{"id":75010,"date":"2013-05-28T13:23:14","date_gmt":"2013-05-28T13:23:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/28\/diner-aux-chandelles-entre-2-ou-3-amis\/"},"modified":"2013-05-28T13:23:14","modified_gmt":"2013-05-28T13:23:14","slug":"diner-aux-chandelles-entre-2-ou-3-amis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/05\/28\/diner-aux-chandelles-entre-2-ou-3-amis\/","title":{"rendered":"D\u00eener aux chandelles, entre (2 ou 3 ?) amis"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">D&icirc;ner aux chandelles, entre (2 ou 3 ?) amis<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est effectivement dans un salon particulier d&rsquo;un restaurant tr\u00e8s chic du VII\u00e8me arrondissement que le ministre fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res Laurent Fabius a re\u00e7u \u00e0 d&icirc;ner, hier soir, ses coll\u00e8gues Lavrov et Kerry, respectivement de Russie et des USA. Fabius n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 comme ma&icirc;tre d&rsquo;h\u00f4tel mais comme h\u00f4te effectif, connaisseur de la bonne ch\u00e8re fran\u00e7aise, et m\u00eame comme participant \u00e0 la conversation qui portait exclusivement sur la crise syrienne vue de la lorgnette \u00e0 divers r\u00e9glages du bloc BAO et m\u00eame de la \u00ab\u00a0communaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9reusement \u00e9tendue \u00e0 la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Nous ricanons et faisons le mauvais esprit, &ndash; \u00e0 peine&#8230; Nous pouvons citer au moins deux textes, de bonne tenue et d&rsquo;excellente r\u00e9f\u00e9rence, qui pr\u00e9sentent ou mentionnent cette rencontre de Paris sans dire un seul mot du ministre fran\u00e7ais. A les lire, on croirait que Lavrov et Kerry ont choisi Paris pour se rencontrer comme ils auraient choisi, &ndash; disons Gen\u00e8ve (-II) ou Damas, par exemple&#8230; C&rsquo;est le cas de <em>Russia Today<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/rt.com\/news\/lavrov-kerry-syria-peace-829\/\">27 mai 2013<\/a>, qui titre (notre soulign\u00e9 en gras)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Take<\/em> <strong><em>two<\/em><\/strong><em>: Lavrov, Kerry working to broker redo of Syria peace conference<\/em>&raquo;, et qui commence son texte de cette fa\u00e7on : &laquo;<em>During their meeting in France, US Secretary of State John Kerry and Russian Foreign Minister Sergey Lavrov are expected&#8230;<\/em>&raquo; ;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>bla bla bla pour la suite, avec cette question anecdotique dans notre esprit : Fabius nulle part mentionn\u00e9, <em>k\u00e9sako<\/em>? L&rsquo;autre texte (du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2013\/05\/26\/talbotts-legacy-haunts-us-russia-ties\/\">26 mai 2013<\/a>) est de M K Bhadrakumar, plus g\u00e9n\u00e9ral et portant sur les relations Russie-USA, sur un aspect que nous abordons plus loin. Certes, M K Bhadrakumar mentionne d&rsquo;une fa\u00e7on marginale le d&icirc;ner dont nous parlons, mais nous voyons bien que, bien qu&rsquo;\u00e0 Paris, bien qu&rsquo;avec notre ministre, nulle mention au moins aimable n&rsquo;est faite de ce dernier, avec un style et dans un esprit qui font croire \u00e0 son inexistence et confirment l&rsquo;impression que, oui, la chose aurait effectivement pu avoir lieu \u00e0 Gen\u00e8ve (-II) ou \u00e0 Damas :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>[Kerry et Lavrov] &laquo;<em>&#8230; are having a candle light supper in Paris on Monday to figure out the actual modalities of the Geneva peace meet over Syria, now that they managed to shepherd the opposite sides towards the negotiating table. This is their fourth meeting in some twenty days. Amen.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Ainsi en est-il de la politique \u00e9trang\u00e8re fran\u00e7aise, du type \u00ab\u00a0<em>Lost in Translation<\/em>\u00ab\u00a0, qui semblerait d\u00e9sormais inexistante tant l&rsquo;\u00e9chec que lui imposent les circonstances de la situation vraie semble l&rsquo;avoir pulv\u00e9ris\u00e9e. Les habituelles \u00ab\u00a0sources\u00a0\u00bb du Quai d&rsquo;Orsay, pompeuses et s&ucirc;res d&rsquo;elles comme il se doit, arrivent \u00e0 faire porter le chapeau \u00e0 la Russie, comme d&rsquo;habitude objet de toutes les vindictes, mais avec une nuance qui nous rapproche du comique de l&rsquo;absurde puisque le reproche conduirait \u00e0 penser que son principal d\u00e9faut, voire sa principale faiblesse, \u00e0 la Russie, est d&rsquo;avoir ma&icirc;tris\u00e9 la complexe situation syrienne et d&rsquo;avoir r\u00e9ussi \u00e0 ouvrir la possibilit\u00e9 d&rsquo;un r\u00e8glement n\u00e9goci\u00e9 de la crise : &laquo;<em>&#8230; la Russie, elle, est obs\u00e9d\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9e de retrouver une place sur sc\u00e8ne internationale.