{"id":75352,"date":"2014-06-16T11:54:41","date_gmt":"2014-06-16T11:54:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/06\/16\/notes-sur-lamerican-fatigue-et-la-sieste-de-bho\/"},"modified":"2014-06-16T11:54:41","modified_gmt":"2014-06-16T11:54:41","slug":"notes-sur-lamerican-fatigue-et-la-sieste-de-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/06\/16\/notes-sur-lamerican-fatigue-et-la-sieste-de-bho\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;<em>American<\/em> fatigue et la sieste de BHO"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur l&rsquo;<em>American<\/em> fatigue et la sieste de BHO<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 juin 2014  De la part de ce que lui-m\u00eame ne cesse de nommer la nation exceptionnelle, la d\u00e9claration du pr\u00e9sident Obama en son nom,  concernant l&rsquo;action des USA en Irak, devrait arr\u00eater sinon surprendre. Il s&rsquo;agit de cet instant, lorsqu&rsquo;Obama annonce que l&rsquo;Am\u00e9rique fera sa part dans la bataille en cours en Irak, pour sauver Bagdad des griffes de l&rsquo;ISIS&#8230; \u00ab<em>Though the administration has been hesitant to confirm its exact military intentions toward the growing war in Iraq, President Obama&rsquo;s latest pledges that America will do its part in the fighting indicate that US involvement is a foregone conclusion.<\/em>\u00bb (<em>Antiwar.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2014\/06\/13\/obama-us-will-do-its-part-in-iraq\/&#8236;\" class=\"gen\">14 juin 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Nous voulons dire que, de la part de l&rsquo;homme le plus puissant du monde, qui conduit la destin\u00e9e de la nation exceptionnelle, cet Am\u00e9rique fera sa part sonne un peu l\u00e9ger. L&rsquo;habitude nous conduisait \u00e0 attendre des USA, vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Irak dont la dimension strat\u00e9gique fut proclam\u00e9e essentielle et vitale en 2001-2003, qui reste l&rsquo;acte fondateur de toute la politique-Syst\u00e8me depuis 2001-2003, qu&rsquo;ils affirmassent aussit\u00f4t leur <em>leadership<\/em> dans l&rsquo;entreprise de sauvetage du r\u00e9gime irakien, qu&rsquo;ils rassemblassent une coalition \u00e9ventuellement, tout cela au moins en rh\u00e9torique et quelles que soient les arri\u00e8re-pens\u00e9es. Le mot m\u00eame (sa part), qui impliquerait pour les oreilles inexp\u00e9riment\u00e9es que les USA sont une partie d&rsquo;un tout sans sp\u00e9cificit\u00e9 exceptionnelle comme ce <em>leadership<\/em> indiscutable justement, ce mot est remarquable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a l\u00e0 un changement de ton, un changement d&rsquo;envergure m\u00eame, qui est \u00e9galement remarquable. Effectivement, Washington a \u00e9t\u00e9 pris par surprise, du point de vue de la rh\u00e9torique et des <em>narrative<\/em> en cours, et toutes les Nuland-Power \u00e9tant mobilis\u00e9es pour sauver l&rsquo;Ukraine personne dans l&rsquo;administration n&rsquo;\u00e9tait disponible \u00e0 l&rsquo;origine pour r\u00e9agir en sonnant le tocsin. Il y a aussi le cas personnel d&rsquo;Obama, effectivement d\u00e9crit comme d\u00e9sillusionn\u00e9 et d\u00e9tach\u00e9 de la situation&#8230; Le comportement d&rsquo;Obama, son humeur, sont des sympt\u00f4mes importants de l&rsquo;<em>American<\/em> fatigue.<\/p>\n<h3>Le d\u00e9senchantement du pr\u00e9sident<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe sont donc les habituels guerriers de la communication qui s&rsquo;en sont charg\u00e9s. Toujours plong\u00e9 dans la guerre interne contre le pr\u00e9sident, le parti r\u00e9publicain a mont\u00e9 une offensive en r\u00e8gle contre Obama, prenant comme cible, plus encore que la strat\u00e9gie incertaine de l&rsquo;administration, le comportement personnel du pr\u00e9sident. Cette offensive est importante, significative, etc., outre d&rsquo;exposer une fois de plus la division et le morcellement du pouvoir \u00e0 Washington o\u00f9 il n&rsquo;est <strong>plus jamais<\/strong> question de rassemblement bipartisan sur les grands probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Trois exemples \u00e0 cet \u00e9gard, des interventions publiques rapport\u00e9es dans un article du <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/jun\/15\/iraq-crisis-us-iran-republican-talk-obama-isis\" class=\"gen\">15 juin 2014<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le s\u00e9nateur Mike McCaul, r\u00e9publicain et pr\u00e9sident de la commission de la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure de la Chambre, \u00e9tait invit\u00e9 ce week-end de la fameuse \u00e9mission de ABC, <em>This Week<\/em> : \u00ab<em>Well, this is a crisis. It does call for a response, not going to Palm Springs for a fundraiser.<\/em> [&#8230;] <em>McCaul blamed the situation in Iraq on the president&rsquo;s inability to negotiate a status of forces agreement at the end of the Iraq war and added: I talked to<\/em> [<em>former<\/em>] <em>ambassador<\/em> [<em>to Iraq Ryan<\/em>] <em>Crocker yesterday and he said that this is the greatest threat, national security threat, since 9\/11.<\/em> [&#8230;] <em> This al-Qaida faction, Isis in Syria and now in Iraq, is so extreme, that Ayman al-Zawahiri and core al-Qaida have denounced them. That&rsquo;s how dangerous they are. This is not some down the road&rsquo; prospect. I would argue that not only is the threat great in Iraq and Syria but so<\/em> [<em>is it<\/em>] <em>to the homeland, because we have a lot of individuals over there with legal travel documents that are trained  and these are the vicious, the worst of the worst. If they get back into the United States or in western Europe against western targets, I see that as a biggest threat today.