{"id":74970,"date":"2013-05-07T06:19:49","date_gmt":"2013-05-07T06:19:49","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/07\/notes-sur-une-guerre-eclair-en-coup-de-vent\/"},"modified":"2013-05-07T06:19:49","modified_gmt":"2013-05-07T06:19:49","slug":"notes-sur-une-guerre-eclair-en-coup-de-vent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/07\/notes-sur-une-guerre-eclair-en-coup-de-vent\/","title":{"rendered":"Notes sur une guerre-\u00e9clair en coup de vent"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur une guerre-\u00e9clair en coup de vent<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t07 mai 2013  Apr\u00e8s les attaques a\u00e9riennes isra\u00e9liennes contre la Syrie de la fin de la semaine derni\u00e8re, la question \u00e9tait sur sur toutes les l\u00e8vres et sous toutes les plumes en ce d\u00e9but de semaine : Isra\u00ebl part-il en guerre contre la Syrie ? Peut-\u00eatre m\u00eame contre le Liban ? R\u00e9ponse, plut\u00f4t en bottant en touche pour un d\u00e9but : tout de m\u00eame, ce n&rsquo;est ni Pearl Harbor, ni la perc\u00e9e de Patton dans le bocage de l&rsquo;op\u00e9ration <em>Cobra<\/em> de juillet 1944.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;Puisque, au m\u00eame moment o\u00f9 le monde supputait ce conflit nouveau, cette nouvelle dimension du conflit, on \u00e9tait inform\u00e9, ce qui \u00e9tait d&rsquo;ailleurs pr\u00e9vu, que Netanyahou s&rsquo;envolait, ce dimanche <a href=\"http:\/\/jssnews.com\/2013\/05\/05\/netchi\/\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>, pour une visite de quatre jours en Chine. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Le Premier Ministre isra\u00e9lien s&rsquo;est envol\u00e9, ce dimanche pour une visite officielle en Chine. Le gouvernement chinois a chang\u00e9 r\u00e9cemment et devrait diriger le pays pour les 10 prochaines ann\u00e9es. Il s&rsquo;agit donc pour le gouvernement isra\u00e9lien de traiter de probl\u00e8mes strat\u00e9giques de grande importance explique le porte-parole du gouvernement.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le Premier Ministre isra\u00e9lien devrait commencer sa visite par Shanga\u00ef ou il tiendra une s\u00e9rie de rencontres avec les leaders du gouvernement chinois et avec des businessman. Il visitera \u00e9galement des zones industrielles, dans le but de faire grandir la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale et les exports isra\u00e9liens vers la Chine. Mercredi 8 mai, Netanyahu sera \u00e0 Beijing ou il rencontrera le Pr\u00e9sident Xi Jinping, le Premier Ministre Li Keqiang et d&rsquo;autres officiels.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le Premier Ministre isra\u00e9lien donnera un grand discours \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des futurs leaders et r\u00e9pondra aux interviews des m\u00e9dias locaux. Netanyahu retournera en Isra\u00ebl le 10 mai.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3><em>Business as usual<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, certains notaient cette absence du Premier ministre isra\u00e9lien et ne s&rsquo;en \u00e9tonnaient pas, ni m\u00eame ne la consid\u00e9raient comme un signe quelconque sinon celui de la normalit\u00e9 des choses. Dans le journal <em>Israel Hayom<\/em>, Yoav Limor parlait, ce 6 mai, de <em>business as usual<\/em>, en rappelant que des attaques de cette sorte avaient d\u00e9j\u00e0 eu lieu alors que le Premier ministre se trouvait en d\u00e9placement&#8230; Ainsi, quant \u00e0 la prochaine attaque, car il y en aura une on vous l&rsquo;assure, eh bien il faudra l&rsquo;attendre quelques jours, mais on la pr\u00e9parerait d\u00e9j\u00e0&#8230; D&rsquo;ailleurs, peut-\u00eatre aurait-elle lieu avant le retour de Netanyahou, si tel ou tel \u00e9v\u00e9nement le justifie. C&rsquo;est donc la confusion de tous les possibles&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>It appears, at the moment at least, that the answer is not anytime soon. The prime minister&rsquo;s trip to China symbolizes that it&rsquo;s business as usual at least for the next few days. Past experience teaches us that it is not usual to launch wars when the prime minister is absent, certainly when he is on an important trip to such a major country. And still, we may wonder what will happen if Israel receives intelligence in the next few days that weapons are being transferred from Syria to Lebanon.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Most likely, in such a case, a decision will be make to strike, even though Israel knows that every such action brings Syria and Hizbullah closer to a decision to respond&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Pearl Harbor est donc repouss\u00e9 de cinq jours, ou mieux encore Pearl Harbor n&rsquo;a pas eu lieu parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de Pearl Harbor. Effectivement, les Isra\u00e9liens parlent de <em>business as usual<\/em>, ou de <a href=\"http:\/\/defense.aol.com\/buzzitem\/?param=httpPPROCC3APPROCC2FPPROCC2Fwww.mississauga.comPPROCC2FnewsPPROCC2FnewsPPROCC2FarticlePPROCC2F1613715%7CIsraelPPROCC20signalsPPROCC20PPROCC27businessPPROCC20asPPROCC20usualPPROCC27PPROCC20afterPPROCC20twinPPROCC20airPPROCC20strikesPPROCC20inPPROCC20Syria%7C810%7C1\" class=\"gen\">retour \u00e0 la normale<\/a> apr\u00e8s ce qui peut \u00eatre d\u00e9fini comme un acte de piraterie internationale. La visite en Chine n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 remise, simplement le d\u00e9part retard\u00e9 de deux heures,  histoire, tout de m\u00eame, de tenir un dernier conseil de ministre de guerre du gouvernement, pour la guerre en cours &#8230; De quelle guerre s&rsquo;agit-il et de quoi parlons-nous ?