{"id":75006,"date":"2013-05-27T05:15:06","date_gmt":"2013-05-27T05:15:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/27\/le-s-300-comme-baguette-magique\/"},"modified":"2013-05-27T05:15:06","modified_gmt":"2013-05-27T05:15:06","slug":"le-s-300-comme-baguette-magique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/27\/le-s-300-comme-baguette-magique\/","title":{"rendered":"Le S-300 comme baguette magique"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Le S-300 comme baguette magique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans notre <em>Bloc-Notes<\/em> sur la guerre syrienne vue du point de vue de la G4G (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_g4g_parle_assad_plus_fort_que_jamais_25_05_2013.html\" class=\"gen\">25 mai 2013<\/a>), nous notions l&rsquo;importance capitale du syst\u00e8me de la communication dans cette sorte de conflit qui \u00e9chappe \u00e0 tous les mod\u00e8les de guerre jusqu&rsquo;ici consid\u00e9r\u00e9s. Nous citions notamment le cas des missiles sol-air S-300 que la Russie aurait vendus (contrat conclu) en 2010 \u00e0 la Syrie et qu&rsquo;elle serait sur le point de livrer \u00e0 la Syrie\/qu&rsquo;elle aurait d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9 \u00e0 la Syrie\/qu&rsquo;elle ferait croire qu&rsquo;elle va livrer la Syrie sans le faire (choisissez l&rsquo;option qui vous convient)  : \u00ab<em>La communication y joue un r\u00f4le fondamental<\/em> [&#8230;] <em>y compris la communication autour d&rsquo;instruments de guerre qui ne sont pas n\u00e9cessairement amen\u00e9s \u00e0 servir, et dont on peut m\u00eame avancer que leur fonction pourrait \u00eatre justement de<\/em> <strong><em>ne pas \u00eatre utilis\u00e9s<\/em><\/strong> <em>(le cas des S-300 russes livr\u00e9s ou pas \u00e0 la Syrie).<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Sunday Times<\/em> d&rsquo;hier rapportait qu&rsquo;un accord aurait \u00e9t\u00e9 conclu entre Russes et Isra\u00e9liens (voir <em>Russia Today<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/israel-russia-syria-s-300-813\/\" class=\"gen\">26 mai 2013<\/a>) : les Russes auraient promis d&rsquo;annuler le march\u00e9 contre l&rsquo;engagement d&rsquo;Isra\u00ebl de ne plus lancer des attaques en Syrie. Le texte note des r\u00e9actions sceptiques sinon pleines de brutale d\u00e9rision en Isra\u00ebl, mais l&rsquo;on comprend que l&rsquo;on ne se pr\u00e9cipite pas pour confirmer un tel arrangement si c&rsquo;est le cas. Quoi qu&rsquo;il en soit, une telle possibilit\u00e9 \u00e9claire par son exemple d&rsquo;application op\u00e9rationnelle le propos que nous voulons d\u00e9velopper. Quelques observations et r\u00e9flexions \u00e0 cet \u00e9gard font notablement avancer cette \u00e9tonnante probl\u00e9matique du cas du S-300 comme acteur \u00e0 part enti\u00e8re de la G4G.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous citons d&rsquo;abord un texte de Giora Eiland, dans le quotidien isra\u00e9lien <em>Yedioth Ahronoth<\/em>, en date du 22 mai 2013. Eiland, ancien officiel de la structure de s\u00e9curit\u00e9 nationale d&rsquo;Isra\u00ebl, est consid\u00e9r\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral comme un expert strat\u00e9gique d&rsquo;une grande influence, avec les connexions dans les milieux officiels qui vont avec. Eiland s&rsquo;attache \u00e0 la politique russe dans la crise syrienne et lui trouve une dimension strat\u00e9gique consid\u00e9rable qui est en train d&rsquo;\u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e. Eiland note que les USA sont le principal acteur de la crise \u00e0 rater compl\u00e8tement ce caract\u00e8re fondamental de la politique russe, et cela comme une habitude dans la constante incompr\u00e9hension,  et nous ne le contredirons certainement pas&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The events in Syria, which until a few weeks ago appeared to be a purely domestic affair, have recently become not only a source of concern for Israel but also a flashpoint of conflict between the US and Russia.  