{"id":75236,"date":"2013-10-02T10:51:35","date_gmt":"2013-10-02T10:51:35","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/10\/02\/notes-sur-lexceptionnalisme-de-la-chute\/"},"modified":"2013-10-02T10:51:35","modified_gmt":"2013-10-02T10:51:35","slug":"notes-sur-lexceptionnalisme-de-la-chute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/10\/02\/notes-sur-lexceptionnalisme-de-la-chute\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;exceptionnalisme de la chute"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur l&rsquo;exceptionnalisme de la chute<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 octobre 2013 &ndash; S&rsquo;il a quelque humour, Poutine, comme un bon diable venu de l&rsquo;Est, doit en rire encore, &ndash; de cette inspiration sublime qui lui fit ajouter <em>in extremis<\/em>, le dernier paragraphe de son article, publi\u00e9 dans le New York <em>Times<\/em> d&rsquo;un certain <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2013\/09\/12\/opinion\/putin-plea-for-caution-from-russia-on-syria.html\">11 septembre (2013)<\/a> &#8230; Sans rire, Poutine a racont\u00e9, le 19 septembre \u00e0 la rencontre du Club de Valdai (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-poutine_la_russie_et_le_sens_de_la_crise_23_09_2013.html\">23 septembre 2013<\/a>), que son article devait para&icirc;tre le 10 septembre. Puis, s&rsquo;en avisant lui-m\u00eame et rencontrant le conseil de la firme de relations publiques qui arrangeait la transaction, il a demand\u00e9 de le diff\u00e9rer d&rsquo;un jour pour pouvoir tenir compte du discours d&rsquo;Obama du 10. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il a rajout\u00e9 ces derni\u00e8res phrases mentionnant effectivement ce discours, et tout cela pour parution le 9\/11 (<em>circa<\/em>-2013) &#8230; Le bon diable a des accointances avec le Ciel, pour \u00eatre adoub\u00e9 ainsi d&rsquo;un de ses signes les plus \u00e9vidents.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>My working and personal relationship with President Obama is marked by growing trust. I appreciate this. I carefully studied his address to the nation on Tuesday. And I would rather disagree with a case he made on American exceptionalism, stating that the United States&rsquo; policy is \u00ab\u00a0what makes America different. It&rsquo;s what makes us exceptional.\u00a0\u00bb It is extremely dangerous to encourage people to see themselves as exceptional, whatever the motivation. There are big countries and small countries, rich and poor, those with long democratic traditions and those still finding their way to democracy. Their policies differ, too. We are all different, but when we ask for the Lord&rsquo;s blessings, we must not forget that God created us equal.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&#8230; Car, que voulait donc dire BHO en mentionnant dans un discours (celui du 10 septembre) qui annon\u00e7ait l&rsquo;une des plus compl\u00e8tes capitulations des USA en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re depuis des d\u00e9cennies, que, &ndash; &laquo;<em>&#8230; what makes America different. It&rsquo;s what makes us exceptional<\/em>&raquo;. A force de dire n&rsquo;importe quoi \u00e0 propos de n&rsquo;importe quoi, et ce d\u00e9sordre ainsi r\u00e9arrang\u00e9 par quelque ordre sup\u00e9rieur, cet homme qui ne croit en rien sinon en sa carri\u00e8re va finir par nous faire croire qu&rsquo;il y a une Providence pour veiller sur le verbe, &ndash; m\u00eame celui des \u00ab\u00a0<em>idiot<\/em>\u00a0\u00bb shakespeariens.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;exceptionnel d\u00e9bat sur l'\u00a0\u00bbexceptionnalisme\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de l&rsquo;article de Poutine et des r\u00e9actions qu&rsquo;il amena (notamment le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-poutine_l_ennemi_int_rieur__14_09_2013.html\">14 septembre 2013<\/a>), que nous r\u00e9sumions de la sorte, parlant aussi bien de naus\u00e9e que de hautes intelligences s\u00e9natoriales et bafou\u00e9es &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;[D]<em>u c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;establishment, ce fut un v\u00e9ritable d\u00e9luge d&rsquo;indignation. Le s\u00e9nateur d\u00e9mocrate Menendez, pr\u00e9sident de la bombastique commission des relations ext\u00e9rieures du S\u00e9nat, manqua vomir selon son propre aveu ; le s\u00e9nateur r\u00e9publicain James Inhofe entendit Ronald Reagan qui se retournait dans sa tombe en hurlant \u00ab\u00a0Wake Up, America!