{"id":75427,"date":"2014-07-28T08:52:12","date_gmt":"2014-07-28T08:52:12","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/07\/28\/quest-devenu-le-general-dempsey\/"},"modified":"2014-07-28T08:52:12","modified_gmt":"2014-07-28T08:52:12","slug":"quest-devenu-le-general-dempsey","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/07\/28\/quest-devenu-le-general-dempsey\/","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est devenu le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Qu&rsquo;est devenu le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t28 juillet 2014  On sait que, au milieu des agitations souvent consid\u00e9rables qu&rsquo;a d\u00e9clench\u00e9 la crise ukrainienne \u00e0 Washington, le Pentagone s&rsquo;est surtout distingu\u00e9 par une discr\u00e9tion qu&rsquo;on pouvait croire de bon aloi. Mais voici que des propos du g\u00e9n\u00e9ral Dempsey, pr\u00e9sident du comit\u00e9 des chefs d&rsquo;\u00e9tat-major, pour une de ses premi\u00e8res interventions publiques (hors des auditions au Congr\u00e8s) sur la crise ukrainienne, s\u00e8me le d\u00e9sarroi et l&rsquo;incertitude et tendent \u00e0 bouleverer les constats faits jusqu&rsquo;ici. L&rsquo;intervention s&rsquo;est faite \u00e0 Aspen, dans le Colorado, lieu d&rsquo;un s\u00e9minaire annuel, plus ou moins prot\u00e9g\u00e9 par une certaine confidentialit\u00e9 et rassemblant des repr\u00e9sentant de ce qu&rsquo;on a coutume de nommer le <em>Deep State<\/em>, sur les questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDempsey parlait jeudi dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi (vendredi matin pour l&rsquo;Europe), quelques heures apr\u00e8s qu&rsquo;il eut \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que la Russie avait d\u00e9clench\u00e9 un tir d&rsquo;artillerie en barrage contre des positions de l&rsquo;arm\u00e9e ukrainienne. La nouvelle \u00e9tait venue du Pentagone, d&rsquo;abord sans confirmation imm\u00e9diate de Kiev, qui d&rsquo;habitude prend le moindre incident, qu&rsquo;il ait ou non le moindre lien avec les Russes, pour d\u00e9velopper de violentes diatribes antirusses et accuser les Russes de tous les maux et d&rsquo;une responsabilit\u00e9 pleine et enti\u00e8re. Cette fois donc, de fa\u00e7on inhabituelle, le Pentagone fut le premier ; ensuite, Kiev a \u00e9videmment rejoint l&rsquo;accusation venue de Washington, en fid\u00e8le suiveur de son parrain,  prolongement sans int\u00e9r\u00eat pour \u00e9valuer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, mais prolongement dans un sens inhabituel. Bien entendu et selon son habitude, le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, qui est \u00e0 Washington le centre de pouvoir producteur et acc\u00e9l\u00e9rateur de toutes les affirmations bellicistes possibles, a aussit\u00f4t pris \u00e0 son compte la nouvelle et l&rsquo;a affirm\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on abrupte et irr\u00e9futable, et sans aucune n\u00e9cessit\u00e9 de preuve.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est \u00e9trange et remarquable, c&rsquo;est que les d\u00e9clarations de Dempsey ont elle-m\u00eame un tour tr\u00e8s inhabituel,  encore plus compte tenu de son extr\u00eame discr\u00e9tion ces derni\u00e8res semaines,  puisqu&rsquo;elles sont l&rsquo;occasions de prises de position et d&rsquo;\u00e9valuations importantes, sinon dramatiques en un sens. Le rapport avec la nouvelle des tirs d&rsquo;artillerie russes est \u00e9galement \u00e9trange. Pendant trois jours, l&rsquo;annonce de ces tirs d&rsquo;artillerie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 suivie d&rsquo;aucune autre annonce particuli\u00e8re d&rsquo;activit\u00e9s de cette sorte et est tr\u00e8s vite pass\u00e9e au second plan, voire pass\u00e9e \u00e0 la trappe des constantes annonces d&rsquo;intervention russes non confirm\u00e9es, d\u00e9menties par les Russes, oubli\u00e9es d&rsquo;un jour \u00e0 l&rsquo;autre, etc. La chose apparaissait alors comme un \u00e9pisode de plus de la guerre de communication, une de ces annonces alarmistes de plus qui sont laiss\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames une fois faites, et en plus marqu\u00e9e par des tentatives de preuve par action faussaire sur r\u00e9seaux sociaux (voir l&rsquo;\u00e9pisode du tweet du soldat russe Vadim Grogoreev, d\u00e9non\u00e7ant l&rsquo;utilisation de son compte par un <em>hacker<\/em> passant un faux message annon\u00e7ant ces tirs d&rsquo;artillerie [Novosti, le <a href=\"http:\/\/en.ria.ru\/russia\/20140725\/191243073\/Russian-Soldier-Surprised-by-Battering-Ukraine-Photos-Says.html\" class=\"gen\">25 juillet 2014<\/a>]).