{"id":75340,"date":"2014-06-09T02:16:06","date_gmt":"2014-06-09T02:16:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/06\/09\/notes-sur-le-danger-present\/"},"modified":"2014-06-09T02:16:06","modified_gmt":"2014-06-09T02:16:06","slug":"notes-sur-le-danger-present","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/06\/09\/notes-sur-le-danger-present\/","title":{"rendered":"Notes sur le \u201cdanger pr\u00e9sent\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur le danger pr\u00e9sent<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t9 juin 2014  On nous en a assez dit et on en a assez vu sur la ma\u00eetrise de soi de Poutine, son calme, sa retenue, sa fa\u00e7on de peser chaque mot,  le contraire de l&#8217;emportement, d&rsquo;une d\u00e9claration \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce. Le constat vaut encore plus lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00e0 tr\u00e8s grande audience et \u00e0 audience internationale. Effectivement, Elkabbach, de Europe 1 et dernier fan en date de Poutine nous fait un portrait dans ce sens : Poutine \u00ab<em>a une sorte de charisme froid&#8230; Une \u00e9nergie sans exub\u00e9rance, la fermet\u00e9 et la raideur brutale d&rsquo;un timide&#8230; <\/em>[Poutine] <em>ne ressemble pas \u00e0 sa caricature&#8230;<\/em>\u00bb (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_continuez_elkabbach__05_06_2014.html\" class=\"gen\">5 juin 2014<\/a>.) Alors, pourquoi cette sortie contre Hillary Clinton et les femmes en g\u00e9n\u00e9ral, sortie dite d&rsquo;ailleurs, elle aussi comme le reste, sur un ton <strong>ma\u00eetris\u00e9 et calcul\u00e9<\/strong>, sans le moindre indice d&rsquo;un emportement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon <MI> <em>europe1.fr<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.europe1.fr\/International\/Poutine-sur-Hillary-Clinton-il-est-preferable-de-ne-pas-debattre-avec-les-femmes-2142643\/\" class=\"gen\">5 juin 2014<\/a> : \u00ab<em>&#8230;Poutine a eu la main lourde au moment d&rsquo;\u00e9voquer l&rsquo;ex-secr\u00e9taire d&rsquo;Etat Hillary Clinton, qui l&rsquo;avait compar\u00e9 \u00e0 Hitler. Vous savez, il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas d\u00e9battre avec les femmes, a-t-il lanc\u00e9. Quant \u00e0 Mme Clinton, elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 trop subtile dans ses d\u00e9clarations &#8230; Cela ne nous a pas emp\u00each\u00e9 de la rencontrer lors de diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements internationaux ou de discuter normalement. Je pense qu&rsquo;ici \u00e9galement, nous pourrions trouver un langage commun, a-t-il indiqu\u00e9, avant d&rsquo;ass\u00e9ner : pour une femme cependant, la faiblesse n&rsquo;est pas tellement un d\u00e9faut.<\/em>\u00bb (On ajoutera, cerise exotique et parisienne sur le g\u00e2teau : \u00ab<em>Sur son compte Twitter, l&rsquo;ancienne Premi\u00e8re dame Val\u00e9rie Trierweiler se dit heureuse de ne pas avoir \u00e0 serrer la main de Poutine<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi ce qui est effectivement une sortie de Poutine, \u00e0 la fois contre Clinton et contre les femmes ? (On \u00e9cartera l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;ironie dont l&rsquo;intervention est manifestement exempte.) Il est bien possible que Poutine n&rsquo;aime pas Hillary et qu&rsquo;il soit antif\u00e9ministe, mais il est tout \u00e0 fait inattendu, inhabituel de sa part, contre-productif, etc., qu&rsquo;il expose ainsi ces attitudes qui contribueraient ais\u00e9ment \u00e0 alimenter sa caricature. D&rsquo;ailleurs, sa d\u00e9claration est un peu contradictoire puisqu&rsquo;il d\u00e9clare, apr\u00e8s avoir jug\u00e9 Hillary comme une personne peu subtile, avec laquelle il semble qu&rsquo;il consid\u00e8re <em>de facto<\/em> qu&rsquo;on ne peut pas discuter, il ajoute qu&rsquo;on peut tout de m\u00eame discuter avec elle. D&rsquo;ailleurs encore, cette position d&rsquo;apparent m\u00e9pris pour les capacit\u00e9s des femmes est largement d\u00e9mentie par ses relations, extr\u00eamement importantes et suivies, avec Angela Merkel, et \u00e9galement importantes, avec la pr\u00e9sident br\u00e9silienne Rousseff, au sein du BRICS.<\/p>\n<h3>Madame la pr\u00e9sidente Hillary Clinton<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus encore &#8230; Hillary Clinton n&rsquo;est pas n&rsquo;importe qui, \u00e0 la fois historiquement pour ce qu&rsquo;elle a fait, mais <strong>surtout pour l&rsquo;avenir tr\u00e8s proche<\/strong>. Dans les sondages r\u00e9guliers, elle est la favorite pour les pr\u00e9sidentielles de 2016 et semble <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/jun\/06\/hillary-clinton-book-extracts-bowe-bergdahl\" class=\"gen\">de plus en plus<\/a> inclin\u00e9e \u00e0 tenter une deuxi\u00e8me fois sa chance apr\u00e8s son \u00e9chec de 2008. Il y a donc une possibilit\u00e9 assez forte, ou une malchance encore plus forte, que Poutine (au Kremlin au moins jusqu&rsquo;en 2018) l&rsquo;ait comme interlocutrice \u00e0 la Maison-Blanche. Dans cette occurrence, la raison politique conseille d&rsquo;une fa\u00e7on pressante de ne pas prendre un tel risque de compromettre par avance des relations essentielles, et surtout un Poutine ne devrait pas prendre un tel risque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObjectivement parlant, la sortie n&rsquo;est donc pas habile \u00e0 premi\u00e8re vue et l&rsquo;on pourrait m\u00eame juger que c&rsquo;est une faute. Comme le reste de l&rsquo;interview est remarquablement exempt de maladresses et de fautes, que Poutine ne para\u00eet nullement perdre son sang-froid lors de ce passage et m\u00eame que la contradiction qu&rsquo;on rel\u00e8ve exprime bien un calcul, on peut alors raisonnablement avancer d&rsquo;autres hypoth\u00e8ses que celle, simplement \u00e0 fleur de peau et caricaturale, d&rsquo;un pseudo-macho ne pouvant s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;une dialectique de roulage des m\u00e9caniques lors d&rsquo;une interview de cette importance&#8230; Cette hypoth\u00e8se, c&rsquo;est que Poutine a <strong>d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment parl\u00e9 comme il l&rsquo;a fait<\/strong>, dans un but politique important, pour livrer une sorte de <strong>message subliminal<\/strong> fondamental. Quel message, pourquoi, dans quel but, etc. ? Nous ne sommes pas s\u00fbrs de pouvoir r\u00e9pondre pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ces questions, mais nous pouvons aborder, \u00e0 partir de cet incident, un sujet tr\u00e8s important d\u00e9battu actuellement selon un parcours de communication difficile \u00e0 identifier, d\u00e9pendant plus d&rsquo;un climat psychologique que