{"id":74906,"date":"2013-03-27T06:38:16","date_gmt":"2013-03-27T06:38:16","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/03\/27\/notes-sur-notre-kosmos-crisique\/"},"modified":"2013-03-27T06:38:16","modified_gmt":"2013-03-27T06:38:16","slug":"notes-sur-notre-kosmos-crisique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/03\/27\/notes-sur-notre-kosmos-crisique\/","title":{"rendered":"Notes sur notre \u201c<em>kosmos<\/em> crisique\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Notes sur notre \u00ab\u00a0<em>kosmos<\/em> crisique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>27 mars 2013 &ndash; Nous avons d\u00e9velopp\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es plusieurs concepts \u00e0 partir du qualificatif \u00ab\u00a0crisique\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire plusieurs concepts signalant une \u00e9volution des crises en g\u00e9n\u00e9ral et celles-ci consid\u00e9r\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on collective, regroup\u00e9es en formes (\u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_rythme_contraction-extension_de_la_crise_01_05_2009.html\">structure crisique<\/a>\u00ab\u00a0) ou en dynamiques (\u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_chaine_crisique_ddecrisis_02_04_2011.html\">cha&icirc;ne crisique<\/a>\u00ab\u00a0). Nous actions par l\u00e0 ce que nous jugions \u00eatre une <strong>transformation<\/strong> d\u00e9cisive de la situation du monde avec d\u00e9sormais comme principal caract\u00e8re et comme principal moteur de cette situation le composant-\u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit, nous semble-t-il, d&rsquo;une perception tr\u00e8s complexe puisque l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb suppose la violence paroxystique soudaine d&rsquo;une part, la bri\u00e8vet\u00e9 d&rsquo;autre part, la r\u00e9solution d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre enfin. Consid\u00e9rer la crise comme ce qui revient \u00e0 \u00eatre le composant permanent d&rsquo;une situation implique en apparence une contradiction plus ou moins grande avec ces deux caract\u00e8res et cette issue. C&rsquo;est pourtant le cas, et c&rsquo;est \u00e9videmment ce qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 tout \u00e0 fait exceptionnelle, voire in\u00e9dite par l&rsquo;intensit\u00e9 et la dur\u00e9e de la chose, jusqu&rsquo;\u00e0 admettre qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une v\u00e9ritable structuration op\u00e9rationnelle, de l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me que nous vivons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous proposons un nouveau concept comprenant le qualificatif \u00ab\u00a0crisique\u00a0\u00bb, qui suppose une \u00e9volution de plus par rapport aux concepts pr\u00e9c\u00e9dents. Ce concept est celui d&rsquo;<strong>infrastructure crisique<\/strong>, qui ne supprime pas les pr\u00e9c\u00e9dents (\u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb) mais les compl\u00e8te, les \u00e9largit, les transforme et, finalement, les int\u00e8gre. Le mat\u00e9riau de base reste \u00ab\u00a0la crise\u00a0\u00bb, qui m\u00e9rite effectivement une red\u00e9finition lorsqu&rsquo;il est exprim\u00e9 sous le qualificatif de \u00ab\u00a0crisique\u00a0\u00bb. Comme on le rappellera \u00e0 mesure ci-dessous, nous avons d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9, depuis quelques jours, l&rsquo;apparition du concept d'\u00a0\u00bbinfrastructure crisique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ne pr\u00e9tendons certainement pas effectuer ce travail g\u00e9n\u00e9ral sugg\u00e9r\u00e9 par les diverses remarques ci-dessus, et ici et l\u00e0, dans cette <em>Note d&rsquo;analyse<\/em>. Nous le r\u00e9servons \u00e0 un texte du <em>Glossaire.dde<\/em> qui portera sur \u00ab\u00a0le facteur &lsquo;crisique'\u00a0\u00bb en g\u00e9n\u00e9ral, que nous utilisons effectivement d&rsquo;une mani\u00e8re syst\u00e9matique. Nous travaillons parall\u00e8lement \u00e0 ce texte, au-del\u00e0 de cette <em>Note d&rsquo;analyse<\/em>. Certains \u00e9l\u00e9ments de cette <em>Note d&rsquo;analyse<\/em> seront repris dans ce <em>Glossaire.dde<\/em>, certains int\u00e9gralement, le reste \u00e9tant bien s&ucirc;r un apport in\u00e9dit pour le <em>Glossaire.dde<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Introduction de notre <em>kosmos<\/em> crisique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous