{"id":75100,"date":"2013-07-16T07:35:18","date_gmt":"2013-07-16T07:35:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/07\/16\/crise-par-bletitude-du-regime-poire\/"},"modified":"2013-07-16T07:35:18","modified_gmt":"2013-07-16T07:35:18","slug":"crise-par-bletitude-du-regime-poire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/07\/16\/crise-par-bletitude-du-regime-poire\/","title":{"rendered":"Crise par bl\u00e9titude du r\u00e9gime-poire"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Crise par bl\u00e9titude du r\u00e9gime-poire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCommen\u00e7ons par quelque chose de tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;annonce pr\u00e9cis\u00e9ment les titres et sous-titres. Sur le <em>blog<\/em> de Jacques Sapir, sur <em>Marianne2<\/em>, on trouve la vid\u00e9o d&rsquo;un d\u00e9bat du site <em>Arr\u00eat sur image<\/em>, entre Jacques Sapir et Jean-Luc M\u00e9lenchon, le <a href=\"http:\/\/www.marianne.net\/russe-europe\/Le-debat-Jacques-Sapir-Jean-Luc-Melenchon-sur-Arret-sur-images-5-7-2013_a189.html\" class=\"gen\">5 juillet 2013<\/a>. Le sujet \u00e9tait la question de la sortie de l&rsquo;euro. Mais arr\u00eatez-vous sur les 5 premi\u00e8res minutes qui concernent un commentaire sur les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;actualit\u00e9, o\u00f9 les deux hommes sont appel\u00e9s \u00e0 commenter l&rsquo;attitude fran\u00e7aise lors de l&rsquo;incident du vol du pr\u00e9sident bolivien Morales (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-qui_dit_qu_il_y_a_pas_d_europe_et_celle_de_l_infamie__03_07_2013.html\" class=\"gen\">3 juillet 2013<\/a>). Comme on le sait, cette circonstance fut, \u00e0 notre sens et selon notre opinion mais en consid\u00e9rant objectivement la mati\u00e8re, honteuse et indigne \u00e0 la fois, sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le sens de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 et de la forfaiture internationale. Ces jugements reviennent, mot pour mot ou selon d&rsquo;autres expressions du m\u00eame sens, dans leur chef \u00e0 eux deux. L&rsquo;accord entre les deux hommes est complet, leur indignation furieuse, leur condamnation absolue et m\u00e9prisante du r\u00e9gime du pr\u00e9sident-poire d&rsquo;une intensit\u00e9 \u00e9gale, portant sur la servilit\u00e9 pro-am\u00e9ricaniste de la chose et sa fa\u00e7on de cochonner, voire d&rsquo;ignorer par inculture, comme un barbare postmoderne, tous les principes,  bref, la chose-Syst\u00e8me et rien d&rsquo;autre. Ensuite vient le d\u00e9bat sur l&rsquo;euro, o\u00f9 les deux hommes, bien qu&rsquo;ils aient une position diff\u00e9rente (Sapir : sortie imm\u00e9diate ; M\u00e9lenchon : d&rsquo;abord on essaie d&rsquo;y rester \u00e0 <strong>nos<\/strong> conditions, et si \u00e7a ne marche pas, on sort), qui se tutoient en bons copains qui travaillent ensemble et s&rsquo;estiment, o\u00f9 les deux hommes sont finalement d&rsquo;accord sur les fondamentaux qui sont subversifs de l&rsquo;ordre-Syst\u00e8me&#8230;  Passons \u00e0 autre chose : Sapir est un mod\u00e8le de politique \u00e9conomique souverainiste souvent cit\u00e9 par Marine Le Pen, ce que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 ne repousse absolument pas, bien au contraire (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-marine_d_un_extr_me_l_autre_02_07_2013.html\" class=\"gen\">2 juillet 2013<\/a>, o\u00f9 Ambrose Evans-Pritchard pr\u00e9cise que les plans de Marine Le Pen sont bas\u00e9s \u00ab<em>on a study by economists from l&rsquo;\u00c9cole des Hautes \u00c9tudes in Paris led by Professor Jacques Sapir<\/em>\u00bb) ; M\u00e9lenchon, c&rsquo;est bien connu, ne cesse du vitup\u00e9rer contre Marine Le Pen, qui lui r\u00e9pond \u00e0 mesure&#8230; Question : o\u00f9 se situe l&rsquo;essentiel et o\u00f9 trouve-t-on l&rsquo;accessoire ? S&rsquo;il y a vraiment une crise de r\u00e9gime du pr\u00e9sident-poire, c&rsquo;est-\u00e0-dire une crise du r\u00e9gime-poire en phase ultime de bl\u00e9titude (mot peu conventionnel mais utilis\u00e9, et dans ce cas splendidement bienvenu et merveilleusement \u00e0 sa place) (*), il est urgent que ces divers extr\u00eames souverainistes, antiSyst\u00e8me pour les grands probl\u00e8mes de fond, et qui \u00e9changent des anath\u00e8mes sur les probl\u00e8mes soci\u00e9taux qui sont l&rsquo;attrape-mouche du Syst\u00e8me, il est urgent que ces diff\u00e9rentes tendances antiSyst\u00e8me fassent le m\u00e9nage et s\u00e9parent l&rsquo;accessoire de l&rsquo;essentiel. Cet avis est particuli\u00e8rement destin\u00e9 \u00e0 M\u00e9lenchon, et l&rsquo;accord explicite et plein d&rsquo;estime entre lui et Sapir montre que la chose peut et <strong>doit<\/strong> se faire&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette entr\u00e9e en mati\u00e8re m\u00e9nag\u00e9e pour sugg\u00e9rer l&rsquo;essentiel par un biais d&rsquo;occasion, passons \u00e0 notre sujet pr\u00e9cis\u00e9ment qui aborde \u00e9galement l&rsquo;essentiel, mais pas un biais diff\u00e9rent de celui du sort de l&rsquo;euro. Sapir fait un commentaire le <a href=\"http:\/\/www.marianne.net\/russe-europe\/Les-sifflets-du-14-juillet_a191.html\" class=\"gen\">15 juillet 2013<\/a> sur les \u00e9v\u00e9nements du 14 ; non pas sur la grotesque caricature de d\u00e9fil\u00e9 du 14 juillet 2013 o\u00f9 l&rsquo;on avait du mal \u00e0 distinguer des soldats fran\u00e7ais, mais sur les sifflets qu&rsquo;on a entendus, adress\u00e9s au pr\u00e9sident fran\u00e7ais. Pour Sapir, c&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Ainsi, Fran\u00e7ois Hollande, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, a-t-il \u00e9t\u00e9 siffl\u00e9 ce 14 juillet 2013 sur le parcours du d\u00e9fil\u00e9 c\u00e9l\u00e9brant la f\u00eate nationale. Qu&rsquo;un pr\u00e9sident soit siffl\u00e9 ou hu\u00e9 lors d&rsquo;un d\u00e9placement en province ou lors d&rsquo;une r\u00e9union publique, cela s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 vu. Mais, qu&rsquo;un pr\u00e9sident soit siffl\u00e9 lors du 14 juillet, moment \u00e9minemment symbolique o\u00f9 ce n&rsquo;est pas sa personne priv\u00e9e qui est mise en avant mais sa fonction publique, t\u00e9moigne de ce que nous avons progress\u00e9 dans la crise de r\u00e9gime&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSapir d\u00e9taille ensuite les divers sujets de m\u00e9contentement qui, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, ont sans doute \u00e9t\u00e9 la cause de ces sifflets. Il les d\u00e9taille puis les \u00e9carte d&rsquo;un revers de plume. L\u00e0 n&rsquo;est pas l&rsquo;essentiel, d\u00e9cr\u00e8te-t-il, et aucune de ces causes ne justifie ces sifflets dans leur dimension fondamentalement rupturielle,  y compris les causes dites de droit naturel, comme le mariage <em>gay<\/em>, qui n&rsquo;ont pas leur justification dans ce cas. Ce qui importe, ce ne sont pas les siffleurs mais les sifflets&#8230; (Nous nous permettons de souligner en gras, ici et l\u00e0, sur la fin, les mots qui nous paraissent essentiels pour ce qui est de la situation fran\u00e7aise.