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;allusion de McCaul sur le comportement d&rsquo;Obama dans cette crise reprenait une cinglante remarque faite deux jours auparavant du <em>Speaker<\/em> de la Chambre sur Obama qui fait la sieste&#8230; \u00ab<em>Graham&rsquo;s comments echo those of House Speaker John Boehner, who earlier this week accused Obama of taking a nap as Isis marched on Baghdad. It&rsquo;s not like we haven&rsquo;t seen this problem coming for over a year, Boehner said. They&rsquo;re 100 miles from Baghdad, and what&rsquo;s the president doing? Taking a nap.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le s\u00e9nateur Graham Lindsay, cit\u00e9 dans l&rsquo;extrait ci-dessus, est intervenu sur CNN, en prenant encore plus pr\u00e9cis\u00e9ment le cas personnel d&rsquo;Obama. C&rsquo;est lui qui le d\u00e9crit comme d\u00e9sillusionn\u00e9 et d\u00e9tach\u00e9 de la situation, plong\u00e9 dans une nonchalance morose &#8230; \u00ab<em>The senator also blasted the Obama administration over its handling of the situation, arguing that the president&rsquo;s decision to withdraw troops from Iraq had led to the current crisis. Graham said this stubborn-headed president we have who thinks he knows better than anybody else, who withdrew troops and exposed this country to the inevitable, needs to change his policies quickly. He added that Obama was delusional and detached<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Vive l&rsquo;Iran !<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDes trois exemples cit\u00e9s ci-dessus, l&rsquo;un retient particuli\u00e8rement l&rsquo;attention. Il s&rsquo;agit bien entendu de l&rsquo;intervention de Lindsay Graham, l&rsquo;une des deux figures de proue du <em>War Party<\/em> avec son comp\u00e8re John McCain. (Bien entendu, McCain a fait quelques commentaires la semaine derni\u00e8re, dans son mode pavlovien habituel, sans gu\u00e8re d&rsquo;originalit\u00e9, et lui-m\u00eame peu int\u00e9ress\u00e9 par les finesses dans l&rsquo;analyse. Il a r\u00e9clam\u00e9 rien moins qu&rsquo;une nouvelle invasion de l&rsquo;Irak par les troupes US pour an\u00e9antir ISIS. Bref, <em>business as usual<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes derniers temps, et notamment pour ce qui concerne la crise ukrainienne, Graham s&rsquo;\u00e9tait montr\u00e9 assez discret. Il est vrai qu&rsquo;il est engag\u00e9 dans une campagne pour sa r\u00e9\u00e9lection en novembre prochain, avec des difficult\u00e9s inattendues et une contestation d&rsquo;une candidate venue de la base ; il est \u00e9galement touch\u00e9 par une pol\u00e9mique qui concerne sa vie personnelle (Graham est <em>gay<\/em>, ce qui n&rsquo;est plus du tout un p\u00e9ch\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, bien au contraire, mais dans son cas un peu diff\u00e9remment, par rapport \u00e0 la r\u00e9putation qu&rsquo;il s&rsquo;est faite et selon les circonstances d&rsquo;une r\u00e9v\u00e9lation de cet \u00e9tat de chose dans des circonstances d\u00e9licates). Quoi qu&rsquo;il en soit, il fait l\u00e0 un retour tonitruant en proposant avec force ce qui repr\u00e9sente un tournant complet de sa position habituelle : une alliance quasi-formelle avec l&rsquo;Iran. (On sait que Graham est, depuis plusieurs ann\u00e9es, et encore plus que son comp\u00e8re McCain, un ardent partisan d&rsquo;une attaque am\u00e9ricano-isra\u00e9lienne de l&rsquo;Iran. Sur les n\u00e9gociations en cours avec l&rsquo;Iran, Graham est absolument oppos\u00e9 \u00e0 tout accord, pr\u00e9f\u00e9rant \u00e9videmment l&rsquo;option de l&rsquo;attaque.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Why did we deal with Stalin? Graham asked. Because he&rsquo;s not as bad as Hitler. The Iranians can provide some assets to make sure that Baghdad doesn&rsquo;t fall. We need to co-ordinate with the Iranians and the Turks need to get into the game. We should have discussions with Iran to make sure they don&rsquo;t use this as an opportunity to seize control of parts of Iraq. They&rsquo;re in this, we need to put a red line with Iran. Graham said the US should sit down and talk with Iran. To ignore Iran and not tell them Don&rsquo;t take advantaged of this situation&rsquo; would be a mistake, he said.<\/em>\u00bb [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The number of people who could die in this country from getting this wrong is going to be far greater than 4,000<\/em> [<em>a reference to the number of US troops killed so far in Iraq, actually 4,424<\/em>] <em>because they are getting hold of weapons they did not have before, he said. The economic chaos to the world is going to be far greater than anything we spend on saving Iraq. This is another 9\/11 in the making.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Graham said that if Isis took Baghdad, Syria and Iraq would become the new staging area for an attack on America. My biggest fear is that they will march for Jordan, he said, a move that he said would leave the whole Middle East in turmoil. Al-Maliki should resign, Graham said. The senator added that the US&rsquo;s priorities should be: Stop the march on Baghdad, form a new government.