{"id":75446,"date":"2014-08-06T13:46:44","date_gmt":"2014-08-06T13:46:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/06\/notes-sur-linversion-de-la-fin-du-monde\/"},"modified":"2014-08-06T13:46:44","modified_gmt":"2014-08-06T13:46:44","slug":"notes-sur-linversion-de-la-fin-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/06\/notes-sur-linversion-de-la-fin-du-monde\/","title":{"rendered":"Notes sur l&rsquo;inversion de la Fin du Monde"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur l&rsquo;inversion de la Fin du Monde<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t6 ao\u00fbt 2014  Notre intention dans ces <em>Notes d&rsquo;Analyse<\/em> est de tenter d&rsquo;expliquer ce fait fondamental des USA poussant sans la moindre h\u00e9sitation ni compromission avec le r\u00e9alisme le plus simple vers une situation qui implique comme <strong>jamais dans l&rsquo;histoire<\/strong> depuis qu&rsquo;existe l&rsquo;arme nucl\u00e9aire un risque extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9, de plus en plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 mesure de l&rsquo;\u00e9volution des \u00e9v\u00e9nements, de conflit avec la Russie. En d&rsquo;autres mots et en une seule question, nous cherchons \u00e0 savoir, non pas Qu&rsquo;est-ce que cherchent les USA (le bloc BAO) ?, ni Pourquoi les USA (le bloc BAO) agissent-ils de la sorte ?, mais plut\u00f4t  : <strong>Comment les USA peuvent-ils prendre le risque litt\u00e9ralement fou d&rsquo;agir de la sorte<\/strong> ? (Nous parlons de la crise ukrainienne, certes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, il est \u00e9vident ou il devrait l&rsquo;\u00eatre, les choses \u00e9tant <strong>objectivement consid\u00e9r\u00e9es<\/strong>, que la Russie reste la seule puissance, avec les USA, capable de d\u00e9clencher ou de soutenir un \u00e9change nucl\u00e9aire strat\u00e9gique au plus haut niveau. Cette perspective implique des destructions inimaginables, d&rsquo;une ampleur telle que l&rsquo;on peut \u00e9voquer la fin de la civilisation, d&rsquo;une ampleur telle que l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame d&rsquo;un tel conflit est du domaine de l&rsquo;absurdit\u00e9 suicidaire (selon la formule explicit\u00e9e plus loin si tu me tues, tu es mort).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Mais justement, est-ce qu&rsquo;il reste, dans la situation pr\u00e9sente, essentiellement sinon exclusivement du c\u00f4t\u00e9 des USA, quelque chose qui puisse \u00eatre rapproch\u00e9e d&rsquo;une <strong>consid\u00e9ration objective<\/strong> ? C&rsquo;est l&rsquo;objet de ces <em>Notes d&rsquo;analyse<\/em>. Nous revenons, encore plus en d\u00e9tails et selon une autre approche, sur cette question tragique du comportement des USA. Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 largement consid\u00e9r\u00e9e, tant elle est vaste et fondamentale, et, pour ce cas pr\u00e9cis, amorc\u00e9e par les observations faites, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-stephen_f_cohen_et_l_impensable_la_guerre_avec_la_russie_01_08_2014.html\" class=\"gen\">1er ao\u00fbt 2014<\/a>, \u00e0 propos d&rsquo;interventions publiques des professeurs Stephen F. Cohen et John Mearsheimer. (Cohen et Mearsheimer, deux des tr\u00e8s rares experts US \u00e0 conserver une vision r\u00e9aliste et lib\u00e9r\u00e9e des influence de la <em>doxa<\/em>-Syst\u00e8me qui \u00e9crase et dissout litt\u00e9ralement la pens\u00e9e et le jugement des \u00e9lites-Syst\u00e8mes du bloc BAO.)<\/p>\n<h3>Les derniers \u00e9clats du cr\u00e9puscule<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, voici une occasion de d\u00e9buter cette d\u00e9marche d&rsquo;une fa\u00e7on plaisamment illustrative et peut-\u00eatre plus significative qu&rsquo;on croit &#8230; Apr\u00e8s tout, la chose tombait bien, lorsque nous v\u00eemes tr\u00e8s r\u00e9cemment, sur une cha\u00eene TV (<em>Cin\u00e9Cin\u00e9ma<\/em>) ce film de 1977, de Robert Aldrich, avec Burt Lancaster et Richard Widmark. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un  film tr\u00e8s peu connu, un \u00e9chec commercial et un montage b\u00e2cl\u00e9, et pourtant d&rsquo;un film hautement significatif dans le fait qu&rsquo;il donne des indications extraordinairement pr\u00e9cises sur la strat\u00e9gie fondamentale des USA durant la Guerre froide, au point o\u00f9 l&rsquo;on peut faire l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;Aldrich re\u00e7ut certains incitations et informations \u00e0 forte tonalit\u00e9 politique. (Le film, avec des <em>stars<\/em> aussi notoirement engag\u00e9es et progressistes que Lancaster et Widmark, fut tourn\u00e9 en 1976, alors que Jimmy Carter faisait campagne contre le <em>National Security State<\/em>.) Il s&rsquo;agit de <em>Twilight Last Gleaming<\/em> (voir le <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Twilight%27s_Last_Gleaming\" class=\"gen\">sujet<\/a> sur <em>Wikip\u00e9dia<\/em>), connu en fran\u00e7ais sous le titre grotesque de <em>L&rsquo;ultimatum des trois mercenaires<\/em> alors que Les derniers \u00e9clats du Cr\u00e9puscule aurait si bien convenu (voir le <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/L%27Ultimatum_des_trois_mercenaires\" class=\"gen\">sujet<\/a> du <em>Wikip\u00e9dia<\/em> fran\u00e7ais).