{"id":75033,"date":"2013-06-10T07:47:43","date_gmt":"2013-06-10T07:47:43","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/06\/10\/inconnaissance-derdogan\/"},"modified":"2013-06-10T07:47:43","modified_gmt":"2013-06-10T07:47:43","slug":"inconnaissance-derdogan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/06\/10\/inconnaissance-derdogan\/","title":{"rendered":"Inconnaissance d&rsquo;Erdogan"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Inconnaissance d&rsquo;Erdogan<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t10 juin 2013  Commen\u00e7ons par le cas de notre ami M.K. Bhadrakumar, commentateur distingu\u00e9 des questions de relations internationales, ancien diplomate indien qui fut notamment ambassadeur, et pr\u00e9cis\u00e9ment ambassadeur en Turquie puisque c&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 nous voulons en venir. M.K. Bhadrakumar est manifestement oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US, aux m\u00e9thodes US, etc., et il ne cesse de critiquer son propre gouvernement (indien) pour n&rsquo;\u00eatre pas assez ferme contre les pressions US. De ce point de vue, il est plut\u00f4t pro-russe et, sans aucun doute, manifeste une extr\u00eame consid\u00e9ration pour les dirigeants russes, surtout Poutine et Lavrov. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 Bhadrakumar a gard\u00e9 un esprit type guerre froide et il n&rsquo;aime jamais plus une situation que lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;arrange selon des lignes diplomatiques d&rsquo;une entente raisonnable et r\u00e9aliste entre les deux superpuissances traditionnelles de l&rsquo;\u00e9poque Guerre froide ; nous consid\u00e9rerions plut\u00f4t ce dernier point de sa m\u00e9thode comme une faiblesse tant nous estimons que cette sorte de rapports est d\u00e9pass\u00e9, que l&rsquo;intrusion du Syst\u00e8me, la formation du bloc BAO, etc., ont chang\u00e9 tous les facteurs et interdisent un retour \u00e0 une telle diplomatie. Voil\u00e0 donc notre perception de la m\u00e9thodologie et du fondement du travail de commentateur de Bhadrakumar, qui indique pr\u00e9cis\u00e9ment combien il peut nous servir, \u00e0 nous, de r\u00e9f\u00e9rence utile.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il le peut, notamment \u00e0 propos de la crise turque, bien s\u00fbr, en raison de son exp\u00e9rience d&rsquo;ambassadeur et des contacts qu&rsquo;il a gard\u00e9 \u00e0 Ankara. Or, sa position est extr\u00eamement originale par rapport \u00e0 la ligne qu&rsquo;on serait tent\u00e9 de suivre dans cette affaire turque, si l&rsquo;on veut une ligne absolument antiSyst\u00e8me,  ce qui est notre cas. (Nous-m\u00eames, nous rangeons en g\u00e9n\u00e9ral le commentaire de Bhadrakumar effectivement selon cette ligne antiSyst\u00e8me, que cela soit ou non assum\u00e9 consciemment dans son chef.) M.K. Bhadrakumar a fait au moins deux textes sur la crise turque depuis qu&rsquo;elle a \u00e9clat\u00e9, un sur <em>Asia Times<\/em> (le <a href=\"http:\/\/www.atimes.com\/atimes\/Middle_East\/MID-01-050613.html\" class=\"gen\">5 juin 2013<\/a>), l&rsquo;autre sur son propre <em>blog<\/em> (<em>Indian PunchLine<\/em>), le <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2013\/06\/07\/turkeys-sultan-cracks-the-whip\/\" class=\"gen\">7 juin 2013<\/a>. Sa position est la suivante : Erdogan est victime d&rsquo;une attaque qui a la forme d&rsquo;une sorte de manuvre, ou un complot si l&rsquo;on veut, soutenue par les USA, qui est le fait d&rsquo;une fraction \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son gouvernement, avec le vice-Premier ministre Arin\u00e7 et le pr\u00e9sident G\u00fcl, tout cela sous l&rsquo;inspiration de Fetullah Gulen, grand intellectuel turc r\u00e9sidant aux USA que Arin\u00e7 a r\u00e9cemment <a href=\"http:\/\/www.todayszaman.com\/newsDetail_openPrintPage.action?newsId=316277\" class=\"gen\">salu\u00e9<\/a> comme la conscience de 75 millions de personnes en Turquie. Bien s\u00fbr et selon cette interpr\u00e9tation, Gulen serait l&rsquo;\u00e2me du complot ourdi par les USA, \u00e0 partir des USA, selon l&rsquo;orientation de l&rsquo;habituelle strat\u00e9gie de <em>regime change<\/em> bien connue des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But the attempt will fail because the AKP is Erdogan  and Erdogan is AKP. The party&rsquo;s phenomenal rise is almost entreily due to his charisma and political vision and his great organizing capacity.  