allons prendre quelques exemples de la situation actuelle, que nous interpr\u00e9terons, pour introduire des donn\u00e9es exp\u00e9rimentales et hypoth\u00e9tiques \u00e0 partir desquelles nous estimons qu&rsquo;on peut parler d&rsquo;un nouveau concept pour caract\u00e9riser notre situation. Ensuite, nous donnerons notre appr\u00e9ciation de ce qu&rsquo;est, selon nous, l'\u00a0\u00bbinfrastructure crisique\u00a0\u00bb qui constituerait d\u00e9sormais, outre d&rsquo;\u00eatre le caract\u00e8re et le moteur de la situation g\u00e9n\u00e9rale, le cadre actif, le contexte imp\u00e9ratif, le v\u00e9ritable <em>kosmos<\/em> de notre situation (au sens que lui donnaient les Grecs d&rsquo;univers clos en soi, d&rsquo;entit\u00e9), &ndash; ce qu&rsquo;on pourrait d\u00e9signer apr\u00e8s tout comme notre \u00ab\u00a0<em>kosmos<\/em> crisique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien \u00e9videmment, comme le plus souvent dans notre travail de fondement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une interpr\u00e9tation d&rsquo;une situation qui, pour d&rsquo;autres, et \u00e0 s&rsquo;en tenir aux d\u00e9tails, semblerait \u00eatre sans cette originalit\u00e9 extr\u00eame qu&rsquo;on veut signaler ici parce que nous la percevons comme telle. Nous tentons, pour notre part, d&rsquo;\u00e9carter les d\u00e9tails retardateurs de la pens\u00e9e et facteurs d&rsquo;inversion subreptice qui sont \u00e0 finalit\u00e9 r\u00e9ductionniste (<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_l_inconnaissance_du_systeme_13_07_2011.html\">inconnaissance<\/a>). Il s&rsquo;agit pour nous de mieux embrasser l&rsquo;ensemble d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale, pour en saisir aussit\u00f4t le caract\u00e8re <strong>extraordinaire<\/strong>, cela n\u00e9cessitant par cons\u00e9quent interpr\u00e9tation, hypoth\u00e8ses et concepts \u00e0 mesure.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Des acteurs prisonniers de la crise (syrienne)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La situation syrienne nous offre des exemples de ce que nous voulons pr\u00e9senter. Le premier de ces exemples est d\u00e9taill\u00e9 dans le texte du <em>Bloc-Notes<\/em> de ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_sinueuse_parabole_syrienne_et_n_anmoins_d_mente_25_03_2013.html\">25 mars 2013<\/a>. Ce qui est remarquable, bien entendu, c&rsquo;est la confusion, les contradictions, les paradoxes, les incertitudes, etc., qui \u00e9maillent ce constat, aussi bien dans des d\u00e9clarations de Barack Obama en Jordanie que, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;attaque chimique de Alep. Il ne nous importe \u00e9videmment en rien, ici, dans cette <em>Note d&rsquo;analyse<\/em> sp\u00e9cifique, de d\u00e9terminer la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, d&rsquo;ironiser sur le comportement de tel ou tel, de d\u00e9noncer telle ou telle attitude, etc. Ce qui nous importe est de constater, <strong>une fois de plus<\/strong> mais d&rsquo;une fa\u00e7on de plus en plus singuli\u00e8re, que la crise syrienne sur le terrain m\u00eame de la \u00ab\u00a0guerre syrienne\u00a0\u00bb suscite des r\u00e9actions erratiques et incontr\u00f4lables dans la situation des diverses puissances ext\u00e9rieures impliqu\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous disons \u00ab\u00a0guerre syrienne\u00a0\u00bb entre guillemets comme produit de \u00ab\u00a0la crise syrienne\u00a0\u00bb car de quoi s&rsquo;agit-il ? Guerre civile ? Agression ext\u00e9rieure ? Confusion des genres entre terrorisme, affrontements du crime organis\u00e9e, complot(s) g\u00e9opolitique(s) ?&#8230; Eh bien, de tout cela \u00e0 la fois et de rien de tout cela&hellip; Il s&rsquo;agit de la \u00ab\u00a0crise syrienne\u00a0\u00bb install\u00e9e, qui se poursuit sans rien produire de d\u00e9cisif, mais produisant des n\u00e9cessit\u00e9s de d\u00e9sordre (\u00ab\u00a0la confusion, les contradictions, les paradoxes, les incertitudes, etc.\u00a0\u00bb) pour les acteurs impliqu\u00e9s. Ces acteurs sont litt\u00e9ralement <strong>prisonniers<\/strong> de cette crise qui devient la structure principale, exactement comme l&rsquo;est une infrastructure. Il faut donc regarder l&rsquo;\u00e9volution des \u00e9v\u00e9nements non pas des acteurs vers la crise (les acteurs tentant de d\u00e9nouer la crise, de la d\u00e9tourner \u00e0 leur avantage, de l&rsquo;aggraver, etc.), mais de la crise vers les acteurs, la crise imposant des r\u00e9actions aux acteurs sans leur laisser la possibilit\u00e9, soit de conclure, soit de s&rsquo;en extirper, soit de changer radicalement de position.