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Wikip\u00e9dia<\/em> fran\u00e7ais donne une vague id\u00e9e de l&rsquo;intrigue du film : \u00ab<em>Lawrence Dell, ancien G\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Arm\u00e9e de l&rsquo;Air des \u00c9tats-Unis, s&#8217;empare d&rsquo;une base nucl\u00e9aire strat\u00e9gique et exerce un chantage aux missiles : si le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis ne r\u00e9v\u00e8le pas au peuple am\u00e9ricain les v\u00e9ritables raisons de l&rsquo;entr\u00e9e en guerre au Vi\u00eat Nam, et si on ne verse pas une ran\u00e7on \u00e0 ses complices, tous anciens d\u00e9tenus, il rase plusieurs cibles en URSS&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Et le <em>Wikip\u00e9dia<\/em> US, plus pr\u00e9cis\u00e9ment : \u00ab<em>After escaping from a military prison, rogue Air Force General Lawrence Dell (Burt Lancaster) and accomplices Powell and Garvas infiltrate an ICBM complex and gain launch control over its nine nuclear missiles. They then make direct contact with the US government (avoiding any media attention) and demand both ten million dollars ransom and, more importantly, that the President (Charles Durning) go on national television and make public the contents of a top-secret document.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The document, which is unknown to the current president but not to certain members of his cabinet, contains conclusive proof that the US government knew there was no realistic hope of winning the Vietnam War but continued fighting it for the<\/em> <strong><em>sole<\/em><\/strong> <em>purpose of demonstrating to the Soviet Union their unwavering commitment to defeating communism.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La fin du film ne laisse gu\u00e8re d&rsquo;espoir &#8230; Le pr\u00e9sident, qui avait accept\u00e9 de rendre public ce message, se rend aupr\u00e8s des \u00e9vad\u00e9s, mais il est abattu en m\u00eame temps que Durell et son dernier compagnon par des tireurs d&rsquo;\u00e9lite d&rsquo;une unit\u00e9 d&rsquo;intervention de l&rsquo;USAF d\u00e9ploy\u00e9e sur ordre du g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;USAF McKenzie [Widmark], commandant du SAC.) <\/p>\n<h3>Montrer sa r\u00e9solution \u00e0 aller jusqu&rsquo;au pire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Assez curieusement, ou bien symboliquement comme on le comprendra bien dans le d\u00e9sir actuel d&rsquo;\u00e9carter la question du nucl\u00e9aire, la fin du compte-rendu que fait <em>Wikip\u00e9dia<\/em> est fausse. (\u00ab[&#8230;D]<em>emonstrating to the Soviet Union their unwavering commitment to defeating communism<\/em>\u00bb, phrase recouvrant la th\u00e9orie des dominos [chute d&rsquo;un pays dans le communisme entra\u00eenant un autre pays]  qui constitua la raison, officielle\/publique\/de communication de l&rsquo;engagement au Vietnam.) Le document dit que l&rsquo;engagement au Vietnam a \u00e9t\u00e9 fait, effectivement sans espoir de l&#8217;emporter, mais essentiellement pour montrer \u00e0 l&rsquo;URSS la r\u00e9solution des USA, pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 des actes inhumains,  non pour montrer leur d\u00e9termination de vaincre le communisme, mais pour montrer leur <strong>r\u00e9solution \u00e0 aller jusqu&rsquo;\u00e0 l&#8217;emploi de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire s&rsquo;il le fallait<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La chose n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9e dans le film, mais par engagement au Vietnam sans doute doit-on comprendre la d\u00e9cision de Johnson d&rsquo;annuler l&rsquo;ordre de Kennedy, donn\u00e9 peu avant son assassinat, de commencer le retrait des conseillers US au Sud-Vietnam, et au contraire d&rsquo;entamer l&rsquo;escalade conduisant \u00e0 l&rsquo;engagement massif des forces arm\u00e9es US&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe dernier point ne pose pas tant la question de la r\u00e9solution de vaincre le communisme, que la volont\u00e9 de renforcer l&rsquo;\u00e9quilibre de la terreur : d\u00e8s lors que l&rsquo;ennemi ne doute plus que vous utiliserez le nucl\u00e9aire s&rsquo;il le faut, il d\u00e9cide lui-m\u00eame de ne pas utiliser le nucl\u00e9aire puisque cela lui attirerait des repr\u00e9sailles inacceptables,  et ainsi l&rsquo;ennemi (communiste) devient-il, ou redevient-il le partenaire (de l&rsquo;\u00e9quilibre de la terreur),  selon la parabole du suicide paradoxal d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9e plus haut, si tu me tues, tu es mort&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa tr\u00e8s longue sc\u00e8ne o\u00f9 il est question de ce document, qui montre le pr\u00e9sident d\u00e9lib\u00e9rant avec ses conseillers sur le fait de savoir s&rsquo;il faut ou non rencontrer les exigences du g\u00e9n\u00e9ral Dell, offre un excellent r\u00e9sum\u00e9 de ce que fut <em>de facto<\/em>, forc\u00e9e par le nucl\u00e9aire, la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale des deux superpuissances durant la Guerre froide.<\/p>\n<h3>La pens\u00e9e strat\u00e9gique pulv\u00e9ris\u00e9e par le fait nucl\u00e9aire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc trois th\u00e8mes d\u00e9velopp\u00e9s par les conseillers du pr\u00e9sident lors de cette r\u00e9union&#8230; Nous citons \u00e0 peu pr\u00e8s <em>verbatim<\/em> des extraits de ces dialogues, qui r\u00e9sument bien la pens\u00e9e strat\u00e9gique US \u00e0 cause du fait nucl\u00e9aire, et la th\u00e8se centrale de l&rsquo;engagement US au Vietnam telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e. Dans le film, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat et le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense sont les deux principaux intervenants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <strong>La cr\u00e9dibilit\u00e9<\/strong>&#8230; \u00ab<em>A cause de la puissance de destruction de ces armes, la guerre totale est devenue contre-productive&#8230; <\/em>[&#8230;] <em>Dans la