{"id":75448,"date":"2014-08-07T08:40:10","date_gmt":"2014-08-07T08:40:10","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/07\/la-responsabilite-de-poutine-selon-paul-craig-roberts\/"},"modified":"2014-08-07T08:40:10","modified_gmt":"2014-08-07T08:40:10","slug":"la-responsabilite-de-poutine-selon-paul-craig-roberts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2014\/08\/07\/la-responsabilite-de-poutine-selon-paul-craig-roberts\/","title":{"rendered":"La responsabilit\u00e9 de Poutine, selon Paul Craig Roberts"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">La responsabilit\u00e9 de Poutine, selon Paul Craig Roberts<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus r\u00e9cent texte de Paul Craig Roberts (PCG) est sur <em>Strategic-Culture.org<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2014\/08\/06\/will-putin-realize-that-russia-holds-the-cards.html\" class=\"gen\">6 ao\u00fbt 2014<\/a>. Il constitue une attaque assez ferme contre la politique du pr\u00e9sident Poutine, qu&rsquo;il juge beaucoup trop accommodante vis-\u00e0-vis du bloc BAO, et surtout vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe, apr\u00e8s les sanctions prises par l&rsquo;UE. PCG, qui tient une ligne tr\u00e8s dure selon son habitude pol\u00e9mique, juge que Poutine doit r\u00e9agir avec une extr\u00eame fermet\u00e9 en frappant tout de suite l\u00e0 o\u00f9 cela fait mal et en provoquant des effets \u00e9conomiques maximaux, de fa\u00e7on \u00e0 plonger l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne dans le chaos. A cette seule condition, estime PCG, les Europ\u00e9ens devront r\u00e9agir dans un sens qui les d\u00e9tachera da la ligne impos\u00e9e par les USA, ce qui repr\u00e9sente la possibilit\u00e9 majeure d&rsquo;\u00e9viter ce conflit que veulent les USA selon PCG, et dont lui-m\u00eame annonce qu&rsquo;il d\u00e9bouchera n\u00e9cessairement sur un \u00e9change nucl\u00e9aire strat\u00e9gique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>More evidence, about which I hope to write at length, is piling up that Europe has acquiesced to Washington&rsquo;s drive to war with Russia, a war that is likely to be the final war for humanity.  By Russia&rsquo;s low key and unthreatening response to Washington&rsquo;s aggression, thereby giving the West the mistaken signal that Russia is weak and fearful, the Russian government has encouraged Washington&rsquo;s drive to war.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Russia needs to save the world from war, but the avoidance of war requires Russia to make the costs clear to Europeans. Faced with economic sanctions, essentially illegal and warlike actions, applied to various Russian individuals and businesses by Washington and Washington&rsquo;s EU puppets and by Switzerland, a country taught to be more fearful of Washington than of Moscow, Russian President Putin has asked the Russian government to come up with countermeasures to be implemented in response to the gratuitous sanctions imposed against Russia.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But, Putin says, Russia must hold back: Obviously we need to do it cautiously in order to support domestic manufacturers, but not hurt consumers. In other words, Putin wants to impose sanctions that are not really sanctions, but something that looks like tit for tat.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The amazing thing about Russia finding herself on the defensive about sanctions is that Russia, not Washington or the impotent EU, holds all the cards.  Putin can bring down the economies of Europe and throw all of Europe into political and economic chaos simply by turning off the energy supply. Putin would not have to turn off the energy supply for very long before Europe tells Washington good-bye and comes to terms with Russia. The longer Putin waits, the longer Europe has to prepare against Russia&rsquo;s best weapon that can be used to peacefully resolve the conflict that Washington has orchestrated.<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>That is precisely the position that Vladimir Putin is in with regard to Europe.  In one hand he holds the ruin of Europe.  In the other peace and freedom in the relations between Russia and Europe. He needs to call up the dumbshit European leaders and tell them.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If Putin does not put his foot down hard and make clear to the Europeans what the stakes are, Washington will succeed in its determination to drive the world to war, and exceptional and indispensable Americans will die along with all the rest.