{"id":75305,"date":"2013-11-16T12:27:35","date_gmt":"2013-11-16T12:27:35","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/16\/apolaire-ou-antipolaire\/"},"modified":"2013-11-16T12:27:35","modified_gmt":"2013-11-16T12:27:35","slug":"apolaire-ou-antipolaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/16\/apolaire-ou-antipolaire\/","title":{"rendered":"Apolaire ou antipolaire ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Apolaire ou antipolaire ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>16 novembre 2013 &ndash; &#8230; Effectivement, nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0apolaire\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;elle contient bien plus que ce qu&rsquo;elle semble vouloir dire. Notre r\u00e9f\u00e9rence <em>dedefensa.org<\/em> est des plus simples et des plus proches, puisqu&rsquo;elle date du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_d_sordre_apolaire_du_moyen-orient_10_11_2013.html\">10 novembre 2013<\/a>, comme conclusion de ces <em>Notes d&rsquo;analyse<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, il s&rsquo;agit, expression appropri\u00e9e tomb\u00e9e miraculeusement par rapport \u00e0 la politique fran\u00e7aise totalement invertie de la bouche du ministre Fabius lors d&rsquo;une r\u00e9cente conf\u00e9rence \u00e0 Science Po, de la d\u00e9couverte angoiss\u00e9e d&rsquo;<\/em> <strong><em>un monde apolaire<\/em><\/strong><em> (ou bien \u00ab\u00a0z\u00e9ropolaire\u00a0\u00bb, mais nous pr\u00e9f\u00e9rons nettement la pr\u00e9c\u00e9dente, et la conservons) ; apr\u00e8s les \u00e9pisodes unipolaire et multipolaire, un monde \u00ab\u00a0sans p\u00f4le\u00a0\u00bb, qui a perdu toute forme et toute coh\u00e9sion&#8230; Un monde de toutes les opportunit\u00e9s de crises et de tensions souvent surgies par surprise&#8230; Un monde de temp\u00eates, sans vent dominant et o&ugrave; tous les vents pr\u00e9tendent dominer dans une surench\u00e8re de souffles furieux, o&ugrave; la temp\u00eate l\u00e8ve de tous les c\u00f4t\u00e9s.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;expression ne date certainement pas de Fabius et de son <em>speechwritrer<\/em> standard du Quai d&rsquo;Orsay, mais l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 nous oblige \u00e0 dire qu&rsquo;elle nous vient de cette circonstance. Il faut noter qu&rsquo;il existe, depuis la fin de la Guerre froide (1989-1991), un historique fourni de la qualification du monde et de ses relations internationales. Cela nous indique le degr\u00e9 de confusion des choses et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;autant plus grande de rechercher une d\u00e9finition \u00e0 la pr\u00e9sente identification. Le rappel pr\u00e9liminaire de l&rsquo;historique de la chose sera un premier pas dans notre recherche d&rsquo;identit\u00e9 des relations internationales du temps pr\u00e9sent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Nous partons donc de la Guerre froide, soit 1989-1991, mais encore plus, avec l&rsquo;\u00e9lection de Clinton (novembre 1992) comme substantivation de la p\u00e9riode. Il n&rsquo;est rien de plus caract\u00e9ristique \u00e0 cet \u00e9gard que le destin de GH Bush (Bush-p\u00e8re) qui, au sommet d&rsquo;une gloire extraordinaire avec la victoire du Golfe-I, de f\u00e9vrier 1991, s&rsquo;effondra litt\u00e9ralement et fut ignominieusement battu en novembre 1992 par un inconnu venu de l&rsquo;Alabama. (Cet \u00e9pisode \u00ab\u00a0chute de Bush-\u00e9lection de Clinton\u00a0\u00bb, indiquant le vrai d\u00e9sarroi de l&rsquo;Am\u00e9rique et conduisant \u00e0 consid\u00e9rer la guerre du Golfe-I comme un \u00ab\u00a0accident\u00a0\u00bb, un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne ne comptant gu\u00e8re dans l&rsquo;agencement des relations internationales).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En un sens, jusqu&rsquo;en 1995-1996, le monde avec ses relations internationales traversa une p\u00e9riode \u00e0 premi\u00e8re vue assez similaire (\u00ab\u00a0apolaire\u00a0\u00bb) \u00e0 celle que nous identifions aujourd&rsquo;hui, du point de vue strict de l&rsquo;organisation informelle des relations internationales. On en trouverait une assez juste identification avec le titre du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.odilejacob.fr\/catalogue\/documents\/temoignages-actualite-enquetes\/un-monde-sans-maitre_9782738102966.php\">livre<\/a> de Gabriel Robin, publi\u00e9 en f\u00e9vrier 1995 chez Odile Jacob, <em>Un monde sans ma&icirc;tre<\/em>. Robin termina (en 1993) sa carri\u00e8re diplomatique active comme ambassadeur de France \u00e0 l&rsquo;OTAN, o&ugrave; il put montrer tout son \u00ab\u00a0rigorisme gaulliste\u00a0\u00bb en mati\u00e8re de diplomatie, et particuli\u00e8rement en mati\u00e8re des principes de la diplomatie. Il put ainsi observer, \u00e0 partir d&rsquo;un point