There is a subtle attempt to project Erinc and Gul as founding fathers or members of the triumvira of the AKP, but it is a silly joke. It is Erdogan who fired up the Anatolian Turk and Erinc and Gul have been largely beneficiaries of Erdogan&rsquo;s rise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In essence, Erdogan has bluntly told Washington to back off. He is ignoring the admonitions by the Obama administration, which issued not less than 6 condemnatory statements in five days alone at the level of the White House and state department, including a demarche with Ankara to order investigation into the excessive use of force. The Obama administration made a grave error of judgment by encouraging Gulen to move against Erdogan. True, Erdogan is not the kind of person who can be trusted to pursue the American diktat. But then, he is a proud Turk and he knows he draws his strength from the people.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The contradiction here is that Erdogan also has a tryst with the New Middle East and it is at odds with the US&rsquo;s regional agenda. Washington&rsquo;s blueprint is to have islamic regimes backed by the legitimacy of elections replace the pro-western autocrats in the New Middle East so that regional stability and security is strengthened, but provided these Islamists are under American thumb. However, Egypt&rsquo;s Mohamed Morsi is showing that the islamists have a mind of their own, too. The US is disenchanted with Morsi. Now, Erdogan is a staunch supporter of Morsi and is himself an Islamist.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Again, Obama has failed to bring about a Israel-Turkey patch-up. Erdogan&rsquo;s visceral hatred of Israel is such that so long a he remains in power, Turkey&rsquo;s reconciliation with Israel is out of the question. Besides, Erdogan is threatening to visit Gaza despite Washington&rsquo;s warnings against it. All this puts US regional policies in a bind. Unsurprisingly, the American media, which is heavily under the Israeli Lobby&rsquo;s influence, is giving Erdogan hell in the current standoff.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If Erdogan smashes up this formidable challenge to his place in the history of Turkey and the Muslim world, it will be something like what Ronald Reagan famously said once in his address to the nation in 1984  You ain&rsquo;t seen nothing yet.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend combien tout cela interf\u00e8re avec plus ou moins de profondeur sur la position naturelle qui est prise dans cette crise turque, notamment par les commentateurs antiSyst\u00e8me dont nous sommes. On observera, et nous le rappelons en renvoyant \u00e0 notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_insaisissable_r_silience_le_cas_erdogan_03_06_2013.html\" class=\"gen\">3 juin 2013<\/a>, que nous ne faisons pas un proc\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Erdogan et que nous ne nous int\u00e9ressons gu\u00e8re \u00e0 la situation politique int\u00e9rieure en Turquie telle qu&rsquo;elle est, notamment dans le champ des positions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la direction politique, et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du parti AKP d&rsquo;Erdogan. La question de l&rsquo;islamisme du parti AKP par rapport aux tendances dites la\u00efques ou k\u00e9malistes, voire par rapport \u00e0 la question de la d\u00e9mocratie,  selon l&rsquo;interpr\u00e9tation-BAO qui fr\u00e9tille d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de cette sorte de d\u00e9bat soci\u00e9tal,  ne nous int\u00e9resse pas davantage. Pour l&rsquo;essentiel, notre appr\u00e9ciation de l&rsquo;une des causes centrales, voire de la cause principale de l&rsquo;ampleur prise par les \u00e9v\u00e9nements, est notre constat qu&rsquo;Erdogan a perdu sa l\u00e9gitimit\u00e9 en pervertissant brutalement une politique ext\u00e9rieure brillante, de type gaulliste, qui lui avait assur\u00e9 une position extr\u00eamement puissante et ferme, celle qu&rsquo;assure la l\u00e9gitimit\u00e9 justement Bien entendu, il s&rsquo;agit de la Syrie, comme nous l&rsquo;affirmions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_insaisissable_r_silience_le_cas_erdogan_03_06_2013.html\" class=\"gen\">3 juin 2013<\/a>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Erdogan avait construit sa l\u00e9gitimit\u00e9 en d\u00e9veloppant cette politique ext\u00e9rieure s&rsquo;orientant vers l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale, l&rsquo;\u00e9tablissement de liens hors bloc BAO (avec la Russie, avec l&rsquo;Iran), enfin la rupture avec Isra\u00ebl au nom de la condamnation de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 des actions de force isra\u00e9liennes, caract\u00e9ristiques de l&rsquo;id\u00e9al de puissance qui inspire toutes les vell\u00e9it\u00e9s d&rsquo;actes politiques du bloc BAO. Il avait ainsi construit un mod\u00e8le turc, absolument fond\u00e9 sur les principes de souverainet\u00e9 et d&rsquo;\u00e9quilibre