marche elle-m\u00eame n\u00e9cessairement confuse du besoin de s&rsquo;expliquer pour tenter d&rsquo;att\u00e9nuer la g\u00eane de la culpabilit\u00e9 des promesses non tenues. Nous promettons \u00e0 nos lecteurs de tenter d&rsquo;\u00e9viter \u00e0 l&rsquo;avenir cette sorte d&rsquo;explications, notamment en tentant (?) de retrouver un rythme de parution, disons un peu plus civilis\u00e9, de la civilisation d&rsquo;avant le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\" class=\"gen\">d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re<\/a>, avant d&rsquo;aborder une partie plus g\u00e9n\u00e9rale, lib\u00e9r\u00e9e de la chronologie historique et m\u00e9tahistorique, de nos r\u00e9flexions<\/p>\n<h3>Renaissance et perspective du d\u00e9sastre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous mettons donc <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ii_mise_en_perspective_du_d_sastre_la_renaissance_15_02_2013.html\" class=\"gen\">en ligne<\/a> les deux versions (directement en ligne et en version pdf) de cette Premi\u00e8re Partie du (deuxi\u00e8me apr\u00e8s l&rsquo;Introduction) du deuxi\u00e8me Tome de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, intitul\u00e9e Renaissance et perspective du d\u00e9sastre. Nous avions pr\u00e9c\u00e9demment (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_grace_de_l_histoire_deuxieme_livre_i_02_03_2012.html\" class=\"gen\">2 mars 2012<\/a>) pr\u00e9sent\u00e9 succinctement cette partie, de la fa\u00e7on suivante :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Effectivement, il s&rsquo;agit de remonter jusqu&rsquo;\u00e0 la Renaissance pour rechercher les racines du mal, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la modernit\u00e9. Comme l&rsquo;indique l&rsquo;extrait ci-dessous, il s&rsquo;agit de la recherche de notre Barbare fondamental, celui qui porte tous les ingr\u00e9dients de notre contre-civilisation jusqu&rsquo;\u00e0 notre crise terminale, qui en est l&rsquo;instigateur et l&rsquo;inspirateur, qui est sans doute le relais humain de l&rsquo;inspiration g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;entreprise qui, elle, d\u00e9passe notablement les seules affaires humaines.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Nous parlons donc de la Renaissance comme matrice de cette nouvelle civilisation, la Renaissance avec sa dynamique lib\u00e9ratrice, la puissance de ses id\u00e9es lumineuses. Le constat n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il y a foule dans cette base arri\u00e8re et que l&rsquo;on y fait des rencontres ; je devine, sans trop m&rsquo;attarder aux charmes incertains du doute, qu&rsquo;on y croise \u00e9videmment, sinon principalement, notre propre Barbare Lorsqu&rsquo;une civilisation s&rsquo;effondre, il faut des barbares pour donner l&rsquo;impulsion d\u00e9cisive \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, et pour danser la Carmagnole autour du brasier grondant. Je cherche les barbares qui firent s&rsquo;effondrer la civilisation qui pr\u00e9c\u00e9da la deuxi\u00e8me civilisation occidentale, la n\u00f4tre, les barbares qui dansent autour de nos restes, autour de cette puanteur sans \u00e9quivalent en pr\u00e9tendant qu&rsquo;elle sent la rose. Il ne nous surprendrait pas que nous ayons quelques surprises ; aussit\u00f4t dit, aussit\u00f4t fait ; la plus int\u00e9ressante s&rsquo;av\u00e8re sans aucun doute la surprise, ou plut\u00f4t demi surprise, de trouver, \u00e0 la place des barbares habituels des civilisations effondr\u00e9es, notre Barbare, le<\/em> <strong><em>Barbare fondamental<\/em><\/strong><em>.