{"id":75407,"date":"2014-07-17T11:19:46","date_gmt":"2014-07-17T11:19:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/07\/17\/entre-russie-et-usa-leurope-devant-lhorreur-politique\/"},"modified":"2014-07-17T11:19:46","modified_gmt":"2014-07-17T11:19:46","slug":"entre-russie-et-usa-leurope-devant-lhorreur-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/07\/17\/entre-russie-et-usa-leurope-devant-lhorreur-politique\/","title":{"rendered":"Entre Russie et USA, l&rsquo;Europe devant l&rsquo;\u201chorreur politique\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Entre Russie et USA, l&rsquo;Europe devant l&rsquo;horreur politique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;on dit justement que l&rsquo;Europe politique n&rsquo;existe pas, et cela r\u00e9pond \u00e9videmment \u00e0 la tendance profonde de ceux qui ont fond\u00e9 l&rsquo;actuelle Europe institutionnelle, dite UE, et de ceux qui la font fonctionner. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un artefact \u00e9conomique, dont le destin politique jug\u00e9 sans grande importance (voir le peu d&rsquo;attention accord\u00e9e aux principes, notamment ceux de la souverainet\u00e9) est laiss\u00e9 au Syst\u00e8me,  <em>dito<\/em> l&rsquo;axe transatlantique et l&rsquo;influence US, et dont l&rsquo;id\u00e9ologie se nomme \u00e9conomisme. Le paradoxe de notre \u00e9poque qui est celle du triomphe du Syst\u00e8me et de l&rsquo;\u00e9conomisme comme conception du monde, c&rsquo;est que les contraintes de ce triomphe suscitent des \u00e9v\u00e9nements politiques et que quelques-uns des plus graves s&rsquo;imposent aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;Europe. L&rsquo;Europe politique n&rsquo;existe pas mais l&rsquo;Europe doit s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la politique par la force, et par cons\u00e9quent devenir,  horreur !  Europe politique avec tout ce que cela suppose de r\u00e9flexion, de choix, d&rsquo;engagements impossibles \u00e0 comptabiliser en normes \u00e9conomiques. Qu&rsquo;importe, l&rsquo;horreur politique est l\u00e0&#8230; Au premier rang de ces pressions terribles qui forcent la chose \u00e0 se pr\u00e9occuper de politique : les relations avec la Russie dans ce temps de crise ukrainienne, et la crise ukrainienne elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn s&rsquo;aper\u00e7oit de cette \u00e9volution, d\u00e9sormais, de plus en plus nettement, \u00e0 chaque r\u00e9union des dirigeants europ\u00e9ens,  gr\u00e2ce en soit rendue \u00e0 la crise ukrainienne. Du coup, ces r\u00e9unions deviennent int\u00e9ressantes, sinon passionnantes (n&rsquo;exag\u00e9rons pas). Voici donc celle-ci (hier), avec ses p\u00e9rip\u00e9ties qui nous annoncent que la nomination du rempla\u00e7ant (de la rempla\u00e7ante) de Lady Ashton est un cas effectivement int\u00e9ressant ; du coup, signe indubitable de la chose, les chefs de l&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne ont repouss\u00e9 au mois d&rsquo;ao\u00fbt leur d\u00e9cision sur cette nomination. (L&rsquo;actuelle Haute Repr\u00e9sentante de l&rsquo;UE, ou bien pseudo-ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res, est au terme de son mandat en octobre prochain.) Le <em>Guardian<\/em> pr\u00e9sente, le <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2014\/jul\/17\/eu-leaders-fail-to-decide-new-foreign-policy-head\" class=\"gen\">17 juillet 2014<\/a>, les diff\u00e9rents aspects de la r\u00e9union d&rsquo;hier, qui sont fondamentalement politiques et mettent en \u00e9vidence une tr\u00e8s profonde division de l&rsquo;Europe&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>European Union leaders failed to agree on who should get the prestigious job as the 28-nation bloc&rsquo;s new foreign policy chief to succeed Catherine Ashton, who also chairs the international negotiations on Iran&rsquo;s nuclear program. Summit chairman Herman Van Rompuy said on early Thursday the time was not yet ripe for a decision, and leaders will reconvene for another summit in Brussels to agree on their candidates late next month.