{"id":75048,"date":"2013-06-17T14:22:28","date_gmt":"2013-06-17T14:22:28","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/06\/17\/le-trou-du-sujet\/"},"modified":"2013-06-17T14:22:28","modified_gmt":"2013-06-17T14:22:28","slug":"le-trou-du-sujet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/06\/17\/le-trou-du-sujet\/","title":{"rendered":"Le trou du sujet"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Le trou du sujet<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;homme se sent sujet, se veut sujet, ne trouve d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 la vie qu&rsquo;\u00e0 la condition d&rsquo;\u00eatre un <strong>moi<\/strong>, et cela, m\u00eame si la psychologie lui dit que cette dimension est illusoire. La femme elle, ne donne pas priorit\u00e9 au moi, mais au <em>senti<\/em>, \u00e0 l&rsquo;<em>animique<\/em>, au <em>v\u00e9cu<\/em>. Bien que sensitive et sujette \u00e0 m\u00e9priser le sujet, elle est pourtant aussi candidate farouche \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection \u00ab mo\u00efque \u00bb ! Toutefois, son intuition sup\u00e9rieure lui dit que dans ce moi se cache un vide. Si bien qu&rsquo;elle porte en elle une passion pour l&rsquo;\u00eatre et pour le non-\u00eatre. Elle s&rsquo;en accommode d&rsquo;autant mieux que percevant l&rsquo;<em>hybris<\/em> en lequel l&rsquo;homme se vit en tant que maitre absolu de lui-m\u00eame, elle utilise cet hybris. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge elle comprend que ce \u00ab faux-plein \u00bb peut servir son \u00ab genre \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPr\u00e9coce, elle jouit de se proposer \u00e0 l&rsquo;homme en faux sujet, feint de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;objet, jouit d&rsquo;\u00eatre cet objet du d\u00e9sir que l&rsquo;offrande de son corps engendre. Elle dispose du d\u00e9sir de l&rsquo;homme, alors que l&rsquo;homme ne peut proposer \u00e0 la femme que de lui faire satisfaire le sien sans certitude qu&rsquo;il le sera. Il est <em>demande<\/em>, elle lui est l&rsquo;<em>offre<\/em>. Dans le jargon de l&rsquo;\u00e9conomie, elle fait une politique de l&rsquo;offre et l&rsquo;homme n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que de se plier \u00e0 la politique de la demande. Comme tout consommateur, il est donc <strong>\u00e0 la merci de l&rsquo;offre<\/strong>. La soci\u00e9t\u00e9 <em>de consommation<\/em> est une soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;offre, elle est donc bien une soci\u00e9t\u00e9 pro-femme, une soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9ministe qui inscrit le d\u00e9sir humain dans un marchandage permanent, dans une offre illimit\u00e9e et toujours renouvel\u00e9e. Si illimit\u00e9e, si renouvel\u00e9e, que le pauvre consommateur, tiraill\u00e9e \u00e0 hue et \u00e0 dia, se d\u00e9truit par elle et en elle. Par ce jeu, la consommatrice se d\u00e9truit aussi, mais elle n&rsquo;en a cure. Hegel sup\u00e9rieur, elle jouit d&rsquo;\u00eatre fausse esclave du maitre dont elle est le vrai Ma\u00eetre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRares sont ceux qui per\u00e7oivent l&rsquo;ad\u00e9quation entre la f\u00e9minisation de la soci\u00e9t\u00e9 et le triomphe du capitalisme mondialis\u00e9 dont la politique est une politique de l&rsquo;offre de tout et de n&rsquo;importe quoi. Elle part du principe que, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;empire de la publicit\u00e9  ce sur-moi satanique , le consommateur consommera ce qu&rsquo;on lui dit de consommer : vaccin antigrippe l&rsquo;hiver, couleur d&rsquo;habit voulue par la mode, automatismes sens\u00e9s faciliter la vie (r\u00e9pondeurs qui remplacent l&rsquo;humain, caisses automatiques au supermarch\u00e9, i-pad et autres enfantillages technologiques sens\u00e9es simplifier la vie) afin, comme ils disent, dans leur jargon jeuniste, qu&rsquo;on ne se \u00ab prenne pas la t\u00eate \u00bb, etc. Pendant ce temps, les services les plus n\u00e9cessaires au fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, administration, enseignement, sant\u00e9, justice, police, reculent chaque jour davantage provoquant la destruction du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Trou, le Vide, est l&rsquo;\u00e9nigme et l&rsquo;ennemi du genre humain. La femme est un Vide, affriolant certes, mais un dans lequel chaque jour nous sommes attir\u00e9s et pouss\u00e9s. Le march\u00e9 est un trou vide qui se remplit, le collecteur de nos \u00e9gouts, le commerce un tonneau des dana\u00efdes en lequel nous sommes \u00e0 tout instant jet\u00e9s. Baudelaire connaissait bien la femme et son \u00ab commerce \u00bb : \u00ab <em>Le commerce est par son essence satanique. Le commerce, c&rsquo;est le pr\u00eat\u00e9-rendu, c&rsquo;est le pr\u00eat avec le sous-entendu : Rends-moi plus que je ne te donne. L&rsquo;esprit de tout commer\u00e7ant est vici\u00e9. Le commerce est naturel, donc il est inf\u00e2me. Le moins inf\u00e2me de tous les commer\u00e7ants, c&rsquo;est celui qui dit : \u00ab Soyons vertueux pour gagner beaucoup plus d&rsquo;argent que les sots qui sont vicieux \u00bb. Pour le commer\u00e7ant, l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 elle-m\u00eame est une sp\u00e9culation de lucre. Le commerce est satanique, parce qu&rsquo;il est une des formes de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme, la plus basse et la plus vile<\/em> \u00bb. Notre po\u00e8te a appris cela dans la soci\u00e9t\u00e9 des voyous du Second Empire et sur le corps, satanique aussi, de sa maitresse noire  sa Grande Prostitu\u00e9e Commer\u00e7ante , en alternance avec la Blanche Bourgeoise Sabatier qui \u00e9tait l&rsquo;Ange. Les deux <em>inspiratrices<\/em> \u00e9taient la face et le dos, le blanc et le noir plac\u00e9s \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 du gris social, mettant l&rsquo;homme au d\u00e9fi de les penser, d&rsquo;y concentrer et dissoudre son <strong>Moi<\/strong> en sperme et en po\u00e9sie.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Marc G\u00e9belin<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le trou du sujet L&rsquo;homme se sent sujet, se veut sujet, ne trouve d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 la vie qu&rsquo;\u00e0 la condition d&rsquo;\u00eatre un moi, et cela, m\u00eame si la psychologie lui dit que cette dimension est illusoire. La femme elle, ne donne pas priorit\u00e9 au moi, mais au senti, \u00e0 l&rsquo;animique, au v\u00e9cu. 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