{"id":75328,"date":"2014-05-31T13:20:19","date_gmt":"2014-05-31T13:20:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/05\/31\/epreuve-de-force-et-lutte-a-mort\/"},"modified":"2014-05-31T13:20:19","modified_gmt":"2014-05-31T13:20:19","slug":"epreuve-de-force-et-lutte-a-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/05\/31\/epreuve-de-force-et-lutte-a-mort\/","title":{"rendered":"\u00c9preuve de force et lutte \u00e0 mort"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">\u00c9preuve de force et lutte \u00e0 mort<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNul ne se plaindra du d\u00e9part du citoyen-pr\u00e9sident Barroso, effectivement pr\u00e9sident de la Commission Europ\u00e9enne (CE) dot\u00e9 de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 d&rsquo;une m\u00e9diocrit\u00e9 sans limites, exerc\u00e9e pendant de longues ann\u00e9es color\u00e9es d&rsquo;une ternitude palpable. Barroso avait \u00e9t\u00e9 choisi pour cela,  sa m\u00e9diocrit\u00e9, sa ternitude,  et il a n&rsquo;a pas d\u00e9m\u00e9rit\u00e9 : <em>Mission accomplished<\/em>, comme disait l&rsquo;autre. Son successeur devrait \u00eatre l&rsquo;ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et l&rsquo;on passe \u00e0 une autre dimension, \u00e0 un autre rythme ; la perspective s&rsquo;est brusquement \u00e9clair\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard avec le tr\u00e8s r\u00e9cent tournant de Merkel en faveur du soutien de Juncker (voir le <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/may\/30\/angela-merkel-jean-claude-juncker-european-commission\" class=\"gen\">30 mai 2014<\/a>, en consultant le <em>Guardian<\/em>). Avec Juncker, nous changeons de registre par rappeur \u00e0 Sa-M\u00e9diocrit\u00e9 Barroso : activiste, adepte du franc-parler, brillant et corrosif, la pens\u00e9e ferme et droite, toujours int\u00e9ressant sinon explosif dans ses d\u00e9clarations, Juncker est une sorte d&rsquo;antith\u00e8se de son \u00e9ventuel pr\u00e9d\u00e9cesseur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe choix de Merkel (\u00ab<em>The German chancellor said at the National Catholic Congress in Regensburg: I will now lead all negotiations in the spirit that Jean-Claude Juncker should become president of the European commission.<\/em>\u00bb) nous permet d&rsquo;assumer que Juncker a de fortes chances de devenir le nouveau pr\u00e9sident de la CE, et nous pouvons raisonner sur cette hypoth\u00e8se,  mais en comprenant bien que l&rsquo;hypoth\u00e8se est un cas-limite d&rsquo;une situation des institutions europ\u00e9ennes qui \u00e9voluera compl\u00e8tement, in\u00e9luctablement, avec ou sans lui, dans le sens d\u00e9crit. Effectivement, la nouvelle situation, Merkel <em>regnante<\/em>, nous permet d&rsquo;assumer qu&rsquo;au moins l&rsquo;esprit de la direction europ\u00e9enne est bien dans le sens qu&rsquo;op\u00e9rationnaliserait le choix \u00e9ventuel de Juncker. Certes, on peut s&rsquo;arr\u00eater aux consid\u00e9rations d\u00e9mocratiques, qui permettent de badigeonner d&rsquo;un peu de vernis convenable la situation europ\u00e9enne, puisque Juncker est le choix pour la pr\u00e9sidence de la CE du premier parti (PPE, ou centre-droit type-d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens) du Parlement Europ\u00e9en (PE) renouvel\u00e9. Tenons-nous-en l\u00e0 pour ce domaine du simulacre et passons aux choses s\u00e9rieuses : la mont\u00e9e de Juncker implique le renforcement d&rsquo;une r\u00e9solution de la direction europ\u00e9enne qui colore un \u00e9tat de l&rsquo;esprit particuli\u00e8rement remarquable. Parlant apr\u00e8s le r\u00e9sultat des \u00e9lections europ\u00e9ennes et la mont\u00e9e des eurosceptiques, Juncker a abruptement r\u00e9pondu qu&rsquo;il n&rsquo;en avait cure (bref, qu&rsquo;il s&rsquo;en fout,  <em>I don&rsquo;t care<\/em>) puisque la vraie et belle d\u00e9mocratie, c&rsquo;est la premi\u00e8re place du PPE au PE, et que, d\u00e9mocratiquement, il est naturel que lui-m\u00eame soit d\u00e9sign\u00e9. (Effectivement, le PE joue d\u00e9sormais un r\u00f4le important dans diverses d\u00e9cisions europ\u00e9ennes, et notamment dans la d\u00e9signation du pr\u00e9sident de Commission Europ\u00e9enne.