privil\u00e9gi\u00e9, les interrogations sur la confusion de la p\u00e9riode, la disparition de l&rsquo;URSS, les doutes profonds et paralysants de la puissance am\u00e9ricaniste, les h\u00e9sitations europ\u00e9ennes et la d\u00e9mission qui suivit avec le choix europ\u00e9en d&rsquo;une organisation int\u00e9rieure appel\u00e9e \u00e0 se bureaucratiser (Maastricht et la suite) aux d\u00e9pens d&rsquo;une politique de s\u00e9curit\u00e9 active et cr\u00e9atrice des nations coop\u00e9rant entre elles (le refus de l&rsquo;UEO d&rsquo;intervenir en ex-Yougoslavie d\u00e8s 1991, &ndash; voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_compl_mentaires_sur_les_notes_sur_mon_meilleur_ennemi__04_02_2010.html\">4 f\u00e9vrier 2010<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Nous avons souvent cit\u00e9 cette description du processus de la politique en Europe, exemplaire de la politique g\u00e9n\u00e9rale des relations internationales, et aussi l&rsquo;\u00e9volution de la situation am\u00e9ricaniste, dans les extraits de l&rsquo;ouvrage <em>Chronique de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>, cit\u00e9s notamment le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-d_atlanta-1996_new_orleans-2005_02_09_2005.html\">2 septembre 2005<\/a>. Effectivement, entre 1995 et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1996, le sentiment d\u00e9pressif et d&rsquo;une crise d&rsquo;identit\u00e9 gravissime des USA (voir des textes de William Pfaff, pr\u00e9sent\u00e9s le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_de_1992_sur_la_crise_am_ricaine_post-guerre_froide_23_11_2003.html\">23 novembre 2003<\/a>) bascula, sous la force d&rsquo;une pouss\u00e9e consid\u00e9rable de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\">virtualisme<\/a>, et r\u00e9tablit les USA dans une sorte de <em>narrative<\/em> imp\u00e9riale que personne ne pouvait songer \u00e0 contester, alors que les forces financi\u00e8res d\u00e9cha&icirc;n\u00e9es saccageaient la Russie, puis bient\u00f4t toute une cha&icirc;ne d&rsquo;autres pays. C&rsquo;est donc \u00e0 l&rsquo;automne de 1996 qu&rsquo;on pourrait d\u00e9clarer ouverte l&rsquo;\u00e8re \u00ab\u00a0unipolaire\u00a0\u00bb de ce qu&rsquo;Hubert V\u00e9drines allait baptiser l'\u00a0\u00bbhyperpuissance\u00a0\u00bb, &ndash; <em>dito<\/em>, les USA, cela va de soi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette p\u00e9riode durerait, selon nous jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 de 2003 (notamment l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de l&rsquo;attentat de fin ao&ucirc;t 2003 qui r\u00e9duisit en poussi\u00e8re le si\u00e8ge de l&rsquo;ONU \u00e0 Bagdad et tua le repr\u00e9sentant de l&rsquo;Organisation en Irak), lorsqu&rsquo;il apparut que la \u00ab\u00a0victoire extraordinaire\u00a0\u00bb en Irak s&rsquo;av\u00e9rait \u00eatre un cauchemar dissimul\u00e9 pour la puissance miliaire US. Dans le s\u00e9quence, 9\/11 est une ultime bouff\u00e9e de vertige, une fausse \u00ab\u00a0d\u00e9faite\u00a0\u00bb fournissant l&rsquo;argument pour un d\u00e9cha&icirc;nement imp\u00e9rial conduisant \u00e0 la conqu\u00eate du monde. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une succession de <em>narrative<\/em>, ou d&rsquo;autant de bulles, toutes de coloration am\u00e9ricaniste, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avatar fondamental que constitue l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak et la d\u00e9pression rapide qui suit, d\u00e8s l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2003. Depuis lors, l'\u00a0\u00bbhyperpuissance\u00a0\u00bb n&rsquo;a cess\u00e9 de se d\u00e9liter, de se d\u00e9structurer, de se dissoudre. L&rsquo;\u00e8re unipolaire fut \u00e9videmment un montage de bout en bout du point de vue de la dynamique des relations internationales, mais elle exista simplement parce que personne ne la contesta. Le comble de la contradiction, mais aussi l&rsquo;exposition de la r\u00e9alit\u00e9 de la situation, fut que cette unipolarit\u00e9 pr\u00e9tendant rassembler toutes les relations internationales vers elle (un universalisme am\u00e9ricaniste) s&rsquo;acheva par une pr\u00e9tention triomphale qui s&rsquo;exprima par un complet unilat\u00e9ralisme, consistant <em>de facto<\/em> en un isolationnisme expansionniste r\u00e9futant toute relation diplomatique normale. Cette absence totale de v\u00e9ritables \u00ab\u00a0relations diplomatiques\u00a0\u00bb r\u00e9duisit l&rsquo;unipolarit\u00e9 du monde en une action unilat\u00e9rale des USA, laissant l&rsquo;influence et la diffusion de leur puissance \u00e0 leurs instruments autonomes (finance, dollar, puissance militaire, puissance culturelle, informatique, etc.) Il n&rsquo;y eut donc pas investissement constructif (\u00e0 son avantage) du monde par les USA mais action unilat\u00e9rale des USA dans un \u00ab\u00a0reste du monde\u00a0\u00bb (ROW) compl\u00e8tement paralys\u00e9 et anesth\u00e9si\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pour faire juste, nous dirions que le passage \u00e0 un stade \u00ab\u00a0multipolaire\u00a0\u00bb pourrait \u00eatre annonc\u00e9 avec la position fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;ONU, contre l&rsquo;intervention US en Irak, entre octobre 2002 et f\u00e9vrier 2003, avec le discours de Villepin du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_monde_applaudit_15_02_2003.html\">14 f\u00e9vrier 2003<\/a>. Quoi qu&rsquo;il en soit, c&rsquo;est lors d&rsquo;une visite \u00e0 Moscou \u00e0 l&rsquo;automne 2003 que le Fran\u00e7ais Chirac affirma que nous entrions dans une \u00ab\u00a0\u00e8re multipolaire\u00a0\u00bb, o&ugrave; la puissance US ne serait plus la seule \u00e0 imposer sa loi. On imagine avec quel enthousiasme, son interlocuteur russe, le d\u00e9j\u00e0-pr\u00e9sident Poutine, appuya cette analyse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette multipolarit\u00e9 fut aussi bien un leurre que l&rsquo;unipolarit\u00e9 qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Il s&rsquo;est agi simplement de l&rsquo;expression du d\u00e9litement progressif de l&rsquo;hyperpuissance, entra&icirc;nant des r\u00e9actions de divers autres puissances l\u00e0 o&ugrave; cela \u00e9tait possible, cr\u00e9ant ainsi cette \u00ab\u00a0apparence de multipolarit\u00e9\u00a0\u00bb. Avec et apr\u00e8s la crise de 2008, cette \u00ab\u00a0apparence de multipolarit\u00e9\u00a0\u00bb grandit encore avec la formation de ce que nous nommons le \u00ab\u00a0bloc BAO\u00a0\u00bb (voir le <em>Glossaire.dde<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_bloc_bao_10_12_2012.html\"> 10 d\u00e9cembre 2012<\/a>), qui se caract\u00e9rise par l&rsquo;effacement de l'\u00a0\u00bbunipolarit\u00e9\u00a0\u00bb (pr\u00e9pond\u00e9rance des USA) au sein des \u00ab\u00a0pays occidentaux\u00a0\u00bb : &laquo;<em>D\u00e9sormais, tous les pays du bloc BAO au travers de leurs \u00e9lites et des psychologies terroris\u00e9es de ces \u00e9lites, se per\u00e7oivent \u00e9galitairement, c&rsquo;est-\u00e0-dire essentiellement lib\u00e9r\u00e9s des liens de domination et de suj\u00e9tion entre les USA et les autres&#8230; Cela ne signifie nullement la fin de la corruption et de l&rsquo;influence US, comme par le pass\u00e9, mais, contrairement au pass\u00e9, cette corruption et cette influence s&rsquo;exer\u00e7ant \u00e0 l&rsquo;avantage de tous et apparaissant de plus en plus invert\u00e9br\u00e9es, de moins en moins sp\u00e9cifiques. De m\u00eame observe-t-on une homog\u00e9n\u00e9isation des conceptions et des politiques, simplement par disparition de la substance au profit de l&rsquo;apparence et de l&rsquo;image&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les r\u00e9actions du bloc BAO vis-\u00e0-vis du \u00ab\u00a0printemps arabe\u00a0\u00bb ont montr\u00e9 cet effacement de la domination US dans le camp occidental, avec l&rsquo;illustration tr\u00e8s r\u00e9cente de la phase crisique syrienne d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre et le dernier \u00e9pisode, totalement anarchique, des n\u00e9gociations P5+1 \u00e0 Gen\u00e8ve (le 9 novembre). Cette phase et les \u00e9v\u00e9nements depuis le d\u00e9but de l&rsquo;automne ont d\u00e9cisivement act\u00e9 le passage \u00e0 l'\u00a0\u00bbapolarit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; C&rsquo;est ce dernier \u00e9pisode du 9 novembre que l&rsquo;on pourrait prendre, dans notre propos, comme marque symbolique du passage \u00e0 un stade apolaire, ou \u00ab\u00a0antipolaire\u00a0\u00bb, des relations internationales. Le d\u00e9sordre de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement t\u00e9moigne de ce refus d&rsquo;une polarit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une structure o&ugrave; une ou des forces sont capables d&rsquo;imposer une \u00e9vidence d&rsquo;orientation dans un facteur essentiel des relations internationales, o&ugrave; tous les \u00ab\u00a0composants\u00a0\u00bb flottent dans leurs interpr\u00e9tations des choses, o&ugrave; il est devenu impossible de distinguer une logique, pour ne pas parler de \u00ab\u00a0sagesse\u00a0\u00bb qui semble figurer un concept incompr\u00e9hensible et d&rsquo;un autre temps, dans toute cette agitation compulsive. Nous d\u00e9crivions dans notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-syrie_et_iran_fractures_diverses_et_dissolvantes_15_11_2013.html\">15 novembre 2013<\/a> les s\u00e9quences chaotiques qui ont accompagn\u00e9 et poursuivi cette \u00e9trange journ\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Durant cette journ\u00e9e et en prenant en compte ce qui pr\u00e9c\u00e9dait et ce qui a suivi, on a vu l&rsquo;accord avec l&rsquo;Iran annonc\u00e9 comme quasiment fait et sign\u00e9 ; l&rsquo;intervention des Fran\u00e7ais le 9 novembre interrompant cette perception en paraissant refuser cet accord \u00ab\u00a0seuls contre tous\u00a0\u00bb et en fait \u00e9tant per\u00e7us comme parlant \u00ab\u00a0au nom d&rsquo;Isra\u00ebl\u00a0\u00bb (et de l&rsquo;Arabie, pour vendre quelques canons) ; les USA effectuant une premi\u00e8re tentative de rangement en annon\u00e7ant qu&rsquo;en fait les Fran\u00e7ais n&rsquo;avaient fait qu&rsquo;exprimer une position g\u00e9n\u00e9rale du bloc BAO et d\u00e9non\u00e7ant les Iraniens pour leur intransigeance (mais que dire des Russes qui font partie du P5+1 et qui ont observ\u00e9 ce d\u00e9sordre avec une certaine position de retrait mais non sans ironie ? On n&rsquo;en dit rien et on passe \u00e0 autre chose) ; la narrative \u00e9voluant encore et disant que, finalement, les Iraniens n&rsquo;\u00e9taient pas coupables non plus, que personne n&rsquo;\u00e9tait coupable, simplement qu&rsquo;on avait \u00e9t\u00e9 trop vite dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des choses et que tout se pr\u00e9sente fort bien pour un accord qui sera mis en forme d\u00e9finitive, on vous l&rsquo;assure, \u00e0 partir du 20 novembre.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fait de \u00ab\u00a0passage \u00e0 un stade apolaire, ou &lsquo;antipolaire&rsquo;, des relations internationales \u00ab\u00a0, l\u00e0 aussi nous parlerions plut\u00f4t de l&rsquo;\u00e9volution de la perception, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette perception, apr\u00e8s l'\u00a0\u00bbunipolarit\u00e9 virtualiste\u00a0\u00bb des USA, passant d&rsquo;une multipolarit\u00e9 factice (\u00ab\u00a0apparence de multipolarit\u00e9\u00a0\u00bb) \u00e0 une absence de polarit\u00e9 (\u00ab\u00a0apolaire\u00a0\u00bb) et m\u00eame, et surtout, \u00e0 un <strong>refus de polarit\u00e9<\/strong> (\u00ab\u00a0antipolaire\u00a0\u00bb). Mais l&rsquo;on pr\u00e9cisera aussit\u00f4t que les deux termes conviennent comme compl\u00e9mentaires : le monde apolaire (pas de p\u00f4le) est un fait de situation, et un fait \u00ab\u00a0structurel\u00a0\u00bb par antith\u00e8se ; le monde antipolaire (refus du p\u00f4le en tant que structure) d\u00e9crit une \u00ab\u00a0dynamique\u00a0\u00bb de refus, \u00e9galement \u00ab\u00a0dynamique\u00a0\u00bb par antith\u00e8se.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Une \u00e9volution n\u00e9cessaire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Comme nous \u00e9crivons dans notre <em>abstract<\/em> de pr\u00e9sentation de cet article, &laquo;<em>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00ab\u00a0monde sans p\u00f4le\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus aucune structure pour soutenir un ou plusieurs &lsquo;p\u00f4les&rsquo;. Notre monde apolaire est un monde qui ne<\/em> <strong><em>veut<\/em><\/strong> <em>plus avoir de p\u00f4le&#8230;<\/em>&raquo; Il faut donc d\u00e9velopper cette d\u00e9finition \u00e0 partir de ce constat de base, d\u00e9j\u00e0 \u00e9clair\u00e9 par la remarque pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tablissant d\u00e9finitions et compl\u00e9mentarit\u00e9 des concept d'\u00a0\u00bbapolarit\u00e9\u00a0\u00bb et d'\u00a0\u00bbantipolarit\u00e9\u00a0\u00bb &#8230; Ainsi dirions-nous effectivement que le monde apolaire n&rsquo;est pas seulement un \u00ab\u00a0monde sans p\u00f4le\u00a0\u00bb comme un constat statique, disons par \u00ab\u00a0absence de p\u00f4le\u00a0\u00bb, mais qu&rsquo;il est \u00e9galement un monde antipolaire qui <strong>repousse quelque p\u00f4le que ce soit<\/strong>, et ainsi comme un constat dynamique, une force en action qui interdit et rejette toute pr\u00e9tention de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre, ou de plusieurs, \u00e0 \u00eatre \u00ab\u00a0un p\u00f4le\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0plusieurs p\u00f4les\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un monde vivant, activement r\u00e9tif \u00e0 toute \u00ab\u00a0structuration polaire\u00a0\u00bb, et d&rsquo;ailleurs \u00e0 toute structuration tout court.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La question qui se pose alors est de savoir si ce monde apolaire-antipolaire l&rsquo;est \u00e0 cause du traitement qu&rsquo;on lui impose, ou s&rsquo;il l&rsquo;est devenu par modification de nature, modification ontologique, &ndash; ou plus clairement dit, par apparition de sa nature r\u00e9elle apr\u00e8s les \u00e9pisodes faussaires de l&rsquo;unipolarit\u00e9 et de la multipolarit\u00e9. Dans ce deuxi\u00e8me cas, les \u00e9v\u00e9nements dont on aurait fait la cause de son apolarit\u00e9-antipolarit\u00e9, en deviennent en v\u00e9rit\u00e9 les cons\u00e9quences. Poser la question sous cette forme, c&rsquo;est, pour notre compte, y r\u00e9pondre \u00e9videmment dans le sens de privil\u00e9gier le deuxi\u00e8me terme de l&rsquo;alternative : les \u00e9v\u00e9nements dont nous parlons, qui sont d&rsquo;une importance d\u00e9risoire dans leurs substance, ne peuvent \u00eatre des modificateurs d&rsquo;une nature, d&rsquo;une essence, &ndash; par contre, ils peuvent \u00eatre l&rsquo;expression de cette modification.