{"id":75309,"date":"2013-11-19T12:16:22","date_gmt":"2013-11-19T12:16:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/19\/chronique-du-19-courant-jai-rendez-vous-avec\/"},"modified":"2013-11-19T12:16:22","modified_gmt":"2013-11-19T12:16:22","slug":"chronique-du-19-courant-jai-rendez-vous-avec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2013\/11\/19\/chronique-du-19-courant-jai-rendez-vous-avec\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant\u2026 \u00ab<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;<\/em>\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Chronique du 19 courant&hellip; &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;<\/em>&raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>19 novembre 2013&#8230; Ceci commence sans vrai avertissement de ce qui va suivre, fortuitement, on dirait sans intention de nuire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un d\u00e9bat sur <em>France 24<\/em>, anim\u00e9 par une dame selon le standard de la cha&icirc;ne, voix coupante, ton m\u00e9tallique et l\u00e8vres serr\u00e9es, pas laide mais d&rsquo;un agr\u00e9ment glac\u00e9, clone de Christine Ockrent qui a d\u00e9cid\u00e9 que l&rsquo;objectivit\u00e9 passe par l&rsquo;arrogance froide et immuable accompagnant un discours d&rsquo;un conformisme-Syst\u00e8me de fer. Le sujet en est le risque que courent les journalistes reporteurs du temps de guerre, cela renvoyant aux deux journalistes fran\u00e7ais tu\u00e9s au Mali. On est le 5 novembre, dans le cours et le c&oelig;ur du d\u00e9bat &laquo;<em>Journalistes : comment travailler en zone de guerre<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;un des journalistes-reporteurs de la cha&icirc;ne, Mathieu Mabin, a belle allure ; Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand, entre deux sonneries de sa <em>r\u00e9cr\u00e9ation<\/em> (1), nous dirait qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0beau gosse\u00a0\u00bb et qu&rsquo;il aimerait s&rsquo;entretenir avec lui. Ce qui m&rsquo;importe ici, moi qui \u00e9coutais le d\u00e9bat d&rsquo;une oreille bien l\u00e9g\u00e8re, c&rsquo;est que j&rsquo;entends Mabin dire : &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;<\/em>&raquo;, puis \u00eatre interrompu par la Christine Ockrent de circonstance. Comme il s&rsquo;exprime \u00e0 propos de ses sentiments lorsqu&rsquo;il se trouve dans une \u00ab\u00a0zone de combat\u00a0\u00bb et que les balles pleuvent autour de lui, je dresse l&rsquo;oreille : Ce \u00ab\u00a0J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;\u00a0\u00bb-l\u00e0 ne m&rsquo;est pas indiff\u00e9rent, et m\u00eame il ne m&rsquo;est pas inconnu si je ne me trompe &#8230; &Eacute;tait-ce donc faire erreur ? C&rsquo;\u00e9tait donc faire erreur, sans nul doute. Mabin tranche, reprenant sa phrase si injustement tranch\u00e9e :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec mes enfants et mes petits-enfants&#8230;<\/em>&raquo;, poursuivant qu&rsquo;il n&rsquo;a qu&rsquo;une id\u00e9e, c&rsquo;est de boucler son boulot syndicalement et rentrer vite fait chez lui, \u00e0 l&rsquo;abri des balles, en Bretagne. Je ressentis une profonde d\u00e9ception ; pourtant, quelle injustice de lui en vouloir pour cette r\u00e9ponse si naturelle, &ndash; qui n&rsquo;en dirait autant, &ndash; et moi-m\u00eame, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, si j&rsquo;\u00e9tais dans ce cas ? Pourtant, non, ce &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;<\/em>&raquo; me reste dans l&rsquo;esprit et dans l&rsquo;\u00e2me, implacable et inexpugnable. Je sais aussit\u00f4t de quoi il s&rsquo;agit, car ce verbe, cette expression ne forment qu&rsquo;une seule r\u00e9f\u00e9rence possible pour moi.