<\/p>\n<h3>L&#8217;empilement des explications cat\u00e9goriques<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi le cadre est-il trac\u00e9,  non pas dr\u00f4le de guerre ni m\u00eame Ah Dieu, que la guerre est jolie,  mais plut\u00f4t, apr\u00e8s tout, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que la guerre, aujourd&rsquo;hui ? A la lueur de l&rsquo;explosion des bombes isra\u00e9liennes, dont certaines seraient des munitions \u00e0 uranium appauvri qui valent mille fois les armements chimiques en toxicit\u00e9, il appara\u00eet extr\u00eamement difficile de d\u00e9m\u00ealer l&rsquo;imbroglio des causes, des effets et des cons\u00e9quences d&rsquo;une intervention qui correspond parfaitement au d\u00e9sordre de la guerre syrienne. Si l&rsquo;on voulait tenter un r\u00e9sum\u00e9 ou une synth\u00e8se des interpr\u00e9tations des \u00e9v\u00e9nements, nous \u00e9num\u00e9rerions les divers champs de questions concernant ces attaques isra\u00e9liennes, avec les hypoth\u00e8ses aff\u00e9rentes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t S&rsquo;agit-il d&rsquo;attaques ponctuelles, d&rsquo;une amorce de campagne a\u00e9rienne suivie, d&rsquo;une v\u00e9ritable introduction \u00e0 un conflit&#8230; Toutes les sp\u00e9culations sont possibles, sinon autoris\u00e9es, sinon recommand\u00e9es. Il reste que le d\u00e9part de Netanyahou en visite en Chine le 5 mai au soir, pour cinq jours, ne plaide pas pr\u00e9cis\u00e9ment pour une r\u00e9ponse du type action de longue dur\u00e9e d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 planifi\u00e9e (soit campagne a\u00e9rienne, soit guerre v\u00e9ritable). Le fait de l&rsquo;action ponctuelle a le m\u00e9rite de la clart\u00e9, de l&rsquo;\u00e9vidence, et de correspondre aux pr\u00e9occupations et aux m\u00e9thodes isra\u00e9liennes,  et aussi aux habitudes de la direction politique isra\u00e9lienne selon les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_strat_gie_de_la_marne_23_03_2013.html\" class=\"gen\">chefs du Shin Bet<\/a> : \u00ab<em>Alors aux commandes, Yaakov Peri estime n&rsquo;avoir re\u00e7u durant les six ans de son mandat aucune consigne des gouvernements successifs. Ou bien il a cette formule, dont les termes sont partag\u00e9s par ses coll\u00e8gues : Isra\u00ebl remporte la plupart des batailles, sans gagner la guerre. Nous ne savions pas dans quelle direction aller, r\u00e9sume Peri. C&rsquo;\u00e9tait toujours de la tactique, jamais de vision strat\u00e9gique.<\/em>\u00bb On dira que cette hypoth\u00e8se minimale des attaques ponctuelles n&#8217;emp\u00eache pas le reste, ce qui est vrai, mais elle n&rsquo;a pas besoin du reste pour exister mais de la simple \u00e9vidence de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les attaques visaient sans doute, essentiellement, des objectifs militaires ayant un lien pr\u00e9cis avec la s\u00e9curit\u00e9 directe d&rsquo;Isra\u00ebl. L&rsquo;hypoth\u00e8se la plus largement r\u00e9pandue concerne des armes iraniennes de haute pr\u00e9cision, notamment des missiles sol-sol <em>Fateh<\/em>-110, et des missiles sol-air russes type SA-17 acquis par les Syriens, qui auraient \u00e9t\u00e9 destin\u00e9s au <em>Hezbollah<\/em>, au Liban. Cette hypoth\u00e8se militaire d&rsquo;une action dans le but d&#8217;emp\u00eacher le convoyage d&rsquo;armes avanc\u00e9es vers le <em>Hezbollah<\/em> rejoint n\u00e9cessairement l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;attaque ponctuelle. Tout cela fait partie d&rsquo;un jeu du chat avec la souris (ou avec la Syrie&#8230;), notamment des Iraniens et des Isra\u00e9liens ; car il n&rsquo;est pas impossible que certaines livraisons au <em>Hezbollah<\/em> d\u00e9clenchant des attaques isra\u00e9liennes soient compos\u00e9es de leurres, c&rsquo;est-\u00e0-dire de faux missiles figurant de vrais missiles, avec la ferraille qui va bien, pour au moins d\u00e9terminer, dans le chef des Iraniens, certains param\u00e8tres des attaques isra\u00e9liennes, et amener des r\u00e9actions politiques int\u00e9ressantes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les attaques font partie d&rsquo;un plan plus vaste, dit une autre approche&#8230; Dans ce champ, les hypoth\u00e8ses et les descriptions de grands plans strat\u00e9giques p\u00eachent plut\u00f4t par l&rsquo;abondance que le contraire. Justin Raimondo d\u00e9veloppe la th\u00e8se d&rsquo;une alliance effective entre Isra\u00ebl et al Qa\u00efda, renvoyant \u00e0 de vieilles th\u00e8ses n\u00e9o-conservatrices (voir <em>Antiwar.com<\/em> le <a href=\"\/%E2%80%AAhttp:\/\/original.antiwar.com\/justin\/2013\/05\/05\/the-israeli-jihadist-alliance\/%E2%80%AC\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a>). Le point le plus remarquable \u00e0 cet \u00e9gard a \u00e9t\u00e9 un article publi\u00e9 par le <em>Sunday Times<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.thesundaytimes.co.uk\/sto\/news\/world_news\/Middle_East\/article1255088.ece\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>, pr\u00e9sentant l&rsquo;annonce d&rsquo;une alliance en train de se former entre Isra\u00ebl, la Turquie, l&rsquo;Arabie, les EAU et la Jordanie, contre la Syrie, l&rsquo;Iran, le <em>Hezbollah<\/em> et tout ce qui forme le croissant chiite en g\u00e9n\u00e9ral. (Et le Qatar ? Le Qatar n&rsquo;est pas dans cette alliance ? On s&rsquo;en inqui\u00e8te.) Le document va jusqu&rsquo;\u00e0 nous confier qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un ma\u00eetre-plan concoct\u00e9, quasiment par Obama lui-m\u00eame&#8230; <em>Russia Today<\/em> reprend cette information le m\u00eame <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/israeil-iran-security-alliance-us-832\/\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>, en notant que la Turquie a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9menti&#8230; Et