{"id":74990,"date":"2013-05-19T16:09:03","date_gmt":"2013-05-19T16:09:03","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/19\/chronique-du-19-courant-journaliste-lui\/"},"modified":"2013-05-19T16:09:03","modified_gmt":"2013-05-19T16:09:03","slug":"chronique-du-19-courant-journaliste-lui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/19\/chronique-du-19-courant-journaliste-lui\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant\u2026 Journaliste, lui ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Chronique du 19 courant Journaliste, lui ? <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 mai 2013&#8230; Les comp\u00e8res de la tr\u00e8s grande agence de presse Associated Press (AP) sont, nous dit-on, absolument <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-temp_te_sur_le_premier_amendement_16_05_2013.html\" class=\"gen\">furieux<\/a>,  et \u00e9ventuellement terroris\u00e9s, qui sait&#8230; Comp\u00e8res, ai-je \u00e9crit, et pourquoi pas confr\u00e8res ? L\u00e0 est la question qui me vient naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit, pour ouvrir une r\u00e9flexion sur la fonction de celui qu&rsquo;on nomme journaliste. Cette question implique, dans mon propre chef et comme on le devine peut-\u00eatre, une hostilit\u00e9 qui m&rsquo;est devenue naturelle pour le terme de journaliste, pour ce qu&rsquo;il recouvre, etc. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes consultations tr\u00e8s superficielles des termes <a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/journaliste\" class=\"gen\">journalistes<\/a> et <a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/journal\" class=\"gen\">journal<\/a> (Wikitionary fait l&rsquo;affaire) rencontrent et nourrissent cette hostilit\u00e9, et me confortent dans ce choix fait au bout du compte, il y autour de quinze ans, sans vraiment d\u00e9lib\u00e9rer ni en avoir conscience, par nature dirais-je&#8230; Ce choix fut de tourner le dos r\u00e9solument \u00e0 cette fonction de journaliste telle que je l&rsquo;avais approch\u00e9e, la pratiquant par n\u00e9cessit\u00e9 sans y \u00eatre jamais totalement acquis ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, cette exploration superficielle et contrainte de l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, du quotidien qui passe, qui fait qu&rsquo;on passe de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un sujet \u00e0 l&rsquo;autre ou d&rsquo;un ragot \u00e0 l&rsquo;autre, bient\u00f4t d&rsquo;une consigne-Syst\u00e8me l&rsquo;autre, entra\u00een\u00e9 sans pouvoir demander son reste. Je ne m\u00e9prise nullement le quotidien ni les \u00e9v\u00e9nements du temps pr\u00e9sent, comme en t\u00e9moigne <em>dedefensa.org<\/em>, mais mon int\u00e9r\u00eat est \u00e0 mesure de la disposition de l&rsquo;ampleur de vue et de l&rsquo;inspiration n\u00e9cessaires pour traiter de la chose en repoussant les pressions qui y encha\u00eenent le journaliste, pour imposer mes propre r\u00e9f\u00e9rence et ma fa\u00e7on. Le journaliste courant a tant de mal \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;emprisonnement du quotidien ; pour lui, le risque constant est que le quotidien devienne tr\u00e8s vite quelque chose qui est sans pass\u00e9 et que ne pr\u00e9occupe nul avenir, quelque chose qui est sans responsabilit\u00e9, qui est contraint dans un espace temporel \u00e9triqu\u00e9 et press\u00e9, avec son identit\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 mesure. Le journaliste n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement un mauvais bougre mais il est court&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans l&rsquo;article <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-temp_te_sur_le_premier_amendement_16_05_2013.html\" class=\"gen\">16 