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The new EU top diplomat will be instrumental in shaping the bloc&rsquo;s relations with Russia in the wake of what is seen as Moscow&rsquo;s destabilizing actions in Ukraine. The horse-trading to fill that and other top EU jobs stalled as leaders haggled over the candidates&rsquo; party affiliation, gender, political views and stance on Russia in particular. It was important to have a first discussion on the candidates, German chancellor Angela Merkel said. There will be a good result in August.<\/em>\u00bb [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>No candidates were officially named for the post, but Italian foreign minister Federica Mogherini was widely considered the frontrunner. Yet some eastern European leaders criticised the center-left politician, 41, as too Russia-friendly and lacking experience. Lithuanian president Dalia Grybauskaite said on Wednesday she will not support a person who is pro-Kremlin, while Austrian chancellor Werner Faymann said he thinks Mogherini is a very good candidate. Poland&rsquo;s foreign minister Radek Sikorski, who advocates a tough stance toward Russia, and the EU&rsquo;s development aid commissioner, Kristalina Georgieva of Bulgaria, have been mentioned as alternatives.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement question, lors de cette r\u00e9union, des sanctions contre la Russie. Le <em>Guardian<\/em> nous donne \u00e0 ce propos le minimum syndical dans la ligne du Parti : \u00ab<em>The leaders agreed, however, on imposing new sanctions against Russia in a coordinated move with the US.<\/em>\u00bb En fait, non, pas du tout les gars, la coordination avec les USA n&rsquo;est pas terrible terrible&#8230; Il est manifeste que Washington, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de BHO, attendait fermement de nouvelles sanctions de l&rsquo;UE, en m\u00eame temps que les siennes,  lesquelles ont \u00e9t\u00e9 effectivement annonc\u00e9es hier apr\u00e8s-midi. L&rsquo;UE a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas d\u00e9cider imm\u00e9diatement en m\u00eame temps que Washington d\u00e9cidait et annon\u00e7ait sa d\u00e9cision. Cela fait un peu d\u00e9sordre, tout \u00e7a, au sein du bloc BAO, comme ne manque pas de le noter <em>Russia Today<\/em> (\u00ab<em>US widens sanctions on Russia, EU takes time to think over<\/em>\u00bb), le <a href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/173360-us-sanctions-russia-ukraine\/\" class=\"gen\">17 juillet 2004<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Obama administration has widened the list of sanctions unilaterally targeting individuals as well as financial institutions and defense companies which the US believes are involved in destabilizing the situation in Ukraine. The US has moved to impose tougher sanctions against Russia over the tense situation in Ukraine. The widened set of restrictions have been placed on the country&rsquo;s largest oil producer Rosneft and major bank Vnesheconombank among others.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Wednesday&rsquo;s announcement came only moments after a meeting concluded in Brussels between EU delegates, who soon after announced their own plan to wage penalties against Russia. Efforts to immediately impose broad, sectorial sanctions favored by hard-liners were rejected, however, in lieu of establishing a timetable that may allow for the EU to penalize Russia after the end of the month.