l&rsquo;on sait, ou l&rsquo;on doit savoir, que le bon vieux <em>Times<\/em> est un des canaux favoris des SR britanniques et isra\u00e9liens, pour planter quelques bonnes informations et th\u00e9ories originales promptes \u00e0 accro\u00eetre le trouble des \u00e2mes sensibles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les attaques s&rsquo;inscrivent dans une campagne visant \u00e0 impliquer les USA dans le conflit, comme d\u00e9monstration d&rsquo;une intervention justifi\u00e9e par l&#8217;emploi d&rsquo;armement chimique par les Syriens d&rsquo;Assad. Ainsi l&rsquo;explique le journaliste et expert du Moyen-Orient Ali Rizk, dans une interview faite par <em>Russia Today<\/em> le <a href=\"http:\/\/rt.com\/op-edge\/rizk-oren-syria-israel-839\/\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>. Ainsi l&rsquo;exprime Daniel McAdams, sur son <em>blog<\/em> de <em>Lew Rockwell<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.lewrockwell.com\/blog\/lewrw\/archives\/137160.html\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As the Washington Post  itself deeply in the ideological pockets of the left-neocons  concludes, this is Israel&rsquo;s response to American skepticism over its lurid tales, without evidence, of chemical weapons use by the Syrian government: The attack Friday coincided with mounting pressure on the Obama administration to formulate a response to the growing risk of weapons proliferation in the Syrian war, notably the possibility that chemical weapons are being used in the conflict and could fall into the hands of extremists. Translation: We told you a red-line violating story and you did not believe us. Time for Plan B. We&rsquo;re going in.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y aussi, pour signaler que le dernier qui sort tire la chasse, les articles \u00e0 caract\u00e8re humanitaire muscl\u00e9e dont certaines plumes et organes britanniques sont sp\u00e9cialistes. C&rsquo;est le cas du <em>Daily Telegraph<\/em>, avec l&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/worldnews\/middleeast\/syria\/10037798\/Syria-America-and-Israel-can-no-longer-look-the-other-way.html\" class=\"gen\">4 mai 2013<\/a> de Richard Spencer, qui ajoute \u00e0 l&rsquo;agressivit\u00e9 <em>neocon<\/em> US, l&rsquo;hypocrisie \u00e0 visage d\u00e9couvert d\u00e9ploy\u00e9e avec une extraordinaire arrogance, avec r\u00e9f\u00e9rence civilisatrice type <em>white men&rsquo;s burden<\/em>. Cela donne taper, taper dur et sans piti\u00e9, pour cureter le monde civilis\u00e9 du monstrueux Assad&#8230; Spencer base son papier, douteux dans le sens olfactif qu&rsquo;on devine, sur la d\u00e9couverte-<em>narrative<\/em> de piles de cadavres dans un seul sens, qui est celui de la monstruosit\u00e9 d&rsquo;Assad, dont il ne peut nous montrer les photos pour \u00e9pargner notre sensibilit\u00e9 : qu&rsquo;il en soit remerci\u00e9, sinon exauc\u00e9, comme tout bon nettoyeur de latrines &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Strike hard, strike without mercy. One war, two blows of intense ferocity, the first an act of medieval barbarism, the second an exemplar of 21st century precision warfare; but the line that connects them is becoming ever clearer.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A pile of corpses lies sprawling, arms akimbo, against the wall of a house.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We have seen women and children dead in Syria before, but not in this sort of random pile, untended, blood still coming from the toddlers&rsquo; wounds, their mouths yawning, their limbs twisted under their bodies.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The photograph is too distressing to publish&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Visite au professeur Kais Firro<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLorsque les Isra\u00e9liens, experts et universitaires, s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;\u00e9volution politique du conflit, des prises de position inattendues apparaissent. L&rsquo;une des plus int\u00e9ressantes, pour son contenu mais aussi parce que son auteur est appr\u00e9ci\u00e9 en Isra\u00ebl comme le meilleur sp\u00e9cialiste du monde arabe, est celle du professeur Kais Firro, de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Ha\u00effa. Firro a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9 par Shlomi Eldar, de <em>Al Monitor Israel Pulse<\/em> ( le <a href=\"http:\/\/www.al-monitor.com\/pulse\/originals\/2013\/05\/the-damascus-bombings-play-into-assads-hands.html#ixzz2STwQzZ8g\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>). Elle se d\u00e9veloppe en ceci, qui va au contraire de nombre d&rsquo;appr\u00e9ciations : qu&rsquo;il l&rsquo;ait voulu ou pas, calcul\u00e9 ou non, Isra\u00ebl a donn\u00e9 un sacr\u00e9 coup de main \u00e0 Assad&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Israel&rsquo;s alleged airstrikes in the Damascus region play nicely into the hands of Assad and the Syrian regime, says professor Kais Firro from Haifa University. In fact, they&rsquo;re celebrating. It&rsquo;s exactly what they needed.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>With Damascus reeling from a series of attacks, which Western sources claimed were conducted by the Israeli Air Force, I decided to approach Firro, an internationally acclaimed expert on Syria, Lebanon and minorities in the Middle East. He spent much of our interview flipping between one Arab news station to the next, trying to be as up-to-date as possible with every tidbit of information as it was released. In that time, he also managed to sketch out a complex outline of what is really going on in the great battle over Syria&rsquo;s future.