d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement : d\u00e9battu abondamment, mais d&rsquo;une fa\u00e7on sous-jacente et indirecte, sans cause pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9montr\u00e9e&#8230;<\/p>\n<h3>Poutine contre les femmes ou certaines femmes ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe premier point de l&rsquo;hypoth\u00e8se est que la sortie de Poutine contre Hillary et les femmes est en fait une sortie contre Hillary et <strong>ses femmes<\/strong>. (C&rsquo;est-\u00e0-dire que Merkel et Rousseff ne seraient pas vis\u00e9es,  cette pr\u00e9cision \u00e0 nouveau en toute ing\u00e9nuit\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 nous \u00e9viter telle ou telle \u00e9puisante et vaine pol\u00e9mique.) C&rsquo;est, si l&rsquo;on veut, de l&rsquo;antif\u00e9minisme \u00e0 visages humains, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon un but politique tr\u00e8s pr\u00e9cis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSes femmes, dans le cas d&rsquo;Hillary, ce sont Victoria Nuland, Samantha Power, Susan Rice, auxquelles on pourrait ajouter \u00e9ventuellement la nouvelle et convertie porte-parole du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Jen_Psaki\" class=\"gen\">Jen Psaki<\/a>, etc. : toutes des extr\u00e9mistes-activistes, soit <em>neocons<\/em>, soir R2P (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hyst_ries_en_m_nage_neocons_et_r2p_21_04_2014.html\" class=\"gen\">21 avril 2014<\/a>), mises en place (sauf Psaki) par Hillary Clinton lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait Secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat. C&rsquo;est en cela, effectivement, que l&rsquo;antif\u00e9minisme suppos\u00e9 de Poutine prend une toute autre allure&#8230;<\/p>\n<h3>La militarisation du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn m\u00eame temps qu&rsquo;on regardait et entendait Poutine, notamment parler d&rsquo;Hillary Clinton dans les termes qu&rsquo;on sait, le site <em>ConsortiumNews<\/em> mettait en ligne, le m\u00eame <a href=\"http:\/\/consortiumnews.com\/2014\/06\/05\/hillary-clintons-hawkish-legacy\/\" class=\"gen\">5 juin 2014<\/a> un remarquable article de J.P. Sottile sur \u00ab<em>The Hillary Clinton&rsquo;s Hawkish Legacy<\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la transformation du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat en bastion de l&rsquo;activisme, de l&rsquo;extr\u00e9misme, du bellicisme et du militarisme par Hillary durant ses quatre ann\u00e9es au minist\u00e8re (2009-2013).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article fourmille de d\u00e9tails techniques, sur la restructuration du d\u00e9partement, sa mainmise sur des pr\u00e9rogatives jusqu&rsquo;alors laiss\u00e9es aux militaires, sa coordination d&rsquo;op\u00e9rations militaires et de subversion, etc&#8230; La transformation du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat en une sorte de machine de guerre particuli\u00e8rement bien adapt\u00e9e aux besoins postmodernes de la subversion et de la communication, et producteur d&rsquo;une politique notablement plus belliciste que celle du Pentagone,  appara\u00eet remarquable d&rsquo;efficacit\u00e9 et, dirait-on, presque de naturel comme si l&rsquo;\u00e9volution allait de soi. (Comme si l&rsquo;\u00e9volution allait de soi, disons-nous, parce que bien dans la mani\u00e8re des nouveaux-venus subversifs amen\u00e9s par l&rsquo;administration Obama en renfort des <em>neocons<\/em>, les lib\u00e9raux-interventionnistes ou R2P pour <em>Right To Protect<\/em> : faire passer le bellicisme au niveau de la rh\u00e9torique et de la communication qui permettent de bien mieux manier l&rsquo;id\u00e9ologie vertueuse, le reste allant de soi avec la courroie de transmission du contr\u00f4le des forces impliqu\u00e9es dans la hi\u00e9rarchie diplomatique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>To the surprise of some, the U.S. State Department has emerged as the Obama administration&rsquo;s most hawkish branch, out-toughing the Pentagon which has urged restraint at times as State pushes for war. This shift dates back to Hillary Clinton&rsquo;s tenure as Secretary&#8230;<\/em>\u00bb <\/p>\n<h3>Bilderberg demande des comptes \u00e0 BHO<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe bastion de l&rsquo;extr\u00e9misme qu&rsquo;est devenu le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;est impos\u00e9 au centre d&rsquo;un gouvernement de plus en plus paralys\u00e9 par ses probl\u00e8mes internes et, surtout, par l&rsquo;ind\u00e9cision et l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 du pr\u00e9sident Obama qui donne le la en l&rsquo;occurrence, dans cette voie. C&rsquo;est un fait remarquable que la r\u00e9union annuelle du Bilderberg (30 mai-1er juin, au Danemark), lieu habituel des complots haut de gamme et toujours soumis \u00e0 des agendas stricts de discussion avec des sujets soigneusement choisis et pr\u00e9par\u00e9s, s&rsquo;est impos\u00e9e une initiative inhabituelle en soumettant, en derni\u00e8re minute, \u00e0 l&rsquo;examen critique des participants la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale de l&rsquo;administration Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans <em>Strategic-Culture.org<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2014\/06\/05\/the-bilderberg-club-on-ukrainian-issue.html\" class=\"gen\">5 juin 2014<\/a>, l&rsquo;expert russe Boris Novoseltsev met en \u00e9vidence, \u00e0 partir de sources internes ayant assist\u00e9 aux d\u00e9bats, ce d\u00e9veloppement inattendu et le r\u00e9sultat paradoxal : \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 il est de bon ton au sein du bloc BAO, \u00e0 l&rsquo;invitation pressante des USA, de parler de l&rsquo;isolement de la Russie, ce sont les USA qui se sont trouv\u00e9s isol\u00e9s dans cette digne assembl\u00e9e de conspiration mondialiste&#8230; La politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;administration Obama est d\u00e9sormais en cause et en proc\u00e8s, charg\u00e9e,  fort justement d&rsquo;ailleurs,  du p\u00e9ch\u00e9 capital d&rsquo;avoir suscit\u00e9 le rapprochement catastrophique pour le bloc BAO entre P\u00e9kin et Moscou. (Le soulign\u00e9 en gras est de l&rsquo;auteur.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab[&#8230;C]<em>ritics of the Obama administration believe that by its actions in relation to the Ukrainian issue, it has created the conditions for Beijing and Moscow to begin successfully building long-term strategic relationships which the West cannot see as anything other than a threat to the system of global governance (hence containing the development of a partnership between China and Russia is once again a priority).