{"id":74973,"date":"2013-05-09T11:36:34","date_gmt":"2013-05-09T11:36:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/09\/le-moi-et-la-confusion-des-sexes\/"},"modified":"2013-05-09T11:36:34","modified_gmt":"2013-05-09T11:36:34","slug":"le-moi-et-la-confusion-des-sexes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/09\/le-moi-et-la-confusion-des-sexes\/","title":{"rendered":"Le Moi et la confusion des sexes"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Le Moi et la confusion des sexes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>De la concentration \u00e0 la dissolution du moi, tout est l\u00e0<\/em>. Qui est ce moi dont parle Baudelaire, celui de Freud ? Comment on s&rsquo;y prend pour concentrer et dissoudre, \u00eatre \u00ab solve et coagula \u00bb? Juste apr\u00e8s lui, Rimbaud parle d&rsquo;un <em>moi qui est un autre<\/em>. C&rsquo;est quoi un <em>moi<\/em> de po\u00e8te, peut-il nous aider \u00e0 comprendre le monde ? Les Illuminations, les Fleurs du Mal, \u00e0 quoi peuvent-elles servir d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 briller en soci\u00e9t\u00e9? Quel <em>moi<\/em> \u00e9trange s&rsquo;exhale de ces fleurs? Et \u00e0 quelle sorte de moi incarn\u00e9 en Agla\u00e9 Sabatier, \u00e9g\u00e9rie blanche du po\u00e8te ou en Jeanne Duval, sa noire inspiratrice, s&rsquo;adressent les <em>errabunda<\/em> ? En quoi des <em>illuminations<\/em> auraient-elles pu illuminer le moi d&rsquo;un Verlaine homo-amoureux? Ce sont des questions de ce genre qu&rsquo;il faut poser pour comprendre les enjeux de notre temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAgla\u00e9 est <em>visit\u00e9e<\/em> par le Moi qui vit en elle comme un papillon multicolore. Baudelaire lui, est <em>habit\u00e9<\/em>, occup\u00e9, parfois prisonnier de son moi et cherche donc dans \u00ab celle qui est brillante \u00bb (<em>aglaos<\/em>), un <em>repos<\/em>, une lib\u00e9ration. Il voudrait un \u00ab droit de visite \u00bb \u00e0 une prison sans barreau. Le myst\u00e8re de l&rsquo;amour sexu\u00e9 de l&rsquo;homme et de la femme est l\u00e0. L\u00e0 est l&rsquo;origine du besoin qu&rsquo;il a de la femme, qui elle l&rsquo;a aussi de lui mais autrement. Un moi <em>visiteur<\/em> n&rsquo;use pas, ne taraude pas, laisse ouvertes les autres instances psychiques : l&rsquo;\u00e9motion, le r\u00eave, le bonheur d&rsquo;un v\u00e9cu intense et \u00e0 la fois sa mise \u00e0 distance joyeuse. C&rsquo;est dans ce <strong>tenir-l\u00e2cher<\/strong> que vit spontan\u00e9ment la femme, intentionnellement le po\u00e8te. C&rsquo;est pourquoi la femme est dite <em>positive<\/em> ce qui ne veut rien dire ! Quand on dit \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;\u00eatre positif on veut dire \u00ab secouez-vous, d\u00e9cidez d&rsquo;\u00eatre optimiste \u00bb, comme si on pouvait en ce lieu secret de l&rsquo;\u00e2me prendre une d\u00e9cision volontaire qui aurait la capacit\u00e9 de r\u00e9soudre l&rsquo;\u00e9nigme de cette diff\u00e9rence de nature, de cette diff\u00e9rence d&rsquo;<em>incarnation<\/em> du moi en lui ou en elle. Ce slogan typiquement anglo-saxon est une pu\u00e9rilit\u00e9 de notre temps. Pu\u00e9rilit\u00e9 adopt\u00e9e d&rsquo;ailleurs par les femmes pour morig\u00e9ner les hommes bien s\u00fbr <em>n\u00e9gatifs<\/em> ! Sans une connaissance approfondie de la nature humaine qui ne se laisse pas saisir par slogan, l&rsquo;homme est impuissant. Se vouloir <em>positif<\/em> est une absurdit\u00e9 psychologique et philosophique. Il s&rsquo;agit moins d&rsquo;\u00eatre \u00ab positif \u00bb que <strong>fort et l\u00e9ger en m\u00eame temps<\/strong>. Et on revient \u00e0 la \u00ab concentration-dissolution du moi \u00bb qui m\u00e9rite explication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est une part concentr\u00e9e de notre moi qui, nous persuadant de l&rsquo;\u00e9vidence de notre conscience libre et pensante nous invite \u00e0 nous prendre en charge, \u00e0 croire en nous m\u00eame tout en nous interdisant la complaisance. A certains moments de la vie, il faut croire dur comme fer \u00e0 son existence, \u00e0 son \u00eatre pensant et voulant, \u00e0 condition toutefois que ce lien raison~vouloir ait \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9 dans le cur pendant l&rsquo;enfance et l&rsquo;adolescence. A d&rsquo;autres moments il faut dissoudre. C&rsquo;est