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat et Marie Harf avaient, de leur c\u00f4t\u00e9, marqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement&#8230; <em>Russia Today<\/em> rapportait, le <a href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/175596-dempsey-ukraine-cold-war\/\" class=\"gen\">25 juillet 2014<\/a>, un \u00e9change de plus entre la porte-parole Marie Harf et son tourmenteur principal, le journaliste Matthew Lee, de Associated Press, qui ne manque jamais de mettre en question les affirmations de Harf&#8230; \u00ab<em>Hours before Dempsey delivered his address at the Aspen Security Forum, US State Department spokesperson Marie Harf said during a scheduled press briefing that new intelligence has surfaced suggesting Russia has been firing artillery at Ukrainian military positions from within its own borders. As RT reported at the time, however, Harf&rsquo;s remarks were quickly questioned by Associated Press reporter Matthew Lee, who in turn called upon the State Dept. to present any evidence beyond the spokesperson&rsquo;s otherwise unsubstantiated allegations. I think that it would be best for all concerned here if when you make an allegation like that you&rsquo;re able to make it up with something more than just because I said so,&rsquo; Lee countered Harf&rsquo;s claims.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuis, brusquement, apr\u00e8s ces passes d&rsquo;armes o\u00f9 aucun document n&rsquo;\u00e9tait mentionn\u00e9, des photos prouvant les \u00e9changes d&rsquo;artillerie  sont apparues, mais d&rsquo;origine civile relay\u00e9es par l&rsquo;ODNI (bureau du <em>Director of National Intelligence<\/em>), et sur le site de l&rsquo;ambassadeur US \u00e0 Kiev (Geoffrey Pyatt, relais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Victoria Nuland pour l&rsquo;organisation de la subversion en Ukraine). <em>ZeroHedge.com<\/em> annon\u00e7ait et pr\u00e9sentait la chose le <a href=\"http:\/\/www.zerohedge.com\/news\/2014-07-27\/us-releases-satellite-images-allegedly-proving-russian-shelling-east-ukraine\" class=\"gen\">27 juillet 2014<\/a>, rappelant l&rsquo;accointance Nuland-Pyatt, puis avec ce commentaire : \u00ab<em>Nonetheless, one does have to wonder: why would the ODNI, which shares intelligence with the NSA, have to resort to private-sector satellite imagery as proof? If there is anyone who has definitive evidence of anything happening in the world at any given moment and as seen from space, it would be the NSA.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Russia Today<\/em>, annon\u00e7ant la nouvelle et pr\u00e9sentant les photos le <a href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/175980-us-images-russia-ukraine\/\" class=\"gen\">27 juillet 2014<\/a>, interrogeait Paul Craig Roberts \u00e0 ce propos : \u00ab<em>I can state with complete confidence that information this important would not be released in this way, Roberts said. If this was released by the State Department which I doubt, it is so unprofessional; it would mean that the State Department is trying to spread propaganda about Russia on social media. Now the way this type of information would be released would be at a press conference with a high level of government officials addressing the bureau chiefs of the major news organizations . He added that experts would explain the meaning of the photographs and their validity. The US government has been desperate to produce information to back up its claims. It would not release information in this way, he said, adding that anyone can spread information on social media.