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3>***<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le titre, le th\u00e8me et la r\u00e9p\u00e9tition tragique du po\u00e8me d&rsquo;Alan Seeger est dans sa langue d&rsquo;origine &laquo;<em>I Have A Rendezvous With Death<\/em>&raquo;, qu&rsquo;il est juste de traduire, je pense, par &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec la Mort<\/em>&raquo;. Cette phrase, commen\u00e7ant par ce sublime et tragique \u00ab\u00a0J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;\u00a0\u00bb qui m&rsquo;avait arr\u00eat\u00e9 chez Maubin, est attach\u00e9 profond\u00e9ment en moi au souvenir et \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation de Verdun. (2) Le po\u00e8me de Seeger fait partie du legs symbolique de la grande bataille, bien que Seeger n&rsquo;y ait pas particip\u00e9 et n&rsquo;ait pas \u00e9crit pr\u00e9cis\u00e9ment pour elle (il est mort sur la Somme le 4 juillet 1916). Il fait partie de ces &oelig;uvres sans rapport direct, et pourtant que vous entendez, lisez ou voyez, lorsqu&rsquo;un documentaire ou un document concernant Verdun est r\u00e9alis\u00e9 ; des &oelig;uvres que la grande bataille a faites siennes parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est reconnue en elles, comme autant de symboles, pour elle qui est le symbole des symboles de toutes les batailles de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi, par exemple, du quatri\u00e8me morceau de la Premi\u00e8re Symphonie de Mahler, avec sa lenteur tragique et sa grandeur fun\u00e8bre, qui rythme une longue prise de vue remontant presqu&rsquo;en contre-plong\u00e9e la perspective lat\u00e9rale du champ immense des milliers de tombes du cimeti\u00e8re de l&rsquo;Ossuaire. Un autre po\u00e8me de Verdun, \u00e9galement sans rapport avec Verdun, est celui de P\u00e9guy, en fait un quatrain rassembl\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on assez curieuse et pour moi inexpliqu\u00e9e, \u00e0 partir de vers tir\u00e9s de deux quatrains diff\u00e9rents de son immense po\u00e8me <em>Eve<\/em> de 1913, et ces vers \u00e9crits comme par pr\u00e9monition &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>M\u00e8re voici vos fils qui se sont tant battus.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Qu&rsquo;ils ne soient point jug\u00e9s sur leur seule mis\u00e8re.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Qui les a tant perdus et qu&rsquo;ils ont tant aim\u00e9e.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3>***<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le po\u00e8me de Seeger a fait l&rsquo;objet de plusieurs traductions. Je dois avouer qu&rsquo;aucune ne me satisfait pleinement, mais je parle de d\u00e9tails essentiellement ; mais aussi bien l&rsquo;on sait que \u00ab\u00a0le diable est dans le d\u00e9tail\u00a0\u00bb, ou bien que \u00ab\u00a0le bon Dieu est dans le d\u00e9tail\u00a0\u00bb (versions anglaise et fran\u00e7aise de l&rsquo;adage, qui refl\u00e8te peut-\u00eatre les g\u00e9nies tr\u00e8s diff\u00e9rents des deux nations). Il s&rsquo;agit de d\u00e9tails de langue mais ils ont une forte valeur symbolique. (Le po\u00e8me original et son interpr\u00e9tation se trouvent notamment vers <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.poets.org\/viewmedia.php\/prmMID\/19396\">ce lien<\/a> et vers <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/voices.yahoo.com\/a-brief-analysis-alan-seegers-rendezvous-8342075.html\">ce lien<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les premi\u00e8re et derni\u00e8re strophes disent ceci :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>La premi\u00e8re : &laquo;<em>I have a rendezvous with Death<\/em>\/ <em>At some disputed barricade,<\/em> \/ <em>When Spring comes back with rustling shade<\/em>\/ <em>And apple-blossoms fill the air &ndash;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La derni\u00e8re : &laquo;<em>But I&rsquo;ve a rendezvous with Death<\/em>\/ <em>At midnight in some flaming town,<\/em> \/ <em>When Spring trips north again this year,<\/em> \/ <em>And I to my pledged word am true,<\/em> \/ <em>I shall not fail that rendezvous.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les traductions fran\u00e7aises (voir <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.memorial-genweb.org\/html\/documents\/ALAN_SEEGER.pdf\">ce lien<\/a> et <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.jepoeme.com\/forum\/poeme-connu\/J_ai_rendez_vous_avec_la_mort_de_Alan_Seeger\/7021\/1.html\">ce lien<\/a> notamment) sont nombreuses avec quelques nuances de peu d&rsquo;importance. Toutes traduisent &laquo;<em>I have a rendezvous with Death<\/em>&raquo; par &laquo;<em>J&rsquo;ai un rendez-vous avec la Mort<\/em>&raquo;, alors que je pr\u00e9f\u00e8re &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec la Mort<\/em>&raquo;. La derni\u00e8re strophe est typiquement celle-ci :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Mais j&rsquo;ai un rendez-vous avec la Mort<\/em> \/ <em>A minuit, dans quelque ville en flammes,<\/em> \/ <em>Quand le printemps revient vers le nord cette ann\u00e9e<\/em> \/ <em>Et je suis fid\u00e8le \u00e0 ma parole,<\/em> \/ <em>Je ne manquerai pas ce rendez-vous.