{"id":75000,"date":"2013-05-23T11:54:21","date_gmt":"2013-05-23T11:54:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/23\/une-epoque-sans-victoire-sans-issue-sans-rien\/"},"modified":"2013-05-23T11:54:21","modified_gmt":"2013-05-23T11:54:21","slug":"une-epoque-sans-victoire-sans-issue-sans-rien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/23\/une-epoque-sans-victoire-sans-issue-sans-rien\/","title":{"rendered":"Une \u00e9poque sans victoire, sans issue, sans rien&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Une \u00e9poque sans victoire, sans issue, sans rien&#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>23 mai 2013 &ndash; Nous parlions il y a quelques jours (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_usa_et_la_syrie_n_phase_d_pressive_11_05_2013.html\">11 mai 2013<\/a>) d&rsquo;une \u00ab\u00a0phase d\u00e9pressive\u00a0\u00bb pour les USA vis-\u00e0-vis de la Syrie. Nous aurions pu \u00e9crire : \u00ab\u00a0pour le bloc BAO\u00a0\u00bb, ou, d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, pour toutes les agitations, manigances et man&oelig;uvres qui, depuis l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2011, caract\u00e9risent la situation de la crise syrienne. Nous aurions pu faire encore plus tranchant et simplement constater une \u00ab\u00a0phase d\u00e9pressive\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9rale, qui n&rsquo;\u00e9pargne personne. <strong>M\u00eame<\/strong> les Russes, qui s&rsquo;annoncent comme les grands vainqueurs de cette \u00e9preuve syrienne parce qu&rsquo;ils tiennent sur des principes, <strong>m\u00eame<\/strong> s&rsquo;ils sortaient renforc\u00e9s dans la situation g\u00e9n\u00e9rale du Moyen-Orient, comme nous commencions \u00e0 le constater le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_russes_vent_arri_re_14_05_2013.html\">14 mai 2013<\/a>, <strong>m\u00eame<\/strong> les Russes ne \u00ab\u00a0gagnent\u00a0\u00bb rien parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9poque sans victoire\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9poque sans issue\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous traversons une p\u00e9riode singuli\u00e8re, faite \u00e0 la fois des restes des fureurs et des emportements des <em>narrative<\/em> du bloc BAO, et des amertumes de plus en plus pr\u00e9gnantes du constat des illusions perdues et des ambitions d\u00e9\u00e7ues, &ndash; d&rsquo;ailleurs comme si les unes et les autres, \u00ab\u00a0illusions\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0ambitions\u00a0\u00bb, se confondaient, les ambitions n&rsquo;\u00e9tant rien d&rsquo;autre que de pi\u00e8tres illusions. Les marques de l&rsquo;amertume qui nous envahit sont celles des catastrophes en cours, qui composent la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, et qui se signalent partout, &ndash; en Syrie certes, mais ailleurs aussi bien, dans une cha&icirc;ne ininterrompue, dans un contexte impeccablement plaqu\u00e9 sur une <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\">infrastructure crisique<\/a> qui nous tient dans ses griffes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous ne disons pas qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un Moment <strong>d\u00e9finitif et donc d\u00e9cisif<\/strong> ; il l&rsquo;est peut-\u00eatre, il ne l&rsquo;est peut-\u00eatre pas&#8230; Nous disons que, dans tous les cas et s&rsquo;il est effectif comme nous le croyons, c&rsquo;est un moment significatif, qu&rsquo;il soit ou non <strong>d\u00e9finitif et donc d\u00e9cisif<\/strong>. Nous \u00e9voquions ce Moment dans notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_tristes_records_de_dedefensaorg_22_05_2013.html\">22 mai 2013<\/a>, pourtant sur un tout autre sujet : &laquo;<em>Ce sentiment d&rsquo;un changement de \u00ab\u00a0tonalit\u00e9\u00a0\u00bb de la crise ne concerne pas seulement le corps de ce message, il implique un jugement g\u00e9n\u00e9ral de notre part et il devrait faire l&rsquo;objet de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre texte \u00e0 cet \u00e9gard, sur ce site. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;observation que notre \u00ab\u00a0crise d&rsquo;effondrement\u00a0\u00bb, crise g\u00e9n\u00e9rale par d\u00e9finition, est effectivement entr\u00e9e dans une phase nouvelle, non pas sp\u00e9cifiquement d&rsquo;elle-m\u00eame mais dans la perception que nous en avons. (Le rapport entre les deux, rythme de la crise et notre perception, n&rsquo;est pas direct ni proportionn\u00e9 parce que la dynamique de la premi\u00e8re est constante mais dissimul\u00e9e [les termites] et que la seconde n&rsquo;y r\u00e9agit que par saccades.) Nous pensons que les psychologies, la psychologie collective touch\u00e9e par les effets des \u00e9v\u00e9nements et les impressions des grands courants m\u00e9tahistoriques, et par cons\u00e9quent les psychologies individuelles qui en recueillent elles-m\u00eames les effets secondaires par le biais du collectif, ont incub\u00e9 un fait nouveau. Il s&rsquo;agit bien entendu d&rsquo;un \u00ab\u00a0fait\u00a0\u00bb