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Apostasie exceptionnaliste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, l&rsquo;extraordinaire apostasie de Graham, qui en a d&rsquo;ailleurs plus d&rsquo;une dans son sac s&rsquo;il le faut puisqu&rsquo;il fait partie de l&rsquo;exceptionnelle nation, trouve un \u00e9cho attentif, semble-t-il, dans les rangs de l&rsquo;administration. Cela fait plusieurs jours (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_alliance_entre_guillemets_propos_de_l_irak_13_06_2014.html\" class=\"gen\">13 juin 2014<\/a>) que tra\u00eene cette id\u00e9e d&rsquo;une \u00e9trange alliance entre les USA et l&rsquo;Iran,  entre l&rsquo;agresseur et l&rsquo;agress\u00e9 de multiples <em>narrative<\/em> d&rsquo;attaques de l&rsquo;Iran de 2005 \u00e0 nos jours. Il semble qu&rsquo;elle devrait peut-\u00eatre se concr\u00e9tiser, du moins si l&rsquo;on en croit le Wall Street <em>Journal<\/em> et Reuters, la chose telle que la rapporte <em>Russia Today<\/em> le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/166088-us-iran-talks-iraq\/\" class=\"gen\">16 juin 2014<\/a> (apr\u00e8s une annonce pr\u00e9liminaires sur les <em>strange bedfellows<\/em>, USA et Iran, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/news\/165924-iran-us-cooperate-iraq\/\" class=\"gen\">14 juin 2014<\/a>). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The US is getting ready for an open dialogue with Iran to discuss Iraq&rsquo;s security concerns and ways of responding to radical Sunni militia that have been gaining ground in western Iraq, The Wall Street Journal quoted senior US officials as saying. The talks are likely to begin as early as this week. This unlikely cooperation is to take place as world leaders try to negotiate an agreement with Iran to curtail its nuclear program.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Iraq&rsquo;s security concerns are the central aspects common to both parties. Radical Sunni militants of Al-Qaeda offshoot the Islamic State in Iraq and the Levant (ISIS\/ISIL) have been advancing and capturing cities in the northwest of Iraq. The jihadists have declared the capture of the capital Baghdad as their top objective. It is not yet clear which diplomatic channel the Obama administration will be using, the report said. Reuters also cited a senior US official as saying that Washington is considering the discussion with Tehran&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Des critiques exceptionnelles<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela fait-il d\u00e9sordre ? Voil\u00e0 qui ne pr\u00e9occupe ni Obama, ni Graham, car l&rsquo;exceptionnalit\u00e9 donne la confortable capacit\u00e9, gr\u00e2ce aux caract\u00e8res <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_notre_psychologie_28_01_2013.html\" class=\"gen\">psychologiques<\/a> <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-m_taphysique_de_la_psychologie_de_l_am_ricanisme-syst_me_07_05_2011.html\" class=\"gen\">singuliers<\/a> de l&rsquo;inculpabilit\u00e9 et  de l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9 qui caract\u00e9risent l&rsquo;am\u00e9ricanisme, de rompre tous les liens de cause \u00e0 effet dans les actes et les engagements, et donc d&rsquo;\u00e9carter toute possibilit\u00e9 de responsabilit\u00e9 et toute n\u00e9cessit\u00e9 de logique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar contre, les critiques, les exasp\u00e9rations de moins en moins voil\u00e9es continuent \u00e0 se d\u00e9velopper \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, \u00e0 l&rsquo;encontre des USA. Cette affaire irakienne est l&rsquo;occasion, par exemple, d&rsquo;un rapport extr\u00eamement d\u00e9taill\u00e9 de Ben Caspit sur les critiques de la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale isra\u00e9lienne \u00e0 l&rsquo;encontre de la politique des USA, du comportement am\u00e9ricaniste, des variations \u00e9tranges et extr\u00eames de leur conceptions strat\u00e9giques&#8230; (<em>Al-Monitor.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.al-monitor.com\/pulse\/originals\/2014\/06\/obama-administration-irag-gaza-jihad-aerial-operations.html#ixzz34jL7ed7G\" class=\"gen\">13 juin 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The problem with the Americans, a senior diplomatic Israeli official said this week, is that they don&rsquo;t have a middle ground. Either they fight with might and main, as they did in Iraq and Afghanistan, or they raise their hands in unconditional surrender, as has President Barack Obama done in the past five years. No one disagrees  not even in Israel  that the American war in Iraq was one of the most uncalled for and embarrassing wars in history. Everybody, not least the Iraqi people, misses Saddam Hussein today. The American problem is that they went too far and came on too strong in Iraq, Israeli officials contend. Now they leave hurriedly while shunning altogether any type of involvement. When you are the only responsible adult left in the world, you can&rsquo;t afford to walk off the ring. You can&rsquo;t afford to lose your deterrence. You can&rsquo;t maintain some kind of world order without carrying a large stick in your hand and making the radical elements believe that you&rsquo;re actually capable of using it, a senior diplomatic official in Jerusalem said this week in a closed talk.