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I can already see the impact that the bombing had, he said, and he was not referring to the mushroom clouds of fire and smoke that rose over Damascus during the past few nights. Now, Syrian President Bashar al-Assad and his men can state openly who the real force is behind the uprising. As far as Syrian pundits are concerned, it used to be &lsquo;the Agent&rsquo; (&lsquo;al-Waqil&rsquo;), who took up arms against the Assad regime. Now it&rsquo;s &lsquo;the Source&rsquo; (&lsquo;al-Asil&rsquo;), who fights against the regime surreptitiously through &lsquo;the Agent.&rsquo; With these attacks, claim Syrian commentators, Israel revealed that it is actually pulling all the strings. This certainly has an impact on the public opinion in the Arab world. I follow the public opinion in Syria very closely, and I can tell you that it is changing very quickly, without much push back. Until recently, people regarded the Syrian regime as the worst of all possible worlds. Now that&rsquo;s beginning to change. Firro continues: You can already see the beginnings of demonstrations in support of Syria. People identify with Syria now. They see it as a victim in some enormous plot to take down its government.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Based on what you are saying, the Assad regime is very far from falling ? Under the current conditions Assad will not fall, but the war will go on for years to come. Why? Because it involves religious and ideological elements&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Faire durer les choses<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi le professeur Firro a raison, pourquoi les Isra\u00e9liens ont-ils frapp\u00e9 avec comme cons\u00e9quence de renforcer la position d&rsquo;Assad ? Certains vous r\u00e9pondront que c&rsquo;est leur but, selon la logique du professeur Firro : renforcer Assad, certes, mais surtout <strong>faire durer<\/strong> le conflit, et alors l&rsquo;on retombe sur une logique op\u00e9rationnelle inverse qui donne le m\u00eame r\u00e9sultat. Les forces d&rsquo;Assad avaient port\u00e9 des coups tr\u00e8s rudes aux rebelles, et peut-\u00eatre se rapprochaient-elles d&rsquo;un \u00e9pisode d\u00e9cisif,  ce qui est contraire \u00e0 la th\u00e8se du <strong>faire durer<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut trouver des traces de ces th\u00e8ses aussi bien dans <em>Le Monde<\/em> ce <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/proche-orient\/article\/2013\/05\/06\/l-intervention-israelienne-affaiblit-damas-militairement-mais-pas-politiquement_3171457_3218.html\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a> que sous la plume d&rsquo;un Dr. Kevin Barrett, le <a href=\"http:\/\/www.presstv.ir\/detail\/2013\/05\/05\/301972\/israel-using-syria-war-to-spread-sectarian-chaos-in-me\/\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a>. Ces th\u00e8ses vont effectivement du commentaire apparemment objectif et conforme au Syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se qui s&rsquo;affiche hors des sentiers battus du Syst\u00e8me.<\/p>\n<h3>Rencontre de deux p\u00f4les d&rsquo;instabilit\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; D&rsquo;ailleurs, nous ne sommes pas au bout de nos peines, et il nous suffirait de nous baisser pour ramasser autant d&rsquo;hypoth\u00e8ses, de ma\u00eetre-plans, d&rsquo;interpr\u00e9tations que l&rsquo;on veut. Lorsque deux sujets aussi explosifs qu&rsquo;Isra\u00ebl et la guerre syrienne se rencontrent, cette floraison extraordinaire d&rsquo;interpr\u00e9tations est in\u00e9vitables&#8230; Isra\u00ebl est certainement la puissance \u00e0 qui l&rsquo;on pr\u00eate le plus de projets, d&rsquo;actes, de manigances, etc., et par ailleurs une puissance qui ne s&rsquo;est jamais interdit ni m\u00eame retenu d&rsquo;en conduire effectivement quelques-uns \u00e0 bon port. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa guerre syrienne, elle, est certainement l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement le plus f\u00e9cond, <strong>depuis deux ans<\/strong>, pour servir d&rsquo;argument \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un nombre  qui semblerait sans fin, de th\u00e8ses, d&rsquo;hypoth\u00e8ses, de <em>narrative<\/em>, etc. Elle est le foyer central de plusieurs crises, que ce soit la crise iranienne, que ce soit les crises li\u00e9es \u00e0 Isra\u00ebl, que ce soit les instabilit\u00e9s turc (selon le vu d&rsquo;Erdogan) et irakienne, etc. M\u00e9langez ces deux artefact du d\u00e9sordre international et vous obtenez effectivement cette floraison dont nous parlons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire, autant d&rsquo;incertitudes que de fleurs dans la floraison d&rsquo;interpr\u00e9tations. A c\u00f4t\u00e9 de cela, apparaissent,  \u00f4 surprise,  quelques facteurs stables, des faits pour ainsi dire av\u00e9r\u00e9s. Ils ne sont pas sans int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<h3>Les causeries de Carla Del Ponte<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour divers acteurs de la crise autour de la Syrie, la nouvelle essentielle de cette journ\u00e9e du 6 mai n&rsquo;a rien eu \u00e0 voir avec Isra\u00ebl, et tout avec l&rsquo;armement chimique et les hypoth\u00e8ses d&#8217;emploi. C&rsquo;est int\u00e9ressant parce que ce sujet est tout de m\u00eame l&rsquo;argument de d\u00e9part de l&rsquo;actuelle s\u00e9quence de la crise. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9claration (interview) de Carla Del Ponte, ancienne procureure du Tribunal P\u00e9nal Internationale, guerri\u00e8re de l&rsquo;humanitaire qui n&rsquo;est pas tendre pour le tyran-standard que d\u00e9busque r\u00e9guli\u00e8rement le Syst\u00e8me, et Del Ponte principalement pour notre propos membre d&rsquo;une commission d&rsquo;enqu\u00eate ind\u00e9pendante mandat\u00e9e par l&rsquo;ONU, pour d\u00e9terminer les responsabilit\u00e9s dans l&#8217;emploi d&rsquo;armes chimiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRemettons-nous en au <em>Monde<\/em> (le <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/proche-orient\/article\/2013\/05\/06\/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a>) pour nous informer l\u00e0-dessus, selon une affirmation qui fait grand bruit dans diverses institutions, notamment celles de l&rsquo;Union europ\u00e9enne&#8230; \u00ab<em>Des enqu\u00eateurs des Nations unies ont r\u00e9uni des t\u00e9moignages selon lesquels des insurg\u00e9s syriens se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international, a d\u00e9clar\u00e9 dimanche 5 mai la magistrate suisse Carla Del Ponte. Interrog\u00e9e par la t\u00e9l\u00e9vision helv\u00e8te, la membre de la commission d&rsquo;enqu\u00eate ind\u00e9pendante de l&rsquo;ONU sur les violences en Syrie a pr\u00e9cis\u00e9 que les investigations men\u00e9es jusque-l\u00e0 ne permettaient pas de conclure que les forces gouvernementales syriennes avaient elles aussi employ\u00e9 des armes chimiques.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Selon les t\u00e9moignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilis\u00e9 des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin, a d\u00e9clar\u00e9 Mme Del Ponte, qui est \u00e9galement l&rsquo;ancienne procureure du Tribunal p\u00e9nal international pour l&rsquo;ex-Yougoslavie. Nos enqu\u00eates devront encore \u00eatre approfondies, v\u00e9rifi\u00e9es et confirm\u00e9es \u00e0 travers de nouveaux t\u00e9moignages, mais selon ce que nous avons pu \u00e9tablir jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, pour le moment ce sont les opposants au r\u00e9gime qui ont utilis\u00e9 le gaz sarin, a-t-elle ajout\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Embarras de la <em>narrative<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSur le site de l&rsquo;honorable <em>Monde<\/em>, cet article du 6 mai dans la matin\u00e9e vient se mettre en bonne place derri\u00e8re un article du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/international\/article\/2013\/05\/03\/syrie-forts-soupcons-d-usage-d-armes-chimiques_3170434_3210.html\" class=\"gen\">5 mai 2013<\/a> qui vous explique avec forces d\u00e9tails comment les forces syriennes de l&rsquo;Assad qui persiste \u00e0 faire partie du genre humain sont \u00e9videmment les seuls coupables potentielles, presque d\u00e9montr\u00e9es, de l&rsquo;usage d&rsquo;armes chimiques, lui-m\u00eame largement \u00e9vident. La partie du texte qui nous est offerte en lecture gratuite ne fait que 15% de l&rsquo;ensemble mais nous avons compris ce qui se passe. Faire pr\u00e9c\u00e9der la lecture des d\u00e9clarations de Carla Del Ponte de ces 15% de \u00ab<em>Syrie : forts soup\u00e7ons d&rsquo;usage d&rsquo;armes chimiques<\/em>\u00bb a de quoi \u00e9difier bien des \u00e2mes tendres et montre dans tous les cas un joli sens de l&rsquo;\u00e0-propos. Le d\u00e9tail de la mousse blanch\u00e2tre est particuli\u00e8rement \u00e9difiant et convaincant, bien que peu attrayant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La localit\u00e9 de Saraqeb a-t-elle \u00e9t\u00e9 la cible d&rsquo;une attaque \u00e0 l&rsquo;arme chimique lundi 29 avril ? Cet incident, le dernier en date, vient s&rsquo;ajouter \u00e0 une liste d&rsquo;une demi-douzaine de cas r\u00e9cents dans lesquels le r\u00e9gime syrien est fortement suspect\u00e9 d&rsquo;avoir eu recours \u00e0 des armes non conventionnelles, reposant avec encore plus d&rsquo;acuit\u00e9 le d\u00e9bat sur la ligne rouge fix\u00e9e par le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Obama et ses homologues fran\u00e7ais et britannique.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Sur des vid\u00e9os post\u00e9es par des militants de la province d&rsquo;Idlib, dans le nord de la Syrie, on voit des rebelles sans blessures apparentes suffoquant et vomissant. D&rsquo;autres montrent des projectiles cylindriques en plastique largu\u00e9s par h\u00e9licopt\u00e8re, de la taille d&rsquo;une bo\u00eete de conserve, perc\u00e9s d&rsquo;un trou et d&rsquo;une ouverture ressemblant \u00e0 une valve et surmont\u00e9s d&rsquo;un embout. Des victimes souffrant de suffocation ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es vers la ville frontali\u00e8re turque de Reyhanli, o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 mises en quarantaine et o\u00f9 des analyses sont en cours.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;attaque de Saraqeb ressemble trait pour trait \u00e0 celle ayant fait au moins trois morts \u00e0 Cheikh Maqsoud, un quartier kurde d&rsquo;Alep, dans la nuit du 12 au 13 avril. La photo de une du quotidien britannique The Times, le 26 avril, montrant une victime bouche et narines recouvertes d&rsquo;une mousse blanch\u00e2tre, avait caus\u00e9 une telle \u00e9motion au Royaume-Uni que le premier ministre, David Cameron, avait parl\u00e9 de preuves limit\u00e9es mais grandissantes<\/em> [&#8230;] <em>d&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques, probablement par le r\u00e9gime et de&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; La suite au prochain num\u00e9ro, certes. En attendant la parution, on pourrait sugg\u00e9rer au <em>Monde<\/em> d&rsquo;explorer la piste du <em>falseflag<\/em>, qui a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9e par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-intronisation_du_facteur_falseflag_04_05_2013.html\" class=\"gen\">le colonel Wilkerson<\/a>, personnage \u00e9galement honorable qui fut chef de cabinet du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Colin Powell, et qui est pr\u00eate (la piste) \u00e0 accueillir de tr\u00e8s nombreux forts soup\u00e7ons. Il semblerait apr\u00e8s tout que les <em>falseflags<\/em> puissent servir d&rsquo;excellents traceurs pour le guidage et le balisage des armes de hautes pr\u00e9cisions de l&rsquo;Israeli Air Force en ballade de piraterie type-communaut\u00e9 internationale au-dessus de la Syrie.