\u00a0\u00bb ; le s\u00e9nateur John McCain jugea que c&rsquo;\u00e9tait une insulte \u00e0 son intelligence et annon\u00e7a qu&rsquo;il allait d\u00e9sormais collaborer \u00e0 la Pravda &#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Effectivement, ce fut la mise en cause de l&rsquo;exceptionnalisme am\u00e9ricaniste qui toucha un nerf vital de la Grande Am\u00e9rique, provoquant spasmes et r\u00e9actions convulsives. En fait de d\u00e9bat, et en cela on le qualifie d'\u00a0\u00bbexceptionnel\u00a0\u00bb en ne r\u00e9sistant pas \u00e0 la tentation du jeu d&rsquo;un seul mot, il n&rsquo;y en eut pas. Simplement une clameur d&rsquo;indignation venue des <em>usual suspect<\/em> washingtoniens, accompagn\u00e9e du sarcasme et de l&rsquo;opprobre des divers commentateurs antiSyst\u00e8me. Ce fut un feu de paille, mais avec une flamme grondante d&rsquo;un instant. L&rsquo;affaire fut boucl\u00e9e avec le discours d&rsquo;Obama aux Nations Unies, que Jason Ditz, d&rsquo;<em>Antiwar.com<\/em> (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2013\/09\/24\/obama-america-exceptional-because-of-all-the-wars\/\">24 septembre 2013<\/a>), pr\u00e9senta \u00e0 la fois comme une riposte \u00e0 l&rsquo;article de Poutine et une affirmation que l'\u00a0\u00bbexceptionnalisme\u00a0\u00bb am\u00e9ricaniste se mesurait d&rsquo;abord dans la capacit\u00e9 et la volont\u00e9 de faire la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0I believe America is exceptional, in part because we have shown a willingness, through the sacrifice of blood and treasure, to stand up not only for our own narrow self-interest, but for the interests of all,\u00a0\u00bb Obama insisted. This of course segued back into calls for authorization to attack Syria.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Though the reference to America as \u00ab\u00a0exceptional\u00a0\u00bb was seen by many as an attempted slight to Russian President Vladimir Putin, the narrative seemed primarily directed at the American public, and selling the idea that true national greatness is measured by its willingness to start wars that are plainly contrary to their interest. Americans are convinced that the Syrian war isn&rsquo;t in their interest, but turning that into another reason to support the war seems a stretch, to say the least.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Quoi qu&rsquo;en dise Ditz, et si l&rsquo;on se place du point de vue de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, Obama s&rsquo;av\u00e9rait \u00eatre parfaitement dans la ligne. L'\u00a0\u00bbexceptionnalisme\u00a0\u00bb am\u00e9ricaniste est une notion fondamentale et originelle, absolument fondatrice, une conception d&rsquo;\u00eatre, un concept dirait-on aujourd&rsquo;hui, de la soi-disant nation am\u00e9ricaniste. Son application op\u00e9rationnelle est la soi-disant doctrine de la <em>Manifest Destiny<\/em>, apparue en 1847, pour justifier la guerre de conqu\u00eate lanc\u00e9e contre le Mexique, qui valut aux USA quelques-uns de ses plus beaux fleurons de son Sud-Sud-Ouest, du Nouveau Mexique \u00e0 la Californie annex\u00e9s au Mexique en tout arbitraire de la force. Obama ne se trompait donc pas : l&rsquo;op\u00e9rationnalit\u00e9 de l&rsquo;exceptionnalisme am\u00e9ricaniste, c&rsquo;est la guerre, et \u00e9ventuellement la guerre de conqu\u00eate, la guerre du rapace qui se fait ange noir pour affirmer le Royaume du Dieu-Am\u00e9rique devenu empire sur le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que la bonne r\u00e9f\u00e9rence, pour Obama, c&rsquo;est 1847. Nous sommes en 2013.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Une capitulation sans conditions<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Par ailleurs, les briques s&rsquo;effondraient de partout. La cavalcade qui a men\u00e9, pendant une d\u00e9cade, les Russes et les Am\u00e9ricains dans le chef de Lavrov-Kerry jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9solution 2112 de l&rsquo;ONU sur l&rsquo;accord de destruction de l&rsquo;armement chimique syrien, fut un exemple du genre. Les repr\u00e9sentants de l&rsquo;am\u00e9ricanisme guerroy\u00e8rent sabre au clair, mena\u00e7ant de cette fameuse attaque si longtemps retard\u00e9e contre la Syrie, exigeant qu&rsquo;elle soit inscrite dans la r\u00e9solution sous le chapitre VII pour impliquer l&rsquo;autorisation act\u00e9e de lancer cette attaque si la Syrie ne se conformait pas \u00e0 ce qu&rsquo;on attendait d&rsquo;elle, etc. ; pour aboutir, dans l&rsquo;enthousiasme exceptionnaliste proclam\u00e9 \u00e0 nouveau, \u00e0 une capitulation sans conditions (de celle qu&rsquo;affectionnent les strat\u00e8ges am\u00e9ricanistes), dans le chef de la direction am\u00e9ricaniste. (Capitulation de Fabius-Hollande \u00e9galement, mais bon, passons : chez eux, on a zapp\u00e9 vers la question du grave d\u00e9bat sur le travail autoris\u00e9 ou pas le dimanche&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le prodigieux parcours de ces n\u00e9gociations jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9solution 2112 (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_r_solution_qui_en_dit_si_long_28_09_2013.html\">28 septembre 2013<\/a>), en un cercle parfait de la rodomontade \u00e0 la capitulation, acte effectivement une d\u00e9faite diplomatique US sans beaucoup de pr\u00e9c\u00e9dent, &ndash; on n&rsquo;en voit pas, en v\u00e9rit\u00e9, de si parfaite, &ndash; dans le chef arrogant et triomphaliste de la Grande R\u00e9publique.