des relations internationales (id\u00e9al de perfection, selon Guglielmo Ferrero) qui fondaient \u00e0 leur tour sa propre l\u00e9gitimit\u00e9. La Syrie a chang\u00e9 tout cela, en d\u00e9couvrant certainement un probl\u00e8me individuel de caract\u00e8re et de perversion psychologique dans le chef d&rsquo;Erdogan, interf\u00e9rant gravement sur la brillante dimension collective d&rsquo;un destin&#8230;<\/em> [] <em>Erdogan a donc troqu\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 qui implique la domestication de la force par l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;\u00e9quilibre des producteurs de force que sont les nations et autres entit\u00e9s, au profit d&rsquo;une ambition h\u00e9g\u00e9monique relevant effectivement de l&rsquo;id\u00e9al de puissance et, dans son chef personnel, d&rsquo;un d\u00e9s\u00e9quilibre psychologique dont l&rsquo;hubris est une des productions les plus d\u00e9vastatrices. Le r\u00e9sultat net, absolument paradoxal, a \u00e9t\u00e9 que la Turquie est retomb\u00e9e, par la voie de l&rsquo;imbroglio syrien, dans l&rsquo;orbite du bloc BAO (USA, OTAN, Isra\u00ebl, etc.) <\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Notre conviction est que cet aspect puissant de l&rsquo;\u00e9volution turque et de l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;Erdogan joue un r\u00f4le fondamental dans la crise actuelle, o\u00f9 aspects int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur se m\u00e9langent pour organiser la perception d&rsquo;un dirigeant politique l\u00e9gitime perverti dans la d\u00e9l\u00e9gitimation, et instituer un jugement de condamnation que nourrit la psychologie ainsi orient\u00e9e. C&rsquo;est bien la dissolution puis l&rsquo;entropisation de la l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;Erdogan qui assurait son autorit\u00e9, qui ont conduit par contraste \u00e0 l&rsquo;affirmation d&rsquo;un autoritarisme ill\u00e9gitime, qui alimente la revendication et la col\u00e8re populaires<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne retirons pas une ligne de ce commentaire, qui assure qu&rsquo;il y a au d\u00e9part de la crise turque ce <strong>malaise<\/strong> de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 ; cela ne contredit pas absolument M.K. Bhadrakumar, qui ne fait pas du complot USA-Gulden la cause de tous les \u00e9v\u00e9nements, sans d&rsquo;ailleurs pr\u00e9ciser exactement son appr\u00e9ciation. Il y a, pour nous, l&rsquo;observation qu&rsquo;on peut trouver une explication acceptable de compromis des deux analyses en avan\u00e7ant que le complot n&rsquo;a fait que prendre le train en marche d&rsquo;une contestation que nous jugeons et continuons \u00e0 juger comme politiquement spontan\u00e9e, et psychologiquement explicable \u00e0 partir du malaise de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9. (Malaise de l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9, donc malaise du \u00e0 la politique syrienne d&rsquo;Erdogan puisque cette politique l&rsquo;a d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Les seuls points pr\u00e9cis o\u00f9 il peut y avoir contestation, d\u00e9saccord formel entre Bhadrakumar et nous, se trouvent dans l&rsquo;\u00e9valuation que nous donnons de la position du pr\u00e9sident G\u00fcl, que nous jugeons plut\u00f4t  adversaire de la politique syrienne d&rsquo;Erdogan, et par cons\u00e9quent plut\u00f4t anti-US, comme certains faits ont sembl\u00e9 le montrer. Sur ce point, Bhadrakumar est d&rsquo;un avis compl\u00e8tement oppos\u00e9, et nous devons prendre en compte sa profonde connaissance du monde politique turc, ce qui implique la possibilit\u00e9 d&rsquo;une erreur de notre part. Ce n&rsquo;est de toutes les fa\u00e7ons pas essentiel.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, il est remarquable d&rsquo;observer que, dans sa d\u00e9fense d&rsquo;Erdogan, Bhadrakumar ne dit pas grand&rsquo;chose, et dans tous les cas rien du tout dans son texte sur <em>Indian PunchLine<\/em>, de la politique syrienne d&rsquo;Erdogan ; surtout, il n&rsquo;en fait \u00e0 aucun moment d&rsquo;appr\u00e9ciation critique, se contentant de la citer pour signaler la position de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre acteur par rapport \u00e0 Erdogan. Or, dans plusieurs textes depuis l&rsquo;engagement syrien d&rsquo;Erdogan et pr\u00e9c\u00e9dant les \u00e9v\u00e9nements actuels , et notamment dans celui dont nous nous faisions l&rsquo;\u00e9cho le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-impressions_de_la_catastrophique_nigme_turque_30_04_2012.html\" class=\"gen\">30 avril 2012<\/a>, M.K. Bhadrakumar d\u00e9plorait dans des termes cat\u00e9goriques et d&rsquo;une grande force la d\u00e9rive syrienne de la Turquie, et particuli\u00e8rement d&rsquo;Erdogan, exactement selon la m\u00eame analyse que nous faisons : si brillant (si brillamment antiSyst\u00e8me) jusque l\u00e0, Erdogan s&rsquo;est compl\u00e8tement perdu dans ce cas jusqu&rsquo;\u00e0 se retrouver dans le sillage des USA ; Erdogan, litt\u00e9ralement, a perdu le Nord. (Ce qui est traduit par nous par le constat d\u00e9sol\u00e9 qu&rsquo;il a perdu sa l\u00e9gitimit\u00e9 en abandonnant <em>de facto<\/em> son orientation antiSyst\u00e8me.)   <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But Turkey is getting things horribly wrong in its foreign policy. The curious thing is that Erdogan&rsquo;s foreign policy lacks a national consensus and yet this politician who is an ardent democrat is nonchalantly pressing ahead. The intellectuals I met are aghast that Turkey is reclaiming its Ottoman legacy and is needlessly getting entangled in the Muslim Middle East.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Isn&rsquo;t Turkey<\/em> <strong><em>following the footsteps of the US<\/em><\/strong><em>  getting bogged down in quagmires some place else where angels fear to tread, and somewhere along the line losing the plot? I feel sorry for this country and its gifted people. When things have been<\/em> <strong><em>going so brilliantly well, Erdogan has lost his way.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM.K. Bhadrakumar ne s&rsquo;explique pas de tout cela : pourquoi et comment Erdogan, a-t-il perdu le Nord ? Pourquoi et comment Erdogan le retrouverait-il, ce qui est n\u00e9cessairement implicite dans le jugement que fait M.K. Bhadrakumar de la crise turque puisqu&rsquo;il place <strong>\u00e0 nouveau<\/strong> Erdogan, qui s&rsquo;\u00e9tait fourvoy\u00e9 dans le sillage des USA, en opposition \u00e0 ces m\u00eames USA, dans une vertu antiSys\u00e8me qu&rsquo;il aurait effectivement retrouv\u00e9e ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour l&rsquo;instant nous n&rsquo;avons pas de r\u00e9ponse. Nous n&rsquo;avons aucune raison de croire que M.K. Bhadrakumar, de son c\u00f4t\u00e9, <em>has lost his way<\/em>. Il reste absolument consistant dans son appr\u00e9ciation critique des USA, de leur politique d&rsquo;interventionnisme humanitariste si compl\u00e8tement d\u00e9structurante et dissolvante, bref dans ce que nous jugeons \u00eatre sa ligne antiSyst\u00e8me. On le voit bien dans son dernier commentaire (du <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2013\/06\/08\/obama-rocks-foreign-policy-pundits\/\" class=\"gen\">8 juin 2013<\/a>) sur la nomination de Rice et de Power, qui rencontre parfaitement le notre (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_choisit_un_antid_presseur_massif_pour_sa_d_pression_syrienne_06_06_2013.html\" class=\"gen\">6 juin 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The appointment of Susan Rice as national security advisor and of Samantha Power as the envoy to the United Nations becomes extremely intriguing because it doesn&rsquo;t fit into a straitjacket<\/em> [] <em>But Obama would know he is letting loose two cats among pigeons  secretaries of state and defence, John Kerry and Chuck Hagel. Rice and Power by their record are the very antithesis of Kerry and Hagel. They are two noisy exponents of the doctrine of interventionism and had a whale of a time with Hillary Clinton around<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>One would like to be a fly on the wall when or if Rice gets around to a face-to-face meeting with Russia&rsquo;s Vladimir Putin or China&rsquo;s Xi Jinping. Her predecessor Thomas Donilon felt at ease in Beijing and Moscow.  Donilon is leaving behind a commendable legacy in piloting the US foreign policy through a transformative period in history, which Rice will be hard-pressed to match<\/em> [W]<em>hat went on in Obama&rsquo;s complicated mind by introducing two contrarian personalities into his foreign policy team at this point when the world is turning around in its axis? He would know that an inner harmony is useful when coping with such utter disharmony abroad and the US needs to navigate its way forward to a new era where it is a much lesser superpower than during the past several decades<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La Turquie est entr\u00e9e dans la crise du Syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes donc face \u00e0 une \u00e9nigme, qui n&rsquo;est pas catastrophique ni fondamentale, loin de l\u00e0, qui repr\u00e9sente m\u00eame une remarquable opportunit\u00e9 de pr\u00e9ciser aussi bien un commentaire politique qu&rsquo;une m\u00e9thodologie d&rsquo;analyse. Nous notons bien entendu que les deux partis ont de bons arguments : M.K. Bhradakumar a ses qualit\u00e9s de commentateur