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons l&rsquo;hypoth\u00e8se et constatons que la d\u00e9signation \u00e9ventuelle de Juncker se fait sur un fond d\u00e9clamatoire qui confirme, que non seulement on s&rsquo;en fout, de la mont\u00e9e des eurosceptiques, mais qu&rsquo;en plus on la tient pour pire encore que ce qu&rsquo;elle est : la mont\u00e9e de la peste brune, r\u00e9surrection d&rsquo;une protohistoire toujours pr\u00eate \u00e0 servir dans l&rsquo;arsenal <M>sexy<D> des pro-europ\u00e9ens, ces hyper-postmodernistes vivant au rythme des ann\u00e9es 1930. Dans un autre article du <em>Guardian<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/may\/27\/david-cameron-jean-claude-juncker-eu-top-job\" class=\"gen\">28 mai 2014<\/a>, on lisait des \u00e9chos de d\u00e9clarations qui ne nous l&rsquo;envoient pas dire&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Speaking at a conference in Berlin, Wolfgang Sch\u00e4uble, the German finance minister and one of the most influential politicians in the EU, deplored the outcome of the European election in France where Marine Le Pen&rsquo;s FN made its biggest breakthrough to win the ballot with 25% of the vote. A quarter of the electorate voted not for a rightwing party but for a fascist, extremist party, said Sch\u00e4uble.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The attack on the FN was taken up by Viviane Reding, the vice-president of the European commission. Asked by a Swiss television station whether the FN&rsquo;s triumph imperilled democracy in Europe, she responded: It is absolutely dangerous, like all fascism. While neo-fascists from Greece, Hungary and Germany won seats in the Strasbourg parliament, the far right also scored dramatic victories in Britain and Denmark and did well in Austria.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>On the other side of the political spectrum, the hard left also won the election in Greece, did well in Ireland and boosted its presence in several countries. Reding branded some of them as fascist, too. There is also the fascism of the left which will be in the parliament.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn aspect tr\u00e8s sp\u00e9cifique de la situation europ\u00e9enne, c&rsquo;est que l&rsquo;\u00e9ventuelle victoire de Juncker serait une d\u00e9faite cuisante pour le Britannique Cameron. On sait que Juncker d\u00e9teste les Britanniques, en priv\u00e9 sans aucune retenue et en public avec le sarcasme aux l\u00e8vres ; il les juge irr\u00e9m\u00e9diablement anti-europ\u00e9ens. Bien vu, se r\u00e9jouiraient certains Fran\u00e7ais peu sensibles \u00e0 la contraction du temps et \u00e0 l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;Histoire qui changent toutes les donn\u00e9es, et croyant dur comme fer \u00e0 l&rsquo;Europe de leurs r\u00eaves, celle \u00e0 laquelle on pouvait encore s&rsquo;attarder \u00e0 croire il y a un quart de si\u00e8cle et m\u00eame un peu plus. Mais non, Juncker ne dit pas cela parce qu&rsquo;il veut une Europe ind\u00e9pendante dans le sens qu&rsquo;elle serait d\u00e9barrass\u00e9e de l&rsquo;influence US que relaient les Britanniques et qui constitue un des aspects importants de son absence d&rsquo;ind\u00e9pendance politique. Sa d\u00e9mission en 2013 du poste o\u00f9 il semblait inamovible de Premier ministre luxembourgeois (voir par exemple RTBF.info, le <a href=\"http:\/\/www.rtbf.be\/info\/monde\/detail_scandale-des-ecoutes-illegales-le-luxembourgois-jc-juncker-se-defend?id=8045788\" class=\"gen\">11 juillet 2013<\/a>) est