mesure o\u00f9 ces armes peuvent d\u00e9truire ce que l&rsquo;on a coutume de nommer la civilisation, nous sommes devant un dilemme, nous devons convaincre les Russes de notre d\u00e9termination &#8230; L&rsquo;objectif <\/em>[au Vietnam] <em>\u00e9tait de prouver qu&rsquo;on \u00e9tait capables de commettre des actes inhumains<\/em> [dont, th\u00e9oriquement, celui de l&#8217;emploi de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire] &#8230;\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <strong>La non-politique nucl\u00e9aire<\/strong>&#8230; \u00ab<em>Nous avons des armes nucl\u00e9aires depuis 35 ans, et depuis tout ce temps nous n&rsquo;avons toujours pas une politique digne de ce nom qui en r\u00e9gisse l&rsquo;usage&#8230; Pas plus que les Russes, les Chinois, les Fran\u00e7ais, les Isra\u00e9liens<\/em> (1)<em>&#8230; Le monde n&rsquo;a jamais voulu affronter ce probl\u00e8me explosif. C&rsquo;est un dilemme insoluble, un paradoxe sans r\u00e9ponse <\/em> [avoir toute la puissance de l&rsquo;univers et ne pas savoir comment s&rsquo;en servir, et par cons\u00e9quent rechercher sans tr\u00eave comment ne jamais s&rsquo;en servir]&#8230;<D>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <strong>La guerre limit\u00e9e<\/strong>&#8230; \u00ab<em>Monsieur le Pr\u00e9sident, depuis Hiroshima, durant six administrations successives, notre politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie par deux mots : conflits limit\u00e9s, ou conflits p\u00e9riph\u00e9riques<\/em> [<em>limited wars<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire absolument sans confrontation directe entre Russes et Am\u00e9ricains] &#8230;\u00bb<\/p>\n<h3>Le poids du spectre vietnamien<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce film, le drame du Vietnam est partout pr\u00e9sent. En 1977, il est ressenti toujours comme une calamit\u00e9 : deux pr\u00e9sidences bris\u00e9es (celle de Johnson et celle de Nixon), des r\u00e9voltes mena\u00e7ant l&rsquo;unit\u00e9 du pays (les \u00e9tudiants, les Noirs), le scandale du Watergate (1972-1974), la CIA mise \u00e0 l&rsquo;encan par le Congr\u00e8s (1975-1976), la coh\u00e9sion et la structuration de l&rsquo;arm\u00e9e menac\u00e9es d&rsquo;\u00eatre pulv\u00e9ris\u00e9es avec des cas de mutinerie, la corruption g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;indiscipline, etc., et cette arm\u00e9e ne commen\u00e7ant \u00e0 se redresser qu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, avec l&rsquo;abandon de la conscription et plusieurs ann\u00e9es de convalescence, etc. On comprend l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;ont pu avoir des dirigeants devant le prix exorbitant de la cr\u00e9dibilit\u00e9,  la calamit\u00e9 vietnamienne,  \u00e0 cause de la pression dictatoriale exerc\u00e9e par les armes nucl\u00e9aires. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; On comprend que la psychologie US, plac\u00e9e devant ces constats, ait pu \u00e9voluer silencieusement et souterrainement dans le sens d&rsquo;une haine profonde des modalit\u00e9s de l&rsquo;\u00e9quilibre de la terreur qui l&#8217;emprisonnait \u00e0 des obligations qu&rsquo;elle \u00e9tait oblig\u00e9s de consid\u00e9rer, d&rsquo;une fa\u00e7on consciente et rationnelle, comme des actes inhumains et immoraux, y compris assortis d&rsquo;une d\u00e9faite,  la seule qu&rsquo;aient connue les USA. Comment l&rsquo;inculpabilit\u00e9 et l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9 de la psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme auraient-elles pu permettre d&rsquo;accepter longtemps une telle situation (ces caract\u00e8res psychologiques de l&rsquo;inculpabilit\u00e9 et de l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9, dont nous parlons notamment dans notre <em>Glossaire.dde<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_notre_psychologie_28_01_2013.html\" class=\"gen\">28 janvier 2013<\/a>, et dont nous disions encore r\u00e9cemment, dans un texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_snowden_l_ukraine_de_l_inculpabilit_l_ind_fectibilit__26_03_2014.html\" class=\"gen\">26 mars 2014<\/a> : \u00ab<em>Ces deux traits de la psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme impliquent l&rsquo;impossibilit\u00e9 de concevoir la culpabilit\u00e9 de l&rsquo;am\u00e9ricanisme d&rsquo;une part (inculpabilit\u00e9), l&rsquo;impossibilit\u00e9 de concevoir la d\u00e9faite (politique, morale, militaire, etc.) de l&rsquo;am\u00e9ricanisme d&rsquo;autre part (ind\u00e9fectibilit\u00e9). Ces deux termes sont largement utilis\u00e9s dans nombre de nos textes comme caract\u00e9ristiques de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, mais aussi comme cimier de la psychologie-Syst\u00e8me, ou psychologie humaine \u00e9puis\u00e9e par le Syst\u00e8me et mise \u00e0 son service&#8230;<\/em>\u00bb.) <\/p>\n<h3>La <em>narrative<\/em> de la fin de la Guerre froide<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette approche interpr\u00e9tative de la guerre du Vietnam engage \u00e0 consid\u00e9rer la fin de la Guerre froide, avec l&rsquo;\u00e9limination de l&rsquo;URSS, comme la fin des exigences de cr\u00e9dibilit\u00e9 impliquant des actes inhumains d\u00e9monstratifs, commis en connaissance de cause. Cette interpr\u00e9tation est encore renforc\u00e9e par l&rsquo;explication, ou plut\u00f4t la <em>narrative<\/em> presque unanimement entretenue dans les milieux de s\u00e9curit\u00e9 nationale US pour expliquer la dissolution de l&rsquo;URSS <strong>en tant que puissance militaire<\/strong> par le fait que l&rsquo;URSS avait \u00e9t\u00e9 bris\u00e9e par la course aux armements impos\u00e9e par les USA avec