m\u00e9ritant des guillemets par rapport au sens commun subverti par le Syst\u00e8me et qui lui est hostile, puisque fait non exprim\u00e9 consciemment, et encore moins r\u00e9pandu dans le syst\u00e8me de la communication o&ugrave; les forces du Syst\u00e8me ont leurs positions et leurs diktat. Il s&rsquo;agit, \u00e0 notre estime qui est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;intuitif, du fait de l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de cette crise&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est un de ces moments o&ugrave; nous pouvons mesurer, toucher du doigt, physiquement sentir ce que cette crise a d&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable, et donc cet \u00e9v\u00e9nement eschatologique dont nul vainqueur ne peut \u00e9merger, dont nulle issue ne peut \u00eatre con\u00e7ue par la raison seule et d&rsquo;ailleurs <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\">discr\u00e9dit\u00e9e<\/a> par sa subversion par rapport au Syst\u00e8me, et cet \u00e9v\u00e9nement nous confrontant \u00e0 notre destin. C&rsquo;est, litt\u00e9ralement, un \u00ab\u00a0Moment eschatologique\u00a0\u00bb, o&ugrave; l&rsquo;id\u00e9e terrible s&rsquo;inscrit brutalement dans nos psychologies qu&rsquo;il nous faut attendre ce que le sort, ou la Providence, va d\u00e9cider, &ndash; et certains esprits acceptant cette confidence de perception de leurs psychologies, les autres (la plupart) la refusant ou la r\u00e9futant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous relevons plusieurs signes physiques et politiques, mat\u00e9riels et conceptuels, qui marquent selon notre perception cette amertume. Tout se passe comme si les \u00e9v\u00e9nements eux-m\u00eames avaient d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;orienter d&rsquo;eux-m\u00eames de telle fa\u00e7on qu&rsquo;il ne puisse y avoir, dans notre psychologie et dans notre \u00e2me, rien d&rsquo;autre que ce go&ucirc;t acre de l&rsquo;amertume. Nous sommes litt\u00e9ralement <strong>eschatologis\u00e9s<\/strong>, dans tous les sens, mais \u00e9galement et pr\u00e9cis\u00e9ment pour accorder croyances et non-croyances, dans le sens le plus concret du cours des \u00e9v\u00e9nements terrestres. C&rsquo;est comme nous l&rsquo;\u00e9crivions le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hamlet_en_campagne_14_05_2008.html\">14 mai 2008<\/a> d\u00e9j\u00e0 : &laquo;[N]<em>ous voulons dire, si nous nous r\u00e9f\u00e9rons \u00e0 cette d\u00e9finition pratique et concr\u00e8te, et excellente en tous points, que donne Roger Garaudy de l&rsquo;eschatologie (\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9finition th\u00e9orique : \u00ab\u00a0Etude des fin derni\u00e8res de l&rsquo;homme et du monde\u00a0\u00bb): \u00ab\u00a0L&rsquo;eschatologie ne consiste pas \u00e0 dire: voil\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;on va aboutir, mais \u00e0 dire: demain peut \u00eatre diff\u00e9rent, c&rsquo;est-\u00e0-dire: tout ne peut pas \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 ce qui existe aujourd&rsquo;hui.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo; Veut-on une revue de d\u00e9tail ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Aux USA, \u00e0 Washington, on conna&icirc;t l&rsquo;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du syst\u00e8me. On voit \u00e9galement que des formes plus agressives de crises se d\u00e9veloppent (<em>Scandalgate<\/em>, dont l&rsquo;affaire FBI\/AP, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-temp_te_sur_le_premier_amendement_16_05_2013.html\">16 mai 2013<\/a>), qui fragilisent consid\u00e9rablement la position du pr\u00e9sident. Alors que son second mandat vient \u00e0 peine de commencer, l&rsquo;autorit\u00e9 et l&rsquo;influence d&rsquo;Obama sont en train de s&rsquo;affaiblir, d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9sormais classique et du type-entropique mais pas plus lente pour autant, \u00e0 partir d&rsquo;une situation crisique du pouvoir \u00e0 Washington d\u00e9j\u00e0 elle-m\u00eame catastrophique. L&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on nommerait Watergate-II, ou \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_watergatiser_scandalgate_gr_ce_benghazi__20_05_2013.html\">watergatisation<\/a>\u00a0\u00bb de <em>Scandalgate<\/em>, n&rsquo;est plus de la vaine sp\u00e9culation mais une possibilit\u00e9 bien r\u00e9elle. Bien entendu, tout cela se plaque sur la situation g\u00e9n\u00e9rale catastrophique des USA qu&rsquo;on conna&icirc;t, qui affecte tous les domaines constituant la structure d\u00e9sormais en voie de dissolution de cette puissance. Depuis au moins 2008, les tensions centrifuges \u00e0 caract\u00e8re d\u00e9structurant et dissolvant, rejoignant les probl\u00e8mes de l&rsquo;origine de ce projet am\u00e9ricaniste qui furent brutalement \u00e9cart\u00e9s, d&rsquo;abord par les l\u00e9gislateurs de la Constitution puis par les canons du g\u00e9n\u00e9ral Grant, se manifestent par toutes les issues possibles, de la haine du \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb washingtonien \u00e0 la question de la vente libre des armes. Les crises conjoncturelles de l&rsquo;ensemble am\u00e9ricaniste se concentrent dans cette structure crisique structurelle de la d\u00e9sunion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; En Europe, le ph\u00e9nom\u00e8ne crisique est \u00e9galement g\u00e9n\u00e9ral et touche tous les domaines possibles, dans toutes les dimensions possibles, y compris au niveau des composants du concept ; de la question de la souverainet\u00e9 et de l&rsquo;identit\u00e9 des nations devenant des r\u00e9f\u00e9rences inexistantes engendrant des angoisses et des souffrances intol\u00e9rables pour les peuples ; de la question de la paralysie et de l&rsquo;impuissance bureaucratique grandissante des institutions \u00e0 pr\u00e9tention supranationale et qui semblent se <strong>contracter<\/strong> en des non-actes significatifs \u00e0 mesure que cette affirmation est de plus en plus proclam\u00e9e. Les crises conjoncturelles (l&rsquo;euro et la finance, les crises sociales et soci\u00e9tales, la crise diplomatique illustr\u00e9 par la Syrie et par l&rsquo;Iran, les crises culturelles et identitaires) se d\u00e9veloppent et s&rsquo;additionnent sans qu&rsquo;aucune solution pour aucune d&rsquo;entre elles ne puisse \u00eatre envisag\u00e9e, et se connectent directement sur des processus d&rsquo;effondrement structurels en une infrastructure crisique proprement europ\u00e9enne qui semble bien \u00eatre la seule cr\u00e9ation solide du processus europ\u00e9en. L&rsquo;Europe n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9sente et \u00e9touffante et aussi profond\u00e9ment plong\u00e9e dans l&rsquo;impuissance et dans le rejet des populations. C&rsquo;est toute une civilisation et toute une psychologie qui se trouvent plong\u00e9es dans l&rsquo;ab&icirc;me de la d\u00e9pression. La seule solution en vue pour les dirigeants-Syst\u00e8me, qui font partie d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration-zombie\u00a0\u00bb d&rsquo;une manufacture incontestablement europ\u00e9enne, est n\u00e9cessairement \u00ab\u00a0toujours plus d&rsquo;Europe\u00a0\u00bb. (Pour une r\u00e9f\u00e9rence raisonnable mais sans aucune illusion sur cette crise, voir William Pfaff sur son site, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=627\">16 mai 2013<\/a> : &laquo;<em>It is not simply the Eurozone, composed of the 17 European states that have the euro as currency, that is threatened&#8230; <\/em>[&#8230;] <em>Now it is the European Union itself that is in danger&#8230;<\/em>&raquo; On peut \u00e9galement consulter l&rsquo;article pr\u00e9sent\u00e9 en <em>Ouverture libre<\/em>, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_et_le_d_go_t_du_citoyen__21_05_2013.html\">21 mai 2013<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Autour de ce bloc BAO, concepteur, moteur et ordonnateur de la civilisation, qui semble <strong>se contracter<\/strong> en une infrastructure crisique, <em>the Rest Of the World<\/em> (ROW nouvelle formule, d&rsquo;apr\u00e8s-2008) cherche \u00e0 comprendre une situation o&ugrave; on lui enjoint de suivre une conception g\u00e9n\u00e9rale maximaliste dont le r\u00e9sultat \u00e9vident et direct est d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer exponentiellement la course \u00e0 l&rsquo;effondrement. Lorsqu&rsquo;il songe \u00e0 une r\u00e9sistance, sinon \u00e0 une r\u00e9volte, ROW se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des structures en formation telles que BRICS ou OCS, mais sans r\u00e9elle conviction. Dans cet ensemble, la Russie domine conceptuellement par la puissance qualitative de sa d\u00e9marche ; d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on pourrait penser que la Russie sait bien qu&rsquo;elle a raison mais qu&rsquo;elle sait \u00e9galement que c&rsquo;est trop tard. Elle d\u00e9veloppe la diplomatie la plus intelligente du moment, avec un esprit ferme pour concevoir les fondements et les orientations de son ex\u00e9cution (Poutine) et le meilleur ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res de son temps, de tr\u00e8s loin, pour ex\u00e9cuter cette conception en la comprenant parfaitement (Lavrov), &ndash; l&rsquo;inspirateur de tout cela \u00e9tant simplement la pr\u00e9sence irr\u00e9fragable du fait national russe qui semble avoir gard\u00e9 quelque transcendance. Mais ce d\u00e9ploiement op\u00e9rationnel, qui vaut pour une situation classique o&ugrave; la raison non subvertie aurait encore sa place dans les relations internationales, n&rsquo;a aucune chance de modifier fondamentalement l&rsquo;irr\u00e9sistible courant d&rsquo;entropisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La Syrie est, pour l&rsquo;instant, le point de fusion central de ce que nous nommons <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_haute_ddecrisis_20_02_2012.html\">crise haute<\/a>, et c&rsquo;est l\u00e0 que se mesure la diff\u00e9rence abyssale entre la diplomatie russe et la pseudo-diplomatie du bloc BAO. Effectivement, les Russes <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_russes_vent_arri_re_14_05_2013.html\">dominent<\/a> la sc\u00e8ne mais, comme nous le constations plus haut et selon <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_syrie_ou_le_temps_suspendu_18_05_2013.html\">notre estimation<\/a>, &laquo;<em>Tout le brio des Russes ne peut rien sur l&rsquo;essentiel, parce que personne ne peut rien sur l&rsquo;essentiel.