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>After the Bilderberg Group meeting, it seems that pressure on Barack Obama is growing in the West from two sides simultaneously, from those who would like the White House to reduce the aggressiveness of its rhetoric towards Russia, and from those who are sharply critical of the US President&rsquo;s indecisiveness and lack of determination regarding Ukraine and who believe that Ukraine should be kept as a territory to fight Russia in the years ahead.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It is difficult to say what the final balance of these forces will prove to be, but it is fairly obvious that dissatisfaction with Washington has grown in the West since the previous Bilderberg meeting. This dissatisfaction is shared by European leaders, transnational businesses, and even part of the US government elites.<\/em> <strong><em>The irony of the situation revealed by the Ukrainian crisis is that there is a risk of the foreign policy isolation Washington used to scare Russia becoming real, albeit in other forms, for the US itself.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<h3>O\u00f9 l&rsquo;on reparle de domination nucl\u00e9aire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn m\u00eame temps que se d\u00e9veloppait ces diverses nouvelles, plusieurs articles et interventions de communication ont abord\u00e9 ces deux derni\u00e8res semaines le probl\u00e8me d&rsquo;une premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire,  sp\u00e9cifiquement, la question th\u00e9orique d&rsquo;une telle premi\u00e8re frappe avec la garantie th\u00e9orique d&rsquo;une certaine impunit\u00e9, bien entendu des USA contre la Russie (et \u00e9ventuellement contre la Chine). C&rsquo;est une question qui n&rsquo;est pas nouvelle dans la s\u00e9quence actuelle. En mars 2006, un article de <em>Foreign Affairs<\/em> avait \u00e9voqu\u00e9 la situation qu&rsquo;am\u00e8nerait une domination nucl\u00e9aire US impliquant une capacit\u00e9 de premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire US contre la Russie. Il y avait eu des r\u00e9actions russes extr\u00eamement vives (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-folamour_est_de_retour_31_03_2006.html\" class=\"gen\">31 mars 2006<\/a>) et m\u00eame une r\u00e9action officielle indirecte de Poutine qui choisit cette occasion pour r\u00e9affirmer son engagement fondamental dans la voie de la modernisation de l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire russe (voir le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_reactions_russes_a_la_superiorite_nucleaire_de_foreign_affairs_31_03_2006.html\" class=\"gen\">31 mars 2006<\/a>) : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>L&rsquo;analyse de la situation internationale et des perspectives de son \u00e9volution pousse la Russie \u00e0 consid\u00e9rer la dissuasion nucl\u00e9aire comme le principal garant de sa s\u00e9curit\u00e9 et le complexe de production d&rsquo;armes nucl\u00e9aires comme la base mat\u00e9rielle de sa politique de dissuasion. Le maintien de l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire \u00e0 un niveau de suffisance minimale est une des grandes priorit\u00e9s de la politique de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn un certain sens, cet incident si caract\u00e9ristique de mars 2006 constitua l&rsquo;ouverture de la pol\u00e9mique tr\u00e8s intense, entre Russes et USA, puis Russes et OTAN, sur les r\u00e9seaux antimissiles. La question de la domination nucl\u00e9aire et de la capacit\u00e9 de premi\u00e8re frappe est \u00e9videmment, pour la Russie, le point central de la mise en cause par elle-m\u00eame du d\u00e9ploiement des r\u00e9seaux antimissiles US (BMD), essentiellement du r\u00e9seau europ\u00e9en (BMDE) pr\u00e9sent\u00e9 d&rsquo;abord, et encore aujourd&rsquo;hui par certains experts retardataires, comme destin\u00e9 aux fantasmagoriques missiles strat\u00e9giques iraniens. (Une question sur cette explication d&rsquo;un r\u00e9seau BMDE anti-iranien et pas antirusse par un journaliste occidental suscita l&rsquo;\u00e9clat de rire le plus tonitruant qu&rsquo;on ait vu chez Poutine, qui en est fort avare d&rsquo;habitude.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe d\u00e9bat qui avait pris des allures de crise fut interrompu par une autre crise, celle de l&rsquo;automne 2008 (9\/15) \u00e0 Wall Street ; puis, relayant 9\/15 dans l&rsquo;attention des dirigeants politiques, le printemps arabe suivit, avec la Libye et, surtout, la Syrie. On comprend combien la crise ukrainienne nous ram\u00e8ne \u00e0 la question g\u00e9n\u00e9rale des relations nucl\u00e9aires strat\u00e9giques et de la domination nucl\u00e9aire, avec la capacit\u00e9 de premi\u00e8re frappe, etc.,  avec, parmi d&rsquo;autres points, \u00e0 nouveau la question des antimissiles du r\u00e9seau BMDE.<\/p>\n<h3>Ignorance des effets de la guerre nucl\u00e9aire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTr\u00e8s r\u00e9cemment, un scientifique sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions de l&rsquo;utilisation des armes nucl\u00e9aires, Steven Starr, directeur du Clinical Laboratory Science Program de l&rsquo;universit\u00e9 du Missouri et l&rsquo;un des dirigeants de l&rsquo;association <em>Physicians for Social Responsibility<\/em> (voir le <a href=\"\/www.psr.org\" class=\"gen\">site<\/a> <em>psr.org<\/em>), a publi\u00e9 un article o\u00f9 il rappelle cet \u00e9pisode de l&rsquo;analyse de la domination nucl\u00e9aire de mars 2006, et ce que fut sa propre r\u00e9action, notamment avec un article cosign\u00e9 en russe avec le colonel Valery Yarynich, en mai 2006. (La version anglaise de l&rsquo;article a paru sur le site canadien <em>Global Research<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.globalresearch.ca\/nuclear-primacy-is-a-fallacy\/4991llacy\/4991\" class=\"gen\">4 mars 2007<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>&#8230;This theory was articulated in 2006 in The Rise of U.S. Nuclear Primacy, which was published in Foreign Affairs by the Council on Foreign Relations. By concluding that the Russians and Chinese would be unable to retaliate, or if some small part of their forces remained, would not risk a second US attack by retaliating, the article invites nuclear war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Colonel Valery Yarynich (who was in charge of security of the Soviet\/Russian nuclear command and control systems for 7 years) asked me to help him write a rebuttal, which was titled Nuclear Primacy is a Fallacy. Colonel Yarynich, who was on the Soviet General Staff and did war planning for the USSR, concluded that the Primacy article used faulty methodology and erroneous assumptions, thus invalidating its conclusions. My contribution lay in my knowledge of the recently published (in 2006) studies, which predicted even a successful nuclear first-strike, which destroyed 100% of the opposing sides nuclear weapons, would cause the citizens of the side that won the nuclear war to perish from nuclear famine, just as would the rest of humanity.