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Added an Israeli defense official who is versed in American activity in the Middle East: The Americans need to understand two things. The first thing is that there is no such thing as blitzkrieg&rsquo; in the Middle East. Things go on for years. Processes take a long time to mature. Sometimes mirages replace reality, vanishing just as abruptly as they appear. The second thing, he continued, is that you don&rsquo;t always have to launch an all-out war, landing tens of thousands of troops, hundreds of tanks and huge logistics that cost trillions. In other words, you don&rsquo;t need to conquer Iraq and you don&rsquo;t need to invade Afghanistan. Given American air capabilities, most problems can be resolved that way. The Americans  with their technological supremacy and means that can be employed from aircraft carriers, such as unmanned drones and accurate intelligence  can seriously hamper the advance of al-Qaeda insurgents, for example, yet without paying a price.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Israeli security officials find it hard to understand why the Obama administration fails to grasp the perilous process taking place in the Middle East following its total abandonment by the world cop, which is what the United States once was. As time goes by, it becomes increasingly apparent that President Obama is simply unwilling to do anything real. As a result, the boldness of the militant groups increases,\u00a0\u00bb said an Israeli defense official. \u00ab\u00a0It is no wonder that a terrorist organization that until not that long ago was only marginal and insignificant, such as ISIS, suddenly allows itself to conquer a large city in Iraq and start marching toward Baghdad. They wouldn&rsquo;t have done so if they had known that someone was unwilling to accept such a development and had enough planes, drones and technology to destroy them from the air. That the Americans no longer agree to intervene in what involves &lsquo;boots on the ground&rsquo; is both acceptable and understandable. Yet that doesn&rsquo;t mean you have to give up and take off. In the Middle East, the Persian Gulf and North Africa, there&rsquo;s no vacuum. If you walk away, someone else comes in your stead. Unfortunately, in our region, that someone else is usually radical Islam, global jihad or al-Qaeda and its various and sundry affiliates.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La fable des deux fers au feu<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la rubrique des ces critiques directes contre les USA, on trouve celle des complots compulsifs des USA,  car aucun acte de la politique ext\u00e9rieure agressive des USA, et de la politique int\u00e9rieure aussi d&rsquo;ailleurs, n&rsquo;est quitte de l&rsquo;\u00e9tiquette complot, un peu comme le sparadrap dont le capitaine Haddock ne parvient pas \u00e0 se d\u00e9barrasser. Au reste, l&rsquo;\u00e9tiquette est enti\u00e8rement justifi\u00e9e puisque la politique-Syst\u00e8me n&rsquo;est et ne peut \u00eatre, telle qu&rsquo;elle est appr\u00e9ci\u00e9e de l&rsquo;ext\u00e9rieur, qu&rsquo;un complot en soi aliment\u00e9 par la surpuissance aveugle du Syst\u00e8me&#8230; D&rsquo;ailleurs et en l&rsquo;occurrence, remarque MK Bhadrakumar le <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2014\/06\/14\/us-cagey-on-iraq-events-iran-upfront\/\" class=\"gen\">14 juin 2014<\/a>, ce n&rsquo;est que soup\u00e7on archi-confirm\u00e9 puisque les Iraniens eux-m\u00eames le disent ouvertement sinon officiellement, cela avant de proposer une alliance aux USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMK Bhadrakumar conclut de tout cela qu&rsquo;Obama se trouve dans une <em>cleft stick<\/em>,  il est dans une impasse, si vous voulez, puisqu&rsquo;il se trouve avec deux fers au feu (ISIS qui est la cr\u00e9ature des USA peu ou prou, et Maliki qui reste \u00e0 l&rsquo;origine leur cr\u00e9ature prou ou peu) ; c&rsquo;est une manuvre habile, deux fers au feu, sauf quand les deux fers en arrivent \u00e0 se croiser, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 s&rsquo;affronter&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Tehran has figured out that the entire ISIS drama has been a covert operation by the regional powers that pushed the regime change&rsquo; agenda in Syria with US backing. Rouhani kept up decorum by not naming the US. (The next round of Iran nuclear talks are due to commence in Geneva on Monday.) But the speaker of the Majlis Ali Larijani was under no obligation to be polite. Larijani took his gloves off during a public speech in Tehran yesterday and literally tore into the dubious American role in Syria in aligning with Saudi Arabia, Qatar, the UAE, Turkey, etc. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Juxtaposing the remarks by Obama and Rouhani on the Iraq developments, it is clear that Washington is caught in a cleft stick. Plainly put, Obama is called upon to confront the ISIS which doubtless poses threat to American security interests, but then, ISIS is, quintessentially, a creation of the US&rsquo;s regional allies  our SOBs&rsquo; in the Middle East, to borrow FDR&rsquo;s famous remark about the brutal Nicaraguan dictator Anastasio Somoza. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama&rsquo;s best bet will be that Maliki doesn&rsquo;t seek foreign intervention but intends to scatter the ISIS through own steam and with the help of the Kurdish Peshmerga and his Iranian ally. As for Tehran, it is in no flap whatsoever and is confident that Maliki will prevail.