<\/p>\n<h3>Exercice de <em>damage control<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes d\u00e9clarations de Del Ponte furent tr\u00e8s vite suivies de ce qu&rsquo;on nomme des mises au point, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;exercice classique de <em>damage control<\/em>. Un texte de <em>TVPress.com<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.presstv.ir\/usdetail\/302184.html\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a> rapporte cela. Il porte principalement sur deux points :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Une intervention de l&rsquo;ONU tentant de d\u00e9samorcer la d\u00e9claration de Del Ponte (\u00ab<em>The Independent International Commission of Inquiry on the Syrian Arab Republic wishes to clarify that it has not reached conclusive findings as to the use of chemical weapons in Syria by any parties to the conflict&#8230;<\/em>\u00bb) Il faut bien que Ban Ki-moon poursuive sa campagne \u00e9lectorale pour un \u00e9ventuel troisi\u00e8me mandat (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-obama_et_le_chimique_l_irak_et_les_rebelles_syriens_27_04_2013.html\" class=\"gen\">27 avril 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;affirmation des USA de leur tr\u00e8s grand scepticisme, sorte de vertu de le raison, devant cette affirmation qui leur semblerait si pr\u00e9cipit\u00e9e de l&rsquo;usage de chimique par les rebelles, et d&rsquo;ailleurs de l&rsquo;usage du chimique en g\u00e9n\u00e9ral. Il faut raison garder, n&rsquo;est-ce pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ailleurs, l&rsquo;ONU type-Ban Ki moon s&rsquo;interroge : a-t-on vraiment utilis\u00e9 du chimique en Syrie  ? (D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;armement chimique, cela existe-t-il ?) Ce passage r\u00e9trop\u00e9dal\u00e9 et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en mode d\u00e9fensif et n\u00e9gationniste du bloc BAO selon l&rsquo;axe USA-ONU est tr\u00e8s remarquable. S&rsquo;il n&rsquo;est efficace, il sonne au moins comme un plaisant interlude pour d\u00e9tendre l&rsquo;atmosph\u00e8re&#8230;<\/p>\n<h3>Dr\u00f4le de guerre, <em>indeed<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA c\u00f4t\u00e9 de cette emportement persifleur concernant la cause premi\u00e8re de la s\u00e9quence, qui est l&rsquo;armement chimique et comment s&rsquo;en servir, suivi de l&rsquo;interrogation sur l&rsquo;existence-du-chimique-apr\u00e8s-tout, on rep\u00e8re avec int\u00e9r\u00eat un nombre consid\u00e9rable de discr\u00e9tions officielles dans cette affaire. (L&rsquo;absence de r\u00e9actions officielles marqu\u00e9es et d\u00e9taill\u00e9es de nombre d&rsquo;acteurs, y compris les Russes, est un point remarquable.) Mais la cerise sur le g\u00e2teau, qui doit \u00eatre d\u00e9gust\u00e9e chronologiquement, c&rsquo;est-\u00e0-dire en fin de notre s\u00e9quence dans cette <em>Note d&rsquo;analyse<\/em>, ce sont les explications isra\u00e9liennes faites avec un luxe de d\u00e9tail \u00e0 la presse, et notamment d\u00e9velopp\u00e9e par Reuters ce <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/2013\/05\/06\/us-syria-crisis-israel-idUSBRE9450DQ20130506\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a>. La cerise consiste finalement \u00e0 dire, dans le chef des Isra\u00e9liens : Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la guerre syrienne&rsquo; et n&rsquo;est certainement pas une agression contre la Syrie, ni une aide apport\u00e9e aux rebelles. Il s&rsquo;agissait simplement de d\u00e9truire des syst\u00e8mes d&rsquo;arme destin\u00e9s au <em>Hezbollah<\/em>, et nous n&rsquo;avons rien, vraiment rien contre l&rsquo;honorable pr\u00e9sident Assad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em> Israel sought to persuade Syrian President Bashar al-Assad on Monday that recent air strikes around Damascus did not aim to weaken him in the face of a two-year rebellion, and played down the prospects of an escalation. There are no winds of war, Yair Golan, the general commanding Israeli forces on the Syrian and Lebanese fronts, told reporters while out jogging with troops. Do you see tension? There is no tension. Do I look tense to you? he said, according to the Maariv NRG news website.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Intelligence sources said Israel attacked Iranian-supplied missiles stored near the Syrian capital on Friday and Sunday as they awaited transport to Assad&rsquo;s Lebanese guerrilla ally Hezbollah. Israel has repeatedly warned it will not let high-tech weaponry get to Iranian-backed Hezbollah, with which it fought an inconclusive war in 2006.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Damascus accused Israel of belligerence meant to support outgunned anti-Assad rebels. The air strikes were tantamount to a declaration of war, it said, and threatened unspecified retaliation. Veteran Israeli lawmaker Tzachi Hanegbi, a confidant of Prime Minister Benjamin Netanyahu, said on Monday that Israel did not want to clash with Assad. Interviewed on Israel Radio, Hanegbi said the Netanyahu government aimed to avoid an increase in tension with Syria by making clear that if there is activity, it is only against Hezbollah, not against the Syrian regime.