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Mais, si Fran\u00e7ois Hollande n&rsquo;a pas viol\u00e9 un droit naturel dans l&rsquo;exercice de ses fonctions, d&rsquo;o\u00f9 peut provenir sa perte de l\u00e9gitimit\u00e9 qui justifierait les sifflets dont il fut l&rsquo;objet en ce 14 juillet ?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Si nous admettons l&rsquo;inanit\u00e9 de tout droit naturel, il nous faut penser \u00e0 quel ordre nous devons rattacher la R\u00e9publique et son droit. L&rsquo;ordre d\u00e9mocratique appara\u00eet comme le seul capable de fonder dans les principes du droit le r\u00e9gime r\u00e9publicain. L&rsquo;ordre d\u00e9mocratique oppose ainsi la notion de construction de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 \u00e0 celle de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 originelle. Il se refuse \u00e0 d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9iser de force une r\u00e9alit\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. La grande erreur du lib\u00e9ralisme politique fut d&rsquo;avoir confondu le couple construction formelle\/\u00e9tat de nature et le couple construction formelle\/\u00e9tat r\u00e9el de la soci\u00e9t\u00e9. Les individus sont divers et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes; pour autant s&rsquo;ils ne peuvent \u00e9galement participer \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration des diverses formes de coordination, locales et globales, c&rsquo;est la communaut\u00e9 dans sa totalit\u00e9 qui sera l\u00e9s\u00e9e. Reconna\u00eetre les diff\u00e9rences ce n&rsquo;est pas \u00e9terniser ces diff\u00e9rences mais au contraire se donner les moyens de penser la construction des convergences et des r\u00e8gles communes qui doivent permettre la participation de tous aux activit\u00e9s concernant tous. L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 sociale ex-ante fixe donc comme objectif \u00e0 l&rsquo;ordre d\u00e9mocratique la construction d&rsquo;une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 politique ex-post, et ce dans des soci\u00e9t\u00e9s travers\u00e9es d&rsquo;int\u00e9r\u00eats contraires.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>D\u00e8s lors, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public n&rsquo;est plus la condition permissive de la d\u00e9mocratie, mais au contraire l&rsquo;ordre d\u00e9mocratique est la proc\u00e9dure qui permet la constitution d&rsquo;une repr\u00e9sentation de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public. Il n&rsquo;y a donc pas, comme le croyaient les p\u00e8res fondateurs des r\u00e9gimes d\u00e9mocratiques au XVIII\u00e8me si\u00e8cle un int\u00e9r\u00eat public \u00e9vident et donc naturellement partag\u00e9 par tous. Mais, parce que nous sommes dans des soci\u00e9t\u00e9s domin\u00e9es \u00e0 la fois par la d\u00e9centralisation et par l&rsquo;interd\u00e9pendance, nous avons besoin d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat public comme norme de r\u00e9f\u00e9rence pour combattre les tendances spontan\u00e9es \u00e0 l&rsquo;anomie et \u00e0 la d\u00e9fection. L&rsquo;ordre d\u00e9mocratique est donc aux antipodes de la vision id\u00e9aliste de la d\u00e9mocratie qui croit voir dans cet int\u00e9r\u00eat public le produit d&rsquo;un ordre naturel; il ne peut, en r\u00e9alit\u00e9, qu&rsquo;\u00eatre une construction sociale.