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les complots \u00e9puisent<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIci, un apart\u00e9 serait plut\u00f4t bienvenu &#8230; Le probl\u00e8me est que si l&rsquo;on s&rsquo;attache aux complots US, \u00e0 leur examen, \u00e0 leur d\u00e9nonciation, et \u00e0 leur mise \u00e0 jour, etc., on est conduit \u00e0 <strong>tout r\u00e9interpr\u00e9ter<\/strong>, et souvent chaque chose dans plusieurs sens, puisque les USA, par leurs actions \u00e0 la fois dispers\u00e9es et syst\u00e9matiques interf\u00e8rent plus ou moins clandestinement, ou disons selon la technique tr\u00e8s exceptionnaliste qu&rsquo;on d\u00e9signerait comme la clandestinit\u00e9 \u00e0 ciel ouvert, <strong>dans tout et dans tous les sens<\/strong>. (Les moyens : influence, corruption, forces  clandestines, drones, etc.) Cette activit\u00e9 a pris des allures tentaculaires \u00e0 laquelle la pieuvre elle-m\u00eame ne comprend plus rien, \u00e0 cause d&rsquo;une part de la tendance d&rsquo;Obama \u00e0 poursuivre la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a> d\u00e9j\u00e0 suivie par Bush \u00e0 sa mani\u00e8re, sans trop de grosse caisse (les guerres tonitruantes), c&rsquo;est-\u00e0-dire en la suivant sans trop para\u00eetre la suivre (!) pour \u00eatre fid\u00e8le au Syst\u00e8me et conforme \u00e0 ce qu&rsquo;il reste de son image ; \u00e0 cause d&rsquo;autre part d&rsquo;un pouvoir et d&rsquo;une bureaucratie exceptionnellement fragment\u00e9s en une myriade de centres de pouvoir disposant pourtant de moyens sans limites, notamment de camions et de palettes de billets de $100 (plus discrets que ceux de $1 000), agissant sans coordination, chacun pour ses int\u00e9r\u00eats, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn finit alors par se trouver devant la n\u00e9cessit\u00e9 constante d&rsquo;une r\u00e9interpr\u00e9tation globale et permanente des \u00e9v\u00e9nements, cela nous enfon\u00e7ant dans un bouquet de <em>narrative<\/em> \u00e0 la fois d\u00e9mentes et surr\u00e9alistes o\u00f9 tout affirme tout et contredit tout \u00e0 la fois. Le r\u00e9sultat est notre <em>personal<\/em> fatigue tout \u00e0 fait psychologique et somme toute anecdotique, c&rsquo;est-\u00e0-dire de peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat&#8230; Ce qu&rsquo;il nous int\u00e9resse d&rsquo;examiner, nous, et qui constitue notre v\u00e9ritable travail, c&rsquo;est cette v\u00e9rit\u00e9 int\u00e9ressante d&rsquo;une situation psychologique pr\u00e9sente d&rsquo;une <em>American<\/em> fatigue&#8230; Et nous soup\u00e7onnons que cette fatigue-l\u00e0 n&rsquo;est pas le moindre des effets de cette dispersion extraordinaire de la puissance US dans tous les complots et toutes les aventures du monde, avec comme r\u00e9sultat constant d&rsquo;aller d&rsquo;\u00e9chec en \u00e9chec, de r\u00eaverie conqu\u00e9rantes et <em>neocon<\/em> en r\u00eaverie conqu\u00e9rantes et <em>neocon<\/em>. Les USA font cela en mode-surpuissance depuis le 11 septembre 2001, apr\u00e8s l&rsquo;avoir fait avant d&rsquo;une mani\u00e8re plus discr\u00e8te, et par cons\u00e9quent acc\u00e9l\u00e9rant l&rsquo;autodestruction de leur puissance \u00e0 mesure.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache&#8230; Si l&rsquo;on veut \u00eatre inform\u00e9 sur le complot du jour de la puissance-simulacre de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, les sources ne manquent pas. On citera par exemple Wayne Madsen, le <a href=\"http:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2014\/06\/14\/missing-saddam.html\" class=\"gen\">14 juin 2014<\/a>, sur <em>Strategic-Culture.org<\/em>. Madsen d\u00e9taille notamment comment les USA ont fabriqu\u00e9 l&rsquo;ISIS, d&rsquo;ailleurs avec une sorte d&rsquo;ironie fatigu\u00e9 (le titre l&rsquo;exprime bien, qui dit \u00e0 peu pr\u00e8s : Saddam nous manque, comme pour dire qu&rsquo;avec lu, au moins, on se serait \u00e9pargn\u00e9 cette fatigue-l\u00e0). Quant \u00e0 la valeur prospective du complot, comme de tout autre du m\u00eame genre, on se contentera de r\u00e9pondre en citant un passage du commentaire de ce <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/justin\/2014\/06\/15\/the-coming-storm-2\/\" class=\"gen\">16 juin 2014<\/a> de Justin Raimondo, sur la situation de l&rsquo;<em>establishment<\/em> apr\u00e8s la d\u00e9faite de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_cho_de_l_europe_antisyst_me_en_virginie_11_06_2014.html\" class=\"gen\">Cantor<\/a>,  ou comment une d\u00e9sint\u00e9gration semble susciter l&rsquo;autre, celle des USA et celle de l&rsquo;Irak, ou celle de l&rsquo;Irak et celle des USA, dans l&rsquo;ordre qu&rsquo;on veut &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As Iraq disintegrates and our elites scramble for a solution, the political system here at home  carefully designed to tamp down any significant dissent  is coming apart at the seams with the same rapidity. The coming storm threatens to overturn the entire unwieldy and top-heavy bipartisan apparatus. Built atop a foundation of debt and fueled by the unlimited hubris of our political class, the Empire is on increasingly shaky ground  and those of us who dream of its overthrow may yet live to see our dreams come true&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>On fait les bagages<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;<em>American<\/em> fatigue<D> se marque, selon nous, cause et effet confondus, par d&rsquo;autres circonstances. Nous