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo;<em>Puisque cette r\u00e9solution marque un triomphe de la diplomatie principielle, donc de la diplomatie russe qui en est l&rsquo;expression la plus proche aujourd&rsquo;hui, elle est certainement, de fa\u00e7on encore plus affirm\u00e9e, une d\u00e9b\u00e2cle de la \u00ab\u00a0politique des valeurs\u00a0\u00bb, du bloc BAO. Les USA (et les suppl\u00e9tifs avec eux) ont c\u00e9d\u00e9 sur l&rsquo;essentiel&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>Tout le montage concernant une exp\u00e9dition punitive<\/em> [&#8230;] <em>ce montage s&rsquo;effondre d&rsquo;un seul mouvement.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Retour \u00e0 la maison : on ferme !<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il manquait une cerise sur le g\u00e2teau. (En attendant, d&rsquo;autres, sans doute.) Elle est venue du v\u00e9ritable domaine de la crise de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui est le domaine int\u00e9rieur, et le domaine du pouvoir am\u00e9ricaniste plong\u00e9 dans une guerre civile marqu\u00e9e par le d\u00e9sordre le plus complet : Congr\u00e8s contre pr\u00e9sident, r\u00e9publicains contre d\u00e9mocrates, populistes non-interventionnistes (r\u00e9publicains et d\u00e9mocrates) contre les mandarins interventionnistes (d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains) ; et un pr\u00e9sident lui-m\u00eame, en bataille sans fin contre lui-m\u00eame, par pure habilet\u00e9 tactique et kafka\u00efenne, qui semble de plus en plus se couler dans le surnom de \u00ab\u00a0flip flop\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(&Eacute;cho d&rsquo;un autre chantier, apr\u00e8s que BHO ait parl\u00e9 si chaleureusement avec Rouhani en oubliant les projets d&rsquo;attaque, puis affirm\u00e9 \u00e0 Netanyahou que l&rsquo;option de l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Iran n&rsquo;\u00e9tait pas tout \u00e0 fait <em>off the table<\/em>, qu&rsquo;elle reste, disons au bord de la table, en embuscades hein :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Iran Foreign Minister Mohammad Javad Zarif has warned the US that its \u00ab\u00a0flip-flop and contradictory\u00a0\u00bb stances will destroy mutual confidence, urging Washington to show consistency in dealing with Iran to promote trust.<\/em>&raquo; [<em>PressTV.ir<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.presstv.ir\/detail\/2013\/10\/01\/327020\/obama-flipflop-destroys-trust-zarif\/\">1er octobre 2013<\/a>])<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La s\u00e9quence actuelle avait commenc\u00e9 le 21 ao&ucirc;t pr\u00e8s de Damas et avait v\u00e9ritablement pris son envol lorsqu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e9ra que le POTUS immens\u00e9ment affaibli risquait sa peau contre un Congr\u00e8s dress\u00e9 contre lui. Elle se relance d&rsquo;elle-m\u00eame avec l&rsquo;affrontement autour de <em>Obamacare<\/em>, du plafonnement de la dette, du \u00ab\u00a0ch\u00f4mage technique\u00a0\u00bb du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral priv\u00e9 de budget depuis le 1er octobre, ce qu&rsquo;on nomme le <em>government shutdown<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En soi, le <em>government shutdown<\/em> n&rsquo;est pas l&rsquo;apocalypse, m\u00eame si la chose frappe les esprits. Washington a exp\u00e9riment\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises une telle s\u00e9quence. La derni\u00e8re fois, ce fut en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/United_States_federal_government_shutdown_of_1995_and_1996\">1995-1996<\/a> et cela tint essentiellement aux ambitions m\u00e9diocres du nouveau <em>Speaker<\/em> de la Chambre, Newt Gingrich, install\u00e9 avec le raz-de mar\u00e9e \u00e9lectoral r\u00e9publicain de novembre 1994 qui avait mis Clinton KO debout. Ainsi, chaque fois, il s&rsquo;agit d&rsquo;une phase spectaculaire du point de vue de la communication mais qui se comprend et s&rsquo;explique en fonction de l&rsquo;affrontement politicien courant et n&rsquo;a d&rsquo;importance que dans cette relation. Tous les techniciens s&rsquo;accordent \u00e0 conclure que la question de l&rsquo;autorisation ou non du rel\u00e8vement de la dette pour le gouvernement, qui doit \u00eatre tranch\u00e9e le 16 octobre par le Congr\u00e8s, est beaucoup plus importante du point de vue budg\u00e9taire et \u00e9conomique, touchant l\u00e0 un probl\u00e8me structurel fondamental du gouvernement. Encore sommes-nous, l\u00e0 encore, dans un domaine \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb qui ne vaut, pour \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 justement, qu&rsquo;en fonction du contexte.