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Although the nuclear primacy article created quite a backlash in Russia, leading to a public speech by the Russian Foreign Minister, the story was essentially not covered in the US press. We were unable to get our rebuttal published by US media. The question remains as to whether the US nuclear primacy asserted in the article has been accepted as a fact by the US political and military establishment. Such acceptance would explain the recklessness of US policy toward Russia and China.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Thus we find ourselves in a situation in which those who are in charge of our nuclear arsenal seem not to understand that they can end human history if they choose to push the button. Most of the American public also remains completely unaware of this deadly threat. The uninformed are leading the uninformed toward the abyss of extinction.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article de Starr est centr\u00e9 sur les dangers d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire, c&rsquo;est-\u00e0-dire la perspective d&rsquo;un an\u00e9antissement, aussi bien par les attaques elles-m\u00eames que par les cons\u00e9quences apocalyptiques (avec la perspective de l&rsquo;hiver nucl\u00e9aire durant au moins une d\u00e9cennie et plongeant la terre dans un \u00e2ge glaciaire artificiel). Le scientifique constate que les \u00e9quipes dirigeantes actuelles, aux USA, ignorent d&rsquo;une part compl\u00e8tement ces perspectives d&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;usage de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire, et suivent d&rsquo;autre part des politiques extr\u00eamement agressives et provocatrices, notamment \u00e0 l&rsquo;encontre de la Russie, avec les risques que cela implique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Even more frightening is the fact that the neocons running US foreign policy believe that the US has nuclear primacy over Russia; that is, the US could successfully launch a nuclear sneak attack against Russian (and Chinese) nuclear forces and completely destroy them<\/em>&#8230; <em>Meanwhile, neoconservative ideology has kept the US at war during the entire 21st century. It has led to the expansion of US\/NATO forces to the very borders of Russia, a huge mistake that has consequently revived the Cold War. A hallmark of neconservatism is that America is the indispensable nation, as evidenced by the neoconservative belief in American exceptionalism, which essentially asserts that Americans are superior to all other peoples, that American interests and values should reign supreme in the world.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le r\u00f4le central des antimissiles<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article de Starr est notamment publi\u00e9 sur le site de Paul Craig Roberts, le <a href=\"http:\/\/www.paulcraigroberts.org\/2014\/05\/30\/lethality-nuclear-weapons\/\" class=\"gen\">30 mai 2014<\/a>. PCG publie un article lui-m\u00eame, le <a href=\"http:\/\/www.paulcraigroberts.org\/2014\/06\/03\/ready-nuclear-war-paul-craig-roberts\/\" class=\"gen\">3 juin 2014<\/a>, o\u00f9 il attire l&rsquo;attention de ses lecteurs sur l&rsquo;article de Starr. Il concentre sa r\u00e9flexion sur les r\u00e9seaux antimissiles (BMDE), dont il juge qu&rsquo;ils constituent, dans l&rsquo;esprit des strat\u00e8ges (?) US l&rsquo;accessoire final pour mettre en place cette fameuse domination nucl\u00e9aire et planifier une premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire d\u00e9cisive. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>However, Washington believes that it can win a nuclear war with little or no damage to the US. This belief makes nuclear war likely. As Steven Starr makes clear, this belief is based in ignorance. Nuclear war has no winner. Even if US cities were saved from retaliation by ABMs, the radiation and nuclear winter effects of the weapons that hit Russia and China would destroy the US as well.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The media, conveniently concentrated into a few hands during the corrupt Clinton regime, is complicit by ignoring the issue. The governments of Washington&rsquo;s vassal states in Western and Eastern Europe, Canada, Australia, and Japan are also complicit, because they accept Washington&rsquo;s plan and provide the bases for implementing it. The demented Polish government has probably signed the death warrant for humanity. The US Congress is complicit, because no hearings are held about the executive branch&rsquo;s plans for initiating nuclear war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Washington has created a dangerous situation. As Russia and China are clearly threatened with a first strike, they might decide to strike first themselves. Why should Russia and China sit and await the inevitable while their adversary creates the ability to protect itself by developing its ABM shield? Once Washington completes the shield, Russia and China are certain to be attacked, unless they surrender in advance&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Un secret qui n&rsquo;est pas secret<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA la fin de son article, Paul Craig Roberts attire \u00e9galement l&rsquo;attention sur une \u00e9dition de l&rsquo;\u00e9mission <em>Truthseeker<\/em>, de <em>Russia Today<\/em> : \u00ab<em>The 10 minute report below from Russia Today makes it clear that Washington&rsquo;s secret plan for a first strike on Russia is not secret. The report also makes it clear that Washington is prepared to eliminate any European leaders who do not align with Washington.<\/em>\u00bb (On peut trouver la vid\u00e9o de cette \u00e9mission sur RT, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/shows\/the-truthseeker\/162864-us-plans-strike-russia\/\" class=\"gen\">1er juin 2014<\/a>, avec \u00e9galement une transcription \u00e9crite de l&rsquo;\u00e9mission.