<\/em>&raquo; La Syrie est effectivement un tourbillon de d\u00e9sordre et de chocs divers, o&ugrave; chacun croit disposer d&rsquo;un plan s&ucirc;r pour \u00ab\u00a0la victoire\u00a0\u00bb et agit dans un sens qui ne peut qu&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le tourbillon. La m\u00e9connaissance des enjeux r\u00e9els, chez la plupart des acteurs, est litt\u00e9ralement stup\u00e9fiante. Une conversation \u00e0 b\u00e2tons rompus d&rsquo;une heure avec un ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res d&rsquo;un pays du bloc BAO, comme cela fut le cas tr\u00e8s r\u00e9cemment, laisse confondu sur le degr\u00e9 d&rsquo;ignorance de cette sorte de personnage (&laquo;<em>On a l&rsquo;impression de parler \u00e0 un idiot<\/em>&raquo;, dit, presque attendri, un participant actif de cette rencontre). En Syrie, \u00e0 cause des circonstances, des combinaisons de puissance du syst\u00e8me de la communication, des pressions diverses (dont celles, terrifiantes, du parti des salonnards), se trouve rassembl\u00e9e la sc\u00e8ne la plus expressive du naufrage intellectuel des directions politiques et des \u00e9lites-Syst\u00e8me de ce que nous nommons la \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Autour du monde globalis\u00e9 mais avec des effets jusqu&rsquo;au c&oelig;ur de lui-m\u00eame, les crises eschatologiques se poursuivent, que ce soit celle du simple d\u00e9sordre de nos politiques rendues n\u00e9cessairement absurdes par des influences insaisissables (<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-va-t-on_enfin_intervenir_en_libye__17_05_2013.html\">Libye<\/a>), que ce soit celle des effets effrayants du Syst\u00e8me sur la situation du monde (la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_climatique_s_installe_03_05_2013.html\">crise climatique<\/a> et tout ce qui va avec), voire \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame la crise permanente qu&rsquo;est le machinisme, transmut\u00e9 d\u00e9cisivement en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_machine_et_son_putsch_13_05_2013.html\">technologisme catastrophique<\/a>, et cette crise proche d&rsquo;arriver au point de rupture. Cela signifie que si, demain, par une sorte de miracle qu&rsquo;on arriverait malgr\u00e9 tout \u00e0 mettre \u00e0 l&rsquo;actif du Syst\u00e8me, tous les affrontements, les m\u00e9sententes, les coups fourr\u00e9s cessaient, remplac\u00e9s par une concorde universelle, nous nous trouverions tout de m\u00eame devant un empilement de crises eschatologiques sans issue ni solutions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Nous terminons <em>in extremis<\/em> (le <em>Guardian<\/em> de ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/film\/2013\/may\/22\/robert-redford-america-lost-way-cannes \">23 mai 2013<\/a>) par une observation qui semblera plus anecdotique, moins universelle disons, voire <em>people<\/em> si l&rsquo;on a l&rsquo;esprit mal tourn\u00e9, l&rsquo;esprit \u00ab\u00a0peuple-blingbling\u00a0\u00bb de cette \u00e9poque cr\u00e9pusculaire. Elle nous para&icirc;t significative, et pas moins fondamentale que les autres. Il s&rsquo;agit des remarque d&rsquo;un acteur-r\u00e9alisateur, qui fit et continue \u00e0 faire profession d&rsquo;avoir une pens\u00e9e progressiste, Robert Redford, qui est \u00e0 Cannes pour le film <em>All Is Lost<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 par le jeune JC Chandor que Redford a soutenu au travers de son institution (le festival de Sundance du film ind\u00e9pendant) pour la r\u00e9alisation de <em>Margin Call<\/em>, &ndash; le film le plus profond r\u00e9alis\u00e9 sur la crise financi\u00e8re de l&rsquo;automne 2008. Redford observe \u00e0 propos de <em>All Is Lost<\/em> qui est une all\u00e9gorie de la crise que nous traversons : &laquo;<em>Certain things have got lost. Our belief system had holes punched in it by scandals that occurred, whether it was Watergate, the quiz show scandal, or Iran-Contra; it&rsquo;s still going on&hellip;Beneath all the propaganda is a big grey area, another America that doesn&rsquo;t get any attention; I decided to make that the subject of my films.<\/em> [&#8230;] <em>We are in a dire situation;<\/em> <strong><em>the planet is speaking<\/em><\/strong> <em>with a very loud voice. In the US we call it Manifest Destiny, where we keep pushing and developing, never mind what you destroy in your wake, whether its Native American culture or the natural environment.<\/em> [&#8230;] <em>I&rsquo;ve also seen the relentless pace of technological increase. It&rsquo;s getting faster and faster; and it fascinates me to ask: how long will it go on before it burns out.