<\/em>&raquo; Dr\u00f4le d&rsquo;obsession, qui permet \u00e0 la Russie de tenir ferme, et seule, une position principielle sur l&rsquo;affaire syrienne, et de s&rsquo;imposer comme la ma&icirc;tresse du jeu en d\u00e9fendant des principes qui sont dans la droite ligne de la doctrine gaullienne du respect de la souverainet\u00e9, &ndash; ce qui, \u00e9videmment, ne peut que scandaliser les Fran\u00e7ais, mais pour un tout autre motif&#8230; Tout de m\u00eame, quelques-uns, \u00e0 Paris, sont en train de s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;il se passe quelque chose de tr\u00e8s catastrophique pour la France, comme <em>Le Figaro<\/em> peu apr\u00e8s la rencontre Lavrov-Kerry \u00e0 Moscou. (Voir notamment l&rsquo;article du <em>Figaro<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2013\/05\/10\/01003-20130510ARTFIG00458-syrieparis-a-la-traine-du-tandem-russo-americain.php\">10 mai 2013<\/a>.) Quelques commentateurs, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas toujours lus si avis\u00e9s, se d\u00e9couvrent un bon sens nouveau, comme Georges Malbrunot, sur son <em>blog<\/em> du <em>Figaro<\/em>, le m\u00eame <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/blog.lefigaro.fr\/malbrunot\/2013\/05\/le-spectaculaire-revirement-fr.html\">10 mai 2013<\/a>, qui ex\u00e9cutait sans appel la politique fran\u00e7aise. Il en arrivait m\u00eame \u00e0 nous rappeler quelques pr\u00e9cisions int\u00e9ressantes, bonne \u00ab\u00a0pour l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb, quand on jugera la p\u00e9riode.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Depuis deux ans, la principale faiblesse de la position fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 au contraire de ne pas choisir clairement entre la diplomatie et les armes en Syrie, convaincue que les \u00ab\u00a0jours du r\u00e9gime \u00e9taient compt\u00e9s\u00a0\u00bb, selon une formule, qui n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage il faut le reconna&icirc;tre du Quai d&rsquo;Orsay. Cette pr\u00e9vision hasardeuse n&rsquo;\u00e9tait pas celle, non plus, de notre ambassadeur \u00e0 Damas Eric Chevallier qui \u00e9crivait dans des t\u00e9l\u00e9grammes dat\u00e9s des premiers mois de la r\u00e9volte que le r\u00e9gime \u00e9tait encore trop solide pour tomber, alors qu&rsquo;\u00e0 Paris son ministre de tutelle, Alain Jupp\u00e9, allait r\u00e9p\u00e9tant que les \u00ab\u00a0jours de Bachar el-Assad \u00e9taient compt\u00e9s\u00a0\u00bb. Un dysfonctionnement sur lequel des historiens se pencheront peut-\u00eatre un jour.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>En condamnant rapidement Assad \u00e0 compara&icirc;tre devant un Tribunal international, la France &ndash; c&rsquo;\u00e9tait toujours Alain Jupp\u00e9 en f\u00e9vrier 2012 &ndash; se coupait de toute possibilit\u00e9 de peser &ndash; \u00e0 la mesure de son poids &ndash; dans un processus diplomatique \u00e0 venir. \u00ab\u00a0Nous \u00e9tions pourtant bien plac\u00e9\u00a0\u00bb, regrette un ancien diplomate en poste \u00e0 Damas qui rappelle la lune de miel franco-syrienne entre 2008 et 2010.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Le \u00ab\u00a0dysfonctionnement\u00a0\u00bb entre le ministre et son ambassadeur sur place, entre d&rsquo;une part un Jupp\u00e9-Fabius vivant dans la <em>narrative<\/em>-Syst\u00e8me qui passionne les salons et d&rsquo;autre part la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, n&rsquo;est bien entendu ni une exception ni une circonstance de conjoncture. Si les Fran\u00e7ais s&rsquo;alignent sur le tandem Lavrov-Kerry, dans le fracas \u00e9touff\u00e9 d&rsquo;une des catastrophes les plus achev\u00e9es qu&rsquo;ait connue la diplomatie fran\u00e7aise, le \u00ab\u00a0dysfonctionnement\u00a0\u00bb n&rsquo;en continue pas moins. Cette fois, il vaut pour l&rsquo;Europe, et la France y a \u00e9videmment sa part, et l&rsquo;on sait combien, et l&rsquo;on