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Et, pour ma part, je la pr\u00e9f\u00e9rerais sous cette forme :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Mais j&rsquo;ai rendez-vous avec la Mort<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A minuit, dans quelque ville en flammes,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Quand le printemps revient vers le nord<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Et, fid\u00e8le \u00e0 la parole donn\u00e9e,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Je ne manquerai pas ce rendez-vous.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le contraste est saisissant entre les douceurs de la vie de la jeunesse, symbolis\u00e9es par les douceurs du printemps qui revient, qui s&rsquo;attarde, qui vous enveloppe de ses douceurs infinies, celles de la nature comme celles de l&rsquo;adolescence ; mais il y a ce rendez-vous avec la Mort et la parole donn\u00e9e qui est une chose sacr\u00e9e &#8230; Et c&rsquo;est sans amertume, sans d\u00e9sespoir, mais au contraire dans le sens des principes respect\u00e9s comme celui qui est fondamental de la parole donn\u00e9e, que le po\u00e8te \u00ab\u00a0fid\u00e8le \u00e0 la parole donn\u00e9e\u00a0\u00bb ne manquera pas d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 ce rendez-vous que la Mort lui donne. D&rsquo;ailleurs, tout cela \u00e0 ce moment o&ugrave; le printemps s&rsquo;en sera all\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on si paradoxale, comme l&rsquo;on s&rsquo;efface puisque l&rsquo;heure est venue&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a quelque chose de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme pur dans cette attitude, o&ugrave; je ne vois ni fatalisme, ni m\u00eame, encore, d\u00e9sespoir. Je ne sais si notre \u00e9poque comprend encore cela, &ndash; et mon \u00ab\u00a0je ne sais\u00a0\u00bb, bien s&ucirc;r, sera entendu comme une forme de style. La \u00ab\u00a0parole donn\u00e9e\u00a0\u00bb est un acte humain, mais nullement \u00ab\u00a0trop humain\u00a0\u00bb, car accord\u00e9 au fondement de la nature du monde et de l&rsquo;esp\u00e8ce par cons\u00e9quent, qui est le Principe. La \u00ab\u00a0parole donn\u00e9e\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un acte humain et, finalement, un choix compl\u00e8tement justifi\u00e9 sinon juste ; c&rsquo;est un acte humain lorsqu&rsquo;on a la grandeur de vouloir d\u00e9passer cette condition ; c&rsquo;est un acte humain accord\u00e9 \u00e0 la transcendance, c&rsquo;est-\u00e0-dire le \u00ab\u00a0pari pascalien\u00a0\u00bb de la transcendance effectivement rencontr\u00e9e. L&rsquo;honneur de soi, c&rsquo;est le respect de cette volont\u00e9 tragique, et en un sens il grandit ce que cette mort-l\u00e0 (celle de Seeger) peut avoir d&rsquo;absurde et de monstrueux ; dans cette Grande Guerre bien plus encore, qui est si absurde et monstrueuse \u00e0 cause de la domination totalitaire de la technologie de guerre dans un moment o&ugrave; cette technologie est \u00e0 un stade de blocage par la tuerie qu&rsquo;elle est capable de d\u00e9clencher et de maintenir ; dans cette Grande Guerre qui est la premi\u00e8re crise fondamentale du \u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est en aucun cas le fait que Seeger repousse la vie et sa douceur, mais simplement que le temps du printemps est venu, a r\u00e9pandu ses charmes, puis a pass\u00e9 (dans le po\u00e8me, la mention du printemps est triple, il arrive, il est pr\u00e9sent, il revient comme on s&rsquo;en va, cette graduation renvoyant \u00e0 la consid\u00e9ration grandissante du respect de la parole de l&rsquo;honneur, du principe respect\u00e9). C&rsquo;est l\u00e0 du pur h\u00e9ro\u00efsme, notamment par la conscience exacte de la situation des engagements de l&rsquo;\u00eatre, par rapport aux variations de la nature du monde ; et, pr\u00e9cis\u00e9ment dans le cas personnel, par ceci que le po\u00e8te est aussi soldat dans un combat o&ugrave; la Mort ne cesse de fixer ses rendez-vous. C&rsquo;est \u00e9videmment, par la puissance de l&rsquo;essence qui l&rsquo;habite, un po\u00e8me pr\u00e9monitoire, qui pr\u00e9c\u00e9da de peu la mort de Seeger au combat. Cette pr\u00e9monition fait de l&rsquo;acte de l&rsquo;acceptation de la Mort nullement un geste de fatalisme mais une volont\u00e9 de respect de la Providence, comme l&rsquo;on respecte la \u00ab\u00a0parole donn\u00e9e\u00a0\u00bb. En juin 1915, il \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>You must not be anxious about my not coming back.