le d\u00e9veloppement de la SDI (Initiative de d\u00e9fense strat\u00e9gique\/antimissiles) \u00e0 partir de 1983,  c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;URSS vaincue en 1989 comme l&rsquo;Allemagne l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 en 1945. Cette th\u00e8se pour nous <strong>compl\u00e8tement faussaire<\/strong> (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-narrative_us_l_urss_d_faite_en_1989_comme_l_allemagne_en_1945_02_07_2008.html\" class=\"gen\">2 juillet 2008<\/a>) tient sa place dans la construction psychologique r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion de cet \u00e9v\u00e9nement de la fin de la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mise \u00e0 l&rsquo;encan de l&rsquo;ex-URSS \u00e0 partir de 1991-1992 par le capitalisme sauvage import\u00e9 du bloc BAO r\u00e9duisant la puissance de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 un Pr\u00e9sident en forme de bouteille de vodka, avec une population saccag\u00e9e par des maux sociaux qui firent r\u00e9gresser la d\u00e9mographie sur un rythme terrifiant renforce encore, si besoin est, cette perception de l&rsquo;\u00e9limination de cet <em>alter ego<\/em> nucl\u00e9aire impliquant la responsabilisation US telle qu&rsquo;on l&rsquo;a vue durant la Guerre froide. Au reste, l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des forces nucl\u00e9aires russes \u00e0 cette \u00e9poque, authentifi\u00e9 par des initiatives internationales (USA et Europe) pour tenter de les s\u00e9curiser, ne d\u00e9mentait pas un instant cette analyse imp\u00e9rative sur le moment, mais sommaire pour l&rsquo;avenir.<\/p>\n<h3>Ivresse fin-de-si\u00e8cle et am\u00e9ricaniste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ici et ainsi que notre hypoth\u00e8se s&rsquo;amorce. Cette situation des ann\u00e9es 1990 aurait eu pour effet de s\u00e9curiser (m\u00eame terme que pr\u00e9c\u00e9demment) la psychologie am\u00e9ricaniste dans la conviction que <strong>le nucl\u00e9aire en tant qu&rsquo;obligation de restreinte et de responsabilit\u00e9 n&rsquo;existait plus<\/strong> pour les USA. Par ailleurs, la fin de la Guerre froide achevait la mise en place d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration politique commen\u00e7ant par Clinton compl\u00e8tement acquise \u00e0 la communication, et qui dilua la question de la s\u00e9curit\u00e9 nationale dans une condition de perception o\u00f9 la communication r\u00e8gne, laquelle perception commen\u00e7a par l&rsquo;installation de l&rsquo;hyperpuissance sans rival concevable. On comprend combien la situation nucl\u00e9aire de ces ann\u00e9es-l\u00e0 s&rsquo;ins\u00e9ra parfaitement dans cette \u00e9volution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa course \u00e0 la globalisation sous toutes ses formes, l&rsquo;extension des activit\u00e9s boursi\u00e8res et la lib\u00e9ralisation compl\u00e8te de ce secteur parmi d&rsquo;autres, les technologies triomphantes, notamment celles de la communication, pouss\u00e8rent \u00e0 une perception quasiment extra-historique (la fin de l&rsquo;histoire, et nous au-del\u00e0 de l&rsquo;histoire), pleinement op\u00e9rationnelle \u00e0 partir des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-d_atlanta-1996_new_orleans-2005_02_09_2005.html\" class=\"gen\">JO d&rsquo;Atlanta<\/a> de 1996. Les USA se crurent exempt\u00e9s d\u00e9sormais de tout compte \u00e0 rendre \u00e0 l&rsquo;histoire du monde courante et devenue obsol\u00e8te, et eux-m\u00eames cr\u00e9ateurs directs de la nouvelle histoire du monde (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\" class=\"gen\">virtualisme<\/a>) ; la chose conclue, ils n&rsquo;en d\u00e9mordirent plus. Alan Greenspan lui-m\u00eame cautionna <em>a contrario<\/em>, pour son domaine, l&rsquo;existence d&rsquo;une \u00e9conomie (US, bien s\u00fbr) <em>beyond history<\/em> (au-del\u00e0 de l&rsquo;histoire) lorsqu&rsquo;il d\u00e9clara devant le Congr\u00e8s, le 10 juin 1998 : \u00ab<em>La situation ne correspond pas \u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9volution historique nous conduisait \u00e0 attendre \u00e0 ce point de l&rsquo;expansion \u00e9conomique et, quoiqu&rsquo;il soit possible, en un sens, que<\/em> [notre \u00e9conomie] <strong><em>ait d\u00e9pass\u00e9 l&rsquo;histoire<\/em><\/strong><em>, nous devons \u00e9galement rester vigilant au fait que des relations historiques moins favorables puisent s&rsquo;imposer \u00e0 nous.<\/em>\u00bb (Voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-out_of_history_par_en-dessous__23_07_2012.html\" class=\"gen\">23 juillet 2012<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQui ne comprendrait, connaissant la psychologie am\u00e9ricaniste comme on la conna\u00eet, et la notion d&rsquo;exceptionnalisme tr\u00f4nant comme l&rsquo;oxyg\u00e8ne dans la respiration de l&rsquo;Am\u00e9rique, que l&rsquo;heure \u00e9tait venue de la bienveillante h\u00e9g\u00e9monie, celle que nul n&rsquo;aurait jamais l&rsquo;id\u00e9e de contester, celle que tous acclameraient et r\u00e9clameraient comme un don du ciel. Place donc \u00e0 la <em>benevolent hegemon<\/em>&#8230;<\/p>\n<h3>Anatomie de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie bienveillante<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a \u00e0 l&rsquo;esprit que nous avons tr\u00e8s r\u00e9cemment parl\u00e9 (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-stephen_f_cohen_et_l_impensable_la_guerre_avec_la_russie_01_08_2014.html\" class=\"gen\">1er ao\u00fbt 2014<\/a>) de cette h\u00e9g\u00e9monie bienveillante, pour rapporter l&rsquo;\u00e9tonnement partag\u00e9 des deux experts s\u00e9rieux, donc rarissimes