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Or, cet ordre d\u00e9mocratique se construit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de principes fondateurs. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux est que nul ne peut pr\u00e9tendre au contr\u00f4le sans endosser une responsabilit\u00e9 des actes issus de son contr\u00f4le. D\u00e8s lors nulle soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9gie par l&rsquo;ordre d\u00e9mocratique ne peut d\u00e9volure ses pouvoirs \u00e0 un cadre sup\u00e9rieur qui serait moins d\u00e9mocratique. C&rsquo;est l\u00e0 que se trouve le crime de Fran\u00e7ois Hollande. En acceptant le \u00ab pacte budg\u00e9taire europ\u00e9en \u00bb que l&rsquo;on appelle trait\u00e9 sur la stabilit\u00e9, la coordination et la gouvernance (TSCG) et qui conf\u00e8re un droit de regard sur les d\u00e9cisions prises par le Parlement fran\u00e7ais, il a  \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence  viol\u00e9 l&rsquo;un des principes de l&rsquo;ordre d\u00e9mocratique dans l&rsquo;exercice de ses fonctions.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Telle est la seule raison qui peut justifier les sifflets dont il fut l&rsquo;objet en ce 14 juillet. Toutes les autres explications tombent soit dans la pu\u00e9rilit\u00e9 soit dans le sectarisme religieux. Mais, si l&rsquo;on veut affirmer par cette manifestation bruyante que ce pr\u00e9sident est ill\u00e9gitime, il faut savoir ce que cela implique. Un pr\u00e9sident ill\u00e9gitime est un tyran, soit un \u00eatre avec lequel aucun compromis n&rsquo;est possible. Sans vouloir r\u00e9\u00e9crire le Vindiciae contra tyrannos (ou Revendications contre les tyrans), pamphlet fameux qui fut publi\u00e9 \u00e0 B\u00e2le en 1579, il est clair que nous entrons dans une logique de guerre civile. Il n&rsquo;est pas s\u00fbr que les quelques centaines de personnes qui ont siffl\u00e9 le chef de l&rsquo;\u00c9tat aient bien mesur\u00e9 la port\u00e9e de leur acte. Mais il est clair que<\/em> <strong><em>quelque chose de fondamental s&rsquo;est publiquement rompu<\/em><\/strong> <em>ce 14 juillet. Par ce geste en ce moment hautement symbolique ils ont t\u00e9moign\u00e9 que nous avons<\/em> <strong><em>p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans une nouvelle phase de la crise de r\u00e9gime aujourd&rsquo;hui manifeste et dont nul ne peut savoir quel sera le d\u00e9nouement.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est pas temps ici de discuter, d&rsquo;ailleurs pour la renforcer, la base de r\u00e9flexion de Sapir, en l&rsquo;occurrence extr\u00eamement ax\u00e9e sur la question du droit pris comme valeur sup\u00e9rieure, fondatrice et principielle. Il est question d&rsquo;envisager sa conclusion, qui est de m\u00eame ordre (celui des valeurs sup\u00e9rieures, fondatrices et principielles), selon laquelle le symbole de ces sifflets du 14 juillet ent\u00e9rine bruyamment l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement fondamental de la l\u00e9gitimit\u00e9 perdue du pr\u00e9sident-poire. L\u00e0-dessus, M\u00e9lenchon ne sera certainement pas en d\u00e9saccord avec son ami Sapir, et Marine Le Pen pas moins, certes&#8230; Et, par parenth\u00e8ses, nous non plus, certes : oui, Hollande n&rsquo;a plus aucune l\u00e9gitimit\u00e9, et, selon nous, encore plus qu&rsquo;\u00e0 cause des sifflets, \u00e0 cause de sa politique, de sa conception du monde, de sa <strong>fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre<\/strong> en en jugeant, qui escamote la partie fondamentale de la