<\/em> [&#8230;] <em>But if I should not, you must be proud, like a Spartan mother, and feel that it is your contribution to the triumph of the cause whose righteousness you feel so keenly&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3>***<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Loin des d\u00e9plorations sur l'\u00a0\u00bbhorreur de la guerre\u00a0\u00bb et autres conventions affectionn\u00e9es par nos commentateurs-Syst\u00e8me, je vous dirais qu&rsquo;Alan Seeger est un de ces destins qui m&rsquo;\u00e9meuvent consid\u00e9rablement, qui me rendent de l&rsquo;ardeur et de la confiance dans les choses, bref qui me donnent encore, paradoxalement comme certains jugeraient faussement, le go&ucirc;t de vivre. Sa carri\u00e8re est courte, certes, pour la cause que l&rsquo;on sait, mais c&rsquo;est sans aucun doute un destin puissant dans le sens de la richesse de l&rsquo;\u00e2me et de la hauteur du comportement. Seeger avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 Harvard en m\u00eame temps que T.S. Eliot, avec lequel il partageait son go&ucirc;t pour la po\u00e9sie, puis \u00e0 partir de 1912 il s&rsquo;installa \u00e0 Paris, au sein d&rsquo;une colonie am\u00e9ricaine d&rsquo;\u00e9crivains et de po\u00e8tes qui commen\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;\u00e9toffer depuis l&rsquo;installation d&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Edith_Wharton\">Edith Wharton<\/a> au 53 rue de Varenne. Il y v\u00e9cut ce que l&rsquo;on nomme \u00ab\u00a0la vie de boh\u00eame\u00a0\u00bb et y con\u00e7ut une grande affection pour Paris et la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi expliqua-t-il son engagement dans la L\u00e9gion Etrang\u00e8re le 20 ao&ucirc;t 1914  :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>To me the matter of supreme importance is not to be on the winning side, but on the side where my sympathies lie&#8230; Let it always be understood that I never took arms out of any hatred against Germany or the Germans, but purely out of love for France.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi composa-t-il son &laquo;<em>Ode in Memory of the American Volunteers Fallen for France<\/em>&raquo;, ce po\u00e8me d&rsquo;une \u00e9trange pr\u00e9monition continu\u00e9e qu&rsquo;il ne put aller lire en public \u00e0 Paris pour le <em>Memorial Day<\/em> (30 mai 1916) comme il \u00e9tait pr\u00e9vu. Ainsi s&rsquo;av\u00e8re-t-il que ces mots \u00e9crits par lui \u00e0 la gloire de quelques \u00ab\u00a0morts am\u00e9ricains pour la France\u00a0\u00bb s&rsquo;adressent \u00e9galement \u00e0 lui-m\u00eame et \u00e0 sa propre gloire. (Quelques extraits de ce po\u00e8me sont inscrits, en m\u00eame temps que son nom parmi vingt-deux autres volontaires am\u00e9ricains engag\u00e9s dans la L\u00e9gion Etrang\u00e8re et morts pour la France, dans la pierre du monument de Victor Boucher inaugur\u00e9 par Raymond Poincar\u00e9, place des &Eacute;tats-Unis, le 4 juillet 1923, qui \u00e9tait la date anniversaire de sa mort.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Hail, brothers! Goodbye to you, the exalted dead!<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>To you, we owe two debts of gratitude forever:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The glory of having died for France,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>And the homage due to you in our memories.