<\/em>&raquo; Nous observerons que, contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;il laisse entendre, Redford a \u00e9volu\u00e9 : critique de son \u00e9poque qu&rsquo;il tendait \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 ce qu&rsquo;il jugeait \u00eatre la vertu perdue des USA, mais la jugeant r\u00e9formable comme la vertu des USA elle-m\u00eame (<em>The President&rsquo;s Men<\/em>, sur le Watergate, en 1976), il tend plut\u00f4t \u00e0 parler aujourd&rsquo;hui du \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0la plan\u00e8te\u00a0\u00bb ; et l&rsquo;on voit bien qu&rsquo;il ne croit plus \u00e0 sa r\u00e9forme possible (du Syst\u00e8me), et qu&rsquo;il juge qu&rsquo;il se d\u00e9veloppe de lui-m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 son effondrement venant comme un fait in\u00e9luctable de lui-m\u00eame (&laquo;<em>&#8230; and it fascinates me to ask: how long will it go on before it burns out<\/em>&raquo;). Sa psychologie a effectivement incub\u00e9, de mani\u00e8re inconsciente, l&rsquo;inexorabilit\u00e9 de l&rsquo;effondrement.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Un Moment eschatologique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;image du <em>Titanic<\/em> pour figurer le Syst\u00e8me est juste, mais l&rsquo;on comprend \u00e9videmment qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est que partiellement. Lorsque le <em>Titanic<\/em> sombra, on savait bien que tout continuait apr\u00e8s lui, que la catastrophe, outre la cruaut\u00e9 des vies emport\u00e9es, n&rsquo;apporterait qu&rsquo;une occasion de plus pour tel ou tel d\u00e9bat, notamment sur l&rsquo;application et le bon usage du technologisme naval, et que le reste continuerait. Le Syst\u00e8me-<em>Titanic<\/em>, lui, n&rsquo;a pas d&rsquo;apr\u00e8s&#8230; Le Syst\u00e8me-<em>Titanic<\/em> sombre et, parce qu&rsquo;il est herm\u00e9tique et qu&rsquo;il a happ\u00e9 en lui la globalit\u00e9 du monde, il est assur\u00e9 que nous ne pouvons savoir ce qui va suivre, et encore moins imaginer puisque l&rsquo;autorisation de le tenter ne nous est pas parvenue. La cause directe et parfaitement compr\u00e9hensible de notre ignorance est que ce qui va suivre n&rsquo;a aucun rapport avec le Syst\u00e8me, que l&rsquo;affirmation et la construction de cette \u00ab\u00a0succession\u00a0\u00bb qui ignore compl\u00e8tement son l\u00e9gataire ne d\u00e9pendent pas de nous, du <em>sapiens<\/em> et de ses prodiges, et de sa prodigieuse <em>hubris<\/em>, &ndash; parce que &laquo;<em>tout ne peut<\/em> [&#8230;] <em>\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 ce qui existe aujourd&rsquo;hui<\/em>&raquo;&#8230; Le Syst\u00e8me-<em>Titanic<\/em> sombre aux accents d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0marche eschatologique\u00a0\u00bb ex\u00e9cut\u00e9e par l&rsquo;orchestre bien connu, dont on attend qu&rsquo;il reste \u00e0 son poste jusqu&rsquo;au bout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Observant tout cela et d\u00e9roulant ces remarques diverses sans fi\u00e8vre particuli\u00e8re, nous n&rsquo;avons nullement l&rsquo;impression, ni d&rsquo;\u00eatre excessivement pessimiste, ni d&rsquo;\u00eatre disons \u00ab\u00a0catastrophistes\u00a0\u00bb. Nous avons plut\u00f4t le sentiment de rendre compte d&rsquo;une situation qui est singuli\u00e8re, sinon peu ordinaire, essentiellement par l&rsquo;identification instantan\u00e9e que nous en avons, et par l&rsquo;effet de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire et de la contraction du temps. (Il suffit \u00e0 cet \u00e9gard de se rappeler o&ugrave; nous en \u00e9tions il y a dix ans, quand la plupart des commentateurs et observateurs pensaient pr\u00e9cis\u00e9ment dans le sens de cette remarque d\u00e9sormais immortelle d&rsquo;un \u00ab\u00a0officiel\u00a0\u00bb de l&rsquo;administration Bush \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2002 : &laquo;<em>We&rsquo;re an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you&rsquo;re studying that reality &mdash; judiciously, as you will &ndash; we&rsquo;ll act again, creating other new realities&#8230;<\/em>&raquo; [voir notre <em>Glosssaire.dde<\/em> sur le \u00ab\u00a0virtualisme\u00a0\u00bb, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\">27 octobre 2012<\/a>].) Il faut admettre que la puissance d&rsquo;un tel basculement de la perception r\u00e9pond \u00e0 une dynamique des \u00e9v\u00e9nements si extraordinaire qu&rsquo;on doit parler de m\u00e9tahistoire, et bouleverse les psychologies \u00e0 ce point du d\u00e9sordre qui permet d&rsquo;assumer et de favoriser, la plupart du temps sans la moindre conscience de cela, des bouleversements aussi inou\u00efs que ceux qu&rsquo;on conna&icirc;t. Nous voulons dire par l\u00e0 que la transformation et l&rsquo;affolement des psychologies depuis dix ans font, singuli\u00e8rement des directions politiques et des \u00e9lites qui les soutiennent, de ces acteurs-Syst\u00e8me qui sont plut\u00f4t et de plus en plus des figurants-Syst\u00e8me, des outils tr\u00e8s efficaces pour aller dans le sens de la dynamique de l&rsquo;autodestruction