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Israel is reluctant to take sides in Syria&rsquo;s civil war for fear its actions would boost Islamists who are even more hostile to it than the Assad family, which has maintained a stable stand off with the Jewish state for decades. Hanegbi said Israel had not formally acknowledged carrying out the raids in an effort to allow Assad to save face, adding that Netanyahu began a scheduled week-long trip to China on Sunday to signal the sense of business as usual. The Israel prime minister did not comment about Syria during a visit to Shanghai on Monday.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Yedioth Ahronoth, Israel&rsquo;s biggest-selling newspaper, said the Netanyahu government had informed Assad through diplomatic channels that it did not intend to meddle in Syria&rsquo;s civil war. Israeli officials did not immediately confirm the report, but one suggested that such indirect contacts were not required. Given the public remarks being made by senior Israeli figures to reassure Assad, it&rsquo;s pretty clear what the message is, the official told Reuters on condition of anonymity.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>D\u00e9sir de guerre, besoin de guerre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette intervention isra\u00e9lienne est largement la cause d&rsquo;une r\u00e9duction sensible et presque brutale de la tension et semble clore la s\u00e9quence commenc\u00e9e avec la premi\u00e8re attaque isra\u00e9lienne de la semaine derni\u00e8re. Des s\u00e9quences, il y en aura d&rsquo;autres, peut-\u00eatre dans quelques jours, avec autant de <em>narrative<\/em> sur les grands plans des uns et des autres ; certains qui en tiennent pour leurs informations exclusives (<em>DEBKAFiles<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.debka.com\/article\/22955\/IDF-on-war-alert-Iran-Syrian-Hizballah-war-of-attrition-threatened-US-set-to-act-on-Syria\" class=\"gen\">6 mai 2013<\/a>), affirment qu&rsquo;Isra\u00ebl est plus que jamais sur pied de guerre et que les USA agiront fin mai-d\u00e9but juin. Pour l&rsquo;heure, qui est la bonne mesure de la pr\u00e9vision qu&rsquo;on peut faire, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du syst\u00e8me de la communication quitte la Syrie pour d&rsquo;autres crises, et cela comme un signe de l&rsquo;\u00e9volution de la psychologie et de sa perception. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes quelques jours (cinq, tout au plus), o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;est vu plong\u00e9 dans les pr\u00e9misses de la Troisi\u00e8me Guerre mondiale, nous permettent de constater l&rsquo;acuit\u00e9 extr\u00eame de ce que nous nommerions le besoin de guerre, voire, de fa\u00e7on encore plus dissimul\u00e9e dans la psych\u00e9, le d\u00e9sir de guerre. Cela ne signifie pas que les psychologies ne pensent qu&rsquo;\u00e0 en d\u00e9coudre et c\u00e8dent au bellicisme sans frein, mais tout \u00e0 fait autrement, qu&rsquo;elles cherchent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une interpr\u00e9tation rationnelle qui permettrait de <strong>comprendre<\/strong> cette interminable guerre syrienne recouvrant une crise syrienne contenue dans une infrastructure crisique, en la transformant en un paroxysme de crise syrienne d\u00e9couvrant les plans des uns et des autres qui seraient accouch\u00e9s par des raisons diaboliquement habiles, et qui ne pourraient d\u00e9boucher, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre ou l&rsquo;un et l&rsquo;autre, que sur un conflit clairement d\u00e9velopp\u00e9, op\u00e9rationnellement compr\u00e9hensible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais non&#8230; Ni le besoin ni le d\u00e9sir n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s et la guerre syrienne, la vraie, le pr\u00e9lude en un sens d&rsquo;un conflit plus large qui r\u00e9pondrait \u00e0 nos angoisses et \u00e0 nos supputations devant l&rsquo;incompr\u00e9hensible rationnellement,  la guerre syrienne n&rsquo;a toujours pas eu lieu. Les psychologies retombent dans leurs confusions et leurs angoisses diverses devant cet incompr\u00e9hensible irrationnel&#8230; Et l&#8217;embourbement se renforce.<\/p>\n<h3>Une guerre d&rsquo;Espagne \u00e0 l&rsquo;envers<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; C&rsquo;est qu&rsquo;au fond, bien entendu, personne ne peut (ni ne veut ?) vraiment la faire, cette guerre, puisque personne n&rsquo;y comprend rien et qu&rsquo;il n&rsquo;est vraiment pas dit, d&rsquo;ailleurs, qu&rsquo;elle existe. Les causes de l&rsquo;incompr\u00e9hension sont multiples. L&rsquo;un des probl\u00e8mes op\u00e9rationnels de la guerre syrienne qui est en r\u00e9alit\u00e9 un effet op\u00e9rationnel de l&#8217;embourbement crisique, c&rsquo;est que la complication inh\u00e9rente \u00e0 une guerre civile avec interventions \u00e9trang\u00e8res pr\u00e9c\u00e8de le conflit lui-m\u00eame, et tend ainsi \u00e0 le paralyser. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJustin Raimondo compare la guerre syrienne \u00e0 la guerre d&rsquo;Espagne : \u00ab<em>As I have written before, Syria is our Spain  a proxy war prefiguring a much larger conflict, with the US, Israel, Turkey, Jordan, and Al Qaeda (in the guise of the Al Nusra Front) versus the Syrian Ba&rsquo;athists, Hezbollah, and  standing behind them  Iran.