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Fuck the EU<\/em>\u00bb, comme nous confiait d\u00e9licatement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-victoria_nuland-fuck_et_la_politique_us_fuck_fuck_fuck_07_02_2014.html\" class=\"gen\">Victoria Nuland<\/a> ? C&rsquo;est un peu \u00e7a, si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;extr\u00eame mauvaise humeur de BHO &#038; compagnie devant le manque d&rsquo;enthousiasme de l&rsquo;UE pour imposer de nouvelles sanctions contre la Russie. La nomination \u00e9ventuelle de l&rsquo;Italienne Mogherini pour succ\u00e9der \u00e0 Ashton est \u00e9galement un sujet de grande pr\u00e9occupation pour Washington &#038; BHO. Jeune (41 ans), grand prix de beaut\u00e9 lorsqu&rsquo;on la compare \u00e0 Ashton donc d\u00e9j\u00e0 bien vue du syst\u00e8me de la communication, bien accueillie par les Russes avec lesquels elle s&rsquo;est entendue lors d&rsquo;une visite au d\u00e9but du mois (premier d\u00e9placement en tant que ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res d&rsquo;une Italie inaugurant sa pr\u00e9sidence de l&rsquo;UE), Mogherini appara\u00eet d\u00e9j\u00e0, potentiellement, comme une redoutable dissidente du type antiSyst\u00e8me aux yeux du Syst\u00e8me. Une fracture s&rsquo;est donc op\u00e9r\u00e9e au sein de l&rsquo;UE \u00e0 propos de sa nomination, comme \u00e0 propos des sanctions, qui d\u00e9limite parfaitement les effets de l&rsquo;influence et des pressions US sur l&rsquo;Europe dans la crise ukrainienne et les relations avec la Russie. Les m\u00e9dias russes relaient en l&rsquo;identifiant cette division entre un bloc de huit pays tr\u00e8s favorables \u00e0 une politique de conciliation avec la Russie (l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Autriche, la Bulgarie, Chypre, la France, la Gr\u00e8ce, l&rsquo;Italie, le Luxembourg et la Slov\u00e9nie), un bloc beaucoup plus r\u00e9duit d&rsquo;adversaires de la Russie (la Pologne, les trois pays baltes notamment), et entre ces deux blocs un marais flottant avec certains pays (Hongrie, Belgique, Tch\u00e9quie, etc&#8230;) tr\u00e8s proches de la ligne Allemagne-France-Italie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici un commentaire de <em>La Voix de La Russie<\/em> du <a href=\"http:\/\/french.ruvr.ru\/2014_07_16\/L-Europe-s-oppose-a-la-politique-russophobe-des-Etats-Unis-6265\/?print=1\" class=\"gen\">17 juillet 2014<\/a>, \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9ventuelle nomination de Mogherini et des sanctions, en y m\u00ealant un argument \u00e0 propos de l&rsquo;accord de libre-\u00e9change du grand march\u00e9 transatlantique en cours de n\u00e9gociation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Les Am\u00e9ricains mettent l&rsquo;Europe sous pression pour la forcer \u00e0 accentuer la confrontation avec la Russie. Pourtant, neuf pays de l&rsquo;UE<\/em> [&#8230;] <em>sont dispos\u00e9s \u00e0 bloquer les tentatives d&rsquo;introduire des sanctions \u00e9conomiques antirusses. Vladimir Kozine, conseiller de l&rsquo;Institut russe d&rsquo;\u00e9tudes strat\u00e9giques : Les hommes d&rsquo;\u00c9tat et politiques de l&rsquo;UE commencent \u00e0 s&rsquo;interroger sur les raisons des sanctions antirusses. En fait, personne \u00e0 Washington ne leur a pas expliqu\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on intelligible pourquoi les sanctions en question s&rsquo;imposent. Seraient-elles dict\u00e9es par des int\u00e9r\u00eats sordides toujours pr\u00e9conis\u00e9s par Washington ?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>En ce qui concerne les Europ\u00e9ens de l&rsquo;Est, ils ne font que relayer la voix de leur ma\u00eetre, estime Marzin Domogala, expert du Centre europ\u00e9en d&rsquo;analyse g\u00e9opolitique : Le groupe des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est dont surtout la Pologne, est loin de se d\u00e9terminer sur ses propres int\u00e9r\u00eats. Ces pays suivent la politique des \u00c9tats-Unis qui s&rsquo;opposent \u00e0 ce que la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;UE soit dans une plus grande mesure d\u00e9termin\u00e9e par l&rsquo;Italie. En effet, malgr\u00e9 la crise autour de l&rsquo;Ukraine, ce pays resserre activement les contacts avec la Russie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Les Am\u00e9ricains cherchent \u00e0 renforcer leurs positions commerciales au sein de l&rsquo;UE avec laquelle ils sont en n\u00e9gociations sur l&rsquo;accord de libre-\u00e9change. Si les sanctions antirusses sont un jour d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es, les Europ\u00e9ens seront oblig\u00e9s d&rsquo;\u00e9largir les relations commerciales avec les \u00c9tats-Unis m\u00eame dans les domaines o\u00f9 ils sont perdants. De nombreux leaders europ\u00e9ens s&rsquo;en rendent compte et ne veulent pas sacrifier la souverainet\u00e9 de leurs pays au nom d&rsquo;objectifs douteux.