mai 2013<\/a> sur ce site, on consacre un passage substantiel \u00e0 une approche de cette activit\u00e9 de journaliste. C&rsquo;est une approche de l&rsquo;aspect tr\u00e8s am\u00e9ricaniste de la fonction, mais l&rsquo;on comprendra que cette am\u00e9ricanisation a touch\u00e9 la fonction de journaliste d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et d&rsquo;une fa\u00e7on irr\u00e9sistible, comme le reste et encore plus que le reste ; ainsi, c&rsquo;est faire une description de la fonction de journaliste en g\u00e9n\u00e9ral. Je cite le passage, et l&rsquo;on peut le relire ou passer, selon ce qu&rsquo;on en a&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La m\u00e9thode, ou la m\u00e9thodologie, du journalisme US, c&rsquo;est l&rsquo;appel aux sources. Cette m\u00e9thode en th\u00e9orie vertueuse est absolument n\u00e9cessaire, \u00e0 cause de la structure du pouvoir am\u00e9ricaniste qui est totalement anti-r\u00e9galienne ; il n&rsquo;existe donc aucun concept d&rsquo;une sorte de v\u00e9rit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence (ou de v\u00e9rit\u00e9 historique, ou de v\u00e9rit\u00e9 intuitive) qui soit acceptable puisqu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune vertu r\u00e9galienne du service de l&rsquo;Etat, puisque la notion d&rsquo;\u00c9tat au sens tr\u00e8s fran\u00e7ais du terme n&rsquo;existe pas. (On retrouve dans cette compl\u00e8te contradiction autour du fait r\u00e9galien entre les conceptions fran\u00e7aises et les conceptions am\u00e9ricanistes, les m\u00eames contradictions qu&rsquo;entre le terme d\u00e9nonciateur fran\u00e7ais et le terme anglo-am\u00e9ricain de whistleblower.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Pour le journaliste, am\u00e9ricain comme am\u00e9ricaniste, la v\u00e9rit\u00e9 doit \u00eatre recherch\u00e9e par cons\u00e9quent par l&rsquo;enqu\u00eate individuelle contre le gouvernement et toutes les formes de pouvoir \u00e9tabli, au fond selon les normes individualistes caract\u00e9risant ce syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme et le Syst\u00e8me lui-m\u00eame&#8230; R\u00e9p\u00e9tons-le, tout cela est pure th\u00e9orie, sinon narrative du contraire de la v\u00e9rit\u00e9 de situation ; la presse-Syst\u00e8me a toujours, par d\u00e9finition, suivi le Syst\u00e8me, et aujourd&rsquo;hui plus que jamais, et par cons\u00e9quent la v\u00e9rit\u00e9 officielle qu&rsquo;on devrait baptiser v\u00e9rit\u00e9-Syst\u00e8me, et sa r\u00e9v\u00e9rence devant les pouvoirs \u00e9tablis dont le gouvernement est constante. Mais il importe qu&rsquo;elle le suive par ses sources,  y compris celles qu&rsquo;on invente \u00e9ventuellement,  qui assurent la fiction de la vertu journalistique. En attaquant les whistleblowers, le gouvernement ne peut \u00e9viter d&rsquo;attaque le principe m\u00eame des sources, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il attaque volens nolens la vertu d&rsquo;apparence du journalisme qui le sert si grandement, puisque cette vertu adoube d&rsquo;une sympathique v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;apparence la narrative officielle que d\u00e9veloppe la presse-Syst\u00e8me.