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Pentagone lui-m\u00eame n&rsquo;a pas vraiment insist\u00e9 \u00e0 propos de ces tirs d&rsquo;artillerie russes en Ukraine, alors qu&rsquo;il dispose d&rsquo;une \u00e9norme machine de communication pour cette sorte d&rsquo;occurrence. Les d\u00e9clarations de Dempsey, elles, doivent \u00eatre signal\u00e9es et analys\u00e9es avec gravit\u00e9 \u00e0 cause de leur importance, tout en signalant qu&rsquo;elles n&rsquo;ont eu qu&rsquo;un \u00e9cho tr\u00e8s limit\u00e9 dans la presse-Syst\u00e8me. On reste donc extr\u00eamement circonspect devant cette intervention de Dempsey, qui concerne comme on va le voir des appr\u00e9ciations et des estimations fondamentales n&rsquo;ayant gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es ni comment\u00e9es dans cette signification fondamentale, qui se sont appuy\u00e9es sur l&rsquo;argument op\u00e9rationnel principal d&rsquo;un incident dont la validit\u00e9 est l&rsquo;objet du d\u00e9bat habituel sur la d\u00e9sinformation et la m\u00e9sinformation, et dont  l&rsquo;importance est extraordinairement inad\u00e9quate par rapport au contenu des propos de Dempsey.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame texte de <em>Russia Today<\/em> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 d\u00e9veloppe les interventions de Dempsey, mais il \u00e9pouse presque int\u00e9gralement les informations et \u00e9l\u00e9ments diffus\u00e9s par un texte de Claudette Roulo, pour le circuit <em>Defense Media Activity<\/em> du d\u00e9partement US de la d\u00e9fense (presse officielle du Pentagone), le <a href=\"http:\/\/www.jcs.mil\/Media\/News\/tabid\/3887\/Article\/10243\/dempsey-russian-attacks-change-europes-security-landscape.aspx\" class=\"gen\">25 juillet 2014<\/a>. On va citer les \u00e9l\u00e9ments principaux ainsi mentionn\u00e9s, \u00e0 partir du texte officiel du Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, sur l&rsquo;affaire elle-m\u00eame du tir d&rsquo;artillerie, et les cons\u00e9quences et enseignements qu&rsquo;en tire Dempsey&#8230; \u00ab<em>Russia&rsquo;s decision to fire artillery from within Russia onto Ukrainian military positions transforms the security environment throughout Eastern Europe, the chairman of the Joint Chiefs of Staff said here yesterday. You&rsquo;ve got a Russian government that has made the conscious decision to use its military force inside of another sovereign nation to achieve its objectives  first time, I think, probably, since 1939 or so that that&rsquo;s been the case, Army Gen. Martin E. Dempsey said at the Aspen Security Forum. Russian leader Josef Stalin invaded Poland on Sept. 17, 1939, claiming to be protecting ethnic minorities living there.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The military actions in Ukraine mark a change in the relationship between Europe and Russia, and between the United States and Russia, Dempsey said, though the true meaning of the change isn&rsquo;t yet defined. Since 2008, the Russian military has increased its capability, its proficiency, and the level of its long-range aviation and air-launch cruise missile testing activities, the chairman said. They clearly are on a path to assert themselves differently, not just in Eastern Europe, but in Europe in the main and toward the United States, he said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sur ce dernier point, sur ces derni\u00e8res pr\u00e9cisions qu&rsquo;on trouve dans l&rsquo;intervention de Dempsey, on doit \u00e9videmment comprendre l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de l&rsquo;implication, qui rejoint effectivement les \u00e9valuations les plus alarmistes, les plus extr\u00eames, les plus orient\u00e9es aussi selon l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;une Russie d\u00e9monis\u00e9e, devenue une hydre expansionniste d\u00e9veloppant une agressivit\u00e9 belliciste globale, avec Poutine en dictateur expansionniste dont l&rsquo;objectif n&rsquo;est rien moins que le