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9mission convoque divers dissidents fameux des r\u00e9seaux anglo-saxons, tels Richard Cottrell, Rick Rozoff, William Engdahl, etc., qui parlent autant du r\u00e9seau <em>Gladio<\/em> que du r\u00e9seau antimissile BMDE. Le th\u00e8me de l&rsquo;\u00e9mission est effectivement cette recherche par les USA de la sup\u00e9riorit\u00e9 strat\u00e9gique ou domination nucl\u00e9aire, et d&rsquo;une capacit\u00e9 de premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire. L&rsquo;\u00e9mission est extr\u00eamement dissidente dans sa facture, tout \u00e0 fait hors des habitudes des documentaires standard et tr\u00e8s ennuyeux r\u00e9alis\u00e9s avec le concours d&rsquo;expert-Syst\u00e8me,  gens s\u00e9rieux charg\u00e9s de donner tout leur cr\u00e9dit aux versions-Syst\u00e8me, \u00e9dulcor\u00e9es et consciencieusement blanchies, des grands \u00e9v\u00e9nements et des grands programmes divers susceptibles d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s au grand public. Les d\u00e9tails ne manquent pas, comme celui-ci dans ce passage o\u00f9 la r\u00e9alisation d&rsquo;une attaque de premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire est annonc\u00e9e pour 2016.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Under the plan, the US attacks Russia with nuclear weapons, while NATO missile defense in Eastern Europe mops up any attempted response. NSNBC News writes it is most likely and understandable Russia interprets NATO&rsquo;s Star Wars deployment on its border as an unofficial declaration of war. Aerospace analysts told Global Research that US Space Command is planning a nuclear first strike on Russia, as well as one on China in 2016.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Bruce Gagnon of the Global Network Against Weapons in Space joins us, thank you very much for coming on, what do we know about the first strike plans?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Bruce Gagnon, Global Network Against Weapons in Space: This is in the planning process today. The US Space Command practicing engaging in a first strike attack and this is the key element here. These are first strike attack planning, these so-called missile defense systems are key elements in US first strike attack planning. The idea is to hit China or Russia first with a first strike, and then when they try to fire their nuclear retaliatory capability, it is then that the so-called missile defense systems would be used to pick off any retaliatory strike, so after a first strike sword is thrust into the heart of China or Russia, then the missile defense shield would be used to pick off any retaliation giving the US the a successful first strike attack. It has nothing at all to do with defense, it has nothing to do with freedom or democracy, or any of those words that are used all the time to disguise the true intentions; it&rsquo;s all about full spectrum dominance.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La forme produisant le danger pr\u00e9sent<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous observons que cette appr\u00e9ciation de la forme du danger pr\u00e9sent, c&rsquo;est-\u00e0-dire la forme de dangerosit\u00e9 actuellement produite principalement par la politique des USA, une politique de communication faite d&rsquo;invectives et d&rsquo;insultes destin\u00e9es \u00e0 la Chine et \u00e0 la Russie, est tr\u00e8s largement explicable, sinon concevable, dans le cadre de cette th\u00e8se de la recherche de l&rsquo;occasion d&rsquo;une premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire. On la retrouve par exemple dans un article du cin\u00e9aste, auteur et journaliste activiste Andr\u00e9 Vltchek, le <a href=\"http:\/\/www.4thmedia.org\/2014\/06\/provoking-world-war-iii-antagonizing-the-dragon-and-bear\/\" class=\"gen\">8 juin 2014<\/a>, lui-m\u00eame citant dans son article sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;une Troisi\u00e8me Guerre mondiale l&rsquo;avocat activiste canadien <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Christopher_Black\" class=\"gen\">Christopher Black<\/a>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Are we being dragged into the final global confrontation, to a possible WWIII? Observed from Asia Pacific or from Ukraine, it clearly appears so. Christopher Black has no doubts that provoking, antagonizing and insulting powerful independent countries like Russia and China may be the next step towards the destruction of our human race:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>All these actions are preparations for war. In fact, the positioning of American anti-ballistic missile batteries in Eastern Europe is in preparation for a nuclear first strike on Russia. Those batteries are deployed solely for the purpose of trying to intercept a retaliatory strike by Russian nuclear forces after a US first strike. They have no other purpose. These preparations for a war of aggression, in fact nuclear war, are a clear violation of the UN Charter and all international laws and can rightly be characterized as war crimes. But since the United States has contempt for all international laws and civilized standards of behavior we can expect these preparations to continue.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mankind rests on the brink of annihilation for no other reason than the American pursuit of unlimited profit. They are the extremists of the capitalist system. We must hope that the skillful diplomacy we have seen employed by both Russia and China, the increased pace of their bilateral cooperation with each other and their increased steps to achieve multilateral cooperation throughout the world from Latin American to Africa and Europe and Asia will change the power dynamics of the world sufficiently to prevent the Americans and their allies from achieving their aims so that the peoples of the world can live in peace and devote their energies to solving mankind&rsquo;s pressing problems.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La folie r\u00e9gnante \u00e0 Washington D.C.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEst-il possible que de tels plans soient consid\u00e9r\u00e9s s\u00e9rieusement ? Pour notre part, ce que nous voulons consid\u00e9rer s\u00e9rieusement comme d&rsquo;une importance centrale, ce n&rsquo;est ni la question strat\u00e9gique, ni la question technologique et militaire, ni la question id\u00e9ologique, mais <strong>la question psychologique<\/strong>. Nous ne sommes pas int\u00e9ress\u00e9s par la probl\u00e9matique des moyens, voire des conceptions et des projets pseudo-strat\u00e9giques, par la question de la faisabilit\u00e9 ou pas d&rsquo;une premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire en toute impunit\u00e9, mais par la probl\u00e9matique des esprits infect\u00e9s par la folie que l&rsquo;on constate actuellement et conduisant \u00e0 de telles hypoth\u00e8ses consid\u00e9r\u00e9es avec s\u00e9rieux, et cette folie produite par une psychologie exacerb\u00e9e \u00e0 mesure.