It is becoming increasingly apparent that Russia supports Assad, and this is cause for concern both in Israel and in Washington.  But anyone who tries to understand Russian policy solely through the narrow prism of<\/em> [<em>Russia&rsquo;s<\/em>] <em>direct interests in Syria, is missing the main point.  It would appear that the main ones to miss the point are the Americansnot only now, but over more than a decade.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEiland appr\u00e9cie la politique russe comme une politique de riposte agressive \u00e0 ce qui est per\u00e7u par les Russes, assez justement, comme une constante politique d&rsquo;offensive agressive de la part des USA. (A commencer, bien entendu, par la politique d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_nouvelle_est_d_clar_e_et_elle_est_totale_14_03_2012.html\" class=\"gen\">agression<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_agression_douce_devenue_id_al_de_puissance-douce__08_04_2013.html\" class=\"gen\">douce<\/a> instrument\u00e9e par les USA depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 avec les r\u00e9volutions de couleur, avant de prendre une nouvelle dimension ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es.) D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;id\u00e9e de Eiland que la Syrie sert, pour la Russie, de moyen de riposte russe aux entreprises des USA. Cette vision n&rsquo;est certainement pas correspondante \u00e0 la n\u00f4tre, en ce sens qu&rsquo;elle nous para\u00eet beaucoup trop partielle et beaucoup trop orient\u00e9e dans le seul sens de la confrontation, qu&rsquo;elle nous para\u00eet laisser de c\u00f4t\u00e9 le moteur fondamental de la politique russe qui est le respect de la souverainet\u00e9, et donc son intervention partout o\u00f9 elle le peut l\u00e0 o\u00f9 elle estime le principe de souverainet\u00e9 menac\u00e9e. (Cette id\u00e9e, que nous soutenons depuis longtemps, y compris pour la s\u00e9quence depuis le discours de Poutine \u00e0 Munich en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_discours_au_marteau_12_02_2007.html\" class=\"gen\">f\u00e9vrier 2007<\/a>, est r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9p\u00e9t\u00e9e par des commentateurs russes. Voir notamment la citation de F\u00e9dor Loukianov, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-exploration_du_russian_leadership_en_syrie_24_05_2013.html\" class=\"gen\">24 mai 2013<\/a>.) Il n&#8217;emp\u00eache, le r\u00e9sultat de la r\u00e9flexion de Eiland, qui est effectivement peut-\u00eatre celle de dirigeants isra\u00e9liens, est un r\u00e9el respect m\u00eal\u00e9 de crainte pour la Russie, qui expliquent en partie la sp\u00e9cificit\u00e9 inhabituelle des rapports entre Isra\u00ebl et la Russie ; la Russie \u00e9tant peut-\u00eatre le seul pays d&rsquo;importance parmi ceux avec lesquels Isra\u00ebl doit traiter, avec lequel Isra\u00ebl prend beaucoup de gants, et face auquel Isra\u00ebl se trouve parfois contraint de reculer&#8230; On trouve l&rsquo;explication de ce sentiment r\u00e9aliste dans ce jugement de Eiland sur les politiques respectivement de la Russie et des USA, avec une certaine estime pour la Russie, avec au contraire, lorsqu&rsquo;on l&rsquo;ajoute \u00e0 d&rsquo;autres remarques, une consid\u00e9ration bien basse de la politique US : \u00ab<em>In what may be an odd development, it is the Russians who are guided solely by logic and interests.  Putin&rsquo;s form of government is reminiscent in more ways than one similar in nature to that of the former Soviet regime, but with one clear differencetoday&rsquo;s Russia is not motivated by Communist or any other ideology.  Those who are motivated by ideology are the Americans.  For them it is important to educate the Russians to accept the American model of democracy, and to that end they have effectively sacrificed real interests.