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">\u00ab\u00a0Premier ministre\u00a0\u00bb triomphant, \u00ab\u00a0Premier ministre\u00a0\u00bb isol\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Un constat similaire, de type m\u00e9thodologique sur le fonctionnement des choses, peut \u00eatre port\u00e9 sur un autre domaine politique qui s&rsquo;alimente n\u00e9cessairement \u00e0 la \u00ab\u00a0guerre syrienne\u00a0\u00bb, concernant cette fois l&rsquo;\u00e9volution des rebelles. Le constat, fait \u00e0 partir des observations de ces derniers jours, n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e9tape de plus dans une agitation sans fin, dont rien de certain n&rsquo;\u00e9merge, avec les m\u00eames r\u00e9f\u00e9rences d\u00e9courageantes pour la raison (\u00ab\u00a0la confusion, les contradictions, les paradoxes, les incertitudes, etc.\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hitto_un_coup_r_ussi_des_fr_res_musulmans_et_du_qatar_22_03_2013.html\">22 mars 2013<\/a>, nous pouvions d\u00e9crire le \u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb politique r\u00e9ussi par le Qatar et les Fr\u00e8res Musulmans cinq jours plus t\u00f4t, avec la nomination d&rsquo;un Premier ministre d&rsquo;un \u00ab\u00a0gouvernement int\u00e9rimaire\u00a0\u00bb, Ghassan Hitto. Certes, certes&hellip; Deux jours plus tard, les commentateurs divers pouvaient noter la d\u00e9mission du pr\u00e9sident de la Coalition Nationale des forces rebelles, Moaz al-Khatib. Lorsqu&rsquo;elle est plac\u00e9e dans le contexte o&ugrave; la met <em>Antiwar.com<\/em> ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2013\/03\/24\/syrian-rebel-coalition-crumbling-president-resigns\/\">25 mars 2013<\/a>, voil\u00e0 qu&rsquo;Hitto appara&icirc;t faible, isol\u00e9, sans la moindre autorit\u00e9&hellip; Que reste-t-il du \u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb du Qatar et des Fr\u00e8res Musulmans ?<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Khatib&rsquo;s departure leaves Ghassan Hitto, who was named \u00ab\u00a0prime minister in exile\u00a0\u00bb last week, as the closest thing the group has to a leader. Yet his position is enormously weak, and that weakness stretches beyond him being just a few months removed from being a middle manager for a small company in Dallas.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Gen. Salim Idris, the head of CORF&rsquo;s military branch, has announced that he will not recognize Hitto as prime minister, and says the Free Syrian Army (FSA) won&rsquo;t endorse Hitto unless he gets more support. Though Hitto got a solid majority of the votes cast last week, he had the bare minimum of votes needed, with 15 of the 63 active members refusing to vote for anyone at all. There is concern that the lack of unity on Hitto would make him a weak leader, and this is doubly so without the FSA&rsquo;s imprimatur.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3>Agitation paralys\u00e9e, explosion stagnante<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, ce \u00ab\u00a0dossier\u00a0\u00bb pour un court laps de temps de la crise syrienne comme exemple d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement stagnant et paralysant peut \u00eatre renforc\u00e9 par ce texte de notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-qui_commande_ici_kerry_l_ue_ou_le_syst_me__26_03_2013.html\">26 mars 2013<\/a>, portant \u00e9galement sur la situation syrienne encore plus \u00e9largie. Dans ce texte sur le destin \u00e9trange d&rsquo;une d\u00e9claration sensationnelle de John Kerry et sur le destin convenu d&rsquo;une audace \u00e9nerv\u00e9e du camp franco-britannique, nous introduisions justement l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab\u00a0infrastructure crisique\u00a0\u00bb. Pour la situation d\u00e9crite \u00e0 cette lumi\u00e8re, il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte d&rsquo;agitation paralys\u00e9e, d&rsquo;une esp\u00e8ce d&rsquo;explosion stagnante.