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quels sont ces \u00e9v\u00e9nements, ou ces types d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui pr\u00e9dominent actuellement ? Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements identifi\u00e9s, mais de \u00ab\u00a0types d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements\u00a0\u00bb, caract\u00e9ris\u00e9s par des sp\u00e9cificit\u00e9s tr\u00e8s remarquables ; ils ont tous le caract\u00e8re essentiel d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement priv\u00e9s d&rsquo;influence principielle, et, par suite, \u00e0 la fois instructur\u00e9 et d&rsquo;une substance dissolue ou en cours de dissolution. Les cons\u00e9quences sont \u00e0 mesure, principalement dans le chef de l&rsquo;absence totale de la moindre cr\u00e9ation de situations nouvelles (y compris les pires d&rsquo;ailleurs, comme des agressions brutales par la guerre, dont on parle continuellement et que personne n&rsquo;est capable d&rsquo;imposer).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ces \u00e9v\u00e9nements sont issus d&rsquo;une agglom\u00e9ration d\u00e9sordonn\u00e9e et sans structure principielle de caract\u00e8re tels que la corruption psychologique en g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la fois la faiblesse de la psychologie et l&rsquo;absence d&rsquo;exp\u00e9rience et de culture politique ; l&rsquo;influence pervertie, l&rsquo;influence par terrorisation de l&rsquo;esprit, la corruption v\u00e9nale ; la manipulation de la communication par faiblesse de compr\u00e9hension, par courte vue, par seul souci de l&rsquo;apparence, avec l&#8217;emploi grossier de <em>narrative<\/em> successives. Tout le monde est manipul\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements, y compris les acteurs les plus subversifs et agressifs (Isra\u00ebl et l&rsquo;Arabie), et ne fait que r\u00e9-agir plut\u00f4t qu&rsquo;agir, sous l&#8217;empire d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements plus hauts et qui sont incompr\u00e9hensibles \u00e0 la plupart des acteurs, sinon hors de leur perception, &ndash; sans parler d&rsquo;intuition dont ils sont totalement d\u00e9pourvus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il en r\u00e9sulte une agitation forcen\u00e9e, une sorte de \u00ab\u00a0danse de Saint-Guy\u00a0\u00bb d&rsquo;une activit\u00e9 pseudo-diplomatique et qui n&rsquo;est qu&rsquo;anarchique, dont l&rsquo;affaire du 9 novembre autour du P5+1 est exemplaire. Les discours et les commentaires tentent de r\u00e9tablir un semblant d&rsquo;ordre et de ma&icirc;trise, sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;une raison qui est totalement subvertie pour pouvoir montrer une quelconque efficacit\u00e9 structurante ; ils ne parviennent qu&rsquo;\u00e0 mettre en \u00e9vidence la vanit\u00e9 et la vacuit\u00e9 des \u00ab\u00a0actes\u00a0\u00bb qui apparaissent tr\u00e8s vite pour ce qu&rsquo;ils sont, &ndash; des impostures d&rsquo;actes, des <em>narrative<\/em> d&rsquo;actes. Bien entendu, la vision longue, l&rsquo;appr\u00e9ciation strat\u00e9gique et structurelle, dont tout le monde parle, sont totalement absentes, absolument interdites de se r\u00e9aliser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Tous les acteurs sont touch\u00e9s par ce conditions, ce qui est logique parce que ces conditions sont universelles. Les plus touch\u00e9s sont ceux qui sont les plus affect\u00e9s, eux-m\u00eames et en eux-m\u00eames, par ces conditions, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux qui sont totalement \u00e9trangers \u00e0 toute approche principielle de la situation du monde, et surtout \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de cette approche. On mettra dans cette cat\u00e9gorie, sans surprise bien entendu, les pays du bloc BAO avec des nuances circonstancielles, et les appendices radicaux tels que l&rsquo;Arabie et Isra\u00ebl, avec l&rsquo;ajout circonstanciel et remarquablement original par son caract\u00e8re de contre-emploi de la France dont la politique est conforme aux variations radicales du r\u00f4le de ce pays, qui est en g\u00e9n\u00e9ral fondamentalement structurant, plus qu&rsquo;aucune autre entit\u00e9, et qui peut \u00eatre catastrophiquement d\u00e9structurant (\u00ab\u00a0plus qu&rsquo;aucune autre entit\u00e9\u00a0\u00bb) selon les accidents d&rsquo;\u00e9poque, qui est aujourd&rsquo;hui dans une p\u00e9riode de basses eaux si catastrophique et d\u00e9structur\u00e9e qu&rsquo;on peut avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se, d&rsquo;ailleurs