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Par cons\u00e9quent, ce qui nous int\u00e9resse, nous, c&rsquo;est le climat psychologique r\u00e9gnant \u00e0 Washington actuellement, dans les divers centres de la direction du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. On trouve des remarques qui nous renforcent dans notre impression g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;une atmosph\u00e8re de pathologie, d&rsquo;ivresse et de paroxysme psychologiques, dans l&rsquo;interview que Webster Griffin Tarpley donne \u00e0 <em>PressTV.ir<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.presstv.com\/detail\/2014\/06\/05\/365631\/us-govt-showing-apocalyptic-mentality\/\" class=\"gen\">5 juin 2014<\/a>. (Le th\u00e8me de l&rsquo;interview, r\u00e9sum\u00e9 par le titre, rejoint bien entendu les diff\u00e9rents points d\u00e9taill\u00e9s ci-dessus, comme nous l&rsquo;avons signal\u00e9 en observant la diffusion g\u00e9n\u00e9rale de la forme du danger pr\u00e9sent. On y retrouve l&rsquo;id\u00e9e de domination comme dans domination strat\u00e9gique, avec les risques de guerre qui s&rsquo;y rattachent : \u00ab<em>US rulers risking major wars to retain dominance<\/em>\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>&#8230;So I think there&rsquo;s actually a benefit from having people like Putin or the Iranian government or others around; and China could fit into this. There&rsquo;s got to be some kind of a barrier or counter weight or a push back against these really crazy excesses that we see here in Washington. It&rsquo;s a kind of a ruling class gone mad&rsquo; and the only thing that seems to deter them is counterforce.<\/em> [&#8230;] <em> It was an absolutely, I think, lunatic provocation of Russia  knowing the sensibilities of Russia; knowing that Russia has been invaded through this land corridor by the Swedes, by the French, by the Germans, by Poland even if you back far enough.<\/em> [&#8230;]  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But now let&rsquo;s also look a little bit further away&#8230; In the US ruling class there&rsquo;s a general fear off Russia. The imperialist mind is reluctant to mix it up with Russia because of these very large thermo-nuclear intercontinental ballistic missiles, which ultimately seem to be the language which they find clearest.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>However, we do have this group around Anne-Marie Slaughter, which says you can&rsquo;t counter-attack Putin in Ukraine, but you can do so in Syria. Bomb Syria you can humiliate and defeat Putin.<\/em> [&#8230;] <em>Maybe this is not evident in the outside world, but the mood of the Washington elite is that they&rsquo;re looking for a way to fight back from a position of some weakness; and above all that they&rsquo;re afraid of Russia.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Contre la d\u00e9cadence insupportable : la doctrine de l&rsquo;exceptionnalisme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes appr\u00e9ciations de Tarpley correspondent donc sans aucun doute \u00e0 ce que nous percevons r\u00e9guli\u00e8rement de l&rsquo;\u00e9tat de la psychologie des dirigeants am\u00e9ricanistes, mais aussi <strong>et encore plus de son \u00e9volution pr\u00e9sente<\/strong>. Les USA arrivent de plus en plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 une \u00e9ch\u00e9ance terrifiante pour la psychologie de leur direction : le temps de la d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et du retrait, de la dissolution de leur supr\u00e9matie globale et g\u00e9n\u00e9rale. Les \u00e9vocations en f\u00e9vrier dernier du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Kerry d&rsquo;une \u00e9volution qu&rsquo;on pourrait qualifier de n\u00e9o-isolationniste, puis son tournant complet devant la lev\u00e9e de boucliers, bien dans sa mani\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral, pour revenir sur ces d\u00e9clarations (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kerry_le_n_o-iso_contre_le_n_o-isolationnisme_28_02_2014.html\" class=\"gen\">28 f\u00e9vrier 2014<\/a>), tout cela montre la sensibilit\u00e9 extr\u00eame de la psychologie des dirigeants-Syst\u00e8me de Washington \u00e0 cette question. L\u00e0-dessus, on ajoutera les indications de l&rsquo;opinion publique US (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_usa_face_l_ukraine_not_our_business_12_03_2014.html\" class=\"gen\">12 mars 2014<\/a>) soutenant cette tendance au d\u00e9sengagement qui ne peut \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 une d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e aggravent encore la tendance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn notera que tout cela se passe au moment o\u00f9 le coup d&rsquo;\u00c9tat a lieu en Ukraine, suivi d&rsquo;un engagement US tr\u00e8s vite institutionnalis\u00e9, \u00e0 partir du d\u00e9but mars, en un processus de communication, et m\u00eame de simple information tr\u00e8s primaire, marqu\u00e9 par une extraordinaire indiff\u00e9rence m\u00e9prisante pour toute fraction d&rsquo;un milli\u00e8me de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, au profit d&rsquo;une <em>narrative<\/em> grotesque et irr\u00e9elle magnifiant le r\u00f4le des USA. On nous comprendra si, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;habituelle explication de l&rsquo;habituel manigance de la propagande et du montage, nous proposons, nous, une r\u00e9action de d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 au sens pathologique de l&rsquo;expression, dont une d\u00e9finition classique renvoie \u00e0 une volont\u00e9 de \u00ab<em>ne pas voir la r\u00e9alit\u00e9, <\/em>[qu&rsquo;] <em>une partie de notre cerveau r\u00e9ussit \u00e0 occulter. Et ce stratag\u00e8me ne se fait pas consciemment, c&rsquo;est une sorte de r\u00e9flexe de sauvegarde devant une angoisse apparemment insoutenable&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe magicien Obama, engag\u00e9 effectivement pour ses tour de passe-passe situ\u00e9 entre la <em>cooltitude<\/em> (la <em>cool<\/em> attitude) postmoderne et l&rsquo;envol\u00e9e de type proph\u00e9tique, devrait croire qu&rsquo;il a trouv\u00e9 la sorte de calmant qui importe pour cette sorte d&rsquo;angoisse, avec la doctrine de l&rsquo;exceptionnalit\u00e9. Comme il s&rsquo;agit de d\u00e9ployer cette doctrine contre Poutine principalement, via l&rsquo;Ukraine, on ne peut mieux tomber ; c&rsquo;est le m\u00eame Poutine qui a commis le crime de l\u00e8se-majest\u00e9, l&rsquo;attentat psychologique de type freudien de mettre en cause (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-poutine_l_ennemi_int_rieur__14_09_2013.html\" class=\"gen\">14 septembre 2013<\/a>) la notion auto-proclam\u00e9e de l&rsquo;exceptionnalisme de l&rsquo;Am\u00e9rique, activant (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_exceptionnalisme_de_la_chute_02_10_2013.html\" class=\"gen\">2 octobre 2013<\/a>) la pousse du germe de la crise qui se d\u00e9veloppe aujourd&rsquo;hui. Ce jour-l\u00e0 (le jour de l&rsquo;\u00e9dito du NYT de septembre 2013), Poutine a substantiv\u00e9 \u00e0 jamais la haine antirusse du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme,  c&rsquo;est-\u00e0-dire du Syst\u00e8me en tant que tel, hors des pseudo-sp\u00e9cificit\u00e9s nationales,  et l&rsquo;on peut dire que la crise ukrainienne dans sa dimension la plus grave, qui est psychologique, a commenc\u00e9 ce m\u00eame jour.