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans son <a href=\"http:\/\/www.ontheissues.org\/Seize_Moment.htm\" class=\"gen\">livre<\/a> de 1992 <em>Seize the Moment<\/em>, l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Nixon affirmait, sans tr\u00e8s grande originalit\u00e9, que la d\u00e9mocratisation et l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est dans le bloc BAO devaient \u00eatre une priorit\u00e9 de la politique des USA, alias <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_la_politique-syst_me__17_11_2012.html\" class=\"gen\">politique-Syst\u00e8me<\/a>. L&rsquo;un de ses arguments, lui aussi peu original mais rarement exprim\u00e9 aussi cr\u00fbment, \u00e9tait que l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est int\u00e9gr\u00e9e dans l&rsquo;Europe institutionnelle (future UE) serait un cheval de Troie des USA au sein de cette UE. Cela s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 parfaitement exact, mais la manuvre n&rsquo;est vraiment efficace que lorsqu&rsquo;elle se r\u00e9alise et s&rsquo;op\u00e9rationnalise avec une certaine d\u00e9licatesse,  ce qui n&rsquo;est pas vraiment le point fort des USA, la d\u00e9licatesse. Le probl\u00e8me, aujourd&rsquo;hui, avec la crise ukrainienne, est effectivement que ce jeu-l\u00e0 appara\u00eet vraiment \u00e0 visage d\u00e9couvert, avec toutes les cartes sur la table, et que les exigences am\u00e9ricanistes sont de plus difficiles \u00e0 supporter pour ceux qui en sont l&rsquo;objet. On en est m\u00eame \u00e0 entendre certains hommes politiques de l&rsquo;Est se plaindre de l&rsquo;insupportabilit\u00e9 de cette gigantesque pression US, ou disons pression-Syst\u00e8me&#8230; (Et pas des moindres, pour l&rsquo;homme politique qu&rsquo;on citera ici, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du ministre polonaise des affaires \u00e9trang\u00e8res Sikorski, tr\u00e8s en verve pour l&rsquo;occasion,  voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_m_tamorphose_furieuse_des_cloportes_24_06_2014.html\" class=\"gen\">24 juin 2014<\/a> : \u00ab<em>Sikorski said that Warsaw&rsquo;s alliance with Washington is worthless and even damaging as it creates a false sense of security in Poland,<\/em> [&#8230;] <em>We will get a conflict with both Russians and Germans, and we&rsquo;re going to think that everything is great, because we gave the Americans a blowjob&#8230;<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, les huit pays qui affichent leur intention de ne pas rompre avec Moscou, suivis d&rsquo;une cohorte d&rsquo;autres, un peu plus prudents mais tout de m\u00eame sur une ligne proche, forment un bloc d&rsquo;une puissance consid\u00e9rable. Au centre se trouve notre entit\u00e9 Allemagne-France (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nous_nous_sommes_tant_aim_s_16_07_2014.html\" class=\"gen\">16 juillet 2014<\/a>), qui devrait \u00eatre pouss\u00e9e de plus en plus au radicalisme de sa position \u00e0 mesure que le bloc-Est de l&rsquo;UE relaie sur son mode strident les consignes de Washington. En effet, sur ce point des relations avec la Russie, ni l&rsquo;Allemagne, ni la France (ni l&rsquo;Italie, qui joue un r\u00f4le tr\u00e8s important, et plus encore si Mogherini succ\u00e8de \u00e0 Ashton) ne sont pr\u00eates \u00e0 c\u00e9der, et cette r\u00e9solution ne cesse de se renforcer \u00e0 mesure que la crise ukrainienne se d\u00e9veloppe et que la Russie continue \u00e0 montrer une grande mod\u00e9ration. Cette \u00e9volution permet d&rsquo;augurer une sorte de <em>perfect storm<\/em>, comme disent les commentateurs am\u00e9ricanistes, avec fracture aggrav\u00e9e d&rsquo;une vilaine querelle publique, sinon rupturielle, entre le cur et le