renforc\u00e9e par la situation g\u00e9n\u00e9rale \u00e9galement sans pr\u00e9c\u00e9dent, qu&rsquo;il n&rsquo;y en eut jamais de telle auparavant. Un seul pays parmi les principaux acteurs \u00e9chappe \u00e0 ces jugements catastrophiques, et l&rsquo;on se doute que c&rsquo;est la Russie ; mais la Russie ne peut rien de fondamental qui changerait la substance de la situation, parce que cette situation, d\u00e9pendant de forces m\u00e9tahistoriques ext\u00e9rieures, ne peut \u00eatre ma&icirc;tris\u00e9e par elle ; elle grogne, elle avertit, elle man&oelig;uvre, elle se r\u00e9f\u00e8re aux principes mais elle reste \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette description de l&rsquo;op\u00e9rationnalit\u00e9 des situations justifie compl\u00e8tement notre identification d&rsquo;un monde apolaire-antipolaire, un monde sans p\u00f4le et qui refuse quelque p\u00f4le que ce soit ; c&rsquo;est-\u00e0-dire sans ordre, et qui refuse l&rsquo;ordre. On aurait tort pourtant de d\u00e9noncer cette situation comme calamiteuse en soi, d&rsquo;en faire un motif <em>per se<\/em> d&rsquo;une situation catastrophique comme quelque chose d&rsquo;inattendu et de profond\u00e9ment dommageable. Cette observation vaut pour deux raisons :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La premi\u00e8re est que cette \u00ab\u00a0situation catastrophique\u00a0\u00bb n&rsquo;est nullement un accident, un brutal effondrement, mais la concr\u00e9tisation et la mise \u00e0 jour de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation du monde. On l&rsquo;a vu, unipolarit\u00e9 et multipolarit\u00e9 dans la s\u00e9quence n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 que des situations transitoires et compl\u00e8tement faussaires dans la marche vers la mise \u00e0 jour de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation. Cette \u00e9volution s&rsquo;est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir de 2008 et a commenc\u00e9 \u00e0 montrer ses effets \u00e0 partir de 2010 avec les r\u00e9actions au soi-disant \u00ab\u00a0printemps arabes\u00a0\u00bb, cela en conjonction avec l&rsquo;aggravation constante dans le sens de la d\u00e9structuration des situations int\u00e9rieures et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. Il n&rsquo;y a donc pas d&rsquo;accident ni de \u00ab\u00a0surprise catastrophique\u00a0\u00bb mais la marche compr\u00e9hensible et justifi\u00e9e d&rsquo;une logique universelle \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre, ressortant des effets du cycle surpuissance-autodestruction d&rsquo;un Syst\u00e8me ivre de puissance mais de plus en plus soumis, par des forces m\u00e9tahistoriques lui-m\u00eame, aux contradictions mortelles de cette surpuissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La seconde est que cette d\u00e9structuration, ce refus d&rsquo;un ordre (apolarit\u00e9-antipolarit\u00e9), s&rsquo;exerce contre une structure absolument perverse, contre un ordre faussaire et imposteur, &ndash; <em>dito<\/em>, on s&rsquo;en doute, celui du Syst\u00e8me. (On sait en effet que le paradoxe mortel du Syst\u00e8me [voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_syst_me_08_07_2013.html\">8 juillet 2013<\/a>] est qu&rsquo;il a besoin de se structurer de plus en plus pour conduire son &oelig;uvre de d\u00e9structuration par sa dynamique de surpuissance, se mettant ainsi lui-m\u00eame en danger de plus en plus grand d&rsquo;\u00eatre d\u00e9structur\u00e9 \u00e0 mesure par les effets de sa propre action, et fondant ainsi la logique de l&rsquo;\u00e9quation surpuissance-autodestruction par augmentation tr\u00e8s rapide de la tendance \u00e0 l&rsquo;autodestruction avec l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de sa surpuissance, avec la perspective, d\u00e9j\u00e0 accomplie dans plusieurs domaines comme le technologisme, o&ugrave; la dynamique de la surpuissance s&rsquo;est transform\u00e9e en dynamique de l&rsquo;autodestruction. Le cas de la NSA est r\u00e9v\u00e9lateur \u00e0 cet \u00e9gard : la surpuissance de l&rsquo;Agence a tr\u00e8s largement entam\u00e9 sa transmutation en dynamique d&rsquo;autodestruction.) Ce sentiment du \u00ab\u00a0refus d&rsquo;un ordre [exerc\u00e9] contre une structure absolument perverse, contre un ordre faussaire et imposteur\u00a0\u00bb engendre la transmutation classique du comportement vers l&rsquo;antiSyst\u00e8me. La situation est classique pour nous, renvoyant la fois \u00e0 l&rsquo;acte de la r\u00e9sistance et \u00e0 l&rsquo;acte du contrefeu avec l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-r_sistance_et_autodestruction_02_07_2012.html\">op\u00e9rationnalit\u00e9 tactique<\/a> du \u00ab\u00a0faire a\u00efkido\u00a0\u00bb. On en est donc au paradoxe o&ugrave; la \u00ab\u00a0situation (en apparence) calamiteuse\u00a0\u00bb du monde apolaire-antipolaire constitue en