due au scandale SERL (services de s\u00e9curit\u00e9 luxembourgeois). On avait alors appris qu&rsquo;en 2006-2007, Juncker avait montr\u00e9 un comportement tout \u00e0 fait indiff\u00e9rent et laxiste devant la r\u00e9v\u00e9lation que le SERL, bon serviteur du r\u00e9seau <em>Gladio<\/em> g\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;OTAN, entretenait un \u00e9norme fichier de surveillance des citoyens grands-ducaux, pour servir notamment \u00e0 l&rsquo;information et aux entreprises de <em>Gladio<\/em>, et aussi du MI6 britannique et, par voie de servilit\u00e9, de la CIA. Juncker n&rsquo;a pris aucune mesure, il a laiss\u00e9 faire, n&rsquo;y trouvant rien \u00e0 redire ; il n&rsquo;est pas un atlantiste acharn\u00e9, du type agent actif-<em>neocon<\/em>, mais simplement un atlantiste disons par habitude sinon par d\u00e9faut et indiff\u00e9rence, fataliste de la domination US au niveau de toutes ces fonctions r\u00e9galiennes de la souverainet\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale,  toutes choses assez \u00e9trang\u00e8res au Luxembourg et \u00e0 Juncker. Non, r\u00e9p\u00e9tons-le, si Juncker d\u00e9teste les Britanniques c&rsquo;est parce qu&rsquo;il les juge anti-europ\u00e9ens selon  ses propres conceptions int\u00e9gristes de l&rsquo;Europe, \u00e0 lui Juncker.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMerkel semble \u00eatre venue \u00e0 lui finalement, alors qu&rsquo;elle favorisait d&rsquo;abord l&rsquo;Allemand bon teint Martin Schultz (social-d\u00e9mocrate du Parti Socialiste Europ\u00e9en [PSE] au PE), pour r\u00e9pondre \u00e0 des pressions nouvelles, y compris en Allemagne m\u00eame avec un \u00e9dito fracassant du <em>Bild<\/em> et d&rsquo;autres interventions (voir <em>EUObserver<\/em> le <a href=\"http:\/\/euobserver.com\/eu-elections\/124420\" class=\"gen\">31 mai 2014<\/a>), parce que Juncker s&rsquo;impose comme le candidat le mieux \u00e9lu et qu&rsquo;il importe de plus en plus aux instances europ\u00e9ennes d&rsquo;avoir au moins des allures d\u00e9mocratiques. D&rsquo;autre part, avec Juncker les n\u00e9cessit\u00e9s d\u00e9mocratiques font bien les choses si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;envergure et l&rsquo;activisme int\u00e9griste mais tactiquement habile du personnage. Il faut voir que ces diverses manuvres tendent \u00e0 imposer au niveau europ\u00e9en une riposte politicienne des grands partis-Syst\u00e8me dont certains font face \u00e0 une terrible situation au niveau national (en France et au Royaume-Uni, principalement). Consid\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un point de vue plus \u00e9lev\u00e9, cette \u00e9volution installe l&rsquo;affrontement entre europ\u00e9istes-Syst\u00e8me et eurosceptiques-antiSyst\u00e8me \u00e0 tous les niveaux de pouvoir en Europe ; elle renforce l&rsquo;antagonisme entre les institutions europ\u00e9ennes, salvatrices des grands partis-Syst\u00e8me en danger aux niveaux nationaux, et les situations nationales o\u00f9 dans bien des cas monte l&rsquo;euroscepticisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est int\u00e9ressant, c&rsquo;est que, dans cette passe d&rsquo;armes, Cameron s&rsquo;est retrouv\u00e9, en s&rsquo;opposant \u00e0 Juncker qu&rsquo;il conna\u00eet bien comme europ\u00e9en int\u00e9griste sans partage (ses services, MI6 en t\u00eate, le tiennent au courant), dans le r\u00f4le de d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00c9tat-nation et de la prise en compte du vote des eurosceptiques &#8230; \u00ab<em>Europe cannot shrug off theses results. We need an approach that recognises that Europe should concentrate on what matters, on growth and jobs and not try and do so much, said Cameron. We need an approach that recognises that Brussels has got too big, too bossy, too interfering. We need more for nation states. It should be nation states wherever possible and Europe only where necessary. Of course we need people running these organisations that really understand that and can build a Europe that is about openness, competitiveness and flexibility, not about the past.