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De Snowden\/NSA au <em>government shutdown<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Justement, rares sont les commentateurs qui \u00e9voquent ce contexte, se cantonnant \u00e0 l&rsquo;aspect parlementaire, fiscal, budg\u00e9taire et institutionnel, \u00e9ventuellement \u00e9conomique, ainsi c\u00e9dant au sensationnalisme de la communication qui fonctionne dans ce cas selon l&rsquo;habitude du Syst\u00e8me, en prenant soin de cloisonner les crises. Selon nous, le <em>government shutdown<\/em> ne peut \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e dans son effet r\u00e9el que dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral que nous avons propos\u00e9, &ndash; au moins depuis et \u00e0 la lumi\u00e8re de la s\u00e9quence paroxystique de la crise styrienne, dans ce qu&rsquo;elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 du point de vue int\u00e9rieur \u00e0 Washington, de la crise du pouvoir washingtonien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus encore, l&rsquo;appr\u00e9ciation doit \u00eatre \u00e9tendue pour mieux embrasser son contexte \u00e0 ce que nous consid\u00e9rons de plus en plus comme le d\u00e9but d&rsquo;une nouvelle phase crisique de la situation washingtonienne. Il s&rsquo;agit de la crise Snowden\/NSA commenc\u00e9e le 6 juin, qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une importance consid\u00e9rable, d&rsquo;une importance que nous estimons \u00e9gale au moins \u00e0 la crise de l&rsquo;automne 2008, par l&rsquo;entra&icirc;nement diluvien d&rsquo;effets multiples affectant directement et gravement le <em>National Security State<\/em> qui domine la politique g\u00e9n\u00e9rale US, en divisant comme jamais l&rsquo;<em>establishment<\/em> lui-m\u00eame, &ndash; autre aliment grondant de la crise du pouvoir. Cela nous apparaissait \u00e9vident d\u00e8s le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_crise_diluvienne_02_08_2013.html\">2 ao&ucirc;t 2008<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>La crise Snowden\/NSA est bien diluvienne en plus d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb, en plus d&rsquo;\u00eatre imp\u00e9rialement inscrite dans l&rsquo;infrastructure crisique qui assure \u00e0 la fois sa p\u00e9rennit\u00e9 et son efficacit\u00e9. Elle apporte cette dimension nouvelle de la \u00ab\u00a0pluridisciplinarit\u00e9\u00a0\u00bb que peut atteindre une crise, en partant dans toutes les directions et en touchant tous les domaines, tout en maintenant avec une rigueur \u00e9tonnante la coh\u00e9sion de sa logique qui, chaque fois, la ram\u00e8ne au centre bouillonnant du Syst\u00e8me et du bloc BAO, \u00e0 Washington m\u00eame. Devant une telle persistance qui transforme la r\u00e9silience, d&rsquo;une capacit\u00e9 de rena&icirc;tre \u00e0 une affirmation constante de son existence avec les effets \u00e0 mesure, on doit commencer \u00e0 s&rsquo;interroger pour savoir si l&rsquo;on ne se trouve pas, avec cette crise Snowden\/NSA, \u00e0 une \u00e9tape aussi importante dans le course de l&rsquo;\u00e9branlement du Syst\u00e8me, que l&rsquo;\u00e9tape pr\u00e9c\u00e9dente qui est la crise financi\u00e8re de l&rsquo;automne 2008.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi le <em>government shutdown<\/em> doit-il \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, selon notre point de vue, dans cette s\u00e9quence g\u00e9n\u00e9rale commenc\u00e9e en juin, en incluant la s\u00e9quence syrienne dans ses effets consid\u00e9rables \u00e0 Washington. Il est imp\u00e9ratif, pour restituer une vision g\u00e9n\u00e9rale acceptable de la situation, de m\u00ealer tous ces \u00e9pisodes crisiques que les commentateurs se gardent bien de rapprocher. Qui \u00e9voque directement et selon une logique qui doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e comme imp\u00e9rative, la \u00ab\u00a0capitulation sans condition\u00a0\u00bb sur l&rsquo;affaire syrienne, lorsqu&rsquo;on \u00e9voque cette affaire du <em>government shutdown<\/em> ? Au contraire, nous avons droit aux banalit\u00e9s sur les P\u00e8res Fondateurs, leur syst\u00e8me de gouvernement, la pertinence d&rsquo;une constitution vieille de plus de deux si\u00e8cles et de l&rsquo;esprit du <em>check &#038; balance<\/em> qui l&rsquo;anime en donnant tant de pouvoir au l\u00e9gislatif face \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cutif. (On appr\u00e9ciera la figuration servile que fit ce l\u00e9gislatif entre 2001 et 2010 face \u00e0 un gouvernement d\u00e9veloppant une structure polici\u00e8re et de surveillance sans pr\u00e9c\u00e9dent, et on appr\u00e9ciera ce qu&rsquo;il reste alors de l&rsquo;esprit de ce fameux <em>check &#038; balance<\/em>. Si la chose resurgit aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas \u00e0 cause des entraves des P\u00e8res Fondateurs mais \u00e0 cause de la crise du pouvoir am\u00e9ricaniste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le <em>credo<\/em> de l&rsquo;<em>American Dream<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>On appr\u00e9ciera jusqu&rsquo;\u00e0 quel point de <strong>croyance d\u00e9vote<\/strong>, &ndash; on veut dire, dans le sens religieux, &ndash; peut aller cette interpr\u00e9tation qu&rsquo;on d\u00e9taille ci-dessus, de d\u00e9tacher le <em>government shutdown<\/em> du reste pour mieux parler de <em>America the Beautiful<\/em> en tant qu&rsquo;arch\u00e9type de la d\u00e9mocratie. C&rsquo;est en effet de cela dont il est question, la <strong>croyance d\u00e9vote<\/strong> dans le sens religieux, et bien entendu dans l&rsquo;<em>American Dream<\/em> dans une version un peu sophistiqu\u00e9e. On en trouve un parfait exemple dans un commentaire de Simon Jenkins dans le <em>Guardian<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2013\/oct\/01\/is-uncle-sam-ready-assisted-suicide\">1er octobre 2013<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La sc\u00e8ne est dress\u00e9e avec le titre de l&rsquo;article (le sous-titre nous sugg\u00e9rant ce que sera le \u00ab\u00a0final\u00a0\u00bb) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>After this budget chaos is Uncle Sam ready for assisted suicide?<\/em>&raquo;. (Mais non, sans doute pas, certainement pas, gr\u00e2ce au miracle de la Constitution, d&rsquo;o&ugrave; le sous-titre, avec notre soulign\u00e9 \u00e0 nous : &laquo;<em>The federal shutdown looks disastrous, but the constitution&rsquo;s strength allows the US to stare into the abyss &ndash; <\/em><strong><em>and step back<\/em><\/strong>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Suit un d\u00e9tail sans trop de concessions des myriades d&rsquo;effets et cons\u00e9quences de la d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des m&oelig;urs politiques vers le policier, l&rsquo;arbitraire, l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, le totalitarisme belliciste et intrusif qui ont marqu\u00e9 la premi\u00e8re d\u00e9cennie du si\u00e8cle et la suite jusqu&rsquo;\u00e0 nous, &ndash; une rengaine connue, qu&rsquo;il est inutile de citer. Tout cela est tout de m\u00eame pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de l&rsquo;avertissement qui va bien, de la vertu fondamentale de la chose (<em>America the Beautiful<\/em>), cr\u00e9atrice de la d\u00e9mocratie, du gouvernement de la sagesse et ainsi de suite, de ce que Jenkins nomme plus justement qu&rsquo;il ne croit, o&ugrave; le mot qui compte n&rsquo;est pas le qualificatif, &laquo;<em>the exceptionalist legend<\/em>&raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>America can sorely test that loyalty. We were taught that the federal constitution must take the rough with the smooth. It was the forge on which American diversity was beaten into unity. It was how a continent which might have fragmented into a myriad states &ndash; black, white, Hispanic, oriental, whatever &ndash; has remained one. That wise American historian, Arthur Schlesinger, used to say that its constitution waltzes democracy to the cliff-edge of disaster, peers into the abyss, but always pulls back.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; &#8230; &laquo;[&#8230;A]<em> always pulls back<\/em>&raquo;, ce sera le cas selon le sc\u00e9nario-d\u00e9vot, avec le sens hollywoodien du suspense, <em>America the Beautiful<\/em> se r\u00e9tablissant au dernier moment dans toute sa grandeur sublime&#8230; D&rsquo;o&ugrave; la p\u00e9roraison concluant le commentaire, &ndash; avec notre soulign\u00e9 en gras, pour le <em>fun<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>America is not broken. It is merely having one of its periodic nervous breakdowns, probably not before time. As it tiptoes to the edge of the cliff, its friends may look on in horror. But it will tiptoe back, <\/em><strong><em>for sure.<\/em><\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Mais l&rsquo;introduction nous avait donn\u00e9 la clef du sc\u00e9nario. Nous avons affaire \u00e0 un <strong>croyant<\/strong>, \u00e0 un d\u00e9vot de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>, exactement comme la rationnelle Germaine de Sta\u00ebl s&rsquo;\u00e9criait passionn\u00e9ment, dans une lettre \u00e0 son ami Jefferson, en janvier 1816  : &laquo;<em>Si vous parvenez \u00e0 d\u00e9truire l&rsquo;esclavage dans le Midi, il y aurait au moins dans le monde un gouvernement aussi parfait que la raison humaine peut le concevoir.