r\u00e9alit\u00e9 une opportunit\u00e9 inattendue d&rsquo;une action antiSyst\u00e8me : le d\u00e9sordre lui m\u00eame a fini par \u00eatre antiSyst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, il s&rsquo;agit d&rsquo;un d\u00e9roulement logique in\u00e9luctable, et tout ce qu&rsquo;on peut faire ou interpr\u00e9ter dans un sens constructif dans les circonstances actuelles est vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec si l&rsquo;on en attend quelque chose de d\u00e9cisif. M\u00eame ce qu&rsquo;on pourrait consid\u00e9rer comme un acte restructurant, comme la prise en main de la situation op\u00e9rationnelle par le r\u00e9gime d&rsquo;Assad ou la perspective d&rsquo;un accord avec l&rsquo;Iran, engendre des cons\u00e9quences d\u00e9structurantes, m\u00eame indirectement, qui accentuent les caract\u00e8res de la situation qu&rsquo;on d\u00e9crit. (Ce \u00ab\u00a0m\u00eame indirectement\u00a0\u00bb signifie que m\u00eame si tel ou tel \u00ab\u00a0acte restructurant\u00a0\u00bb, &ndash; Syrie ou Iran, &ndash; arrive \u00e0 se concr\u00e9tiser [victoire d&rsquo;Assad, accord avec l&rsquo;Iran], les cons\u00e9quence d\u00e9structurantes seront <strong>n\u00e9anmoins<\/strong> sup\u00e9rieures \u00e0 la structuration accomplie et annuleront tout espoir de restructuration. Cela ne signifie pas qu&rsquo;il faut s&rsquo;opposer \u00e0 ces actes restructurants, mais les consid\u00e9rer pour ce qu&rsquo;ils sont : des actes antiSyst\u00e8me, tactiques par d\u00e9finition, pendant qu&rsquo;ils se font mais sans la capacit\u00e9 de cr\u00e9er une v\u00e9ritable situation strat\u00e9gique nouvelle, hors-Syst\u00e8me. L&rsquo;exemple de l&rsquo;Irak peut \u00eatre avanc\u00e9 : la guerre contre l&rsquo;Irak a \u00e9t\u00e9 un calvaire pour les USA [le Syst\u00e8me], donc parfaitement antiSyst\u00e8me, mais ce qu&rsquo;il en r\u00e9sulte n&rsquo;instaure en rien une situation strat\u00e9gique antiSyst\u00e8me d\u00e9cisive. Par contre l&rsquo;aspect antiSyst\u00e8me de la guerre d&rsquo;Irak, contre les USA, a jou\u00e9 son r\u00f4le en affaiblissant \u00e0 mesure les USA.) En fait, la signification du mot \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb ou de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0r\u00e9solution d&rsquo;un conflit\u00a0\u00bb ayant perdu tout sens, toute \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9solution d&rsquo;un conflit\u00a0\u00bb effective, m\u00eame per\u00e7ue lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une perspective comme antiSyst\u00e8me, ne se r\u00e9alise nullement d&rsquo;une fa\u00e7on structurante d\u00e9cisive et engendre une surench\u00e8re de revendications, de man&oelig;uvres, de tendances d\u00e9stabilisatrices, &ndash; et l\u00e0 aussi et encore, \u00ab\u00a0tactiquement\u00a0\u00bb antiSyst\u00e8me, &ndash; et ainsi de suite. Donc, toujours cette situation paradoxale, qu&rsquo;on pourrait juger b\u00e9n\u00e9fique et qui ne l&rsquo;est pas au terme, mais qui l&rsquo;est dans son op\u00e9rationnalit\u00e9 et apportant donc sa contribution \u00e0 l&rsquo;attaque g\u00e9n\u00e9rale contre le Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est une situation effectivement sans issue dans le cadre actuel (Syst\u00e8me) parce que la seule issue possible est la destruction totale, par effondrement, du Syst\u00e8me. (L&rsquo;autre issue d\u00e9cisive est inacceptable et impensable, et sans le moindre sens, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;une victoire du Syst\u00e8me qui signifierait une entropisation g\u00e9n\u00e9rale, &ndash; voir le processus <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_ddete_d_finition_et_usage_07_11_2013.html\">dd&#038;e<\/a> ; la voie vers cette \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb emporterait le Syst\u00e8me lui-m\u00eame avant que cette entropisation ait \u00e9t\u00e9 accomplie, ce qui en fait une proposition absurde.) Il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;\u00eatre optimiste ni pessimiste, mais de constater que ce ph\u00e9nom\u00e8ne (\u00ab\u00a0sans issue\u00a0\u00bb) ne repr\u00e9sente en rien un jugement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, puisqu&rsquo;une \u00ab\u00a0issue\u00a0\u00bb \u00e0 ce stade impliquerait qu&rsquo;elle se ferait \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me, donc promise \u00e0 retomber sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me, &ndash; donc un r\u00e9pit pour le Syst\u00e8me dans sa marche vers l&rsquo;autodestruction. Quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du processus d&rsquo;autodestruction, on peut toujours la contester au nom d&rsquo;arguments divers, purement intellectuels et surtout sp\u00e9culatifs, qui s&rsquo;appuient d&rsquo;ailleurs selon nous sur l&rsquo;acceptation de l&#8217;empire du r\u00e8gne de la quantit\u00e9 et du triomphe