monde dans sa totalit\u00e9. (\u00ab<em>They clearly are on a path to assert themselves differently, not just in Eastern Europe, but in Europe in the main and toward the United States<\/em>\u00bb)&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un sch\u00e9ma belliciste habituel dans l&rsquo;interpr\u00e9tation am\u00e9ricaniste qui fonctionne selon le syst\u00e8me de l&rsquo;imagerie la plus simpliste et la plus extr\u00e9miste possible, o\u00f9 le concept de diabolisation est op\u00e9rationnalis\u00e9 et historicis\u00e9 en hitl\u00e9risation lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un dirigeant, Poutine en l&rsquo;occurrence. C&rsquo;est ce qu&rsquo;observe Paul Craig Roberts dans son dernier article du <a href=\"http:\/\/www.paulcraigroberts.org\/2014\/07\/26\/world-doomed-western-insouciance-paul-craig-roberts\/\" class=\"gen\">26 juillet 2014<\/a> (27 juillet pour nous), \u00e0 partir de la d\u00e9claration de Dempsey dont il donne ici son interpr\u00e9tation :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Chairman of the US Joint Chiefs of Staff, General Martin Dempsey, is at work preparing American opinion for the upcoming war. On July 24 Dempsey told the Aspen Security Forum, a high level group where US opinion is formed, that Putin&rsquo;s aggression in Ukraine is comparable to Stalin&rsquo;s invasion of Poland in 1939 and that the Russian threat was not limited to Ukraine or Eastern Europe<\/em> <strong><em>but was global.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The intellects in the Aspen Forum did not break out laughing when Dempsey told them that Russia&rsquo;s (alleged but unproven) involvement in Ukraine was the first time since 1939 that a country made a conscious decision to use its military force inside another sovereign nation to achieve its objectives. No one asked Dempsey what Washington has been doing during the last three presidential regimes: Clinton in Serbia, Bush and Obama in Afghanistan, Iraq, Somalia, Pakistan, and Yemen, Obama in Libya and Syria&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sur ce qu&rsquo;il pr\u00e9sente comme une action offensive de Poutine, Dempsey donne une \u00e9valuation \u00e9tonnante par rapport \u00e0 tout ce qui peut \u00eatre objectivement observ\u00e9 du comportement et de la politique du pr\u00e9sident russe. Il s&rsquo;agit de la prise en compte de la plus grossi\u00e8re fabrication du personnage de Poutine par l&rsquo;action de communication du bloc BAO, y compris son allusion au d\u00e9cha\u00eenement du nationalisme \u00e0 cause de cette action,  id\u00e9e qui fait jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre partie de la panoplie des farces &#038; attrapes d\u00e9velopp\u00e9s dans la guerre de communication par la <em>dream team<\/em> BAO\/Kiev &#038; associ\u00e9s. (On ajoutera l\u00e0-dessus que fixer cette [r\u00e9]apparition du nationalisme \u00e0 cause de cette affaire d&rsquo;artillerie alors que le gouvernement ukrainien, ou ce qu&rsquo;il en reste aujourd&rsquo;hui, est construit sur une tr\u00e8s large part sur des groupes ultra-nationalistes,  nazis et fascistes,  qui fournissent de gros contingents de forces contre le Donbass, et que les forces ukrainiennes ont elles-m\u00eames effectu\u00e9 des tirs d&rsquo;artillerie en Russie,  tout cela rel\u00e8ve \u00e9galement de cette dialectique du type farces &#038; attrapes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>I think this is very clearly Putin, the man himself, with a vision for Europe, as he sees it, to what he considers to be an effort to redress grievances that were burdened upon Russia after the fall of the Soviet Union, and also to appeal to ethnic Russian enclaves across Eastern Europe with  a foreign policy objective, but also a domestic policy objective, Dempsey said. And he&rsquo;s very aggressive about it, and he&rsquo;s got a playbook that has worked for him now two or three times. And he will continue to<\/em> [<em>use it<\/em>]<em>. Russia&rsquo;s violations of Ukraine&rsquo;s sovereignty have triggered a rise in nationalism around Europe, the chairman said. If I have a fear about this, he added, it&rsquo;s that Putin may actually light a fire that he loses control of.