<\/em>&raquo; (Autant pour <em>America the Beautiful<\/em> d&rsquo;apr\u00e8s 1865.) Bref et enfin, pour en finir avec Jenkins, dont les commentaires sont souvent pertinents mais dont on s&rsquo;aper\u00e7oit que la pertinence s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 la porte de l&rsquo;\u00e9glise sacr\u00e9e de ses d\u00e9votions, &ndash; voici son paragraphe d&rsquo;introduction qui sent son missel pieusement consult\u00e9 \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, et pour les <em>government shutdown<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>I am of the pro-American generation. To us America was the future. Europe was nowhere. We read, saw, heard, visited America. We studied and worked there. Some of us even married Americans. We were affiliates of the tribe. We bought into the exceptionalist legend.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La clef du Myst\u00e8re<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Si nous nous sommes attard\u00e9s \u00e0 Jenkins, c&rsquo;est parce que, nous semble-t-il, il nous donne une clef, d&rsquo;ailleurs sans v\u00e9ritable surprise pour nous, pour ouvrir la porte du myst\u00e8re, &ndash; plut\u00f4t que la percer, comme fait un braqueur maladroit omettant de constater que la porte du coffre n&rsquo;est plus verrouill\u00e9e, &ndash; ce myst\u00e8re dont Tom Engelhardt parle dans sa chronique cit\u00e9e dans notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_dissolution_de_bho_et_de_ce_qui_va_avec_01_10_2013.html\">1er octobre 2013<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>The Mystery of Washington&rsquo;s Waning Global Power<\/em>&raquo;, &ndash; &laquo;<em>Barack Obama has managed to look like a bystander at his own funeral<\/em>&#8230; [&#8230;] <em>If I had to summarize these years, I would say that he entered the phone booth dressed as Superman and came out as Clark Kent<\/em>&#8230; [&#8230;] <em>In our lifetime, we&rsquo;ve never seen a president &ndash; not even the impeached Clinton &ndash; so drained of power or influence.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ne prenez pas BHO \u00e0 la lettre, ni aux initiales, ni m\u00eame \u00e0 ses inconsistances absolues jusqu&rsquo;\u00e0 la dissolution (tout en gardant tout cela dans le diagnostic g\u00e9n\u00e9ral). Prenez-le comme le POTUS arch\u00e9typique absolu et au plus haut possible du symbolisme de l&rsquo;<em>American Dream<\/em> auquel les d\u00e9vots, des plus sots aux plus avis\u00e9s comme Jenkins, continuent \u00e0 faire leur d\u00e9votion. BHO, le premier pr\u00e9sident <em>black<\/em>, &ndash; quel mots go&ucirc;teux jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extase dans la bouche du moderniste, du postmoderniste, du <strong>croyant<\/strong> enfin, &ndash; le pr\u00e9sident <em>cool<\/em> succ\u00e9dant \u00e0 cette d\u00e9vastation de l&rsquo;esprit que fut GW, le <em>Yes, we can<\/em> de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>. (Certes, BHO a fait pire que GW, mais bon, passons \u00e0 la suite&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Malgr\u00e9 tout, malgr\u00e9 son parcours si intellectuellement et intelligemment catastrophique, BHO est rest\u00e9 ce qu&rsquo;on vient de dire ci-dessus. Il est donc rest\u00e9 ce symbole de l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>. Et notre th\u00e8se, &ndash; si largement pr\u00e9sente dans <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, &ndash; est bien que l&rsquo;<em>American Dream<\/em>, d\u00e9j\u00e0 extraordinairement actif d\u00e8s la formation des &Eacute;tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique comme repr\u00e9sentation essentielle de la modernit\u00e9, est l&rsquo;outil de communication le plus formidable du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_syst_me_08_07_2013.html\">Syst\u00e8me<\/a> n\u00e9 du \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00ab\u00a0. Les USA ne dominent plus rien, m\u00eame pas leur chaos interne, mais l&rsquo;<em>American Dream<\/em> domine toujours le monde, dans le chef des psychologies, m\u00eame chez nombre de ses adversaires acharn\u00e9s. (C&rsquo;est lui que le diabolique Poutine a mis en cause avec son dernier paragraphe de son article du New York <em>Time<\/em>. Le KGB a donc encore frapp\u00e9 et soulev\u00e9 la fureur des d\u00e9fenseurs du \u00ab\u00a0Monde libre\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Comprendre le Myst\u00e8re<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&#8217;empire