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi Alan Seeger ne connut-il jamais son neveu <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Pete_Seeger\">Pete Seeger<\/a>, pacifiste comme son p\u00e8re le musicologue <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Charles_Louis_Seeger\">Charles Seeger<\/a> qui, en 1916, l&rsquo;ann\u00e9e o&ugrave; son fr\u00e8re \u00e9tait tu\u00e9, perdit son poste de professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Californie \u00e0 cause de son opposition \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e en guerre des USA. Pete Seeger devint le barde pacifiste et, bient\u00f4t, l&rsquo;un des h\u00e9ros et des inspirateurs de la <em>Beat Generation<\/em> de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-cannes_au_soleil_noir_de_la_beat_generation_28_05_2012.html\">Jack Kerouac<\/a> et du <em>protest song<\/em> des ann\u00e9es 1960. Ainsi un premier lien est-il nou\u00e9 entre la mort d&rsquo;Alan Seeger et la Grande Guerre, et les pr\u00e9misses de notre \u00e9poque de grande crise de la civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3>***<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Seeger ne connut pas non plus, bien s&ucirc;r, John Kennedy, mais l&rsquo;on d\u00e9couvre le lien, d&rsquo;une subtile et tragique \u00e9motion d&rsquo;un texte partag\u00e9. C&rsquo;est un deuxi\u00e8me lien nou\u00e9 de Seeger avec notre \u00e9poque, avec l&rsquo;assassinat de Kennedy, et donc avec notre temps pr\u00e9sent o&ugrave; le 50\u00e8me anniversaire de cet assassinat fait si grand bruit parce que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de novembre 1963 \u00e0 Dallas semble \u00eatre devenu, enjambant ce demi-si\u00e8cle, comme un grand coup du destin annonciateur de la phase d\u00e9cisive de cette grande crise que nous vivons aujourd&rsquo;hui. &laquo;<em>I have a rendezvous with Death<\/em>&raquo; fut le po\u00e8me pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Kennedy, qui \u00e9prouvait une \u00e9trange fascination pour la trag\u00e9die de la mort. James M. Douglass rapporte cet \u00e9pisode dans ce livre qui vient d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9, avec ce titre parfaitement justifi\u00e9 et m\u00eame, dirais-je, parfaitement <strong>juste<\/strong>, &ndash; <em>JFK &#038; l&rsquo;Indicible<\/em>.  (3).<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Il r\u00e9cita \u00ab\u00a0Rendez-vous\u00a0\u00bb \u00e0 Jacqueline, la premi\u00e8re nuit \u00e0 Hyannis Port au retour de leur lune de miel, en 1953. Elle apprit le po\u00e8me par c&oelig;ur, et le lui r\u00e9citait elle-m\u00eame de temps en temps. A l&rsquo;automne 1963, elle l&rsquo;apprit \u00e0 son tout \u00e0 Caroline, leur fille, alors \u00e2g\u00e9e de cinq ans. Le 5 octobre 1963, John Kennedy participait \u00e0 une r\u00e9union avec le Conseil national de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la roseraie de la Maison-Blanche. Caroline apparut soudain pr\u00e8s de son p\u00e8re ; elle avait quelque chose \u00e0 lui dire. Le Pr\u00e9sident tenta de d\u00e9tourner son attention, mais sa fille insista. Aussi se r\u00e9solut-il \u00e0 \u00e9couter ce qu&rsquo;elle avait \u00e0 lui dire. Tout le monde autour de la table en fit autant. Caroline regarda son p\u00e8re dans les yeux et<\/em> [r\u00e9cita le po\u00e8me en entier] :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai<\/em> [&#8230;] <em>rendezvous avec la mort<\/em> \/ <em>A quelque baraque \u00e2prement disput\u00e9e,<\/em> \/ <em>\u00ab\u00a0Quand le printemps revient avec son ombre fr\u00e9missante,<\/em> \/ <em>Et quand l&rsquo;air est rempli des fleurs de pommiers\u00a0\u00bb<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0&#8230; Mais j&rsquo;ai rendez-vous avec la Mort<\/em>\/ <em>A minuit, dans quelque ville en flammes,<\/em> \/ <em>Quand le printemps s&rsquo;en va vers le nord<\/em> \/ <em>Et, fid\u00e8le \u00e0 la parole donn\u00e9e,<\/em> \/ <em>Je ne manquerai pas ce rendez-vous.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>les conseillers de la S\u00e9curit\u00e9 nationale observ\u00e8rent un silence stup\u00e9fi\u00e9. L&rsquo;un d&rsquo;eux, d\u00e9crivant la sc\u00e8ne 30 ans plus tard, dira : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait comme s&rsquo;il essayait d&rsquo;enseigner une &lsquo;musique int\u00e9rieure'\u00a0\u00bb \u00e0 sa fille. Cette \u00ab\u00a0musique int\u00e9rieure\u00a0\u00bb racontait son intimit\u00e9 avec la mort&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ainsi Alan Seeger affirmait-il l&rsquo;universalit\u00e9 symbolique et intemporelle parce qu&rsquo;au-del\u00e0 du temps, de la po\u00e9sie et de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme. Il avait \u00e9crit &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec la Mort<\/em>&raquo; aussi bien pour lui, dans une attaque d&rsquo;un village de la Somme le 4 juillet 1916, que pour un pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis, install\u00e9 dans une limousine d\u00e9capotable, dans les rues de Dallas le 22 novembre 1963.