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;[I]<em>l ressort de ces deux circonstances qu&rsquo;aucun parti ne l&#8217;emporte, qu&rsquo;aucun parti ne progresse, que ce soit celui des n\u00e9gociations ou celui du jusqu&rsquo;auboutisme&hellip; C&rsquo;est effectivement le point qui nous para&icirc;t essentiel, que nous voulons souligner, et qui s&rsquo;av\u00e8re d&rsquo;ailleurs constant depuis de nombreux mois : tout se passe comme si la situation de stagnation et de paralysie de la crise semblait \u00eatre la ligne favoris\u00e9e&hellip;<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>C&rsquo;est ce constat de la stagnation et de la paralysie de la crise qui nous semble le plus av\u00e9r\u00e9, et de plus en plus \u00e0 mesure que \u00ab\u00a0les \u00e9v\u00e9nements avancent\u00a0\u00bb comme l&rsquo;on dit, ce qui signifierait plut\u00f4t, dans ce cas, \u00e0 mesure que les \u00e9v\u00e9nements \u00ab\u00a0font de plus en plus du sur-place\u00a0\u00bb. Nous pensons que pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous devons quitter le seul domaine des interventions humaines&hellip;<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Du point de vue de l&rsquo;organisation des choses qui serait une sorte d'\u00a0\u00bborganisation de la d\u00e9sorganisation paralysante\u00a0\u00bb, qui s&rsquo;exprime \u00e0 notre sens dans la situation que nous observons, nous pensons qu&rsquo;il y a une \u00e9volution par rapport \u00e0 ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 du point de vue de l&rsquo;influence et de la pression des moyens employ\u00e9s. Ces moyens employ\u00e9s sont bas\u00e9s sur le fait de la crise telle qu&rsquo;elle existe dans tous les domaines, et l&rsquo;\u00e9volution serait celle de la transformation du ph\u00e9nom\u00e8ne initial de \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb en un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau que nous d\u00e9signerions \u00ab\u00a0<\/em><strong><em>infrastructure crisique<\/em><\/strong><em>\u00ab\u00a0.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La crise r\u00e8gne&hellip;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Pour quitter la crise syrienne qui n&rsquo;est nullement une exception mais qui a valeur d&rsquo;exemple hautement significatif, &ndash; mais exemple quasi-parfait, cela va sans dire, &ndash; nous nous arr\u00eatons \u00e9galement \u00e0 la crise de Chypre et, au-del\u00e0, \u00e0 la crise au sein de la zone euro et de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Cette r\u00e9flexion de Larry Elliott, du <em>Guardian<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/business\/2013\/mar\/24\/cyprus-bailout-lehman-demise\">24 mars 2013<\/a> nous donne le m\u00eame sens du commandement absolu des \u00e9v\u00e9nements exerc\u00e9 par la crise qui s&rsquo;est install\u00e9e dans sa position infrastructurelle, et, litt\u00e9ralement, <strong>qui r\u00e8gne<\/strong>. Les <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me, galonn\u00e9s et empanach\u00e9s de leurs titres divers et de leurs positions glorieuses, n&rsquo;ont rien vu venir et ont r\u00e9agi n&rsquo;importe comment, et ils continueront de m\u00eame&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui est int\u00e9ressant dans le texte d&rsquo;Elliott, c&rsquo;est bien cette description <em>de facto<\/em> (involontaire, sans conscience de le faire) de la m\u00e9thodologie de la crise devenue infrastructure de la situation g\u00e9n\u00e9rale, &ndash; dans ce cas, pour la section \u00ab\u00a0Europe-euro\u00a0\u00bb&hellip; On y voit combien les directions politiques (\u00e9conomiques) ont cru avoir ma&icirc;tris\u00e9 les choses, assur\u00e9es de l&rsquo;avoir emport\u00e9, d&rsquo;avoir r\u00e9duit la crise. Aucune conscience de ce ph\u00e9nom\u00e8ne que la crise semble s&rsquo;assoupir, veille d&rsquo;un &oelig;il qui vaut bien un regard standard rehauss\u00e9 de lunettes et d&rsquo;une longue-vue d&rsquo;un <em>sapiens-<\/em>-Syst\u00e8me, et peut \u00e0 chaque instant ressurgir comme un volcan dit-\u00e9teint s&rsquo;\u00e9veille et remet l&rsquo;horloge cosmologique du monde \u00e0 l&rsquo;heure de l&rsquo;univers.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>One Sunday in September 2008, the world waited for the expected rescue of Lehman Brothers by the US Treasury. It didn&rsquo;t happen. When no buyer could be found, the plug was pulled on the investment bank. The assumption that Lehman was too small to matter proved wrong &ndash; disastrously wrong. Unless Europe wishes to compound the follies of the past week, the Lehman precedent will surely be borne in mind at the talks on Sunday to piece together a bailout for Cyprus &ndash; the fifth in the eurozone in less than three years. Those who say the monetary union has been a success must have an interesting definition of failure.