antiSyst\u00e8me dont nous sommes parfaitement conscients, il a sa connaissance aigue du monde politique turc, ses r\u00e9seaux, la confiance dont il b\u00e9n\u00e9ficie dans ces milieux comme ancien diplomate indien, enfin une explication consistante de la th\u00e8se qu&rsquo;il expose selon laquelle le parti antiSyst\u00e8me (anti-US) est du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Erdogan. Il y a de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 la politique syrienne voulue et conduite par Erdogan, qui l&rsquo;a ramen\u00e9 dans le sillage des USA, comme s&rsquo;il avait perdu le Nord, et donc lui a fait prendre une politique contraire \u00e0 la logique antiSyst\u00e8me (choses que Bhadrakumar \u00e9tait le premier \u00e0 d\u00e9noncer <em>in illo tempore<\/em>). L&rsquo;\u00e9nigme est donc pour nous, pour l&rsquo;instant, ind\u00e9chiffrable, et il serait stupide et vain de vouloir la d\u00e9chiffrer parce qu&rsquo;elle doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>accessoire<\/strong>, conduisant \u00e0 faire de la recherche de sa r\u00e9solution une perte de temps et une cause de d\u00e9sordre intellectuel d\u00e9pla\u00e7ant le centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;essentiel \u00e0 l&rsquo;accessoire. Nous allons donc affirmer compl\u00e8tement, pour cette question <strong>accessoire<\/strong> de la compr\u00e9hension de l&rsquo;affrontement politique turc, une posture d&rsquo;inconnaissance. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Nous allions \u00e9crire nous allons nous r\u00e9fugier dans l&rsquo;inconnaissance, pour cette question <strong>accessoire<\/strong>. Nous avons prestement modifi\u00e9 notre intention. L&rsquo;inconnaissance n&rsquo;est pas une un refuge, comme si nous parlions d&rsquo;une posture d\u00e9fensive, d&rsquo;un repli, d&rsquo;un recul avec la d\u00e9cision d&rsquo;abandonner une position qui serait celle de la compr\u00e9hension g\u00e9n\u00e9rale de la situation. Au contraire, l&rsquo;inconnaissance est une position de plus grande hauteur, qui permet de mieux distinguer pour l&rsquo;\u00e9carter l&rsquo;<strong>accessoire<\/strong> o\u00f9 l&rsquo;on se perd en vain, au nom d&rsquo;une pr\u00e9tention \u00e0 tout vouloir expliquer. C&rsquo;est une position de renforcement d\u00e9cisif et non de refuge.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSorti de cette querelle qui reste une \u00e9nigme accessoire, il nous reste deux convictions essentielles. Elles structurent notre raisonnement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La premi\u00e8re de ces convictions est que la crise turque a d\u00e9marr\u00e9 sur un accident qui ne pouvait \u00eatre pr\u00e9vue (on conna\u00eet les circonstances), et donc qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par une manuvre, une manigance, un complot, etc. (Tout le monde pronostiquait la probabilit\u00e9 d&rsquo;une crise turque \u00e0 cause de la crise syrienne, mais selon une op\u00e9rationnalit\u00e9 de proximit\u00e9 et de circonstances politiques connues : soit des incidents pr\u00e8s de la fronti\u00e8re syrienne, avec les r\u00e9fugi\u00e9s et la pr\u00e9sence turbulente et m\u00e9prisante pour la souverainet\u00e9 nationale turque des r\u00e9fugi\u00e9s et rebelles islamistes ; soit un tour catastrophique du probl\u00e8me kurde, provoquant des incidents et des remous graves en Turquie.) S&rsquo;il y a \u00e9ventuellement ceci et cela,  manuvre, manigance, complot,  c&rsquo;est, selon la doctrine du je prends le train en marche, apr\u00e8s que la crise ait d\u00e9marr\u00e9. Pour l&rsquo;explication fondamentale,  car nous en avons une \u00e0 proposer,  nous nous reportons \u00e0 la psychologie. Pour nous, la Turquie vit dans un \u00e9tat de malaise profond depuis pr\u00e8s de deux ans, \u00e0 cause de la crise syrienne, pour les raisons qu&rsquo;on va voir plus loin. Ce malaise implique une tension psychologique forte, qui touche tout le monde, peut s&rsquo;exprimer dans toutes les circonstances et porter sur n&rsquo;importe quel sujet, susciter par cons\u00e9quent des effets compl\u00e8tement inattendues et hors de proportions avec les causes apparentes, toutes choses qui n&rsquo;auraient pas n\u00e9cessairement de connexion directe avec la crise syrienne. C&rsquo;est la th\u00e8se que nous identifierions, temporairement dans tous les cas, comme une extension crisique erratique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La seconde de ces convictions est la reprise et l&rsquo;extension \u00e0 la lumi\u00e8re du sujet de cette analyse de la th\u00e8se d\u00e9velopp\u00e9e le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_insaisissable_r_silience_le_cas_erdogan_03_06_2013.html\" class=\"gen\">3 juin 2013<\/a>. Nous confirmons