sait dans quel sens, &ndash; \u00e0 deux, avec le Royaume-Uni en pointe absolument catastrophique, contre le reste. Il en a r\u00e9sult\u00e9 une esp\u00e8ce de monstre qui est une sorte d'\u00a0\u00bbaccord pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;accord\u00a0\u00bb, la fin de l&#8217;embargo UE sur les armes pour les rebelles syriens, une vague promesse informelle pour que rien ne soit fait avant le mois d&rsquo;ao&ucirc;t, et l&rsquo;Europe encore plus divis\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9 si c&rsquo;est possible. Disons, puisque c&rsquo;est de circonstance, que l&rsquo;Europe est au moins aussi divis\u00e9e que le sont, par exemple, les rebelles, et que la \u00ab\u00a0d\u00e9cision\u00a0\u00bb europ\u00e9enne, \u00e9ventuellement appuy\u00e9e sur la limite du mois d&rsquo;ao&ucirc;t, doit donner un argument de plus \u00e0 ceux des rebelles qui ne veulent pas aller aux n\u00e9gociations de Gen\u00e8ve-II, pour d\u00e9cid\u00e9ment n&rsquo;y pas aller ; le plus dr\u00f4le, c&rsquo;est que, dans la bouche du secr\u00e9taire au Foreign Office Hague, toute cette affaire de la lev\u00e9e de l&#8217;embargo des armes, c&rsquo;est pour \u00ab\u00a0forcer Assad \u00e0 n\u00e9gocier\u00a0\u00bb, &ndash; Assad qui devait dispara&icirc;tre dans les feux de l&rsquo;enfer avant qu&rsquo;on ne songe \u00e0 ouvrir la bouche pour n\u00e9gocier, Assad qui a fait savoir avant que Hague n&rsquo;ouvre la bouche dans le sens qu&rsquo;on entend, qu&rsquo;il \u00e9tait partant pour n\u00e9gocier \u00e0 Gen\u00e8ve-II&#8230; On peut lire le <em>Guardian<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2013\/may\/28\/uk-forced-eu-embargo-syria-rebel-arms\">28 mai 2013<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Europe&rsquo;s sanctions regime against Syria was plunged into uncertainty after Britain, backed by France, forced a lifting of the EU arms embargo on what it identifies as the moderate opposition to President Bashar al-Assad&#8230;<\/em> [..] <em>The long day of negotiations between the EU&rsquo;s 27 foreign ministers saw Britain and France opposing plans to shelve a decision on arming the opposition until August, while Austria and the Czech Republic spearheaded the opposition to the Anglo-French push, with the Czechs supporting the Israeli line against sending arms to Syria and the Austrians alarmed at the impact on their UN peacekeeping mission in the Golan Heights between Syria and Israel. Spindelegger said that Vienna would now have to reconsider its deployment on Golan. A withdrawal could see an Israeli rush to fill the UN vacuum, ratcheting up the tension in the region&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>The dispute over how to respond to the civil war in Syria has exposed deep divisions in Europe. Senior European officials say much of the debate is \u00ab\u00a0hypocritical\u00a0\u00bb because some of the countries calling for a lifting of the embargo do not have the weapons to deliver or have no intention of taking part. They also point out that the White House and the State Department appear to be similarly split between hawks and doves.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Le dernier point mentionn\u00e9 imm\u00e9diatement ci-dessus est indirectement mis en \u00e9vidence dans le texte de M K Bhadrakumar (du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2013\/05\/26\/talbotts-legacy-haunts-us-russia-ties\/\">26 mai 2013<\/a>) d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 plus haut ci-dessus. Le sujet du texte est le constat de ce qui semble \u00eatre une entente entre Lavrov et Kerry, en m\u00eame temps que le constat contradictoire de certains signes de renforcement de la fraction \u00ab\u00a0dure\u00a0\u00bb au sein de l&rsquo;administration Obama ; et m\u00eame, pour le cas cit\u00e9, non seulement entre le d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat et la Maison-Blanche, mais \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat avec la nomination inattendue de Victoria Nuland, femme du <em>neocon<\/em> Robert Kagan et porte-parole \u00e0 ce m\u00eame d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat jusque fin mars.