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The Cypriot storm came as a shock to Europe&rsquo;s policy elite. The assumption has been growing for the past few months that the crisis was over, which was true to the extent that the existential threat to the euro has greatly diminished. Financial markets were soothed by the pledge by Mario Draghi, the president of the European Central Bank (ECB), to do \u00ab\u00a0whatever it takes\u00a0\u00bb to safeguard the euro, but life was not really returning to normal.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The rest of the eurozone knew Cyprus was festering away, but considered the country too inconsequential to worry much about. Meanwhile, complacency set in and there was no longer the urgency to make rapid progress on the economic and political integration necessary to underpin monetary union. Europe lapsed back into its default mode: muddling through. That was a mistake, because the problems of a country that accounts for just 0.2% of eurozone GDP have highlighted two structural weaknesses of the monetary union&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La crise comme essence de la situation du monde<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le sch\u00e9ma infrastructurel crisique de la question de l&rsquo;euro, au-del\u00e0 de l&rsquo;affaire chypriote, s&rsquo;effectue sous la forme de l&#8217;emprisonnement volontaire de tous, coupables de la crise, victimes de la crise et bourreaux des victimes de la crise pour renflouer les coupables de la crise, ces \u00ab\u00a0fonctions\u00a0\u00bb pouvant d&rsquo;ailleurs \u00e9voluer des uns aux autres selon les circonstances. Le fait principal est qu&rsquo;ils se soumettent tous \u00e0 la crise europ\u00e9enne qui est devenue, d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement paradoxale mais qui se comprend pour ces psychologies \u00e9nerv\u00e9es d&rsquo;\u00e9puisement de nos directions politiques, le seul socle de stabilit\u00e9 possible, la seule r\u00e9f\u00e9rence on dirait presque \u00ab\u00a0structurante\u00a0\u00bb envisageable. Cette \u00e9trange identification totalement invertie constitue sans le moindre doute la reconnaissance que la crise est d\u00e9sormais une infrastructure crisique, et comme toute infrastructure elle est \u00e0 la fois \u00ab\u00a0socle de stabilit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0seule r\u00e9f\u00e9rence&hellip; envisageable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les dirigeants \u00e9conomiques eux-m\u00eames c\u00e8dent \u00e0 cette influence de l&rsquo;infrastructure crisique. (Voir ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-psychologies_affol_es_par_la_dictature_de_la_crise_26_03_2013.html\">26 mars 2013<\/a>.) Ils deviennent les premiers critiques des mesures prises pour tenter de contenir les effets des multiples manifestations de cette infrastructure. Ils d\u00e9crivent m\u00eame parfaitement la situation de cette infrastructure crisique, &ndash;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;[&hellip;P]<em>arce que la crise est partout, qu&rsquo;elle peut ressurgir \u00e0 tout moment l\u00e0 o&ugrave; ne l&rsquo;attend pas, et d&rsquo;ailleurs parce qu&rsquo;on ne sait plus de quelle crise il s&rsquo;agit (\u00ab\u00a0Whichever crisis we are talking about, it is far from over\u00a0\u00bb, dit Melvyn King).<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Dans ce texte \u00e9galement, nous ent\u00e9rinions la proposition de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00ab\u00a0infrastructure crisique\u00a0\u00bb, cette fois en insistant sur son c\u00f4t\u00e9 ferm\u00e9, herm\u00e9tique, quasiment absolutiste et nous-m\u00eames parlant d&rsquo;une \u00ab\u00a0dictature de la crise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Certes, cela n&rsquo;a rien pour nous \u00e9tonner par rapport \u00e0 ce que nous \u00e9crivons avec ent\u00eatement, mais ce qui nous int\u00e9resse ici c&rsquo;est le constat du caract\u00e8re omnipr\u00e9sent, d\u00e9sormais directeur et inspirateur, effectivement dictatorial, que manifestent la crise\/les crises. Ce point nous int\u00e9resse parce qu&rsquo;il renforce notre perception de la pr\u00e9sence g\u00e9n\u00e9rale de la crise\/des crises, jusqu&rsquo;\u00e0 nous faire parler de la formation d&rsquo;une \u00ab\u00a0infrastructure crisique\u00a0\u00bb qui embrasse bien entendu tous les domaines&hellip; <\/em>[&hellip;] <em>La crise n&rsquo;est plus un accident, ni m\u00eame un accident structurel (\u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb), ni m\u00eame un accident en s\u00e9rie ininterrompue (\u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb) ; elle est l&rsquo;essence m\u00eame de la situation du monde, elle est le Syst\u00e8me lui-m\u00eame.