dans le bloc BAO, qui partageaient le <em>CrossTalks<\/em> de Peter Levelle de la semaine derni\u00e8re, Stephen F. Cohen et John Mearsheimer&#8230; Citons la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>John Mearsheimer propose l&rsquo;id\u00e9e que les USA s&rsquo;estiment \u00eatre de la cat\u00e9gorie hors des normes, de la cat\u00e9gorie de cet exceptionnalisme que le pr\u00e9sident des USA lui-m\u00eame \u00e9rige \u00e9trangement en doctrine, d&rsquo;une puissance dispensatrice d&rsquo;une h\u00e9g\u00e9monie bienveillante (benevolent hegemon,  l&rsquo;expression anglo-am\u00e9ricaniste est apparue au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 dans les milieux neocons). L&rsquo;expression h\u00e9g\u00e9monie bienveillante signifie que les USA sont, dans l&rsquo;univers et sans doute au-del\u00e0 d&rsquo;ailleurs, la plus apte et m\u00eame la seule puissance \u00e0 pouvoir concevoir, exposer et d\u00e9velopper les plus s\u00fbres recettes et m\u00e9thodes pour un monde apais\u00e9, bien rang\u00e9, satisfait, vertueux, conforme au Dessein divin  d\u00e9mocratis\u00e9 et globalis\u00e9 aussi, pour ne rien oublier. Cette croyance, selon Mearsheimer, est extr\u00eamement forte depuis la fin de la Guerre froide, et elle conduit les dirigeants-Syst\u00e8me de Washington \u00e0 consid\u00e9rer que la r\u00e9sistance,  la plus forte et la plus mena\u00e7ante \u00e0 cet \u00e9gard,  de la Russie \u00e0 ce mod\u00e8le des lendemains qui chantent rel\u00e8ve de la stupidit\u00e9, de l&rsquo;ent\u00eatement suspect et enfin de l&rsquo;intention mal\u00e9fique pure et simple. Au reste, et en offre alternative de la r\u00e9flexion, les m\u00eames dirigeants ne doutent pas qu&rsquo;une pression soutenue contre Poutine, du type regime change mais avec menace apocalyptique implicite pour faire s\u00e9rieux, finira par d\u00e9truire cette direction et fera surgir, litt\u00e9ralement comme les Cent-Fleurs du mao\u00efsme, une alternative d\u00e9mocratique qui r\u00e9soudra tout cela. L\u00e0-dessus, bien s\u00fbr, on trouve toutes les justifications et les exon\u00e9rations de culpabilit\u00e9 pour les interventions clandestines, les ing\u00e9rences, les actes sans fin de corruption, de piraterie, de banditisme, de chantage, etc. Mais il s&rsquo;agit bien des cons\u00e9quences, parce que les affaires, le business, la brutalit\u00e9 des actes, l&rsquo;affirmation spectaculaire de la puissance, l&rsquo;irrespect des principes, etc., ne sont pas les causes de l&rsquo;action de Washington en tant que telle (en tant que Washington en serait responsable), mais les cons\u00e9quences parfois g\u00eanantes ou malheureuses qu&rsquo;importe, d&rsquo;une action qui est autoris\u00e9e sinon recommand\u00e9e, avec toutes ces d\u00e9formations, par cette pathologie de la psychologie.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cohen partage compl\u00e8tement cette hypoth\u00e8se, dans tous les cas cette voie de r\u00e9flexion pour expliquer une situation extraordinaire. Il note que la situation aujourd&rsquo;hui \u00e0 Washington est effectivement extraordinaire par la puissance du consensus en faveur de l&rsquo;agressivit\u00e9 extr\u00eame contre la Russie, notamment au Congr\u00e8s. Un tel consensus n&rsquo;existait pas durant la Guerre froide, o\u00f9 s&rsquo;opposaient un parti des Cold Warriors (Guerriers froids, partisans d&rsquo;une politique antisovi\u00e9tique dure) et un parti des d\u00e9tentistes (partisans d&rsquo;une entente avec l&rsquo;URSS), les uns et les autres \u00e9tant r\u00e9partis d&rsquo;une fa\u00e7on assez \u00e9quilibr\u00e9e. Cohen semble estimer que le consensus actuel en faveur de l&rsquo;agressivit\u00e9 extr\u00eame contre la Russie constitue un ph\u00e9nom\u00e8ne qui n&rsquo;est pas vraiment l&rsquo;effet d&rsquo;une contrainte, d&rsquo;une consigne ou d&rsquo;une censure, etc., mais bien qui ressort de cette psychologie productrice de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie bienveillante que propose son coll\u00e8gue Mearsheimer.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Notre hypoth\u00e8se de la psychologie am\u00e9ricaniste-occidentaliste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, nous semble-t-il, peut-on proposer aux deux experts cette hypoth\u00e8se pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 stup\u00e9faite qu&rsquo;ils expriment de se trouver, \u00e0 Washington, au milieu d&rsquo;une sorte de consensus absolu, notamment au Congr\u00e8s, dans une russophobie haineuse, sans le moindre souci du risque de guerre nucl\u00e9aire. Comment s&rsquo;en \u00e9tonner, enfin, puisque le nucl\u00e9aire, dans la psychologie am\u00e9ricaniste de Washington, n&rsquo;existe plus en tant que repr\u00e9sentation technologique, strat\u00e9gique et symbolique d&rsquo;un conflit impliquant le risque de la fin de la civilisation,  fin brutale, fin apocalyptique, fin par effondrement explosif avec retour \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de pierre pour tout le monde (<em>back to the stone age<\/em>, comme disait le g\u00e9n\u00e9ral <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-paul_lashmar_spy_flights_in_the_cold_war_15_05_2001.html\" class=\"gen\">LeMay<\/a> des pays qu&rsquo;il r\u00eavait d&rsquo;attaquer par surprise avec les B-52 de son Strategic Air Command)&#8230; Le nucl\u00e9aire n&rsquo;existe plus parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe plus d&rsquo;adversaire qui puisse pr\u00e9tendre \u00e0 la concurrence et, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, d&rsquo;<em>alter ego<\/em> qui puisse forcer \u00e0 la responsabilit\u00e9 partag\u00e9e et \u00e0 l&rsquo;autorestriction comme durant la Guerre froide.