parlons ici de surprises qui ont grandement affect\u00e9 certains \u00e9l\u00e9ments du gouvernement am\u00e9ricaniste. Des indications pr\u00e9cises le montrent, renfor\u00e7ant le constat du d\u00e9sengagement am\u00e9ricaniste, dans tous les cas du point de vue psychologique, ce qui justifie de poursuivre sur le th\u00e8me d&rsquo;une <em>American<\/em> fatigue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous tenons de <strong>source directe<\/strong> certains d\u00e9tails montrant effectivement cette situation. Ainsi a-t-on peu parl\u00e9 sur le moment de ce d\u00e9tail, pourtant important et r\u00e9v\u00e9lateur, et aussi avec des effets assez d\u00e9favorables, de l&rsquo;annonce de plans d&rsquo;\u00e9vacuation de l&rsquo;ambassade US \u00e0 Bagdad. (Voir le <LIEN=http:\/\/www.dedefensa.org\/article-voyage_au_bout_de_la_crise_12_06_2014.html>12 juin 2014 : \u00ab<em> Il y a aussi l&rsquo;annonce<\/em> [&#8230;] <em>que les USA pr\u00e9parent des plans d&rsquo;\u00e9vacuation d&rsquo;urgence de l&rsquo;ambassade US \u00e0 Bagdad, l&rsquo;\u00e9norme forteresse \u00e9difi\u00e9e du temps de GW Bush. Quel symbole ! Cela sugg\u00e8re imm\u00e9diatement une analogie historique, une sinistre r\u00e9miniscence de l&rsquo;\u00e9vacuation catastrophique de l&rsquo;ambassade US \u00e0 Saigon, en 1975.<\/em>\u00bb) Cette d\u00e9cision a effectivement \u00e9t\u00e9 prise et, d\u00e8s qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 connue, elle a influenc\u00e9 d&rsquo;autres pays, et \u00e9galement l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, dans le m\u00eame sens d&rsquo;envisager une pr\u00e9paration d&rsquo;\u00e9vacuation des ambassades \u00e0 Bagdad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9cision US du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat est d&rsquo;abord pr\u00e9sent\u00e9e comme une proc\u00e9dure normale, ce qui est assez contestable dans les circonstances pr\u00e9cises, le 12 juin. Elle refl\u00e8te en fait un r\u00e9flexe d&rsquo;une certaine panique indiquant qu&rsquo;on a \u00e9t\u00e9 pris par surprise, et par-dessus cela, la crainte d\u00e9sormais structurelle dans la bureaucratie, que puisse se reproduire un incident du type-Benghazi du 11 septembre 2012 (assassinat de l&rsquo;ambassadeur US, voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_how_could_this_happen__17_09_2012.html\" class=\"gen\">17 septembre 2012<\/a>). Ainsi rencontre-t-on un de ces parcours courants de la psychologie de la communaut\u00e9 bureaucratique, une attitude de type obsessionnel si caract\u00e9ristique des bureaucraties cumulant un encha\u00eenement d&rsquo;effets n\u00e9gatifs. La bureaucratie a \u00e9t\u00e9 fortement secou\u00e9e par les cons\u00e9quences de l&rsquo;affaire de Benghazi, et singuli\u00e8rement par la mise en cause qui a suivi, de la part du parti r\u00e9publicain, du Congr\u00e8s, etc. De ce fait, cette bureaucratie prend toutes ses pr\u00e9cautions d\u00e8s qu&rsquo;appara\u00eet une circonstance o\u00f9 un tel \u00e9v\u00e9nement pourrait se reproduire ; d&rsquo;o\u00f9 sa sur-r\u00e9action du 12 juin, avec l&rsquo;annonce de la pr\u00e9paration de plans d&rsquo;\u00e9vacuation, dont l&rsquo;effet psychologique a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s mauvais pour ce qui concerne la perception qu&rsquo;on a de la r\u00e9solution US dans la circonstance.<\/p>\n<h3>Surprise, surprise&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn deuxi\u00e8me aspect, toujours de source directe, concerne le degr\u00e9 de connaissance de l&rsquo;attaque du c\u00f4t\u00e9 US, et par cons\u00e9quent les r\u00e9actions. Lorsque l&rsquo;attaque se pr\u00e9cisa avec l&rsquo;investissement de Mossoul, le Pentagone fut l&rsquo;objet de sollicitations concernant la connaissance et les caract\u00e9ristiques de cette attaque, notamment de la part du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, justement occup\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer des mesures d&rsquo;urgence telle que celle qui concerne l&rsquo;ambassade \u00e0 Bagdad. La r\u00e9ponse de la bureaucratie du Pentagone fut qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame surprise par l&rsquo;attaque, par l&rsquo;ampleur de cette attaque, par la disposition par les forces constituant cette attaque de mat\u00e9riels tr\u00e8s modernes (lesquels proviennent pour l&rsquo;essentiel de saisies faites dans des bases de l&rsquo;arm\u00e9e irakienne ou d&rsquo;autres acc\u00e8s du m\u00eame genre). D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, cette communication impliquait une surprise devant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui rappelle l&rsquo;une ou l&rsquo;autre r\u00e9cente occurrence, lors de la prise en main de la Crim\u00e9e par des forces russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; En effet, on notait, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_d_couvre_la_nouvelle_arm_e_russe_24_03_2014.html\" class=\"gen\">24 mars 2014<\/a>, cette intervention du SACEUR, le g\u00e9n\u00e9ral Breedlove, commandant supr\u00eame alli\u00e9 en Europe (OTAN)&#8230; \u00ab<em>Breedlove a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impressionn\u00e9, autant par la pr\u00e9paration de l&rsquo;incursion, sous le couvert de manuvres autoris\u00e9es par les accords de s\u00e9curit\u00e9, que par son ex\u00e9cution. We saw several snap exercises executed in which large formation of forces were brought to readiness and exercised and then they stood down, <\/em>[Breedlove] <em>said. And thenboominto Crimeawith a highly ready, highly prepared force, he said.