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Accumulation et agglom\u00e9ration des crises<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ces divers exemples et les premiers commentaires qui les accompagnent rendent compte \u00e0 notre sens d&rsquo;une situation g\u00e9n\u00e9rale en train de se transformer, ou m\u00eame qui a d\u00e9j\u00e0 achev\u00e9 sa transformation qu&rsquo;il nous reste \u00e0 identifier et \u00e0 d\u00e9crire. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments, que nous allons d\u00e9velopper hypoth\u00e9tiquement, vont nous permettre de pr\u00e9ciser cette situation, jusqu&rsquo;\u00e0 voir dans quelle mesure, et en fait comment son \u00e9volution nous permet d&rsquo;aboutir \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se nomm\u00e9e \u00ab\u00a0infrastructure\u00a0\u00bb, et avec quels caract\u00e8res l&rsquo;on peut pr\u00e9ciser la d\u00e9finition de ce nouveau concept.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le premier constat que l&rsquo;on peut faire est simplement un rappel de l&rsquo;accumulation des crises, sans qu&rsquo;aucune ne soit r\u00e9solue, avec leur interp\u00e9n\u00e9tration et leurs connexions grandissantes, comme c&rsquo;est la nature m\u00eame puisqu&rsquo;il y a accumulation, que les acteurs ou ceux qui les subissent sont les m\u00eames, les causes souvent similaires, les \u00e9v\u00e9nements souvent \u00e0 effets multiples et eux-m\u00eames interconnect\u00e9s, etc. Aucune de ces crises n&rsquo;est autonome, ce qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 vu avec les concepts de \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb. Cette accumulation s&rsquo;accompagne d&rsquo;une \u00e9volution de situation extr\u00eamement caract\u00e9ristique par son originalit\u00e9 d\u00e8s lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Leur accumulation et leur interconnexion, surtout depuis quatre ans (depuis la crise d&rsquo;automne 2008), avec la faiblesse grandissante des acteurs (<em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me), font que ces crises stagnent de plus en plus, en devenant \u00e0 la fois structurelles et de moins en moins volatiles, et elles provoquent elles-m\u00eames, chez les soi-disant acteurs-<em>sapiens<\/em>, stagnation et paralysie. Elles entrent dans la substance m\u00eame des choses, des situations qu&rsquo;elles affectent, en s&rsquo;agglom\u00e9rant entre elles dans une sorte de <strong>solidification<\/strong> de l&rsquo;ensemble. Bien entendu comme l&rsquo;on dit d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement \u00e9vident et presque <strong>naturel<\/strong>, cet ensemble a fini par \u00e9pouser l&rsquo;ensemble du Syst\u00e8me , sa diversit\u00e9 et son ampleur finissant par embrasser \u00e0 peu pr\u00e8s l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 du monde actif sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me, par cons\u00e9quent la quasi-enti\u00e8ret\u00e9 des domaines fondamentaux de la modernit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Renversement du sens<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La caract\u00e9ristique principale de la situation d&rsquo;infrastructure crisique, par rapport \u00e0 ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, par exemple la \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un <strong>renversement<\/strong> du sens des influences. Autant la stagnation des crises que leur abondance, leur interconnexion, ont fini par cr\u00e9er justement cette infrastructure dont la dimension spatiale et la puissance \u00e9v\u00e9nementielle deviennent dominantes dans l&rsquo;\u00e9volution de la situation. C&rsquo;est une \u00e9volution \u00ab\u00a0dynamique\u00a0\u00bb qui aboutit paradoxalement \u00e0 son contraire (stagnation des crises, paralysie des acteurs), mais