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Comme on l&rsquo;a dit, c&rsquo;est un raisonnement que Roberts a d\u00e9j\u00e0 tenu, mais il est d\u00e9sormais plus pressant et aussi plus pr\u00e9cis puisque nous sommes entr\u00e9s dans la phase active des sanctions, ou \u00e9ventuellement sanctions contre sanctions puisque la Russie a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;y r\u00e9pondre. C&rsquo;est le rythme et l&rsquo;intentionnalit\u00e9 de la r\u00e9ponse russe que Roberts d\u00e9plore tr\u00e8s fortement. Sa th\u00e8se est qu&rsquo;il faut un choc majeur chez les Europ\u00e9ens, pour qu&rsquo;ils se d\u00e9cident \u00e0 abandonner la ligne maximaliste derri\u00e8re les USA, et qu&rsquo;ils en arrivent \u00e0 une rupture <em>de facto<\/em> avec les USA qui, seule, peut freiner la politique belliciste am\u00e9ricaniste. Ce raisonnement extr\u00eame de Roberts est conduit par la conviction qu&rsquo;il a que tout conflit majeur avec les Russie, donc impliquant les USA, ne peut que d\u00e9boucher sur un \u00e9change nucl\u00e9aire strat\u00e9gique impliquant la catastrophe g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;on sait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe jugement de Roberts n&rsquo;est pas infond\u00e9 dans le sens o\u00f9 Poutine se montre mod\u00e9r\u00e9, et m\u00eame extr\u00eamement mod\u00e9r\u00e9 dans son actuelle politique. Cela peut effectivement appara\u00eetre comme de la faiblesse aux yeux du bloc BAO et constituer un encouragement \u00e0 poursuivre sa  politique agressive actuelle. La question op\u00e9rationnelle pos\u00e9e par cette situation est de savoir si cette politique est fondamentale, c&rsquo;est-\u00e0-dire li\u00e9e \u00e0 une r\u00e9elle faiblesse, ou bien si elle est tactique, visant \u00e0 obtenir certains buts d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e ; pour ce dernier cas se pose la sous-question de savoir, si tactique il y a, si elle est et sera efficace, ou si elle est et sera un \u00e9chec. A cette lumi\u00e8re qui ne nous apporte aucune certitude et qui par cons\u00e9quent nous laisse dans une situation instable o\u00f9 une alternative peut \u00eatre recherch\u00e9e, on peut faire plusieurs remarques pour \u00e9valuer en quoi les propositions de Paul Craig Roberts doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Roberts propose une sorte de strat\u00e9gie du choc (qui vaut pour le domaine des sanctions, mais qui pourrait \u00eatre \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9e pour d&rsquo;autres aspects de la situation). L&rsquo;id\u00e9e a du sens, concernant les relations avec l&rsquo;Europe de l&rsquo;UE. Il a \u00e9t\u00e9 amplement d\u00e9montr\u00e9 ces derniers mois, et en dernier lieu avec l&rsquo;Allemagne, que les pays de l&rsquo;UE sont trop faibles, trop impuissants, trop d\u00e9pendants des USA (dans le sens de l&rsquo;influence, des moyens de pression voire de la fascination), avec en plus une bureaucratie de l&rsquo;UE suivant sa propre pente bureaucratique maximaliste, pour modifier volontairement et d&rsquo;une fa\u00e7on rationnellement efficace leur politique. (On parle ici d&rsquo;une d\u00e9cision r\u00e9fl\u00e9chie, au constat mesur\u00e9 des d\u00e9savantages que leur apporte leur politique de sanctions vis-\u00e0-vis de la Russie.) Dans ce cas, un choc dramatique avec un effet spectaculaire et mobilisateur, amplifi\u00e9 par le syst\u00e8me de la communication, dramatis\u00e9 par des pressions US trop visibles et devenues inacceptables, pourrait effectivement avoir des effets tels qu&rsquo;on pourrait aller jusqu&rsquo;\u00e0 une rupture qui se ferait d&rsquo;abord sous la forme d&rsquo;une d\u00e9gradation tr\u00e8s rapide de la situation \u00e9conomique en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette strat\u00e9gie de choc a d&rsquo;autant plus de sens que la direction russe se trouve dans une situation int\u00e9rieure exceptionnelle (voir ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_enthousiasme_des_russes_pour_leur_direction_politique_07_08_2014.html\" class=\"gen\">7 ao\u00fbt 2014<\/a>). Dans ce cas, \u00e0 la strat\u00e9gie de choc devrait s&rsquo;ajouter une mobilisation g\u00e9n\u00e9rale de la population correspondant \u00e0 la situation exceptionnelle ainsi cr\u00e9\u00e9e. Cela serait d&rsquo;autant plus \u00e9vident qu&rsquo;une telle mobilisation conduirait la population \u00e0 accepter ais\u00e9ment des sacrifices impos\u00e9s par les sanctions du bloc BAO, et ferait dispara\u00eetre un des arguments de Roberts,  qui nous para\u00eet <strong>tout de m\u00eame douteux<\/strong>, selon la psychologie et la situation culturelle de la Russie,  savoir l&rsquo;addiction des Russes \u00e0 certains aspects de notre contre-civilisation occidentale&#8230; (\u00ab<em>It appears that the Russians&rsquo; greatest weakness is that capitalism has raised enough Russians to a comfortable living standard that the war that Washington is bringing to them is scary, and they want to avoid it in order to continue living like decadent Western Europeans.