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInt\u00e9ressant et curieux \u00e0 la fois, parce que ce r\u00f4le-l\u00e0, ce n&rsquo;est bien entendu pas Cameron qui aurait d\u00fb le jouer mais bien Hollande, parce que la France est de tradition la d\u00e9fenderesse de la souverainet\u00e9 des nations. Bien entendu, il n&rsquo;en fut rien et il n&rsquo;en est rien, le pr\u00e9sident-poire ajoutant \u00e0 sa dimension fruiti\u00e8re initiale celle de pr\u00e9sident-camembert par temps de canicule en pleine dissolution et qui inventerait pour peu le sondage de popularit\u00e9 de type n\u00e9gatif (3% de Fran\u00e7ais favorables \u00e0 sa r\u00e9\u00e9lection,  bient\u00f4t  3% ?) ; par cons\u00e9quent, il n&rsquo;en sera rien&#8230; Hollande ne peut manifester une v\u00e9ritable opposition de la France au processus en cours, symbolis\u00e9 par Juncker, puisqu&rsquo;il n&rsquo;est plus un acteur fran\u00e7ais dans le d\u00e9sordre actuel, mais bien un acteur europ\u00e9en tenu \u00e0 bout de bras, relayant le <em>diktat<\/em> europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e et rien d&rsquo;autre, et qui plus est acteur europ\u00e9en que ses coll\u00e8gues m\u00e9prisent ouvertement puisqu&rsquo;il est incapable de tenir sa maison en ordre. C&rsquo;est une sorte de Juncker en caoutchouc, tout mol,  certes, sans les tripes, la vigueur et le franc-parler,  comme si la France \u00e9tait r\u00e9duite au Luxembourg,  certes, France r\u00e9duite au Luxembourg mais sans les banques ni la prosp\u00e9rit\u00e9. Bref, passons outre puisque la France n&rsquo;a pour l&rsquo;instant plus rien d&rsquo;elle-m\u00eame dans ses structures principielles vid\u00e9es de leur contenu, et donc plus aucun r\u00f4le institutionnel \u00e0 jouer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons l&rsquo;hypoth\u00e8se Juncker qui est l&rsquo;hypoth\u00e8se extr\u00eame d&rsquo;une situation in\u00e9luctable d&rsquo;affrontement entre l&rsquo;Europe institutionnelle et les nations. Ce qui se profile c&rsquo;est une machine de guerre institutionnelle europ\u00e9enne (les institutions europ\u00e9ennes) plus intransigeante que jamais apr\u00e8s ces \u00e9lections qui lui ont apport\u00e9 un cinglant d\u00e9menti. Plus Bruxelles-Europe est mis en question par les \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;il suscite, plus Bruxelles-Europe ne supporte pas de l&rsquo;\u00eatre puisque Bruxelles-Europe est oint d&rsquo;une sorte d&rsquo;huile sacr\u00e9e nomm\u00e9e Europe qui lui interdit d&rsquo;accepter la moindre r\u00e9ticence, la moindre critique. Il faut entendre <strong>du dedans<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire chez certains fonctionnaires de cette direction qui y furent directement impliqu\u00e9s, le r\u00e9cit de la circonstance initiale de novembre 2013 qui d\u00e9clencha la crise ukrainienne, l&rsquo;extraordinaire intransigeance du Commissaire \u00e0 l&rsquo;Elargissement de la Commission, tch\u00e8que de nationalit\u00e9, qui mena les n\u00e9gociations et refusa la moindre concession \u00e0 Ianoukovitch, ne lui laissant d&rsquo;autre choix que de refuser,  et ainsi pourra-t-on mieux comprendre cette crise-l\u00e0&#8230; Et ainsi pourrait-on mieux envisager d&rsquo;autres crises, avec l&rsquo;\u00e9volution probable de l&rsquo;attitude de Bruxelles-Europe, notamment, et particuli\u00e8rement d&rsquo;une mani\u00e8re symbolique pour nous, si Juncker devient pr\u00e9sident de la CE. Nous aurons une compl\u00e8te intransigeance vis-\u00e0-vis des \u00c9tats-Membres, et particuli\u00e8rement ceux qui ont eu des votes eurosceptiques marquants. S&rsquo;il le faut et si les circonstances