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Enfin, nous en venons au passage (la conclusion de l&rsquo;article) qui nous int\u00e9resse, qui concerne plus sp\u00e9cifiquement les missiles sol-air S-300. Ce qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer, c&rsquo;est ce que ce passage exprime de l&rsquo;importance consid\u00e9rable que l&rsquo;affaire des S-300, avec le S-300 lui-m\u00eame, a pris pour les Isra\u00e9liens,  presque une dimension de mythe, pour ce qui concerne cette quincaillerie notamment. La conclusion de Eiland, r\u00e9sum\u00e9e et traduite en langage sans fards, pourrait \u00eatre ceci : On ne peut pas jouer&rsquo; avec les Russes (sous-entendu  : comme on joue avec ces stupides Am\u00e9ricains ?) ; il est probable qu&rsquo;ils ne livreront pas les S-300 \u00e0 la Syrie, mais, pour cela, il faudra leur donner beaucoup, et c&rsquo;est \u00e0 nous, Isra\u00e9liens, de faire pression sur nos amis am\u00e9ricains&rsquo; pour qu&rsquo;ils donnent eux-m\u00eames beaucoup aux Russes, pour obtenir le d\u00e9sistement de la livraison des S-300.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Israel has been caught up in a quarrel between the big boys, and so its ability to influence matters is limited.  The prime minister made a genuine effort, and went to Russia on short notice in order to persuade it not to sell SA-300 missiles to Syria.  I do not think that Russia will ultimately sell these missiles, but Putin cannot be expected to give Netanyahu a gift just like that, and there is also no chance that he will accede to an American demand on this matter, since in his view he will not accept dictates from anyone.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If one wants to ensure that advanced weapons are not sold by Russia to Syria, and if one wants Russia to be more helpful in the battle against Iran, there is only one way to achieve thisan American concession on several ideological issues in order to reach a package deal with Russia, which will have many give-and-take clauses.  From Israel&rsquo;s standpoint, it is preferable to try to influence the US on the matter of its attitude towards Russia, rather than trying to pressure Russia directly.  That simply will not work.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, pour compl\u00e9ter les \u00e9l\u00e9ments de ce petit dossier, passons \u00e0 un commentaire de <em>Conflicts Forum<\/em>, de Beyrouth (<a href=\"http:\/\/www.conflictsforum.org\/\" class=\"gen\">institut<\/a> dirig\u00e9 par l&rsquo;excellent Alastair Cook),  sous la forme de son <em>Weekly Comment<\/em> pour la semaine du 17 au 24 mai. Nous en extrayons ce passage&#8230; L&rsquo;on note, avec un \u00e9l\u00e9ment soulign\u00e9 de gras par nous, la remarque selon laquelle le m\u00eame processus, la m\u00eame manuvre, la m\u00eame strat\u00e9gie pourrait-on dire, que les Russes ont employ\u00e9e vis-\u00e0-vis des Isra\u00e9liens avec les S-300 (annoncer une livraison de S-300 d&rsquo;abord pour bloquer les attaques isra\u00e9liennes en Syrie),  combien cette m\u00eame strat\u00e9gie peut tout aussi bien \u00eatre utilis\u00e9e dans le cas de l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In last week&rsquo;s Comment, we noted the strategic impact upon Netanyahu&rsquo;s Iran policy of Putin&rsquo;s uncompromising response of dispatching Cruise and S300 missiles to Syria  in order to put an end to any Israeli prospect of future strikes.  If Putin can undercut so effectively Israeli military threats toward Syria, by sending it S300 missiles,<\/em> <strong><em>he can do the same to Israel in respect to their threats to attack Iran<\/em><\/strong> <em>by proceeding with the existing contract to supply S300s to Iran. Unsurprisingly, the Israeli leadership is in a state of some agitation and confusion.