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La Renaissance revisit\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9norme d\u00e9lai de publication de ces nouveaux textes de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> a permis,  un bien pour un mal,  de les revoir p\u00e9riodiquement, de les faire \u00e9voluer, et d&rsquo;en mieux saisir le sens. D\u00e9sormais, dans la probl\u00e9matique m\u00e9tahistorique expos\u00e9e dans le projet de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, la Renaissance occupe une place beaucoup plus importante qu&rsquo;initialement pr\u00e9vue. Avec les divers ajouts, et surtout le dernier (Agrippa), cette partie sur la Renaissance finit par se pr\u00e9senter comme une description de l&rsquo;\u00e9volution du jugement, de la vision assez conventionnelle de la Renaissance jusqu&rsquo;\u00e0 une vision tr\u00e8s diff\u00e9rente de la conformit\u00e9 acad\u00e9mique et id\u00e9ologique. Effectivement et dans ce sens, le texte dans son \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 finalement tr\u00e8s fortement renforc\u00e9 par une nouvelle derni\u00e8re partie consacr\u00e9e \u00e0 un \u00e9rudit, fameux en son temps du d\u00e9but du XVI\u00e8me si\u00e8cle, Agrippa de Nettesheim comme l&rsquo;appelle un de ses biographes sur lequel nous nous appuyons, Charles Nauert.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe compl\u00e9ment renforce et \u00e9claire toute cette Deuxi\u00e8me Partie du Deuxi\u00e8me Livre en \u00e9clairant soudain la Renaissance d&rsquo;une lumi\u00e8re ambigu\u00eb, pleine de clairs-obscurs o\u00f9 l&rsquo;on serait conduit \u00e0 distinguer que l&rsquo;ombre l&#8217;emporte bien plus souvent que la lumi\u00e8re. Il s&rsquo;agit moins de condamner la Renaissance, contre le courant g\u00e9n\u00e9ral qui l&rsquo;exalte sans la moindre possibilit\u00e9 d&rsquo;appel, que d&rsquo;observer plut\u00f4t que cette \u00ab<em>\u00e9poque<\/em>\u00bb est une immense et terrible interrogation \u00e0 laquelle aucune r\u00e9ponse satisfaisante n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e dans les si\u00e8cles qui ont suivi,  \u00e0 laquelle, peut-\u00eatre, notre crise de civilisation actuelle pourrait bien constituer la r\u00e9ponse d\u00e9cisive, \u00e0 six si\u00e8cles de distance Ainsi pouvons-nous compl\u00e9ter la sensation g\u00e9n\u00e9rale que nous tirons de cette r\u00e9appr\u00e9ciation d&rsquo;une p\u00e9riode si glorieuse mais \u00e0 propos de laquelle on a \u00e9pous\u00e9 un peu vite, ou bien d&rsquo;une fa\u00e7on int\u00e9ress\u00e9e bien entendu, l&rsquo;habitude intellectuelle de la fixer dans sa d\u00e9finition comme l&rsquo;aube triomphante et incontestable de la modernit\u00e9, et rien que cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAgrippa est si c\u00e9l\u00e8bre et si influent en son temps, il est si pleinement dans son temps et nous semble si compl\u00e8tement accord\u00e9 aux tensions de son temps, qu&rsquo;il nous conduit au constat qu&rsquo;il d\u00e9finit et symbolise \u00e0 la fois bien mieux la Renaissance,  qui englobe n\u00e9cessairement tout le reste, la R\u00e9forme et les guerres de religion,  qu&rsquo;un Erasme, qu&rsquo;un Luther ou qu&rsquo;un Borgia pape ! (cri de Nietzsche). Son destin intellectuel, si contrast\u00e9, si complexe, si angoiss\u00e9, nous offre d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement originale l&rsquo;appr\u00e9ciation de cette Renaissance comme le temps de la plus terrible des incertitudes. La Renaissance \u00e0 la lumi\u00e8re du destin d&rsquo;Agrippa fut un nud m\u00e9tahistorique de notre propre destin, entre la tentation bient\u00f4t irr\u00e9sistible et singuli\u00e8rement instrument\u00e9e de basculer dans la modernit\u00e9, et l&rsquo;obscur et puissant pressentiment que ce basculement \u00e9tait peut-\u00eatre une voie terrifiante, un pi\u00e8ge horrible<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici quelques extraits du passage sur Agrippa, sur le personnage d&rsquo;Agrippa justement, qui permettent de mieux comprendre ce que nous voulons dire, et combien la Renaissance s&rsquo;inscrit <strong>\u00e9galement<\/strong>, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;appr\u00e9ciation, conventionnellement triomphante qu&rsquo;on en a, comme l&rsquo;annonciatrice des catastrophes qui nous conduiront, en un encha\u00eenement in\u00e9luctable, jusqu&rsquo;\u00e0 notre grande crise du d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ceux qui vivaient effectivement au d\u00e9but du XVI\u00e8me si\u00e8cle avaient une toute autre vision de leur \u00e9poque. Leurs \u00e9lans d&rsquo;optimisme \u00e9taient \u00e9gal\u00e9s, peut-\u00eatre m\u00eame surpass\u00e9s, par de sombres crises de pessimisme. Ils assistaient \u00e0 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des syst\u00e8mes intellectuels dominants de la scolastique m\u00e9di\u00e9vale qui se transformait en causeries purement futiles ou empreintes du d\u00e9sespoir intellectuel et de l&rsquo;appel \u00e0 la foi aveugle.