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>But then, just when the Moscow-Washignton tango is getting to be noticed &mdash; and there are other signs too such as Obama&rsquo;s meeting with the visiting Russian secretary of the national security council Nikolai Patrushev &mdash; the US administration introduces a discordant note by announcing the nomination of Victoria Nuland, former state department spokesperson under Hillary Clinton&rsquo;s watch, as the new head of European and Eurasian Affairs at Faggy Bottom&#8230;<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>But what is jarring in her career graph is also that<\/em> [Nuland] <em>was the hand-picked aide to Strobe Talbott, the then all-important point person for Boris Yeltsin&rsquo;s Russia in the Bill Clinton administration. To cap it all, Nuland is also a former US ambassador to NATO &mdash; and, indeed, NATO&rsquo;s eastward expansion is the legacy of Talbott to the US&rsquo;s post-cold war diplomatic history, ignoring the prescient warnings by such iconic figures like George Kennan against such a move that would inflict lasting damage to the ties with Russia.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Lorsque Kerry est arriv\u00e9 au d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat, il \u00e9tait assur\u00e9 que Victoria Nuland allait perdre sa place de porte-parole (ce qui est fait) et qu&rsquo;elle quitterait l&rsquo;administration ; et voil\u00e0 son retour \u00e0 un poste plus important que celui de porte-parole, au m\u00eame d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat, et m\u00eame \u00e0 un poste clef o&ugrave; elle peut interf\u00e9rer sur les relations avec la Russie bien que cette puissance ne d\u00e9pende pas enti\u00e8rement de l&rsquo;administration de ses services dans l&rsquo;organigramme du d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat. Cette interf\u00e9rence est d&rsquo;autant plus probable que Nuland est professionnellement et id\u00e9ologiquement proche de l&rsquo;ambassadeur US \u00e0 Moscou, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-mcfaul_ambassadeur-syst_me_moscou_15_06_2012.html\">Michael McFaul<\/a>, les deux \u00e9tant \u00e0 la fois de tendance <em>neocon<\/em> et ayant \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par le m\u00eame Strobe Talbott que mentionne M K Bhadrakumar. (Talbott est un ancien journaliste, et sp\u00e9cialiste du contr\u00f4le des armements et de l&rsquo;URSS \u00e0 la fin de la guerre froide, pass\u00e9 au d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat et devenu id\u00e9ologue de l&rsquo;expansion \u00e0 l&rsquo;Est et de l'\u00a0\u00bbagression douce\u00a0\u00bb contre la Russie du temps de l&rsquo;administration Clinton. Talbott a notamment favoris\u00e9 la politique de pillage de la Russie par l&rsquo;hyper-capitalisme organis\u00e9 par la finance US et ses commandos universitaires de sp\u00e9cialistes en \u00e9conomie, le tout manipulant l&rsquo;accommodant Eltsine pour quelques verres de vodka.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ce changement de personnel signifie que John Kerry, si l&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;il veut mener une politique de rapprochement avec la Russie, dans tous les cas sur l&rsquo;affaire syrienne, est isol\u00e9 au d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat sur les politiques essentielles dont on parle, et principalement dans sa connexion vitale avec Moscou. Cela signifie dans tous les cas, quelle que soit son orientation, qu&rsquo;il ne contr\u00f4le pas les nominations de sa haute administration ; en effet, la nomination de Nuland est due \u00e0 des pressions des factions extr\u00e9mistes et <em>neocons<\/em> relay\u00e9es par les s\u00e9nateurs qui vont bien (McCain, Lindsay &#038; Cie), qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on inattendue et ont obtenu gain de cause, dans le chef d&rsquo;une administration qui se sent toujours vuln\u00e9rable face aux attaques lanc\u00e9es contre sa politique russe et sa politique syrienne, et qui est d&rsquo;ailleurs elle-m\u00eame divis\u00e9e face \u00e0 ces pressions puisque certaines fractions internes les relaient. Dans ce cas tr\u00e8s kafka\u00efen, on trouverait alors un Kerry isol\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de son minist\u00e8re, dans une position qui ne serait pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de celle d&rsquo;Obama, comme on peut sp\u00e9culer dans certains cas (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_candidat_obama_attaque_le_pr_sident_bho_24_05_2013.html\">24 mai 