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Bien entendu, les esprits, arm\u00e9s par les psychologies am\u00e9ricanistes qu&rsquo;on sait, en sont rest\u00e9s aux ann\u00e9es 1990 et \u00e0 la dissolution par poussi\u00e8re de l&rsquo;ex-URSS et de son nucl\u00e9aire antique. Nul n&rsquo;a vraiment, s\u00e9rieusement accept\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9surrection de la Russie, telle qu&rsquo;elle s&rsquo;op\u00e9ra \u00e0 partir de 2000, parce qu&rsquo;il en avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 ainsi \u00e0 Washington. Pour les USA, Poutine et la Russie post-2000 n&rsquo;ont aucune existence disons l\u00e9gale, ils sortent de l&rsquo;ordre international post-historique \u00e9tabli par les USA depuis les ann\u00e9es 1990, ils sont des imposteurs vils et absolument condamnables,  c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9s et en attente d&rsquo;\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s, ce \u00e0 quoi nous nous employons par Kiev-interpos\u00e9. Par cons\u00e9quent, leur pr\u00e9tention stup\u00e9fiante \u00e0 rena\u00eetre, \u00e0 s&rsquo;imposer, \u00e0 s&rsquo;opposer d&rsquo;une fa\u00e7on critique aux USA (la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_trange_anniversaire_12_09_2013.html\" class=\"gen\">mise en cause<\/a> de l&rsquo;exceptionnalisme US par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_exceptionnalisme_de_la_chute_02_10_2013.html\" class=\"gen\">Poutine<\/a> en septembre 2013, dans les colonnes v\u00e9n\u00e9r\u00e9es du New York <em>Times<\/em> ! Sacril\u00e8ge !),  cela constitue une sorte de p\u00e9ch\u00e9 capital, un acte de relaps qui ne peut que faire se dresser une unanimit\u00e9 absolue chez le <em>vulgum pecus<\/em> washingtonien, ce consensus antirusse qui stup\u00e9fie autant Cohen que Mearsheimer&#8230;<\/p>\n<h3>D\u00e9monstration par BHO discourant<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus rien de classique, de technologique, de strat\u00e9gique ne retient le d\u00e9ferlement de ce d\u00e9ni am\u00e9ricaniste-occidentaliste, et notamment pas les armes nucl\u00e9aires qui n&rsquo;existent plus en tant que telles, qui semblent avoir perdu toute leur v\u00e9rit\u00e9 apocalyptique et leur symbolisme de d\u00e9monstration. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation extraordinaire pour ceux qui veulent bien faire l&rsquo;effort de s&rsquo;extraire un instant du confort douillet,  <em>no past, no future<\/em>, rien, <em>nada<\/em>,  de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-du_big_now_l_l_ternel_pr_sent__29_01_2014.html\" class=\"gen\">\u00e9ternel pr\u00e9sent<\/a>, d&rsquo;une histoire r\u00e9duite aux acqu\u00eats de l&rsquo;instantan\u00e9it\u00e9 temporelle &#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9monstration de cette situation extraordinaire a \u00e9t\u00e9 faite par le pr\u00e9sident des Etats-Unis lui-m\u00eame, lors d&rsquo;un discours en Hollande, en juin, lorsqu&rsquo;il parla, avec un arrogant m\u00e9pris de communication (il y  excelle, il faut le reconna\u00eetre), de la Russie comme d&rsquo;une puissance r\u00e9gionale (nous dirions une vulgaire puissance r\u00e9gionale). Sans m\u00eame exiger de cette sorte de dirigeant la moindre notion de culture ou d&rsquo;histoire, on doit se demander dans quel ab\u00eeme de sombre inconscience, d&rsquo;aveuglement sophistique mais sophistiqu\u00e9e, d&rsquo;arrogance autiste, l&rsquo;on peut tomber pour d\u00e9signer comme vulgaire puissance r\u00e9gionale la puissance \u00e0 laquelle on est li\u00e9 par un trait\u00e9 de limitation des armements nucl\u00e9aires strat\u00e9giques (voir <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trait\u00e9_de_r\u00e9duction_des_armes_strat\u00e9giques\" class=\"gen\">START<\/a>). Ce trait\u00e9 n&rsquo;est pas un coup de communication et s&rsquo;il est un chiffon de papier, il implique n\u00e9anmoins et quoi qu&rsquo;il en soit que cette puissance r\u00e9gionale poss\u00e8de en service actif et en r\u00e9serve,  bien r\u00e9elles, celles-l\u00e0,  plusieurs milliers de t\u00eates nucl\u00e9aires strat\u00e9giques et des lanceurs \u00e0 mesure qui impliquent une capacit\u00e9 d&rsquo;an\u00e9antissement quasiment <strong>absolue<\/strong> selon les mesures terrestres courantes. (Encore ne parle-t-on pas des armes nucl\u00e9aires tactiques, en plus grand nombre encore, o\u00f9 les Russes poss\u00e8dent l&rsquo;avantage num\u00e9rique et qui sont les armes nucl\u00e9aires de champ de bataille particuli\u00e8rement taill\u00e9s pour une bataille en Europe, et marchepied id\u00e9al pour la mont\u00e9e aux extr\u00eames,  <em>dito<\/em>, le feu strat\u00e9gique nucl\u00e9aire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;effet (celui du discours d&rsquo;Obama) peut para\u00eetre avantageux aux premiers rangs des admirateurs z\u00e9l\u00e9s comme aux animateurs de <em>talk-shows<\/em>, mais la v\u00e9rit\u00e9 psychologique que la chose met en lumi\u00e8re est consternante de pauvret\u00e9 et d&rsquo;irresponsabilit\u00e9. On ne peut que s&rsquo;interroger avec le respect qui sied au personnage : mais qu&rsquo;est-ce que ce type-l\u00e0 fout donc \u00e0 la place o\u00f9 il est ?