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3>***<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le po\u00e8me de Seeger &laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec la mort<\/em>&raquo; nous dit la grandeur tragique du destin de la Grande Guerre. Une petite fille r\u00e9citant &laquo;<em>I have a rendezvous with Death<\/em>&raquo; \u00e0 l&rsquo;intention de son p\u00e8re nous restitue la grandeur tragique du destin de notre \u00e9poque&#8230; Ce dernier point est essentiel \u00e0 consid\u00e9rer dans ma conviction des choses et la perception qui la nourrit, parce que, pour ce domaine de la perception, le 50\u00e8me anniversaire est un v\u00e9ritable \u00e9v\u00e9nement actuel, par les circonstances de l&rsquo;assassinat, sa puissance symbolique qui a <strong>repris<\/strong> toute sa force, tout cela s&rsquo;ins\u00e9rant dans la phase paroxystique de la crise g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me que nous vivons pr\u00e9sentement. Et, pour poursuivre l&rsquo;id\u00e9e, nous aurons bient\u00f4t le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_gr_ce_carnet_de_bord-2_27_08_2013.html\">centenaire<\/a> de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je veux dire qu&rsquo;il y a un lien d&rsquo;extr\u00eame communaut\u00e9 des choses et de l&rsquo;esprit, qui abolit le temps, qui fait bon usage de l&rsquo;Histoire, entre nous et l&rsquo;assassinat de Dallas, et JFK et sa fille, et Alan Seeger et sa mort le 4 juillet 1916, et le \u00ab\u00a0rendez-vous avec la Mort\u00a0\u00bb qui est le messager de tout cela. Ce lien n&rsquo;est pas tant celui de \u00ab\u00a0la Mort\u00a0\u00bb que celui de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme dans l&rsquo;affrontement de l&rsquo;\u00e9preuve supr\u00eame ; et aussi, d&rsquo;autre part, celui de la communaut\u00e9 de la crise que nous affrontons, car c&rsquo;est la m\u00eame crise qui a engendr\u00e9 la Grande Guerre, l&rsquo;assassinat de Kennedy et notre situation actuelle. Ce qui importe dans cette courte \u00e9vocation, ce ne sont pas tant les personnes, les situations, etc., que le lien tragique qui les unit et les met ensemble, et ce lien est certes le po\u00e8me qui nous dit &laquo;<em>I have a rendezvous with Death<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La substance m\u00eame des mots, la puissance structurante de cette substance, conduit \u00e0 cr\u00e9er une essence dans leur chef. Les mots (&laquo;<em>J&rsquo;ai rendez-vous avec la mort<\/em>&raquo;) sont \u00e0 la fois repr\u00e9sentation de ce qui a exist\u00e9 et de ce qui existe, symbole de ce que nous ne distinguons pas n\u00e9cessairement, cr\u00e9ateur de situations qui \u00e9clairent la v\u00e9rit\u00e9 du monde par ce qu&rsquo;ils font na&icirc;tre chez ceux qui les lisent et les entendent. D\u00e8s lors qu&rsquo;il est pr\u00e9sent\u00e9 dans toute sa puissance temporelle et toute son expansion spatiale, dans toute sa force de repr\u00e9sentation et toute sa hauteur symbolique, le po\u00e8me transmue la situation du monde et cr\u00e9e les conditions permettant d&rsquo;appr\u00e9hender la v\u00e9rit\u00e9 du monde. Lecture faite et refaite, et toutes les implications r\u00e9alis\u00e9es, je ne suis plus le m\u00eame, et l&rsquo;avancement de ma perception et de ma r\u00e9flexion s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9 dans des domaines aussi diff\u00e9rents en apparence que la mort assum\u00e9e et accept\u00e9e du po\u00e8te dans une bataille de la Grande Guerre, l&rsquo;assassinat tortueux et terrible de ce pr\u00e9sident-l\u00e0, notre situation pr\u00e9sente de bouleversement, et le lien vital \u00e9tabli entre ces \u00e9v\u00e9nements, leur connivence au-del\u00e0 du temps, leur fatalit\u00e9 catastrophique, leur providence m\u00e9tahistorique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les