et favoriser involontairement, et en croyant \u00e9ventuellement l&rsquo;inverse, la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les commentaires g\u00e9n\u00e9raux de ces \u00e9v\u00e9nements nous paraissent manquer d&rsquo;ampleur et d&rsquo;audace \u00e0 cet \u00e9gard, simplement en n&rsquo;acceptant pas de consid\u00e9rer des hypoth\u00e8ses que la raison rejette en g\u00e9n\u00e9ral, et \u00e0 cause de cela. (L&rsquo;\u00e9tat de la raison \u00e9tant aujourd&rsquo;hui celui de la compl\u00e8te subversion d&rsquo;elle-m\u00eame, cet argument serait plut\u00f4t le contraire de ce qu&rsquo;il veut prouver.) Ces commentaires se font principalement entre les partisans du Syst\u00e8me (les figurants-Syst\u00e8me, \u00e9galement <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nous_et_l_enorme_poids_du_rien__03_01_2012.html\">n\u00e9gationnistes<\/a> de la crise), qui r\u00e9p\u00e8tent simplement, en guise d&rsquo;incantation plus que de d\u00e9monstration, que tout continue et que le Syst\u00e8me est plus coh\u00e9rent et n\u00e9cessaire que jamais. Leurs adversaires, qu&rsquo;on devrait qualifier d&rsquo;antiSyst\u00e8me mais qui le sont de moins en moins d&rsquo;un point de vue fondamental, continuent \u00e0 d\u00e9velopper une logique d&rsquo;affrontement, \u00e0 parler en termes de victoire-d\u00e9faite, arguant que des forces se constituent avec de plus en plus de puissance pour inqui\u00e9ter le Syst\u00e8me tel qu&rsquo;il est. Pour ceux-l\u00e0 et pour prendre le cas \u00e9v\u00e9nementiel le plus int\u00e9ressant, l&rsquo;effondrement des USA dans le sens de l&rsquo;effondrement du pouvoir central du Syst\u00e8me constituerait une victoire d\u00e9cisive \u00e0 partir de laquelle on pourrait entreprendre une reconstruction et une r\u00e9forme radicale du Syst\u00e8me. Dans cet exemple, nous pouvons dire que nous sommes d\u00e9cisivement d&rsquo;un avis diff\u00e9rent, si l&rsquo;on veut effectivement d\u00e9velopper une dynamique antiSyst\u00e8me. L&rsquo;effondrement des USA <em>per se<\/em> ne nous int\u00e9resse pas dans le sens qu&rsquo;il ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 lui seul comme un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif, et que le consid\u00e9rer de la sorte lui enl\u00e8ve tout caract\u00e8re de d\u00e9cision. (Nous n&rsquo;avons certainement pas toujours pens\u00e9 dans ce sens, mais la pens\u00e9e \u00e9volue n\u00e9cessairement au rythme de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire. Une \u00e9volution de la pens\u00e9e, m\u00eame et surtout radicale, est une chose in\u00e9vitable et n\u00e9cessaire. On notera que nous avan\u00e7ons cette id\u00e9e nouvelle du caract\u00e8re insuffisant du seul effondrement des USA, ou les pr\u00e9misses de cette id\u00e9e nouvelle, depuis au moins 2009, &ndash; une fois incub\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement pour nous rupturiel, et n\u00e9cessitant un changement d&rsquo;appr\u00e9ciation, de la crise de l&rsquo;automne 2008. [C&rsquo;est \u00e0 partir de cette \u00e9poque que nous avons observ\u00e9 la constitution du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\">bloc BAO<\/a>.] On peut appr\u00e9cier les pr\u00e9misses de ce changement conceptuel dans des textes du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_usa_aux_dsa_l_hypothese_finale_03_01_2009.html\">3 janvier 2009<\/a> et du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_avenir_des_usa_14_10_2009.html\">14 octobre 2009<\/a>, au moins.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour poursuivre l&rsquo;exemple, nous consid\u00e9rons que l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Am\u00e9rique ne nous appara&icirc;trait comme un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cisif que dans la mesure o&ugrave; il entra&icirc;nerait l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. C&rsquo;est la condition <em>sine qua non<\/em> pour faire passer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de la cat\u00e9gorie des \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s importants \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me, \u00e0 la cat\u00e9gorie de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement antiSyst\u00e8me fondamental. (Cela dit, ajoutons cette pr\u00e9cision essentielle que, pour nous, il est acquis, disons \u00e0 99,95%, que l&rsquo;effondrement des USA am\u00e8nerait n\u00e9cessairement l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Mais il est essentiel de comprendre cette n\u00e9cessit\u00e9 relationnelle entre les deux, pour mieux distinguer les caract\u00e8res de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, ses orientations, ses effets, etc.