<\/p>\n<h3>Leur <em>Reich<\/em> pour mille ans<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela constitue une confirmation de l&rsquo;\u00e9volution de la psychologie am\u00e9ricaniste, une \u00e9volution acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, une sorte de course inutile contre l&rsquo;abysse de la d\u00e9cadence. Cette course se fait au long des crises qui se pr\u00e9sentent, avec la transcription op\u00e9rationnelle dans ces crise d&rsquo;un complet d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;Ukraine, on l&rsquo;a vu, est un exemple exceptionnel de cette circonstance, et d&rsquo;ailleurs le signe que nous approchons du point de fusion &#8230; Certes, au plus cette angoisse de la d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e grandit, au plus Washington D.C. voit sa position de pr\u00e9\u00e9minence \u00e9rod\u00e9e, critiqu\u00e9e, moqu\u00e9e, etc., au plus l&rsquo;instinct de survie de la pathologie (l&rsquo;<em>hybris<\/em> d\u00e9vastateur) pousse \u00e0 la fuite en avant. Il suffit d&rsquo;accepter l&rsquo;id\u00e9e, \u00e9vidente et psychologiquement sans r\u00e9plique possible, qu&rsquo;\u00e0 ce point d&rsquo;infection pathologique de l&rsquo;<em>hybris<\/em>, la psychologie de la direction de l&rsquo;am\u00e9ricanisme ne peut envisager,  d\u00e9ni d&rsquo;une catastrophe d&rsquo;an\u00e9antissement pour elle,  que les USA s&rsquo;extraient et s&rsquo;abstraient de leur r\u00f4le d&rsquo;exceptionnalit\u00e9. L\u00e0 aussi, la crise ukrainienne qui est en cours et aussi, par cons\u00e9quent, et surtout, la crise avec la Russie, constituent le terrain id\u00e9al et oblig\u00e9 de telles manoeuvres de la pdsychologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette occurrence pathologique, plus rien ne tient vraiment, et les perspectives les plus incertaines sont accept\u00e9es sans v\u00e9rification n\u00e9cessaire. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;intervient la  th\u00e8se de la domination nucl\u00e9aire et la tentation de la premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire qui, selon une psychologie \u00e0 la fois terrifi\u00e9e et exalt\u00e9e jusqu&rsquo;au paroxysme, r\u00e9tablirait la toute-puissance dominatrice des USA. Il n&rsquo;est nul besoin de v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9 de cette th\u00e8se, si l&rsquo;hypoth\u00e8se de la croyance en son existence est prise en compte. Dans son article cit\u00e9, Steven Starr rappelle que la th\u00e8se expos\u00e9e dans <em>Foreign Affairs<\/em> \u00e9tait et reste b\u00e2tie sur des consid\u00e9rations techniques absolument arbitraires, sinon fabriqu\u00e9es (y compris l&rsquo;efficacit\u00e9 des missiles antimissiles, extr\u00eamement douteuse et construite sur des exp\u00e9rimentations faussaires). Mais il n&rsquo;importe pas d&rsquo;avoir une certitude technique et op\u00e9rationnelle, il suffit de croire en un phantasme qui se nomme domination nucl\u00e9aire\/premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire pour voir satisfait le d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 et sanctifi\u00e9e l&rsquo;impulsion de la fuite en avant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;assaut final qui sauverait l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 am\u00e9ricaniste et assurerait la p\u00e9rennit\u00e9 de la domination des USA sur le monde, \u00e0 l&rsquo;image de Dieu par exemple . (Une sorte de <em>Reich<\/em> pour mille ans par destruction g\u00e9n\u00e9rale, soit une pathologie hitl\u00e9rienne multipli\u00e9e par l&rsquo;infini des capacit\u00e9s du technologisme de surpuissance conduit \u00e0 son terme d&rsquo;autodestruction.)<\/p>\n<h3>Lincoln et la premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, en faisant ces observations, nous sommes autant dans l&rsquo;hypoth\u00e8se irrationnelle que les croyants de la domination nucl\u00e9aire, et rien ne confirme rationnellement qu&rsquo;un tel mouvement, vers une telle folie, existe. Il n&#8217;emp\u00eache que les divers signes qu&rsquo;on a pr\u00e9sent\u00e9s signalent le paroxysme de la crise de la psychologie de la direction am\u00e9ricaniste justifi\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements ; par cons\u00e9quent, aucune hypoth\u00e8se, aussi irrationnelle soit-elle, ne peut \u00eatre repouss\u00e9e, et telle hypoth\u00e8se peut \u00eatre d&rsquo;autant moins repouss\u00e9e qu&rsquo;elle est irrationnelle. Ce qui fait la monstruosit\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se, et donc la tentation de notre raison de l&rsquo;\u00e9carter, ce sont les effets (la guerre thermonucl\u00e9aire, l&rsquo;hiver nucl\u00e9aire) ; mais la pathologie identifi\u00e9e (de la direction am\u00e9ricaniste) n&rsquo;a cure des effets qu&rsquo;elle engendre, et m\u00eame elle tend \u00e0 nier l&rsquo;aspect catastrophique pour elle-m\u00eame de ces effets (voir la banalisation ou m\u00eame l&rsquo;oubli des effets d&rsquo;une guerre thermonucl\u00e9aire, selon Steven Starr). La pathologie de l&rsquo;<em>hybris<\/em>, et dans sa phase d\u00e9clinante de l&rsquo;<em>hybris<\/em> confront\u00e9 au d\u00e9clin, n&rsquo;est pas catastrophique-apocalyptique en soi : elle l&rsquo;est \u00e0 cause des formidables moyens d\u00e9velopp\u00e9s par notre contre-civilisation issue du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_cha_nement_de_la_mati_re__05_11_2012.html\" class=\"gen\">d\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re<\/a>, essentiellement par le syst\u00e8me du technologisme assist\u00e9 par le syst\u00e8me de la communication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre seule conviction, d&rsquo;ailleurs affich\u00e9e depuis longtemps selon une d\u00e9marche intuitive renforc\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience du constat de l&rsquo;\u00e9volution de la forme et de l&rsquo;\u00e9volution de la psychologie am\u00e9ricaniste, est que la direction am\u00e9ricaniste <strong>n&rsquo;acceptera jamais<\/strong> de c\u00e9der de bon gr\u00e9 sa position dominatrice, disons comme l&rsquo;on accepte un processus naturel de transfert de puissance. En un sens o\u00f9 l&rsquo;inconscient tient un r\u00f4le essentiel, elle pr\u00e9f\u00e9rerait mourir d&rsquo;elle-m\u00eame comme l&rsquo;implique notamment, <em>in fine<\/em> avec ses cons\u00e9quences in\u00e9luctables d&rsquo;apocalypse g\u00e9n\u00e9rale, une id\u00e9e telle que la premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire ; elle pr\u00e9f\u00e9rerait mourir d&rsquo;elle-m\u00eame comme Lincoln l&rsquo;annon\u00e7ait sombrement en 1838, pourtant au nom des id\u00e9aux qu&rsquo;il pr\u00e9tendait repr\u00e9senter : \u00ab<em>A quel moment, donc, faut-il s&rsquo;attendre \u00e0 voir surgir le danger<\/em> [pour l&rsquo;Am\u00e9rique]<em>? Je r\u00e9ponds que, s&rsquo;il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-m\u00eames.