qui se caract\u00e9rise par des changements fondamentaux <strong>de sens<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le renversement s&rsquo;effectue en ceci que ce sont les crises elles-m\u00eames qui deviennent les inspiratrices et les moteurs des politiques. Auparavant, les politiques existaient <strong>avant<\/strong> les crises, elles engendraient les crises, elles pouvaient \u00eatre contrari\u00e9es, bloqu\u00e9es, etc., par les crises, mais elles restaient les forces dominantes, ou dans tous les cas d\u00e9terminantes de la situation. Aujourd&rsquo;hui, les crises occupent cette position. Ainsi parle-t-on d&rsquo;une infrastructure crisique, exactement comme l&rsquo;on parle d&rsquo;une infrastructure routi\u00e8re ou ferroviaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire un cadre contraint, absolument imp\u00e9ratif, auquel on doit se pr\u00eater, dont on ne peut d\u00e9passer les limites, qui impose lui-m\u00eame les conditions de d\u00e9placement, etc., &ndash; bref qui r\u00e8gne&hellip; La crise r\u00e8gne sous une forme d\u00e9sormais infrastructurelle qui transforme absolument tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est aussi dire que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre acteur, une politique ou l&rsquo;autre, peuvent \u00e9chapper temporairement ou conjoncturellement \u00e0 une crise ou l&rsquo;autre, mais, \u00e0 notre sens, ils se retrouvent rapidement oblig\u00e9s de regagner ce cadre, ou bien ils se trouvent plong\u00e9s, \u00e0 cause de l&rsquo;intervention des crises, dans des situations absolument inattendues, impr\u00e9vues, et souvent tr\u00e8s dangereuses. (Pour prendre un exemple extr\u00eame dont la possibilit\u00e9 ne cesse de <strong>stagner<\/strong> depuis huit ans : ils peuvent attaquer l&rsquo;Iran, certes, et ils peuvent \u00eatre assur\u00e9s que le r\u00e9sultat sera un enchev\u00eatrement encore plus colossal, sinon d\u00e9cisif, de leur emprisonnement de l&rsquo;infrastructure crique, jusqu&rsquo;\u00e0 la chute \u00e9ventuelle des attaquants-agresseurs [eux-m\u00eames].) Ainsi ce renversement du sens des influences implique-t-il \u00e9galement une <strong>transmutation du sens<\/strong> tout court. La politique ne peut plus \u00eatre ce qu&rsquo;elle pr\u00e9tend \u00eatre, parce qu&rsquo;elle est devenue la chose de l&rsquo;infrastructure crisique, elle est pass\u00e9e compl\u00e8tement \u00ab\u00a0sous influence\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Pourquoi \u00ab\u00a0infrastructure\u00a0\u00bb ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le choix de l&rsquo;expression d\u00e9signant notre concept s&rsquo;est fix\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide du pr\u00e9fixe \u00ab\u00a0infra\u00a0\u00bb (on aurait pu envisager \u00ab\u00a0&lsquo;superstructure\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0m\u00e9tastructure\u00a0\u00bb, etc.), pour cette raison tr\u00e8s pr\u00e9cise de l&rsquo;indication de la situation (\u00ab\u00a0en-dessous\u00a0\u00bb, &ndash; du latin <em>infra<\/em>, pour \u00ab\u00a0en dessous de, inf\u00e9rieur \u00e0, en bas\u00a0\u00bb). Comme dans le cas du concept d'\u00a0\u00bb<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_infraresponsabilit_soumission_psychologique_inconsciente_29_08_2012.html\">infraresponsabilit\u00e9<\/a>\u00ab\u00a0, nous voulons indiquer que l&rsquo;infrastructure crisique, d&rsquo;une influence \u00e9crasante sinon exclusive sur la politique sinon sur la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\">politique-Syst\u00e8me<\/a> elle-m\u00eame puisque puissance d\u00e9sormais dominante sinon exclusive de la situation g\u00e9n\u00e9rale, est n\u00e9anmoins mise en position, non pas inf\u00e9rieure mais \u00ab\u00a0du dessous\u00a0\u00bb, pour indiquer qu&rsquo;elle ne cesse d&rsquo;attirer les politiques et les situations vers des domaines de plus en plus bas. Bien entendu, comme ces politiques et ces situations sont toutes engendr\u00e9es par le Syst\u00e8me, cette attraction \u00ab\u00a0vers le bas\u00a0\u00bb est objectivement vertueuse, comme le sont les crises par cons\u00e9quent, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;abaisser des choses mauvaises en soi, d\u00e9structurantes et dissolvantes. C&rsquo;est un cas classique d&rsquo;inversion vertueuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour nous, l&rsquo;infrastructure crisique constitue \u00e9videmment