donc absolument notre th\u00e8se qu&rsquo;il y aurait bien eu d\u00e9l\u00e9gitimation d&rsquo;Erdogan, exclusivement \u00e0 cause de sa politique syrienne. La tension provoqu\u00e9e en Turquie par la crise syrienne s&rsquo;est renforc\u00e9e par cette perte de l\u00e9gitimit\u00e9, et s&rsquo;est exprim\u00e9e a cet \u00e9gard, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue comme le malaise que nous avons mentionn\u00e9. Par cons\u00e9quent, toute r\u00e9action de protestation, de contestation, pour quelque motif que ce soit, le plus futile du monde \u00e9ventuellement, si elle se d\u00e9roulait dans une circonstance psychologique o\u00f9 existerait une \u00e9quation favorable \u00e0 l&rsquo;exacerbation du malaise (donc de la protestation et de la contestation), s&rsquo;exprimerait n\u00e9cessairement contre et \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel constitutif de ce malaise,  \u00e0 savoir la personnalit\u00e9 d&rsquo;Erdogan dans ceci qu&rsquo;il a perdu sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 cause de sa politique syrienne. Cela vaut pour le d\u00e9marrage de la crise qui tend \u00e0 fixer les positions, quelle que soient l&rsquo;\u00e9volution des choses, et quelle que soit la validit\u00e9 de tout ce qu&rsquo;\u00e9voque Bhradakumar en fait de manuvre, manigance ou complot contre Erdogan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA la lumi\u00e8re de ces constats et sans nous attacher au destin de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, ni m\u00eame aux \u00e9volutions politiques possibles dans le court terme en question, nous observons qu&rsquo;il nous para\u00eet tr\u00e8s probable que la crise ouverte en Turquie n&rsquo;est pas r\u00e9duite aux \u00e9carts et aux soubresauts de la rue mais qu&rsquo;elle concerne \u00e9galement le personnel politique, y compris \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du gouvernement et du parti AKP. Ce constat vaut selon le sch\u00e9ma de Bhadrakumar, ou m\u00eame sans ce sch\u00e9ma, dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9l\u00e9gitimation d&rsquo;Erdogan rejaillit sur toute la direction politique et incite n\u00e9cessairement \u00e0 des actions. C&rsquo;est dire si la crise turque est loin d&rsquo;\u00eatre achev\u00e9e, m\u00eame si la rue devait s&rsquo;apaiser ou jouer un r\u00f4le secondaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cas tr\u00e8s probable sinon acquis o\u00f9 la crise de la rue se double d&rsquo;une crise politique, il nous para\u00eet manifeste que la politique syrienne jouerait, directement ou indirectement, un r\u00f4le majeur, par elle-m\u00eame bien entendu mais aussi parce qu&rsquo;elle est un composant majeur de l&rsquo;attitude de la Turquie vis-\u00e0-vis des USA et que cet ensemble (crise syrienne et question des relations entre la Turquie et les USA) est aujourd&rsquo;hui le cur dynamique de toute probl\u00e9matique en Turquie et constitue la cause principale du malaise que conna\u00eet ce pays. Dans ce cas encore, l&rsquo;enjeu central serait la capacit\u00e9 ou non d&rsquo;Erdogan \u00e0 r\u00e9tablir sa l\u00e9gitimit\u00e9, cette l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9tant n\u00e9cessairement li\u00e9e \u00e0 la souverainet\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale, donc \u00e0 une prise de distance vis-\u00e0-vis des USA qui ne pourrait se faire principalement que par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;\u00e9volution des relations de la Turquie avec la crise syrienne. Si Erdogan est bien celui que d\u00e9peint Bhadrakumar, il lui faudra retrouver le Nord et sortir vite fait du sillage des USA sur cette question, et cela se mesurera n\u00e9cessairement dans la politique syrienne de la Turquie  De m\u00eame des adversaires d&rsquo;Erdogan, qui devront se situer par rapport \u00e0 cette probl\u00e9matique de la crise syrienne et des relations avec les USA ; qu&rsquo;ils agissent ou pas comme pr\u00eate-nom des USA, ou alli\u00e9s des USA, il leur faudra, \u00e0 eux aussi, se d\u00e9terminer par rapport \u00e0 la rue et au malaise de la d\u00e9l\u00e9gitimation, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre par rapport \u00e0 la crise syrienne et, par cons\u00e9quent, par rapport aux relations avec les USA. Ce serait l\u00e0 un paradoxe pour eux, tels qu&rsquo;ils sont catalogu\u00e9s par Bhadrakumar : s&rsquo;ils veulent l&#8217;emporter sur Erdogan, ils ne pourront le faire qu&rsquo;en attirant sur eux la l\u00e9gitimit\u00e9 perdue par Erdogan, donc en adoptant une politique syrienne qui prenne ses distances de la politique des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La m\u00eame chose pourrait \u00eatre dite de l&rsquo;arm\u00e9e, si l&rsquo;arm\u00e9e