<\/p>\n<h3>Qu&rsquo;est-ce qui est <em>unthinkable<\/em> ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi donc parlons-nous psychologie et nullement quincaillerie nucl\u00e9aire lorsque nous d\u00e9veloppons une hypoth\u00e8se pour expliquer ce formidable myst\u00e8re d&rsquo;un gouvernement am\u00e9ricaniste prenant le risque colossal de se trouver en position d&rsquo;affrontement avec la Russie, c&rsquo;est-\u00e0-dire puissance nucl\u00e9aire strat\u00e9gique d&rsquo;an\u00e9antissement contre puissance nucl\u00e9aire d&rsquo;an\u00e9antissement,  si tu me tues tu es mort&#8230; Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une psychologie qui a invent\u00e9 compl\u00e8tement sa perception, \u00e0 partir du sujet le plus extraordinairement catastrophique du monde qu&rsquo;est l&rsquo;armement nucl\u00e9aire et la possibilit\u00e9 d&rsquo;une guerre nucl\u00e9aire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qu&rsquo;on expose ici comme hypoth\u00e8se est que la psychologie US, fond\u00e9e sur son propre exceptionnalisme et appuy\u00e9e autant sur l&rsquo;inculpabilit\u00e9 que sur l&rsquo;ind\u00e9fectibilit\u00e9, a totalement inverti la doctrine de l&rsquo;<em>unthinkable<\/em>. Durant la Guerre froide, l&rsquo;on s&rsquo;en souvient, la justification de la doctrine de coresponsabilit\u00e9 de non-engagement nucl\u00e9aire (<em>grosso modo<\/em> la doctrine MAD, pour <em>Mutual Assured Destruction<\/em>) \u00e9tait fond\u00e9e sur la conception que la guerre nucl\u00e9aire \u00e9tait si extraordinairement catastrophique qu&rsquo;elle en devenait impensable (<em>unthinkable<\/em>), et par cons\u00e9quent infaisable (<em>undoable<\/em>). Aujourd&rsquo;hui, ce qui est devenu <em>unthinkable<\/em> est la possibilit\u00e9 que la Russie puisse \u00e0 nouveau tenir le r\u00f4le que joua l&rsquo;URSS durant la Guerre froide,  c&rsquo;est-\u00e0-dire pair et <em>alter ego<\/em> des USA par la gr\u00e2ce de la puissance nucl\u00e9aire. Le probl\u00e8me est bien que, si l&rsquo;on s&rsquo;abaisse un instant \u00e0 \u00e9valuer la quincaillerie nucl\u00e9aire, le constat des ann\u00e9es 1990 de la totale dissolution de l&rsquo;URSS-Russie et de l&rsquo;arsenal nucl\u00e9aire qui va avec est compl\u00e8tement retourn\u00e9. Si l&rsquo;on voulait comparer aujourd&rsquo;hui les forces nucl\u00e9aires des deux puissances, sans doute est-ce la Russie qui, par l&rsquo;\u00e9tat de modernisation et la diversit\u00e9 maintenue de ses forces, surclasse les USA. (Voir notamment l&rsquo;argument tout \u00e0 fait acceptable du <em>Saker<\/em>, le <a href=\"http:\/\/vineyardsaker.blogspot.fr\/2014\/06\/short-reminder-about-us-and-russian.html\" class=\"gen\">18 juin 2014<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, et en \u00e9cartant la question qui n&rsquo;a gu\u00e8re de sens d&rsquo;un vainqueur dans un tel affrontement, on peut simplement constater que, contrairement \u00e0 la conviction suppos\u00e9e de la psychologie am\u00e9ricaniste, la Russie est redevenue, apr\u00e8s un bref entracte d&rsquo;une d\u00e9cennie, l&rsquo;<em>alter ego<\/em> in\u00e9vitable des USA dans ce domaine supr\u00eame de l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire &#8230; Mais non, r\u00e9pond la psychologie de l&rsquo;exceptionnalisme am\u00e9ricaniste, cela est simplement <em>unthinkable<\/em>. Et s&rsquo;il le faut, nous pousserions nos divisions-fant\u00f4mes et inexistantes au travers du Donbass jusqu&rsquo;\u00e0 la fronti\u00e8re russe et au-del\u00e0 jusqu&rsquo;\u00e0 Moscou, comme Napol\u00e9on et comme Hitler, sans crainte, sans peur et sans reproche, et bien mieux qu&rsquo;eux (c&rsquo;est pr\u00e9f\u00e9rable). Dans ce redoutable affrontement entre la v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une situation terrible et l&rsquo;\u00e9trange v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une psychologie sortie hors d&rsquo;elle-m\u00eame, on ne peut \u00e9carter la pens\u00e9e que se trouve l\u00e0 l&rsquo;incroyable enjeu de la crise ukrainienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComment peut-on en venir \u00e0 prendre un tel risque ? Comment peut-on en venir \u00e0 ignorer qu&rsquo;on prend un tel risque ?<\/p>\n<h3>L&rsquo;espoir des <em>unhappy few<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis que la crise ukrainienne a pris la tournure qu&rsquo;on lui voit, il nous arrive de nous pincer, comme pour nous dire : mais cette crainte qu&rsquo;on en arrive au nucl\u00e9aire, n&rsquo;est-ce pas le fruit d&rsquo;une imagination un peu trop \u00e9nerv\u00e9e ? Lorsque nous lisons un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_sc_narios_du_pire_28_04_2014.html\" class=\"gen\">Thompson<\/a> ou un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-stephen_f_cohen_et_l_impensable_la_guerre_avec_la_russie_01_08_2014.html\" class=\"gen\">Cohen<\/a>, nous voil\u00e0 rassur\u00e9s, mais plut\u00f4t sombrement rassur\u00e9s,  rassur\u00e9s sur notre imagination, mais point du tout sur la situation g\u00e9n\u00e9rale. D&rsquo;ailleurs, n&rsquo;y a-t-il pas comme une terreur superstitieuse pour ceux qui savent le mieux ? M\u00eame un Chomsky, lorsqu&rsquo;il rappelle les diverses occasions o\u00f9 l&rsquo;on fr\u00f4la l&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire, cela pour comm\u00e9morer l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;accouchement du monstre (tiens, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui, le jour d&rsquo;Hiroshima), dans un texte (voir <em>TomDispatch<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/blog\/175877\/\" class=\"gen\">5 ao\u00fbt 2014<\/a>) o\u00f9 il parle m\u00eame comme dans une sorte de r\u00e9v\u00e9lation du risque nucl\u00e9aire qui accompagna l&rsquo;assassinat de ben Laden en terre pakistanaise et nucl\u00e9aire,  Chomsky lui-m\u00eame s&rsquo;abstient de citer l&rsquo;Ukraine comme dernier cas en date de ce risque d&rsquo;affrontement nucl\u00e9aire, et cas absolument terrorisant, tant les protagonistes semblent \u00eatre des enfants, des demeur\u00e9s, des lucioles de la raison, des zombies, que sais-je