situation du monde, son rapport avec les principes. C&rsquo;est, par cons\u00e9quent sinon par \u00e9vidence, une trahison directe de <strong>tous<\/strong> les principes qui fondent une nation, et particuli\u00e8rement la nation fran\u00e7aise, la Grande Nation par excellence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette situation de d\u00e9l\u00e9gitimation, certes, c&rsquo;est que le symbole des sifflets du 14 juillet, ou des sifflets consid\u00e9r\u00e9s comme symbole comme fait Sapir, actent et exposent en pleine lumi\u00e8re cette d\u00e9l\u00e9gitimation. Le pr\u00e9sident-poire est, \u00e0 cet \u00e9gard, nu comme un ver. Ainsi appara\u00eet avec tout son poids, toute sa force, la derni\u00e8re phrase de Sapir qui nous importe : \u00ab<em>Par ce geste en ce moment hautement symbolique<\/em> [les siffleurs] <em>ont t\u00e9moign\u00e9 que nous avons p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans une nouvelle phase de la crise de r\u00e9gime aujourd&rsquo;hui manifeste et dont nul ne peut savoir quel sera le d\u00e9nouement.<\/em>\u00bb Nouvelle phase de la crise de r\u00e9gime, cela signifie <strong>en fait<\/strong> : nous sommes entr\u00e9s dans la phase terminale de la crise de r\u00e9gime en France,  et certes, nul ne peut savoir quel en sera le d\u00e9nouement,  sauf que, dans la logique de l&rsquo;expos\u00e9, de l&rsquo;analyse, etc., voil\u00e0 qu&rsquo;appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois, par la force \u00e9crasante du symbole, la  possibilit\u00e9 que cette crise du r\u00e9gime se solde par l&rsquo;effondrement du r\u00e9gime tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 sa situation-Syst\u00e8me de compl\u00e8te inversion du v\u00e9ritable destin fran\u00e7ais (Sarkhollande ont, \u00e0 eux deux, r\u00e9ussi cet exploit).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSapir ne fait pas la pluie et le beau temps. Mais sa pens\u00e9e compte, et elle compte d&rsquo;autant plus qu&rsquo;on constate qu&rsquo;il y a une convergence de soutien  de cette pens\u00e9e sur l&rsquo;essentiel de deux forces d&rsquo;extr\u00eames diff\u00e9rents qui, officiellement, se ha\u00efssent et s&rsquo;insupportent. Il y a donc, dans ce cas, une responsabilit\u00e9 fondamentale qui s&rsquo;esquisse : il faut qu&rsquo;une force antiSyst\u00e8me coh\u00e9rente, par le rapprochement des antiSyst\u00e8me de tous bords, qui sont aussi souverainistes par lutte contre le Syst\u00e8me repr\u00e9sent\u00e9 dans ce cas par l&rsquo;Europe telle qu&rsquo;elle est, se mettent \u00e0 hauteur de cette situation nouvelle. La crise de r\u00e9gime est pass\u00e9e dans sa phase active en France, il faut envisager le pire qui est la chute du r\u00e9gime, et il faut parall\u00e8lement et activement rechercher une solution d\u00e9cisivement rupturielle mais structurante qui fera de cette chute du r\u00e9gime un changement total de r\u00e9gime, une transmutation vertueuse des valeurs vers un retour \u00e0 la Tradition de la Grande Nation, passant n\u00e9cessairement par la liquidation du r\u00e9gime-poire. C&rsquo;est ce qu&rsquo;implicitement Sapir nous dit et ce qui, explicitement nous conduit \u00e0 dire que ceux qui l&rsquo;\u00e9coutent et l&rsquo;entendent lui-m\u00eame, doivent commencer \u00e0 entendre pour leur propre r\u00e9flexion. La France est entr\u00e9e dans une phase r\u00e9volutionnaire (subversive dirait M\u00e9lanchon) dans la fa\u00e7on postmoderniste de la chose (\u00e9meutes <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_impossible_revolution__24_09_2009.html\" class=\"gen\">inefficaces<\/a> si on les prend comme un aboutissement d\u00e9cisif, n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une rupture principielle par la voie du symbole  et de la communication,  auxquels des \u00e9meutes de d\u00e9monstration participent,  se terminant \u00e9ventuellement par les urnes). La France doit pr\u00e9parer l&rsquo;alternative au r\u00e9gime-poire, qui pr\u00e9sente tous les signes de la bl\u00e9titude signal\u00e9 plus haut (le mot a \u00e9galement, dans sa signification op\u00e9rationnelle, la vertu de nous faire sentir combien les employ\u00e9s-Syst\u00e8me sont mati\u00e8re pure en \u00e9tat de putr\u00e9faction) ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, r\u00e9gime et pr\u00e9sident correspondant au fruit avari\u00e9 &#8230; Le r\u00e9gime-poire est entr\u00e9 en \u00e9tat de bl\u00e9titude, le pr\u00e9sident-poire est de plus en plus avari\u00e9, avanc\u00e9, de plus en plus mol par la pourriture qui a pris ses quartiers d&rsquo;invasion g\u00e9n\u00e9rale,  et siffl\u00e9 par cons\u00e9quent, un 14 juillet. Avant que les arbres ne puissent envisager de faire du nouveau, ils perdent leurs fruits avari\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 16 juillet 2013 \u00e0 07H36<\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p><em>Updated<\/em> (comme ils disent) &#8230; (*) Le mot bl\u00e9titude ayant soulev\u00e9 quelque incertitude, nous pr\u00e9cisons qu&rsquo;on en trouve l&#8217;emploi dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre cas qui n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement une r\u00e9f\u00e9rence sacr\u00e9e mais qui nous d\u00e9charge de la t\u00e2che ardue de faire dans le n\u00e9ologisme. (Jean-Fran\u00e7ois Kahn <a href=\"http:\/\/books.google.be\/books?id=Nn9iHhkVg-4C&#038;pg=PT211&#038;lpg=PT211&#038;dq=bl\u00e9titude&#038;source=bl&#038;ots=27NatTYCOy&#038;sig=Kezkaz5qs3a991q1HXFj5W5BU9k&#038;hl=en&#038;sa=X&#038;ei=Dg3lUZbmHsXBswa1v4HgAg&#038;redir_esc=y\" class=\"gen\">l&#8217;emploie<\/a> dans son livre <em>Derni\u00e8res salves<\/em>.) Il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00eatre bl\u00e8te dans un emploi particulier qui nous vient des souvenirs d&rsquo;une province lointaine, en plus de d\u00e9signer une plante potag\u00e8re. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00eatre bl\u00e8te se dit d&rsquo;une pomme ou d&rsquo;une poire lorsqu&rsquo;elle est trop m\u00fbre, d\u00e9j\u00e0 g\u00e2t\u00e9e, molle par la pourriture qui gagne paisiblement son int\u00e9rieur. La sonorit\u00e9 du mot, la mollesse de son phras\u00e9 nous paraissent correspondre parfaitement \u00e0 la chose, ou aux choses auxquelles nous l&rsquo;accolons. Quoi qu&rsquo;il en soit, tant pis pour l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise et nous arguons du privil\u00e8ge de l&rsquo;\u00e9crivain d&#8217;employer des mots, voire d&rsquo;en cr\u00e9er, selon une signification et une situation qu&rsquo;il per\u00e7oit.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Crise par bl\u00e9titude du r\u00e9gime-poire Commen\u00e7ons par quelque chose de tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;annonce pr\u00e9cis\u00e9ment les titres et sous-titres. Sur le blog de Jacques Sapir, sur Marianne2, on trouve la vid\u00e9o d&rsquo;un d\u00e9bat du site Arr\u00eat sur image, entre Jacques Sapir et Jean-Luc M\u00e9lenchon, le 5 juillet 2013. 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