<\/em>\u00bb Auparavant, sur le m\u00eame th\u00e9\u00e2tre, les services de renseignement et d&rsquo;analyse militaires US avaient montr\u00e9 une lenteur inhabituelle dans l&rsquo;\u00e9valuation des \u00e9v\u00e9nements en Ukraine, plus pr\u00e9cis\u00e9ment autour de la Crim\u00e9e, alors (en f\u00e9vrier-mars) point central de tension de la crise. Nous observions cette lenteur en parlant de l&rsquo;<em>Intelligence Communauty<\/em> (IC), ce qui recoupe bien entendu le Pentagone et peut s&rsquo;amalgamer \u00e0 la r\u00e9action d\u00e9crite ici, concernant l&rsquo;op\u00e9ration de l&rsquo;ISIS en Irak. Nous commentions alors que cette lenteur \u00e9tait, selon nous, le fait d&rsquo;interf\u00e9rences majeures, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la machinerie de la s\u00e9curit\u00e9 nationale aux USA, \u00e0 cause d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements de communication beaucoup plus qu&rsquo;en fonction de moyens technologiques&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La situation du renseignement US vis-\u00e0-vis des \u00e9v\u00e9nements en Ukraine est effectivement singuli\u00e8rement baroque, sinon surr\u00e9aliste, outre d&rsquo;\u00eatre une d\u00e9route \u00e0 la fois compl\u00e8te et comique puisqu&rsquo;analysant avec pr\u00e9cisions des faits que tous les lecteurs de l&rsquo;internet connaissent. Les \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent \u00e0 une telle vitesse, et le plus souvent \u00e0 ciel ouvert, que les m\u00e9thodes habituelles du renseignement se r\u00e9v\u00e8lent impuissantes, et m\u00eame retardatrices pour prendre en compte l&rsquo;\u00e9volution de la situation. Habitu\u00e9s \u00e0 travailler avec une lourde machinerie de proc\u00e9dures ultra-secr\u00e8tes, de recoupements, confront\u00e9s \u00e0 leurs propres op\u00e9rations de d\u00e9sinformation et de m\u00e9sinformation, mais aussi celles d&rsquo;autres agences et services du m\u00eame gouvernement US qui agissent souvent en solo et sans informer les autres services (par exemple, l&rsquo;activisme de groupes tel que celui de Nuland et des neocons implant\u00e9s au d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat), l&rsquo;IC doit effectuer son travail d&rsquo;abord en cherchant \u00e0 se d\u00e9barrasser de tous les obstacles qu&rsquo;elle a elle-m\u00eame sem\u00e9s, et que la partie US a sem\u00e9s, pour une bonne compr\u00e9hension des \u00e9l\u00e9ments \u00e9pars de la situation ainsi expurg\u00e9e. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il y a tout un travail de nettoyage de sa propre auto-d\u00e9sinformation qui doit \u00eatre effectu\u00e9 avant d&rsquo;en arriver \u00e0 l&rsquo;analyse directe de la situation, sans s&rsquo;aviser que cette analyse pourrait d\u00e9j\u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 faite directement en sources ouvertes.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>La manipulateur manipul\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA cette lumi\u00e8re, la surprise que semble avoir \u00e9prouv\u00e9e le Pentagone devant les \u00e9v\u00e9nements en Irak la semaine derni\u00e8re indiquerait que ce que nous consid\u00e9rions encore comme un cas isol\u00e9 en Ukraine, du essentiellement aux conditions particuli\u00e8res de la Crim\u00e9e et au d\u00e9ploiement de communication faussaire de la part des USA eux-m\u00eames, pourrait constituer finalement une nouvelle situation pour la communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale US. Il s&rsquo;agirait alors d&rsquo;une tendance g\u00e9n\u00e9rale, avec une possibilit\u00e9 de devenir structurelle, \u00e0 distinguer faussement les \u00e9v\u00e9nements, notamment op\u00e9rationnels, et leur nature, et cela notamment \u00e0 cause de diverses circonstances internes et, en g\u00e9n\u00e9ral, des interf\u00e9rences du syst\u00e8me de la communication satur\u00e9 de nombreuses <em>narrative<\/em> destin\u00e9es \u00e0 am\u00e9nager diff\u00e9rentes versions de la situation selon les int\u00e9r\u00eats des \u00e9metteurs de ces <em>narrative<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas de l&rsquo;ISIS rejoint, apr\u00e8s tout, celui de l&rsquo;Ukraine, comme il rejoint nombre de cas dans les zones troubl\u00e9es o\u00f9 les interf\u00e9rences US sont multiples et, surtout, venant de services et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats diff\u00e9rents, avec des <em>narrative<\/em> diff\u00e9rentes. Les USA sont \u00e9norm\u00e9ment impliqu\u00e9s dans la zone Syrie-Irak, o\u00f9 nombre de services jouent dans diff\u00e9rents domaines et selon des orientations diff\u00e9rentes et parfois contraires,  et l&rsquo;expression \u00e9norm\u00e9ment impliqu\u00e9s pourrait aussi bien se compl\u00e9ter en un \u00e9norm\u00e9ment et confus\u00e9ment impliqu\u00e9s. Effectivement, comme on le notait pour l&rsquo;Ukraine, et encore plus dans la situation syrienne et son extension irakienne o\u00f9 pullulent les groupes politiques, id\u00e9ologiques, terroristes, de crime organis\u00e9, etc., et plusieurs de ces caract\u00e9ristiques, voire toutes, se retrouvant souvent dans un m\u00eame groupe (voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-al-qaeda_marque_d_pos_e_11_01_2014.html\" class=\"gen\">11 janvier 2014<\/a>), le d\u00e9sordre et la confusion finissent par marquer