un \u00e9l\u00e9ment fondamental de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Elle constitue un de ces \u00e9l\u00e9ments qui, par la stagnation, la paralysie o&ugrave; elle met les politiques et les acteurs de ces politiques, contribuent d\u00e9cisivement \u00e0 la d\u00e9gradation constante de la situation. C&rsquo;est en cela que la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, qui renvoie plus pour son op\u00e9rationnalit\u00e9 aux \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fable_des_termites_et_des_conduites_pourries_22_09_2008.html\">termites<\/a> int\u00e9rieures\u00a0\u00bb \u00e0 soi qu&rsquo;\u00e0 des chocs ext\u00e9rieurs violents, se fait, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, <em>mezzo voce<\/em>, sans faire de bruit particulier. Elle se fait sans trop alarmer ceux qui pourraient s&rsquo;aviser de son \u00ab\u00a0d\u00e9ferlement furtif\u00a0\u00bb (<em>stealthy surge<\/em> irait bien, non ?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En ce sens, on peut aussi bien figurer l&rsquo;infrastructure crisique comme un trou noir silencieux qui siphonne les politiques, les situations, les coh\u00e9sions internes du Syst\u00e8me et ainsi de suite. Ce \u00ab\u00a0trou noir\u00a0\u00bb, naturellement, est objectivement vertueux.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">R\u00e9sum\u00e9 du propos<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Pour reprendre toute notre hypoth\u00e8se, nous dirions que nous assistons \u00e0 une sorte de \u00ab\u00a0solidification\u00a0\u00bb des crises, d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments instables et de courte dur\u00e9e qu&rsquo;elles \u00e9taient en \u00e9l\u00e9ments stables et de tr\u00e8s longue dur\u00e9e, finissant ainsi par devenir la substance m\u00eame d&rsquo;une base fondamentale de la situation g\u00e9n\u00e9rale. (Base, aussi bien au sens spatial qu&rsquo;au sens figur\u00e9, mais \u00ab\u00a0base\u00a0\u00bb qui est aussi une forme herm\u00e9tique englobant les acteurs et les utilisateurs.) La \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_rythme_contraction-extension_de_la_crise_01_05_2009.html\">structure crisique<\/a>\u00a0\u00bb qui caract\u00e9risait le d\u00e9filement du temps historique depuis les \u00e9v\u00e9nements venus de l&rsquo;\u00e9poque 1999-2001, qui devenait un encha&icirc;nement avec la \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_chaine_crisique_ddecrisis_02_04_2011.html\">cha&icirc;ne crisique<\/a>\u00ab\u00a0, qui se d\u00e9terminait alors en un \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_chaine_crisique_au_temps_crisique__24_02_2011.html\">temps crisique<\/a>\u00ab\u00a0, devient d\u00e9sormais une forme g\u00e9n\u00e9rale et sp\u00e9cifique, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment stable principal de la situation g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;Effectivement une infrastructure, c&rsquo;est-\u00e0-dire bien plus qu&rsquo;une structure dont la place et la fonction ne sont pas d\u00e9termin\u00e9es ; c&rsquo;est-\u00e0-dire une forme g\u00e9n\u00e9rale, un fondement et un soubassement englobant la situation g\u00e9n\u00e9rale, la tenant, la guidant, et ce fondement restant effectivement crisique. Il n&rsquo;y a donc plus addition de crises, encha&icirc;nement de crises, temps devenu caract\u00e9ris\u00e9 par la crise, &ndash; il y a autre chose, il y a une substance absolument nouvelle, d&rsquo;une tr\u00e8s grande force d&rsquo;influence qui fait que tout ce qui se passe ne peut \u00eatre que crisique. Tout ce qui na&icirc;t, tout ce qui s&rsquo;installe, tout ce qui se d\u00e9veloppe dans cette infrastructure devient instantan\u00e9ment \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur notre \u00ab\u00a0kosmos crisique\u00a0\u00bb 27 mars 2013 &ndash; Nous avons d\u00e9velopp\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es plusieurs concepts \u00e0 partir du qualificatif \u00ab\u00a0crisique\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire plusieurs concepts signalant une \u00e9volution des crises en g\u00e9n\u00e9ral et celles-ci consid\u00e9r\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on collective, regroup\u00e9es en formes (\u00ab\u00a0structure crisique\u00ab\u00a0) ou en dynamiques (\u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00ab\u00a0). 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