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe constat concernant l&rsquo;Iran n&rsquo;est \u00e9videmment pas gratuit. Il reste un march\u00e9 en suspens, portant sur des S-300, entre la Russie et l&rsquo;Iran. Les Russes, en 2010, et \u00e0 l&rsquo;insistance d&rsquo;Isra\u00ebl, ont pris la d\u00e9cision de principe de ne pas livrer les S-300 ; l&rsquo;affaire a m\u00eame une cons\u00e9quence juridique, l&rsquo;Iran demandant \u00e0 la Russie le remboursement de certaines sommes pay\u00e9es pour cette commande. La possibilit\u00e9 subsiste d&rsquo;un renversement de tendance, auquel les Iraniens se pr\u00eateraient sans doute bien volontiers. Les Ruses peuvent \u00e9ventuellement se tourner vers cette possibilit\u00e9, d&rsquo;autant qu&rsquo;ils peuvent s&rsquo;estimer fort peu et fort mal pay\u00e9s de leur attitude de 2010, que la pr\u00e9sidence est pass\u00e9e de Medvedev \u00e0 Poutine, et surtout qu&rsquo;ils peuvent constater l&rsquo;effet strat\u00e9gique et politique sur Isra\u00ebl de la possibilit\u00e9 de la livraison de S-300. On mesure alors l&rsquo;effet de communication d&rsquo;une arme dont nul ne sait le statut (Livr\u00e9e ? Pas livr\u00e9e ? Etc.), et dont certains assurent m\u00eame qu&rsquo;elle n&rsquo;a nullement l&rsquo;efficacit\u00e9 qu&rsquo;on lui pr\u00eate contre les Isra\u00e9liens (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-s-300_pour_la_syrie_et_netanyahou_sotchi-canossa_13_05_2013.html\" class=\"gen\">13 mai 2013<\/a>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Robert Hewson, an IHS Jane&rsquo;s air power analyst, said that were Syria to receive the S-300 it would probably take several months to deploy and operate the system. But he suggested it would not pose a big challenge for Israel&rsquo;s hi-tech air force. It&rsquo;s a fairly well-established, fairly well-understood system, so there is a corpus of knowledge, particularly among Israel&rsquo;s friends, about how to deal with this system, he said. Once activated, the S-300 could easily be spotted thanks to its distinctive radar signal, Hewson said, and from there it&rsquo;s a fairly short step to taking it out. It&rsquo;s not a wonder-weapon.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cyprus bought the S-300 and eventually positioned it on the Greek island of Crete. Israel, which has close ties with Nicosia and Athens, may have tested its jets against that S-300&rsquo;s capabilities during Mediterranean overflights, Hewson said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais rien n&rsquo;y fait. Les circonstances, les manuvres des uns et des autres font que cette arme, dont nul ne sait ni la localisation ni le destin, dans tous les cas dans cette affaire syrienne, est devenue \u00e0 la fois un mythe et une sorte de juge supr\u00eame. Parlerait-on dissuasion ? Pourquoi pas, apr\u00e8s tout. Mais alors, c&rsquo;est dans le champ de la communication qu&rsquo;elle intervient et toute sa puissance, c&rsquo;est bien, pour le syst\u00e8me impliqu\u00e9, de n&rsquo;\u00eatre nulle part de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;on puisse supposer qu&rsquo;il est partout. Sa r\u00e9alit\u00e9 se situe au nouveau de l&rsquo;incertitude d&rsquo;\u00eatre et sa puissance d\u00e9pend de la compl\u00e8te impr\u00e9cision de sa position. L&rsquo;arme S-300 appara\u00eet ainsi parfaitement s&rsquo;ins\u00e9rer dans le cadre de la G4G tel que nous la d\u00e9finissons de plus en plus pr\u00e9cis\u00e9ment, qui est de s&rsquo;\u00e9loigner autant que faire se peut des conditions courantes d&rsquo;un conflit classique ; elle appara\u00eet, non pas comme quincaillerie classique fix\u00e9e par ses caract\u00e9ristiques, sa puissance explosive, sa v\u00e9locit\u00e9, sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9voluer, mais plut\u00f4t comme cr\u00e9atrice de son propre environnement, de ses capacit\u00e9s qui rel\u00e8vent plus du mythe que de l&rsquo;\u00e9valuation technique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, l\u00e0 