encore&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA la lumi\u00e8re du texte de Chomsky, tout se passe comme si tout le monde <strong>avait peur d&rsquo;\u00e9voquer le nucl\u00e9aire<\/strong>, les imb\u00e9ciles qui ne savent plus et n&rsquo;ont jamais su ce que la chose veut dire, et les autres comme Chomsky, les rares, les <em>unhappy few<\/em> comme ne disait pas Stendhal, qui savent parfaitement ce dont il s&rsquo;agit lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de nucl\u00e9aire&#8230; Devant un tel constat de d\u00e9solation, nous nous sentons dans l&rsquo;obligation d&rsquo;apporter notre contribution, un peu de baume \u00e0 mettre sur la plaie qui pourrait se rouvrir. Ce sont quelques mots d&rsquo;esp\u00e9rance, comme dirait un pr\u00e9dicateur religieux, qui rel\u00e8vent en fait du simple constat qu&rsquo;\u00e0 chaque extr\u00eame correspond, chez ces imb\u00e9ciles cavernicoles (les habitants de la caverne de Platon), l&rsquo;autre extr\u00eame qui est son contraire &#8230; En d&rsquo;autres mots, \u00e0 l&rsquo;inconscience compl\u00e8te qui pourrait conduire \u00e0 un conflit nucl\u00e9aire, correspondrait la fragilit\u00e9 extr\u00eame machinant cette inconscience qui, \u00e0 telle ou telle occasion qui serait une r\u00e9v\u00e9lation du risque, conduirait \u00e0 l&rsquo;effondrement de cette psychologie d\u00e9l\u00e9t\u00e8re qui n&rsquo;a cess\u00e9 de miner le caract\u00e8re qu&rsquo;elle pr\u00e9tendait servir. (Ces mots sembleraient de simple rh\u00e9torique, sauf que l&rsquo;on doit admettre un pr\u00e9c\u00e9dent tr\u00e8s r\u00e9cent et de m\u00eame sorte. En ao\u00fbt-septembre 2013, avant m\u00eame l&rsquo;intervention russe du 12 septembre pour trouver la formule de l&rsquo;\u00e9limination du chimique syrien qui ne fit que sanctionner un mouvement d\u00e9j\u00e0 accompli, les psychologies am\u00e9ricanistes \u00e9taient effectivement pass\u00e9es de la posture agressive d&rsquo;une attaque contre la Syrie \u00e0 la posture effondr\u00e9e d&rsquo;une mise en cause g\u00e9n\u00e9rale for\u00e7ant Obama \u00e0 reculer d\u00e9cisivement [le 31 ao\u00fbt,  voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-s_en_laver_les_mains_en_criant_victoire__02_09_2013.html\" class=\"gen\">2 septembre 2013<\/a>].) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est notre observation la plus encourageante (ne parlons pas d&rsquo;optimisme, s&rsquo;il vous pla\u00eet, car cela concerne l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une psychologie qui est la ruine de cette civilisation) : ces psychologies folles, inconscientes du d\u00e9sastre dont elles agitent les clefs sans la moindre conscience de la chose, sont \u00e9galement de la fragilit\u00e9 du carton-p\u00e2te et mouill\u00e9. Tous ces \u00eatres qui nous dirigent sont de la m\u00eame eau que ce pr\u00e9sident McKinley qui, au dire de son vice-pr\u00e9sident Theodore Roosevelt, avait autant de caract\u00e8re qu&rsquo;un \u00e9clair au chocolat flanqu\u00e9 l\u00e0 en guise de colonne vert\u00e9brale. Ces \u00eatres inconscients sont aussi incomparablement ch\u00e9tifs, sorte de SDF de l&rsquo;esprit qui devraient se dissoudre litt\u00e9ralement dans des circonstances mettant soudain \u00e0 jour les perspectives terrifiantes du conflit supr\u00eame de l&rsquo;an\u00e9antissement. C&rsquo;est alors que le Syst\u00e8me se mordrait les doigts d&rsquo;avoir mis tous ses ufs pourris, les dirigeants-Syst\u00e8me du bloc BAO aussi faisand\u00e9s l&rsquo;un que l&rsquo;autre, dans le m\u00eame panier de la certitude trompeuse de la victoire finale. Bref,  leur effondrement pr\u00e9c\u00e9derait l&rsquo;an\u00e9antissement d\u00e8s que la perspective serait r\u00e9alis\u00e9e, nous \u00e9pargnant le r\u00e8glement apocalyptique pour solde de tous comptes,  ou, plut\u00f4t, justement, nous offrant une autre voie pour solde de tous <strong>leurs<\/strong> comptes.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p>(1) Pour l&rsquo;anecdote, mais significative, la liste des pays cit\u00e9s ici est textuelle du dialogue du film. N&rsquo;y figure pas le Royaume-Uni, signe de plus de l&rsquo;estime o\u00f9 l&rsquo;on tint et o\u00f9 l&rsquo;on tient la force nucl\u00e9aire UK, compl\u00e8tement contr\u00f4l\u00e9e par les USA.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur l&rsquo;inversion de la Fin du Monde 6 ao\u00fbt 2014 Notre intention dans ces Notes d&rsquo;Analyse est de tenter d&rsquo;expliquer ce fait fondamental des USA poussant sans la moindre h\u00e9sitation ni compromission avec le r\u00e9alisme le plus simple vers une situation qui implique comme jamais dans l&rsquo;histoire depuis qu&rsquo;existe l&rsquo;arme nucl\u00e9aire un risque extr\u00eamement&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[15968,4733,15960,3643,3089,9219,2700,3106,3541,2645,3650,15969,12764,15967,8464,15779,6399,3004,8668,1296,5178,1010],"class_list":["post-75446","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-aldrich","tag-atlanta","tag-bienveillante","tag-carter","tag-cohen","tag-credibilite","tag-equilibre","tag-froide","tag-greenspan","tag-guerre","tag-hegemonie","tag-lancaster","tag-lavelle","tag-limitee","tag-mad","tag-mearsheimer","tag-mercenaires","tag-nucleaire","tag-trois","tag-ukraine","tag-ultimatum","tag-vietnam"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75446","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75446"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75446\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75446"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75446"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75446"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}