devait intervenir dans le d\u00e9bat, selon les circonstances, les opportunit\u00e9s et les volont\u00e9s en jeu et malgr\u00e9 son affaiblissement politique cons\u00e9cutif aux mesures prises ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Finalement comme toute force \u00e0 pr\u00e9tention politique \u00e9ventuelle, l&rsquo;arm\u00e9e devrait elle aussi jouer dans le sens d&rsquo;une l\u00e9gitimation selon les conditions d\u00e9crites ci-dessus, par rapport \u00e0 la question de la l\u00e9gitimit\u00e9, parce que le temps de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me ne laisse d&rsquo;autre voie pour s&rsquo;imposer dans le sens d&rsquo;un apaisement du d\u00e9sordre public dont cette crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me est elle-m\u00eame la cause par l&rsquo;interm\u00e9diaire du d\u00e9sordre de la guerre syrienne. Ce d\u00e9sordre public s&rsquo;\u00e9tant install\u00e9 \u00e0 la suite du fait de la d\u00e9l\u00e9gitimation [d&rsquo;Erdogan dans ce cas, dans les circonstances qu&rsquo;on a vues], il ne peut \u00eatre r\u00e9duit d&rsquo;une fa\u00e7on satisfaisante que par un r\u00e9tablissement de la l\u00e9gitimit\u00e9. Si cela n&rsquo;est pas rencontr\u00e9, il s&rsquo;agirait d&rsquo;une action de force et de contrainte, et le d\u00e9sordre ressurgirait \u00e0 la premi\u00e8re occasion. Pour le d\u00e9tail de l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e0 peine \u00e9voqu\u00e9e aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;intervention de l&rsquo;arm\u00e9e, c&rsquo;est une \u00e9nigme de plus qu&rsquo;on laisse \u00e0 l&rsquo;inconnaissance, c&rsquo;est-\u00e0-dire une \u00e9nigme accessoire&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit de la seule question de la situation politique en Turquie, il nous para\u00eet \u00e9galement \u00e9vident que l&rsquo;actuelle crise turque entrera n\u00e9cessairement, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, dans les eaux d&rsquo;un d\u00e9bat sur la politique syrienne de la Turquie, et par cons\u00e9quent un d\u00e9bat sur les relations entre la Turquie et les USA. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire moderne de la Turquie qu&rsquo;un tel d\u00e9bat (les relations avec les USA) aurait lieu, au niveau politique et, indirectement au niveau de la rue. (M\u00eame lorsqu&rsquo;Erdogan mena cette politique qui le l\u00e9gitima, d&rsquo;une prise de distance des USA, il n&rsquo;y eut pas de d\u00e9bat \u00e0 cet \u00e9gard.) Ce d\u00e9bat serait naturellement marqu\u00e9 par la question de la l\u00e9gitimit\u00e9, et des principes qui en d\u00e9pendent, que le comportement d&rsquo;Erdogan (aussi bien dans sa premi\u00e8re p\u00e9riode, lorsqu&rsquo;il a acquis sa l\u00e9gitimit\u00e9, que depuis 2011, lorsqu&rsquo;il a perdu cette l\u00e9gitimit\u00e9 dans la crise syrienne) met n\u00e9cessairement en avant. Le d\u00e9bat serait alors passionnant puisqu&rsquo;il deviendrait fondamentalement principiel, rejoignant le cur de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. D&rsquo;un point de vue annexe, tactique si l&rsquo;on veut, on observerait que les USA, irr\u00e9ductibles ennemis de toute politique principielle, ont tout \u00e0 perdre d&rsquo;un tel d\u00e9bat en Turquie, donc tout \u00e0 perdre de la crise turque actuelle. (Qu&rsquo;ils l&rsquo;aient \u00e9ventuellement aid\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper ne contredit rien de ce qui pr\u00e9c\u00e8de : nous sommes habitu\u00e9s \u00e0 de telles erreurs absolument grossi\u00e8res de la part des USA, qui ignorent tout de la question des principes et en sont les ennemis par leur nature am\u00e9ricaniste m\u00eame.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour conclure, nous devons remarquer combien est grande la puissance de la crise syrienne pour ses environs, sans pourtant qu&rsquo;elle soit n\u00e9cessairement une crise \u00e0 expansion g\u00e9ographique et politique r\u00e9guli\u00e8re comme on pr\u00e9voit en g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;elle va devenir. C&rsquo;est pourquoi nous d\u00e9finissons son activit\u00e9 d&rsquo;influence comme une extension crisique erratique, parce que ses effets sont impr\u00e9visibles et non identifiables dans l&rsquo;espace et dans le temps, qu&rsquo;ils interviennent comme des projections \u00e0 distance, sur des th\u00e8mes inattendus, et essentiellement selon une tension psychologique av\u00e9r\u00e9e. Cette capacit\u00e9 que nous reconnaissons \u00e0 la crise syrienne, ou \u00e0 la guerre syrienne comme nous l&rsquo;appelons \u00e9galement, vient de sa sp\u00e9cificit\u00e9 si particuli\u00e8re, dont nous avons propos\u00e9 l&rsquo;identification avec sa transmutation en un composant majeur, sinon