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Mais l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus int\u00e9ressant, hors de ces affirmations qui d\u00e9tonnent \u00e9trangement par rapport aux habituelles interventions de Dempsey, concerne ses relations avec les chefs militaires russes. Certaines affirmations sont surprenantes, comme celles o\u00f9 Dempsey laisse entendre que plusieurs chefs militaires russes sont tellement en d\u00e9saccord avec la politique suppos\u00e9e ultra-belliciste de Poutine,  et tellement d&rsquo;accord avec la fili\u00e8re Obama-Dempsey et le glorieux bloc BAO, suppose-t-on,  qu&rsquo;ils risquent leur libert\u00e9 si on apprenait les contacts que lui-m\u00eame, Dempsey, entretient avec eux (\u00ab<em>&#8230;you know, this is risky for me to say this, and 10 of them could end up in a gulag tomorrow<\/em>\u00bb : non pas la prison, certes, ni un quelconque Guantanamo, mais bien le Goulag lui-m\u00eame, ce qui nous convie \u00e0 imaginer ce qui importe en fait de fonctionnement psychologique primaire, de Staline \u00e0 l&rsquo;URSS et aux pires dictatures id\u00e9ologiques du XX\u00e8me si\u00e8cle) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Dempsey said he believes in keeping an open line of communication with his Russian counterpart, Army Gen. Valery Gerasimov, the chief of the General Staff. I think that the Russian military is probably reluctant&#8230;  you know, this is risky for me to say this, and 10 of them could end up in a gulag tomorrow  but I think that the Russian military and its leaders that I know are probably somewhat reluctant participants in this form of warfare, he said. His real concern, the chairman said, is that having this fire in an isolated part of Eastern Europe may not stay in Eastern Europe. And I think that&rsquo;s a real risk, he added. So I am maintaining an open line of communication with my counterpart, and so far, he&rsquo;s doing the same with me.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Enfin, cette fois emprunt\u00e9 \u00e0 <em>Russia Today<\/em>, qui place ce point en t\u00eate de son article, l&rsquo;affirmation par Dempsey que les USA sont d\u00e9sormais plong\u00e9s dans une r\u00e9activation de leurs plans de guerre de la Guerre froide. Le catalogue est ainsi complet&#8230; \u00ab<em>The United States military&rsquo;s top commander said during a security summit this week that the ongoing crisis in eastern Ukraine has prompted the Pentagon to revisit old contingency plans unused since the days of the Cold War. Gen. Martin Dempsey, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, said Thursday at the Aspen Security Forum that the US Department of Defense has been looking inside of our own readiness models to look at things we haven&rsquo;t had to look at for 20 years.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Du d\u00e9sordre \u00e0 la Guerre froide<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a, \u00e0 plusieurs occasions, pu appr\u00e9cier le bon sens, les analyses \u00e9quilibr\u00e9es et le r\u00f4le mod\u00e9rateur, dans l&rsquo;administration Obama et par cons\u00e9quent la direction-Syst\u00e8me, du g\u00e9n\u00e9ral Dempsey depuis qu&rsquo;il est pr\u00e9sident du comit\u00e9 des chefs d&rsquo;\u00e9tat-Major des USA (depuis 2011). (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_d_sarroi_du_nouveau_chef_des_chefs__03_06_2011.html\" class=\"gen\">3 juin 2011<\/a>, pour la premi\u00e8re sortie publique de Dempsey en tant que pr\u00e9sident du JCS ; le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_pentagone_r_alise_les_limites_de_sa_puissance_08_03_2012.html\" class=\"gen\">8 mars 2012<\/a>, pour son attitude extr\u00eamement circonspecte, sinon franchement n\u00e9gative, \u00e0 propos d&rsquo;une intervention en Syrie ; le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_effet-dempsey__06_09_2012.html\" class=\"gen\">6 septembre 2012<\/a>, pour son attitude