de la communication et l&rsquo;asservissement \u00e0 lui de nos psychologies conservent \u00e0 l&rsquo;<em>American Dream<\/em> une puissance d&rsquo;influence consid\u00e9rable, d&rsquo;autant plus consid\u00e9rable qu&rsquo;elle est en g\u00e9n\u00e9ral inconsciente. Cela n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le &laquo;<em>I am of the pro-American generation<\/em>&raquo; de Jenkins, dont la raison arrange de beaux atours, du soi-disant choix id\u00e9ologique (la d\u00e9mocratie) \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage churchillien, ce qui constitue en fait la rationalisation de l&#8217;emprisonnement de la psychologie dans les rets de la modernit\u00e9 (l&rsquo;<em>American Dream<\/em> en est le faux-nez). La surface reste lisse, la <em>narrative<\/em> inconsciente m\u00e9lodieuse, et le r\u00e9flexe reste donc celui du salut \u00e0 une vertu proclam\u00e9e qui a (avait) en plus l&rsquo;argument de la puissance formidable des USA de 1945, &ndash; date de la prise du pouvoir mondiale de l'\u00a0\u00bbexceptionnalisme\u00a0\u00bb am\u00e9ricaniste comme principal outil op\u00e9rationnel du Syst\u00e8me. (L'\u00a0\u00bbexceptionnalisme\u00a0\u00bb est donc bien l&rsquo;addition de la puissance selon l'\u00a0\u00bb<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\">id\u00e9al de puissance<\/a>\u00a0\u00bb et de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La surface reste lisse mais il n&rsquo;y a plus rien en-dessous, c&rsquo;est-\u00e0-dire plus rien de structur\u00e9, d\u00e9couvre-t-on peu \u00e0 peu, puis de plus en plus vite ces derniers temps. La psychologie reste habit\u00e9e par le r\u00eave, ou d\u00e9sormais les restes du r\u00eave, mais la puissance qui donnait au r\u00eave tout son charme et ses couleurs s&rsquo;est ab&icirc;m\u00e9e dans un chaos en voie de devenir entropique, &ndash; avec en plus la situation washingtonienne aujourd&rsquo;hui, o&ugrave; la t\u00eate de l&#8217;empire n&rsquo;est m\u00eame plus pourrie mais quasiment vide \u00e0 force de chaos. A chaque crise encore plus aig\u00fce que les autres, o&ugrave; Washington ne peut s&#8217;emp\u00eacher de prendre un risque trop visible, cette situation aggrave, on n&rsquo;ose dire \u00ab\u00a0empire\u00a0\u00bb pour ne pas risquer de jeu de mots. La phase actuelle, avec la succession crisique Snowden\/NSA-Syrie et la suite, nous fait mesurer d&rsquo;une fa\u00e7on encore plus abrupte le vide par d\u00e9structuration et chaos entropique sous la surface lisse de l&rsquo;affirmation convenue de la puissance US par <em>American Dream<\/em> interpos\u00e9. C&rsquo;est de ce point de vue qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer le <em>government shutdown<\/em>, comme la continuation du chaos d\u00e9structur\u00e9e par une voie de plus, et pas r\u00e9ellement imp\u00e9n\u00e9trable dans l&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais encore, ceci : \u00e0 chaque crise de cette sorte, avec la v\u00e9rit\u00e9 de la situation d\u00e9couverte, c&rsquo;est la psychologie qui s&rsquo;use. L&rsquo;<em>American Dream<\/em> subsiste, mais de plus en plus t\u00e9nu, \u00e0 peine intact chez les derniers d\u00e9vots, \u00e0-la-Jenkins. Les porteurs de l&rsquo;<em>American Dream<\/em> eux-m\u00eames, comme BHO, s&rsquo;usent et se dissolvent tant l&rsquo;essence du support de leur influence (l&rsquo;<em>American Dream<\/em>) se r\u00e9duit comme la fameuse peau de chagrin. Tout le monde ressent cette dissolution, la mesure presque tant elle est forte. Cette fois, le choc est s\u00e9v\u00e8re depuis la crise Snowden\/NSA, dans la succession ininterrompue de coup de boutoir qu&rsquo;encaisse Washington. A chaque occasion, on se demande avec un peu plus d&rsquo;intensit\u00e9 si l&rsquo;<em>American Dream<\/em> survivra, puisque la psychologie s&rsquo;use, et cette fois encore plus bien entendu. Les amis plus lointains s&rsquo;exasp\u00e8rent, effectivement jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus rien \u00e9couter du POTUS de service (voir les r\u00e9actions des pays arabes amis, notamment le prince de tous les amis qu&rsquo;est l&rsquo;Arabie, apr\u00e8s le vote de la r\u00e9solution 2112, par exemple dans <em>The Hill<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/thehill.com\/blogs\/congress-blog\/foreign-policy\/324923-america-neglects-its-allies-at-its-peril\">28 septembre 2013<\/a> ou dans le Wall Street <em>Journal<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/online.wsj.com\/article\/SB10001424052702303643304579104910000148876.html\">29 septembre 2013<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">En attendant la chute<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons avanc\u00e9 depuis longtemps l&rsquo;id\u00e9e en forme d&rsquo;hypoth\u00e8se que