moteur du bloc europ\u00e9en, et son appendice oriental relayant les consignes am\u00e9ricanistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJusque l\u00e0, on ne peut faire le moindre reproche \u00e0 la politique poutinienne, reprenant la vieille rengaine du temps de l&rsquo;URSS de la division de l&rsquo;axe transatlantique entre son Ouest et son Est. Il faut dire qu&rsquo;il (Poutine) est bien aid\u00e9 par la maturation des choses et, peut-\u00eatre, par quelque confidence de tel ou tel interlocuteur europ\u00e9en sur la fa\u00e7on dont il doit proc\u00e9der par rapport aux diverses forces au sein de l&rsquo;Europe. Il devient maintenant possible que la crise ukrainienne et la crise entre Russie et le bloc BAO s&rsquo;\u00e9tendent, se transmuent, changent d&rsquo;orientation et de d\u00e9s\u00e9quilibre ou plut\u00f4t rajoutent \u00e0 elles-m\u00eames de nouvelles orientations et d&rsquo;autres d\u00e9s\u00e9quilibres, en se doublant d&rsquo;une crise intra-europ\u00e9enne, refl\u00e9tant puis d\u00e9clenchant elle-m\u00eame une crise transatlantique. On notera \u00e0 ce propos, pour laisser ouvertes d&rsquo;autres pespectives, que la remarque de <em>La Voix de La Russie<\/em> sur les n\u00e9gociations du trait\u00e9 <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Partenariat_transatlantique_de_commerce_et_d'investissement\" class=\"gen\">TAFTA<\/a> vient \u00e0 son heure, alors que le nouveau pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne Juncker a d\u00e9clar\u00e9 devant le Parlement Europ\u00e9en qu&rsquo;il fallait suivre ces n\u00e9gociations avec une extr\u00eame attention et abandonner l&rsquo;obsession du secret, pour au contraire exposer au regard des citoyens europ\u00e9ens la r\u00e9elle signification de ce vaste chantier. Cela repr\u00e9sente la promesse d&rsquo;une rupture s\u00e9rieuse de la politique de communication suivie jusqu&rsquo;ici par la Commission Barroso ; Juncker, qui a une image politique, europ\u00e9enne et d\u00e9mocratique \u00e0 soigner au contraire de l&rsquo;inexistant Barroso, peut effectivement peser sur les circonstances des n\u00e9gociations TAFTA dans un sens int\u00e9ressant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Pour conclure, on rappellera, sur ce sujet dont l&rsquo;extension montre les possibilit\u00e9s sans fin de la crise interne au bloc BAO qui est en train de se d\u00e9velopper, que le trait\u00e9 TAFTA est contest\u00e9 tr\u00e8s violemment aux USA m\u00eame, et notamment au Congr\u00e8s, o\u00f9 la <em>Fast-Track Authority<\/em> dont il d\u00e9pend pour sa ratification devant le S\u00e9nat n&rsquo;a aucune chance d&rsquo;\u00eatre vot\u00e9e. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_s_nateur_reid_a-t-il_tu_les_trait_s_tpp_et_ttip__01_02_2014.html\" class=\"gen\">1er f\u00e9vrier 2014<\/a> et sur le site <em>Public Citizen\/Eye On Trade<\/em>, le <a href=\"http:\/\/citizen.typepad.com\/eyesontrade\/tafta\/\" class=\"gen\">19 f\u00e9vrier 2014<\/a> : \u00ab<em>U.S. Trade Representative Michael Froman tried in a speech yesterday to defend the Obama administration&rsquo;s beleaguered trade policy agenda: the controversial Trans-Pacific Partnership (TPP) and Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) pacts and an unpopular push to Fast Track those sweeping deals through Congress.  The list of those publicly opposing the Fast Track push includes most House Democrats, a sizeable bloc of House Republicans, House Minority Leader Nancy Pelosi, Senate Majority Leader Harry Reid, and 62% of the U.S. voting public.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 17 juillet 2014 \u00e0 11H18<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre Russie et USA, l&rsquo;Europe devant l&rsquo;horreur politique L&rsquo;on dit justement que l&rsquo;Europe politique n&rsquo;existe pas, et cela r\u00e9pond \u00e9videmment \u00e0 la tendance profonde de ceux qui ont fond\u00e9 l&rsquo;actuelle Europe institutionnelle, dite UE, et de ceux qui la font fonctionner. 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