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Mais surtout selon nous, cette strat\u00e9gie de choc a, par-dessus tout, l&rsquo;avantage de susciter une situation g\u00e9n\u00e9rale qui fait passer la crise, d&rsquo;une fa\u00e7on claire et indubitable, au niveau de l&rsquo;affrontement Syst\u00e8me-antiSyst\u00e8me, avec la tr\u00e8s forte possibilit\u00e9 que le choc en question devienne autre chose qu&rsquo;une situation \u00e9conomique brusquement d\u00e9grad\u00e9e en Europe, qu&rsquo;il devienne un choc global, le choc engendrant une activation paroxystique et catastrophique de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me. (Il faut d&rsquo;ailleurs noter que l&rsquo;on retrouve, l\u00e0 aussi, une certaine ambigu\u00eft\u00e9 de Poutine et de la Russie, dont nous avons toujours dit qu&rsquo;ils occupaient, d&rsquo;ailleurs avec les pays du BRICS, une position interm\u00e9diaire,  un pied dans le Syst\u00e8me, un pied en-dehors du Syst\u00e8me ; d&rsquo;une certaine fa\u00e7on et m\u00eame d&rsquo;une fa\u00e7on certaine un tel choc toucherait aussi la Russie puisqu&rsquo;il serait global&#8230;) Ce serait une immense vertu de cette crise ukrainienne dans tous ses effets si elle parvenait \u00e0 faire basculer la Russie compl\u00e8tement dans l&rsquo;activisme antiSyst\u00e8me en provoquant un choc qui conduirait lui-m\u00eame au paroxysme de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me. De ce point de vue-l\u00e0, mais peut-\u00eatre par des voies diff\u00e9rentes et selon un dessein plus radical encore, nous avons la m\u00eame logique que Paul Craig Roberts selon laquelle un tel choc serait le seul moyen d&rsquo;\u00e9viter une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la crise pouvant aboutir finalement \u00e0 un conflit nucl\u00e9aire&#8230; (Voir, d\u00e8s le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_guerre_est_en_r_paration_d_urgence_03_03_2014.html\" class=\"gen\">3 mars 2014<\/a>, notre d\u00e9veloppement, depuis largement rappel\u00e9, de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un formidable choc psychologique \u00e9valu\u00e9 dans ses effets comme d\u00e9tonateur de la phase ultime de la crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me ; le formidable choc psychologique envisag\u00e9 \u00e9tait alors la perspective soudain r\u00e9alis\u00e9e de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un conflit nucl\u00e9aire,  et cela reste possible,  et il peut \u00e9galement \u00eatre caus\u00e9 par une r\u00e9action radicale de la Russie.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, il nous appara\u00eet clairement que le fondement de l&rsquo;argument g\u00e9n\u00e9ral de PCR, quoi qu&rsquo;on pense des \u00e9l\u00e9ments qui le composent, est acceptable au regard des \u00e9v\u00e9nements en cours, pour offrir une prospective \u00e0 terme n\u00e9cessairement court. Il s&rsquo;appuie en fait sur la logique plus vaste et qui para\u00eet indissociablement li\u00e9e au fonctionnement surpuissance-autodestruction du Syst\u00e8me, de la mont\u00e9e aux extr\u00eames. Le bloc BAO \u00e9tant entra\u00een\u00e9 par diverses forces qui renvoient \u00e0 la surpuissance du Syst\u00e8me dans la mont\u00e9e aux extr\u00eames tant de la politique des sanctions que de la puissance de la politique de la communication qui l&rsquo;accompagne, la Russie ne peut et\/ou ne pourra, \u00e0 moins de capituler dans des conditions catastrophiques qui semblent exclues, qu&rsquo;effectuer elle-m\u00eame une mont\u00e9e aux extr\u00eames pour maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre et se maintenir elle-m\u00eame. Cette mont\u00e9e aux extr\u00eames des deux partenaires rec\u00e8le effectivement le paroxysme catastrophique de la crise du Syst\u00e8me. Ce ne serait donc plus une question de si mais une question de quand,  et peut-\u00eatre le plus vite serait-il le mieux, du point de vue de la Russie, alors que les conditions de mobilisation psychologiques de la population pour affronter la crise sont r\u00e9alis\u00e9es. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 7 ao\u00fbt 2014 \u00e0 08H39<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La responsabilit\u00e9 de Poutine, selon Paul Craig Roberts Le plus r\u00e9cent texte de Paul Craig Roberts (PCG) est sur Strategic-Culture.org, le 6 ao\u00fbt 2014. 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