mots portent ainsi l&rsquo;essentiel de tout. Mis sous la forme de ce po\u00e8me pr\u00e9monitoire, avec la beaut\u00e9 de cette forme, ils charrient des \u00e9motions indescriptibles, d\u00e9crivent le caract\u00e8re h\u00e9ro\u00efque de notre temps, confortent l&rsquo;\u00e2me dans sa volont\u00e9 de figurer dans son temps historique, ouvrent l&rsquo;esprit \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension de la situation du monde. Ils nous lient fermement au martyre d&rsquo;Alan Seeger et au martyre de John Kennedy, et \u00e0 notre propre martyre. Il suffit de bien entendre de quel \u00ab\u00a0rendez-vous\u00a0\u00bb il s&rsquo;agit, &ndash; bien autant celui de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme que celui de \u00ab\u00a0la Mort\u00a0\u00bb, &ndash; et, avec un naturel presque intemporel, \u00ab\u00a0fid\u00e8le \u00e0 la parole donn\u00e9e\u00a0\u00bb, de n&rsquo;y point manquer.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Philippe Grasset<\/h4>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(1) <em>La r\u00e9cr\u00e9ation<\/em> (chez Robert Laffont, 2013), retrace les ann\u00e9es de Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand au minist\u00e8re de la Communication et la Culture de Sarkozy. Journal passionnant des us et coutumes d&rsquo;un ministre charg\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement de la gestions des r\u00e9seaux, jalouseries, courses au pr\u00e9bendes, explorations int\u00e9ress\u00e9e des gloires pass\u00e9es et \u00e0 venir, etc., d&rsquo;un domaine sans \u00e9gal \u00e0 cet \u00e9gard ; journal passionnant d&rsquo;un homme qui fit son m\u00e9tier en y croyant sans aucun doute sinc\u00e8rement, mais avec une pens\u00e9e politique r\u00e9duite \u00e0 ce domaine. Journal passionnant, certes, entrecoup\u00e9 de constantes allusions \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat \u00ab\u00a0soci\u00e9tal\u00a0\u00bb de l&rsquo;auteur, presque convulsivement, comme une sorte de r\u00e9flexe pavlovien de la libert\u00e9 homosexuelle enfin vot\u00e9e par l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale et qu&rsquo;il est non seulement bienvenu selon les normes des salons, mais de bonne conformit\u00e9 d&rsquo;afficher comme une vertu de la plus haute lign\u00e9e ; dr\u00f4le de lib\u00e9ration, ou la libert\u00e9 revue par Pavlov-<em>gay<\/em>&#8230; Il reste que, parfois, en le lisant, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vraiment chang\u00e9, \u00ab\u00a0Fr\u00e9do\u00a0\u00bb, depuis l&rsquo;ann\u00e9es scolaire 1963-64, en Philo 4, \u00e0 Janson de Sailly, o&ugrave; il figurait comme un excellent \u00e9l\u00e8ve, toujours plac\u00e9 au premier rang, attentif aux divers professeurs, d&rsquo;un conformisme touchant et assez supportable avec ses allures primesauti\u00e8res. Il \u00e9tait en avance sur moi et par cons\u00e9quent plus jeune et plus habile. (J&rsquo;avais deux ou trois redoublements \u00e0 mon actif, pirate \u00ab\u00a0pied-noir\u00a0\u00bb venu des c\u00f4tes barbaresques de l&rsquo;ex-Alg\u00e9rie fran\u00e7aise pour \u00e9chouer \u00e0 Janson, toujours plac\u00e9 au fond de la classe, pr\u00e8s du radiateur, d&rsquo;ailleurs autant par timidit\u00e9 que par go&ucirc;t de la chaleur subversive&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) &#8230; Chose si importante, Verdun, pour ce site, donc pour nous, et pour moi sans aucun doute. Je ne cesse de rappeler cet int\u00e9r\u00eat, voire cette passion, depuis exactement sept ans o&ugrave; la chose a pris sa place dans ma m\u00e9moire. Il en a \u00e9t\u00e9 question d\u00e9j\u00e0 dans cette chronique, il y a exactement un an, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_r_silience_de_verdun_19_11_2012.html\">19 novembre 2012<\/a>. Je reprends la note que je mettais ce jour-l\u00e0, en fin de ce texte du 19 novembre pr\u00e9c\u00e9dent, pour rappeler nos complicit\u00e9s verdunoises.