o\u00f9 le mythe-S-300 rel\u00e8ve encore plus de la G4G, c&rsquo;est dans la mesure o\u00f9 il semble se renforcer irr\u00e9sistiblement des caract\u00e8res structurants de celui qui le produit et en use. C&rsquo;est \u00e9videmment parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la Russie, de sa politique ferme et intraitable, qui n&rsquo;a pas chang\u00e9 depuis deux ans, de son assise proclam\u00e9e sur des principes intangibles et, pour le cas qui nous occupe, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense d&rsquo;une souverainet\u00e9, effectivement comme un mythe du type dissuasif fondamental, que le S-300 est ainsi pris au s\u00e9rieux et peut se constituer en mythe pour lequel Netanyahou est pr\u00eat \u00e0 se rendre \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-s-300_pour_la_syrie_et_netanyahou_sotchi-canossa_13_05_2013.html\" class=\"gen\">Canossa<\/a>,  et \u00e0 en revenir les mains vides ou les mains li\u00e9es, toute honte bue. Imaginez Hollande \u00e0 la place de Poutine et le mythe devient palinodie,  et d&rsquo;ailleurs, qui s&rsquo;int\u00e9resse s\u00e9rieusement aux armes que les Fran\u00e7ais affirment devoir envisager de livrer \u00e0 on ne sait qui, au nom d&rsquo;on ne sait quoi ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus \u00e9tonnant est, par cons\u00e9quent, la fa\u00e7on dont le monde, et les plus d\u00e9cid\u00e9s, les plus agressifs et les plus sans-scrupules dans ce monde et surtout dans cette r\u00e9gion, se sont adapt\u00e9s aux r\u00e8gles de la G4G, s&rsquo;y sont soumis en un sens. Dans cette affaire syrienne, en quelques semaines Isra\u00ebl a beaucoup perdu, sinon tout pour la s\u00e9quence, de ce qui faisait son caract\u00e8re de puissance intransigeante, refusant tout compromis et toute n\u00e9gociation, suivant une r\u00e9solution ferme et une ligne intangible. D\u00e9sormais, Isra\u00ebl, qui avait un protecteur qu&rsquo;il menait au doigt et \u00e0 l&rsquo;il gr\u00e2ce \u00e0 sa duplicit\u00e9, se retrouve dans une \u00e9trange position d&rsquo;accommodement n\u00e9goci\u00e9e sinon soumis vis-\u00e0-vis d&rsquo;un acteur inattendu qui s&rsquo;est impos\u00e9 et qui a constitu\u00e9 \u00e0 une vitesse remarquable un non moins remarquable capital d&rsquo;autorit\u00e9, sans violence particuli\u00e8re, avec une notable \u00e9conomie de menaces, sans promesse d&rsquo;invasion, sans imposition de sanctions et sans exigence spasmodique de changement de r\u00e9gime ici ou l\u00e0. Le simple ballet des S-300 dont personne n&rsquo;est assur\u00e9 de l&rsquo;existence conduit un commentateur prestigieux \u00e0 recommander aux autorit\u00e9s de son pays de faire pression sur le protecteur principal pour qu&rsquo;il fasse des concessions majeures aux Russes. Netanyahou va-t-il donner instruction \u00e0 l&rsquo;AIPAC de manipuler ses s\u00e9nateurs et ses d\u00e9put\u00e9s washingtoniens dans le sens de se montrer plus aimables avec monsieur Poutine ? De ce point de vue, on peut alors sp\u00e9culer que tout projet d&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran, r\u00e9activ\u00e9 pour la ni\u00e8me fois depuis huit ans, serait d\u00e9sormais examin\u00e9 \u00e0 Moscou pour se heurter \u00e0 un avertissement sec et d\u00e9finitif avec menace de quelque transfert ou l&rsquo;autre de quincailleries mythiques du genre S-300, et que la chose p\u00e8serait lourd dans la d\u00e9cision finale.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 27 mai 2013 \u00e0 05H14<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le S-300 comme baguette magique Dans notre Bloc-Notes sur la guerre syrienne vue du point de vue de la G4G (le 25 mai 2013), nous notions l&rsquo;importance capitale du syst\u00e8me de la communication dans cette sorte de conflit qui \u00e9chappe \u00e0 tous les mod\u00e8les de guerre jusqu&rsquo;ici consid\u00e9r\u00e9s. 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