le composant principal conjoncturel actuel de la crise haute (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_guerre_insaisissable__01_06_2013.html\" class=\"gen\">1er juin 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Turquie a donc effectivement \u00e9t\u00e9 investie psychologiquement par la crise syrienne, en tant que guerre syrienne transmut\u00e9e en crise haute, et donc la Turquie est investie en mode actif par la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_insaisissable_r_silience_le_cas_erdogan_03_06_2013.html\" class=\"gen\">3 juin 2013<\/a> : \u00ab<em>L&rsquo;on voit donc que la crise turque, puisque crise il y a finalement, rejoint la cohorte des autres crises rassembl\u00e9es et exacerb\u00e9es par l&rsquo;insaisissable guerre syrienne, comme une des expressions de la crise haute et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/em>\u00bb) A Erdogan, si l&rsquo;analyse de Bhadrakamar est bonne, d&rsquo;en faire son miel, et il ne pourrait y parvenir que d&rsquo;une seule fa\u00e7on qui est de se re-l\u00e9gitimiser en \u00e9pousant le fondement principiel des \u00e9v\u00e9nements en cours, c&rsquo;est-\u00e0-dire en abandonnant l&rsquo;utopie expansionniste, autoritariste, inspir\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance, de sa politique syrienne. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAdress\u00e9es le 4 juin, le lendemain d&rsquo;une chute de 10,5% de la bourse d&rsquo;Ankara, \u00e0 une assembl\u00e9e de l&rsquo;Association des Investisseurs Internationaux en Turquie, ces paroles du pr\u00e9sident G\u00fcl se voulaient ironiques et rassurantes \u00e0 la fois \u00ab<em>Two years ago in London, cars were burned and shops were looted because of similar reasons. During revolts in Spain due to the economic crisis, people filled the squares. The Occupy Wall Street movement continued for months in the United States. What happens in Turkey is similar to these countries<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela est au fond tr\u00e8s juste et particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9lateur mais nous nous demandons avec un certain scepticisme et m\u00eame un scepticisme certain s&rsquo;il faut y voir de quoi rassurer les investisseurs d&rsquo;un syst\u00e8me en d\u00e9route erratique et chaotique. Qu&rsquo;il l&rsquo;ait r\u00e9alis\u00e9 ou pas, G\u00fcl signifiait \u00e0 ses auditeurs que la Turquie est entr\u00e9e en part tr\u00e8s active dans la grande crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me, et l&rsquo;on peut penser qu&rsquo;il y a des nouvelles plus rassurantes que celle-l\u00e0 pour les investisseurs qui ont n\u00e9cessairement partie li\u00e9e avec le Syst\u00e8me. Voil\u00e0 donc la grande nouvelle,  la Turquie entr\u00e9e en part tr\u00e8s active dans la grande crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. C&rsquo;est bien entendu le principal enseignement de la crise turque, le seul qui vaille d&rsquo;\u00eatre reconnu et retenu \u00e0 partir de notre posture d&rsquo;inconnaissance, Erdogan ou pas, manuvres am\u00e9ricanistes et finaudes ou pas ; c&rsquo;est aussi le principal enseignement que notre posture d&rsquo;inconnaissance nous permet de distinguer, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 l&rsquo;accessoire de l&rsquo;\u00e9cume des jours. Gr\u00e2ce en soit rendue \u00e0 la crise syrienne, dit guerre syrienne qui a fait na\u00eetre tant de r\u00eaves trompeurs chez le Premier ministre turc.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Inconnaissance d&rsquo;Erdogan 10 juin 2013 Commen\u00e7ons par le cas de notre ami M.K. Bhadrakumar, commentateur distingu\u00e9 des questions de relations internationales, ancien diplomate indien qui fut notamment ambassadeur, et pr\u00e9cis\u00e9ment ambassadeur en Turquie puisque c&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 nous voulons en venir. M.K. Bhadrakumar est manifestement oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie US, aux m\u00e9thodes US, etc., et il&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4646,12221,3228,2803,7725,12222,5714,3867,3014,2613],"class_list":["post-75033","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-antisysteme","tag-bhradakumar","tag-crise","tag-effondrement","tag-gul","tag-gulen","tag-haute","tag-syrie","tag-systeme","tag-turquie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75033","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75033"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75033\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75033"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75033"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75033"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}