<\/em> [&#8230;] <em>Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en \u00eatre nous-m\u00eames les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d&rsquo;hommes libres, nous devons \u00e9ternellement survivre, ou mourir en nous suicidant<\/em>\u00bb.<\/p>\n<h3>Les secrets de Poutine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQue faire de notre remarque initiale concernant les observations de Poutine sur Hillary dans ce contexte ? Ce contexte comprend les observations sur le d\u00e9clin US et la pathologie-Syst\u00e8me qui s&rsquo;exacerbe \u00e0 cette occasion, la militarisation du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat et la remise quasi-officielle de l&rsquo;orientation de la politique ext\u00e9rieure \u00e0 la fraction <em>neocon<\/em>-R2P, l&rsquo;activisme jusqu&rsquo;au-boutiste de l&rsquo;am\u00e9ricanisme en Ukraine, le regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et de commentaires pour la question de la domination nucl\u00e9aire et de la premi\u00e8re frappe, les suggestions sur la perception de la mise en place op\u00e9rationnelle du syst\u00e8me BMD en 2016, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOutre d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;on a dit qu&rsquo;il est, Poutine est \u00e0 la fois un homme secret et un homme de secrets. On n&rsquo;a pas oubli\u00e9 et on ne doit pas oublier les sp\u00e9culations qui ont accompagn\u00e9 le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9pisode russe (ou de la conclusion russe) de la cavale d&rsquo;Edward Snowden, et qui restent pendantes. (Voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_nigme_explosive_de_snowden-greenwald_15_07_2013.html\" class=\"gen\">15 juillet 2013<\/a>.) Ainsi sa d\u00e9claration sur Clinton telle qu&rsquo;on l&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9e pourrait \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e selon l&rsquo;hypoth\u00e8se de la conviction de Poutine, plus ou moins inform\u00e9e c&rsquo;est selon, que la situation mondiale \u00e9voluera d\u00e9cisivement et massivement d&rsquo;ici 2017, et qu&rsquo;il n&rsquo;a aucune disposition diplomatique particuli\u00e8re \u00e0 prendre vis-\u00e0-vis d&rsquo;Hillary Clinton et de son \u00e9ventuelle victoire qui devient compl\u00e8tement hypoth\u00e9tique dans un cadre g\u00e9n\u00e9ral en plein bouleversement ; cette hypoth\u00e8se pouvant \u00eatre prolong\u00e9e par une autre selon laquelle Poutine juge de son int\u00e9r\u00eat de faire savoir indirectement, par l&rsquo;\u00e9pisode-Clinton de son intervention, l&rsquo;importance et la gravit\u00e9 de ses pr\u00e9occupations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe paysage g\u00e9n\u00e9ral peut para\u00eetre effrayant, parce qu&rsquo;il l&rsquo;est \u00e9videmment. La seule certitude qui nous habite d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale est que le pouvoir am\u00e9ricaniste, ou la section am\u00e9ricaniste du pouvoir-Syst\u00e8me, atteint un degr\u00e9 catastrophique d&rsquo;instabilit\u00e9 et d&rsquo;incertitude. (Notre seule certitude concerne l&rsquo;incertitude, effectivement&#8230;) L&rsquo;on notera tout de m\u00eame que cette instabilit\u00e9 et cette incertitude n&rsquo;ont pas que des aspects in\u00e9luctablement catastrophiques dans le sens qu&rsquo;on a dit ; ils ne pr\u00e9sagent pas <strong>une seule fatalit\u00e9<\/strong>. Pour reprendre un cas concret d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9, il para\u00eet raisonnable de consid\u00e9rer que la militarisation du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, avec la confiscation du contr\u00f4le de certains moyens militaires, peut conduire, les circonstances aidant, \u00e0 une r\u00e9action et \u00e0 une riposte du Pentagone. Nous avons largement explor\u00e9 l&rsquo;hypoth\u00e8se de la position du Pentagone, avec son potentiel de riposte, sinon de r\u00e9volte contre l&rsquo;aventurisme de la direction <em>neocon<\/em>-R2P, notamment dans notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_recherche_de_chuck_hagel_05_05_2014.html\" class=\"gen\">5 mai 2014<\/a> ; la r\u00e9flexion concernait l&rsquo;Ukraine mais elle vaut aussi bien, et plus encore, pour la plus vaste hypoth\u00e8se de la domination nucl\u00e9aire\/premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire. De m\u00eame, dans notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\" class=\"gen\">3 mars 2014<\/a>, toujours sur l&rsquo;Ukraine, nous avons bien mis en \u00e9vidence combien il existe une <strong>concurrence<\/strong> <em>de facto<\/em> entre l&rsquo;issue de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un affrontement nucl\u00e9aire, et l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me avant cette issue, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration catastrophique de la situation. Un conflit ouvert de pouvoir \u00e0 Washington est une voie assur\u00e9e pour cette crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette sorte de dilemme existe \u00e9galement, et m\u00eame encore plus pr\u00e9cis\u00e9ment bien s\u00fbr, dans l&rsquo;analyse pr\u00e9sent\u00e9e ici. L&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une r\u00e9volte des g\u00e9n\u00e9raux pour \u00e9viter une folie nucl\u00e9aire dans un cas-limite ne concerne nullement une r\u00e9solution de la crise de la Syst\u00e8me mais au contraire l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration d\u00e9cisive de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le danger pr\u00e9sent 9 juin 2014 On nous en a assez dit et on en a assez vu sur la ma\u00eetrise de soi de Poutine, son calme, sa retenue, sa fa\u00e7on de peser chaque mot, le contraire de l&#8217;emportement, d&rsquo;une d\u00e9claration \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce. 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