<\/em>\u00bb L&rsquo;analogie n&rsquo;est pas fausse, sauf pour la chronologie. La guerre d&rsquo;Espagne d\u00e9marra comme une vraie guerre r\u00e9duite aux acteurs d&rsquo;une guerre civile, avec un front, une strat\u00e9gie et des tactiques, et elle le fut effectivement d\u00e8s cet instant. Les interventions \u00e9trang\u00e8res se firent apr\u00e8s, dans une guerre d\u00e9j\u00e0 en cours ; elles montr\u00e8rent aussi bien des affrontements entre les intervenants, m\u00eame et surtout lorsqu&rsquo;ils \u00e9taient du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain, les communistes espagnols intrigant pour contr\u00f4ler les r\u00e9publicains non-communistes, les Sovi\u00e9tiques du NKVD menant une extermination syst\u00e9matique et terrible des anarchistes du POUM. Dans le cas syrien, cet antagonisme et ces batailles entre alli\u00e9s pr\u00e9c\u00e8dent la guerre elle-m\u00eame et la paralysent en un sens. La crise pr\u00e9c\u00e8de les acteurs de la crise et les embourbe&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela renforce l&rsquo;infrastructure crisique et son r\u00f4le d&#8217;embourbement crisique, avec ces conflits internes que provoque en g\u00e9n\u00e9ral une guerre de cette sorte, comme conflits internes paralysants pr\u00e9c\u00e9dant la guerre qui devrait les provoquer. Tout cela renforce cette quadrature du cercle : comment faire sortir la guerre syrienne de son embourbement pour la transformer en une v\u00e9ritable guerre, en un paroxysme paradoxalement lib\u00e9rateur, alors que tout acte pour la faire \u00e9voluer vers sa lib\u00e9ration renforce l&#8217;embourbement ?<\/p>\n<h3>Le poids terrible de l&#8217;embourbement crisique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes conditions que nous avions observ\u00e9es le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_chimique_syrien_comme_arme_de_communication_29_04_2013.html\" class=\"gen\">29 avril 2013<\/a> n&rsquo;ont donc pas chang\u00e9, sinon dans le sens d&rsquo;un renforcement : \u00ab<em>Pour le reste, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;essentiel, on observera combien la crise, ce que nous nommons le facteur crisique notamment dans son extension ultime d&rsquo;infrastructure crisique o\u00f9 la Syrie occupe une place d&rsquo;honneur, est devenue un \u00e9tonnant ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;immobilisme, de paralysie, d&rsquo;impuissance et d&#8217;embourbement. Nul ne peut se sortir de ces crises dont l&rsquo;\u00e9trange mati\u00e8re est pass\u00e9e de l&rsquo;explosif volatil au genre de la m\u00e9lasse quasiment immobile. M\u00eame si la crise s&rsquo;\u00e9tend, ce qu&rsquo;elle fait d&rsquo;ailleurs sous nos yeux, elle le fera effectivement de cette m\u00eame fa\u00e7on qui enveloppe les acteurs-simulacres, les faussaires, les manipulateurs de narrative, comme l&rsquo;on s&rsquo;enfonce dans des sables mouvants qui ne se meuvent m\u00eame plus&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la Syrie est plus que jamais incluse dans cette infrastructure crisique dont le caract\u00e8re fondamental est qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9volue pas selon des impulsions ext\u00e9rieures (les acteurs des crises), mais qu&rsquo;elle \u00e9volue selon sa propre logique interne et ma\u00eetresse, et donne elle-m\u00eame aux acteurs de la crise les impulsions qui leur dictent leurs possibilit\u00e9s d&rsquo;action. Nous sommes des prisonniers de la crise, de l&rsquo;infrastructure crisique, du facteur crisique,  ou plut\u00f4t, ils en sont les prisonniers, ces acteurs de la crise, tout cela aboutissant \u00e0 faire du Syst\u00e8me le premier et le principal de ces prisonniers&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci, dans notre <em>Glossaire.dde<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\" class=\"gen\">30 avril 2013<\/a>  : \u00ab[C]<em>ette id\u00e9e de la question du sens a une importance capitale. En effet, les politiques que nous d\u00e9crivons comme \u00e9tant devenues impuissantes \u00e0 susciter ou \u00e0 r\u00e9soudre des crises, parce que les crises existent avant elles et sont elles-m\u00eames sources d&rsquo;influences, ces politiques sont aujourd&rsquo;hui,<\/em> <strong><em>n\u00e9cessairement<\/em><\/strong> <em>enfant\u00e9es par le flux g\u00e9n\u00e9ral de la politique-Syst\u00e8me. L&rsquo;influence qu&rsquo;elles subissent des crises int\u00e9gr\u00e9es dans une infrastructure crisique est en g\u00e9n\u00e9ral, par la dynamique m\u00eame du sens de l&rsquo;influence, antagoniste de la direction que doivent suivre ces politiques. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, la crise institutionnalis\u00e9e, devenue structurelle, puis int\u00e9gr\u00e9e et amalgam\u00e9e dans une infrastructure crisique, agit contre des politiques dont le but (sous l&rsquo;influence de la politique-Syst\u00e8me) devrait \u00eatre de provoquer de nouvelles crises, ou explosions crisiques d\u00e9structurantes. Si l&rsquo;on veut des exemples op\u00e9rationnels, on a celui de la m\u00e8re de toutes les crises se constituant effectivement en infrastructure crisique, qui est la crise iranienne : c&rsquo;est la crise iranienne structurelle, qui dure depuis 2005, qui emp\u00eacherait le d\u00e9clenchement d&rsquo;une explosion crisique d\u00e9structurante (l&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran). En figurant comme la pr\u00e9figuration, l&rsquo;enjeu et le cadre oblig\u00e9 de cette explosion crisique, elle alerte tous les acteurs, oblige \u00e0 mesurer l&rsquo;enjeu, \u00e0 pr\u00e9voir les effets les plus catastrophiques de l&rsquo;explosion, etc., et agit finalement comme un frein sinon un obstacle infranchissable pour l&rsquo;explosion crisique. La m\u00eame chose peut \u00eatre dite de la crise syrienne, devenue guerre syrienne sans fin, paralysante, stagnante, etc.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une guerre-\u00e9clair en coup de vent 07 mai 2013 Apr\u00e8s les attaques a\u00e9riennes isra\u00e9liennes contre la Syrie de la fin de la semaine derni\u00e8re, la question \u00e9tait sur sur toutes les l\u00e8vres et sous toutes les plumes en ce d\u00e9but de semaine : Isra\u00ebl part-il en guerre contre la Syrie ? 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