le choc essentiel \u00e0 attendre pour l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me est la dislocation de l&rsquo;Am\u00e9rique ; cette dissolution sous une forme ou une autre, &ndash; les possibilit\u00e9s sont tr\u00e8s diverses et ne doivent surtout pas \u00eatre cantonn\u00e9es \u00e0 la seule g\u00e9ographie, ou g\u00e9opolitique, mais certainement commencer par la psychologie, &ndash; et, par cons\u00e9quent, comme une de ses \u00e9tapes essentielles, la fin de l&#8217;emprisonnement de notre psychologie dans l&rsquo;<em>American Dream<\/em> qui n&rsquo;est autre que la fascination-Syst\u00e8me pour la modernit\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait le cas, par exemple, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_avenir_des_usa_14_10_2009.html\">14 octobre 2009<\/a>, alors que commen\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;exacerber la col\u00e8re haineuse qui d\u00e9chire aujourd&rsquo;hui Washington, et l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit et nous le r\u00e9p\u00e9tons avec force : il ne peut y avoir, aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements plus important pour la situation du monde qu&rsquo;une dynamique de dislocation des USA. Nous pensons que la crise actuelle est \u00e0 la fois, et contradictoirement, formidablement amplifi\u00e9e et formidablement bloqu\u00e9e dans sa compr\u00e9hension par la puissance de la communication. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne cesse de dramatiser et d&rsquo;attiser les conditions de la crise tout en renfor\u00e7ant la pression du conformisme de la pens\u00e9e dominante pour ne pas mettre en cause les \u00e9l\u00e9ments qui sont les fondements de cette crise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>L&rsquo;un des fondements est psychologique, avec le ph\u00e9nom\u00e8ne de fascination &ndash; \u00e0 nouveau ce mot &ndash; pour l&rsquo;attraction exerc\u00e9e sur les esprits par le \u00ab\u00a0mod\u00e8le am\u00e9ricaniste\u00a0\u00bb, qui est en fait la repr\u00e9sentation \u00e0 la fois symbolique et onirique de la modernit\u00e9. C&rsquo;est cela qui est r\u00e9sum\u00e9 sous l&rsquo;expression populaire mais tr\u00e8s substantiv\u00e9e de American Dream&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il nous semble bien que les cris de d\u00e9votion d&rsquo;un Jenkins sont d&rsquo;un type qui ressemble de plus en plus au dernier salut d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 pour tenter de retenir une aventure qui est inexorablement \u00e0 son terme. La v\u00e9rit\u00e9 du monde est si cruelle qu&rsquo;on peut d\u00e9sormais se demander avec s\u00e9rieux et int\u00e9r\u00eat si l&rsquo;Am\u00e9rique et le r\u00eave qui va avec n&rsquo;arrivent pas au bout de leur usure, et nous sugg\u00e9rant apr\u00e8s tout qu&rsquo;ils sont peut-\u00eatre bien, outre d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;instrument du Syst\u00e8me et parce qu&rsquo;ils sont cela, &laquo;<em>&#8230;a tale\/Told by an idiot, full of sound and fury,\/ Signifying nothing<\/em>&raquo;. Le chaos washingtonien continu\u00e9 dans le <em>government shutdown<\/em> comme une \u00e9tape classique de plus illustrant un processus irr\u00e9sistible, est \u00e9videmment un signe renvoyant \u00e0 ce que nous d\u00e9crivons, et non pas une complication temporaire de ce &laquo;<em>gouvernement aussi parfait que la raison humaine peut le concevoir<\/em>&raquo; qui enflammait tant la belle Germaine, fille du ministre de Louis XVI Jacques Necker et amie de c&oelig;ur et de salon, &ndash; l&rsquo;histoire a de belles ironies, &ndash; de Joseph de Maistre.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;exceptionnalisme de la chute 2 octobre 2013 &ndash; S&rsquo;il a quelque humour, Poutine, comme un bon diable venu de l&rsquo;Est, doit en rire encore, &ndash; de cette inspiration sublime qui lui fit ajouter in extremis, le dernier paragraphe de son article, publi\u00e9 dans le New York Times d&rsquo;un certain 11 septembre (2013) &#8230;&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3612,3934,3903,3482,2631,3401,12465,3613,5805,5131,12463,4954,4596,3400,3871,916,10961,3099,11009,12224,12464,3867,9339],"class_list":["post-75236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-american","tag-chaos","tag-chimique","tag-chute","tag-de","tag-destiny","tag-devotion","tag-dream","tag-entropie","tag-exceptionnalisme","tag-govenment","tag-jenkins","tag-maistre","tag-manifest","tag-nsa","tag-poutine","tag-proamericanisme","tag-psychologie","tag-shutdown","tag-snowden","tag-stael","tag-syrie","tag-washingtonien"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75236"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75236\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}