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDurant les deux ou trois premi\u00e8res d\u00e9cennies o\u00f9 j&rsquo;ai exerc\u00e9 ce m\u00e9tier fort incertain,  d\u00e9j\u00e0 avec de la r\u00e9ticence \u00e0 le nommer journalisme mais alors pris dans ses rets,  j&rsquo;ai du suivre cette m\u00e9thode du journalisme am\u00e9ricaniste. Le monde de l&rsquo;information \u00e9tait en transition, entre la m\u00e9thodologie originelle o\u00f9 le temps long permis par le degr\u00e9 de d\u00e9veloppement et de r\u00e9alisation des choses laissait toute sa place \u00e0 l&rsquo;analyse, au commentaire, \u00e0 la r\u00e9flexion profonde, et la p\u00e9riode actuelle dont je parlerai plus loin. L&rsquo;am\u00e9ricanisation du genre, qui impliquait une acc\u00e9l\u00e9ration d\u00e9structurante du temps, avait transform\u00e9 le commentaire et la r\u00e9flexion au profit de la communication de l&rsquo;information. Les moyens d&rsquo;information et de communication \u00e9taient encore trop rudimentaires pour que l&rsquo;on puisse effectivement se passer des sources lorsqu&rsquo;il fallait entrer s\u00e9rieusement dans un domaine et dans un sujet. Les relations avec les sources, qui \u00e9taient le plus souvent des officiels, des membres de diverses hi\u00e9rarchies de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e9taient incertaines et un peu douteuses. Il \u00e9tait difficile de ne pas se trouver, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, dans une position de complicit\u00e9 ou de comp\u00e9tition psychologique o\u00f9 la source, qui d\u00e9tenait le savoir temporaire, risquait de devenir inspiratrice, influenceuse voire manipulatrice involontaire ou non, alors que la source elle-m\u00eame subissait de telles influences, d&rsquo;une autre fa\u00e7on, de la part de son interlocuteur qui d\u00e9tenait le moyen de la diffusion du savoir temporaire. Il \u00e9tait tr\u00e8s difficile de ne pas subir les effets de telles relations, qui \u00e9taient n\u00e9cessairement r\u00e9ducteurs, alors que le savoir qui \u00e9tait en jeu, qualifi\u00e9 effectivement de temporaire, \u00e9tait lui-m\u00eame d\u00e9j\u00e0 concentr\u00e9 sur des sujets tr\u00e8s limit\u00e9s et sur un temps \u00e0 mesure, et par cons\u00e9quent d&rsquo;une in\u00e9vitable pauvret\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuis tout changea, quelque part dans les ann\u00e9es 1990. La situation de la guerre du Kosovo de 1999 participait d&rsquo;un monde compl\u00e8tement nouveau, sans rapport avec celui o\u00f9 se situait la guerre du Golfe de 1990-91. (On trouve quelques traces de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, sur le site, par exemple le <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_samizdat_globalis__10_07_1999.html\" class=\"gen\">10 juillet 1999<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_premi_re_guerre_virtualiste_10_09_1999.html\" class=\"gen\">10 septembre 1999<\/a>.) C&rsquo;est alors que je commen\u00e7ai \u00e0 me p\u00e9n\u00e9trer de ce fait que le terme journalisme \u00e9tait inappropri\u00e9 pour d\u00e9signer mon m\u00e9tier, et qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d\u00e9sormais d&rsquo;une passion qui deviendrait une Passion, et beaucoup plus celle d&rsquo;un observateur critique et d&rsquo;un chroniqueur d&rsquo;une r\u00e9sistance au flux qui nous emportait,  et encore, observateur et chroniqueur qui se r\u00e9f\u00e8re de plus en plus \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9ciation m\u00e9tahistorique du temps pr\u00e9sent qu&rsquo;il ne c\u00e8de aux pressions souvent int\u00e9ress\u00e9es des \u00e9v\u00e9nements qui s&rsquo;y bousculent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe de ce grand chambardement silencieux, on le conna\u00eet : le temps avait encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, et l&rsquo;am\u00e9ricanisation avec lui, et l&rsquo;hyper-modernit\u00e9 avait accouch\u00e9 d&rsquo;un \u00e9norme outil qui allait permettre de retourner contre elle toute sa surpuissance. L&rsquo;internet est cet outil, bien entendu ; proprement mani\u00e9, il constitue le moyen le plus radical qu&rsquo;on puisse concevoir pour la sorte de r\u00e9sistance que n\u00e9cessite cette \u00e9poque o\u00f9 nous