extr\u00eamement ferme vis-\u00e0-vis d&rsquo;Isra\u00ebl, etc. Le <a href=\"http:\/\/consortiumnews.com\/2014\/07\/22\/kerrys-poor-record-for-veracity\/\" class=\"gen\">22 juillet 2014<\/a> encore, Ray McGovern, ancien officier de la CIA, rappelait dans <em>ConsortiumNews<\/em>, le r\u00f4le particuli\u00e8rement bienvenu et d\u00e9cisif qu&rsquo;avait jou\u00e9 Dempsey dans la d\u00e9cision d&rsquo;Obama de ne pas attaquer la Syrie, le 31 ao\u00fbt 2013  : \u00ab<em>Kerry&rsquo;s performance on Aug. 30  with all his we knows  was a clarion call for attacking Syria and might have prevailed, were it not for the fact that Joint Chiefs of Staff Chairman Martin Dempsey intervened and talked sense to the President. Less than 24 hours after Kerry spoke, Obama surprised virtually everyone in Official Washington by announcing that he had decided not to attack Syria immediately as expected, but rather would go to Congress for authorization.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit que, dans son temps, Dempsey repr\u00e9sente (repr\u00e9sentait ?) assez bien, dans la hi\u00e9rarchie militaire US <strong>apr\u00e8s<\/strong> l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak et la catastrophe qui a imm\u00e9diatement suivi, une tendance raisonnable, mod\u00e9r\u00e9e, ne reculant pourtant devant aucune action \u00e0 la limite de ses pr\u00e9rogatives, pour bloquer les initiatives d&rsquo;une direction civile bien souvent emport\u00e9e par la folie-<em>neocon<\/em>. Ces militaires US ont successivement contr\u00e9 tout effort s\u00e9rieux de bellig\u00e9rance avec l&rsquo;Iran, ils ont \u00e9vit\u00e9 un engagement direct en Libye et contribu\u00e9 pour l&rsquo;essentiel \u00e0 \u00e9viter une attaque de la Syrie. Jusqu&rsquo;ici, Dempsey et le Pentagone \u00e9taient rest\u00e9s tr\u00e8s prudents par rapport \u00e0 l&rsquo;activisme ukrainien du d\u00e9partement d&rsquo;Etat et des divers services sp\u00e9ciaux, y compris les services d&rsquo;action de la CIA, au point o\u00f9 nous nous jugions justifi\u00e9 d&rsquo;affirmer que le Pentagone poursuivait son r\u00f4le paradoxal d&rsquo;apaisement dans les affaires militaires conflictuelles. (Voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_recherche_de_chuck_hagel_05_05_2014.html\" class=\"gen\">5 mai 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend qu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re de ces diverses r\u00e9f\u00e9rence, l&rsquo;intervention de Dempsey qu&rsquo;on d\u00e9crit ici constitue une surprise de taille, n\u00e9cessitant d&rsquo;une part d&rsquo;\u00e9ventuelles confirmations avec une analyse \u00e0 mesure, impliquant d&rsquo;autre part si elle est confirm\u00e9e un basculement tr\u00e8s important dans l&rsquo;\u00e9quilibre des centres de pouvoir \u00e0 Washington. Dempsey reprend \u00e0 son compte toutes les lignes d&rsquo;affirmations p\u00e9remptoires, par ailleurs largement reconnues comme extr\u00eamement contestables jusqu&rsquo;\u00e0 la caricature du simulacre d&rsquo;un point de vue factuel, qui caract\u00e9risent l&rsquo;\u00e9valuation actuelle des plus extr\u00e9mistes du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme par rapport \u00e0 la situation en Ukraine. Il privil\u00e9gie totalement la th\u00e8se de l&rsquo;agressivit\u00e9 de la politique russe, du caract\u00e8re agressif sinon parano\u00efaque d&rsquo;un Poutine quasiment hitl\u00e9ris\u00e9, de la manipulation permanente, belliciste, anti-occidentaliste, de toute la posture russe. C&rsquo;est impliquer que toute la crise ukrainienne a \u00e9t\u00e9 machin\u00e9e, d\u00e9velopp\u00e9e, conduite \u00e0 son point actuel d&rsquo;affrontement, selon la seule action de la Russie, position maximaliste classique de ces <em>neocons<\/em> d&rsquo;habitude si suspects aux yeux des militaires. Le classement d&rsquo;un acte sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis 1939 et l&rsquo;invasion de la Pologne par Staline pour une canonnade signal\u00e9e le jour m\u00eame selon les techniques de communication habituelles et explicit\u00e9e depuis d&rsquo;une fa\u00e7on chaotique, l&rsquo;urgence de la r\u00e9surrection des conceptions et de la planification du temps de la Guerre froide \u00e0 cause de cet \u00e9v\u00e9nement, tout cela ressort des consid\u00e9rations et des \u00e9valuations les plus exacerb\u00e9es, type-Nuland, ou type-d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat c&rsquo;est selon.