les relations du manipulateur (US) et des instruments de sa manipulation (les groupes que les USA subventionnent). Cela introduit un rapport nouveau pour la question du contr\u00f4le, avec la r\u00e9ponse qu&rsquo;on devine : entre le  manipulateur et les instruments de sa manipulation, qui contr\u00f4le qui ? La r\u00e9ponse implicite explique encore mieux pourquoi les USA n&rsquo;ont rien vu venir de l&rsquo;essentiel de de l&rsquo;offensive de l&rsquo;ISIS&#8230; Et ainsi l&rsquo;inversion est compl\u00e8te, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn rappellera \u00e0 cette occasion l&rsquo;observation de Immanuel Wallerstein, cit\u00e9e dans notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-wallerstein_yeats_et_l_apr_ssyst_me_24_05_2014.html\" class=\"gen\">24 mai 2014<\/a> : \u00ab<em>&#8230;Most analysts of the current strife tend to assume that the strings are still being pulled by Establishment elites. Each side asserts that the low-level actors of the other side are being manipulated by high-level elites. Everyone seems to assume that, if their side puts enough pressure on the elites of the other side, these other elites will agree to a compromise closer to what their side wants.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This seems to me a fantastic misreading of the realities of our current situation, which is one of extended chaos as a result of the structural crisis of our modern world-system. I do not think that the elites are any longer succeeding in manipulating their low-level followers. I think<\/em> <strong><em>the low-level followers are defying the elites, doing their own thing, and trying to manipulate the elites.<\/em><\/strong> <em>This is indeed something new. It is a bottom-up rather than a top-down politics&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>D\u00e9sordre et confusion&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agirait donc d&rsquo;une nouvelle situation des capacit\u00e9s de pr\u00e9vision et d&rsquo;appr\u00e9ciation des situations, en perte de vitesse, et m\u00eame en chute libre, de la part des USA. La cause centrale en serait donc ce bruit de communication (y compris la corruption) permanent que les diverses manuvres et manigances d&rsquo;un pouvoir compl\u00e9tement \u00e9clat\u00e9 autant qu&rsquo;impuissant \u00e0 se regrouper, et impuissant tout court, introduit dans le jeu, et cela interf\u00e8rant gravement sur les capacit\u00e9s technologiques de renseignement et de surveillance. Au plus les USA s&rsquo;appuient sur une monstrueuse structure \u00e9lectronique de surveillance, comme on le constate avec la NSA, au plus ils s&rsquo;enferment dans une bulle technologique coup\u00e9e des r\u00e9alit\u00e9s, s&rsquo;auto-d\u00e9sinformant eux-m\u00eames par leurs activit\u00e9s de communication, les liens et les corruptions \u00e9tablis dans tous les sens, avec des groupes divers, etc. La cons\u00e9quence de cette situation est le retard dans la r\u00e9alisation des nouvelles situations, et souvent une r\u00e9action outranci\u00e8re lorsque la nouvelle situation s&rsquo;impose,  ce qui a \u00e9t\u00e9 le cas pour l&rsquo;Irak et l&rsquo;ISIS, selon par exemple l&rsquo;ancien analyste de la CIA Paul R. Pillard  (voir <em>Consortium.News<\/em>, le <a href=\"http:\/\/consortiumnews.com\/2014\/06\/13\/overreacting-to-the-iraq-crisis\/\" class=\"gen\">13 juin 2014<\/a>),  et, finalement, d\u00e9sordre et confusion, dans lesquels s&rsquo;ins\u00e8rent les diverses interventions des groupes de pression type-<em>neocon<\/em>, aggravant encore la situation dans ce sens (d\u00e9sordre et confusion)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, nous dirions que l&rsquo;activisme US est si grand, si divers, si complexe et si confus, qu&rsquo;il en arrive d\u00e9sormais \u00e0 brouiller de plus en plus, pour lui-m\u00eame essentiellement, toute possibilit\u00e9 d&rsquo;appr\u00e9ciation utile des situations, et cela survenant en fait comme cons\u00e9quence de l&rsquo;\u00e9tat crisique tr\u00e8s avanc\u00e9 du syst\u00e8me de direction de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. La chose est d&rsquo;autant plus \u00e0 consid\u00e9rer qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;autre bout du dispositif de l&rsquo;activisme globalis\u00e9 dans le d\u00e9sordre et la confusion, il y a justement ce pouvoir \u00e9clat\u00e9 de Washington, impuissant, tirant \u00e0-hue et \u00e0-dia, avec un pr\u00e9sident fatigu\u00e9 et d\u00e9sillusionn\u00e9. Politiquement, et conform\u00e9ment au caract\u00e8re du m\u00eame pr\u00e9sident, cette \u00e9volution se traduit par une certaine nonchalance devant l&rsquo;urgence, comme Obama le montre dans la phase actuelle de la crise irakienne ; plac\u00e9 devant un probl\u00e8me suppos\u00e9 urgent, on dirait qu&rsquo;Obama n&rsquo;a rien de plus urgent que de se presser doucement, en pr\u00e9cisant que l&rsquo;Am\u00e9rique fera sa part et rien d&rsquo;autre, et ainsi laissant dire le <em>Speaker<\/em> de la Chambre, le r\u00e9publicain Boehner,  le pr\u00e9sident n&rsquo;a rien de plus urgent que de faire la sieste&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;American fatigue et la sieste de BHO 16 juin 2014 De la part de ce que lui-m\u00eame ne cesse de nommer la nation exceptionnelle, la d\u00e9claration du pr\u00e9sident Obama en son nom, concernant l&rsquo;action des USA en Irak, devrait arr\u00eater sinon surprendre. 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