vont dans ce sens,  et rien ne montre qu&rsquo;elles puissent prendre une autre tournure,  rien n&#8217;emp\u00eacherait que l&rsquo;on envisage\u00e2t de faire subir \u00e0 la France le sort de la Gr\u00e8ce, et un Juncker, avec toute son alacrit\u00e9 d&rsquo;acteur europ\u00e9en muscl\u00e9 et exp\u00e9riment\u00e9, jouerait un r\u00f4le acc\u00e9l\u00e9rateur non n\u00e9gligeable dans une telle occurrence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela signifie que nous nous dirigeons vers des affrontements majeurs, parce que, bien entendu, ni la France ni l&rsquo;Angleterre, pour prendre les deux cas des deux des trois grands europ\u00e9ens qui ont enregistr\u00e9 la m\u00eame pouss\u00e9e d\u00e9vastatrice des eurosceptiques (28% pour l&rsquo;UKIP, 25% pour le FN), ne sont pr\u00eates \u00e0 accepter des pressions et des <em>diktat<\/em> de cette sorte, m\u00eame adapt\u00e9s \u00e0 leurs situations respectives. On envisagerait ais\u00e9ment que de telles circonstances constitueraient un moteur puissant pour acc\u00e9l\u00e9rer encore des situations quasi-insurrectionnelles vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe dans ces pays, et la France pourrait alors trouver un r\u00f4le \u00e0 sa mesure, plut\u00f4t du type insurrectionnel, dans le registre <em>Ah \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira&#8230;<\/em> de son inventaire. Les \u00e9lections europ\u00e9ennes suivies du durcissement de Bruxelles-Europe avec des op\u00e9rateurs tels que Juncker ouvrent donc la voie \u00e0 une p\u00e9riode de grand trouble,  ou bien acc\u00e9l\u00e8re de fa\u00e7on impressionnante le grand trouble d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 existant,  o\u00f9 le facteur \u00e9conomique et le facteur institutionnel pourraient c\u00e9der la place \u00e0 des occurrences politiques de violence pure et des menaces graves de rupture. Ce que ces \u00e9lections europ\u00e9ennes d\u00e9cid\u00e9ment historiques d&rsquo;il y a une semaine menacent de faire c\u00e9der, c&rsquo;est l&rsquo;existence du cordon s\u00e9curitaire et quasiment sanitaire que constituaient jusqu&rsquo;ici les directions nationales, dont le r\u00f4le semblait depuis les \u00e9pisodes int\u00e9grateurs de la Constitution europ\u00e9enne, du trait\u00e9 de Lisbonne et de la crise de l&rsquo;euro, avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit \u00e0 la t\u00e2che de faire appliquer une politique europ\u00e9enne dont on conna\u00eet la recette type FMI-Goldman-Sachs, fard\u00e9e d&rsquo;une dialectique nationale de circonstance qui avait pour mission de dissimuler la v\u00e9rit\u00e9 de la situation. Nous sommes d\u00e9sormais \u00e0 proximit\u00e9 d&rsquo;un point de rupture mena\u00e7ant tous les \u00e9quilibres nationaux et europ\u00e9ens,  comme si l&rsquo;on \u00e9voluait vers une v\u00e9ritable \u00e9preuve de force \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;un continent qui s&rsquo;est institu\u00e9 lui-m\u00eame, dans le chef de ses \u00e9lites-Syst\u00e8me, comme un mod\u00e8le de gouvernance pour le reste du monde et l&rsquo;avenir de la civilisation. C&rsquo;est un autre aspect de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me qui se pr\u00e9cise, et toujours avec cette stup\u00e9fiante rapidit\u00e9 dans la formation et le d\u00e9veloppement des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 31 mai 2014 \u00e0 13H22<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9preuve de force et lutte \u00e0 mort Nul ne se plaindra du d\u00e9part du citoyen-pr\u00e9sident Barroso, effectivement pr\u00e9sident de la Commission Europ\u00e9enne (CE) dot\u00e9 de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 d&rsquo;une m\u00e9diocrit\u00e9 sans limites, exerc\u00e9e pendant de longues ann\u00e9es color\u00e9es d&rsquo;une ternitude palpable. 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