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 qui semblerait bien placer brusquement le Pentagone au cur de la machinerie am\u00e9ricaniste du Syst\u00e8me dans sa course contre la Russie. Dans ce cadre, l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments les plus \u00e9tonnants est le passage o\u00f9 Dempsey parle des militaires russes comme oppos\u00e9s \u00e0 la politique de Poutine pr\u00e9sent\u00e9e comme archi-belliciste,  alors qu&rsquo;il serait probablement question d&rsquo;une situation exactement inverse, du point de vue de ces m\u00eames militaires proches des milieux nationalistes russes et repr\u00e9sent\u00e9s par un homme tel que Rogozine (vice-Premier et ministre de l&rsquo;armement), avec un jugement d&rsquo;une trop grande conciliation dans le chef de la politique de Poutine. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9trange implication, qui risque d&rsquo;avoir des r\u00e9percussions sur les liens qu&rsquo;entretiennent normalement les militaires des deux superpuissances, notamment en cas de tension, pour \u00e9viter des incompr\u00e9hensions et des fausses manuvres  pouvant mener \u00e0 un conflit par erreur. Dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral, on en est r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 Dempsey participerait \u00e0 la pouss\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de d\u00e9stabilisation et de d\u00e9structuration de la Russie conduite par le Syst\u00e8me et les forces maximalistes de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, en tentant d&rsquo;opposer Poutine (le pouvoir civil) et les militaires, en semant des soup\u00e7ons sur la loyaut\u00e9 des uns et des autres. Si l&rsquo;hypoth\u00e8se est poursuivie, on observera que Dempsey risque surtout de se couper de ses contacts normaux avec les militaires russes, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de ce type de contact selon un accord tacite que chacun reste loyal \u00e0 son compte, et que les contacts restent secrets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e0 un niveau plus g\u00e9n\u00e9ral, en posant la question de savoir pourquoi le Pentagone aurait abandonn\u00e9 sa posture prudente entretenue depuis 2004-2005, selon une profonde m\u00e9fiance des initiatives civiles et de l&rsquo;influence des groupes extr\u00e9mistes type-<em>neocons<\/em>. La r\u00e9ponse circonstancielle et historique serait celle d&rsquo;un Dempsey passant de la posture de prudence extr\u00eame qui est celle de la hi\u00e9rarchie militaire depuis 2004-2005 appr\u00e9hendant la situation mondiale en termes de situation g\u00e9n\u00e9rale et non d&rsquo;affrontements strat\u00e9giques, avec l&rsquo;analyse d&rsquo;un monde en \u00e9tat de d\u00e9sordre chaotique, \u00e0 une posture compl\u00e8tement inverse du type de la bipolarit\u00e9 antagoniste menant n\u00e9cessairement \u00e0 l&rsquo;affrontement, h\u00e9rit\u00e9e de la Guerre froide et rappelant celle des militaires ultra-bellicistes type-Le May (voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-paul_lashmar_spy_flights_in_the_cold_war_15_05_2001.html\" class=\"gen\">15 mai 2001<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9ponse plus g\u00e9n\u00e9rale, disons m\u00e9tahistorique, serait que le Pentagone est \u00e0 son tour l&rsquo;ultime victime du courant g\u00e9n\u00e9ral qui emporte la direction am\u00e9ricaniste, selon une sorte de n\u00e9o-virtualisme,  un super-virtualisme en quelque sorte, auquel le chroniqueur songeait dans la <em>Chronique du 19 courant&#8230;<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_la_caverne_de_l_ukraine_20_07_2014.html\" class=\"gen\">20 juillet 2014<\/a> (\u00ab<em> Leur monde r\u00e8gne, croient-ils, et il cr\u00e9e sa propre v\u00e9rit\u00e9 de situation, jurent-ils en tentant d&rsquo;annexer les termes qui d\u00e9crivent le monde. Tout cela, d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re plus pompeuse et assur\u00e9e d&rsquo;elle-m\u00eame du temps du virtualisme, in illo tempore&#8230;<\/em> [&#8230;] <em>Plus rien ne les conduit que les compulsions et les convulsions de leur pathologie maniaque.