du \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00a0\u00bb qui nous est (cette acceptation) compl\u00e8tement \u00e9trang\u00e8re par conviction et par jugement rationnel. Par contre, qui est capable de hausser sa vision \u00e0 quelques mois de temps constate tous les signes de cette autodestruction ; il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 comparer les pr\u00e9visions que nous faisions le 10 juin, ou le 15 juin, ou le 1er juillet, sur les cons\u00e9quences antiSyst\u00e8me de la crise Snowden\/NSA, et la mesure des effets diluviens, globaux, inarr\u00eatables de ces cons\u00e9quences, pour prendre en compte cette hypoth\u00e8se de l&rsquo;autodestruction. Qui peut nier aujourd&rsquo;hui la validit\u00e9 de cette chose absolument impensable il y a cinq mois : la toute-puissance de la NSA d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9e partout et qui nous faisait consid\u00e9rer notre avenir comme un \u00ab\u00a0<em>goulag<\/em> \u00e9lectronique\u00a0\u00bb in\u00e9luctable (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_glise_orthodoxe_russe_et_le_goulag_lectronique_global_01_08_2013.html\">1er ao&ucirc;t 2013<\/a>), devenue une NSA aux abois qui est l&rsquo;enjeu d&rsquo;une lutte f\u00e9roce, notamment de groupes importants qui ne sont pas loin de vouloir la d\u00e9truire, au sein m\u00eame d&rsquo;un centre-Syst\u00e8me comme le Congr\u00e8s des Etats-Unis, ou dans le chef de puissances au sein du bloc BAO (Allemagne) ou en-dehors de lui (Br\u00e9sil). Une telle situation \u00e9tait impensable il y a cinq mois ; aujourd&rsquo;hui, nul ne s&rsquo;en \u00e9tonne (pour ceux qui veulent bien prendre le temps de s&rsquo;en apercevoir, certes)&#8230; Le processus d&rsquo;autodestruction est non seulement \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre, il est en plus entr\u00e9, dans certaines situations, dans les actes m\u00eame de certaines forces du Syst\u00e8me pass\u00e9es \u00e0 l&rsquo;antiSyst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est \u00e0 cette lumi\u00e8re qu&rsquo;il faut voir la situation apolarit\u00e9-antipolarit\u00e9 du monde. Ce n&rsquo;est pas une situation g\u00e9n\u00e9ratrice de d\u00e9sordre, c&rsquo;est une classification actant le d\u00e9sordre du monde, qui existe largement depuis 9\/11, qui existait d\u00e9j\u00e0 auparavant, et qu&rsquo;on para&icirc;t d&rsquo;attributs divers et dissimulateurs dont les plus r\u00e9cents furent les fictions d&rsquo;unipolarit\u00e9 et de multipolarit\u00e9. R\u00e9aliser la v\u00e9rit\u00e9 de la situation du monde au lieu de rester la dupe d&rsquo;une dissimulation de cette m\u00eame situation de la v\u00e9rit\u00e9 du monde ne peut \u00eatre en aucun cas consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9v\u00e9nement catastrophique. Cela (la r\u00e9alisation de la v\u00e9rit\u00e9 du monde) doit au reste \u00eatre accompli du point de vue le plus rationnel du monde, en utilisant la raison pour ce qu&rsquo;elle doit \u00eatre, &ndash; non pas une puissance faite pour changer le monde \u00e0 mesure de l&rsquo;<em>hybris<\/em> du <em>sapiens<\/em> en posant ainsi son asservissement au Syst\u00e8me, mais un outil pour identifier la v\u00e9rit\u00e9 du monde et donner \u00e0 l&rsquo;esprit les moyens lui permettant de mieux se situer et de rechercher ce qui doit lui \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;attaque continu\u00e9e sans r\u00e9pit ni rel\u00e2che contre le Syst\u00e8me.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apolaire ou antipolaire ? 16 novembre 2013 &ndash; &#8230; Effectivement, nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s \u00e0 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0apolaire\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;elle contient bien plus que ce qu&rsquo;elle semble vouloir dire. Notre r\u00e9f\u00e9rence dedefensa.org est des plus simples et des plus proches, puisqu&rsquo;elle date du 10 novembre 2013, comme conclusion de ces Notes d&rsquo;analyse : &laquo;D&rsquo;une certaine fa\u00e7on,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[354,370,12375,15408,4646,15407,4270,10900,6039,2631,5604,7865,7909,857,2773,3849,4321,3871,3478,2766,2755,2730,11131,3867,2783,3803,610],"class_list":["post-75305","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-354","tag-370","tag-aikido","tag-antipolarite","tag-antisysteme","tag-apolarite","tag-autodestruction","tag-bao","tag-bloc","tag-de","tag-fabius","tag-faire","tag-internationales","tag-irak","tag-iran","tag-multipolarite","tag-narrative","tag-nsa","tag-onu","tag-relations","tag-resistance","tag-russie","tag-surpuissance","tag-syrie","tag-unipolarite","tag-villepin","tag-virtualisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75305"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75305\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}