parce qu&rsquo;on sous estime, voire qu&rsquo;on oublie ce facteur, qu&rsquo;il est facile de proposer ce na\u00eff imp\u00e9ratif du \u00ab sois positif \u00bb dont le but inconscient et de culpabiliser celui qui n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 se conna\u00eetre et \u00e0 s&rsquo;\u00e9quilibrer lui-m\u00eame, est incapable de faire sienne une injonction qu&rsquo;il r\u00e9p\u00e8tera comme un mantra d\u00e9risoire, ou ressentira comme insens\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa part <em>dissolvante<\/em> du moi vit en Agla\u00e9 comme en la Duval, leur offrant une perception artiste du monde que souvent n&rsquo;ont pas les hommes, engonc\u00e9s dans leur raison, leur rationalisme, leur logique parfois \u00ab \u00e0 deux balles \u00bb. Mais certains d&rsquo;entre eux la connaissent et en font un usage qui pla\u00eet aux Agla\u00e9. Un autre aspect de ce moi dissous-soluble est qu&rsquo;il tend \u00e0 mettre le <em>cadre<\/em>, la <em>Loi<\/em>, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart -invention masculine s&rsquo;il en est (patriarcale diraient les f\u00e9ministes)-, et c&rsquo;est pourquoi hommes et femmes sont \u00e0 la racine irr\u00e9conciliables, ont sur la nature de l&rsquo;\u00eatre humain des points de vue qui divergent totalement quand ils ne sont pas ennemis. Comme souvent, la v\u00e9rit\u00e9 est au Juste Milieu, \u00e0 condition, l\u00e0 encore, que chacun des protagonistes sache pour lui et pour l&rsquo;autre comment se construit ce <em>milieu<\/em>. Comme il y a toujours conflit et que les concern\u00e9s ont rarement esprit de g\u00e9om\u00e9trie ou de finesse pour l&rsquo;engendrer subtilement et le localiser, la plupart des couples homme-femme, apr\u00e8s quelques ann\u00e9es de vie se figent sur leurs positions. La femme accuse l&rsquo;homme d&rsquo;\u00eatre rigide et born\u00e9, l&rsquo;homme adresse \u00e0 la femme l&rsquo;\u00e9ternel reproche de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, d&rsquo;illogisme, d&rsquo;irresponsabilit\u00e9 et de laxisme. C&rsquo;est de cette m\u00e9sentente cordiale, dans le cadre fig\u00e9 de cette diff\u00e9rence radicale, qu&rsquo;\u00e9merge peu \u00e0 peu la \u00ab trouvaille \u00bb homosexuelle, les conditions de sa r\u00e9alisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe ne sont plus alors les contraires qui s&rsquo;attirent mais les ressemblants qui s&rsquo;assemblent. La compl\u00e9mentarit\u00e9 homme-femme, la polarit\u00e9 yin-yang s&rsquo;estompe, tend \u00e0 s&rsquo;effacer ; quitte, un peu plus tard, \u00e0 se recr\u00e9er \u00e0 nouveau. Agla\u00e9 diminue, Jeanne croit. Dans le couple lesbien une devient <em>hommasse<\/em> et l&rsquo;autre <em>femme au carr\u00e9<\/em>, tandis que le m\u00e2le se fait <em>tante<\/em> pour offrir au super m\u00e2le \u00ab qui baise tout ce qui bouge \u00bb, un jeune gar\u00e7on-fille un peu mani\u00e9r\u00e9e. Avec, dans l&rsquo;entre deux, le transsexuel qui fait saliver la foule et qui n&rsquo;est qu&rsquo;un polysexu\u00e9 d\u00e9chir\u00e9, un mutant qui conduira un jour l&rsquo;humanit\u00e9 vers une lointaine, tr\u00e8s lointaine, <strong>a-sexualit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour compl\u00e9ter, il faut mentionner Platon et son androgyne qui nous explique que la coupure du d\u00e9part a laiss\u00e9 des traces, que la plaie, mal cicatris\u00e9e, suppure et que, comme le disait le tribun M\u00e9lenchon, partisan du mariage homo, l&rsquo;autre soir \u00e0 <em>On n&rsquo;est pas couch\u00e9<\/em>, \u00e9mission d&rsquo;un homosexuel rieur mais s\u00e9rieux, on ne choisit pas d&rsquo;\u00eatre homo, on l&rsquo;<strong>est<\/strong>. On est alors oblig\u00e9 de remplacer l&rsquo;androgyne par l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, le mauvais exemple, la m\u00e8re abusive, le viol pr\u00e9coce. L&rsquo;hypoth\u00e8se psycho-spirituelle illustr\u00e9e par le triptyque Baudelaire-Rimbaud-Verlaine qui parait avoir r\u00e9ussi <em>solve et coagula<\/em> n&rsquo;est jamais faite. L&rsquo;homme et la femme, au del\u00e0 de d\u00e9finitions anatomique, physiologique, \u00e9ducationnelle incontestables, sont plus que diff\u00e9rents, ils n&rsquo;appartiennent pas \u00e0 la m\u00eame <em>esp\u00e8ce<\/em>. Si bien que, s&rsquo;ils devaient chacun redevenir animal selon Darwin, un serait buffle, l&rsquo;autre tigresse, l&rsquo;un poisson-volant et l&rsquo;autre clacanthe. Non, l&rsquo;<em>Un<\/em> n&rsquo;est pas l&rsquo;<em>Autre<\/em>!