sommes entr\u00e9s. D\u00e9sormais, je me passerais des sources en g\u00e9n\u00e9ral (1), et les seules que je conserverais seraient celles qui \u00e9taient devenues des amis, avec lesquels je dialoguais et chroniquais, beaucoup plus que je ne m&rsquo;informais. C&rsquo;est alors, certainement, que cette id\u00e9e p\u00e9n\u00e9tra inconsciemment ma psychologie, que la surpuissance de l&rsquo;hyper-modernit\u00e9 qui avait totalement achev\u00e9 sa mue en un syst\u00e8me qui deviendrait le Syst\u00e8me, d\u00e9bouchait n\u00e9cessairement sur la production d&rsquo;un processus d&rsquo;autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;apparition de l&rsquo;internet est un paradoxe certes, et l&rsquo;outil-paradoxe lui-m\u00eame suscite autant de paradoxes qu&rsquo;il suscite de situations nouvelles. Cet outil nous a fait entrer dans une nouvelle \u00e9poque, ou plut\u00f4t dirais-je qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9 ce que je consid\u00e8re comme une \u00e9poque compl\u00e8tement diff\u00e9rente, une \u00e9poque rupturielle pour l&rsquo;esprit de la chose, qui est au-del\u00e0 de toute possibilit\u00e9 envisag\u00e9e auparavant, pour la technique, pour le mat\u00e9riel, mais aussi pour la psychologie, voire pour la pens\u00e9e la plus haute et pour l&rsquo;accueil fait par cette pens\u00e9e \u00e0 l&rsquo;intuition haute. Quel paradoxe plus grand, le paradoxe des paradoxes si l&rsquo;on veut, qu&rsquo;un outil qui est n\u00e9cessairement bas puisqu&rsquo;il n&rsquo;est qu&rsquo;outil et cr\u00e9ation lui-m\u00eame de ce que j&rsquo;estime comme \u00e9tant l&rsquo;\u00e9poque la plus basse dans le champ de la m\u00e9tahistoire,  <em>dito<\/em>, l&rsquo;hyper-modernit\u00e9,  accouche d&rsquo;une situation qui donne toutes les clefs pour s&rsquo;en lib\u00e9rer, pour se retourner contre elle, et surtout pour <strong>se hausser<\/strong> et lui opposer r\u00e9sistance et r\u00e9solution farouches ? Dans les conditions terrestres et purement mat\u00e9rielles qui nous \u00e9taient et qui nous sont impos\u00e9es, et qui, laiss\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, emprisonnent le jugement dans le seul champ terrestre de la mati\u00e8re, l&rsquo;outil-paradoxe permet d&rsquo;acqu\u00e9rir et d&rsquo;exercer une autonomie et une ind\u00e9pendance totales du jugement, et m\u00eame il y invite comme l&rsquo;on fait d&rsquo;une d\u00e9marche devenue absolument naturelle. Qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas, ici : cela n&rsquo;est pas un chant \u00e0 la gloire d&rsquo;internet, qui reste ce qu&rsquo;il est dans sa substance, mais le constat d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9passe l&rsquo;internet. Cette substance informe et sans essence qu&rsquo;est n\u00e9cessairement internet dans sa conception, acquiert une essence lib\u00e9ratrice selon l&rsquo;usage qu&rsquo;on en fait. Ce constat, que je consid\u00e8re selon mon exp\u00e9rience comme irr\u00e9fragable, doit nourrir des m\u00e9ditations vertigineuses ; l&rsquo;outil-paradoxe l&rsquo;est peut-\u00eatre deux fois, par rapport au but qu&rsquo;on lui avait donn\u00e9 initialement et par rapport au but final qui pourrait \u00eatre atteint gr\u00e2ce \u00e0 son usage d\u00e9voy\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour ce m\u00e9tier que j&rsquo;exerce et qui n&rsquo;en est plus un d\u00e9sormais, puisque l&rsquo;on parle d&rsquo;une Passion, et qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une mission \u00e0 conduire, d&rsquo;un cadre nouveau d&rsquo;activit\u00e9s dont la force devient \u00e9tonnante d&rsquo;intensit\u00e9, ces conditions nouvelles signifient l&rsquo;abandon complet de l&rsquo;individualisme d\u00e9structurant