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le premier texte sur Verdun, correspondant \u00e0 notre d\u00e9couverte du lieu symbolique et du symbole initiatique pour nos conceptions fut mis en ligne le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retour_a_verdun_24_11_2006.html\">24 novembre 2006<\/a>. On trouve nombre de textes sur Verdun ou autour de la bataille, ou \u00e0 propos d&rsquo;elle et de la Grande Guerre, depuis cette date, par exemple le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-verdun_ou_la_repetition_generale_22_09_2008.html\">22 septembre 2008<\/a>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\">11 novembre 2008<\/a>, le <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-verdun_et_les_3_cercles_de_l_enfer_11_07_2009.html\">11 juillet 2009<\/a>, On a encore, tr\u00e8s r\u00e9cemment, rappel\u00e9 le r\u00f4le fondamental de Verdun dans notre \u00e9volution, avec ce que nous nommons \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb, et sa part essentielle dans l&rsquo;\u00e9laboration du concept de \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\">5 novembre 2012<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Bien entendu, il faut mentionner le livre et album photo <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/lesamesdeverdun.com\/\">publi\u00e9<\/a> \u00e0 l&rsquo;occasion de nos divers d\u00e9placements, <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>. R\u00e9cemment encore, un lecteur nous signalait (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-notes_eschatologiques_sur_frankenstorm_03_11_2012.html\">3 novembre 2012<\/a>, &ndash; qu&rsquo;il soit remerci\u00e9 \u00e0 cette occasion), indirectement \u00e0 son initiative, la parution d&rsquo;un article sur le livre, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.legrandsoir.info\/le-11-novembre-commemoration-du-sacrifice-des-poilus-ou-des-operations-militaires-de-la-france-et-de-l-otan.html\">11 novembre 2012<\/a>. Quant \u00e0 nous, nous devons signaler avec une satisfaction presqu&rsquo;\u00e9tonn\u00e9e que nous trouv\u00e2mes, lors de cette visite \u00e9voqu\u00e9e ici, dans plusieurs librairies des ouvrages et mus\u00e9es de la bataille de Verdun, <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em> mises en \u00e9vidence. Peut-\u00eatre le centenaire de la Grande Guerre sera-t-il le temps venu pour que ce livre <strong>re<\/strong>trouve le public qui lui est d&ucirc;. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) <em>JFK &#038; l&rsquo;Indicible<\/em>, James W. Douglass, \u00e9ditions Demi-Lune, septembre 2013. Cette publication donne en traduction fran\u00e7aise l&rsquo;original de Douglass datant de 2009 (<em>JFK &#038; The Unspeakable, why he died and why it matters<\/em>), marquant ainsi combien ce texte transcende les exigences de l&rsquo;actualit\u00e9. On reviendra sous peu, tr\u00e8s rapidement, sur ce livre, mais il faut dire d\u00e9j\u00e0 que sa m\u00e9thodologie, c&rsquo;est-\u00e0-dire la fa\u00e7on dont il aborde son sujet pour lui donner toute sa signification, constituent une originalit\u00e9 singuli\u00e8re parmi l&rsquo;immense biblioth\u00e8que consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et \u00e0 l&rsquo;homme. (40.000 ouvrages traitant de JFK et de l&rsquo;assassinat de Dallas, parus aux USA : &laquo;<em>I have not counted, but somebody there said that 40,000 books have been written about our 35th president<\/em>&raquo;, selon Richard Reeves, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.truthdig.com\/report\/item\/the_kennedy_myth_the_kennedy_legacy_20131115\/\">15 novembre 2013<\/a> sur <em>Truthdig.org<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une exp\u00e9rience assez \u00e9trange et revigorante c&rsquo;est de lire, comme je l&rsquo;ai fait, en m\u00eame temps voire c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te, ce livre de Douglass et <em>La r\u00e9cr\u00e9ation<\/em> de Mitterrand (voir la note [1]). On en obtient une mesure \u00e9galement \u00e9trange et ironiquement revigorante de la diff\u00e9rence entre la trag\u00e9die de l&rsquo;histoire et la com\u00e9die du pouvoir qui pr\u00e9tendrait, notamment dans le domaine de la culture, \u00eatre l&rsquo;inspirateur ou le m\u00e9c\u00e8ne de l&rsquo;art et par cons\u00e9quent de la dimension tragique qu&rsquo;on devrait y trouver.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant&hellip; &laquo;J&rsquo;ai rendez-vous avec&#8230;&raquo; 19 novembre 2013&#8230; Ceci commence sans vrai avertissement de ce qui va suivre, fortuitement, on dirait sans intention de nuire. 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