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est-\u00e0-dire que, pour nous, le point de non-retour est non seulement atteint mais <strong>tr\u00e8s largement d\u00e9pass\u00e9<\/strong>. Subrepticement et n\u00e9cessairement pour leur pauvre cause, les partisans du Syst\u00e8me, mentionn\u00e9s plus haut mais bri\u00e8vement \u00e0 cause de l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 de leur pens\u00e9e, sont pass\u00e9s de l&rsquo;argument TINA (<em>There Is No Alternative<\/em>), qui impliquait une sorte de \u00ab\u00a0volontarisme\u00a0\u00bb, de la n\u00e9cessit\u00e9 optimiste de se battre, d&rsquo;innover, d&rsquo;am\u00e9nager, pour s&rsquo;adapter \u00e0 ce Syst\u00e8me auquel, selon eux, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;alternative ; \u00e0 l&rsquo;argument qu&rsquo;on r\u00e9sumerait sous le sigle TINNOA (<em>There Is No Necessity Of Alternative<\/em>), qui implique que tout est parfait telles que les choses sont, que le Syst\u00e8me repr\u00e9sente une sorte de perfection intangible, effectivement la N\u00e9cessit\u00e9 universelle r\u00e9alis\u00e9e. De ce point de vue, nous sommes au niveau d&rsquo;une religion (cet exot\u00e9risme qui estime le d\u00e9bat clos) demandant \u00e0 ses adeptes un complet aveuglement ; cette logique religieuse implique que <strong>rien d&rsquo;autre<\/strong> d&rsquo;humainement et m\u00eame de \u00ab\u00a0spirituellement\u00a0\u00bb acceptable ne peut se concevoir, et qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de cela on ne trouve que la barbarie conceptuelle. Par cette position, et compte tenu de ce qu&rsquo;est le Syst\u00e8me, les partisans-Syst\u00e8me repr\u00e9sentent eux-m\u00eames un nihilisme totalement clos et m\u00eame verrouill\u00e9, une sorte de barbarie eux-m\u00eames, justement selon leur d\u00e9marche d&rsquo;inversion, ici d&rsquo;accuser les autres d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;ils sont eux-m\u00eames en v\u00e9rit\u00e9. Il s&rsquo;agit de la \u00ab\u00a0barbarie postmoderniste\u00a0\u00bb combinant le &laquo;<em>barbare int\u00e9rieur<\/em>&raquo; selon Jean-Fran\u00e7ois Matt\u00e9i, et le barbare augment\u00e9 de la barbarie faite de technologisme pr\u00e9dateur et de <em>narrative<\/em> dissimulatrice qui permet de faire avancer l&rsquo;\u00e9quation dd&#038;e (d\u00e9structuration-dissolution-entropisation) que le Syst\u00e8me lui-m\u00eame exsude et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la dissolution de la soci\u00e9t\u00e9 produisant elle-m\u00eame des caract\u00e8res barbares suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus que jamais, le produit du Syst\u00e8me, l&rsquo;\u00e9quation dd&#038;e, est implicitement pr\u00e9sent\u00e9 selon la formule-<em>narrative<\/em> du \u00ab\u00a0chaos cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb. Mais ce chaos, qui est effectif, est d\u00e9sormais <strong>exclusivement<\/strong> producteur de nihilisme (sa forme op\u00e9rationnelle est l&rsquo;entropisation), c&rsquo;est-\u00e0-dire un chaos producteur d&rsquo;un chaos de lui-m\u00eame. Il est indiscutable qu&rsquo;un monde \u00ab\u00a0organis\u00e9\u00a0\u00bb selon de tels d\u00e9s\u00e9quilibres insens\u00e9s en constante acc\u00e9l\u00e9ration, et par cons\u00e9quent en constante aggravation de leur instructure de d\u00e9s\u00e9quilibre et de non-sens, et par cons\u00e9quent ce monde de plus en plus condamn\u00e9 \u00e0 se trouver enferm\u00e9 dans ces d\u00e9s\u00e9quilibres, il est indiscutable qu&rsquo;un tel monde ne peut survivre en aucune fa\u00e7on. Il s&rsquo;oppose herm\u00e9tiquement \u00e0 toutes les lois concevables, qu&rsquo;elles soient physiques ou m\u00e9taphysiques. C&rsquo;est la situation o&ugrave; nous nous trouvons pr\u00e9sentement, qui nous appara&icirc;t effectivement, dans sa phase autodestructrice, comme la formule d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration ultime de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Pour autant, nous ne savons et <strong>ne pouvons savoir<\/strong> quand et comment s&rsquo;accomplira cet \u00e9v\u00e9nement dans sa finalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas \u00eatre particuli\u00e8rement pessimiste qu&rsquo;affirmer cela, mais simplement faire un constat r\u00e9aliste d&rsquo;une situation qui s&rsquo;exprime de toutes les fa\u00e7ons possibles. La question in\u00e9vitable que l'\u00a0\u00bbesprit de l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb nous conduit quasiment comme une obligation \u00e0 poser est, non seulement d&rsquo;envisager, mais de <strong>conna&icirc;tre<\/strong> ce qui va suivre : cette <strong>connaissance<\/strong> de l&rsquo;avenir, m\u00eame catastrophique et post-catastrophique, c&rsquo;est-\u00e0-dire m\u00eame eschatologique, est impossible, ce qui contrevient au <em>diktat<\/em> n\u00e9cessaire de la modernit\u00e9 qui est la ma&icirc;trise, et donc la connaissance de l&rsquo;avenir. La crise \u00e9tant \u00e9videmment eschatologique, aucune r\u00e9ponse ne peut \u00eatre apport\u00e9e ; cela explique notre profond d\u00e9sarroi par rapport \u00e0 l'\u00a0\u00bbesprit de l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb et la r\u00e9action la plus marqu\u00e9e r\u00e9pondant au <em>diktat<\/em> de la modernit\u00e9 est de nier la v\u00e9rit\u00e9 de cette crise, y compris ce que certains consid\u00e8rent comme sa n\u00e9cessit\u00e9 au sens m\u00e9taphysique. (Cas du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nous_et_l_enorme_poids_du_rien__03_01_2012.html\">n\u00e9gationnisme<\/a> de la crise.) Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit, qui fut consid\u00e9r\u00e9 comme une immense victoire humaine, appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui comme un terrible handicap, par exemple par rapport aux soci\u00e9t\u00e9s anciennes qui ignoraient \u00e9videmment, et rejetaient <em>in fine<\/em> par leurs conceptions, le <em>diktat<\/em> moderniste de la ma&icirc;trise et de la connaissance de l&rsquo;avenir. Dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie d&rsquo;Ath\u00e8nes, en 1997, consacr\u00e9 \u00e0 <em>La pens\u00e9e grecque<\/em> (dans <em>L&rsquo;homme qui riait avec les dieux<\/em>, Albin Michel, 2013), Lucien Jerphagnon exposait ceci qui \u00e9tait \u00e0 la gloire de cette \u00ab\u00a0pens\u00e9e grecque\u00a0\u00bb: &laquo;<em>Ainsi, cette dialectique de l&rsquo;un et du multiple, de l&rsquo;illimit\u00e9 et de la limite, de l&rsquo;absolu et du relatif, de l&rsquo;universel et du particulier, du parfait et de l&rsquo;imparfait, exorcisait d&rsquo;avance le mauvais d\u00e9mon de l&rsquo;<\/em><strong><em>hybrys<\/em><\/strong>, <em>de la d\u00e9mesure qui aimerait s&rsquo;affranchir des limites du possible, et qui voudrait faire porter au discours humain une charge d&rsquo;absolu qu&rsquo;il ne peut contenir.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces conceptions rejoignent en les nourrissant de l&rsquo;antique sagesse notre propre approche de l&rsquo;inconnaissance. Cela \u00e9tait exprim\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on \u00ab\u00a0op\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb qui pourrait \u00eatre propos\u00e9e comme l&rsquo;attitude \u00e0 observer face au tumulte du temps pr\u00e9sent et \u00e0 l&rsquo;\u00e9nigme de l&rsquo;apr\u00e8s cette crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, dans la <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em> du <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_le_grand_ge_19_04_2013.html\">19 avril 2013<\/a> : &laquo;<em>L&rsquo;inconnaissance se d\u00e9gage d&rsquo;elle-m\u00eame avec l&rsquo;\u00e2ge si l&rsquo;\u00e9lan de la pens\u00e9e y pousse, et l&rsquo;\u00e2ge conduit effectivement \u00e0 trouver, non comme une porte de sortie mais comme une fen\u00eatre ouverte sur un nouvel \u00e9lan, une activit\u00e9 qui avait pris comme mot d&rsquo;ordre \u00ab\u00a0le savoir\u00a0\u00bb satisfait de lui-m\u00eame et qui ne s&rsquo;en satisfait plus. Il y a une certaine ironie, qui est, comme on dit aux jeunes gens irrespectueux, le \u00ab\u00a0privil\u00e8ge de l&rsquo;\u00e2ge\u00a0\u00bb, \u00e0 pouvoir dire : \u00ab\u00a0oui, oui, &lsquo;je sais&rsquo;, mais je sais aussi qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas s&rsquo;attacher \u00e0 ce savoir et de lui pr\u00e9f\u00e9rer &lsquo;je sais que je ne sais pas'\u00a0\u00bb ; et, disant cela (\u00ab\u00a0je sais que je ne sais pas\u00a0\u00bb), poursuivre en constatant que \u00ab\u00a0ce savoir-l\u00e0 vaut bien plus que le savoir tout court\u00a0\u00bb&#8230;<\/em>&raquo; Nous sommes dans un temps qui nous impose n\u00e9cessairement le constat que nous ne pouvons pas savoir (que nous ne savons pas), et l&rsquo;occasion est belle, et liquidant ainsi d\u00e9finitivement le <em>diktat<\/em> (l&rsquo;<em>hybrys<\/em>) de la modernit\u00e9, d&rsquo;en faire une gloire de l&rsquo;esprit sous la forme de l&rsquo;inconnaissance (&laquo;<em>la m\u00e9taphysique et la spiritualit\u00e9 les plus hautes qu&rsquo;on puisse imaginer<\/em>&raquo;, selon le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9poque sans victoire, sans issue, sans rien&#8230; 23 mai 2013 &ndash; Nous parlions il y a quelques jours (voir le 11 mai 2013) d&rsquo;une \u00ab\u00a0phase d\u00e9pressive\u00a0\u00bb pour les USA vis-\u00e0-vis de la Syrie. Nous aurions pu \u00e9crire : \u00ab\u00a0pour le bloc BAO\u00a0\u00bb, ou, d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, pour toutes les agitations, manigances et man&oelig;uvres&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4270,3251,3934,7548,398,6244,12177,11201,12014,11303,2673,4321,8908,12175,3099,12174,2730,11131,3867,7833,12176,610],"class_list":["post-75000","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-autodestruction","tag-barbarie","tag-chaos","tag-eschatologie","tag-europe","tag-hubris","tag-hybrys","tag-inconnaissance","tag-jerphagnon","tag-mattei","tag-metaphysique","tag-narrative","tag-negationnisme","tag-non-retour","tag-psychologie","tag-redford","tag-russie","tag-surpuissance","tag-syrie","tag-tina","tag-tinnoa","tag-virtualisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75000","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75000"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75000\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75000"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75000"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75000"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}