qu&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 le journalisme am\u00e9ricaniste tel qu&rsquo;il \u00e9tait pratiqu\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et tel qu&rsquo;il reste pratiqu\u00e9 dans la presse-Syst\u00e8me. L&rsquo;internet donnant acc\u00e8s \u00e0 tout, sans les sources et en d\u00e9pit des sources, l&rsquo;essentiel est de ne pas s&rsquo;y noyer, donc d&rsquo;acqu\u00e9rir et d&rsquo;utiliser une exp\u00e9rience impitoyablement s\u00e9lective et raisonnablement audacieuse dans le choix de ses acc\u00e8s et de ses r\u00e9f\u00e9rences. Il permet un complet retrait d&rsquo;un monde dont la proximit\u00e9 vous communique sa perversit\u00e9 corruptrice telle que le Syst\u00e8me la manipule, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du Mal lorsqu&rsquo;on s&rsquo;en approche trop, pour mieux le contempler, ce monde, hors de lui-m\u00eame, pour le juger et le jauger \u00e0 l&rsquo;aune qu&rsquo;on en per\u00e7oit. La chose, l&rsquo;internet, permet, parmi la production de paradoxes qu&rsquo;elle entra\u00eene, celui qu&rsquo;un repli sur soi \u00e9quivaut \u00e0 une lib\u00e9ration de soi et \u00e0 une ouverture de soi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi suis-je entr\u00e9 dans nouvelle vie professionnelle qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre une nouvelle vie tout court. Un m\u00e9tier exerc\u00e9 sans aucun doute passionn\u00e9ment s&rsquo;est transmut\u00e9, est devenu une passion et une Passion avec une mission, englobant l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 d&rsquo;une vie et devenant cette vie m\u00eame, bien qu&rsquo;elle f\u00fbt sur le point d&rsquo;entrer dans son hiver mais comme si l&rsquo;hiver pouvait malgr\u00e9 tout dissimuler un renouveau.  Effectivement, tout a chang\u00e9 dans ce bouleversement que j&rsquo;ai v\u00e9cu avant de l&rsquo;identifier, jusqu&rsquo;\u00e0 prendre sa mesure extraordinaire comme je le fais pr\u00e9sentement. D\u00e9sormais, les sources dans cette fa\u00e7on que j&rsquo;ai d\u00e9crite et selon ce qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent dans ce cas m&rsquo;indiff\u00e8rent absolument ; c&rsquo;est simple, vous me proposeriez de rencontrer, <em>off the record<\/em>, un ministre d&rsquo;une de nos contr\u00e9es BAO que je ne trouverais pas le temps pour le faire parce que le temps qui me reste doit \u00eatre utilis\u00e9 utilement, et qu&rsquo;il est donc temps venu d&rsquo;\u00eatre s\u00e9rieux&#8230; Je n&rsquo;ai plus rien, dans ma d\u00e9marche, d&rsquo;un policier ou d&rsquo;un enqu\u00eateur, \u00e9ventuellement d&rsquo;un id\u00e9ologue-inquisiteur, comme ceux que les journalistes professionnels se plaisent souvent \u00e0 singer sans s&rsquo;en aviser. (Je ne les en bl\u00e2me pas dans le principe, sauf pour l&rsquo;id\u00e9ologue, mais ce n&rsquo;est plus la m\u00eame boutique.) Le FBI peut mettre <em>dedefensa.org<\/em> sur \u00e9coute si cela lui chante, il n&rsquo;obtiendra jamais la moindre indication de quelque importance pour ses manigances. (Cela risque d&rsquo;ailleurs de l&rsquo;affoler compl\u00e8tement, et de d\u00e9clencher une temp\u00eate int\u00e9rieure consid\u00e9rable, ce qui est extr\u00eamement plaisant, et un acquis de plus de notre r\u00e9volution.) Rien n&rsquo;est cach\u00e9, tout se trouve sur le site et se lit \u00e0 livre ouvert, plus ou moins facilement selon le texte, l&rsquo;humeur et le sujet, sans n\u00e9cessit\u00e9 de contact dissimul\u00e9 avec quelque source myst\u00e9rieuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour cette raison, l&rsquo;affaire FBI\/AP m&rsquo;a paru compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9e et, dans tous les cas, compl\u00e8tement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 