<\/em>\u00bb) Ainsi serait retrouv\u00e9 le sentiment qui pr\u00e9dominait, y compris chez les militaires sous le r\u00e8gne du ministre Rumsfeld, lorsque r\u00e9gnait le <em>goupthinking<\/em> (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_virtualisme_analys_et_activ__30_09_2003.html\" class=\"gen\">30 septembre 2003<\/a>),  et pourquoi ne pas baptiser cela, plut\u00f4t, de l&rsquo;expression de <em>groupfuckthinking<\/em> tant la m\u00e9diocrit\u00e9 de la croyance et la vulgarit\u00e9 du simulacre sont grandes, et aussi bien en hommage \u00e0 <a href=\"\/fuck_et_la_politique_us_fuck_fuck_fuck_07_02_2014\" class=\"gen\">Nuland-Fuck<\/a> ? Dans ce cadre, d\u00e9barrass\u00e9 de ses prudences pour des ennemis qu&rsquo;il jugeait accessoires, dans une \u00e9poque qu&rsquo;il appr\u00e9ciait essentiellement comme celle du d\u00e9sordre global et non plus de celle de l&rsquo;affrontement bipolaire (type-Guerre froide), le Pentagone estimerait, dans un complet renversement qui prend l&rsquo;allure d&rsquo;une inversion propre \u00e0 l&rsquo;influence du Syst\u00e8me, qu&rsquo;il se trouve effectivement devant l&rsquo;ennemi militaire supr\u00eame dont l&rsquo;antagonisme serait une question de vie et de mort, dont l&rsquo;\u00e9limination lui ouvrirait les portes de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie militaire absolu ; cela, bien entendu, avec l&rsquo;aide de la conviction de la premi\u00e8re frappe nucl\u00e9aire victorieuse (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_danger_pr_sent__09_06_2014.html\" class=\"gen\">9 juin 2014<\/a>). Il s&rsquo;agirait d&rsquo;une extraordinaire inversion de la pens\u00e9e, dans le sens le plus bas qu&rsquo;on puisse concevoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous reste bien des h\u00e9sitations \u00e0 admettre compl\u00e8tement cette hypoth\u00e8se, tant elle correspond peu \u00e0 ce que nous croyons de la psychologie d&rsquo;un Dempsey. L&rsquo;on attendra, pour en \u00eatre assur\u00e9, des confirmations d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&rsquo;autre, sans exclure d&rsquo;\u00e9ventuelles surprises \u00e0 ce propos&#8230; D&rsquo;autre part, il faut rappeler l&rsquo;extr\u00eame rapidit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements dont on sait qu&rsquo;ils suivent la dynamique de surpuissance-autodestruction du Syst\u00e8me, et ce d\u00e9veloppement pouvant et m\u00eame devant avoir une vaste et directe influence sur les psychologies en g\u00e9n\u00e9ral,  et, dans ce cas, celle du g\u00e9n\u00e9ral Dempsey. Il faut convenir que le ph\u00e9nom\u00e8ne de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_maniaco-depression_du_monde_ddecrisis_19_01_2012.html\" class=\"gen\">maniaco-d\u00e9pression<\/a> auquel nous nous r\u00e9f\u00e9rons souvent en ce moment ne doit en principe \u00e9pargner personne parmi les dirigeants-Syst\u00e8me ; il s&rsquo;agirait alors d&rsquo;un signe de plus que la crise ukrainienne est v\u00e9ritablement la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_haute_ultime__24_03_2014.html\" class=\"gen\">crise<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_russia_delenda_est__10_07_2014.html\" class=\"gen\">ultime<\/a> que l&rsquo;on observe depuis cinq mois&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est devenu le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey ? 28 juillet 2014 On sait que, au milieu des agitations souvent consid\u00e9rables qu&rsquo;a d\u00e9clench\u00e9 la crise ukrainienne \u00e0 Washington, le Pentagone s&rsquo;est surtout distingu\u00e9 par une discr\u00e9tion qu&rsquo;on pouvait croire de bon aloi. 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