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le r\u00e9sultat (pour le cas USA) n&rsquo;est pas la promesse d&rsquo;une politique plus \u00ab\u00a0dure\u00a0\u00bb avec la nouvelle position de Nuland mais l&rsquo;apparition de nouvelles possibilit\u00e9s de blocage et d&rsquo;interf\u00e9rences, et peut-\u00eatre le renforcement de la paralysie dont Washington tente de se sortir depuis quelques semaines, dans tous les cas pour l&rsquo;affaire syrienne, et \u00e9ventuellement pour les relations avec la Russie. Le r\u00e9sultat (pour les USA et le reste, pour le bloc BAO \u00e0 la lumi\u00e8re des divers \u00e9v\u00e9nements consid\u00e9r\u00e9s ci-dessus, et aussi pour la Syrie), c&rsquo;est la probabilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9sordre encore plus grand puisque l&rsquo;effet g\u00e9n\u00e9ral des \u00e9v\u00e9nements des derni\u00e8res quarante-huit heures est la mise en route de nouveaux m\u00e9canismes de blocage ou d&rsquo;aggravation de la situation, malgr\u00e9 la poursuite de la pr\u00e9paration d&rsquo;une conf\u00e9rence Gen\u00e8ve-II par le tandem Lavrov-Kerry. La r\u00e9union Gen\u00e8ve-II appara&icirc;t de plus en plus comme une sorte de \u00ab\u00a0derni\u00e8re chance\u00a0\u00bb (certes, il y en a eu d&rsquo;autres dans la crise syrienne), et de plus en plus difficile \u00e0 rassembler malgr\u00e9 le ralliement des Fran\u00e7ais. (Mais, comme l&rsquo;\u00e9crit l&rsquo;avis\u00e9 Malbrunot, &laquo;<em>comme l&rsquo;issue \u00e0 court terme de ladite conf\u00e9rence est pour le moins incertaine, la France aura encore le loisir de changer de cap&hellip;<\/em>&raquo; ; c&rsquo;est assez bien vu, avec une ligne Hollande-Fabius de politique \u00e9trang\u00e8re aussi ferme que notre fameux et succulent \u00e9clair au chocolat.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce \u00ab\u00a0tour de table\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9ral a donc permis \u00e0 peu pr\u00e8s dans toutes les directions d&rsquo;observer que la politique du bloc BAO men\u00e9e jusqu&rsquo;ici a \u00e9t\u00e9 catastrophique, qu&rsquo;elle donne des r\u00e9sultats catastrophiques, avec m\u00eame la reconnaissance de certains des acteurs de cette politique de cet aspect catastrophique. Il a permis de constater que la seule solution est une n\u00e9gociation, n\u00e9cessairement avec Assad, et que Gen\u00e8ve-II est la seule issue visible et peut-\u00eatre la derni\u00e8re chance. Il permet de conclure que, <strong>par cons\u00e9quent<\/strong>, tout se passe comme s&rsquo;il y avait de fortes chances pour que l&rsquo;on continu\u00e2t de plus en plus dans cette direction de cette politique catastrophique, et d&rsquo;entrave dans les tentatives de n\u00e9gociation. Il permet de comprendre, en bref, que le processus de cause \u00e0 effet se fait bien, mais dans sens complet de l&rsquo;inversion, comme l&rsquo;affectionne le Syst\u00e8me en mode surpuissance-autodestruction : au plus l&rsquo;on constate la catastrophe, on plus l&rsquo;on en d\u00e9duit qu&rsquo;il faut poursuivre dans le sens de la catastrophe &#8230; On peut certes prier pour que survienne le \u00ab\u00a0miracle de Gen\u00e8ve-II\u00a0\u00bb, mais on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de constater que l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_facteur_crisique__30_04_2013.html\">embourbement crisique<\/a> est plus que jamais en action, et que l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_infraresponsabilit__06_04_2013.html\">infraresponsabilit\u00e9<\/a> semble bien l&rsquo;attitude psychologique favoris\u00e9e par l&rsquo;essentiel de nos directions politiques. Le d\u00e9sordre r\u00e8gne, et on ne voit aucune raison pour lui d\u00e9nier son empire. En un sens, il est la l\u00e9gitimit\u00e9 m\u00eame \u00ab\u00a0de l&rsquo;Empire\u00a0\u00bb (du Syst\u00e8me).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 28 mai 2013 \u00e0 13H22<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&icirc;ner aux chandelles, entre (2 ou 3 ?) amis C&rsquo;est effectivement dans un salon particulier d&rsquo;un restaurant tr\u00e8s chic du VII\u00e8me arrondissement que le ministre fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res Laurent Fabius a re\u00e7u \u00e0 d&icirc;ner, hier soir, ses coll\u00e8gues Lavrov et Kerry, respectivement de Russie et des USA. 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