moi-m\u00eame &#8230; Qu&rsquo;on en fasse un scandale, fort bien puisque cela \u00e9branle un peu plus cette charpente pourrie et mang\u00e9e par les termites du Syst\u00e8me ; qu&rsquo;on examine les attitudes, les murs et les psychologies pour mesurer \u00e9galement l&rsquo;ampleur que prendrait le dit-scandale, fort bien tout cela ; mais ce n&rsquo;est pas mon int\u00e9r\u00eat professionnel ni mon domaine qui sont concern\u00e9s. (Ce n&rsquo;est certes pas pour rien que la victime, AP, est aussi l&rsquo;un des plus \u00e9minents collaborateurs du Syst\u00e8me,  autodestruction \u00e0 plein r\u00e9gime, bien entendu et parfaitement, mais effectivement loin de mes activit\u00e9s.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour revenir au principal en finissant avec l&rsquo;essentiel, en traduisant ce que j&rsquo;ai dit plus haut dans les termes de ce jargon g\u00e9n\u00e9ral de <em>dedefensa.org<\/em> qui permet de mieux d\u00e9velopper les conceptions qui parcourent ce site et l&rsquo;animent, je dirais encore l&rsquo;int\u00e9r\u00eat prodigieux que je trouve dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne principal de l&rsquo;hyper-modernit\u00e9, du Syst\u00e8me accouchant l&rsquo;internet. Le Syst\u00e8me qui pr\u00e9tend tout englober en-dedans de lui-m\u00eame, enfermer tout cela dans un herm\u00e9tisme de fer, donne ainsi le moyen de s&rsquo;extraire de lui-m\u00eame et de pouvoir le jauger et le juger pour ce qu&rsquo;il est, du dehors de lui. Mieux encore, et pire pour lui-m\u00eame, il nous donne un moyen, un outil-paradoxe qui, s&rsquo;il est bien utilis\u00e9, permet pour soi-m\u00eame de retrouver cette ouverture sublime de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_l_inconnaissance_du_systeme_13_07_2011.html\" class=\"gen\">inconnaissance<\/a> (voir aussi cette chronique au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_le_grand_ge_19_04_2013.html\" class=\"gen\">19 avril 2013<\/a>), faisant ainsi de son \u00e9chappatoire de lui-m\u00eame une occasion grandiose d&rsquo;initier sa pens\u00e9e aux vertus les plus hautes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe Syst\u00e8me-l\u00e0 est au terme, certes sur le point de rencontrer son destin catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Philippe Grasset<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p>(1) L&rsquo;on observera aussit\u00f4t, si l&rsquo;on a le cuir sensible, que <em>dedefensa.org<\/em> utilise parfois de cette sorte d&rsquo;expressions de nos sources, ou des sources&#8230;, etc. C&rsquo;est justement le cas mentionn\u00e9 dans les mots qui suivent, et le langage ne doit pas tromper une seconde.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant Journaliste, lui ? 19 mai 2013&#8230; Les comp\u00e8res de la tr\u00e8s grande agence de presse Associated Press (AP) sont, nous dit-on, absolument furieux, et \u00e9ventuellement terroris\u00e9s, qui sait&#8230; Comp\u00e8res, ai-je \u00e9crit, et pourquoi pas confr\u00e8res ? L\u00e0 est la question qui me vient naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit, pour ouvrir une r\u00e9flexion sur&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[5149,4270,2838,60,3085,7065,12164,12165,2879,3471,11131],"class_list":["post-74990","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archivesphg","tag-ap","tag-autodestruction","tag-fbi","tag-internet","tag-kosovo","tag-mission","tag-outil","tag-outil-paradoxe","tag-revolution","tag-scandale","tag-surpuissance"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74990","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74990"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74990\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}