&#8230; Et c&rsquo;est pour \u00e7a que la vie est int\u00e9ressante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;homosexualit\u00e9 est donc bien un myst\u00e8re mais pas du genre de l&rsquo;immacul\u00e9e conception. Parmi les diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de la caract\u00e9riser -et non la juger-, celles qui sont le plus \u00e0 notre port\u00e9e d&rsquo;\u00eatre pensant et sentant serait de dire que l&rsquo;homosexualit\u00e9, qu&rsquo;elle soit un \u00ab choix \u00bb ou un \u00ab \u00e9tat \u00bb, est de <strong>rater cette chance de connaitre l&rsquo;Autre<\/strong>, et pas cet autre abstrait qu&rsquo;on appelle prochain parce qu&rsquo;il est \u00e9loign\u00e9, non celui qui nous fr\u00f4le, nous heurte, nous intrigue, nous nargue, nous brutalise (et pas seulement au physique), nous bluffe de sa feinte certitude dont tout psychologue conna\u00eet l&rsquo;insondable incertitude: l&rsquo;<strong>autre sexe<\/strong>. Etre homosexuel c&rsquo;est rester dans <em>le m\u00eame<\/em>, vivre un mim\u00e9tisme d&rsquo;avec soi, jouer Narcisse insatisfait, avoir peur de l&rsquo;inconnu, cette peur qui parfois d\u00e9clenche toutes les audaces et les provocations jusqu&rsquo;\u00e0 dire que l&rsquo;inconnu se conna\u00eet lui-m\u00eame, que non-\u00eatre est, que la personne est un leurre, le Moi une chim\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis Freud, la tendance \u00e0 le nier ce moi s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re, se concr\u00e9tise, si on en juge par les d\u00e9bats qui se nouent sur tel ou tel support \u00e0 pr\u00e9tention scientifique, mais surtout, ceux qui se sont nou\u00e9s dans les parlements nationaux, d&rsquo;Espagne, de Hollande, d&rsquo;Angleterre, d&rsquo;Argentine. Etre homo \u00e9tait une tentation, une aventure, une folie, c&rsquo;est depuis peu un <strong>droit<\/strong> que les h\u00e9t\u00e9ros devraient bien se garder de contester car  si elle ne le fait pas encore , la Cour Europ\u00e9enne veille ou ne tardera pas \u00e0 le faire. Apr\u00e8s un si\u00e8cle d&rsquo;\u00ab avanc\u00e9es \u00bb psychologiques nous ne savons toujours pas :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t1. ce qu&rsquo;est le Moi humain (le <em>sur-moi<\/em> est un concept flou),<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t2. comment il se manifeste dans la relation sexu\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mariage homosexuel, vu sous cet angle, appara\u00eet alors comme un gentil divertissement, la preuve et d&rsquo;une carence des nos curs et du <em>complot<\/em> inconscient qui agit dans le monde pour le d\u00e9truire et faire des humains les zombis dont r\u00eavent les mondialistes style Jacques Attali qui appartiennent au <em>genre<\/em> financier-criminel international et non pas au <em>sapiens sapiens<\/em>. Quand l&rsquo;homme ne saura plus ce qu&rsquo;est son Moi, plus ce qu&rsquo;est la diff\u00e9rence de sexes, ne se r\u00e9jouira plus de la nuit \u00e9toil\u00e9e qui nous repose du soleil \u00e9clatant mais dira que c&rsquo;est pareil, le monde sera pr\u00eat pour la guerre de tous les imb\u00e9ciles contre tous les autres. Et ceux qui auront organis\u00e9 ce conflit l&rsquo;observeront de la fen\u00eatre de leurs r\u00e9sidences surveill\u00e9es par des vigiles arm\u00e9s. La v\u00e9rit\u00e9 du po\u00e8te sera oubli\u00e9e sauf pour les r\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;ile de la r\u00e9union qui dissoudront et concentreront \u00e0 loisir leurs moi complices. Leur monde alors \u00ab sera r\u00e9duit en un seul bois noir pour nos quatre yeux \u00e9tonn\u00e9s, en une maison musicale pour notre claire sympathie \u00bb. (Rimbaud, Illuminations.)<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Marc G\u00e9belin<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Moi et la confusion des sexes De la concentration \u00e0 la dissolution du moi, tout est l\u00e0. Qui est ce moi dont parle Baudelaire, celui de Freud ? Comment on s&rsquo;y prend pour concentrer et dissoudre, \u00eatre \u00ab solve et coagula \u00bb? Juste apr\u00e8s lui, Rimbaud parle d&rsquo;un moi qui est un autre. 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