<\/em> [] <em>La rencontre avec la litt\u00e9rature antique nouvellement red\u00e9couverte \u00e9tait souvent porteuse de d\u00e9s\u00e9quilibre tout autant que de stimulation intellectuelle. Le ferment de la r\u00e9forme religieuse, pour ceux qui avaient d\u00fb en faire r\u00e9ellement l&rsquo;exp\u00e9rience, se traduisait par une exasp\u00e9ration grandissante face aux conditions existantes, ainsi que par une angoisse mentale des plus vives chez ceux qui ne pouvaient accepter l&rsquo;Eglise telle quelle \u00e9tait et qui ne parvenaient pas \u00e0 s&rsquo;arracher \u00e0 l&rsquo;institution religieuse traditionnelle<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Si le sentiment d&rsquo;un potentiel encore inexplor\u00e9 par l&rsquo;homme moderne faisait partie de l&rsquo;esprit de la Renaissance, il convient de mentionner \u00e9galement la sensation d&rsquo;avoir perdu la s\u00e9curit\u00e9 de la foi et des actes, la sensation d&rsquo;\u00eatre<\/em> <strong><em>parti \u00e0 la d\u00e9rive<\/em><\/strong><em>, accompagn\u00e9 d&rsquo;une vision du monde qui rejetait violemment l&rsquo;h\u00e9ritage culturel traditionnel du Moyen \u00c2ge (le rejetait am\u00e8rement, tout en le plagiant de temps \u00e0 autre sans vergogne et sans mentionner sa source) mais qui, en m\u00eame temps, offrait peu de certitudes rassurantes de son propre cru<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Agrippa repr\u00e9sente ce c\u00f4t\u00e9 sombre de la Renaissance, qui n&rsquo;est pas loin de lever le drapeau de la Contre-Renaissance&rsquo; comme on l\u00e8ve une r\u00e9sistance, mais d&rsquo;abord et de fa\u00e7on infiniment plus fondamentale, infiniment plus significative dans le cadre de notre propos, en identifiant et en accusant une sorte de Renaissance faussaire&rsquo;. Nulle part, on ne trouve en lui l&rsquo;apaisement, l&rsquo;amnistie de lui-m\u00eame pour lui-m\u00eame, ni de lui-m\u00eame avec son temps. Agrippa de Nettesheim personnifiait les multiples doutes et incertitudes de son temps, \u00e9crit Nauert ; en m\u00eame temps, comme on l&rsquo;a dit, avec dans sa post\u00e9rit\u00e9 le terrible Faust<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFinalement, ce qui est dit de la Renaissance dans cette Deuxi\u00e8me Partie rejoint dans une sorte de similitude crisique paroxystique ce que nous pourrions ressentir dans notre propre temps,  avec au milieu de cette cha\u00eene de cinq si\u00e8cles, le d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, cette agression d&rsquo;une brutalit\u00e9 telle qu&rsquo;elle ne laisse, elle, aucun loisir pour la r\u00e9flexion et l&rsquo;h\u00e9sitation. Ce qui rapproche \u00e9galement notre crise actuelle de celle de la Renaissance, c&rsquo;est bien la sensation \u00e0 la fois de ne plus pouvoir revenir en arri\u00e8re, \u00e0 la fois de percevoir (pour ceux qui sont \u00e9clair\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard) combien la fuite en avant est peut-\u00eatre, sans doute, s\u00fbrement m\u00eame, un pi\u00e8ge terrible o\u00f9 les \u00e2mes se perdront si l&rsquo;esprit, plac\u00e9 devant le terrible dilemme de r\u00e9sister ou d&rsquo;abdiquer, ne fait pas le choix h\u00e9ro\u00efque. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire : Deuxi\u00e8me Livre (II) 15 f\u00e9vrier 2013 Ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s par la parution r\u00e9guli\u00e8re de La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire, ceux-l\u00e0 ont droit \u00e0 l&rsquo;expression de notre g\u00eane extr\u00eame et \u00e0 la demande de nous excuser qui va avec, devant l&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 de cette parution soi-disant r\u00e9guli\u00e8re. 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